Inquiétudes à l’approche d’une rentrée « fragilisée par les incertitudes (L’Indep)

À la veille de la rentrée scolaire, qui se déroulera ce mardi 1er septembre 2026, le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa) fait le point sur les conditions dans lesquelles se profile le retour des élèves en classe dans les Pyrénées-Orientales. L’organisation évoque « une rentrée portée par les personnels et encore fragilisée par les incertitudes ».

« L’engagement des personnels ne peut pas systématiquement compenser les insuffisances de l’institution. » Ce mercredi 26 août, lors du point de rentrée du syndicat d’enseignants de l’Unsa, la secrétaire départementale de l’organisation, Héloïse Hiroux, a donné le ton d’emblée.

Premier grief évoqué : la suppression de treize postes de professeurs des écoles que le rectorat a actée pour cette rentrée en pays catalan sur fond de baisse démographique (850 élèves de moins annoncés en primaire). « On estime que la baisse démographique ne doit pas être un prétexte aux fermetures mécaniques et comptables, mais l’occasion de faire diminuer les effectifs par classe », martèle la référente carte scolaire du syndicat, Éloïse Chenus. « Cela permettrait d’améliorer à la fois les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels. »

Point positif, comme lors des années précédentes, l’Inspection s’est engagée à ne pas effectuer de fermetures de classes de dernière minute au lendemain de la rentrée. Mais, selon l’Unsa, aucune ouverture de classe n’est non plus prévue. En tout cas pas avec des moyens pérennes. Or, des besoins se font sentir dans certaines écoles. Comme la maternelle de Claira qui présente « un effectif prévisionnel moyen de près de 28 élèves par classe ».

Quid des établissements en situation « aberrante » ?

Pour l’heure, l’incertitude demeure par ailleurs quant au déblocage effectif des moyens supplémentaires promis en février dernier aux établissements perpignanais dont le ministre de l’Éducation considère la situation comme « aberrante ». « En clair, il s’agit d’établissements qui accueillent des publics défavorisés, mais qui ne sont pas classés en réseaux d’éducation prioritaire. Et qui ne bénéficient donc pas des moyens qui accompagnent ce classement », résume Éloïse Chenus. À Perpignan, le collège Saint-Exupéry, ainsi que les écoles Hyacinthe-Rigaud, Anatole-France et Vertefeuille sont concernées. « Mais pour l’instant, les collègues de ces établissements ne voient rien venir », déplore la syndicaliste.

L’Unsa évoque également des outils numériques « détaillants » qui compliquent la tâche des directeurs d’école. « Les personnels restent quotidiennement confrontés à des applications lentes, instables et inadaptées », explique Héloïse Hiroux. Le syndicat pointe notamment du doigt des « dysfonctionnements » de l’outil numérique pour la direction d’école (Onde), qui sert notamment pour l’enregistrement des nouvelles inscriptions et la gestion des effectifs.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 août 2026)

Élèves en situation de handicap : y aura-t-il assez d’accompagnants?

Concernant l’inclusion des élèves en situation de handicap aussi, l’inquiétude est de rigueur. Y aura-t-il assez d’accompagnants (AESH) pour suivre comme il se doit l’ensemble des enfants à besoins particuliers? Telle est la question que pose le syndicat d’enseignants de l’Unsa alors que les « pôles inclusifs d’accompagnement localisés » (Pial), qui répartissent les AESH entre les établissements d’un secteur donné, sont en train de se changer en « pôles d’appui à la scolarité » (Pas) aux territoires « plus vastes » Une réforme qui fait craindre « une perte de proximité » et une multiplication des trajets des AESH entre plusieurs écoles. « Les AESH ne doivent pas être une variable d’ajustement. D’autant que changer d’accompagnant souvent peut perturber les élèves », plaide Héloïse Hiroux. « Par ailleurs, nous savons déjà que sur un Pial de Perpignan, il manque 125 heures pour couvrir les besoins. »

CGT Éduc’Action 66 : « L’interdiction du portable à l’école est irréalisable » (L’Indep)

Ce vendredi 28 août, la CGT des Pyrénées-Orientales a développé ses positions et ses revendications sur « le sujet majeur de l’Éducation nationale ». Avant de se rallier a la grande manifestation nationale de la fonction publique le 29 septembre.

Parmi les nombreux sujets concernant l’Éducation nationale et la rentrée scolaire pointés par la CGT Éduc’action 66 ce vendredi 28 août, figuraient l’absence de moyens pour rénover les établissements scolaires, le déficit de professeurs, l’impact de la baisse de la natalité sur les effectifs, l’interdiction des portables dans les salles de classe… Une rentrée qui, assène-t-elle, « s’accompagne d’incertitudes et d’inquiétudes ».

« Nous nous opposons à la suppression programmée de 13 postes d’enseignants dans le premier degré public des Pyrénées Orientales, actée par le rectorat à la suite des baisses démographiques constatées », a martelé Nicolas Ribot, membre du bureau de l’Union départementale CGT. « Nous demandons que la baisse du nombre d’élèves en cette rentrée serve au contraire à alléger les effectifs par classe ».

Se basant sur les dernières épreuves d’examen et notamment du Bac, la CGT 66 évoque « des salles de classe en surchauffe, sans fenêtres ouvertes, sans ventilateurs, évidemment sans climatisation ». Et dans certains établissements perpignanais, l’obligation pour les élèves « d’amener leur propre bouteille d’eau ou leur gourde pour se désaltérer ». Pour le syndicat, « il y a urgence à établir un plan global de rénovation thermique à l’échelle du pays ». Une enveloppe qui, selon lui, se situe « entre 4 et 5 milliards d’euros ». « Il faudra trouver des moyens adaptés à notre département », fait savoir Christophe Moya, secrétaire départemental au sein de la CGT Educ’action 66.

Sont ensuite abordés le « réel » remplacement, dans le second degré, des professeurs titulaires absents, « Il y aura des ajustements à faire ». Comme la santé mentale des élèves -fatigue, manque de concentration, décrochage-, tout comme ceux en situation de handicap : « Le nombre d’accompagnants reste insuffisant face aux besoins, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude quant à l’aide attribuée à leur enfant ».

Puis, revenant sur l’interdiction de l’usage du portable au sein des lycées, Nicolas Ribot interroge : « C’est irréalisable pour trois raisons majeures: le manque flagrant de moyens, une surcharge pour les personnels et un contre sens pédagogique, le lycée étant censé être le lieu de l’apprentissage de l’autonomie et d’un numérique raisonné ».

En conclusion de sa conférence, la CGT 66 a annoncé participer à « la grande journée de mobilisation de la fonction publique » le 29 septembre prochain.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 29 août 2026)

Ille-sur-Têt. Jardins familiaux interdits d’accès : « C’est notre seule bouffée d’air » (L’Indep)

La mobilisation se poursuit pour sauver les jardins familiaux.

Réunis jeudi 27 août devant la salle La Catalane, où devait se tenir un conseil municipal, les usagers des jardins familiaux ont une nouvelle fois demandé à être entendus par la municipalité. Celle-ci souhaite en effet revoir l’aménagement de ces parcelles après l’incendie de Trévillach. Mais, le conseil a finalement été reporté…

Depuis l’incendie du samedi 4 juillet, le devenir des 18 jardins familiaux est au cœur d’un bras de fer entre les occupants et la mairie. La municipalité, qui invoque les risques liés à la proximité d’un couloir de feu, a notamment interdit l’accès aux terrains par arrêté le mardi 11 août. Les jardiniers, contraints et forcés d’abandonner leurs cultures, eux, contestent cette fermeture. Ils réclament une véritable concertation sur l’avenir du site.

Ce jeudi à 18h, près d’une centaine de personnes ont répondu à l’appel des mécontents. Parmi elles, des jardiniers, mais aussi des familles, des habitants d’Ille-sur-Têt et des personnes venues des communes voisines pour soutenir leur revendication. Une dizaine de policiers municipaux et de gendarmes était également sur place pour encadrer le rassemblement qui s’est déroulé dans le calme. Les manifestants sont restés devant la salle, vide d’élus, où plusieurs prises de parole se sont succédé.

Marie-Josée, une Illoise, a rappelé « l’ancienneté des jardins » et « leur importance pour la commune ». Elle a annoncé chercher des solutions auprès du nouveau maire, Alain Fabresse : « Lors d’un entretien le mardi 21 juillet, il est resté ferme sur sa décision ». Pour Hayad, ces jardins représentent bien plus qu’un terrain à cultiver. « C’est le seul coin de jardin qu’on a avec ma famille, c’est notre seule bouffée d’air », témoigne-t-elle. Elle explique y cultiver, récolter et élever des poules, mais aussi installer une piscine et organiser des repas pour les enfants. « Je regrette surtout de ne pas avoir plus d’information sur le devenir de ces parcelles, ni les solutions proposées aux familles ». Sarah, qui a eu une altercation avec un élu, insiste elle aussi sur le besoin de dialogue. Elle décrit les jardins comme « des lieux de partage, de solidarité ».

L’incompréhension et la colère imprègnent ces prises de paroles, où l’on ressent aussi beaucoup de tristesse. « Je suis peiné pour ces jardiniers. Je ne pensais pas qu’on en arriverait là », a déclaré Alain Margalet élu d’opposition. Il a également exprimé son espérance de discussion, persuadé « qu’ils peuvent faire quelque chose ensemble ».

Parmi les soutiens aux manifestants, Dominique Benoit, ancien élu, adjoint au maire William Burghoffer chargé de l’environnement et du développement durable et ancien responsable des jardins familiaux, rappelle avoir suivi leur fonctionnement entre 2001 et 2014. Pour lui, ces jardins font partie du « patrimoine de la commune » et « leur suppression ne peut se faire sans aucune consultation ».

La mobilisation dépasse les seuls jardiniers. Jeunesse populaire du Conflent et alentours, la Confédération paysanne, ainsi que des habitants venus notamment de Perpignan ont pris la parole. Tous insistent sur le rôle social, agricole et patrimonial de ces terrains communaux. Dans la foule, des habitants qui pourtant ne possèdent pas de jardins partagent cette inquiétude. « Ça fait partie de la culture, de l’histoire de la ville », estiment-ils tout en regrettant que le maire « n’ait pas pris davantage le temps de discuter » avec eux.

Contacté, le cabinet du maire explique que depuis l’incendie de Trévillach, « beaucoup de dossiers sont à traiter » et que « la municipalité n’est pas encore prête à délibérer » à ce sujet. Aucune nouvelle date n’a été communiquée pour un prochain conseil municipal.

La mobilisation s’est achevée par une photo de groupe, au cours de laquelle les participants ont scandé, les poings vers le ciel, « Résistance ! ».

Une pétition contre la décision municipale a circulé parmi la foule.

Lola Gilbert (L’Indépendant, le 29 août 2026)

Banyuls-sur-Mer. Les vendangeurs réclament des conditions d’accueil dignes (L’Indep)

Près de 80 saisonniers ont manifesté ce samedi 22 août. Vivant sous des tentes ou dans leurs véhicules, ces saisonniers revendiquent des besoins élémentaires.

Environ 80 vendangeurs et sympathisants se sont rassemblés ce samedi 22 août pour faire entendre leurs revendications concernant leurs conditions d’accueil durant la saison. Partis de l’aire de pique-nique de la route des Mas, ils ont ensuite rejoint en cortège le centre-ville et la mairie. À leur demande, des représentants de la CGT des P.-O. étaient présents pour les accompagner dans leur démarche.

Des conditions de vie précaires

Le problème ne date pas d’hier. Une grande partie de ces saisonniers, venus notamment d’Espagne, d’Italie, de Pologne ou d’Allemagne, vivent durant les vendanges dans des véhicules ou sous des tentes, parfois installées dans les vignes.

« Il y a quatre ans, nous étions déjà venus pour la même problématique », rappelle Julien Berthelemy, secrétaire général de la CGT des P.-O. Les revendications portent avant tout sur des besoins élémentaires : disposer d’un lieu ou stationner et dormir, avoir accès à l’eau et à des sanitaires.

Maria, l’une des porte-parole des vendangeurs, évoque une situation devenue plus difficile cette année. « Notre principale revendication, c’est l’accès à l’eau », explique-t-elle. Elle souligne également les difficultés de stationnement, les déplacements imposés à certains campements et un sentiment d’insécurité lié, selon les saisonniers, à plusieurs vols.

L’espoir d’une solution pérenne

Devant la mairie, les manifestants ont rappelé qu’ils ne réclamaient pas un hébergement classique, mais des conditions minimales leur permettant de vivre correctement pendant la saison. Ils souhaitent désormais qu’une solution soit recherchée conjointement entre pouvoirs publics, professionnels de la viticulture et saisonniers.

Des démarches ont été engagées auprès de la mairie et de la préfecture et une rencontre est annoncée la semaine prochaine, avec l’espoir de voir enfin émerger une proposition pérenne et concertée, afin que la question de l’accueil des vendangeurs ne se repose plus chaque année dans les mêmes termes.

Yves Andrieu (L’Indépendant, le 23 août 2026)

L’hélicoptère du Samu aurait atterri sur un boulevard de Vernet-les-Bains « sans service de sécurité » au sol : le maire interpelle le préfet (L’Indep)

Le maire de Vernet-les-Bains, Pierre Serra, a écrit au préfet pour lui demander de mieux encadrer les atterrissages des opérateurs privés mandatés pour transporter les équipes du Samu en hélicoptère. Selon lui, le 12 août dernier, l’appareil du Samu66 se serait posé sur l’un des principaux axes de circulation du village sans que la commune en ait été avertie et « sans service de sécurité » au sol.

L’événement qui a mis le feu aux poudres s’est déroulé le mercredi 12 aout 2026. Ce jour-là, l’hélicoptère H66 affrété par une société privée pour transporter les équipes du Samu est posé en plein après-midi sur l’un des principaux axes de circulation de la commune de Vernet-les-Bains, le boulevard du Cady. Problème : selon le maire communiste du village, Pierre Serra, la manœuvre se serait déroulée en l’absence de dispositif de sécurité. Et ce en pleine période d’affluence touristique.

« Je me suis rendu sur place immédiatement et j’ai pu constater qu’il n’y avait aucun service de sécurité, précise le maire. Ils ont atterri au milieu des véhicules. Les pompiers ne sont arrivés qu’après-coup et les services de la commune n’avaient pas été prévenus. »

L’édile, qui a écrit une lettre ouverte au préfet pour l’alerter à la suite des faits, souligne qu’il ne remet en cause « ni la nécessité ni l’urgence des missions de secours qui doivent pouvoir se faire le plus facilement possible ». Ce que Pierre Serra pointe du doigt, ce sont bien les conditions de sécurité dans lesquelles s’est déroulé l’atterrissage de l’hélicoptère.

« Ce que je mets en cause, c’est la sous-traitance du transport par hélicoptère du Samu à des organismes privés », résume le premier magistrat. « Lorsque les autres services publics interviennent sur notre commune avec des hélicoptères (CRS, pompiers…), cela se fait dans un cadre clair et sécurisé (atterrissage au stade, information aux services concernés). L’idéal serait que l’État gère directement tout ce qui concerne la sécurité nationale. Et, à défaut, que soient clairement définis pour la totalité des intervenants les critères permettant de cibler les sites d’atterrissage privilégiés, les mesures de sécurisation à mettre en œuvre, ainsi que les responsabilités respectives des différents intervenants. »

Afin que les interventions du Samu « puissent se dérouler dans de meilleures conditions, garantissant à la fois la rapidité des secours, la sécurité des patients, des équipages et de la population ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 21 août 2026)

Sollicitée, la préfecture confirme avoir reçu le courrier du maire ce jeudi matin et indique qu’elle est en train d’étudier le dossier.

« Un pompier avait sécurisé la zone et si nous avions atterri plus loin, il y aurait eu une perte de chance pour le patient »

Du côté du Samu, on livre une version des faits différente de celle du maire sur plusieurs points. « Lors de cette intervention, un pompier présent au sol avait sécurisé la zone en amont, assure une source au sein du service hospitalier. De plus, si nous nous étions posés plus loin, il y aurait eu une perte de chance pour le patient, qui était dans le coma et qu’il fallait intuber, mettre sous respiration artificielle, puis en réanimation. Cette intervention a permis de sauver une vie. » L’enquête que les services de l’État ont lancée après réception du courrier du maire de Vernet devrait permettre de trancher entre les deux versions.

Autre précision : si le transport des équipes médicales par l’hélicoptère H66, disponible 24 heures sur 24, est effectivement délégué à une société privée dans le cadre d’une convention, « comme dans les autres Samu de France », le service hospitalier reste bel et bien le donneur d’ordre.

L’Indépendant, le 21 août 2026

Le maire de Vernet-les-Bains, Pierre Serra, a écrit au préfet pour lui demander de mieux encadrer les atterrissages des opérateurs privés mandatés pour transporter les équipes du Samu en hélicoptère. Selon lui, le 12 août dernier, l’appareil du Samu66 se serait posé sur l’un des principaux axes de circulation du village sans que la commune en ait été avertie et « sans service de sécurité » au sol.

L’événement qui a mis le feu aux poudres s’est déroulé le mercredi 12 août 2026. Ce jour-là, l’hélicoptère affrété par une société privée pour transporter les équipes du Samu s’est posé en plein après-midi sur l’un des principaux axes de circulation de la commune de Vernet-les-Bains, le boulevard du Cady. Problème : selon le maire communiste du village, Pierre Serra, la manœuvre se serait déroulée en l’absence de personnels au sol chargés de sécuriser l’atterrissage. Et ce en pleine période d’affluence touristique.

« Je me suis rendu sur place immédiatement et j’ai pu constater qu’il n’y avait aucun service de sécurité, précise le maire. Ils ont atterri au milieu des véhicules. Les pompiers ne sont arrivés qu’après-coup et les services de la commune n’avaient pas été prévenus. »

L’édile, qui a écrit une lettre ouverte au préfet pour l’alerter à la suite des faits, souligne qu’il ne remet en cause « ni la nécessité ni l’urgence des missions de secours qui doivent pouvoir se faire le plus facilement possible ». L’intervention du 12 août visait à prendre en charge une personne victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Son bien-fondé était donc indiscutable et le premier magistrat en convient. Ce que Pierre Serra pointe du doigt, ce sont bien les conditions de sécurité dans lesquelles s’est déroulé l’atterrissage de l’hélicoptère.

« Ce que je mets en cause, c’est la sous-traitance du transport par hélicoptère du Samu à des organismes privés », résume le premier magistrat. « Lorsque les autres services publics interviennent sur notre commune avec des hélicoptères (CRS, pompiers…), cela se fait dans un cadre clair et sécurisé (atterrissage au stade, information aux services concernés). L’idéal serait que l’État gère directement tout ce qui concerne la sécurité nationale. Et, à défaut, que soient clairement définis pour la totalité des intervenants les critères permettant de cibler les sites d’atterrissage privilégiés, les mesures de sécurisation à mettre en œuvre, ainsi que les responsabilités respectives des différents intervenants. »

Afin que les interventions du Samu « puissent se dérouler dans de meilleures conditions, garantissant à la fois la rapidité des secours, la sécurité des patients, des équipages et de la population ».

Sollicitée, la direction de l’hôpital de Perpignan n’a pas donné suite. De son côté, la préfecture confirme avoir reçu le courrier du maire ce jeudi matin et indique qu’elle est en train d’étudier le dossier.

L’Indépendant, le 21 août 2026

40 emplois menacés au terminal ferroviaire de Cerbère (L’Indep)

Le groupe DB Cargo Iberia, dont dépend le site ferroviaire de Cerbère dédié au changement d’essieux nécessaire pour permettre aux trains de fret français de circuler côté espagnol, a annoncé la fermeture de l’atelier au 31 décembre 2026. Un plan social avec 40 suppressions de postes à la clé est en cours de négociation.

Ce n’est pas à proprement parler une surprise. Avec le report d’une partie du transport de marchandises vers la ligne TGV entre Perpignan et Barcelone, le terminal de Cerbère connait depuis un certain nombre d’années une inquiétante baisse de trafic. Cette diminution impacte directement l’activité des 40 salariés qui changent les essieux des trains de fret traversant la frontière en raison de la différence d’espacement des rails sur le réseau espagnol.

Selon les représentants des salariés, le groupe dont dépend l’entreprise gestionnaire de cet atelier, DB Cargo Iberia, a annoncé ses intentions depuis plusieurs mois. « La direction du groupe a décidé des décembre 2025 de fermer le site », assure Antoine Calero, le secrétaire du syndicat FO de la société DB Cargo Iberia Axie Change, qui regroupe les chantiers de Cerbère et d’Hendaye.

En cet été 2026, le processus a franchi une étape décisive. « Nous sommes en train de négocier un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). S’il n’y a pas de repreneurs, le site fermera au 31 décembre », résume Sébastien Auzou, du syndicat CFTC.

Une « grève du zèle » stratégique

La quarantaine d’emplois que recense l’atelier est menacée. « Il n’y a rien dans le PSE de la direction », dénonce Antoine Calero. « En l’état, on partirait avec une main devant et une main derrière. »

Du coup, les salariés ont décidé de faire monter la pression. En entamant une « grève du zèle » destinée à ralentir le trafic alors que le site de Cerbère doit actuellement absorber les rames de marchandises qui passent généralement par l’atelier d’Hendaye, en travaux ce mois-ci.

Petite lueur d’espoir : selon le maire de Cerbère, Christian Grau, « il y aurait deux entreprises intéressées par une reprise du site, mais on ne connait ni leurs noms, ni leurs projets ». S’il confirme que deux entreprises auraient manifesté leur intérêt, Antoine Calero précise qu’à ce jour, aucun repreneur ne s’est concrètement positionné : « Et s’il y en avait un, il ne ferait pas forcément le même métier que nous et ne serait pas obligé de reprendre le personnel. »

Les négociations autour du PSE devraient se poursuivre jusqu’au 15 septembre prochain.

Arnaud (L’Indépendant, le 20 août 2026)

Christian Grau : « Nous essayons d’alerter les pouvoirs publics depuis 2020 »

Pour le maire de Cerbère, Christian Grau, à l’heure où la décarbonation de l’économie est présentée comme une priorité, la fermeture du site tiendrait du paradoxe. « Si les rames qui passaient jusqu’ici par Cerbère ne peuvent passer ni par la ligne TGV (Perpignan-Barcelone, NDLR) qui arrive à saturation, ni par Hendaye, les marchandises devront être transportées par des camions, prédit-il. On ne peut pas faire passer le fret uniquement par la ligne TGV, qui doit aussi être entretenue la nuit. On va vers une solution routière alors qu’on a un site et un savoir-faire. »

Christian Grau rappelle également que le combat pour le maintien de l’atelier ne date pas d’hier : « Cela fait depuis début 2020 que nous essayons d’alerter les pouvoirs publics. Le directeur du site a fait toute une série de propositions pour qu’on lui adresse de l’activité, mais aucune n’a été retenue. L’outil de travail risque d’être démantelé, alors que ces infrastructures pourraient être également utilisées pour certaines opérations de maintenance ferroviaire. »

De son côté, le secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Cerbère, David Cerdan, pointe également du doigt « des choix politiques qui favorisent depuis des années le routier ». Tout en mettant également en cause les conséquences de l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire.

L’Indépendant, le 20 août 2026

Perpignan. Divisée et battue dans les urnes, la gauche règle encore ses comptes (L’Indep)

La réélection de Louis Aliot des le premier tour de l’élection municipale à Perpignan, doit beaucoup à la division de la gauche et du centre. Les cicatrices restent ouvertes alors que les recours en annulation du scrutin, déposés par la liste d’Agnès Langevine et la liste de Mickaël Idrac, seront auditionnés le 17 septembre par le tribunal administratif.

Sur les cendres de sa défaite, la gauche perpignanaise brûle sa rupture par les deux bouts. Il a suffi d’une date pour raviver la flamme : l’annonce par le tribunal administratif de Montpellier du jour de l’audience des recours déposés en annulation de l’élection municipale à Perpignan, le 17 septembre prochain.

Après une campagne fratricide à gauche et un large succès du maire sortant Louis Aliot (RN), réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix, deux listes avaient déposé des recours en annulation. Celle menée par Agnès Langevine, investie par le PS et Place Publique, seconde avec 15,94 %, et celle portée par Mickaël Idrac (LFI, les Écolos, Génération. s), quatrième avec 9,60 %. Ces recours seront donc audiencés mi-septembre.

Mais, celui d’Agnès Langevine n’est visiblement toujours pas digéré par Mathias Blanc (8,94 % des voix) et sa liste « Perpignan Autrement » qui réunissait plusieurs partis (dont le PC) et associations de gauche, dont des cadres locaux de Place Publique.

Mathias Blanc étant lui-même membre du PS local. Ce recours de la vice-présidente de la Région, fort d’une vingtaine de pages, demande l’annulation totale du scrutin, et donc l’élection de Louis Aliot. Il pointe par exemple des procurations non prises en compte.

Mais il vise aussi l’annulation des bulletins de Mathias Blanc qui faisaient référence au PS et à Place Publique, alors que nationalement les deux partis avaient investi Langevine, à contre-courant des militants locaux pour le mouvement de Raphaël Glucksmann. De quoi avoir « trompé et influencé » les électeurs soutient-elle.

« Les arguments choisis sont directement dirigés contre la liste « Perpignan Autrement » », réplique Mathias Blanc. « Non seulement, ils sont faibles juridiquement, mais moralement cela me semble condamnable. C’est le signe d’une obstination, d’une rancœur. Ce recours, tant son dépôt que son maintien, est un énième coup porté à la nécessaire union de la gauche. En ce qui nous concerne, nous continuerons, dans un esprit d’ouverture, à rassembler sur le terrain et de nous battre contre les manœuvres mortifères qui font le jeu du RN et de l’union des droites ».

La seconde salve est tirée par LFI et Mickaël Idrac. Pourtant, il avait dégainé d’abord, déposant un premier recours en annulation. La cible : la décision de la préfecture « d’imposer que le bulletin de vote « Perpignan, Changez d’air! » soit présenté aux électeurs côté verso, sans la photo du candidat tête de liste et sans les logos des formations politiques qui nous soutenaient. Suite aux manigances de la liste « Plus forts pour Perpignan » menée par Agnès Langevine », accusent-ils. Avant de qualifier le recours d’Agnès Langevine de « contre-feu » et d’apporter leur soutien à Mathias Blanc. Doublement ciblée, Agnès Langevine sort aussi l’artillerie lourde.

« L’objectif de notre recours est bel et bien l’annulation de l’élection et donc celle de Louis Aliot et de l’extrême droite. Notre avocat réserve ses arguments pour le tribunal administratif, nous avons fait cela dans l’intérêt de la démocratie et de l’état de droit. Nous pointons des procurations pas prises en compte. Et oui, les bulletins de « Perpignan Autrement » ont trompé et influencé les électeurs alors que Mathias Blanc n’avait pas les investitures du PS et de Place Publique. Qui est le candidat dissident à gauche, Mathias Blanc ou Agnès Langevine ? »

Dernier, mais certainement pas ultime épisode de la déchirure de la gauche perpignanaise : si le tribunal administratif rejette l’annulation de l’élection, et donc confirme Louis Aliot dans son fauteuil, il pourrait tout de même défaire l’élection des quatre conseillers municipaux élus sur les listes Blanc et Idrac…

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 19 août 2026)