Escaro-Aytua. Musée de la mine : de l’ultra-local au planétaire (L’Indep)

Le seul lieu de valorisation du patrimoine minier des P.-O. vient d’enrichir ses collections d’une exposition photo originale et inédite. Présentation.

Il y a d’abord ce visage cuivré d’un indien quechua au regard un peu absent. Cadré serré. Casque vissé sur la tête orné d’une lampe torche. Joue gauche gonflée par une boule de feuilles de coca distillant son effet euphorisant et anesthésiant pour combattre la douleur et la fatigue. Nous sommes dans les mines d’argent du Cerro Rico de Potosi. Situées à plus de 4 700 m d’altitude au cœur de la Bolivie. Puis, il y a aussi cet autre mineur. Photographié en plan américain dans le bassin houiller de Gardanne, fleuron des Bouches-du-Rhône. Peu de temps avant la fermeture de site. L’homme, grosse moustache en bandoulière, serre sur son épaule gauche une gamelle. Son frugal repas de midi. Mine éreintée, lourdes cernes sous les yeux, il dévisage l’objectif ; las, exténué par d’épuisantes journées de piquets de grève. Il y a encore cette image d’occupation du fond par les mineurs audois de Salsigne, la plus importante mine d’or d’Europe occidentale. Ou, la frêle silhouette de cet homme brandissant à bout de bras un immense marteau perforateur attaquant la voûte sombre d’une galerie de Batère, juste à la veille de l’abandon de la dernière mine de fer du massif du Canigó. Et enfin, comment ne pas évoquer ces autres visages de mineurs arc-boutés derrière un wagonnet dans les entrailles d’une mine d’émeraudes de Colombie ou, saisis sur le vif, devant l’entrée d’une concession artisanale convoitée par l’avidité des narco-trafiquants ?

Portée universelle du rapport au risque

Six portraits coups de poing. Que l’on reçoit pleine face et qui nous laissent chancelant. KO. debout. Six portraits certes différents. Mais dont la portée reste étonnamment universelle. Car tous ces mineurs partagent un même point commun. Fort. Inaltérable. Celui du rapport qu’ils entretiennent au risque. Quelles que soient leur culture, leur langue ou nationalité. Ces six portraits ont été offerts au Musée de la mine d’Escaro par Georges Bartoli, reporter photographe catalan, ayant longtemps travaillé sur les luttes sociales et les mouvements ouvriers. Numérotés et signés, tirés en nombre limité sur papier de qualité, ces six clichés originaux qui répondent aux critères légaux d’authenticité viennent enrichir les collections du seul et unique lieu de préservation et de valorisation du patrimoine industriel du bassin minier du Canigó. Récompensé par un VISA d’or en 1995, lors du Festival international de photojournalisme de Perpignan, Georges Bartoli a collaboré avec de nombreux titres de la presse quotidienne ou magazine avant de devenir totalement indépendant dans le choix et la production de ses sujets dont les thèmes de prédilection restent centrés autour de l’Altermondialisation, le monde du travail. l’économie sociale et solidaire. le monde paysan, la Palestine ou le Venezuela.

L’Indépendant, le 4 août 2026

Exposition à voir au Musée de la mine d’Escaro, tous les jours, sauf le jeudi, de 15h à 18 h jusqu’au 15 septembre.

Ille-sur-Têt. Des citoyens qui veulent être entendu (L’Indep)

« On ne va rien lâcher. » Opposés à une décision municipale de fermer voire même de raser les jardins familiaux qu’ils entretiennent en famille depuis des décennies, des habitants d’Ille-sur-Têt et leurs soutiens ont passé la seconde, quelques jours après avoir déploré cette décision.

Hier matin, sous les fenêtres de l’hôtel de ville, ils ont organisé une manifestation et fait entendre leur mécontentement. Plus que l’émoi encore de voir disparaître leur « petit coin de jardin pour prendre l’air », « ce lieu de liberté », « ce bout de terre qui joue un vrai rôle économique et social », les riverains concernés y ont déploré « le manque de communication du maire ». Si d’ici un mois leurs appels du pied restent lettre morte, ils seraient prêts à envisager de nouvelles actions.

« Nous sommes des Illois, des citoyens qui veulent être entendus », martèle Leticia. « Nous sommes ouverts au dialogue », renchérit Fatima. « Que le maire vienne à notre rencontre, que l’on ait des explications ». « Nous avons tenté à plusieurs reprises de rentrer en contact avec lui ou de prendre rendez-vous en mairie. Rien », assurent les deux jeunes femmes.

« Nous avons des animaux qui vivent aux jardins familiaux. Nous voudrions savoir ce que nous allons faire d’eux si nous devons partir », anticipent les intéressées. « Autre chose », poursuivent-elles. « Nous avons appris, depuis l’incendie de Trévillach (qui a parcouru près de 5 000 hectares dont une partie à Ile-sur-Têt, NDLR), que les jardins familiaux sont sur un couloir de feu. Nous voulons assurer au maire que nous sommes prêts à payer la location des jardins tous les mois pour continuer à les entretenir, et même à payer les travaux pour mieux les aménager. »

« Si le maire ne nous répond pas, nous avons réfléchi à comment nous mobiliser d’ici un mois », préviennent-ils. Ainsi, outre de nouvelles demandes de rendez-vous, « pourquoi pas organiser une réunion publique avec la mairie invitée », ou encore « une grande manifestation paysanne de pair avec un syndicat paysan. Pour mettre un nouveau coup de pression ».

Contacté à plusieurs reprises hier, le maire d’Ille-sur-Têt n’a pas donné suite à nos sollicitations. Interrogé par l’Indépendant la semaine dernière, il évoquait la possibilité de déplacer six familles vers des « parcelles disponibles dans les autres jardins familiaux Henry Demay ». Il avait aussi précisé que la mairie cherchait « une solution pour satisfaire » les trois dernières familles qui n’auraient pas encore pu être relogées.

Laura Causanillas (L’Indépendant, le 4 août 2026)

Communiqué de presse du PCF 66. Distribution de tracts aux péages d’autoroute

Samedi matin, 1er août de 10h à 12h aux trois postes de péage de l’Autoroute (Perpignan Nord et Sud, Le Boulou) des Pyrénées-Orientales, les militants communistes ont distribué 6 000 tracts aux usagers sortants ou entrants sur l’A9.

Souhaitant la bienvenue aux vacanciers, l’objet de la publication était de dénoncer le racket pétrolier et autoroutier, présenter la situation économique et sociale peu enviable du département, ainsi que de dénoncer les Profiteurs de guerre qui amassent des fortunes quand l’argent public manque pour lutter contre les incendies, protéger les femmes et les enfants des violences, donner les moyens à la justice, aux hôpitaux aux écoles les moyens de travailler au service des populations.

La fédération du PCF 66

Valmanya. Les enfants, la Résistance et les vœux de paix (L’Indep)

En prévision de la commémoration célébrant le 82 anniversaire des combats de La Pinosa et de l’incendie de Valmanya (ce dimanche 2 août, à 11 h), 28 enfants des accueils de loisirs d’Alénya, de Corneilla-de-la-Rivière et de Villelongue-de-la-Salanque sont venus s’instruire sur les lieux de mémoire de Valmanya.

Au programme, le groupe, sous la houlette de l’historien, Georges Sentis, a visité le Mas Cabanats, quartier général de 1941 à 1944 du réseau de passage Sainte-Jeanne, animé, notamment, par l’instituteur Louis Horte et le lieutenant Casso. Le réseau Sainte-Jeanne se spécialisa dans l’exfiltration de résistants belges vers Espagne, ainsi que dans la collecte et la transmission de renseignements. À travers cette approche, c’est toute l’histoire de la résistance au nazisme et au fascisme qui est abordée et, notamment, le combat, le sacrifice et la fin tragique de Julien Panchot. « C’est un résistant qui s’est fait tuer-un acte héroïque pour sauver les villageois – pour protéger la retraite de ses combattants », dirent les jeunes. Sa mémoire restera au cœur de chaque enfant. Mais comment les Allemands ont-ils pu en arriver là, se demandent certains, « parce qu’ils sont commandés par un chef immonde -Hitler c’est le pire- un chef du côté noir de la force obscure ».

Avec leurs mots, leurs sensibilités, ils apprennent et sauront, peu à peu, se questionner et vo-ter, en toute conscience, pour ne pas suivre le mauvais chef.

L’après-midi, les animateurs ont creusé la terre, derrière la mairie et les enfants, avec l’encadrement du séjour de la Ligue de l’enseignement 66 et le maire de Valmanya, ont planté un olivier de la paix. Pour le 2 août, les enfants, les jeunes et les adultes enfouiront, au pied de l’arbre, une capsule qui renfermera tous leurs vœux pour la paix, pour un monde meilleur et plus juste, à l’image de ce pourquoi les combattants de la résistance se sont sacrifiés.

L’Indépendant, le 1er août 2026

Vernet-les-Bains. La police rurale se met sur le mode vélo ! (l’Indep)

La police rurale de Vernet-les-Bains se modernise en s’équipant de vélos à assistance électrique.

Ce nouveau mode de déplacement permettra aux agents d’intervenir plus facilement dans les rues les plus étroites de la commune, tout en réduisant les dépenses énergétiques et l’impact environnemental de leurs missions, au service de la population. Un choix qui fait également la part belle au savoir-faire local: les vélos ont été conçus par Caminade, à Ille-sur-Têt. Fiables et éprouvés, ils sont les seuls vélos du marché à bénéficier du label Origine France Garantie, avec 90 % de composants, fabriqués en France, dont le moteur doté d’une boîte de vitesses automatique.

L’entretien de ces vélos sera assuré, localement, par Teddy Maignan, de Vélo Transmission, a Vernet-les-Bains.

Grâce à ce nouvel équipement, les échanges avec les habitants seront facilités et les missions de prévention renforcées.

Un investissement de la nouvelle municipalité, autour du maire, Pierre Serra, qui conjugue proximité, innovation, engagement environnemental et économie locale. Une nouvelle façon de faire de la sécurité… au plus près des Vernétoises et des Vernétois.

L’Indépendant, le 1er août 2026

Valmanya. Commémoration des combats de La Pinosa et de l’incendie de Valmanya, ce dimanche 2 août (L’Indep)

Voici 82 ans que Julien Panchot, des résistants, des habitants, furent assassinés et le village de Valmanya incendié pour la défense de la liberté et de la République. Les 1er et 2 août 1944, l’armée allemande nazie et les francs gardes de la milice pillent et incendient le village de Valmanya, avant d’attaquer le maquis et les guérilleros espagnols, aux mines de La Pinosa. Dès le 1″ août, dans une action combinée, les forces allemandes et la milice convergent vers les maquis, par la route de Vinca, la crête de la Cirera et du Barbet, et par le col de Palomère, après être passées à La Bastide et y avoir exécuté trois personnes, guérilleros et civils. La colonne venant de Vinça, d’abord retardée par des groupes de maquisards, en aval de Valmanya, atteint le village. La population, grâce à l’intervention des maquisards, aura le temps de s’enfuir, dans la montagne, pour échapper à un massacre inévitable, en représailles à son engagement. En effet, Valmanya, par le réseau Sainte-Jeanne, par la mobilisation du groupe Franc de René Horte, par les actions du maquis Henri Barbusse, sous le commandement, à l’époque, de Julien Panchot, a montré, avec le soutien effectif d’habitants, que le village avait fait le difficile choix du combat, pour résister au fascisme et à l’infamie. Le pillage de Valmanya commence alors, destruction des maisons, à la dynamite, incendies… Les forces de la milice et allemandes s’en prennent à la rare population restée sur place. Deux anciens du village, Pierre Baux et Jacques Romeux, deux ouvriers agricoles espagnols, Emitério Barrena et José Gimeno, sont exécutés, sur place. Une habitante est également violée, dans des conditions insoutenables. En même temps, l’action militaire se poursuit. La majorité des maquis peut s’échapper par les cols, aidée en cela par l’action de quelques maquisards FTP, sous le commandement de Julien Panchot, restés à La Pinosa pour assurer les arrières. Blessé, Julien Panchot est atrocement torturé, avant d’être exécuté, contre le mur de la cantine des mines de La Pinosa.

En souvenir, le maire de Valmanya, Serge Boyer et le conseil municipal, invitent tous les citoyens à venir se recueillir et rendre hommage aux combattants et aux victimes, ce dimanche 2 août à 11 h, à Valmanya. Cette cérémonie du 82° anniversaire des combats de La Pinosa et de l’incendie du village sera présidée par le préfet des P.-O. Pierre Régnault de la Mothe.

L’Indépendant, le 31 juillet 2026

Banyuls-sur-Mer. Le Petit Festival célèbre dignement la mémoire de Leila Shahid (L’indep)

Après une soirée d’ouverture particulièrement réussie, marquée, à l’Espace Méditerranée, par les prestations très applaudies du guitariste Seb Martel et du funambule Pierre Déaux, puis par l’inauguration officielle, dans le patio des Neuf Caves, la sixième édition du Petit Festival de la Côte Vermeille a changé de tonalité, ce mercredi 29 juillet, a l’occasion d’une journée d’hommage a Leila Shahid, disparue en février dernier.

Ancienne déléguée générale de la Palestine, en France, puis auprès de l’Union européenne, diplomate reconnue et infatigable defenseure du dialogue entre les peuples, Leila Shahid incarnait. une voix écoutée, respectée et profondément humaniste.

Les organisateurs ont choisi de lui rendre hommage, sans solenité excessive, en restant fidèles à ce qui faisait sa force : la rencontre, la réflexion et le partage.

Un hommage à hauteur de femme

En préambule à la projection du documentaire Leila Shahid, l’espoir en exil de Baudouin Koenig et Michèle Collery-Razerka Lavant, fondatrice et directrice artistique du Petit Festival, a invité le public à découvrir, ou re découvrir, une femme dont l’engagement dépassait largement le seul cadre diplomatique. Sans chercher à délivrer un message, elle a expliqué avoir souhaité ouvrir une porte sur une personnalité, laissant, à chacun, la liberté de se forger son propre regard.

Tout au long de la journée, le festival a fait dialoguer les formes d’expression. La performance « Émeute », réunissant Thi Mai Nguyen et Marion Faure ; la rencontre « Le Houmous et le Pain, un plat de résistance ? », associant Louise Vialaneix et Caroline Fernandez ; puis, les lectures, la musique et les échanges, ont constitué autant de regards portés sur une même réalité, avec la volonté constante de faire de la culture un espace de dialogue.

La culture comme trait d’union

Loin des discours convenus, l’hommage a trouvé sa force dans sa simplicité. Les différentes propositions artistiques ont dessiné le portrait d’une femme de conviction, attachée a la paix. au dialogue et à la dignité humaine.

Le public, particulièrement attentif, a accompagné ces moments avec une émotion discrète mais palpable.

En refermant celle journée, le Petit Festival a confirmé ce qui fait son identité, depuis sa création : proposer bien davantage qu’une succession de spectacles. Un lieu où l’art nourrit la réflexion, où les rencontres prennent le temps d’exister et où la culture devient, l’espace de quelques heures, un véritable langage commun.

Yves Andrieu (L’Indépendant, le 31 juillet 2026)

Cabestany. Des riverains vent debout contre une nouvelle antenne-relais SFR (L’Indep)

Réunis en collectif, les habitants dénoncent une implantation, à quelques dizaines de mètres de leurs maisons. La municipalité reconnaît ne pas avoir su s’y opposer à temps et promet d’engager des discussions, avec l’opérateur, pour obtenir un déplacement du pylône.

L’apparition soudaine d’une antenne-relais SFR sur un terrain privé appartenant à Chausson Matériaux, à une cinquantaine de mètres des premières habitations, suscite une vive colère à Cabestany. Réunis en collectif, les riverains ont convié les élus municipaux afin d’obtenir des explications et de faire entendre leurs revendications.

« Le 17 juillet au matin, il n’y avait rien devant chez moi. À midi, en rentrant de la plage, l’antenne était debout. Les engins sont arrivés et tout s’est fait très vite », raconte un habitant.

En seulement deux jours, une pétition en ligne a déjà recueilli 131 signatures, tandis que les riverains poursuivent le tractage dans les quartiers voisins.

Le collectif ne remet pas en cause la nécessité d’assurer la couverture mobile du territoire, mais estime que d’autres solutions existent. Dans un communiqué lu lors de la réunion, les habitants rappellent que les opérateurs peuvent mutualiser leurs équipements ou privilégier des emplacements plus éloignés des habitations, quitte à investir davantage. Ils soulignent qu’à plusieurs reprises par le passé, la commune avait obtenu le déplacement de projets similaires afin de préserver les riverains.

Les inquiétudes portent autant sur la proximité de l’installation que sur ses conséquences.

« Nous craignons une dépréciation de nos biens et nous nous interrogeons sur les effets de cette antenne 5G sur la santé », expliquent-ils. Les habitants regrettent également de n’avoir jamais été informés directement. « L’affichage était peut-être conforme, mais personne dans le lotissement n’a été averti ».

Face à eux, le premier adjoint Hervé Blanchard a reconnu les limites de l’action municipale. « Ce n’était pas notre souhait qu’une antenne soit installée ici. Nous aurions dû nous opposer au projet plus tôt. Nous nous sommes ratés », admet-il. Après vérification, la commune indique toutefois que l’ensemble des procédures administratives a été respecté, notamment l’affichage réglementaire, constaté par huissier.

Pour autant, les élus assurent ne pas baisser les bras. « L’antenne n’est pas encore en service et les travaux ne sont pas totalement achevés. Nous avons déja pris contact avec SPR-Bouygues pour rechercher une solution et étudier un de placement de l’installation », poursuit Hervé Blanchard, précisant que la voie juridique apparait aujourd’hui très limitée.

Même constat pour James Gillon, élu à l’environnement, qui rappelle que la réglementation a évolué. « Les procédures ont été largement simplifiées pour les opérateurs. Une simple déclaration préalable suffit désormais et les possibilités d’opposition des communes sont réduites ». Selon lui, la piste la plus réaliste consiste à négocier avec SFR, notamment autour d’une mutualisation des pylônes existants, solution également encouragée par l’État.

Les habitants, eux, demandent que tout soit tenté pour empêcher la mise en service du site et obtenir son déplacement vers un secteur moins exposé. De leur côté, les élus assurent vouloir faire front commun avec le collectif afin d’ouvrir des discussions avec l’opérateur: Un dialogue dont tous espèrent désormais qu’il permettra de trouver un compromis acceptable pour les riverains.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 31 juillet 2026)

Lien pétition : https://corg/vVp7tK4s/6

Précisions de SFR-Bouygues sur cette installation d’antenne

Alors que l’installation d’une nouvelle antenne-relais suscite l’opposition d’un collectif d’habitants SPR-Bouygues Telecom apporte à son tour des précisions sur les raisons qui ont conduit à la réalisation de ce projet.

Selon Isabelle Simon, déléguée régionale, représentant les opérateurs, la première option étudiée consistait à mutualiser une infrastructure déjà existante, avec d’autres opérateurs. Cette solution a toutefois été abandonnée après analyse technique. « Il aurait fallu re prendre entièrement le support existant, le rehausser et engager des travaux particulièrement complexes », explique-t-elle. « Une telle opération aurait également engendré des coûts financiers importants ainsi qu’un impact environnemental supérieur à celui de la création d’un nouveau site ».

Face à cette impossibilité, les opérateurs ont retenu la construction d’une nouvelle antenne, présentée comme la seule solution permettant de répondre aux besoins de couverture du secteur. L’objectif, selon SFR-Bouygues Telecom, est d’assurer une qualité de service optimale aux abonnés, dans une zone où les performances du réseau devaient être renforcées.

Sur le volet réglementaire, Isabelle Simon affirme que « l’ensemble de la procédure a été respecté. Les obligations d’affichage et d’information du public ont été réalisées, conformément aux dispositions en vigueur ». Elle ajoute que ces démarches ont fait l’objet d’un constat d’huissier, attestant, selon elle, le respect des formalités administratives.

Concernant les demandes de déplacements de l’antenne formulées par certains riverains, la représentante des opérateurs se montre prudente. « Une telle hypothèse apparait, particulièrement difficile à mettre en œuvre, tant sur le plan technique que financier. L’infrastructure est désormais installée et représente un investissement conséquent ».

Pour autant, SFR-Bouygues indique vouloir poursuivre les échanges avec la municipalité de Cabestany, afin d’examiner les différentes possibilités. Si le dialogue reste ouvert, l’opérateur, estime, néanmoins, qu’un déplacement de l’antenne se-rait, aujourd’hui, très complexe à envisager.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 31 juillet 2026)

Numéro spécial du Travailleur Catalan. Il y a 90 ans, le Front populaire

Sommaire

Éditorial

  • 90 ans du Front populaire, 90 ans du Travailleur Catalan

P-3/4 Le prélude

  • 6 février 1934 : le jour où tout a basculé
  • L’affaire Stavisky : le déclencheur
  • Les ligues fascistes
  • La journée du 6 février
  • Vers l’union des gauches

P-5 La France en 1936

  • Un pays aux fortes inégalités sociales
  • Une société traditionnelle et patriarcale
  • La France, puissance coloniale

P-6 Les Pyrénées-Orientales en 1936

  • Le poids de la terre
  • Une population vieillie et catalane
  • Un département agricole
  • 1936-1986

P-7/8 Les forces du Front populaire

  • La SFIO
  • Le Parti communiste français (PCF)
  • Le Parti radical-socialiste
  • Les élections législatives de mai 1936

P-9/10 Dans les Pyrénées-Orientales

  • Un parti socialiste dominant
  • La progression des communistes
  • Les élections de 1936 dans le département
  • Un nouveau rapport de forces

P-11/12 Les grandes grèves de 1936

  • Les occupations d’usines
  • L’union syndicale
  • Des grèves d’un genre nouveau

P-13/14 Le Front populaire dans les P.-O.

  • Le Comité départemental du Front populaire
  • La grande manifestation du 14 juin
  • L’Indépendant contre le Front populaire
  • Les grandes grèves de 1936
  • Lucette Pla-Justafré, femme engagée et résistante communiste

P-15/16 Les Accords de Matignon

  • L’augmentation des salaires
  • Les oubliés de 1936 : le monde agricole
  • La reconnaissance du droit syndical
  • Les conventions collectives
  • L’instauration des congés payés
  • La semaine de 40 heures

P-17/18 La question coloniale

  • Une vision divisée sur l’Empire colonial
  • La commission d’enquête coloniale
  • Projet Blum-Violette

P-19/20 Les femmes du Front populaire

  • Les grandes oubliées
  • Les femmes en grève
  • Les graines d’une nouvelle génération
  • Une première dans l’histoire de la République

P-21/24 La guerre d’Espagne

  • Les origines du conflit
  • Une guerre espagnole aux dimensions internationales
  • La France, entre solidarité politique et prudence diplomatique
  • De la guerre civile à la dictature franquiste

P-25/26/27 La fin du Front populaire

  • Les premières lézardes
  • La Cagoule, une organisation secrète d’extrême droite
  • La chute des gouvernements
  • La question du réarmement
  • 1938, fin du Front populaire et de la démocratie

« 46 millions d’euros d’argent public mobilisés », le Parti communiste ouvre le débat autour du Club Med (L’Indép)

Alors que l’ensemble des décideurs locaux se sont positionnés en faveur du projet d’implantation du Club Med au Barcarès, des voix discordantes commencent à se faire entendre dans le département.
Hostile à la mobilisation d’argent public annoncée dans le cadre du programme, le Parti communiste appelle notamment à l’ouverture d’un débat public sur le sujet.

Une amplification de la dynamique touristique et près de 1 000 emplois directs ou indirects annoncés pour un investissement d’au moins 160 millions d’euros… L’ensemble des décideurs locaux semblent enthousiastes quant au projet d’implantation du Club Med au Barcarès. Le 22 juillet dernier, la Région, le Département, la communauté urbaine de Perpignan et la Banque des territoires faisaient partie des signataires du protocole d’intention conclu avec l’entreprise.

Cependant, certaines formations politiques sont plus circonspectes quant à l’arrivée de la multinationale, propriété du conglomérat chinois Fosun. C’est notamment le cas de la fédération départementale du Parti communiste, qui appelle de ses vœux un débat public sur le projet. « Nous ne voyons pas d’inconvénient à ce qu’un grand groupe s’installe chez nous pourvu qu’il respecte les règles concernant la ressource en eau, l’environnement et le Code du travail », souligne le porte-parole de la fédération, Michel Coronas. « Par contre, nous nous interrogeons sur le fait que l’argent public finance plus du quart de l’opération (46 millions d’euros sur 160 à 180 millions), alors que le Club Med est capable de la réaliser avec ses propres moyens. Pour nous, cela illustre la manière dont les financements publics sont captés par le privé. »

Agissons et Oui au pays catalan également critiques

Le millier d’emplois (450 directs et 500 indirects) annoncé ? « 46 000 euros par emploi, c’est quand même cher payé », estime Michel Coronas Le ruissellement économique et touristique envisagé ? « Cet établissement serait un resort. Or, le concept du ressort est de faire en sorte que les gens restent à l’intérieur pour dépenser leur argent », réplique le porte-parole.

Le mouvement citoyen Agissons invite lui aussi à « une autre lecture » du projet. Au-delà de l’argent public mobilisé, le mouvement juge qu’il s’inscrit « dans un modèle (celui du tourisme saisonnier, NDLR) qui depuis plus de quarante ans, n’a jamais permis de réduire durablement un chômage structurellement supérieur à 10 % ».

Le parti Oui au pays catalan considère également que « derrière les effets d’annonce se cache un modèle d’un autre temps ». Selon lui : « Les 450 emplois annoncés ne doivent pas faire illusion. Beaucoup seront saisonniers ou précaires. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 30 juillet 2026)