« Nous dénonçons les violences policières d’hier et d’aujourd’hui » (L’Indep)

À Perpignan, des militants se sont mobilisés pour commémorer l’hommage au massacre du 17 octobre 1961, où des dizaines de manifestants algériens ont été tuées à Paris.

Ne pas oublier, ne pas laisser le temps effacer ce que l’histoire a appelé « le massacre du 17 octobre 1961 », c’était le mot d’ordre des manifestants qui se sont réunis, 65 ans plus tard, ce samedi, sur la passerelle reliant le théâtre de l’Archipel à l’avenue Torcatis, à Perpignan.

Le 17 octobre 1961, des dizaines de manifestants algériens venus d’un bidonville de Nanterre en direction de Paris ont été tués lors d’une violente répression policière en marge de la guerre d’Algérie. Pendant des années, seuls trois morts ont été officiellement recensés. Dans les années 1990, des premiers chiffres ont révélé que plus de 200 personnes auraient péri.

Alors, ce samedi d’octobre, à Perpignan, ils étaient quelques dizaines à se mobiliser pour « ne pas oublier ». Des militants qui se trouvaient en marge de la grande mobilisation des lycéens, syndicats et gilets jaunes. Pourtant, selon eux, leurs revendications n’étaient pas si éloignées. « Nous dénonçons les violences policières d’hier et d’aujourd’hui », résumait Josie Boucher, figure locale du militantisme politique de gauche. Ce samedi, son message a dépassé les frontières catalanes.

Des protestataires venus de Toulouse, Albi et même Clermont-Ferrand ont grossi les rangs perpignanais. Comme Philippe Chevrette, co-président de 4ACG. « C’est l’association des Anciens appelés en Algérie et leurs amies contre la guerre », explique-t-il. « Nous portons la parole de ces jeunes qui, à l’âge de 20 ans, ont été appelés pour faire la guerre en Algérie. Alors, qu’eux militaient pour une notion de paix, de rapprochement entre les peuples, notamment entre la France et l’Algérie. C’est le message que nous portons aussi ».

Dans la manifestation, Jaques Pradel et Catherine Sicart se revendiquaient, eux, comme des « pieds noirs progressistes ». Pour mémoire, les pieds des pieds noirs sont ces Français nés en Algérie durant la période coloniale (1830-1962) et dont la grande majorité a été rapatriée en France au moment de l’indépendance du pays. « Nous, nous sommes progressistes car nous sommes anti colonialistes, anti racistes et anti fascistes. C’est d’autant plus important de venir le dire, à Perpignan, quand le Cercle algérianiste a son siège social ici et que la Ville est gérée par le RN », insiste Jacques Pradel. Un pied noir militant pour le bien-fondé de l’indépendance du peuple algérien.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 18 octobre 2026)

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