Les menaces sur le site ferroviaire de Cerbère et ses 37 emplois se précisent, les syndicats ne lâchent pas l’affaire (L’Indep)

Les syndicats français et espagnols se sont réunis ce jeudi 15 octobre à Cerbère pour réclamer le maintien du site de fret ferroviaire frontalier. L’actuel gestionnaire du chantier envisage de licencier ses 37 salariés locaux dans le cadre d’un plan social qui vient d’être signé, mais que la direction du travail doit encore valider.

La menace se précise. Selon les délégués syndicaux de DB Cargo Iberia Axle Change, ce mardi 13 octobre 2026, les négociations autour du plan social que l’entreprise a lancé sur son site ferroviaire de Cerbère ont abouti à une signature. Il appartient désormais à la direction du travail de valider ou non le projet. Celui-ci prévoit le licenciement des 37 salariés qui procèdent au changement d’essieux des trains de marchandises transitant entre la France et l’Espagne. Une opération rendue obligatoire par la différence d’espacement des rails entre les réseaux des deux pays.

C’est dans ce contexte que le Conseil syndical transfrontalier (Csir) Pyrénées-Méditerranée, qui regroupe huit syndicats français et espagnols, a organisé ce jeudi 15 octobre à Cerbère un rassemblement de soutien suivi d’une réunion destinée à présenter les enjeux du dossier. Alors qu’en parallèle, cinq entreprises auraient répondu à l’appel à manifestation d’intérêt que la SNCF a lancé pour tenter de trouver un repreneur à l’espace industriel. Nul ne peut cependant dire pour l’instant si ces sociétés iront jusqu’au bout, ni en quoi consiste exactement leur projet.

« Bien que DB Cargo Iberia, à qui appartient le site de Transfesa, soit une entreprise de droit privé, on considère qu’elle assure un service public », souligne le responsable transports du Csir, Pierre Place, de la CGT. « Si la fermeture du site était actée, ce serait inacceptable. L’Espagne a annoncé au mois d’août à la Commission européenne qu’elle garderait 70 % de son réseau à l’écartement ibérique. La seule solution, c’est de passer par les équipements de Transfesa. Par ailleurs, le système de levage peut également servir à faire de la maintenance. »

À l’instar de Pierre Place, Jean-François Virama et Pierre Grousset, de l’Unsa, craignent l’impact de la fermeture du site ferroviaire sur l’autoroute A9/AP7 et le village de Cerbère. « Il y a déjà 14 000 camions par jour qui passent au Perthus. Au-delà de l’aspect humain, si le fret s’arrête sur cette ligne, l’autoroute va être saturée, alertent-ils. Et derrière les emplois supprimés, il y a des familles. La fermeture de Transfesa impacterait l’école, la vie sociale et les commerces de Cerbère. »

De leur côté, les délégués syndicaux de DB Cargo Iberia Axle Change, Antoine Calero (FO), et Sébastien Auzou (CFTC), font grise mine. « Ici, c’est un cimetière de wagons, déplorent-ils. Le site devrait fermer entre le 31 octobre et le 31 décembre. Tout le monde va être licencié. Le trafic a d’ores et déjà été détourné sur Hendaye. Nous sommes en train de dépolluer le site. »

Concernant l’appel à manifestation d’intérêt, les syndicalistes soulignent que « même si une société était retenue, elle ne serait pas obligée de reprendre le personnel ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 16 octobre 2026)

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