Dix ans après les états généraux du rail, le train jaune exemple de réussite (L’Indep)

Dix ans après la tenue d’États généraux du Rail et de l’intermodalité, la Région Occitanie tire le bilan de sa politique des transports et en rend compte aux habitants jusqu’à la fin de l’année.

C’est bien sûr le vice-président de Région aux transports, Jean-Luc Gibelin, qui assure la tournée citoyenne. En gare de Perpignan ce 4 septembre 2026 (précisément à la Maison de la Région qui y a ses locaux), l’élu est venu « rendre compte » des engagements politiques pris après la grande consultation de 2016. Onze chantiers avaient alors émergé des préoccupations citoyennes. Parmi eux, la « sauvegarde des lignes ferroviaires » jugées prioritaires par les habitants, dont celle du Train jaune dans les Pyrénées-Orientales.

La Région a injecté 100 millions d’euros pour sauver le Train jaune

« La Région a mis 50 millions d’euros dans la rénovation du matériel et 50 millions dans l’infrastructure », récapitule Jean-Luc Gibelin dont le budget, celui des Transports donc, première compétence régionale, frôle le milliard.

Le « canari » a été considéré comme sauvé en 2019 dans le cadre d’un Plan Rail (389 millions engagés sur l’ensemble du réseau dont 273 financés par la Région) qui a aussi permis la réouverture de la ligne Montréjeau-Luchon et la reprise du trafic sur la rive droite du Rhône.

« On a aussi inventé une tarification Train jaune pour qu’il soit un train du quotidien », ajoute l’élu. « Il y a par exemple une vraie complémentarité entre Villefranche-de-Conflent et le plateau cerdan grâce au lien entre trains et autocars. On a aussi réorganisé la gare routière de Perpignan en la mettant en lien avec la gare SNCF ».

Dans l’Aude, l’échec de la ligne Limoux-Quillan

L’Aude a notamment bénéficié d’une « structuration du réseau routier et de sa complémentarité avec les transports scolaires qui sont devenus gratuits. On transporte 165 000 enfants chaque jour en Occitanie grâce à 5 000 véhicules ». En revanche, le département est toujours privé de liaison ferroviaire entre Limoux et Quillan. Ce que Jean-Luc Gibelin appelle des « réouvertures qui ne vont pas assez vite » (c’est aussi le cas de Rodez-Séverac et Alès-Bessèges). « L’État n’a pas activé les crédits promis, déjà pour les études, environ 56 millions d’euros », explique-t-il. « Et, surtout, ne s’est pas manifesté pour financer l’infrastructure et sans cela, on ne peut rouvrir la ligne ». La Région tente toutefois d’inciter l’État à revoir sa position en proposant une option moins onéreuse, du matériel plus léger, actuellement testée entre Carcassonne et Limoux et cofinancé avec la SNCF. Limoux-Quillan est fermée depuis 2017.

Enfin, concernant la grande vitesse, le vice-président insiste sur la ligne à venir Montpellier-Perpignan : « En 2016, la LNMP (Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan) n’était pas prévue, pas financée et n’avait pas de calendrier ». Sa réalisation a en effet été entérinée par Jean Castex, alors Premier ministre, après des années de combats d’élus locaux dont Carole Delga.

Plus généralement en région, Jean-Luc Gibelin pointe le succès des billets de TER à 1 euro, « 910 000 rien qu’entre le 14 juillet et le 15 aout », la circulation de trains innovants utilisant l’hydrogène, des batteries lithium ou hybride, un Plan Vélo comprenant un cluster de 80 entreprises (dont Caminade installée à Ille-sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales), des vélos en libre service dans les lycées ou en location longue durée dans les gares ou encore des rosalies « Oui Cycle » déployées dans certains territoires ruraux.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 5 septembre 2026)

Anne Fraïsse. « L’État nous demande de faire le sale travail » (La Marseillaise)

Anne Fraïsse est la présidente de l’Université Paul-Valéry à Montpellier, l’une des moins bien dotées. Elle a alerté Emmanuel Macron en janvier dernier.

La Marseillaise : La plupart des universités sont dans le rouge. Quid de Paul Valéry ?

Anne Fraïsse : Nous sommes l’une des universités les plus touchées, qui a toujours été en sous-encadrement et sous-détachement. Nos ministères se refusent à remettre en question nos critères de distribution. L’argent public est distribué de façon totalement obscure. Je ne sais pas si c’est du mépris mais il y a toujours eu une évaluation selon laquelle les diplômes de lettres et sciences humaines mais aussi droit, économie/gestion valent moins et donc sont moins financés. Là, sans aide de l’État notre fonds de roulement sera négatif en décembre. On n’a aucune marge de manœuvre et on prendra dans des économies qu’on n’a pas ! Surtout on n’a aucune possibilité de redresser la situation par nous-mêmes. On n’a plus d’investissement et un fonctionnement incompressible : je ne peux pas arrêter l’électricité ni le chauffage. Les seules économies possibles seraient sur la masse salariale mais on est déjà sous-encadrés. Le passage au statut d’Établissement public expérimental (EPE) en 2025 ne nous a pas ramené un sou. L’an passé notre budget s’élevait à 140 millions pour 107 millions de dotation de l’État. Il en manque chaque année une dizaine. L’État ne prend pas en charge la hausse des salaires. C’est le problème de l’autonomie des universités : il se décharge et nous demande de faire le sale travail.

La Marseillaise : Les syndicats dénoncent une « cure d’austérité » pour équilibrer les comptes…

Anne Fraïsse : Chez nous, on se bat pour qu’il n’y ait pas de licenciement. Des CDD non renouvelés il peut y avoir puisque par définition un CDD a un début et une fin. Pour l’instant j’essaye de boucler un budget en demandant de l’argent à l’État. On est dans un établissement en sous-encadrement (jusqu’à -40 % d’enseignants-chercheurs dans certains départements de l’université) et où le nombre d’étudiants continue de monter. On n’a jamais eu autant d’étudiants en Licence Master Doctorat : 22 929 l’an dernier. On a explosé nos capacités d’accueil en Licence 1. On a donc pris plus d’étudiants que nos capacités d’accueil dans les filières en tension. Cette année, on a mis des freins mais on en aura autant. Là, en juillet, on avait déjà 15 500 inscrits. Le premier jour on en a inscrit plus de 1 000 et maintenant 300 par jour. On est déjà au-dessus de l’an dernier.

La Marseillaise : Pensez-vous avoir des étudiants sans affectation en Master ?

Anne Fraïsse : On en a toujours en psychologie. C’est un problème national grave. On n’arrive pas à en prendre avec 15 de moyenne. C’est de l’ordre de quelques dizaines mais c’est trop et anormal. Dans les autres filières c’est marginal, on arrive à peu près à les caser. Et jusque-là on n’a jamais eu de « sans fac » en Licence 1. Par contre, pour certains, ce n’est pas leur premier vœu. Je déplore qu’avec Parcoursup on nous ait demandé de créer des places en Licence avant de nous retirer les chèques pour les Masters.

La Marseillaise : Continuez-vous à proposer des quotas d’exonération sur les frais d’inscription des étudiants étrangers ?

Anne Fraïsse : Depuis plusieurs années on appliquait déjà les frais différenciés d’une façon particulière. Tous les étudiants étrangers (environ 20 % des étudiants de Paul Valéry) étaient dispensés tant qu’ils réussissaient. Ne payaient que ceux en échec. On ne pouvait pas faire autrement, on dépassait déjà les 10 % d’exonération permis. Désormais, on est obligés d’appliquer les droits différenciés tels qu’on nous les impose. Tous les étudiants déjà chez nous restent sur l’ancien système. Pour les entrants, on a une marge de 30 %. Mais la fenêtre de tir va se refermer au fil des ans… Pour les étudiants français, rien ne bouge. Les frais sont fixés par l’État, ils payent quelques centaines d’euros. Mais on voit bien avec la conclusion des Assises qu’ils veulent augmenter les frais d’inscription. Je le déplore évidemment.

La Marseillaise : C’est parce que l’enseignement supérieur coûte trop cher selon l’État ?

Anne Fraïsse : C’est un désengagement des services publics. Ça a commencé avec les hôpitaux, maintenant il s’attaque à l’éducation et l’enseignement supérieur. Ce sont de mauvaises économies. C’est s’attaquer à des choses vitales. Et on s’aperçoit que c’est vital quand c’est mis à mal ou lorsque cela disparaît comme les Postes dans les villages. Quand une école ferme, on se rend compte que c’est un peu le village qui disparaît. Le service public est un peu plus que ce que l’on croit. C’est un supplément d’âme dont on n’a pas envie de se passer. Le service public c’est ce que l’État juge indispensable de ne pas déléguer, en particulier au privé. C’est le fondement de la démocratie, le garant de la cohésion sociale. Quand on abandonne cela, on entre dans une crise de démocratie et on bascule dans des extrêmes avec des solutions peu intéressantes.

La Marseillaise : Vous avez écrit à Emmanuel Macron. La conséquence a été une inspection et un rapport de l’IGESR qui a alerté sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail à Paul-Valéry. Était-ce la réponse que vous attendiez ?

Anne Fraïsse : C’était la réponse que j’étais sûre qu’on me ferait, pas celle que je souhaitais. Une réponse bureaucratique plutôt qu’humaine. Quand on vous explique que chaque fois qu’il y a un accident, un décès, un suicide, il faut faire une enquête administrative… Moi, la première chose à laquelle je pense dans ces cas-là, c’est d’aller à l’enterrement de mes collègues. C’est une vision un peu différente. Depuis que j’ai lancé cette alerte, on a eu 3 morts de titulaires. Cela fait 6 ans que je dis que ces statistiques sont anormales et qu’elles deviennent la norme de mon université. Toutes les préconisations du rapport, on va les faire. Mais qu’on m’explique qu’il faut dédouaner l’État et qu’on ne peut faire aucun lien avec les conditions de travail… Que je vais régler le problème en donnant des fiches de mission à mes directeurs d’UFR, je doute. Même si notre structuration n’est sans doute pas parfaite. La question n’est pas là. Les enquêteurs répondent à la demande du ministère, pas à l’alerte que j’ai lancée.

La Marseillaise : Avez-vous des leviers sur la question centrale du logement étudiant ?

Anne Fraïsse : Non, on n’a aucun levier de ce type. On ne peut pas conventionner avec des locataires privés. On alerte le Crous qui est l’un de ceux qui ont le plus grand parc. On a pu aussi créer la cité internationale à Boutonnet. Mais c’est insuffisant. Les milieux modestes et ruraux sont désavantagés pour faire des études. Le fossé se creuse. Ce sujet majeur devrait s’inviter dans la campagne présidentielle.

Interview réalisée par Rémy Cougnenc (La Marseillaise, le 4 septembre 2026)

En Occitanie, des trains électriques pour remplacer les trains Diesel (L’Indep)

Déjà emprunté par des trains hybrides et a hydrogène, le réseau ferré régional aiguille désormais des trains électriques à batteries lithium. La première rame du genre commence une période de tests de deux ans dans le Gard.

Nouvelle innovation sur les rails d’Occitanie. Depuis ce 31 août 2026, un train liO équipé par Alstom circule sur la ligne Nîmes-Vauvert à l’énergie électrique. Il s’agit d’une locomotive diesel « retrofitée » (transformée) en électrique grâce à des batteries au lithium-ion. Doté d’une autonomie dépassant les 80 kilomètres, ce train récupère aussi l’énergie produite lors du freinage pour la stocker. A la clé : jusqu’à 20 % d’économies d’énergie. Enfin, la propulsion électrique offre un meilleur confort aux voyageurs puisqu’elle est plus siliencieuse.

Décarboner le transport ferroviaire

Cette nouvelle génération de rames est issue d’un programme d’innovations porté par cinq Régions: Occitanie, Sud, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Nouvelle-Aquitaine ainsi que SNCF Voyageurs et Alstom. D’un coût total de 41 millions d’euros (6 millions financés par l’Occitanie, 6 millions par SNCF Voyageurs, 5,5 millions par Alstom), il vise à « aller encore plus loin dans la décarbonation du transport ferroviaire » en expérimentant « la première génération de matériels roulants à batteries, à l’échelle nationale ». Des matériels « plus sobres énergétiquement que les matériels précédents et sans émission directe de CO2 ».

L’Occitanie est la seule région française à expérimenter, bientôt simultanément, trois technologies réductrices d’émissions polluantes : un train hybride trimode électrique diesel-batterie autour de Toulouse, a hydrogène entre Montréjeau et Luchon et donc électrique à batteries lithium-ion dans le Gard.

Pour la présidente d’Occitanie, Carole Delga, cette innovation « va de pair avec une ambition très concrète : développer le service public ferroviaire. Sur la ligne Nîmes-Vauvert, ce nouveau train permet ainsi d’augmenter l’offre avec deux allers-retours de plus en semaine. Nous préparons des aujourd’hui le ferroviaire de demain ».

Du côté d’Alstom, on souligne « une étape importante dans le développement de solutions ferroviaires plus durables ». Frédéric Wiscart, président de la région France BeLux chez Alstom, voit en cette innovation « l’illustration concrète de la manière dont le ferroviaire peut poursuivre sa transition vers des transports toujours plus performants et plus sobres en énergie ».

Le déploiement de ces nouvelles rames aux autres départements d’Occitanie n’est pas encore programmé. La phase d’expérimentation, qui durera au moins deux ans, ne fait que débuter. Toute-fois, le vice-président d’Occitanie en charge des Transports, Jean-Luc Gibelin, assure que les premiers enseignements pourront être tirés dans six mois.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 2 septembre 2026)

Déserts médicaux : Le dispositif de médecins salariés de la Région est une « réussite » (Dis-leur !)

Plus de 500 000 consultations, 133 professionnels de santé recrutés, travaillant dans 27 centres de santé en quatre ans : c’est le bilan du dispositif porté par la région Occitanie moyennant 15 M€ pour pallier aux déserts médicaux.

« Au début, on ne m’a pas cru. » C’est Béranger Irdondelle, généraliste salarié comme un autre médecin du centre de santé de Ma Région à Sainte-Croix Volvestre (Ariège) alors que ce territoire devenait un désert médical, qui le dit ; c’est Nathalie Iglesias secrétaire salariée elle aussi du même centre qui le redit. Et c’est Vincent Bounes, vice-président chargé de la santé à la Région Occitanie et directeur du Samu de Haute-Garonne qui, lorsque Carole Delga lui en avait parlé lors de la précédente campagne des régionales, il y a quatre ans, a voulu « faire demi-tour » devant l’immensité de la tâche. Depuis, 27 centres ont ouvert un peu partout en Occitanie où l’on peut prendre rendez-vous. La canicule y envoie 10 % à 15 % de ses patients actuellement pour être auscultés par un médecin.

« Nous avons beaucoup de visites à domiciles et beaucoup de patients en Ehpad. Il y a aussi un gros volet sur la santé des femmes qui ont, disons-le, la plus grande charge mentale à supporter mais qui ne prennent pas forcément soin de leur santé »

Et tous le disent aujourd’hui : « Ce service public de santé en soins primaires est une réussite. » Il se présente sous la forme d’un GIP avec un partage souvent des bâtiments. « Nous avons beaucoup de visites à domiciles et beaucoup de patients en Ehpad. Il y a aussi un gros volet sur la santé des femmes qui ont, disons-le, la plus grande charge mentale à supporter mais qui ne prennent pas forcément soin de leur santé. Nous avons aussi recruté des médecins spécialistes. » Sur lui, Catherine Llinares-Trape, sage-femme, salariée du centre de santé de Ma Région à Les Cabanes, petite commune d’Ariège, a renchéri en substance sur le fait que « les femmes vivent certes plus longtemps mais en mauvaise santé… »

« C’est un confort pour les patients » a expliqué Béranger Irdondelle. Et pour les 133 professionnels de santé recrutés en quatre ans et qui ont tous parmi les clauses de ce salariat l’obligation de participer à la permanence de soins et d’effectuer des visites à domicile. « Parce que ce n’est que chez les patients que l’on se rend vraiment compte de la situation, parfois de précarité et de solitude. Et quand on va chez le médecin, on se fait beau… », a appuyé Carole Delga.

Occitanie, 700 000 habitants sans médecin traitant

C’est un confort pour les patients en Occitanie qui compte 700 000 habitants qui n’ont pas de médecins traitants… Plus largement, les inégalités d’accès à la santé se creusent : plus de 26 millions de Français vivent dans un désert médical et plus de 6 millions n’ont pas de médecin traitant. Enfin, 36 % ont déjà renoncé à des soins faute de rendez-vous. « C’est un confort, aussi, pour les personnels soignants », a explicité Béranger Irdondelle : « Avec ce dispositif, on peut se concentrer sur ses patients ; c’est du temps pour les consultations et la prévention. Et pris il y a notre confort salarial. Je n’ai pas connu la gestion d’un cabinet médical ; mais là je travaille avec des collègues pas des personnes que j’emploie… » Vincent Bounes précise que les payes sont calquées sur les grilles hospitalières de praticiens hospitaliers, de sages-femmes et des autres professionnels de santé.

Le but : salarier 200 professionnels de santé

En quatre ans, le dispositif « qui n’est pas le seul en France mais qui est le plus développé », a souligné Vincent Bounes emploie 133 professionnels du soin (à 86 % occitans ou catalans) dans 151 maisons et centres de santé, parfois partagés avec d’autres professions libérales. L’enveloppe qui y a été consacré pour lutter contre les déserts médicaux s’élève à 15 M€ pour la région Occitanie. Le but étant de salarier 200 professionnels de santé d’ici la fin du mandat. À ce jour, plus de 500 000 consultations (507 500 exactement) y ont été comptabilisées auprès de 38 854 patients. Ces derniers sont à 63 % des femmes. âgées en moyenne de 47 ans (avec 24 % de moins de 35 ans et 41 % de plus de 55 ans).

Des médecins spécialistes aussi

Sur ces 133 professionnels de santé, on compte 119 médecins généralistes, dix sages-femmes et quatre infirmiers en pratique avancée exerçant dans 26 centres de santé. Ce jour, la Région en inaugure un 27e centre à Saint-Gaudens. Carole Delga a également annoncé la création de six postes supplémentaires de médecins spécialistes territoriaux dans les hôpitaux de Castres-Mazamet (cardiologie) : Rodez. (néphrologie) : Albi (pneumologie) : Uzès (psychiatrie) : Clermont-l’Herault (pharmacie) et Narbonne (médecine physique et de réadaptation) portant le dispositif à 26 au total.

« La santé n’est pas une compétence de la région mais j’ai fait le choix des ma réélection en 2021 d’en faire une priorité » a souligné Carole Delga. « Ce dispositif est une réussite ». ont qualifié unanimement les personnels de santé présents à ce point presse. Par ailleurs, les centres de santé sont amenés à travailler en réseau. « On est davantage à l’écoute des patients », a souligné Nathalie Iglesias, précisant recevoir « beaucoup d’urgences ».

Olivier Schlama (Dis-leur !, le 24 juin 2026)

L’Université contrainte de réduire sa masse salariale (L’Indep)

Par courrier du 6 mars dernier, le rectorat a indiqué à l’université de Perpignan qu’elle se voyait imposer un processus de « conditions de retour a l’équilibre ». En clair, elle doit réduire sa masse salariale. Des embauches d’enseignants-chercheurs pourraient être remises en cause.

Le delta n’est pas énorme, mais il pèse dans la situation économique de l’Université de Perpignan Via Domitia. Comme une vingtaine d’établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche, l’UPVD a reçu une demande du rectorat « imposant un processus de travail sur leur équilibre financier ».

Dans un communiqué, le président de l’université, Yvan Auguet, précise : « La santé financière d’une université est évaluée selon trois critères : sa trésorerie, son fonds de roulement et le rapport entre ses dépenses de masse salariale et ses produits encaissables (ses recettes). L’UPVD répond très positivement aux deux premiers critères. En revanche, pour le troisième, nommé « ratio Dizambourg », celui-ci fixe un seuil maximum à 83 % alors qu’à l’heure actuelle, il s’élève à 85,796 % à l’UPVD ». Un delta de 2,7 % qui inquiète les syndicats et les personnels. Il impose la diminution de la masse salariale de l’établissement qui compte quelque 800 salariés. Pascal Nogues, co-secrétaire du syndicat SNESUP-FSU, dénonce « une décision brutale qui obligera un coup de rabot sur notre recrutement qui n’était pas déraisonnable. Des postes d’enseignants chercheurs sont du coup menacés. On ne nous donne pas les moyens suffisamment à notre mission et, ensuite, on se fait taper sur les doigts ». Il insiste : « L’UPVD est à l’équilibre financier, elle n’est pas déficitaire. Seul ce ratio Dizambourg n’est pas atteint pour seulement 2,7 % Nos finances sont saines. C’est à se demander si l’État ne cherche pas à ne conserver que de grands pôles universitaires régionaux, au détriment des petites universités comme la nôtre, qui jouent pourtant un rôle essentiel sur le territoire ».

Une motion adoptée à l’unanimité

Deux jours avant, le président de l’UPVD avait organisé une assemblée générale des personnels. Elle a rassemblé 400 salariés. Une motion a été adoptée à l’unanimité selon Yvan Auguet. « Elle sera transmise à notre tutelle », ajoute-t-il. « Si la situation est difficile par les mesures à prendre, les missions dévolues à notre université seront assurées avec le sens du devoir et l’engagement de toute notre communauté, dans l’intérêt de nos étudiantes et de nos étudiants, mais aussi de la qualité de notre recherche ». Si l’équilibre financier n’est pas rétabli, l’UPVD pourrait être mise sous tutelle. Yvan Auguet devrait présenter des mesures d’ici quelques semaines.

L’UPVD accueille plus de 10.000 étudiants sur ses campus de Perpignan, Font-Romeu, Narbonne et Carcassonne.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 15 mai 2026)

L’édito du webzine. « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

Les élu•es de la Région Occitanie reprenne leurs bâtons de pélerins pour retourner sur le terrain afin d’être au plus près à l’écoute des citoyens. Une démarche inédite de démocratie participative.

La Région Occitanie a lancé en 2025 l’opération « La Région à vos côtés », une tournée des élu•es régionaux pour rencontrer les habitant·e·s sur le terrain. 30 000 habitant•es ont été rencontré•es lors de 330 événements et 5 000 questionnaires remplis, donnant lieu à 1 500 propositions concrètes.

Critiquée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 €) et son aspect « communication », cette initiative, unique en France, vise trois objectifs :

  • Expliquer l’action concrète de la Région, à l’occasion de ses 10 ans ;
  • Recueillir les attentes et doléances des citoyen •nes ;
  • Démonter les idées reçues et les mensonges propagés par l’extrême droite.

Pour Carole Delga (PS), présidente de la Région, cette démarche est nécessaire face au « désamour » croissant entre élu•es et citoyen• nes, alors que ces dernier sont demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner, quel que soit leur âge », souligne Zina Bourguet (écologiste).

Cette consultation a permis de confirmer des priorités (transports, pouvoir d’achat, santé) et d’y répondre. En matière de santé, la Région a recruté 20 spécialistes dans 12 hôpitaux et 150 médecins. Il y a eu l’amélioration des services de transport avec le développement de l’application Fairtiq pour simplifier l’accès aux tarifs des trains ainsi que l’instaurations du TER à 1 € pour les clubs sportifs. Les retours des citoyen•nes ont mis également en lumière des points de mécontentement, comme les retards des trains ou la paperasse administrative, incitant la Région à agir.

Cette tournée est aussi l’occasion de « démonter les contrevérités » du Rassemblement National (RN), qui « réécrit l’Histoire ». Jérôme Monamy (PCF) rappelle que le RN vote contre le TER à 1 €.

Face à la montée des idées d’extrême droite, la Région entend réaffirmer les valeurs de solidarité et de service public, en s’appuyant sur des réalisations tangibles et un dialogue direct avec les citoyen•nes.

L’opération « La Région à vos côtés » illustre une démarche innovante de démocratie participative, permettant à la fois de répondre aux attentes des habitant•es, de corriger des dysfonctionnements et de lutter contre la désinformation politique. Une initiative qui montre que l’action publique peut être proche du terrain et efficace, malgré les critiques.

Dominique Gerbault

LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails (La Marseillaise)

Le vice-président régional Jean-Luc Gibelin s’inquiète du désengagement financier de l’État et refuse toute idée d’un recours au privé pour financer les deux lignes TGV occitanes.

Bordeaux-Toulouse (2033) puis Montpellier-Perpignan (2040). Maintes fois retardés, les deux projets de Ligne à grande vitesse (LGV) sont censés être sur de bons rails depuis que la clé de financement a été trouvée (40% État, 40% collectivités et 20% Europe). Et pourtant…

Depuis quelques mois, l’État traîne à ce point des pieds que les élus régionaux des groupes communistes, républicains et citoyen (CRC) d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine ont décidé conjointement de tirer le signal d’alarme mi-avril. « Le maillon faible c’est le ministère. L’État n’est pas au rendez-vous ! », s’inquiète Jean-Luc Gibelin (PCF).

Le vice-président régional aux transports est formel : « Tout le monde a payé ses appels de fonds réguliers sauf l’État. » Ils concernent la ligne du Grand Sud-Ouest Bordeaux-Toulouse. Et s’ils ont pour l’heure été compensés par la trésorerie de la Région, la situation inquiète. D’autant que le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), s’il confirme l’utilité de la ligne, a fait savoir que la participation de l’État sera « difficilement mobilisable » dans le contexte budgétaire actuel et dans ce calendrier jugé « irréaliste ».

L’hypothèse d’un PPP rejetée

Pour ne pas avoir à payer maintenant, Bercy commence à faire entendre la petite musique d’un Partenariat public privé (PPP) qui permettrait à l’État, suppléé par une multinationale (Vinci ou autre), de ne régler sa note qu’à la fin du marché. Hors de question, prévient Jean-Luc Gibelin dans la droite ligne de la position de la présidente occitane, Carole Delga (PS). « C’est de la cavalerie ! » Selon l’élu communiste, cette « vision court-termiste » aurait deux inconvénients majeurs. Le premier serait un surcoût du projet évalué à 7 milliards d’euros dont 4,5 pour l’entreprise qui entrerait au PPP. Car « il faudrait clore les 180 marchés déjà passés sur Bordeaux-Toulouse (autour de 70-80 pour Montpellier-Perpignan) ». Le second serait un retard d’au moins 2 ans.

En ce qui concerne la ligne Montpellier-Perpignan, dont la concertation publique vient de débuter, pas encore de mauvais signaux mais les finances rabougries de l’État peuvent laisser craindre une logique identique le moment venu. « On est très mobilisés. Il n’est pas question de laisser faire, laisser penser qu’on pourrait peut-être faire autrement », prévient Jean-Luc Gibelin.

Mardi 21 avril, une rencontre était prévue entre Carole Delga et le Premier ministre. Elle a été reportée pour un imprévu dans l’agenda de ce dernier sans que, pour l’heure, une autre date ne soit fixée. Après avoir voté un vœu en février, le Conseil régional d’Occitanie pourrait remettre les LGV à son prochain ordre du jour le 4 juin. Histoire de maintenir la pression.

Rémy Cougnenc (La Marseillaise, le 24 avril 2026)

76% de la population a renoncé aux soins ces cinq dernières années (L’Indep)

La Fédération hospitalière de France a mené une enquête, déclinée en région, sur l’accès aux soins. Elle estime que « la situation est alarmante ».

« Les difficultés d’accès aux soins s’installent durablement dans le quotidien des Français », alerte Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF).

C’est la principale conclusion d’une enquête menée par la FHF pour la troisième année consécutive, sur la base d’un sondage Ipsos/BVA, auprès de 2 500 personnes en France, 200 en Occitanie. La publication, le 17 mars, n’est pas choisie au hasard : c’est l’anniversaire du premier jour de confinement en 2020.

« Les résultats sont aussi clairs que préoccupants. Le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous médical continue à se dégrader », note la FHF. L’enquête montre des disparités territoriales : « La problématique est accentuée en Centre-Val-de-Loire ou Franche-Comté, et des régions plus épargnées comme Paca, Nouvelle-Aquitaine. Ça va un peu mieux en Occitanie mais c’est une région où il y a des grandes disparités », précise Adélaïde Zulfikarpasic, directrice générale du pôle société Ipsos.

Que dit l’enquête ? « S’il fallait ne retenir qu’un chiffre, ce sont ces 73 % de Français qui ont renoncé à un soin ces cinq dernières années. Le délai d’obtention d’un rendez-vous médical se dégrade, + 10 points en deux ans, soit 7 millions de personnes concernées en plus », résume Zaynab Riet, qui rappelle que dans ce contexte, « on se tourne vers les urgences hospitalières ». Les moins de 35 ans sont en première ligne : 85 % ont renoncé aux soins, contre 58 % chez les 60 ans et plus.

Et si « 85 % des Français se disent révoltés » par la situation, ils « font la distinction entre un système qui se fragilise et des acteurs qui continuent de tenir ».

Mieux en ophtalmologie

En Occitanie, 76 % de la population a renoncé à un acte de soins, au-dessus de la moyenne nationale.

En France, le temps moyen d’attente pour obtenir un rendez-vous santé, est, selon les personnes interrogées : de 12 jours pour un médecin généraliste, trois semaines et deux jours pour un pédiatre, deux mois chez le gynécologue et le psychiatre, deux mois et trois semaines chez l’ophtalmologiste, trois mois et deux jours pour un cardiologue, quatre mois et deux semaines pour un dermatologue.

Ces délais d’attente progressent. Par exemple, pour l’accès au généraliste, c’est + 2 jours par rapport à mars 2024, et + 8 jours par rapport à 2019. « C’est énorme », insiste Adélaïde Zulfikarpasic. Pour un ORL, c’est + 1 mois, un cardiologue, + 3 semaines.

Seule une spécialité est relativement épargnée : l’ophtalmologie. Il fallait 2 mois et 3 semaines pour obtenir un rendez-vous en mars 2024 contre 3 mois et une semaine en 2019.

En Occitanie, il faut 2 semaines pour voir un généraliste, 4 pour un pédiatre, 9 pour un psychiatre, 10 pour un gynécologue et un ORL, 12 pour l’ophtalmologiste, 14 pour le cardiologue, 22 pour le dermatologue.

Si les délais d’attente sont le principal motif de renoncement aux soins (59 % en France, 62 % en Occitanie), les raisons budgétaires (38 % en Occitanie) ou l’accessibilité (distance par rapport au domicile, 39 % en Occitanie) sont aussi évoquées.

« Perdus » aux urgences

Cette situation a un impact direct sur la fréquentation des urgences hospitalières, 29 % des personnes y arrivent « parce qu’elles ne savaient pas à qui s’adresser », note la FHF, « parce qu’il a été impossible d’obtenir un rendez-vous pour 27 % d’entre elles ». « Ce sont des gens un peu perdus », dit la FHF.

Les autres motifs de fréquentation des urgences pour une raison injustifiée, hors de l’urgence médicale, sont : pour réaliser des examens complémentaires (27 %), par habitude (14 %), parce qu’un généraliste ou un spécialiste leur a refusé un rendez-vous (18 %), pour ne pas avancer les frais (10 %). « Il y a un travail de pédagogie à faire. » En France, 53 % de la population (52 % en Occitanie) a déjà vécu un retard de soins à l’hôpital ces cinq dernières années. C’est 68 % chez les moins de 35 ans.

« Après la crise du Covid, nous nous étions dit : « Plus jamais ça » », rappelle pourtant Zaynab Riet. L’enquête est aussi en phase avec la situation politique, dans le contexte des municipales : « La question est profondément territoriale. Les élus locaux jouent un rôle central sur la question de l’accès aux soins sur leur territoire. » Et la présidentielle à venir sera une autre échéance essentielle : « La question de la santé est quasiment une question d’aménagement de territoire. Des mesures ont amélioré la situation, mais l’accès aux soins continue de se dégrader. »

Hôpitaux en difficulté

Pour Adélaide Zultikarpasic, « il faut faire prendre conscience des enjeux » aux futurs candidats. « La santé est la préoccupation numéro un des Français et la campagne de 2022 avait très peu abordé le sujet. »

Avec quelles solutions ? « Former plus de médecins en partant des besoins, travailler au maillage du territoire pour mieux mailler l’accès aux soins », conclut la FHF. Mais « les besoins augmentent plus vite que le nombre de professionnels formés ».

Car l’hôpital ne pourra pas rester un éternel recours : les séjours y ont progressé de + 5 % en 2025. Et + 6 % en décembre, + 7 % dans les CHU. En 2024, 9 millions de personnes ont été prises en charge à l’hôpital public, dont la situation financière est fragile, rappelle la FHF qui estime à 2,7 Md€ le déficit des établissements publics de santé en 2025.

Sophie Guiraud (L’Indépendant, le 18 mars 2026)

Retards et suppressions de trains : la Région reverse les pénalités SNCF aux usagers (L’Indep)

La SNCF paie des pénalités à la Région Occitanie pour les retards ou les suppressions de trains sur le territoire régional. Depuis 2019, la présidente Delga a choisi de les reverser aux abonnés annuels des trains du quotidien sous forme de mois offerts.

En charge des transports sur son territoire, la Région a signé une convention avec la
SNCF pour le transport ferroviaire. Le document stipule des exigences en matière de ponctualité qui, si elles ne sont pas respectées, déclenchent le versement de pénalités. C’est ce qui se passe encore pour l’année 2025 où l’objectif fixé de 90,7 % de ponctualité des trains en Occitanie n’a pas été respecté, atteignant 86,5 %. Les suppressions pures et simples de trains ont quant à elles représenté 7,8 % du trafic. Là aussi en deçà des limites convenues.

1 mois d’abonnement offert, deux mois pour les usagers de 5 lignes dont Toulouse-Narbonne et Latour de Carol

La Région va ainsi verser dès ce mois de février 2026, une « prime de fidélité » aux abonnés liO annuels sous la forme d’une remise équivalente à un mois offert. Mais ce n’est pas tout puisque la collectivité a décidé, « compte tenu de difficultés particulièrement importantes » survenues sur cinq lignes régionales, de faire bénéficier à ces abonnés annuels de non pas un mais deux mois gratuits.

Il s’agit des lignes Toulouse-Narbonne, Toulouse-Latour de Carol, Toulouse-Rodez, Toulouse-Pau et Toulouse-Auch.

Une « situation inacceptable »

Au sujet de ces retards et suppressions, Carole Delga parle de « situation inacceptable ». « Quand la SNCF ne respecte pas ses engagements, la Région Occitanie agit donc avec fermeté : nous appliquons les pénalités les plus fortes de France et faisons le choix de les reverser aux abonnés liO, premiers concernés par ces dysfonctionnements », précise-t-elle. « C’est une question de justice et de respect pour celles et ceux qui font le choix du train au quotidien ».

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 31 janvier 2026)