54e Congrès de la CGT (1er juin 2026)

Ouverture du 54e congrès de la CGT
Séance 1 – Rapport d’ouverture et mise en place du congrès
14h – Ouverture de la première séance du congrès
→ Adoption du règlement intérieur et élections des commissions et des présidences
→ Accueil par Cyril Bodier, secrétaire départemental de l’UD d’Indre-et-Loire
→ Rapport d’ouverture par Sophie Binet
→ Rapport de la commission « mandats et votes »
19h15 – Fin de séance
­—> Voir le replay de la première séance

Rapport d’ouverture par Sophie Binet
« Camarades », le plus beau mot de la langue française.
­—> Lire l’intégralité du discours d’ouverture

350 élèves en Espagne, en France, au Portugal et en Grèce dirigent, aux côtés de 30 enseignants, le projet SchoolFan pour lutter contre la désinformation climatique dans les salles de classe

L’initiative qui est sur le point d’être présentée est développée dans le cadre d’Erasmus+. Ce projet marque l’aboutissement d’un processus ayant permis de créer un modèle pionnier de science citoyenne destiné à protéger les jeunes européens et européennes face à la désinformation sur le changement climatique.

Lutter contre la désinformation liée, au changement climatique dans les salles de classe. Tel est l’objectif du projet international SchoolFan (Schools against fake news for a cooler future), une initiative qui entre dans sa phase décisive après deux années de travail coordonné entre le Portugal, l’Espagne, la France et la Grèce.

Il s’agit d’un projet développé dans le cadre du programme Erasmus+, plus précisément dans celui des projets de coopération éducative (KA2). Le consortium compile actuellement les résultats finaux, qui seront présentés le 18 juin, couronnant ainsi un processus qui a donné naissance à un modèle pionnier de science citoyenne destiné à protéger les jeunes européennes et européens contre la désinformation liée au changement climatique.

Une équipe multidisciplinaire de haut niveau

Depuis son lancement, le projet, dirigé par une équipe composée de 30 enseignants et chercheurs issus d’institutions de quatre pays européens (Portugal – Université d’Aveiro et Nouvelle Université de Lisbonne –, Espagne – Université Rey Juan Carlos et Université Complutense de Madrid –, France – Cercle FSER – et Grèce – Université nationale et capodistrienne d’Athènes), œuvre pour l’intégration de la science citoyenne dans le système éducatif.

Cette équipe réunit des experts en enseignement des sciences expérimentales et en pédagogie, ainsi que des spécialistes du journalisme et de la communication institutionnelle, afin de garantir une approche rigoureuse et transversale de la désinformation.

Deux années d’étapes clés et d’engagement éducatif

Depuis sa réunion de lancement en avril 2024, l’équipe de SchoolFan a travaillé dans les domaines clés suivants :

  • Analyse et diagnostic: Une cartographie des programmes scolaires a été réalisée afin d’identifier les meilleurs points d’entrée pour l’éducation aux médias et l’éducation climatique. Après des étapes importantes telles que l’analyse des programmes nationaux (mai 2024) et les groupes de discussion avec des experts (juin 2024), des ressources pédagogiques innovantes ont été développées et font déjà la différence dans les salles de classe.
  • Formation spécialisée : Plus de 90 enseignants du Portugal, d’Espagne, de France et de Grèce ont achevé leur formation en janvier 2026,lors de laquelle ils ont pu découvrir et acquérir des stratégies pour identifier et déconstruire les fausses informations en classe. À cette fin, des supports pédagogiques centrés sur le changement climatique, la vérification de l’information et la science citoyenne ont été développés.
  • Développement d’outils : Des ressources numériques ont été créées afin de permettre aux élèves et aux enseignants de participer en tant que citoyens responsables à l’analyse de problématiques sociales complexes.

Un projet à vivre dans les salles de classe : la vérification par les élèves

Entre janvier et mars 2026, SchoolFan a été mis en œuvre comme projet de science citoyenne dans 32 classes du secondaire des quatre pays participants, avec la participation de 350 élèves.

Les élèves ont agi comme vérificateurs de faits, analysant des contenus climatiques sur TikTok, YouTube et Instagram selon les recommandations internationales de vérification.

De nombreux élèves ont lancé leurs propres initiatives dans leurs établissements, organisant des activités de sensibilisation et aidant leurs camarades à identifier les informations trompeuses, multipliant ainsi l’impact du projet.

Un modèle évolutif pour le reste des pays européens

Le travail réalisé permettra, d’ici la fin du mois de juin, à la communauté éducative européenne de disposer d’un modèle reproductible facilitant l’adoption des meilleures pratiques en matière d’éducation aux médias et d’éducation climatique.

« Ce projet est essentiel car il montre comment l’éducation peut donner aux enseignants les moyens de former les élèves et de leur fournir des outils pour identifier et combattre la désinformation sur le changement climatique », ajoute Héloïse D. Dufour, directrice du Cercle FSER, une organisation française dédiée à la promotion de la culture scientifique et du dialogue entre la science et la société.

À propos de SchoolFan

SchoolFan est un projet européen d’innovation éducative financé par le programme Erasmus+ qui promeut l’éducation aux médias et l’esprit critique auprès des élèves du secondaire.

À travers un modèle de science citoyenne, le projet forme et accompagne les enseignants et les établissements scolaires d’Espagne, de France, du Portugal et de Grèce afin d’identifier, d’analyser et de combattre la désinformation sur le changement climatique sur les réseaux sociaux.

SchoolFan développe des ressources pédagogiques, des outils numériques et des formations spécialisées permettant aux jeunes de comprendre comment circulent les fausses informations, d’évaluer la fiabilité des sources et de participer activement à la construction du savoir scientifique.

Son objectif est de renforcer une citoyenneté plus informée, critique et engagée face aux défis climatiques actuels.

L’édito du webzine. TotalEnergies : entre superprofits, mobilisations et défis climatiques

L’assemblée générale de TotalEnergies a mis en lumière les fractures entre le géant pétrolier, la classe politique et la société civile. Avec 4,96 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre 2026 (+51 % par rapport à l’année précédente), le groupe est devenu l’épicentre d’un débat national

Une trentaine de militants communistes, menés par le sénateur Fabien Gay, ont défilé sous une banderole exigeant la « nationalisation de Total, Engie et EDF ». « Nous proposons depuis longtemps la nationalisation de tout le secteur énergétique », a déclaré Gay. « On ne peut plus accepter de vivre de crise en crise tous les trois ans. »

Dans le même temps, des militants d’Attac, Avaaz, 350.org et Action Justice Climat Paris ont installé une installation symbolique : un pipeline en carton alimenté en faux billets, dénonçant les « projets mortifères de TotalEnergies en Afrique » et réclamant une taxe sur les superprofits. « Ces bénéfices indécents sont le résultat d’une flambée des prix de l’énergie qui frappe les ménages, tout en enrichissant les actionnaires », ont-ils souligné.

Dopé par la flambée des prix des hydrocarbures, TotalEnergies affiche des résultats financiers qui font grincer des dents. Le bénéfice net de 4,96 milliards d’euros au premier trimestre a relancé le débat sur l’opportunité de taxer les superprofits des entreprises énergétiques. Après une proposition de loi portée par le Parti Socialiste, le sénateur Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts) et son groupe ont annoncé jeudi le dépôt d’un nouveau texte visant le retour de l’État au capital du groupe. « Il s’agit de protéger notre souveraineté énergétique et de garantir que les ressources servent l’intérêt général », a-t-il expliqué.

Entre superprofits et greenwashing

TotalEnergies est vivement critiqué par les ONG et les scientifiques pour son manque d’ambition climatique. Malgré les alertes répétées du GIEC sur l’urgence à réduire les émissions de gaz à effet de serre, le groupe poursuit des projets d’expansion dans les énergies fossiles. « Total ne cesse de diminuer la part de ses investissements dans les énergies bas-carbone et l’électricité intégrée », a dénoncé Antoine Bouhey, coordinateur de la campagne Defund TotalEnergies pour Reclaim Finance.

La pression sur le groupe s’est encore lorsque trois associations (Les Amis de la Terre France, ClientEarth et Notre Affaire à Tous) ont saisi l’Autorité des marchés financiers (AMF) et son homologue européenne. Elles accusent TotalEnergies de greenwashing.

Au-delà des chiffres et des mobilisations, c’est un modèle économique et social qui est remis en question. Faut-il taxer les superprofits pour redistribuer les richesses ? Nationaliser le secteur énergétique pour garantir la souveraineté française ? Et imposer des contraintes réglementaires plus strictes pour accélérer la transition écologique ?

Alors que la canicule s’installe en France, rappelant brutalement les conséquences du réchauffement climatique, TotalEnergies se trouve au cœur d’un débat de société. Entre rentabilité actionnariale et responsabilité environnementale.

Dominique Gerbault

Disparition. Edgar Morin, l’humaniste qui a révolutionné la sociologie (L’Indep)

L’atypique sociologue et philosophe, installé a Montpellier en 2018, s’est éteint à 104 ans. Il a fait évoluer le regard sur l’être humain, fait dialoguer les disciplines, et laisse une œuvre de référence.

Du haut de son âge centenaire, il croquait encore la vie avec l’appétit d’un adolescent et posait sur les excès de notre monde moderne le regard sage et éclairé de celui qui a traversé tant d’époques et d’épreuves.

En janvier 2019, Edgar Morin avait endossé avec gourmandise l’habit de rédacteur en chef d’un jour à Midi Libre et décortiqué une actualité dont il s’est nourri tout au long de son parcours de sociologue. Une visite en voisin pour celui qui s’était installé, de 2018 à 2024, vers la place de la Canourgue, à Montpellier, où il disait « retrouver une vie de village qui n’existe plus à la campagne ».

Morin, pseudonyme accidentel de résistant

L’œil pétillant et le sourire malicieux s’accordaient parfaitement à la vivacité intacte de l’esprit pour faire oublier qu’il allait intégrer le club des centenaires.

Interrogé par notre Confrère Jean-Marie Gavalda sur son extraordinaire capacité à repousser l’usure du temps, il avait avoué que l’apparence était « trompeuse » et qu’il ressentait « une fatigue intérieure ». Le temps a donc fini par le rattraper ce vendredi. Il n’emportera pas l’épaisseur de son œuvre ni la richesse de son parcours, digne d’un roman hugolien. Car, ironie du destin, en venant au monde à Paris le 8 juillet 1921, il avait déjà survécu à un avortement manqué et à un étranglement par son cordon ombilical.

« J’en ai peut-être gardé une forme de résistance ou de résilience », souriait-il. Fils d’un couple de marchands originaires de Salonique (Grèce), juifs non pratiquants, le petit Edgar Nahoum avait perdu sa mère avant l’âge de 10 ans. Enfant complexé, il disait encore avoir « été psychanalysé par la guerre et la résistance, l’action et la fraternité ».

Après des études d’histoire et de droit, cet engagement dans la Résistance communiste au sein des Forces unies de la jeunesse patriotique, en 1942, marque le premier grand tournant de son existence. Promu ensuite lieutenant dans les forces françaises combattantes, il adopte le pseudonyme de Morin un peu par accident (un camarade l’appelant un jour Morin au lieu de Manin, le pseudo qu’il avait choisi).

Après la libération, l’officier résistant tarde à entrer dans la lumière. Auteur de L’An zéro de l’Allemagne, sur l’état mental du peuple vaincu, il profite de deux ans de chômage pour commencer à écrire L’homme et la mort, son ouvrage le plus vendu dans le monde.

Le poste proposé ensuite par le CNRS (1950) sera, de son propre aveu, « une chance formidable ». La possibilité de jouir d’une totale liberté et de pouvoir mettre en place la méthode qui guidera sa pensée et son existence : naviguer entre les disciplines. Des confrontations de points de vue qui passent par de nombreuses réunions de chercheurs et de scientifiques d’horizons divers, comme lors du célèbre colloque de Royaumont, en 1972, autour de l’unité de l’homme, de ses invariants biologiques et universaux culturels.

Des travaux également nourris par ses séjours aux États-Unis et en Amérique du Sud, et résumés dans Le paradigme perdu : la nature humaine, où il oppose l’interaction de la culture dans l’évolution à la théorie purement darwinienne de l’évolution par la seule sélection naturelle.

Parallèlement, quatre ans après avoir quitté le Parti communiste (1951), Edgar Morin s’engage dans le Comité contre la guerre en Algérie. Dans Autocritique (1959), il ne fait pas seulement l’inventaire de ses erreurs mais réaffirme son inclinaison pour le questionnement permanent, qu’il oppose, lors d’une conférence à l’Unesco, à « des sciences aveugles à elles-mêmes ».

Dans La Méthode, une œuvre de 2 000 pages qui lui a demande près de trente ans de labeur (1977-2004), il partage en profondeur ses convictions sur ce qu’il considère être la meilleure manière d’apprendre. Une apologie de la transversalité et du partage des disciplines qu’il oppose au réductionnisme et à la compartimentation des sciences.

Un thème encore abordé dans Penser Global (2015) mais longtemps aussi illégitime aux yeux de la recherche académique que son attirance précoce pour le sport ou le cinéma. « Jeune étudiant, j’étais fasciné et ravi qu’il puisse se passionner pour le football ou les jeux télévisés », raconte le sociologue Claude Fischler, dans Le journal du CNRS. « Et quand je lui faisais remarquer qu’il ne fallait pas trop raconter aux collègues qu’on regardait la Coupe d’Europe, il me répondait : « Pour comprendre la culture de masse, il faut la vivre soi-même. » »

Chambouler les codes

Fier d’être ainsi devenu ce qu’il appelait un humanologue, un penseur capable de comprendre ce qu’est l’humain, « indiscipline » autoproclamé, il restait un autodidacte dérangeant dans le monde de la sociologie.

Élu maître de recherches sans avoir écrit de thèse de doctorat, Edgar Morin n’aura, de fait, pas vu un tapis rouge se dérouler spontanément dans ce milieu dont il a chamboulé les codes, bousculé les habitudes, repensé les méthodes. « Il y a effectivement eu une ostracisation et une réhabilitation tardive, confiait-il en 2019 dans nos colonnes. Certains m’ont condamné, d’autres m’ont compris. Il me semble qu’aujourd’hui mes idées ont essaimé. »

Elles lui survivent et il nous les laisse comme de précieuses lueurs, pour éclairer le bon chemin.

Richard Gougis (L’Indépendant, le 31 mai 2026)

  • 8 juillet 1921: naissance a Paris.
  • 1942 : entre dans la résistance.
  • 1950 : nommé au CNRS où il deviendra maître de recherches.
  • 1951 : publie L’homme et la mort.
  • 1955 : s’engage dans le Comité contre la guerre d’Algérie.
  • 1959 : Autocritique, analyse de son départ du Parti communiste au début es années 50.
  • 1968 : co-signe Mai 68, la brèche.
  • 1973 : premier des six volumes de La Méthode, son œuvre de référence.
  • 1981 : publie Pour sortir du XXe siècle.
  • 2004 : publie Pour entrer dans le XXI siècle.
  • 2015 : publie Penser Global.
  • 29 mai 2026 : mort à Paris.

De l’inventeur du mot « yé-yé » au combattant de la mondialisation

Edgar Morin a toujours porté un regard lucide sur son époque et ses excès du moment.

Nous avons tous un jour, sans le savoir, cité Edgar Morin. Il avait en effet été le premier à utiliser le terme yé-yé, dans un article publié dans le journal Le Monde, à la suite d’une grande manifestation à Paris le 12 juin 1963, qui avait réuni près de 200 000 jeunes venus célébrer le premier anniversaire de la parution du magazine Salut les copains.

« J’ai utilisé ce terme car les chanteurs de l’époque finissaient souvent leurs phrases par « oh yeah » », racontait-il pour expliquer ce néologisme qui allait s’inscrire dans l’imaginaire collectif. Un terme devenu culte. Bien des années plus tard, il deviendra un combattant affirmé de la mondialisation et un chantre d’un mode de vie et d’une culture raisonnés.

« Une société non pas idéale mais meilleure »

Des convictions partagées avec Pierre Rabhi, essayiste et agriculteur chantre de la sobriété, et que les deux hommes avaient développées dans un livre d’échanges communs début 2021 (Frères d’arme, éditions de l’Aube).

« Nous ne sommes pas maitres de l’avenir mais il faut trouver une nouvelle voie pour l’humanité », insistait Edgar Morin en 2020 dans Midi Libre, en pleine crise du coronavirus. « Il manque une pensée qui indique la voie, pose un diagnostic sur le monde et trouve une issue pour une société non pas idéale mais un peu meilleure. »

« Je ne suis pas pour une dé-mondialisation totale », nuançait-il cependant. « Il faut poursuivre les coopérations entre les peuples mais préserver des choses vitales pour chaque nation, un minimum d’autonomie vivrière et sanitaire. »

Concernant l’impact de la crise sanitaire sur les humains, il y avait décelé de nombreux aspects positifs, comme « cette solidarité qu’on pensait disparue mais qui était dormante, prête à se réveiller ». « Nous pensions être les maitres de nos vies, concluait-il, mais nos rapports avec les autres, notamment ceux qu’on aime, étaient devenus de plus en plus restreints. Nous perdions du temps en choses futiles et cette crise nous a obligés à repenser tout ça. »

R. G. (L’Indépendant, le 31 mai 2026)

« La solidarité internationale est aujourd’hui plus nécessaire que jamais (L’Indep)

Invité du Festival des luttes organisé ce samedi à Elne par la CGT66, Roberto Baradel, secrétaire général du syndicat argentin Suteba, est venu témoigner de la situation sociale en Argentine. L’homme a dressé un constat alarmant sur la condition des travailleurs et des retraités dans son pays. Entretien.

Comment décririez-vous la situation actuelle des travailleurs en Argentine ?

La situation est très complexe. Il y a une perte de pouvoir d’achat très importante. Les retraités sont parmi les plus touchés. Les pensions minimales sont extrêmement faibles et le gouvernement réprime systématiquement leurs mobilisations. Les travailleurs salariés ont également perdu une part importante de leurs revenus et beaucoup ont perdu leur emploi.

Quelles sont les conséquences de cette dégradation ?

Aujourd’hui, même des travailleurs qualifiés sont obligés de chercher un second emploi pour survivre. On voit des enseignants, des chercheurs ou des universitaires conduire pour des plateformes comme Uber après leur journée de travail. Avec un seul salaire, il devient très difficile de vivre dignement.

Vous évoquez aussi un recul des droits sociaux…

Le gouvernement a adopté une réforme du travail qui a supprimé de nombreux droits. La durée légale reste de huit heures par jour, mais certaines dispositions permettent aux employeurs d’imposer davantage d’heures de travail avec des systèmes de compensation qui ne bénéficient pas aux salariés. Il y a également eu des attaques contre le droit de grève.

Ces évolutions sont-elles directement liées à la politique du président Javier Milei ?

Oui. Elles sont la conséquence directe de sa politique économique et sociale. Les effets sont très durs pour les travailleurs, les retraités et les services publics.

Les jeunes Argentins continuent-ils à s’engager dans les syndicats ?

Oui, une partie importante d’entre eux continue à s’engager. Mais après la pandémie, l’extrême droite a mené un travail très efficace sur les réseaux sociaux. Pendant les périodes de confinement, les jeunes étaient davantage isolés et les réseaux sont devenus un terrain privilégié pour diffuser certaines idées.

Pourquoi était-il important pour vous de participer au Festival des luttes de la CGT66 ?

Parce que nous devons renforcer les liens entre les organisations syndicales du monde entier. Nous sommes confrontés à des défis communs. Face à la montée de l’extrême droite et aux attaques contre les droits sociaux, nous devons construire des analyses communes mais aussi des actions communes. La solidarité internationale est aujourd’hui plus nécessaire que jamais.

Recueilli par Driss Chaït (L’Indépendant, le 31 mai 2026)

Un chèque de 20 000 € pour les grévistes des cliniques Elsan

Déléguée syndicale CGT à la clinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany, Anne-Laure Affani a été l’une des figures du mouvement de grève mené pendant près d’un mois avec les salariés de la clinique Saint-Pierre. Lors du Festival des luttes organisé par la CGT66, ce samedi, à Elne, les grévistes ont reçu un chèque de solidarité de 20 000 euros, partagé entre les deux établissements. « Ce chèque représente avant tout la solidarité. Celle des structures de la CGT, des autres syndicats, mais aussi de partis politiques et de simples citoyens qui ont soutenu notre mouvement », souligne Anne-Laure Affani. « Cette aide servira principalement à indemniser les salariés mobilisés pendant plusieurs semaines. L’idée est de verser une petite compensation aux grévistes. »

L’Indépendant, le 31 mai 2026

Au Mémorial du camps de Rivesaltes : « se souvenir a encore de l’avenir » (L’Indep)

Inauguré hier, le nouveau parcours visiteurs du Mémorial du camp de Rivesaltes ouvre une nouvelle étape dans l’histoire intranquille de ce lieu unique en région. La cérémonie, en présence de la ministre déléguée aux Anciens combattants, a donné le ton d’un « An Il » déterminé à résister aux falsificateurs de mémoires.

Éperon rocheux sur lequel se fracassent les velléités de réécriture de l’histoire, le Mémorial du camp de Rivesaltes est entré hier dans son deuxième âge. Pas celui d’une « maturité » qui serait trop sage pour sa mission, mais l’âge d’une assurance acquise dans le travail des historiens. Un travail qui se poursuit, et qui enrichit sans cesse une collection permanente désormais exposée de façon plus claire, plus accessible et toujours rigoureuse.

Clair, accessible, rigoureux

La raison d’être du Mémorial s’affirme donc encore. Les nouveaux outils pour transmettre les mémoires des différentes populations un jour internées ici, permettent à la directrice, Céline Sala-Pons, d’assurer que « se souvenir a encore de l’avenir ». Et à la présidente d’Occitanie, Carole Delga, de délivrer un discours très politique, une grosse charge contre l’extrême droite (invité, le maire RN de Perpignan était absent, celui de Rivesaltes ne s’est pas attardé). Jusqu’à rappeler que cette refonte du parcours mémoriel « a été rendue possible aussi grâce aux financements de l’Europe, c’est important que le drapeau européen continue à flotter ». Référence aux nouveaux maires RN de Carcassonne ou Canohès qui les ont retirés des frontons.

« Falsifier l’histoire c’est fracturer la société »

« Ici, des femmes et des hommes jugés indésirables ont connu l’enter », a-t-elle rappelé. « Ce mémorial incarne un message: il n’y a pas d’indésirables ni de damnés de la terre mais qu’une seule race, l’humanité. C’est pourquoi on doit continuer à travailler ensemble pour que ce lieu apporte la connaissance de la mémoire et des atrocités ». À revers des discours révisionnistes qui circulent à la vitesse du mensonge.

« On voit qu’à travers les atteintes aux récits historiques, c’est la vérité qui est falsifiée et c’est le propre des populistes de manipuler le peuple en mentant sur l’histoire et en réécrivant un récit historique. Falsifier l’histoire c’est fracturer la société », a averti Carole Delga. « Fraternité est le mot qui vous accueille ici, et ce camp est l’illustration de la banalité du mal, le mal arrive à pas feutrés. Les grands bouleversements et les atrocités arrivent à la suite de petits renoncements. Ici, on ne renonce jamais ».

« Témoigner et transmettre est l’acte le plus républicain qui soit »

La ministre déléguée aux Armées et aux anciens combattants, Alice Rufo, a souligné « l’humilité de ce lieu » et insisté : « Témoigner et transmettre est l’acte le plus républicain qui soit ». « Oui, il y a eu en France des camps, on a voulu effacer cette histoire, a-t-elle ajouté. Il ne le faut pas parce que la vérité est ce qui nous construit. L’exigence scientifique est essentielle à cela. Partout où on oublie la vérité, on sacrifie l’avenir. Tous ceux qui veulent réviser et falsifier l’histoire préparent des guerres, celle qui se déroule à l’est (en Ukraine) a été précédée par la volonté de réécrire l’histoire ».

Alors oui, comme l’ont constaté le public présent hier et les premiers visiteurs, au Mémorial du camp de Rivesaltes, « se souvenir a encore de l’avenir ».

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 30 mai 2026)

« Des tentatives de déstabilisation odieuses »

Après avoir rappelé les rôles déterminants de Christian Bourquin, Georges Frêche, le soutien de Robert Badinter et la découverte de fichiers juifs par le journaliste de L’Indépendant, Joël Mettay, la présidente du Département est aussi allée sur le terrain politique.

Visant le Rassemblement national, Hermeline Malherbe a « déploré que le Mémorial soit la cible de tentatives de déstabilisation odieuses de certains qui falsifient l’histoire. Mais ici nous nous plaçons au-dessus de ces polémiques ». L’élue faisait notamment référence aux propos de Laurent Jacobelli (député RN) puis de Frédéric Gourier (élu RN à Perpignan et conseiller régional) qui affirmaient faussement que la mémoire des harkis était « invisibilisée » au Mémorial. Ce qui avait au mieux interloqué, au pire choqué tous ceux qui connaissent le lieu, ainsi que les harkis eux-mêmes.

L’Indépendant, le 30 mai 2026

Thermalisme. Le centre de Vernet les Bains rouvre (L’Indep)

Le 21 avril dernier, le centre avait été fermé après un contrôle de l’Agence régionale de santé (ARS) où une « anomalie sur un poste de soins avait été détectée », selon le groupe ValVital qui gère les thermes de Vernet-les-Bains.

L’ARS avait indiqué dans la foulée que des légionelles avaient été détectées dans plusieurs postes de soins lors d’un contrôle effectué quelques jours plus tôt.

Depuis, l’ARS a procédé à plusieurs évaluations afin d’envisager la réouverture de l’établissement. Selon L’Indépendant, le premier test, effectué le 29 avril dernier, n’a pas été concluant, mais celui du 5 mai était négatif. Il fallait alors un deuxième test consécutif favorable pour envisager la réouverture. Et ce vendredi 29 mai, les résultats sont tombés: aucune bactérie n’a été détectée et le centre de soins des thermes de Vernet-les-Bains va pouvoir rouvrir.

Selon les informations de L’indépendant, le centre envisage une réouverture rapide puisque la date du lundi 8 juin a été confirmée par le service de presse de ValVital, qui communiquera plus largement en début de semaine prochaine.

Une bonne nouvelle pour la ville de Vernet-les-Bains, qui n’accueille plus de curistes de puis la fermeture du centre de soins et qui va pouvoir relancer cette activité indispensable en Conflent.

Stéphane Sicard (L’Indépendant, le 30 mai 2026)

L’actu de la CGT (n° du 29 mai 2026)

90 ans des congés payés, profitons de notre conquis social
Les vacances ne sont pas un luxe. Elles sont un droit, une conquête sociale arrachée de haute lutte par le mouvement ouvrier, grâce à l’obtention des congés payés de 1936 : quinze jours dont douze ouvrables (loi du 20 juin 1936).
—> Télécharger le tract

Actualités

Canicule : la CGT exige une vraie protection des salarié·es face aux fortes chaleurs
Alors qu’une vague de chaleur frappe à nouveau la France, la CGT alerte : aucune mesure vraiment contraignante n’est aujourd’hui en place pour protéger les salarié·es exposé·es aux températures extrêmes. Pendant que les employeurs regardent les chiffres et que le climat se dérègle, les travailleuses et travailleurs, eux, suffoquent.
—> Lire la suite

[Livret] Changement climatique et travail : des leviers pour agir
Le dérèglement climatique, les canicules à répétition, la raréfaction de l’eau, les inondations, la pollution de l’air, la disparition des espèces… tout cela n’a rien d’une « fatalité naturelle ».
—> Lire la suite

Salaires, vie chère : ce n’est pas le 1er mai qu’il faut voler, c’est les salaires qu’il faut augmenter
L’augmentation automatique du Smic de 2.41 % (1 867.02 € bruts mensuels au 1er juin) n’est pas un « coup de pouce » mais une revalorisation mécanique calculée sur l’inflation et imposée par le Code du travail. Ce n’est pas « du plus ».
—> Télécharger le tract

Hausse du carburant : nous refusons de payer pour travailler
La pétition est à l’initiative de Manuela Cabot Salar, syndiquée à la CGT et aide à domicile qui n’arrive plus à s’en sortir avec la hausse des prix des carburants.
—> Signer et partager la pétition

Communiqués de presse

2ème mise en examen de Sophie Binet : la CGT appelle le gouvernement à agir contre les procédures baillon !
Pour la deuxième fois en six mois, la secrétaire générale de la CGT est mise en examen. Cela fait suite à une plainte en diffamation de l’entreprise Tefal contre les propos de Sophie Binet : « la CGT de Tefal fait face à une répression patronale violente » tenus lors d’un débat à la Fête de l’Humanité en septembre 2025.
—> Lire le communiqué

Pour la CGT, le projet de loi présenté par le Ministre du Logement ne répond pas à la crise du logement !
Lors du Conseil National de l’Habitat (CNH) du 21 mai 2026, le ministre du Logement a présenté le projet de loi visant à la relance et la décentralisation du logement. La CGT s’interroge sur les réelles ambitions pour faire de ce projet de loi un véritable outil au service dune politique publique du logement, qui s’inscrive pleinement dans une réponse à la hauteur des besoins, comme annoncé par le Premier ministre.
—> Lire le communiqué

[Guide] Salaires : négocier pour gagner dans l’entreprise
—> Télécharger le guide

Lab Santé Midi Libre: la santé et le handicap au cœur des débats (L’Indep)

Lab Santé Midi Libre faisait étape ce mercredi, pour la première fois, dans les Pyrénées-Orientales au siège de L’Indépendant a Perpignan. Deux tables rondes étaient organisées, entre les professionnels et acteurs de santé du territoire, mettant en avant l’expertise médicale : l’une sur le handicap au travail, l’autre intitulée « Les P.-O., territoire de santé d’excellence ».
La santé, un sujet essentiel qui « fait partie des premières préoccupations des Français et donc des habitants des Pyrénées-Orientales », introduisait Hermeline Malherbe, présidente du Département des Pyrénées-Orientales. Entourée de sa vice-présidente Françoise Fiter, en charge des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, la présidente évoquait la problématique de désertification médicale à laquelle le conseil départemental a œuvre en « participant à l’ouverture de plusieurs maisons de santé pluridisciplinaire », avec la Région. Mais aussi « un pack santé qui accompagne autant la médecine libérale en termes d’infrastructures que tout ce qui est public comme les pôles santé ». « Ce ne sont pas nos missions obligatoires mais on a investi », se réjouissait Hermeline Malherbe.

Handicap : « Des avancées incontestables mais nous sommes loin du compte »

La première table ronde de la soirée plaçait au cœur des débats « Le handicap au travail » avec pour interlocuteurs Nicolas Franco, directeur de la plateforme Handicap et Parcours Association Joseph Sauvy et secrétaire général adjoint de l’AIRe (Association des instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques et de leurs réseaux) et Françoise Fiter, vice-présidente au conseil départemental en charge des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

Avec pour point de départ le rappel de la loi Handicap 2005 pour l’égalité des droits et des chances, les acteurs ont souligné son importance menant à « inciter et obliger à avoir 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises ». « La loi de 2005 a permis de poser un cadre et de faire reculer le chômage chez les personnes en situation de handicap. Il y a eu des avancées incontestables mais nous sommes encore loin du compte. Il y a encore besoin d’investir », introduisait Françoise Fiter. Nicolas Franco soulignant que cette loi « a eu le mérite de réaffirmer la place des personnes en situation de handicap dans la société ». Mais dans le monde du travail, le débat s’orientait vers « ces freins à l’embauche » que peut représenter le handicap. « Il y a beaucoup de préjugés comme le fait qu’une personne handicapée serait moins efficace. Il y a de la discrimination et des craintes », confiait la vice-présidente du Département. Tandis que le directeur de la plateforme Handicap et Parcours Association Joseph Sauvy justifiait ces craintes par « un manque de connaissance. Il faut essayer de dépasser ce quota à respecter. L’enjeu essentiel c’est de maintenir l’embauche des personnes en situation de handicap et d’établir un lien employé-employeur. Il y a besoin d’un travail de proximité entre les acteurs. C’est important, une fois dans l’entre-prise, de continuer à accompagner les personnes en situation de handicap ». Un point particulier a été apporté sur l’importance de la sensibilisation en milieu professionnel. Quant aux perspectives pour l’avenir sur la question du handicap dans le travail, les avis divergeaient.

« Il faudrait une nouvelle loi de 2005 qui définisse les moyens nécessaires d’accompagnement. Plus nous serons nombreux à sensibiliser, mieux ce sera. En entreprise, il faut aussi accepter qu’une personne en situation de handicap soit moins efficace, même si ce n’est pas toujours forcément le cas. Mais les mentalités doivent encore évoluer là-dessus », confiait Françoise Fiter. Nicolas Franco avançait lui : « On a quand même multiplié par 10 l’inclusion depuis la loi 2005, c’est déjà un bon départ. Mais il faut du temps ». En 2025, 8452 orientations Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTF) avaient été demandées dans les Pyrénées-Orientales.

Laura Morales (L’Indépendant, le 29 mai 2026)

Proximité, coordination et coopération sur un territoire d’excellence

Après avoir débattu sur le handicap au travail, le deuxième rendez-vous de la soirée avait pour thématique « Les Pyrénées-Orientales, territoire de santé d’excellence ». Autour de la table, professionnels et acteurs du territoire avaient pris place : Barthélémy Mayol, directeur du centre hospitalier de Perpignan, Dr Tanguy Mraovic, chirurgien de la main au Centre main catalan (Aesio Santé), Sébastien Fleury, directeur du centre Le Vallespir-hôpital de proximité (Groupe UGECAM) et Françoise Fiter, vice-présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales, en charge des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

Les intervenants ont, dans un premier temps, placé le mot de « coopération » au centre de la discussion. En effet, « le parcours d’un patient ne passe en général pas que par un seul acteur. C’est l’acte d’une coopération. Et c’est là l’importance de remettre au centre du jeu la proximité et le parcours coordonné du patient. Les Pyrénées-Orientales sont un territoire qui est capable d’assurer », introduisait Sebastien Fleury. « Tous ensemble, on arrive à soigner toutes les pathologies », enchaînait le Dr Mraovic qui précisait opérer avec ses collègues du Centre de la main 3 000 patients par an. Pour le directeur du centre hospitalier, le thème « Les Pyrénées-Orientales, territoire de santé d’excellence » était surtout l’occasion de « montrer ce qu’il reste à faire ». « Ce qui va permettre de maintenir notre département à un niveau d’excellence ce sont trois choses : l’enseignement, les soins et la recherche », déclarait Barthélémy Mayol.

Très vite, l’interrogation de la possibilité de tout soigner dans les P.-O. était mise au centre du débat. Bien sûr, pour le Centre main catalan, la réponse était « oui » en ce qui concerne la chirurgie des membres inférieurs. Pour Sébastien Fleury, dont l’établissement est implanté au Boulou « on est sur une médecine de ville ». « Nous sommes très limités sur la prise en charge des pathologies. En revanche, on s’efforce de répondre au plus près aux besoins identifiés », expliquait le directeur du centre Le Vallespir-hôpital de proximité. « Notre objectif n’est pas de tout soigner mais d’être une filière de qualité », répondait le directeur du centre hospitalier de Perpignan. D’où l’importance des liens entre les acteurs de la santé pour un travail commun, comme le soulignait François Fiter.

La question de l’investissement, nécessaire pour porter l’excellence du territoire en matière de santé, était ensuite posée. « C’est indispensable dans le milieu hospitalier de continuer à investir, notamment dans la cancérologie, les soins palliatifs et le bloc opératoire », confiait Barthélémy Mayol. Au Centre main catalan, le Dr Tanguy Mraovic, détaillait les nouveaux équipements dont l’établissement s’était doté récemment comme un échographe pour la pratique de micro-incision. « Mais il ne faut pas non plus oublier l’investissement humain qui est très important », ajoutait-il. Au Boulou, au centre Le Vallespir, ce sont des investissements immobiliers qui sont en cours. « On modernise, on agrandit pour avoir un établissement de 15 000m2. Nous voulons proposer un environnement plus acceptable pour les professionnels de santé mais aussi pour l’accueil des patients », expliquait Sébastien Fleury. Le Département assurait être attentif à ce que la réponse aux besoins humains soit de qualité. Françoise Fiter résumait, pour conclure l’échange, les maîtres mots de la table ronde : proximité, coopération et coordination « car sans cela on n’avance pas et on ne répond pas aux besoins ».

Laura Morales (L’Indépendant, le 29 mai 2026)