L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Maintenant, ça suffit et ça se voit

Le capitalisme ne semble plus être la fin de l’histoire. C’est nouveau. Il est aujourd’hui identifié et contesté. Les dégâts qu’il engendre touchent l’ensemble des domaines de la vie. L’environnement, la vie domestique, la dignité, l’agriculture, la santé, l’éducation la culture et la paix. La vie quoi. Les inégalités gagnent du terrain, partout, et les proportions atteintes par ces écarts sociaux et entre les nations insultent la plus élémentaire morale des hommes. Il n’est donc plus, dans les esprits, la fin de l’histoire mais il bouge encore, dangereusement, et il fait la guerre.

La question est posée en grand, à tous, en France et dans le monde. Peut-on faire autrement ? François Lenglet, grand journaliste économique devant l’éternel sur les chaînes info, a bien tenté, mardi 15, à la lecture du classement mondial des pays en termes de dividendes versés aux actionnaires publié dans le monde, d’éclairer la deuxième place de la France ! Il s’est quasiment noyé en direct, le visage crispé. Ses contorsions intellectuelles n’y pouvaient rien. La France est bien deuxième ! Loin devant ses concurrents directs, dont l’Allemagne. Comment l’expliquer ? Des dizaines de milliards prélevés sur les richesses produites, une prédation devenue insupportable.

Ne pas attendre. Cette idée gagne du terrain. Et d’ailleurs, attendre quoi ? Partout où cela est possible, les exigences populaires doivent être portées. Fabien Roussel en a fait l’axe central de son discours et de sa campagne. La reconquête idéologique, partagée, est devenue urgente. Sauver la protection sociale, nationaliser et relocaliser les productions utiles, loger correctement l’ensemble des citoyens, augmenter les salaires, faire vivre la démocratie dans les grandes entreprises, réformer et consolider une fiscalité juste, répondre aux besoins sociaux. Bref, ne rien laisser de côté pour que chacun puisse simplement VIVRE.

Mardi 29, en France et à Perpignan, les agents publics se mettront en mouvement. En octobre, d’autres manifestations s’annoncent. Le journal y sera !

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4130 – vendredi 18 septembre 2026)

L’édito de Michel Marc. Maintenant, àa suffit et ça se voit
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Culture

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France

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Monde

Cuba à la Fête de l’Humanité. Une solidarité active, indéfectible à faire grandir
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L’humeur de Jean-Marie Philibert

STOP aux atermoiements et au laisser faire

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Prades. Une rentrée sous le signe de l’inquiétude au lycée Renouvier (L’Indep)

Vœux, spécialités, les représentants élus des parents d’élèves ont été saisis par une douzaine de familles pointant des dysfonctionnements.

L’affectation des élèves en enseignements de spécialité pose souci en cette rentrée 2026. « Pour la majeure partie des affectations remises en cause, le quatrième vœu a été retenu par l’établissement au détriment des trois premiers, sans aucune in-formation, ni concertations préalables », dénoncent les élus locaux de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE). « Les élèves ont appris cette substitution le jour même de la rentrée. Par ailleurs, quelques familles se sont vues affecter des spécialités qui n’avaient fait l’objet d’aucun de leurs vœux ». Une surprise plutôt désagréable pour des élèves qui ont beaucoup de choix compliqués et souvent déterminants à faire dès leur année de seconde. Des choix qui réduisent déjà leurs possibilités pour de futures études.

Absence d’informations, de dialogue et concertation

« Par exemple, un élève de sensibilité plutôt littéraire et peu à l’aise dans les disciplines scientifiques, se retrouve projeté en enseignement de spécialité mathématique. Un autre qui avait construit son orientation autour de disciplines humanistes comme histoire de l’art, littérature et philosophie se retrouve avec des maths et de la chimie. Ce qui obère inévitablement son orientation en classe de terminale, voire dans l’enseignement supérieur ». Les élus « ne contestent pas la nécessité pour l’établissement de procéder à des ajustements, mais déplorent l’absence d’informations, de dialogue et de concertation préalable avec les familles ».

Saturation des effectifs pour certaines spécialités ? Les maths font-elles moins rêver que l’anglais monde contemporain ? « Peu importe, l’établissement a eu connaissance dès la mi-juin, de tous les vœux émis par les élèves de seconde. Il aurait pu anticiper, soit en contactant les familles, soit en affectant par exemple une part de sa dotation globale horaire au dédoublement de ces classes. Vous imaginez que certaines des familles concernées n’ont pas encore obtenu de rendez-vous avec la direction, deux semaines après la rentrée ». Contactée par nos soins à ce sujet la direction a expliqué ne pas comprendre. « Nous avons fait une réponse aux parents d’élèves qui devrait les rassurer au contraire ». L’objectif n’est visiblement pas atteint.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 16 septembre 2026)

Les salariés de l’énergie manifestent leur colère (L’Indep)

Hier, à Perpignan, entre 100 et 150 personnes se sont réunies en fin de matinée devant la préfecture dans le cadre du mouvement de grève national des salaries de l’énergie. Les menaces qui planent sur le tarif préférentiel accordé aux agents pour l’électricité et le gaz étaient au cœur de la contestation.

Barnum installé sur le quai Sadi-Carnot, pétards SNCF, fumigènes… Les salariés de l’énergie (Enedis, GRDF, EDF, Société hydroélectrique du Midi…) n’ont pas fait les choses à moitié lors du rassemblement organisé ce mardi matin devant la préfecture de Perpignan. Entre 100 et 150 personnes étaient au rendez-vous. La CGT Mines-Énergie revendique un taux de grévistes de 15 % dans le secteur.

Tout est parti d’un récent rapport de la Cour des comptes qui pointe entre autres du doigt le coût du tarif préférentiel accordé depuis 1946 aux salariés de l’énergie pour l’électricité et le gaz. Un tarif que la Cour des comptes préconise de plafonner et de fiscaliser davantage. « Ils veulent le supprimer par étapes », soupçonne le secrétaire départemental de la CGT Mines-Énergie, Philippe Antico. « Nous sommes attaqués frontalement. Le « tarif agent », qui nous permet de ne payer que 10 % de la facture d’électricité, est l’une des composantes de notre salaire. Ce tarif vise à compenser le fait que les salaires sont plus faibles que pour les mêmes tâches dans le privé ».

Pour les travailleurs mobilisés, les menaces qui planent sur le tarif agent, dont bénéficient également les retraités du secteur, sont tout simplement incompréhensibles. « On paye déjà des impôts dessus », souligne le délégué syndical central de GRDF, Sébastien Raya. « On a une grille de salaire qui n’est pas folichonne. Son entrée est en dessous du Smic. Le tarif agent est l’un des éléments qui fait qu’on a en fin de compte quelque chose de correct ».

Le syndicaliste souligne également que les entreprises du secteur ont déjà du mal à recruter et que réduire le pouvoir d’achat des agents n’arrangerait pas la situation.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 16 septembre 2026)

Fabrice Coudour. « L’attaque contre le « tarif agent » dans l’énergie est un contre-feu politique » (La Marseillaise)

Fabrice Coudour est secrétaire général de la Fédération nationale des mines et de l’énergie CGT (FNME-CGT). Il analyse les raisons de la mobilisation des travailleurs des industries électriques et gazières, avec une grève, ce mardi.

La Marseillaise : Pourquoi les agents du secteur de l’énergie se mobilisent-ils ce mardi ?

Fabrice Coudour : Avant toute chose, il faut mesurer que les attaques en direction des agents, et retraités, de l’énergie sont successives depuis plusieurs années. C’est bien un ensemble d’attaques qui fait qu’aujourd’hui, la coupe est pleine. Cette année, cela se concentre sur le tarif particulier, que l’on appelle plus communément le « tarif agent ». Mais ce n’est que le dernier épisode d’une longue liste : fin de notre régime spécial lors de la réforme des retraites de 2023, puis des attaques sur notre caisse de retraite à la fin de l’année dernière, mais aussi contre la gestion de nos œuvres et actions sociales… Pendant plus d’une année, nous avons aussi eu d’âpres négociations autour de notre grille salariale, qui commence en dessous du Smic ! Et la dernière en date, l’attaque de cet été, contre notre tarif agent.

La Marseillaise : Concrètement, qu’entend faire le gouvernement concernant le tarif agent ?

Fabrice Coudour : L’attaque prend deux formes : la première vient avec un rapport de la Cour des comptes en direction des ressources humaines d’EDF, avec treize recommandations en son sein, dont une sur le tarif agent et qui pointe une soi-disant fiscalisation incorrecte. La seconde est une injonction de la procureure de la Cour des comptes en direction du directeur de la Sécurité sociale, toujours sur le tarif agent. C’est une procédure juridique, un processus légal, qui concerne l’ensemble du secteur et qui implique une réponse du directeur de la Sécu. On voit bien là qu’on est sur deux attaques coordonnées, qui s’appuient l’une sur l’autre. Ce tarif est bien plus qu’un totem du statut des travailleurs des industries électriques et gazières.

La Marseillaise : En quoi cette attaque ne passe pas pour les travailleurs du secteur ?

Fabrice Coudour : C’est une attaque politique : c’est contre notre contrat social, contre notre statut. Ce tarif particulier fait partie intégrante de notre contrat de travail, il est déjà fiscalisé. C’est aussi un élément de rémunération alors que nos salaires sont en dessous de ceux de nos homologues du privé. Il faut mettre ça au regard des contraintes de notre travail : les astreintes, les 3×8, les heures supplémentaires… Les électriciens et gaziers sont sur le terrain, pour remettre en état le réseau lorsqu’il y a des tempêtes, la canicule, des inondations. Sur les incendies, ce sont les agents de l’énergie qui arrivent les premiers après les pompiers. Tous les jours de l’année, ce sont eux qui assurent le service public de l’énergie, 24 heures sur 24. Ce tarif agent est donc une juste reconnaissance au regard de cela. Surtout, cet « avantage » ne représente rien sur les factures des usagers, moins d’1 %. Supprimer le tarif agent ne fera pas baisser les factures d’énergie des Français. Par contre, le gouvernement et ses chiens de garde ne parlent jamais de l’irrégularité des règles fiscales sur les factures. Je rappelle que toutes les factures, depuis un an, sont taxées à 20 % de TVA, alors même que les biens de première nécessité doivent être taxés à 5,5 %, selon le Code des impôts. On pourrait aussi rappeler qu’en 25 ans, on a atteint 100 milliards de dividendes versés aux actionnaires dans les entreprises du secteur… Cette attaque est en réalité un contre-feu politique.

La Marseillaise : Vous utilisez le terme de « contre-feu politique ». Pourquoi ?

Fabrice Coudour : Car cela participe à une division des travailleurs entre eux, à agiter l’opinion publique et détourne des vrais sujets. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde sur le fait que la transition énergétique et écologique sont des enjeux majeurs. Il y a donc une nécessité de filières, d’emplois et donc de recrutements pour faire face à ces enjeux. Mais avec quelle attractivité va-t-on attirer de nouveaux travailleurs s’ils rabotent tous nos conquis sociaux, qui sont des éléments d’attractivité ? Je le répète, nous avons une grille de salaires qui débute en dessous du Smic. C’est un contre-feu car ils tapent toujours en bas de l’échelle, tout en fermant les yeux sur les aides publiques aux grandes entreprises, de 211 milliards. Alors que les travailleurs de l’énergie, et la FNME-CGT en tête, ont toujours défendu la baisse des factures pour les usagers. En réalité, nous faisons partie des corporations à abattre, comme les cheminots l’ont été précédemment.

Entretien réalisé par Amaury Baqué (La Marseillaise, le 15 septembre 2026)

Rentrée : FO alerte sur les effets concrets de la baisse des moyens (L’Indep)

La fédération FO de l’éducation livre un premier bilan des conditions de la rentrée en pays catalan. Elle pointe du doigt les conséquences de l’austérité budgétaire dans les écoles, collèges et lycées du département Et illustre son propos avec plusieurs exemples concrets.

Pas de miracle. Pour la fédération FO de l’éducation (Fnec-FO) : « Les conditions de la rentrée dans le département sont la déclinaison des conditions nationales ». Sur l’ensemble du territoire français, le ministère a supprimé pour cette année scolaire 4 000 postes d’enseignants (de la maternelle au lycée) en mettant en avant la baisse démographique. Dans les écoles du département, ces coupes franches se sont notamment traduites par 23 fermetures de classes pour 9 ouvertures, là où FO en réclamait 19.

« Dans les écoles, les conditions se dégradent pour les élèves comme pour les enseignants », dénonce le secrétaire départemental de la Fnec-FO, Tanguy Lorre. « Par ailleurs, une partie des remplaçants sont déjà placés sur un poste à l’année. Le risque étant qu’on ne puisse pas remplacer les enseignants absents dans les semaines qui viennent ».

Dans les collèges et lycées, plusieurs situations interrogent également le syndicaliste. « Dans le second degré, les dotations des établissements sont en diminution », resitue-t-il. « On ne respecte pas le nombre légal d’heures d’enseignement dans tous les collèges. Dans certaines classes du collège du Soler, ils ont notamment deux heures de latin au lieu de trois ».

Selon Tanguy Lorre, les lycées ne sont pas non plus épargnés par la tendance. « Au lycée Arago de Perpignan, ils ont par exemple imposé à un professeur d’espagnol de regrouper les premières et les terminales en spécialité, alors qu’il y a quand même une épreuve du bac ».

Un cas de figure plus ou moins similaire se serait présenté dans un autre lycée perpignanais, Pablo-Picasso : « Là, le prof d’espagnol a refusé d’associer les secondes, premières et terminales en classe euro (des sections où les élèves ont également un cours de discipline non-linguistique en espagnol, NDLR). Du coup, ils ont fermé la classe euro espagnol de seconde, ce qui leur a permis d’économiser deux heures de cours sur leur dotation globale. Il y avait des élèves inscrits, mais ils considéraient que ce n’était pas suffisant pour maintenir l’option ».

Concernant le remplacement dans le second degré, la Fnec-FO signale des disparités entre les secteurs. « Sur certaines zones, il y a plus de remplaçants titulaires qu’il n’en faut et sur d’autres il y a des manques », résume Tanguy Lorre. « À Picasso, cela faisait plusieurs mois que l’on savait qu’une professeur d’histoire-geo allait passer en mi-temps thérapeutique et en cette rentrée, elle n’était pas remplacée ».

Et ce ne sont là que quelques exemples parmi d’autres des conséquences du manque de moyens que dénoncent les syndicats d’enseignants.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 15 septembre 2026)

Le grand défi de l’eau

Février 2026, photos, reportages télé, montraient villes, villages, zones industrielles submergées, des milliers de Km2 de terres agricoles inondées. Juin, juillet, août avec canicule sècheresse et incendies monstrueux. Les prophètes de mauvais augure professant sur les médias en ont fait, tels les chevaliers de l’apocalypse, leur raison de vivre, leur fond de commerce du malheur. Un hydrologue, Eric Servat, lui, a écrit un livre, « Le Grand défi de l’eau »(*) à l’opposé des prophètes du malheur. C’est un plaidoyer pour la raison, l’espoir et l’action : non, la nouvelle donne du climat n’est pas la fin du monde.

Car depuis l’apparition de la Terre, l’eau et son volume n’ont pas changé. Chaque molécule ou verre d’eau que nous buvons est la même eau que buvaient les dinosaures il y a 100 millions d’années. Cette eau en constante circulation va de la mer aux nuages, retombe, s’évapore va créer, la calotte de l’Antarctique… change d’état, liquide, gazeuse, solide, salée ou douce.

Sa gestion est compliquée, car 97,2 % est salée. N’existe que 2,8 % d’eau douce, dont 60 % stockés dans l’ Antarctique. C’est de la part résiduelle, 0,8 %, que dépend l’existence du vivant. De plus, sa répartition n’est pas équitable, 9 pays se partagent 60 % de « l’eau douce liquide ».

L’auteur n’élude aucun sujet, des « bassines » à la nécessité de désimperméabiliser les villes pour en faire des « éponges », « conserver l’eau pour se nourrir » alors que l’irrigation ne touche que 6,8 % de la surface agricole, ou « transporter l’eau », du Rhône vers 3 départements d’Occitanie. Bien mesurer le retard avec 4,7 % du « flux » annuel (pluies/neige) stocké en France, contre presque 50 % en Espagne qui, du coup, fournit fruits et légumes ; les questions géopolitiques ; sanitaires ; … ce que le consommateur paie c’est le service autour de l’eau.

(*) Le grand défi de l’eau, Eric Servat, Harper édition, 18,90 €

Collèges : jusqu’à 35 degrés dans certaines classes la semaine dernière (L’Indep)

Le syndicat d’enseignants Snes-FSU tire la sonnette d’alarme concernant la température dans les collèges qui a encore dépassé les 30 degrés dans plusieurs établissements la semaine passée. Un seuil au-delà duquel des risques pour la santé existent.

Jusqu’à 35 degrés dans certaines salles au collège de Rivesaltes, 34,5°C au collège Sévigné de Perpignan, autour de 32°C à Camus, Jean-Moulin ou Pagnol, ainsi qu’à Cabestany, Port-Vendres ou Saint-André… Selon les relevés récoltés par le syndicat d’enseignants du secondaire Snes-FSU, une semaine après la rentrée, la température reste suffocante dans de nombreuses classes de collèges des Pyrénées-Orientales. Sans compter des taux d’humidité dépassant parfois les 50 % qui accroissent encore la sensation de chaleur.

« Les conséquences du changement climatique sont bien plus fortes que ce à quoi s’attendaient les pouvoirs publics », alerte l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Ignacio Valenzuela. « Les périodes de fortes chaleurs s’allongent. Les conditions de travail et d’apprentissage sont plus que dégradées et mettent en danger la santé des enseignants et des élèves. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), pour le travail de bureau, le risque existe des que la température de-passe les 30 degrés. »

Le fait que le ministère de l’Éducation annonce fin juin, en pleine canicule, un fonds de 50 millions d’euros dédié au diagnostic et à l’équipement du bâti scolaire pour en retrancher 40 millions d’euros en septembre n’est pas pour calmer l’ire du syndicat.

« C’est inacceptable », juge Ignacio Valenzuela. « On est conscients qu’adapter le bâti constitue un investissement important et que les collectivités ne peuvent pas tout financer toutes seules. Ce désengagement de l’État est scandaleux Nous ne demandons pas forcément la climatisation. L’adaptation du bâti scolaire peut aussi passer par l’installation d’ombrières ou la végétalisation. Ce qu’on veut, c’est une amélioration des ambiances thermiques et quand cela n’est pas possible, un aménagement des horaires. »

De son côté, la vice-présidente du conseil départemental en charge des collèges, Marie-Pierre Sadourny, assure que la collectivité est bien résolue à résoudre la problématique. Avec des dispositifs à cout, moyen et long termes « Le travail sur la végétalisation des cours est dores et déjà engagé. Nous avons aussi commencé à poser des filtres anti-UV ainsi que des brise-soleil sur les fenêtres et nous allons débloquer dès octobre 60 000 euros supplémentaires sur le budget 2026 pour que les établissements puissent acheter des équipements de rafraichissement et des brasseurs d’air », détaille l’élue concernant le court terme.

En cette rentrée, Marie-Pierre Sadourny annonce également des mesures plus ambitieuses, mais à moins brève échéance : « Dès l’année prochaine, nous allons commencer à climatiser les restaurants scolaires, ainsi que les centres de documentation et d’information (CDI) ou les salles polyvalentes afin de faire des lieux refuges, où pourraient également se dérouler les épreuves du brevet. Dans les salles de classe les plus exposées, nous allons également coupler les ventilateurs de plafond à des dispositifs de circulation de l’air, qui permettront de faire baisser la température de 3 ou 4 degrés. »

Entre 2028 et 2030, l’ensemble des lieux de refuge devraient être mis en place et dix premiers établissements équipés de nouvelles centrales de traitement de l’air. Entre toutes les mesures prévues sur la période, l’investissement prévisionnel s’élève à 4,6 millions d’euros.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 septembre 2026)

35 a 40 millions d’euros nécessaires pour le « tout clim »

En plus des mesures à court et moyen termes, le conseil départemental travaille également sur une trajectoire de « tout clim » qui s’étalerait sur plusieurs années. Il a même déjà chiffré le coût d’une telle opération, qui comprendrait également des travaux d’isolation, d’extension de préaux et de végétalisation, à 35 ou 40 millions d’euros pour les 31 collèges publics des Pyrénées-Orientales. « Mais il faut encore que nous travaillions le budget et que nous abondions les lignes de trésorerie », précise Marie-Pierre Sadourny. « À ce stade, l’État pourrait apporter 10 000 euros par établissement. C’est sûr qu’il faudrait plus… Plus l’État nous accompagnera et plus nous pourrons mener à bien ce projet rapidement. »

À noter : le nouveau collège en cours de construction à Claira et celui en projet au Boulou seront équipés d’office de systèmes de brassage, de centrales de traitement de l’air et de zones refuges climatisées.