Colère des Régions face à la liste des lycées délabrés (L’Indep)

Une liste relative à l’état des bâtiments de 200 lycées de France a été transmise par le ministère de l’Éducation nationale le 2 novembre dernier. Reprise par certains journaux, elle classe notamment l’Occitanie et un lycée de Perpignan parmi les « mauvais élèves ». Une méthode qui interroge et qui a fait sortir de leurs gonds les Régions de France, présidée par Carole Delga.

Le baril de poudre n’avait pas besoin d’une nouvelle étincelle. Et pourtant, le ministère de l’Éducation nationale vient de jeter une allumette sur l’explosive question de la rénovation du bâti scolaire. Une charge décentralisée aux Régions pour ce qui est des lycées.

Lesquelles Régions, réunies dans une association présidée par Carole Delga, ne décolèrent pas depuis la diffusion, par le ministère d’Édouard Geffray, d’une étrange liste censée pointer les lycées les plus « délabrés » et les Régions les plus à la traîne en matière de rénovation.

« Cette méthode n’est pas acceptable, les lycéens méritent mieux qu’un exercice de communication »

C’est peu dire que la méthode utilisée par les services du ministère laisse à désirer. « À aucun moment les Régions n’ont été sollicitées pour vérifier la pertinence (de ces informations). Cette méthode n’est pas acceptable, fustige la présidente des régions de France dans un courrier adressé à Édouard Geffray le 3 novembre. Il s’agit d’un manquement grave à l’engagement que vous aviez vous-même pris concernant la nécessité de travailler en étroite coopération avec les régions. Les alertes des lycéens méritent mieux qu’un exercice de communication ».

« Comment un ministère qui a été occupé par Jules Ferry ou Jean Zay peut-il cautionner de telles bassesses ? »

Sous la plume en colère de Carole Delga, les Régions pointent un « palmarès » « fondé sur les seules contributions, le classement dont vous assurez la publicité dans la presse, ne mesure ni la gravité des difficultés, ni l’urgence des travaux, ni la taille des établissements, ni encore moins si des travaux sont en cours ».

La missive vise ensuite directement l’administration d’Édouard Geffray et le gouvernement : « Imagine-t-on monsieur le ministre, un classement des lycées selon le nombre de postes non pourvus, non remplacés ou dont les emplois du temps seraient les plus incohérents ? Il ne suffirait pas pour autant à évaluer l’action de vos services ».

Avant une charge féroce contre l’actuel locataire de la rue de Grenelle : « Comment un ministère qui a été occupé par de si grandes figures comme Jules Ferry et Jean Zay peut-il cautionner de telles bassesses ? Les présidentes et présidents de région sont excédés par cette méthode consistant à mettre en accusation les collectivités territoriales et à ignorer leurs demandes répétées sur les questions budgétaires ».

« Les lycées ont besoin de moyens, pas de palmarès statistique, poursuit Carole Delga. La France n’a pas besoin de « listes », mais de décisions courageuses pour construire l’avenir : Vous ne sortirez pas de cette crise lycéenne et étudiante sans les Régions. Et encore moins contre elles ».

Frédérique Michalk (L’Indépendant, le 6 novembre 2026)

Posted in Éducation, Éducation, National, Politique, Politique, Région, Services publics, Services publics and tagged , , , .