L’édito du webzine. « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

Les élu•es de la Région Occitanie reprenne leurs bâtons de pélerins pour retourner sur le terrain afin d’être au plus près à l’écoute des citoyens. Une démarche inédite de démocratie participative.

La Région Occitanie a lancé en 2025 l’opération « La Région à vos côtés », une tournée des élu•es régionaux pour rencontrer les habitant·e·s sur le terrain. 30 000 habitant•es ont été rencontré•es lors de 330 événements et 5 000 questionnaires remplis, donnant lieu à 1 500 propositions concrètes.

Critiquée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 €) et son aspect « communication », cette initiative, unique en France, vise trois objectifs :

  • Expliquer l’action concrète de la Région, à l’occasion de ses 10 ans ;
  • Recueillir les attentes et doléances des citoyen •nes ;
  • Démonter les idées reçues et les mensonges propagés par l’extrême droite.

Pour Carole Delga (PS), présidente de la Région, cette démarche est nécessaire face au « désamour » croissant entre élu•es et citoyen• nes, alors que ces dernier sont demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner, quel que soit leur âge », souligne Zina Bourguet (écologiste).

Cette consultation a permis de confirmer des priorités (transports, pouvoir d’achat, santé) et d’y répondre. En matière de santé, la Région a recruté 20 spécialistes dans 12 hôpitaux et 150 médecins. Il y a eu l’amélioration des services de transport avec le développement de l’application Fairtiq pour simplifier l’accès aux tarifs des trains ainsi que l’instaurations du TER à 1 € pour les clubs sportifs. Les retours des citoyen•nes ont mis également en lumière des points de mécontentement, comme les retards des trains ou la paperasse administrative, incitant la Région à agir.

Cette tournée est aussi l’occasion de « démonter les contrevérités » du Rassemblement National (RN), qui « réécrit l’Histoire ». Jérôme Monamy (PCF) rappelle que le RN vote contre le TER à 1 €.

Face à la montée des idées d’extrême droite, la Région entend réaffirmer les valeurs de solidarité et de service public, en s’appuyant sur des réalisations tangibles et un dialogue direct avec les citoyen•nes.

L’opération « La Région à vos côtés » illustre une démarche innovante de démocratie participative, permettant à la fois de répondre aux attentes des habitant•es, de corriger des dysfonctionnements et de lutter contre la désinformation politique. Une initiative qui montre que l’action publique peut être proche du terrain et efficace, malgré les critiques.

Dominique Gerbault

LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails (La Marseillaise)

Le vice-président régional Jean-Luc Gibelin s’inquiète du désengagement financier de l’État et refuse toute idée d’un recours au privé pour financer les deux lignes TGV occitanes.

Bordeaux-Toulouse (2033) puis Montpellier-Perpignan (2040). Maintes fois retardés, les deux projets de Ligne à grande vitesse (LGV) sont censés être sur de bons rails depuis que la clé de financement a été trouvée (40% État, 40% collectivités et 20% Europe). Et pourtant…

Depuis quelques mois, l’État traîne à ce point des pieds que les élus régionaux des groupes communistes, républicains et citoyen (CRC) d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine ont décidé conjointement de tirer le signal d’alarme mi-avril. « Le maillon faible c’est le ministère. L’État n’est pas au rendez-vous ! », s’inquiète Jean-Luc Gibelin (PCF).

Le vice-président régional aux transports est formel : « Tout le monde a payé ses appels de fonds réguliers sauf l’État. » Ils concernent la ligne du Grand Sud-Ouest Bordeaux-Toulouse. Et s’ils ont pour l’heure été compensés par la trésorerie de la Région, la situation inquiète. D’autant que le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), s’il confirme l’utilité de la ligne, a fait savoir que la participation de l’État sera « difficilement mobilisable » dans le contexte budgétaire actuel et dans ce calendrier jugé « irréaliste ».

L’hypothèse d’un PPP rejetée

Pour ne pas avoir à payer maintenant, Bercy commence à faire entendre la petite musique d’un Partenariat public privé (PPP) qui permettrait à l’État, suppléé par une multinationale (Vinci ou autre), de ne régler sa note qu’à la fin du marché. Hors de question, prévient Jean-Luc Gibelin dans la droite ligne de la position de la présidente occitane, Carole Delga (PS). « C’est de la cavalerie ! » Selon l’élu communiste, cette « vision court-termiste » aurait deux inconvénients majeurs. Le premier serait un surcoût du projet évalué à 7 milliards d’euros dont 4,5 pour l’entreprise qui entrerait au PPP. Car « il faudrait clore les 180 marchés déjà passés sur Bordeaux-Toulouse (autour de 70-80 pour Montpellier-Perpignan) ». Le second serait un retard d’au moins 2 ans.

En ce qui concerne la ligne Montpellier-Perpignan, dont la concertation publique vient de débuter, pas encore de mauvais signaux mais les finances rabougries de l’État peuvent laisser craindre une logique identique le moment venu. « On est très mobilisés. Il n’est pas question de laisser faire, laisser penser qu’on pourrait peut-être faire autrement », prévient Jean-Luc Gibelin.

Mardi 21 avril, une rencontre était prévue entre Carole Delga et le Premier ministre. Elle a été reportée pour un imprévu dans l’agenda de ce dernier sans que, pour l’heure, une autre date ne soit fixée. Après avoir voté un vœu en février, le Conseil régional d’Occitanie pourrait remettre les LGV à son prochain ordre du jour le 4 juin. Histoire de maintenir la pression.

Rémy Cougnenc (La Marseillaise, le 24 avril 2026)

Carole Delga relance les rencontres avec la population avec trois premières dates dans les P.-O. et l’Aude (L’Indep)

Inaugurée en 2025, la « Tournée citoyenne » aura une deuxième édition cette année, de ce 23 avril, dans les Pyrénées-Orientales, jusqu’au 1er juillet.

Plus de 330 rendez-vous dans les treize départements, 30 000 personnes rencontrées, 5 000 questionnaires remplis et 1500 propositions recueillies. Le bilan de la première édition a poussé la présidente de Région a renouvelé le dispositif (qui a coûté un peu plus de 300 000 euros l’an dernier, un peu moins cette année) dès ce 23 avril 2026.

Gares, trains, parkings de supermarchés

Le but reste le même : « Montrer que les élus de la Région ne se cachent pas, ne restent pas dans l’entre-soi et sont au service des gens, au contact de leur réalité de vie et de la diversité de leurs modes de vie aussi », résume Carole Delga en annonçant cette deuxième « Tournée citoyenne ».

Les élus, accompagnés d’agents régionaux, reprendront place dans les gares, dans les trains, pendant les festivals, en porte-a-porte, sur les parkings de super-marchés… Des lieux où les habitants ont peu l’habitude de les croiser, surtout hors période électorale.

« C’est justement pour cela que les gens étaient contents de nous voir », juge la présidente de Région. « On a rendu compte de nos actions et on a pu mieux faire connaitre nos dispositifs, notamment sur les déplacements ». Un sujet beaucoup évoqué par les habitants et qui a donné lieu au développement d’une nouvelle version de l’application Fairtiq, qui facilite les voyages en train.

D’autres demandes ont été prises en compte par la Région autour des trois principaux sujets évoqués : la santé, le transport et le vivre ensemble.

Ainsi la Région a-t-elle procédé au recrutement de médecins spécialistes pour les hôpitaux locaux, a mis en place le train à 1 euro pour les associations et les clubs de sport et travaille à faciliter le bénévolat comme l’éducation à l’alimentation.

Démocratie participative

Carole Delga veut aussi montrer là une « constance dans la démocratie participative »
qui se décline en région, et renouvelle donc cette initiative « unique parmi les Régions françaises », assure le vice-président Vincent Garel.

Des rencontres qui permettent aussi d’occuper le terrain : « Dans les territoires où le vote Rassemblement national est là, où il peut y avoir manipulation du communautarisme, on a été bien accueilli et ça m’a même surprise, rappelle la présidente PS. Les gens ont besoin de nous voir et de nous parler ».

Premier rendez-vous 2026 ce 26 avril au marché de Banyuls-sur-Mer et en gare de Perpignan. Puis le jeudi 30 avril au Matacamp festival de Gruissan, dans l’Aude. Les 30 premiers rendez-vous sont consultables sur le site web dédié : laregiontoujoursla.fr.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 21 avril 2026)

Municipales. Comment le retour de la gauche change la donne en Occitanie (L’Indep)

À cinq jours du premier tour des élections municipales (dimanche 15 mars), L’Indépendant réalise un tour d’horizon des forces politiques en présence dans les grandes villes d’Occitanie. Ou l’on observe une gauche revivifiée au détriment clair de la droite, une extrême-droite implantée mais sans perspectives de conquêtes majeures et une extrême gauche au seul pouvoir de nuisance.

« Un déshonneur et un reniement ». Voilà comment Carole Delga, la présidente PS d’Occitanie résume désormais d’éventuelles alliances entre socialistes et mélenchonistes à ces municipales (La Tribune dimanche du fer mars).

Carole Delga fut peut-être la première socialiste à rompre avec la France insoumise, et a se faire réélire à la tête de la Région sans son apport. Depuis, son intransigeance à l’égard du parti d’extrême gauche n’a cessé de croître et elle l’impose aux candidats qu’elle soutient. Lesquels peuvent difficilement se passer de son appui. Ainsi, par conviction ou calcul, les listes de gauche régionales sont-elles « LFI free », sans LFI. Et ça semble leur réussir si l’on en croit les sondages à Perpignan, Nîmes, Toulouse ou Carcassonne.

La gauche centre

Parmi les conséquences de cette barrière sanitaire avec l’aventure mélenchoniste : une centralisation de la gauche qui attire, ou fait revenir, un électorat modére (parmi lequel les déçus du macronisme). Une gauche sociale, écolo et citoyenne qui fait recette et qui serait incarnée par le maire de Montpellier, Michael Delafosse, un proche de Carole Delga.

À Perpignan, la candidate Agnès Langevine (Place publique) a même franchi un nouveau cap en intégrant à sa liste (et donc en « neutralisant ») des candidats PS (le psychodrame autour de la liste PS de Mathias Blanc, moins mobilisatrice, a été tranché par Olivier Faure en faveur de Langevine) mais surtout des candidats venus du centre droit. Lesquels ont ainsi préférée a la liste menée par le LR Bruno Nougayrède.

Les listes de gauche s’ouvrent donc à d’autres alliés, autrefois partenaires indéfectibles de la droite, aujourd’hui des déçus, comme leurs électeurs. La gauche opère là un double effet ciseaux qui découpe d’autant les chances des candidats de droite.

À Nîmes, la liste montée autour du candidat PC Vincent Bouget pourrait également faire école, et remporter la ville. Composée aussi de PS, Place publique, écologistes et société civile, « Nîmes en commun » est calibrée pour renverser la table, aidée en cela par non pas une, mais deux listes de droite.

La droite au pain noir

Droite qui semble manger son pain noir pendant cette campagne. Pire, à tergiverser face a l’extrême droite voire a ouvertement et cyniquement copiner avec elle, elle a perdu sa place de boussole, de pivot, sur l’échiquier politique. Un positionnement que s’octroie aujourd’hui la gauche régionale. Un changement de paradigme fort alors que la famille politique de feu-l’UMP et ses alliés avaient encore des « barons » en région il y a une quinzaine d’années.

Les Républicains, qui ne détenaient déjà plus que Nîmes comme grande ville, pourraient ainsi bien perdre la capitale gardoise dans quelques jours, après un quart de siècle à sa tête. Au profit de qui ? D’un communiste, Vincent Bouget, allié au PS, à Place publique, au PRG… est donné en tête (sondage Ipsos pour La Marseillaise paru le 6 mars) quand la droite se paie le luxe de deux listes, et donc d’une défaite annoncée a Nîmes.

Comme un nouveau et cruel symbole de déclassement après la perte de Perpignan en 2020 ou de Béziers en 2014, accaparées par l’extrême droite.

L’extrême droite au point mort ?

Le Rassemblement national, toutefois, est il en mesure de frapper encore un grand coup cette année comme il le fit en 2020 en s’emparant de Perpignan ? Sans doute pas.

Sa tête de gondole en région, Louis Aliot, a un bilan insaisissable à la tête de la ville. Condamné en première instance pour détournement de fonds européens, son avenir politique est par ailleurs tributaire des juges. L’arrivée sur sa liste d’anciennes gloires de l’UMP-LR, figures des précédentes municipalités de droite, pourrait aussi sérieusement refroidir des électeurs perpignanais. Et si le sondage lfop pour L’Indépendant le place en tête des intentions de vote, il ne dessine aucun plébiscite.

Contrairement à celui connu par son ami Robert Ménard, réélu en 2020 à Béziers au premier tour avec 69 %. Ménard, un exemple à l’extrême droite, difficile à dupliquer.

Ainsi, si le Rassemblement national conserve Perpignan le 22 mars prochain, que peut il espérer d’autres ?

Carcassonne est apparu comme un grand espoir de conquête pour le parti de Marie Le Pen et Jordan Bardella qui y ont investi le député local. Mais si l’on se fie au sondage Ifop pour L’indépendant, avec 26 % (contre les 42 % obtenus aux législatives) Christophe Barthès serait embourbé dans une périlleuse triangulaire. Et sa personnalité, disons bouillonnante, finirait d’éloigner la victoire.

Nîmes a aussi été jugée suffisamment « mûre » par Le Pen et Bardella pour y envoyer une figure régionale du FN/RN, Julien Sanchez. Celui qui avait marqué les esprits en s’emparant de Beaucaire en 2014, devenu vice-président du parti puis eurodéputé, recueille 26 % d’intentions de vote au sondage Ipsos pour La Marseillaise. Derrère le candidat de la gauche sans LFI, Vincent Bouget, à 29 % Un faible écart qui, s’il se confirme, pourrait être comblé par la forte dynamique de cette liste Bouget. Sanchez pourrait néanmoins compter, en cas de second tour, sur des voix issues des deux listes de droite… Et le RN pourrait asphyxier encore davantage la droite régionale.

LFI, machine à faire perdre la gauche

La France insoumise a-t-elle un autre rôle, une autre mission, que de faire perdre la gauche ? Veut elle remporter une « grosse » ville d’Occitanie ? Le peut-elle ?

Créditées de confortables intentions de vote grâce à des scores redressés par les sondeurs, comme autrefois pour le FN (échaudés par des résultats plus hauts que leurs prévisions) les listes mélenchonistes ont ainsi grimpé jusqu’à la 3e position à Perpignan (avec 17 %) et Toulouse (23 %).

Dans l’hypothèse que leurs électeurs soient suffisamment nombreux dimanche pour amplifier ces scores, et qu’ils n’aient pas rebroussé chemin depuis l’affaire Quentin Deranque, ce militant identitaire battu à mort par des jeunes proches du parti mélenchoniste, le second tour serait une impasse. LFI sait qu’elle ne pourra pas compter sur un ralliement des listes « LFI free ». Privée de réservoir de voix suffisant, l’enjeu dans ces deux villes ne serait donc pas de gagner mais de s’afficher « champion de la lutte anti-RN » à Perpignan et « champion de la lutte anti-Moudenc » à Toulouse ? Non, la victoire serait ailleurs pour les mélenchonistes : avoir fait perdre la gauche.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 10 mars 2026)

Région Occitanie : un budget de 3,54 milliards d’euros pour « protéger les habitants » (L’indep)

Le budget de la Région Occitanie a été adopte ce jeudi 12 février 2026 par le conseil régional. « Face aux injustices de la Loi de finances 2026, l’Occitanie fait le choix de la stabilité pour protéger ses habitants », a assuré la présidente Carole Delga.

Dans le cadre d’une assemblée plénière organisée au Parc des expositions de Montpellier et marquée par les dégâts de la tempête Nils, au cœur de toutes les conversations, la Région Occitanie s’est dotée d’un budget pour l’exercice 2026.

Le rapporteur Stéphane Bérard, avait des son préambule indiqué que « nos services ont dû composer avec un climat national incertain avec une situation des finances publiques dégradée, et en étant soumis à de nombreuses contraintes : le Projet de loi de finances pour 2026 impacte durement la Région Occitanie. »

« Effort disproportionné »

Et de présenter ce qu’il qualifie de « budget volontariste et responsable », sur la base « d’une stratégie financière constante dans un contexte tendu, et en dépit des décisions unilatérales de l’État ». Qui, selon lui, demande aux Régions, à l’Occitanie en particulier, « un effort disproportionné ».

Une référence à la baisse de 144 millions d’euros de dotations de l’État, déjà déplorée et stigmatisée par Carole Delga, lors de son discours d’ouverture. Lors duquel elle avait estimé qu’avec ce budget, « nous renforçons la résilience de notre territoire (…), pour anticiper les crises et mieux y faire face. Nous restons aux côtés des communes, des agriculteurs et des viticulteurs, des acteurs économiques, des associations et de toutes celles et ceux qui font vivre l’Occitanie au quotidien ».

« Les territoires sont la solution pas le problème »

Du côté des oppositions, Christophe Riveng, président du groupe Nous Occitanie (droite et centre-droit) assurait : « Sur ce budget, nous nous abstiendrons. il faut que l’on soit solidaire et protéger les collectivités locales que l’État met à genoux. Alors que les territoires sont la solution, et pas le problème. Je ne valide pas toutes les décisions de la majorité. Notamment les politiques d’interventions pour des compétences qui ne relèvent pas de la Région. Mais la tendance affichée nous convient suffisamment pour ne pas s’opposer à ce budget. Voter contre serait un acte politicien pas politique ».

Aurélien Pradié sévère

Aurélien Pradié, qui préside l’autre groupe de la droite et du centre, Occitanie courageuse (qui, lui, a voté contre ce budget), réorientait les débats sur le contexte national qui a justement présidé à l’élaboration de ce budget de l’État 2026: « Jusqu’ici, vous étiez en droit de contester les orientations budgétaires du gouvernement. Mais là, vous avez co-écrit ce budget 2026 de l’État », lançait-il à l’adresse de la socialiste Carole Delga.

Et de juger celui de la Région comme « un budget d’affichage qui tourne le dos aux priorités et besoins des Occitans. ils attendent des réponses concrètes sur les mobilités, l’emploi, la formation, les lycées. Au lieu de cela, la Région disperse les crédits dans des politiques périphériques guidées par l’affichage plutôt que par l’efficacité. »

Un montant similaire à celui du budget 2025

Quant à Yoann Gillet, à la tête du groupe Rassemblement national, il vilipendait « un budget d’austérité contrainte en raison de la mauvaise gestion de ces dernières années. » Et de proposer 64 millions d’euros d’économies, en « mettant fin à un appareil administratif coûteux et peu lisible, aux dépenses de rayonnement international hors compétences régionales, au saupoudrage de subventions idéologiques et clientélismes, aux projets écologiques surdimensionnés ».

Le budget primitif 2026 de la Région Occitanie a finalement été adopté. D’un montant de 3,54 milliards d’euros, similaire à celui de l’exercice 2025.

Vincent Coste (L’Indépendant, le 13 février 2026)

Lettre ouverte de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie (PS) à Sébastien Lecornu, Premier ministre

Monsieur le Premier ministre,

Je vous écris depuis ces territoires de l’Occitanie qui voient, chaque heure qui passe, l’indignation et la colère monter inexorablement face au désespoir d’un peuple. Elles sont à la mesure du choc ressenti par toute une profession et, au-delà, par la population, quant à la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire.

Je vous écris car j’estime qu’il est temps pour vous d’intervenir afin de garantir, dans les plus brefs délais, un dialogue franc et sincère avec les agriculteurs de ce pays, seul à même d’apaiser les tensions qui ne cessent de s’aggraver dans de nombreux départements, au-delà de ma seule région.

Vous le savez : je ne suis et ne serai jamais du côté des populistes démagogues qui instrumentalisent le chagrin et le désarroi à des fins politiciennes et électoralistes, pas plus que je ne céderai rien sur ma confiance en la science et les solutions de progrès qu’elles continuent d’apporter à notre société. 

Mais il faut être clair : de très nombreux Français, aux côtés de nos éleveurs, sont choqués par l’image des bêtes qu’on abat. Ils ne comprennent pas l’usage massif de la force publique, notamment celle qui s’est déroulée dans cette ferme de l’Ariège. Ils mesurent surtout la détresse d’éleveurs qui connaissent la douleur violente de perdre leur cheptel et, plus que tout, l’investissement et le sens d’une vie – et même de la vie de plusieurs générations. Nos concitoyens perçoivent cette gestion de crise comme un puissant symbole du fossé grandissant avec un pouvoir sourd, méconnaissant des réalités de vie et de territoires.

Nous devons tout faire pour éviter l’escalade et l’affrontement. Nous devons tout faire, singulièrement à quelques jours du débat européen sur le Mercosur, pour redonner rapidement confiance à une profession meurtrie. Elle s’estime abandonnée ou trahie par les pouvoirs publics, alors qu’elle continue à être massivement soutenue par les Françaises et les Français de par leur participation à notre souveraineté alimentaire.

Dans nos territoires, derrière chaque agriculteur, chaque éleveur, chaque viticulteur, c’est en effet un visage que l’on connaît, une voix que l’on apprécie, une famille que l’on côtoie car, de génération en génération, elle a transmis ce qu’il y a de plus beau : travailler durement mais toujours fièrement la terre de ce pays.

Elu(e) de la République, il est de notre devoir de les écouter et de leur apporter des réponses. Et, au-delà, un espoir, comme à l’ensemble du pays. L’absence d’écoute et d’empathie face à ces agriculteurs, dans ce moment difficile pour eux, ne fait que conforter les Français qui, dans une grande majorité, s’estiment eux aussi, ni respectés ni entendus.

Voilà pourquoi il ne peut y avoir une gestion bureaucratique et froide de cette nouvelle crise. Elle nécessite au contraire une méthode qui fait ses preuves localement et qui doit faire ses preuves au niveau national : l’échange, la compréhension et la recherche collective de l’intérêt général en réunissant au plus vite toutes les parties concernées.

C’est à vous, je le crois, Monsieur le Premier ministre, de donner cette impulsion décisive dans ce moment si important pour toute une profession qui reste le symbole vivant de ce que la France produit de meilleur.

Vous pouvez compter sur mon énergie et ma détermination à vous accompagner dans cette démarche d’ouverture qui doit collectivement, je l’espère, nous grandir.

Carole Delga
Présidente de la Région Occitanie
Présidente des Régions de France

Palestine, pour une paix juste et durable,retrouvons-nous tous le 29 novembre 2025 à Paris !

La population de Gaza reste soumise aux bombardements et destructions. Son quotidien est celui d’une pénurie de nourriture, d’eau et de médicaments. Le gouvernement israélien utilise toujours l’accès aux biens essentiels comme instrument de guerre. Il refuse ouvertement toute possibilité d’existence d’un État palestinien à ses côtés comme l’a confirmé le récent vote en première lecture d’un projet d’annexion de la Cisjordanie. Obtenir de la communauté internationale qu’elle intervienne est une urgence, une priorité immédiate et absolue.

La colonisation s’aggrave

Les actions violentes s’amplifient en Cisjordanie, là encore dans un contexte de passivité de la communauté internationale. La menace d’annexion du territoire palestinien se manifeste quotidiennement par les attaques des colons, avec le soutien de l’armée israélienne, et par le maintien des restrictions.

Le plan Trump apparaît désormais comme une nouvelle étape pour conforter l’impunité et pour maintenir la passivité face à la négation de tous les droits du peuple palestinien, droit à la sécurité, droits économiques et sociaux, droits nationaux. Ce plan n’est évidemment pas un plan de Paix mais met les Palestiniens, et l’OLP qui les représente, sous tutelle, et les prive de leur droit à l’autodétermination.

Le silence n’est pas de mise. Nous ne devons pas le laisser s’installer.

Nous ne pouvons dans ce contexte que condamner la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’ensemble des entreprises israéliennes qui le souhaitent à participer au salon de la sûreté et de la sécurité intérieure, le Milipol.

La mobilisation a permis de mettre un frein au génocide

Le 15 novembre, à Barcelone, un appel ACT X PALESTINE a été lancé à l’initiative de trente associations palestiniennes de défense des droits humains, de construction de la paix, préparé en lien avec des associations des deux rives de la Méditerranée et des autres pays d’Europe.

La paix ne se fera pas sans écouter les voix palestiniennes et les voix dissidentes en Israël

Nous appelons nos partenaires français et européens à rejoindre toutes les mobilisations qui, partout dans le monde, contribuent à rompre l’inertie, à construire un rapport de force pacifique et déterminé pour qu’advienne le tournant décisif qui imposera la paix, juste et durable entre l’État de Palestine et celui d’Israël, s’appuyant sur le droit international, dont les frontières de 1967.

Une paix juste sera basée sur l’application des résolutions de l’ONU, des réparations pour les destructions illégales et les violations du droit humanitaire commises non seulement depuis le 7 octobre 2023 mais aussi tout au long de l’occupation et de la colonisation des territoires palestiniens.

Une paix durable repose sur une résolution politique conclue entre Palestiniens et Israéliens. La communauté internationale doit peser, y compris par des sanctions, pour que cela ait lieu, et tout particulièrement aujourd’hui l’imposer aux gouvernants d’Israël. Nous savons qu’elle pourra s’appuyer, dans les deux sociétés, sur les acteurs et organisations favorables à une telle paix.

Retrouvons-nous à Paris !

Dans un moment où l’on cherche à imposer la seule loi des plus forts, la solidarité avec la Palestine, c’est imposer la résolution du conflit par le respect du droit international et s’opposer fermement à la répression de cette solidarité.

Le 29 novembre, nous appelons à une manifestation nationale qui se déroulera à Paris, à 14h place de la République.

Signataires : LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement de la Paix, Association les ami.es de Standing Together en France,  Institut Mehdi Ben Barka – mémoire vivante, Réseau Féministe «Ruptures», Une autre voix juive (UAVJ), Confédération générale du travail (CGT), Syndicat National des Enseignements de Second degré (SNES-FSU), Union Nationale des Étudiants de France (UNEF), Parti communiste français (PCF), L’Alliance pour une République écologique et sociale (L’APRÉS), Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF)

Mouvement des viticulteurs d’Occitanie. Soutien des communistes

Communiqué de presse du groupe Communistes Républicains et Citoyens d’Occitanie

Les viticulteurs d’Occitanie, première région viticole de France, traversent une crise sans précédent et alertent aujourd’hui sur une situation grave qui touche tout le pays et appelle des réponses de la part du gouvernement.

Si la production et les vendanges des dernières années ont été affectées par le mildiou, la sécheresse, les incendies, particulièrement en Occitanie, ainsi que par les effets du changement climatique, la filière doit aussi faire face à une crise de la demande.

Les vignerons de la moitié sud de la France, qui commercialisent en coopérative ou au négoce, subissent une mévente continue de leur production, aggravée par la décision de la Commission européenne qui a cédé sur les droits de douane avec les États-Unis après les difficultés rencontrées avec la Chine, ou encore par la chute des exportations vers la Russie depuis le début de la guerre.

Soumis au bon vouloir des négociants, les vignerons refusent à juste titre de se laisser faire.

Les vignerons se rassemblent aujourd’hui par milliers à Béziers pour alerter une nouvelle fois sur leur situation et dénoncer l’inflation, la baisse de leur pouvoir d’achat et les pratiques du négoce dans une politique de prix tirés vers le bas.

Les élus et adhérents du PCF, aux côtés de leur secrétaire national Fabien Roussel, tiennent à leur apporter un soutien total et seront représentés à Béziers lors de la manifestation.

Dans ce Midi viticole, le PCF rappelle le rôle essentiel de l’activité agricole pour faire vivre les campagnes et maintenir des emplois non délocalisables, répartis sur l’ensemble des territoires : plus de 500 000 emplois dans toute la France, une contribution majeure à la richesse nationale après l’aéronautique.

S’il faut travailler à une nouvelle manière d’appréhender la viticulture, notamment en la replaçant dans un système de polyculture, des mesures d’urgence doivent être prises :

  1. La tenue d’une réunion de crise au ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire avec l’ensemble des organisations syndicales agricoles et interprofessionnelles de la viticulture.
  2. L’instauration de prix planchers pour les vins de table, IGP, AOP et biologiques, fixés par une conférence exceptionnelle réunissant l’ensemble de la filière et garantissant une rémunération juste du travail des vignerons.
  3. L’activation de mesures de sauvegarde et le blocage des importations lorsque le maintien de filières de production spécifiques est en jeu, à l’image de la reconduction depuis plusieurs années de la clause de sauvegarde nationale interdisant la commercialisation en France de cerises fraîches provenant de pays où le diméthoate est encore utilisé.
  4. À plus long terme, le soutien à la diversification des exploitations viticoles afin de sécuriser une partie du revenu agricole en cas d’aléa climatique ou sanitaire sur la vigne. Ils pourraient prendre la forme de compléments de prix ou d’aides couplées incitant à la transition vers un système de polyculture où la vigne côtoie d’autres productions végétales.
  5. La mise en place d’un véritable régime public d’assurance contre les risques climatiques, sanitaires et environnementaux, qui doit bénéficier à toutes les exploitations viticoles et accompagner les viticulteurs dans les mesures de prévention et d’adaptation aux effets du changement climatique.