Train : les défenseurs de retour sur les rails (L’Indép)

L’association Osons le rail, qui milite pour la réactivation de la ligne de transport de voyageurs Céret-Le Boulou-Elne, en plus du fret, organise une opération symbolique, ce samedi.

La réouverture de la ligne ferroviaire Céret-Le Boulou-Elne au trafic voyageurs continue de mobiliser l’association Osons le rail, engagée, depuis plusieurs mois, dans une campagne de sensibilisation sur ce sujet. Après une série d’initiatives, déjà menées -distributions de tracts, rassemblements devant la sous-préfecture, opérations de nettoyage symbolique de portions de voie- les membres de l’association entendent poursuivre la dynamique.

« Un TER fictif »

En partenariat avec la CGT, une nouvelle action est annoncée, ce samedi 20 juin Il s’agira de faire circuler un TER fictif entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et Céret. Le rendez-vous est fixé, à 10h30, au niveau du butoir, en bout de voie, le long de la route d’Aubiry (parallèle à la D115). Cette initiative se veut, avant tout, symbolique, avec pour objectif de maintenir l’attention sur un dossier que ses défenseurs estiment toujours d’actualité et qui répond, selon eux, à plusieurs enjeux : amélioration des déplacements du quotidien, réduction de la dépendance à la voiture individuelle et développement d’alternatives de transport plus durables. Déterminée, Osons le rail entend poursuivre ses actions, dans les prochains mois, afin de maintenir « la pression » autour de ce dossier. Tout en s’appuyant sur le soutien des élus et des collectivités locales.

M. C.W. (L’Indépendant, le 19 juin 2026)

« C’est une urgence absolue »… Après la mort de Lyhanna, des parents d’élèves de Perpignan agissent pour « faire bouger les choses » (L’Indep)

Depuis le 10 juin 2026, Ana Espinosa et l’association des parents d’élèves de l’école Jean-Jacques-Rousseau à Perpignan ont créé un carnet d’activités pour sensibiliser les familles à la prévention des violences sexuelles.

« Mon corps m’appartient ». C’est le nom du carnet d’activités mis en place par l’association des parents de l’école Jean-Jacques-Rousseau à Perpignan. Dans ce cahier d’une vingtaine de pages, des jeux informent les enfants sur leur corps et leur droit à l’intimité. Ana, une mère de deux enfants, est à l’initiative de ce carnet. « Il y a plusieurs années, j’ai assisté avec mon fils de 4 ans à une pièce de théâtre sur la prévention des violences sexuelles, au Mexique. À la suite de cette pièce de théâtre, j’ai fait une formation pour les parents sur la prévention des violences sexuelles. Ça permet d’apprendre à commencer à aborder le sujet avec des enfants. »

L’apprentissage par l’action

L’idée est donc claire : apprendre aux enfants comment réagir sous forme d’activités. « Vu que les enfants apprennent par le jeu, la façon la plus ludique de commencer à leur parler des violences sexuelles, c’est justement de faire des cahiers d’activités », explique Ana. Des systèmes ingénieux permettent de ne pas terrifier les enfants : un feu tricolore pour expliquer les parties intimes du corps, un labyrinthe qui mène vers des personnes de confiance, des mots croisés et enfin, un certificat qui félicite les enfants d’être allés jusqu’au bout du carnet. « Je pense que quand on fait réfléchir l’enfant par lui-même, c’est plus facile pour lui qu’il prenne ensuite des décisions », explique la créatrice du carnet.

Depuis sa création, il connaît un véritable succès : « Quand des parents utilisent cet outil, c’est aussi qu’ils sont un peu perdus pour savoir comment aborder cette question. Pour l’instant, on a eu de très bons retours, je suis contente ».

Une situation trop taboue

Selon Ana Espinosa, beaucoup de parents ne parlaient pas de ce sujet avec leurs enfants. « On a envie de les protéger de tout ce qu’il y a de plus difficile et moche dans le monde et donc, on évite de leur parler du sujet. Mais je me rends compte qu’en fait, on ne les protège pas du tout, parce qu’on est en train de faire comme si le problème n’existait pas. Les enfants sont donc encore plus vulnérables ».

Ce malheureux constat, la mère l’a souligné depuis la mort tragique de Lyhanna. « J’ai vu beaucoup de monde étonné que ça puisse arriver, même près d’ici, parce que Perpignan n’est pas très loin du Gers. Je me suis alors rendu compte que beaucoup de parents avaient tendance à éviter de penser à ça parce qu’ils ne veulent pas être confrontés à l’impensable ».

Depuis la mort de la jeune fille de 11 ans, cette mère et l’association de Jean-Jacques-Rousseau sont déterminées à agir « pour faire bouger les choses ». Pour eux, « c’est une urgence absolue. Parce qu’avant que cette petite fille ne se fasse tuer, il y avait beaucoup d’enfants, et il y en aura encore beaucoup qui se font agresser sexuellement ».

Ils espèrent donc maintenant pouvoir également aider de nombreuses familles, qui pourraient prévenir le danger avant qu’il se produise.

Noémie Becamel (L’Indépendant, le 18 juin 2026)

Le carnet est disponible gratuitement à cette adresse. Elle figure aussi dans la bio du compte Instagram de l’association @ape.jjrousseau66

Vernet-les-Bains. Conseil municipal : mêlée, balle au centre (L’Indep)

Ils sont 15, comme au rugby, en deux équipes inégales. Comme au rugby, il y a le public, 16e joueur. Ici, silencieux le temps des débats. Même silencieux, il ne peut s’empêcher de réagir par des soupirs, brouhahas, mouvements et regards. Sa seule présence influence inconsciemment la tenue des équipes.

1re mi-temps, on déroule comme à l’entraînement. Une contestation, le compte rendu est « infidèle et incomplet » pour les uns, « strictement objectif » pour les autres. On s’observe, mais le public, déjà, réagit discrètement. Voté à 12 contre 3. Tableau des effectifs, conventions, reprise du « casot », commission sur les impôts directs, subvention au Téléthon…

2e mi-temps. Modification de l’éclairage public : Une décision doit être prise. « Modifiable à tout moment selon les vœux de la population ». Première tension, 1 abstention. Fonds alloués aux élus pour leurs formations. « C’est la loi ! » annonce Pierre Serra le maire. « On n’en a jamais eu besoin » dénonce l’opposition. Légalité contre pragmatisme, le public bouge. 2 voix contre. Vente d’un véhicule hors norme qui ne roule qu’avec des solutions non pérennes. Pour : « C’est la loi » ; contre : « Mais maintenant il va manquer un véhicule ! » Voté cependant à l’unanimité. Modification des règles de fonctionnement du marché et des coûts des emplacements. Pour : « C’est la loi et ça leur coûtera moins cher » ; contre : « Ils ne payaient déjà pas l’hiver ! »

Dans le public, des commerçants. Ils ont l’arbitrage vidéo et les replays, ça fait réagir le public. Voté avec 3 abstentions. Tarifs du nouvel enfeu au cimetière. Revenant à 1 914 euros les concessions seront vendues 1 700 euros. « On ne peut pas vendre à perte » ; contre « on a vérifié, c’est légal ». 3 votes contre.

3e mi-temps. Sécurité du village, des personnalités perturbatrices sont prises en charge pour un suivi médical. Et le public peut enfin « dire ses mots » passant parfois par-dessus ceux qui n’ont alors plus l’exclusivité de la parole. Voirie, sécurité, éclairage, marché. Tout y passe ou y « re-passe », avec précisions, témoignages, principes mais aussi ressentis, difficultés, envies, espoirs. Il y a de l’écoute et des clarifications, des explications de priorités, de moyens, etc…

Comme au rugby, si le jeu continue sans que la mêlée ne se relève, la présence « active » du public permet de faire comprendre qu’il n’est pas dupe entre demi-vérités qui ne sont pas des mensonges et demi-mensonges qui ne sont pas des vérités. C’est la démocratie qui fonctionne mais au rugby, les joueurs, par respect de ce même public, restent sur le terrain jusqu’au départ de tous.

Daniel Capdet (L’Indépendant, le 18 juin 2026)

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4121 – vendredi 19 juin2026)

L’édito d’Évelyne Bordet. « Taisez-vous ! »
Annonces
Libérez Christophe Gleizes

Focus

Le Travailleur Catalan dans SA fête
Les Amis du TC
La librairie
« 100 000 oliviers pour la Palestine ». Débat solidaire vendredi 3 février à 20h Solidarité avec les Palestiniens

Événement. Enfance en danger !

Lyhanna. L’échec d’une société qui sacrifie ses enfants
Mobilisation citoyenne pour la protection de l’enfance
Interview. « Le symptôme d’une société malade… »

Département

Perpignan, marche des fiertés. Une ville, des identités, une même fierté
Nostre Mar au Nautilus. La défense des médias indépendants
Conflits récurrents à La Poste. Des représentants syndicaux CGT et Sud menacé de révocation
Elne. L’association D.A.M.E a fêté ses 20 ans

Dossier – Le Front populaire dans les Pyrénées-Orientales

Le Comité départemental du Front populaire
L’Indépendant contre le Front populaire
Les grandes grèves de 1936 dans les Pyrénées-Orientales
Femme engagée et résistante communiste
Des grèves d’un genre nouveau

Département

Collège Albert Camus. Soulagement pour les équipees éducatives
SNCF. Une grève qui va compter

Sport

Dragons Catalans. Une heure de bonheur, vingt minutes d’angoisse
Les cinc arques Capitol 11(1)
USAP. Mai morirem

Culture

Festival. Le temps un sacré Graal !
Amis d’Alain Marinaro. Vertigineux bonheur musical
Où sortir ?
Nostre Mar. Revoir la Guerre d’Espagne sous un ancgle nouveau
Livre. Voyage au bout de la rue… et au cœur de l’histoire locale
Perpignan. Des expositions dans des lieux emblématiques
UPTC. Conférence à quatre voix

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Un mondial et ses excès

Découvrez d’autres articles chaque semaine sur le site
N’oubliez pas chaque semaine, s’informer pour agir
→ Le bulletin d’abonnement
Rendez-vous également sur la page Facebook du TC, Twitter et Instagram
pour suivre les actualités tout au long de l’année

Perpignan. Fin de la grève au collège Camus (L’Indep)

Hier en fin de matinée, après avoir été reçus à l’inspection académique, les professeurs du collège Camus, en grève depuis lundi matin, ont annonce qu’ils avaient obtenu le maintien du demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) dont le rectorat leur avait annoncé la suppression pour la rentrée prochaine. Les enseignants reprennent le travail ce mercredi matin.

« On a ce qu’on voulait ! » Ce mardi ma-tin, peu avant 11 heures, la délégation d’enseignants qui a été reçue à l’inspection académique est sortie des locaux perpignanais de cette dernière sous les applaudissements des grévistes.

Les représentants des personnels ont finalement obtenu le maintien à temps plein de leurs deux conseillers principaux d’éducation à la rentrée prochaine. « Le demi-poste de conseiller principal d’éducation dont le rectorat nous avait annoncé la suppression est finalement renouvelé pour un an et un quart de poste d’assistant d’éducation (un surveillant, NDLR) nous est attribué du 1er octobre 2026 au 19 février 2027 », détaille l’une des porte-paroles des professeurs du collège. Ces derniers demandaient également l’augmentation du temps de présence sur l’établissement d’une assistante sociale et d’une psychologue. Sur ce point, ils sont toujours dans l’attente d’une décision. Leur principale revendication ayant été satisfaite, les grévistes n’en ont pas moins décidé de reprendre le travail dès ce mercredi matin. « Cependant, pour l’heure, ce demi-poste de CPE, c’est juste pour un an. L’objectif est qu’il soit pérennisé. Nous resterons vigilants l’an prochain », souligne le collectif des enseignants.

À la sortie de l’audience, les représentants des syndicats Snes-FSU et SE-Unsa qui ont accompagné les personnels lors de l’entretien ont salué une « mobilisation exemplaire », qui a permis « de débloquer en très peu de temps une situation particulièrement inconfortable ». Des responsables du Snalc, de la CGT et de Sud étaient également venus témoigner leur soutien aux personnels mobilisés. Tout comme la vice-présidente du conseil départemental Françoise Fiter, qui siège au conseil d’administration du collège Camus.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 17 juin 2026)

Communiqué de presse de la CGT du Conseil départemental 66. Conditions de travail des agents de la Direction Insertion Logement du Département des Pyrénées-Orientales

Le département des Pyrénées-Orientales est l’un des départements les plus touchés par la précarité en France métropolitaine avec un taux de pauvreté de 22,4 % en 2023, selon l’INSEE, cela représente environ 110 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté. [ Environ 14 % des habitants de moins de 65 ans étaient couverts par le RSA en 2020, soit deux fois la moyenne nationale. Le chômage y est également particulièrement élevé]

La situation est particulièrement difficile à Perpignan, où le taux de pauvreté atteint environ 32 %, avec certains quartiers dépassant 50 % de population sous le seuil de pauvreté.

Les usagers de nos services, allocataires du RSA ou non, confrontés à des difficultés sociales, de santé ou de logement doivent pouvoir bénéficier d’un accueil bienveillant et disponible, d’une écoute attentive afin de les aider à lever les freins à l’insertion, notamment les problèmes de logement, d’accès aux droits de santé ou de mobilité.

Mais comment être disponible, bienveillant et attentif lorsque les conditions et l’organisation du travail des agents ne sont pas à la hauteur des enjeux ?

Comment bien travailler quand les moyens sont très insuffisants ?

Comment bien travailler quand le travail fait mal ?

Usagers, Professionnels ou simples citoyens, sont ainsi invités à nous rejoindre pour défendre les valeurs du Service Public qui doit replacer l’usager au cœur d’une politique publique d’action sociale

L’évènement se déroulera le :

Jeudi 18 juin 2026 de 11h à 15h
devant la Direction Insertion Logement
située 25, Rue Petite La Monnaie à Perpignan

Err. Le Pôle sanitaire cerdan fête ses 10 ans et pose la première pierre de son extension (L’Indep)

Ce vendredi, le Groupe de coopération sanitaire (GCS) Pôle sanitaire cerdan célébrait son dixième anniversaire, tout en franchissant une nouvelle étape de son développement, avec la pose symbolique de la première pierre de son extension. Le groupement réunit trois membres fondateurs : l’UGECAM Occitanie, l’association Joseph-Sauvy et le GECT hôpital de Cerdagne.

Depuis sa création, il œuvre au service de l’offre de soins du territoire en développant une prise en charge de proximité. Organisée en présence des représentants de l’État, de la Région, du Département, de l’intercommunalité, des communes, de l’Ugecam, de l’association Joseph-Sauvy, du GECT hôpital de Cerdagne et de Rose de Montella, cette cérémonie a marqué le lancement officiel des travaux d’agrandissement de l’établissement.

« Cet anniversaire est aussi l’occasion de remercier l’ensemble du personnel », soulignait Gérard Majoral, président de l’association Joseph-Sauvy. « Force est de constater que le Pôle Sanitaire Cerdan se positionne comme un atout majeur du secteur médico-social du territoire », rappelait Didier Carponcin, sous-préfet de Prades.

Une extension de 1 350 m’

Cette extension de 1 350 m?, répartie sur trois niveaux de 450 m° chacun, représente un investissement de 3 millions d’euros hors taxes. Conçu par l’architecte Frédéric Bombardo, le projet permettra, notamment, la création d’un espace de balnéothérapie, d’un second plateau technique de rééducation et de réadaptation, ainsi que le développement du virage ambulatoire, avec le renforcement de l’hôpital de jour et des consultations externes.

« L’appel d’offres a privilégié des entreprises engagées dans la réduction de leur empreinte environnementale », précise Karine Guémon, codirectrice du GCS. Elle souligne également l’implication des équipes dans la conception des futurs espaces : « Il y a aura un véritable travail de coconstruction, avec nos professionnels, pour aménager les locaux. Cette démarche se poursuivra, avec la création d’espaces dédiés au bien-être, pensés à la fois pour les patients, les habitants du territoire et les professionnels. »

Cette extension, dont l’achèvement est prévu avant l’été 2027, doit permettre de renforcer l’offre de soins et de répondre aux besoins croissants du territoire.

L. H. (L’Indépendant, le 16 juin 2026)

Prades. 130 personnes à la marche des fiertés (L’Indep)

LGBT+ 66, L’atelier de l’entonnoir, La Libambulle, Les jeunesses populaires du Conflent, la CNT (confédération nationale du travail) et Bienvenu aux migrants 66, organisaient une Marche des fiertés, dimanche 14 juin. Une deuxième édition qui a regroupé environ 130 Conflentois. Des participants bien décidés à défendre les droits de toutes les personnes LGBTQI+ (Lesbienne, Gay, Bisexuel & middot, Trans, Queer, Intersexe et Asexuel & middot ou Aromantique) « même à la campagne ».

Un cortège qui, à l’instar de celui de Perpignan (samedi 13 juin), a regroupé un peu moins de partisans mais s’est déroulé dans une très bonne ambiance.

Ph. C. (L’Indépendant, le 16 juin 2026)

Festi-Conflent: « Junts sem més forts » (L’Indep)

Ce dimanche, le Conflent était célébré dans la station thermale.

Peu de discours lyriques aux grandes paroles pour ouvrir ce Festi-Conflent 2026 car Pierre Serra, maire de Vernet-les-Bains et Aude Vivès, présidente de la communauté de communes Confient-Canigó, entourés des élus du Conflent et des forces vives de cette structure, se sont contentés d’introduire dans la simplicité les festivités par un constat et une déclaration : « Le Conflent-Canigó est une terre d’accueil, de traditions, d’histoire, d’échange et de partage. Touristes, curistes, Confientois, jeunes et moins jeunes, ce territoire est le vôtre ». Que cela soit la flama del Canigó, le Parc naturel régional, le syndicat mixte Canigó grand site, le Train jaune, les producteurs locaux et autres exposants du jour, tous n’ont eu que ce credo : « Ensemble on est bien ». Le fait est qu’une fois de plus, la magie de ce parc historique très Belle Epoque a opéré. « Junts sem mes forts ! » étaient les mots d’Aude Vivès, repris tout au long de la journée et même mis en pratique lors des miracles d’équilibre des castells des Pallagos del Conflent (c’est d’ailleurs leur devise) en arrière-plan des costumes roussillonnais au son du tambour et de la gralla.

Et comme d’habitude, le soleil, les cloches, le concours intersidéral d’aïoli, les maquillages et les jeux en bois…. Pourquoi n’y a-t-il qu’un Festi-Confient par an et pourquoi seulement sur une journée ? Un grand bravo aux organisateurs, office du tourisme en tête.

Daniel Capdet (L’Indépendant, le 15 juin 2026)

La Poste : silence, des salariés se suicident (Blast)

La tentative d’immolation par le feu d’un syndicaliste dans les Pyrénées-Orientales, le 4 mai, rappelle que le management autoritaire de la direction de La Poste peut avoir des conséquences tragiques. Un autre facteur, qui a lui aussi tenté de s’immoler par le feu il y a un an, poursuit son employeur pour discrimination syndicale. Une audience au pénal se tiendra le 3 décembre. L’inspection du travail vient également de mettre en demeure La Poste de prendre des mesures de prévention à la suite du suicide d’un employé en 2019. Les syndicats appellent à la mobilisation les 10 et 20 juin prochains.

Lorsqu’ils prennent leur service ce matin-là, aux alentours de 7 heures, les facteurs de cet établissement des Pyrénées-Orientales se heurtent à une vision sordide : un de leurs collègues, hagard, erre dans un couloir, empestant les effluves de pétrole. L’homme, dans un état de semi-conscience, leur demande d’appeler les secours. Il leur explique qu’il s’est aspergé d’essence puis que, incommodé par les vapeurs d’hydrocarbures et gagné par la fatigue, il s’est évanoui avant de reprendre ses esprits. Sur lui, un briquet atteste du sérieux de ses intentions initiales. Pris en charge par les pompiers puis hospitalisé, il est plongé dans une forme de léthargie artificielle pendant une semaine.

L’homme est connu de ses collègues : postier depuis une trentaine d’années, c’est également un syndicaliste chevronné et combatif, mais aussi irréprochable : dans une entreprise où les syndicalistes les plus remuants sont régulièrement convoqués en conseil de discipline et mis à pied, lui n’a jamais fait l’objet de sanctions. Dans le local syndical où il s’est rendu dès 5 heures du matin pour se déverser un liquide inflammable sur le corps, des collègues découvrent une lettre qu’il a laissée. « Il disait qu’il n’en pouvait plus », explique le représentant de la CGT Alexandre Pignon, « qu’il subissait trop de pression. Il s’excusait pour son geste et nous demandait de ne pas faire comme lui et de continuer le combat ».

Pour la première fois, Laurent (le prénom a éré changé) avait subi les foudres de sa direction et s’apprêtait à passer en conseil de discipline. L’affaire remonte à février dernier. Quelques jours après Mardi gras, Laurent participe avec d’autres collègues, dont Alexandre Pignon de la CGT, au pot de départ d’un autre postier syndiqué à SUD-PTT, Samuel Toutain, licencié en janvier dernier. La fête prend la forme d’un carnaval festif et potache, organisé sur le parking devant un établissement postal, où la hiérarchie est tournée en ridicule. Une sorte de séance de catharsis collective, dont plusieurs participants reconnaissent volontiers le caractère parfois lourd et peu subtil. «  Mais ce n’était ni sur le lieu de travail ni pendant notre temps de travail, et nous avions prévenu la police de l’événement  », explique un participant.

Cependant la direction, à l’affût du moindre écart susceptible de constituer un grief contre les participants, fait venir un huissier pour prendre des photos. Dans cette ambiance joviale et décontractée, certains postiers se lâchent. Mal leur en prend : constat d’huissier à l’appui, la direction leur reproche des gestes insultants et dégradants. Laurent, Alexandre et deux autres facteurs apprennent qu’ils vont passer en conseil de discipline. Au vu de leurs antécédents, Alexandre et Laurent risquent la révocation. Moins de trois mois plus tard, Laurent est retrouvé hagard et imprégné d’odeurs d’essence sur son lieu de travail.

Contactée, La Poste s’est bornée à une déclaration de principe, sans annoncer de mesures concrètes ni engager de réflexion pour prévenir ce type de drame.

Des syndicalistes régulièrement sanctionnés, voire licenciés

Comme l’a documenté Blast, les syndicalistes jugés trop vindicatifs sont régulièrement sanctionnés, parfois pour de simples prises de parole ou des visites d’établissements pourtant parfaitement légales dans le cadre de leur mandat syndical. D’autres fois, les motifs paraissent plus fantaisistes, comme des accusations invérifiables de harcèlement envers un supérieur hiérarchique.

Dernier exemple en date : Samuel Toutain, délégué Solidaires à Thuir (Pyrénées-Orientales), a été licencié en janvier après une série de sanctions aux motifs parfois absurdes : être venu travailler en tongs ou avoir envoyé un courriel jugé trop tardif à un supérieur.

Le 28 avril dernier -date qui correspondait aussi, ironie malicieuse du calendrier, à la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail- Didier Rochette, syndicaliste SUD-PTT à Marseille, était convoqué en conseil de discipline. Sa direction l’accuse d’avoir maltraité psychologiquement une de ses supérieures, mais la plainte déposée contre lui a été classée sans suite par la justice. Didier Rochette affirme au contraire avoir lui-même subi du harcèlement moral de la part de sa hiérarchie, et des collègues seraient prêts à témoigner en sa faveur, selon son syndicat. Il a malgré tout écopé de douze mois de mise à pied. En clair, il ne travaillera pas à La Poste et ne percevra aucun salaire pendant un an.

Un procès au pénal suite à une autre tentative de suicide par immolation

Les tribunaux donnent régulièrement tort à La Poste. En mars 2024, la cour d’appel de Paris a annulé dix années de sanctions infligées à Vincent Fournier, élu CGT puis SUD-PTT dans les Yvelines -onze mois de mise à pied et dix procédures disciplinaires- et a condamné l’entreprise à lui verser 40 000 euros. Le 29 avril dernier, le Conseil d’État a annulé le licenciement d’un syndicaliste du Calvados et ordonné sa réintégration.

Les nuages judiciaires s’accumulent par ailleurs sur l’entreprise et prendre une tournure plus inquiétante pour la direction. Le 3 décembre prochain, c’est au pénal que La Poste devra répondre de ses actes. Elle est poursuivie pour harcèlement syndical par un délégué de SUD-PTT.

L’affaire est sordide et rappelle celle de Laurent. Le 17 juin 2019, au centre de tri Paul Vaillant-Couturier de Levallois-Perret, un syndicaliste s’asperge d’essence et tente de s’immoler par le feu. Il est sauvé par ses collègues puis pris en charge par les pompiers. Considéré par ses supérieurs comme l’un des leaders de la grève de quinze mois qui venait de s’achever, il avait été pris en grippe par sa hiérarchie. Cette mobilisation s’opposait à la réorganisation des bureaux de poste, mais aussi justement aux sanctions infligées aux grévistes.

Épuisé par ce long conflit, l’homme avait demandé -et obtenu selon SUD-PTT- une mutation avec promotion comme chef d’équipe dans une filiale de la Poste, Docapost. Mais au dernier moment, la direction a fait volte-face : le poste ne peut finalement pas lui être attribué. Selon La Poste, cette décision n’a aucun lien avec son activité syndicale : « En raison d’une baisse d’activité, sa demande n’a pu aboutir », fait valoir la direction.

Sauf que SUD-PTT a obtenu un enregistrement d’une discussion entre cadres de La Poste, qui expliquent que tout était prêt pour cette mutation, jusqu’à ce qu’ils préviennent la filiale du militantisme du salarié.

Blast a récupéré la retranscription de l’enregistrement par l’inspection du travail. Extraits  accablantspour l’entreprise : « J’ai quand même appelé Christophe M. [dirigeant de Docapost] […]. Parce que j’ai appris que Docapost n’était pas au courant du statut… [inaudible]. Du coup c’était pas possible, tu vois […]. Je ne pouvais pas ne pas leur dire ». Les autres acquiescent. « Pour l’établissement, c’est pas forcément… [rires]. En plus c’est un poste d’encadrant ». Approbation générale, sauf de la part de l’un des cadres qui se demande si la mutation ne peut pas quand même se faire, en des termes assez étonnants : « Sinon, il est malsain, naturellement ? Il n’est pas retournable pour l’entreprise à ton avis ? Pour le peu que tu le connais ? ». L’interlocuteur répond par la négative. « Et donc du coup ça va pas se faire ? », demande un autre participant à la réunion. Réponse sarcastique de l’homme ayant alerté la filiale du profil revendicatif su salarié : « Ben… [rires] Docapost est au courant. Parce qu’ils l’avaient validé. Il suffisait de caler la date ». Le syndicaliste disait donc vrai : la promotion lui avait été accordée dans un premier temps puis retirée une fois le patron de la filiale mis en garde contre le profil contestataire du candidat. Rien à voir avec une quelconque baisse d’activité.

L’audience s’annonce donc difficile pour La Poste, d’autant qu’elle ravivera sans doute de douloureux souvenirs. En 2018, une enquête choc d’« Envoyé spécial » révélait une vague de suicides liée au mal-être au travail dans l’entreprise. L’affaire avait provoqué un scandale. La Poste avait alors promis de renforcer la prévention mais, contrairement à ce qui s’est produit à France Télécom, confronté à un phénomène similaire, aucune poursuite judiciaire n’avait été engagée.

« En réalité, l’entreprise n’a pas fait grand-chose, estime un syndicaliste. Elle a un temps fait profil bas en ce qui concerne les sanctions contre les syndicalistes et la pression sur les salariés, mais depuis, c’est reparti de plus belle, jusqu’à provoquer de nouvelles tentatives de suicide. »

Alexandre Pignon, secrétaire général de la CGT FAPT des Pyrénées-Orientales, se souvient notamment d’une factrice de Rivesaltes qui avait tenté de se mettre fin à ses jours pendant sa tournée. « Mais sous prétexte qu’elle avait quitté son itinéraire habituel pour tenter de se pendre dans un cabanon au milieu d’un champ, la direction avait refusé de considérer l’événement comme un accident du travail », explique-t-il. De mémoire, il évoque également deux autres tentatives de suicide dans la région.

Un suicide reconnu comme lié à la souffrance au travail

« Avec la pression, les cadences infernales et des tournées de plus en plus chargées (1), de plus en plus de postiers craquent sur leur lieu de travail, dénonce Pignon. À chaque fois, la direction met en avant des problèmes personnels pour nier tout lien avec le travail. »

Cet argumentaire consistant à décorréler les drames de la souffrance au travail deviennent toutefois de plus en plus difficiles à soutenir. La Poste a ainsi récemment subi un revers judiciaire qui pourrait constituer un tournant. L’affaire faisait suite au suicide d’un facteur de Yerres (Essonne), qui a mis fin à ses jours au siège de la direction régionale après avoir appris une nouvelle suppression de tournée.

Coïncidence ou geste symbolique, les faits se sont produits le 28 avril 2025, là encore lors de la Journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail. Une enquête de l’inspection du travail a conclu que ce suicide résultait d’une situation dangereuse constatée dans l’établissement où le salarié était affecté. Le 6 mars dernier, l’inspection a reconnu ce suicide comme un accident professionnel et mis en demeure La Poste de prendre des mesures de prévention « effectives, pertinentes et suffisantes » pour éviter que de telles situations se reproduisent.

Après le scandale des suicides à France Télécom, une nouvelle affaire des suicides à La Poste est-elle en train d’émerger ? En attendant, les syndicats CGT et SUD-PTT appellent à deux manifestations à Paris, les 10 et 20 juin.

Thierry Vincent (Blast, le 26 mai 2026)

(1) Lorsque l’on sait qu’un facteur dispose théoriquement de 70 secondes pour distribuer un recommandé, on comprend mieux pourquoi certains usagers retrouvent des avis de passage mentionnant « absent du domicile » alors qu’ils étaient présents…