À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4129 – vendredi 11 septembre 2026)

L’édito de René Granmont. La Fête pour faire face à la menace
Annonces
Décès. José nous a quittés

Focus

Cultures de Paix. Dix jours pour faire vivre la paix
Les luttes pour la Paix et le climat sont intimement liées
Quand l’art devient un cri pour la paix

Dossier

Petite histoire du Club Méd…
L’histoire du Club Méd de La Palmyre
La question des garantie
La loi du silence
Une impossible concentration populaire
L’implantation d’un Club Méd au Barcarès
Quand l’argent public fait les bénéfices du privé…
Le tourisme, unique moteur de l’attractivité des P.-O. ?
L’emploi : quelle réalité ?

Département

Harcèlement au travail. Neuf salariés sanctionnés depuis 2023 dans les P.-O. !
Perpignan. Barande sur la sellette
Éducation. Rentrée dans les collèges et lycées
Distribution de fournitures scolaires pour les enfants de sans papiers
Inédit. Quand l’Intelligence Artificielle rencontre l »éco-production
Les lundis c’est manif…

Sport

USAP. -Être ou ne pas être
Rugby à XIII. U,e dernière à domicile manquée
Le P.O.T. Rando’ Club vous propose. Dimanche 13 septembre 2026 – Le Pla d’En Dallen

Culture

Visa pour l’image. Engagement et empathie
Illettrisme
Théâtre des Aspres. Une saison sous le signe de l’humain
Où sortir ?

France

Audiovisuel public. Résistance des salariés
Roussel 2027. Soufflons nous-même notre forge !

Monde

Mercosur. L’Europe piégée par la viande brésilienne

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Chaud ! Trop chaud !

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Révoqué, le secrétaire général de la CGT Activités postales entend bien contre-attaquer (L’Indep)

La décision, prise à la suite du conseil de discipline convoqué le 30 juin dernier au siège parisien de La Poste, est tombée fin août. Le secrétaire général de la CGT Activités postales des Pyrénées-Orientales, Alexandre Pignon, a écopé de la sanction la plus sévère: la révocation, équivalent du licenciement pour les fonctionnaires. Mais il compte bien utiliser les moyens de recours a sa disposition.

Série noire pour les représentants syndicaux des postiers du pays catalan. Début 2026, le ministère du Travail avait validé le licenciement du secrétaire départemental adjoint de Sud Poste. Et en cette rentrée, le secrétaire général de la CGT Activités postales vient d’apprendre que le conseil de discipline, qui s’était réuni le 30 juin dernier pour statuer sur son dossier, avait opté pour la révocation, équivalent du licenciement pour les salariés bénéficiant du statut de fonctionnaire.

Cependant, s’il a dû quitter son poste de secrétaire du Comité social et économique régional de La Poste, Alexandre Pignon garde ses fonctions au sein du syndicat. Et reste plus que jamais combatif. « Nous allons saisir le tribunal administratif pour demander la suspension de cette sanction, qui est disproportionnée », annonce-t-il. « Nous avons de nouveaux éléments à fournir au tribunal. Je compte également porter plainte pour faux témoignages contre des cadres de La Poste ».

Deux autres syndicalistes convoqués

Selon le responsable syndical, les actes que la direction lui reprocherait seraient en lien avec l’organisation, le 20 février dernier, d’un « carnaval revendicatif » à Thuir, où officiait le secrétaire départemental adjoint de Sud Poste, qui venait d’être licencié. Lors de cet événement, les manifestants auraient notamment parodié certains cadres de La Poste.

Pour mémoire, depuis le mouvement contre la réforme des retraites, plusieurs autres sanctions disciplinaires (blâmes, mises à pied…) ont été prononcées à l’encontre de postiers syndicalistes. L’un des autres responsables départementaux de la CGT vient d’ailleurs de partir pour deux mois de suspension sans salaire. Alors qu’une troisième est convoquée en conseil de discipline le 18 septembre prochain. À priori le même jour que le secrétaire départemental de Sud Poste. Et vraisemblablement eux aussi pour des sujets en lien avec le carnaval revendicatif de Thuir.

A. A. (L’Indépendant, le 9 septembre 2026)

La direction régionale de La Poste ne souhaite pas faire de commentaires sur la décision rendue. Elle tient cependant à rappeler « son attachement au respect du dialogue social et des règles relatives au droit syndical ». Elle assure par ailleurs que la décision du conseil de discipline du 30 juin « se fonde sur des faits sans lien avec l’activité syndicale de M. Pignon ».

SNCF. Le secrétaire départemental de la CGT menacé de « mutation disciplinaire » (L’Indep)

Ce mardi 8 septembre, la CGT appelait les cheminots de l’ex-région Languedoc-Roussillon à faire grève. Le syndicat dénonce, entre autres, une situation de sous-effectif et une augmentation du nombre de sanctions disciplinaires. Dans les Pyrénées-Orientales, deux conducteurs du Train jaune, dont le secrétaire général de l’union départementale de la CGT, Julien Berthélémy, sont dans le collimateur de la direction.

Jour de colère ce mardi 8 septembre pour les cheminots de l’ex-région Languedoc-Roussillon. Après un été particulièrement chaud, notamment marqué par « une hausse du nombre d’agressions », les salariés de la SNCF se sont mobilisés pour réclamer des embauches, une amélioration des conditions de travail et « un arrêt du management par la sanction ». En pays catalan, plusieurs lignes ont été impactées, dont notamment celle reliant Perpignan à Port-Bou, celle entre Perpignan et Villefranche et celle du Train jaune.

Il faut dire que cette dernière est aux premières loges concernant les sanctions et menaces de sanctions que dénonce la CGT. Deux conducteurs du Train jaune sont convoqués en conseil de discipline le 17 septembre prochain. Et l’un d’entre eux n’est autre que le secrétaire général de l’union départementale de la CGT des Pyrénées-Orientales, Julien Berthélémy. Ce dernier, à qui la direction reprocherait de ne pas avoir attendu l’autorisation du chef de ligne pour repartir, encourait selon le syndicat « un dernier avertissement avant licenciement, 12 jours de mise à pied et une mutation disciplinaire ». Quant à son collègue, qui aurait fait monter un journaliste en cabine sans autorisation, la sanction proposée prévoirait « un dernier avertissement avant licenciement et 10 jours de mise à pied ».

Selon le secrétaire de la CGT Cheminots de l’ex-région Languedoc-Roussillon, Eric Bringuier, ces deux convocations interviennent dans un contexte d’augmentation du nombre de sanctions à l’encontre des personnels de la SNCF. « Nous avons deux conducteurs concernés sur le Train jaune, mais également des mécaniciens ou des contrôleurs un peu partout dans la région », détaille-t-il. « Des qu’un cheminot sort la tête, la boîte fonctionne à la sanction, ce qui n’était pas le cas avant. Nos militants sont de plus en plus touchés. Certains agents ont peut-être commis une faute. Cela peut arriver. Ce que nous pointons du doigt, c’est le caractère disproportionné des sanctions proposées ».

Cependant, le mouvement de grève de ce mardi ne se cantonnait pas à ce thème. Eric Bringuier dénonce également une situation de sous-effectif mise en lumière par les problématiques rencontrées cet été : « Toute la saison, nous avons eu des problèmes d’effectifs. Tout le monde a souffert de la chaleur. Les voyageurs étaient excédés, notamment en raison de climatisations qui ne fonctionnaient pas, de toilettes qui étaient fermées ou de trains supprimés. Le nombre d’agressions envers les contrôleurs a doublé. On ne peut pas continuer comme ça ». Selon Éric Bringuier, cet été, des trains jugés « sensibles » où l’on met d’habitude deux contrôleurs, seraient partis « avec un seul, voire aucun contrôleur ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 9 septembre 2026)

Contactée, la direction de la SNCF n’a pas souhaité réagir.

2026 / 2027 : 90e anniversaire de l’Olimpiada popular de Barcelone, du début de la guerre d’Espagne et de l’aide internationale à la République espagnole

Depuis une vingtaine d’années, le Comité départemental des Pyrénées-Orientales de l’ANACR et de nombreuses associations d’Histoire et de Mémoire (l’ARAC, l’AAGEF-FFI, la FNDIRP …) développent des activités variées sur le thème : Les Pyrénées-Orientales, plaque tournante du soutien aux démocrates espagnols, de 1934 à la mort de Franco. A l’occasion du 90e anniversaire de l’Olimpiada popular de Barcelone, du coup d’état militaire et du début de l’aide internationale à la République espagnole, nous avons décidé de relancer nos activités sur les thèmes suivants :

  • L’Olimpiada popular de Barcelona,
  • Les débuts du soutien militaire, humanitaire et politique aux Républicains espagnols.

I) L’Olimpiada popularde Barcelona

Conçue comme une alternative aux Jeux Olympiques de Berlin, instrumentalisés par Hitler, les organisations antifascistes d’Europe et d’Amérique décidèrent de tenir une initiative sportive et culturelle, à Barcelone, en juillet 1936. Décision soutenue en France par la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT) et financée partiellement par le gouvernement de Front Populaire.

Concrètement 

  • nous avons lancé la campagne de projection du film 1936, Barcelone, l’olympiade oubliée au Centro Espagnol (16 juin). Au cours de l’automne, nous continuerons de le faire dans un maximum de localités du département et de la région.
  • le 30 juin, nous avons participé au voyage organisé à Barcelone par nos amis de l’AAGEF-FFI pour découvrir le stade de Montjuich où devait se dérouler l’Olimpiada popular et pour rendre hommage, à travers Lluis Companys, à toutes les victimes du franquisme.
  • • nous avons réalisé, le 4 juillet, une manifestation mémorielle à la fête du journal Le Travailleur Catalan (projection du film 1936, Barcelone l’Olympiade oubliée, présentation de l’exposition nationale de l’ARAC L’été 1936, déambulation de stand en stand pour commenter les biographies de Roussillonnaises et de Roussillonnais investis dans l’aide à l’Espagne républicaine qui y étaient présentées.
  • • le 24 octobre, à Barcelone, nous participerons aux initiatives sportives organisées par l’Association Neus Catala en hommage à Lluis Companys, président de la Generalitat de Catalunya, assassiné par les franquistes.

II) Le soutien aux républicains espagnols

L’Olimpiada popular ne put se dérouler car, dans la nuit qui précéda la manifestation d’ouverture, eut lieu le coup d’état militaire. Immédiatement se développa, en France et dans le monde, un mouvement de soutien multiforme aux Républicains espagnols. Ce soutien prit trois formes essentielles : militaire d’abord, avec l’envoi de combattants et de matériel militaire, humanitaire ensuite avec l’accueil d’enfants espagnols ainsi qu’avec l’acheminement de colis de nourriture, de médicaments … politique de la part des partis du Front populaire, de la CGT, des associations progressistes et de leurs journaux.

Dès qu’ils eurent connaissance du coup d’état militaire, des habitants des Pyrénées-Orientales, Espagnols mais aussi Français, franchirent clandestinement la frontière pour aller s’engager, à Barcelone, dans les milices populaires. C’est ainsi qu’un des premiers Français tombés en terre d’Espagne fut Joseph Darné, un Cérétan tué le 1er septembre 1936 à Majorque. A ce propos, nous espérons pouvoir, avec l’appui de la municipalité de Céret, apposer une plaque à sa mémoire. De même, André Tourné qui représentait la Jeunesse Communiste à une rencontre à Madrid, s’engagea pour défendre la ville avant de rejoindre, dès leur création, les Brigades Internationales.

Très vite, tant les libertaires que les communistes impulsèrent le recrutement et l’envoi en Espagne de combattants. C’est ainsi que le Comité d’aide à l’Espagne républicaine, installé dans les locaux de l’ancien hôpital militaire de Perpignan, vit affluer, de tout le Sud, de la France des volontaires pour les Brigades internationales et se chargea de les amener au fort de Figueras, première étape en Espagne avant le camp d’instruction d’Albacete. Une plaque rappelant le passage en ces lieux d’hommes dont beaucoup périrent pour la démocratie et la liberté, sera inaugurée en préambule aux Journées d’Etudes, coorganisées par le Mémorial du camp de Rivesaltes et les Amis des Combattants en Espagne Républicaine (ACER), les 15 et 16 octobre sur l’action des Brigades internationales en Espagne. Ce sera l’occasion d’inviter, après cette cérémonie, les associations d’Histoire et de Mémoire de Catalogne Nord et Sud, au Centro Espagnol pour un apéritif dinatoire, puis à la Maison de la Catalanité pour un échange d’expériences.

Après l’application de la politique de non-intervention, début 1937, le Comité d’Aide à l’Espagne républicaine devint le Comité de Front Populaire Franco-Espagnol et se spécialisa dans l’envoi de colis de nourriture, de médicaments … en Catalogne. C’est au volant d’un de ses camions, que Julien Panchot, de Canohès, fut arrêté par des soldats italiens et interné au camp de Miranda del Ebro.

Nous venons de publier, avec un appareil critique, le compte-rendu d’activités rédigé par son responsable, Antoine Espigoulet en avril 1939.

Devant le bombardement aérien des villes et les combats dans Tolède et Madrid, le gouvernement espagnol décida d’envoyer les enfants à la campagne dans des colonias infantiles. Mais celles-ci ayant été vite saturées, il dut se résoudre à accepter la proposition d’accueillir dans des familles françaises des enfants espagnols faite par le Comité d’Aide aux Enfants d’Espagne (CAEE) fondé par la CGT et la Ligue des Droits de l’Homme. Ainsi, des centaines d’enfants transitèrent dans les colonies de La Mauresque à Port-Vendres et de La Bernède à Prats-de-Mollo, avant d’être placés dans des familles à travers toute la France par le comité départemental du CAEE basé, à la Bourse du Travail de Perpignan. Il serait bon qu’une plaque dans cet édifice rappelle le travail humanitaire accompli par cet organisme et le Syndicat National des Instituteurs de 1936 à 1940.

Surtout, au cours du premier semestre 2027, nous organiserons une journée d’études pour évoquer les actions menées pour protéger les enfants lors des guerres, et plus particulièrement la guerre d’Espagne, et des grands conflits sociaux de 1936 à nos jours.

III) L’engagement des Espagnols dans la Résistance dans les Pyrénées-Orientales (1940-1944)

L’engagement de l’importante communauté espagnole vivant dans notre département, dans le soutien au combat mené Républicains espagnols contre le franquisme et ses alliés fascistes et nazis, se poursuivit, après la disparition de la République, tant en Espagne qu’en France. Renforcés par l’apport des réfugiés politiques entrés lors de La Retirada, les Espagnols jouèrent un rôle de premier plan tant dans les passages de « colis » (personnes) et de courrier que dans la lutte armée.

Cette page d’Histoire étant le thème du Concours national de la Résistance et de la Déportation pour l’année scolaire 2026-2027, nos associations ont demandé à Georges Sentis, docteur de l’Université de Montpellier, de rédiger un livre sur ce sujet. Ouvrage qui sera envoyé à la rentrée aux CDI des collèges et des lycés et qui sera présenté aux enseignants et au grand public

  • le vendredi 30 octobre à 18 h. au Centro Espagnol,
  • le mercredi 4 novembre à 14h.30 au Centre départemental de Mémoire.

Affaire Lyhanna. Un défilé pour réclamer une loi intégrale contre les violences sexuelles (L’Indep)

Depuis la mort de la petite Lyhanna, 11 ans, violée et tuée le 4 juin dernier, chaque lundi, pendant un mois, les rassemblements se sont succédé devant les tribunaux et le ministère de la Justice, agrégeant de nombreux citoyens et citoyennes aux militants des droits des femmes et des enfants.

Ce lundi 7 septembre 2024, Perpignan n’a pas failli à ce rendez-vous désormais ponctuel. D’autant qu’il coïncidait, à l’Assemblée nationale, avec le début de l’examen en commission parlementaire spéciale de « la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles » qui comporte 69 articles. Ainsi, une quarantaine de personnes se sont rassemblées au pied du Castillet, répondant à l’appel du Collectif Droits des femmes 66.

« De nouveaux droits ne suffiront pas sans les moyens de les rendre effectifs », assénait Camille, membre du Collectif. « Il faut 3 milliards d’euros pour financer cette loi essentielle ».

« Cette loi intégrale est essentielle », lançait une autre manifestante. « il faut davantage de prévention des violences, d’éducation à l’égalité et au consentement et renforcer la protection des victimes, la formation de professionnels et les moyens de la justice ».

Puis le cortège s’est mis en branle en musique et en slogans, empruntant le quai Vauban pour faire une halte symbolique devant le tribunal et s’arrêter ensuite devant la préfecture avant de se disperser.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 8 septembre 2026)

Dix ans après les états généraux du rail, le train jaune exemple de réussite (L’Indep)

Dix ans après la tenue d’États généraux du Rail et de l’intermodalité, la Région Occitanie tire le bilan de sa politique des transports et en rend compte aux habitants jusqu’à la fin de l’année.

C’est bien sûr le vice-président de Région aux transports, Jean-Luc Gibelin, qui assure la tournée citoyenne. En gare de Perpignan ce 4 septembre 2026 (précisément à la Maison de la Région qui y a ses locaux), l’élu est venu « rendre compte » des engagements politiques pris après la grande consultation de 2016. Onze chantiers avaient alors émergé des préoccupations citoyennes. Parmi eux, la « sauvegarde des lignes ferroviaires » jugées prioritaires par les habitants, dont celle du Train jaune dans les Pyrénées-Orientales.

La Région a injecté 100 millions d’euros pour sauver le Train jaune

« La Région a mis 50 millions d’euros dans la rénovation du matériel et 50 millions dans l’infrastructure », récapitule Jean-Luc Gibelin dont le budget, celui des Transports donc, première compétence régionale, frôle le milliard.

Le « canari » a été considéré comme sauvé en 2019 dans le cadre d’un Plan Rail (389 millions engagés sur l’ensemble du réseau dont 273 financés par la Région) qui a aussi permis la réouverture de la ligne Montréjeau-Luchon et la reprise du trafic sur la rive droite du Rhône.

« On a aussi inventé une tarification Train jaune pour qu’il soit un train du quotidien », ajoute l’élu. « Il y a par exemple une vraie complémentarité entre Villefranche-de-Conflent et le plateau cerdan grâce au lien entre trains et autocars. On a aussi réorganisé la gare routière de Perpignan en la mettant en lien avec la gare SNCF ».

Dans l’Aude, l’échec de la ligne Limoux-Quillan

L’Aude a notamment bénéficié d’une « structuration du réseau routier et de sa complémentarité avec les transports scolaires qui sont devenus gratuits. On transporte 165 000 enfants chaque jour en Occitanie grâce à 5 000 véhicules ». En revanche, le département est toujours privé de liaison ferroviaire entre Limoux et Quillan. Ce que Jean-Luc Gibelin appelle des « réouvertures qui ne vont pas assez vite » (c’est aussi le cas de Rodez-Séverac et Alès-Bessèges). « L’État n’a pas activé les crédits promis, déjà pour les études, environ 56 millions d’euros », explique-t-il. « Et, surtout, ne s’est pas manifesté pour financer l’infrastructure et sans cela, on ne peut rouvrir la ligne ». La Région tente toutefois d’inciter l’État à revoir sa position en proposant une option moins onéreuse, du matériel plus léger, actuellement testée entre Carcassonne et Limoux et cofinancé avec la SNCF. Limoux-Quillan est fermée depuis 2017.

Enfin, concernant la grande vitesse, le vice-président insiste sur la ligne à venir Montpellier-Perpignan : « En 2016, la LNMP (Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan) n’était pas prévue, pas financée et n’avait pas de calendrier ». Sa réalisation a en effet été entérinée par Jean Castex, alors Premier ministre, après des années de combats d’élus locaux dont Carole Delga.

Plus généralement en région, Jean-Luc Gibelin pointe le succès des billets de TER à 1 euro, « 910 000 rien qu’entre le 14 juillet et le 15 aout », la circulation de trains innovants utilisant l’hydrogène, des batteries lithium ou hybride, un Plan Vélo comprenant un cluster de 80 entreprises (dont Caminade installée à Ille-sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales), des vélos en libre service dans les lycées ou en location longue durée dans les gares ou encore des rosalies « Oui Cycle » déployées dans certains territoires ruraux.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 5 septembre 2026)

Vernet-les-Bains : les bus scolaires bondés inquiètent les parents (L’Indep)

Des enfants refoulés parce que leur bus est bondé, obligés d’attendre le second qui arrive, ou pas, une heure après. Des cours ratés et des parents en colère. Depuis la rentrée scolaire, c’est une quinzaine de collégiens vernétois qui ont été ainsi laissés sur le carreau.

« Mercredi dernier, mon fils de 11 ans faisait sa rentrée scolaire en 5e au collège Gustave-Violet de Prades. Tout fier, et tout content de retrouver ses copains, il a marché dix minutes depuis la maison pour rejoindre l’abribus et attendre son car scolaire de 7h20 qui le dépose devant le collège pradéen, en même temps qu’une quinzaine d’autres collégiens de Vernet-les-Bains et d’autres villages conflentois », détaille Mme Catafau, la maman. « Or le groupe de collégiens n’a pas pu monter dans ce bus qui était déjà bondé ! Le chauffeur n’a rien voulu entendre et leur a simplement demandé de patienter jusqu’au suivant… ».

Or à 7h35, point de second bus. Elle reprend : « Mon fils m’a appelé depuis son portable pour me dire qu’il n’y avait aucun autre bus en approche et qu’ils se retrouvaient tous à l’attendre. C’était surréaliste, d’autant que jusqu’à présent -et c’est une Vernétoise pure souche qui vous parle- il y a toujours eu deux autobus, chacun d’une cinquantaine de places, qui se suivaient. Aucun enfant n’était laissé sur le bord de la route avec tous les risques que cela comporte ». Finalement, ce second autobus déboulera à 7h50. Et les enfants arriveront en retard pour leur rentrée…

Le maire et le principal ont contacté la compagnie

Une autre habitante de Vernet-les-Bains, Mme Romanos, témoigne à son tour. « Mon garçon fait partie des gamins refoulés par le chauffeur du premier bus. Ça a duré de mardi à aujourd’hui (vendredi 4 septembre). J’ai appelé à plusieurs reprises le maire de notre commune, ainsi que la Vie scolaire du collège pour avoir des explications. J’ai su que l’un et l’autre, très mécontents, avaient contacté aussitôt la compagnie de transports scolaires. Des parents ont pu venir récupérer leurs enfants à l’abribus pour les accompagner en voiture jusqu’à Prades, mais encore fallait-il être disponible. Ce qui n’est pas le cas pour tout le monde ». Ce vendredi matin, le second bus (le premier étant immuablement complet) s’est garé devant l’établissement pradéen avec une heure de retard. « Nos enfants ont été déposés à 9 h devant leur collège et ont donc raté leurs premiers cours de la journée. Sympa pour entamer l’année ! », ne décolère pas Mme Catafan. Il semblerait toutefois que les tensions se soient décrispées depuis. La compagnie de transports scolaires a informé par SMS les familles concernées, de « l’ouverture dès lundi 7 septembre d’une nouvelle ligne de bus scolaire pour les collégiens vernétois de Gustave-Violet ».

Valérie Pons (L’Indépendant, le 5 septembre 2026)

Foyers de jeunes travailleurs : 238 places désormais recensées dans les Pyrénées-Orientales (L’Indep)

Hier, la Ligue de l’enseignement et ses partenaires ont inauguré un nouveau foyer de jeunes travailleurs de 30 logements a Argelès-sur-Mer. En plus de studios équipes, ce type de résidence abrite une équipe de professionnels qui accompagne les 18-29 ans sur le chemin de l’autonomie et de l’insertion. Ce qui n’est pas du luxe dans un département ou près d’un jeune sur trois est au chômage.

2,4 millions d’euros. Tel est le coût du chantier qui vient de s’achever à Argelès-sur-Mer. Cofinancé par le Département, l’État, la commune, l’intercommunalité, la Région, la CAF ou encore l’organisme Action logement, le nouveau foyer de jeunes travailleurs Lucette Pla-Justafré accueille et accompagne vers l’autonomie des jeunes de 18 à 29 ans, actifs, saisonniers, apprentis ou étudiants. Si le projet a réussi à mobiliser tant de partenaires, c’est qu’il répond à des problématiques de poids qui impactent de plein fouet les Pyrénées-Orientales.

« Les foyers de jeunes travailleurs visent à lutter contre deux fléaux qui touchent le département », indique Bernard Vial, président de l’entreprise sociale pour l’habitat (BSH) Perpignan Méditerranée, qui a porté le chantier avec la Ligue de l’enseignement et le promoteur Kavak. « Le premier de ces fléaux est le manque de logements sociaux. Actuellement, 20 000 demandes sont en attente. Le deuxième fléau est la précarité des jeunes. Dans le département, 32 % d’entre eux sont au chômage, contre 20 % en moyenne à l’échelle nationale ».

Le projet, qui est parti d’un appel d’offres conjoint de l’État et du Département, fait suite à une étude sur le logement des jeunes réalisée en 2021. « Le constat dressé est très préoccupant », souligne Michel Barthes, le président départemental de la Ligue de l’enseignement, qui gère l’ensemble des foyers du pays catalan, dont celui-ci. « Le département des Pyrénées-Orientales se caractérise par de forts indicateurs de précarité, avec un taux de pauvreté supérieur de 6,4 points à la moyenne nationale. Et les moins de 30 ans constituent la catégorie la plus touchée ».

Pourquoi avoir installé cette résidence Habitat jeunes à Argelès, alors que toutes les autres (208 places) se situent à Perpignan ? « Son implantation vise à permettre à nos jeunes de vivre et de travailler sur le territoire malgré l’envolée des prix du foncier et la diminution de l’offre locative permanente au profit des locations saisonnières », résume le président de la communauté de communes Albères-Côte-Vermeille-Illibéris, Grégory Marty.

Le préfet, Pierre Regnault de La Mothe, selon qui le logement est l’un des principaux freins à l’emploi des jeunes, acquiesce : « Argelès est une commune où l’activité touristique crée de nombreux emplois, mais où le logement constitue une problématique récurrente ».

Le représentant de l’État précise que l’intérêt de la résidence Habitat jeunes va bien au-delà du logement. « Au sein de ce foyer, les professionnels de la Ligue sont là pour aider les jeunes à construire leurs parcours. Il s’agit aussi d’un tremplin vers autonomie, l’emploi et l’avenir », explique-t-il.

Océane, une autoentrepreneuse de 28 ans, qui réside au foyer d’Argelès, con-firme : « Nous avons par exemple des rendez-vous pour faire le point sur notre recherche d’emploi ou sur les aides auxquelles nous avons droit. Il y a aussi des activités et des sorties qui sont mises en place afin de permettre aux locataires de se rencontrer ». Et ce n’est là qu’un aperçu de l’accompagnement proposé.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 5 septembre 2026)

Claira. Maternelle : une ouverture de classe sans Atsem (L’Indep)

L’ouverture d’une septième classe à l’école Les Cariolettes permet de faire baisser les effectifs. Une avancée saluée par les parents, qui regrettent toutefois qu’aucun Atsem supplémentaire ne soit prévu pour accompagner cette nouvelle organisation.

C’est une rentrée particulière qui débute à l’école maternelle Les Clarioulettes de Claira Une septième classe a finalement ouvert pour l’année scolaire 2026-2027. Une décision qui doit permettre d’alléger les effectifs passant de 28 à 24 élèves par classe. Mais cette réorganisation soulève une autre question l’école compte six Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) pour sept classes, et aucun recrutement supplémentaire n’est prévu pour cette année scolaire.

Rester vigilants

Une réunion s’est tenue, hier. jeudi 3 septembre au sein de l’école, en présence des représentants des parents d’élèves, du maire Marc Petit et de l’inspecteur de l’Éducation nationale, Eric Saque. Selon les éléments communiqués, « les six Atsem en poste devront intervenir dans les différentes classes en fonction des besoins ». Si les représentants des parents d’élèves se félicitent de la baisse des effectifs dans les classes, ils regrettent. « néanmoins » l’absence d’un personnel supplémentaire qu’ils jugent « importante auprès des jeunes enfants étant donné que la classe ajoutée mélangera petits et grands ». D’où cette mobilisation.

Du côté de la mairie, l’édile rappelle que « le budget communal 2026 avait été voté en mars, avant que l’ouverture de la classe ne soit décidée en juin ». Marc Petit souligne que « selon le code général des collectivités territoriales, chaque classe maternelle doit bénéficier des services d’un Atsem, sans que la loi n’impose toutefois la présence d’un agent à temps plein dans chaque classe ». Ce dernier faisait savoir que la situation pourra « être réexaminée à l’avenir », notamment si la septième classe, ouverte à titre provisoire pour un an, est « maintenue ». Mais à ce jour, l’organisation devra donc se faire avec les moyens actuellement disponibles. « Nos enfants sont notre priorité », pellent les parents d’élèves, qui entendent rester vigilants. « Notre mobilisation continuera», assurent-ils En conclusion, l’inspecteur Éric Saque a souligné l’apport de celle septième classe, qui constitue selon lui « un moyen supplémentaire consacré à l’éducation et c’est ce qui est essentiel ».

Lola Gilbert (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)