« Ce qui se joue sous nos yeux à Carcassonne est sans précédent » : après une première manifestation, le collectif Nous Carcassonne organise un deuxième acte contre l’extrême droite (L’Indep)

À la suite d’une première manifestation le 29 avril 2026, le collectif de jeunes Nous Carcassonne réitère son action le samedi 6 juin prochain au square Gambetta pour lutter contre l’extrême droite.

Il y a eu un avant et un après lié au rassemblement contre l’extrême droite organisé par le collectif Nous Carcassonne. À la suite de la manifestation du 29 avril 2026, le maire Rassemblement national, Christophe Barthès, a annoncé en conseil municipal, retirer les locaux communaux aux syndicats ayant participé à cette action.

Depuis ce jour, la colère monte du côté des organisations syndicales qui multiplient les mobilisations. Des personnalités politiques se sont également approprié le sujet en interpellant le gouvernement. Et pour le collectif Nous Carcassonne, c’est aussi l’occasion de réitérer leur manifestation de fin avril. En effet, un nouveau rassemblement va être organisé le samedi 6 juin à partir de 14 h 30 au square Gambetta. « Nous étions 400 la dernière fois mais pour nous ce n’était qu’une première étape. Depuis l’installation de la nouvelle municipalité d’extrême droite, notre ville subit une accélération brutale d’un projet idéologique de division », détaille le porte-parole du mouvement, Yassin El Kdim.

Et de donner quelques exemples : « Les tentatives d’intimidation envers les jeunes et les menaces à peine voilées visant à ficher ou retirer les locaux aux associations et aux syndicats qui oseraient manifester leur désaccord politique ne sont pas seulement des dérives : ce sont des tentatives d’intimidation intolérables. »

Notre ville est devenue le laboratoire à ciel ouvert

Pour Yassin El Kdim, la ville de Carcassonne doit devenir un lieu de « résistance » face à l’extrême droite. « Je n’ai pas peur d’employer ce terme. Ce qui se joue sous nos yeux à Carcassonne est sans précédent. Notre ville est devenue le laboratoire à ciel ouvert de ce qui se produira à l’échelle nationale en 2027 si l’extrême droite accède au pouvoir. Cette situation nous confère une responsabilité historique », affirme-t-il.

À la suite de leur prochaine manifestation, le collectif donne rendez-vous pour un « apéro-goûter sans alcool » au square Gambetta. On peut déjà noter la présence de l’ensemble des forces syndicales visées par les menaces d’expulsion par l’édile de la commune.

Léo Couffin (L’Indépendant, le 28 mai 2026)

Mai-juin 1936 : dans la région, un élan politique et social (L’Indep)

Le Front populaire, même s’il était en Languedoc plus fracturé qu’ailleurs, a débouché sur une vague qui l’a dépassé. Retour, 90 ans après, sur une période relativement oubliée dans le Midi.

90 ans après mai-juin 1936, sur fond de Front populaire, de grèves et de manifestations, que reste-t-il dans l’imaginaire historique des Languedociens et des Roussillonnais ? Pas grand-chose, regrette le chercheur montpelliérain Philippe Lacombrade, qui vient de coanimer mercredi dernier à Montpellier un colloque sur le sujet. La faute notamment à Paris, qui a focalisé l’attention dans les travaux d’historiens.

Notre région aurait été l’une des « oubliées dans l’historiographie » de cette période pourtant si riche. « On s’intéresse peu à l’histoire provinciale, mais il faut dire aussi que la tradition d’histoire régionale que nous avions ici a un peu disparu », nuance Philippe Lacombrade. Pondérons jusqu’au bout : « Notre région est viticole, l’industrie y est un peu diffuse donc c’est vrai que mécaniquement il y a eu moins de mouvements sociaux et de grèves qu’à Paris et dans les grandes régions industrielles du nord de la France », Mais il y aurait là tout de même comme une injustice, d’autant plus que l’Occitanie méditerranéenne a été d’une certaine façon pionnière. « Dans notre région viticole justement, des grèves dans le monde agricole annoncent le Front populaire, » souligne Philippe Lacombrade. « Dès les vendanges de décembre 1935 puis à Cruzy, vers Saint-Chinian, en janvier-février 1936, 300 ouvriers agricoles et viticulteurs protestent pour avoir des augmentations de salaire. En juin 1936, vous avez à Montpellier, par exemple, des ouvriers agricoles qui se mettent en grève dans les domaines des grands propriétaires viticoles. »

Première grève à Béziers

Pour le reste, les grèves dans les autres secteurs sont plus tardives qu’au niveau national. Elles débutent après les accords de Matignon du 8 juin.

La première éclate le 10 juin aux établissements Fouga de réparation des wagons ferroviaires, à Béziers : « C’est le signal lancé, avec 1 400 ouvriers sur 2 000 en grève », explique Philippe Lacombrade. Vient ensuite le secteur du bâtiment à Perpignan le 12 juin. Montpellier se mobilise à partir du 15. Des commandos s’organisent pour faire le tour des piquets de grève à vélo, ou pour aller jusqu’à Palavas inciter à la grève. « On occupe les chantiers de la clinique Saint-Charles, en construction. La compagnie générale d’électricité est occupée, les grévistes dorment là-bas, on organise des bals, les ouvriers s’engagent à maintenir l’électricité dans toute la ville. À Montpellier toujours, il y aura ensuite la compagnie de tramway, les coiffeurs, les garçons de café et de restaurant. »

L’historien Jean Sagnes décrit comment l’essentiel des entreprises en grève l’est dans des petites structures, les plus grosses ayant éteint les feux qui couvaient. A Sète avec le port et Alès avec la mine, des accords sont trouvés rapidement.

À Alès tout de même, les ateliers Richard Ducros (entretien de rails) sont mobilisés. À Nimes, si le secteur de l’habillement trouve une issue rapidement, la grève dans d’autres filières va durer jusqu’à la mi-juillet, avec les Courriers des Cévennes, les Docks méridionaux, les grands magasins… Les négociations finissent par déboucher sur la rédaction de conventions collectives, la semaine de 40 heures, l’instauration de congés payés et l’augmentation des salaires. « Dans le Midi rouge, le pouvoir politique est proche des grévistes et favorise les négociations », précise Philippe Lacombrade.

Si peu de traces historico-politiques restent de cette période-la dans la région, c’est aussi parce que la victoire du Front populaire n’y était pas une surprise. La gauche trustait les places du Midi rouge. Dans les unes, l’année 36 signe même un recul, sous le poids de l’abstention. « Par le nombre de suffrages qu’elle a reçus, la gauche semble avoir un peu régressé par rapport à 1932 », note l’historienne Marianne Caron. Le « bloc » du Front populaire y était plus friable qu’ailleurs. Les partis de gauche auraient même tendance à se faire concurrence : les radicaux lorgnent du côté du camp conservateur pour y puiser un électorat refusant de voter socialiste ou communiste. Mais si, au premier tour, chacun a compté ses voix, l’élan national du Front populaire éteint au second tour, pour un temps seulement, les rivalités d’appareils.

À part en Lozère, tous les députés sont de gauche

« Après les divisions, au deuxième tour on se retrouve », résume Philippe Lacombrade. Il cite l’exemple de Paul Boulet qui devient maire de Montpellier en s’alliant avec les radicaux et la SFIO, battant Henri de Rodez-Bénavent, figure du Midi blanc.

Tous les députés du Languedoc et du Roussillon élus en 1936 sont classés à gauche, à l’exception de deux des trois députés de la catholique et conservatrice Lozère. Dans le Gard, deux députés communistes font, pour la première fois dans la région, leur entrée au parlement. Les socialistes s’en inquiètent et les radicaux entament leur reflux.

« À l’annonce des résultats des élections, au soir du 3 mai 1936, la foule descend dans la rue pour manifester sa joie », rappelle Marianne Caron. Mais les rassemblements sont a venir, à partir du 14 juin. « Foules immenses, fanfares jouant L’Internationale et La Mar-seillaise, forêts de drapeaux, bals populaires » sont au menu. 10 000 personnes manifestent à Montpellier et à Nimes, 15 000 à Perpignan, 7 000 à Narbonne, dans une ambiance bon enfant.

Arnaud Boucomont (L’Indépendant, le 28 mai 2026)

Une journée d’études historiques a été organisée mercredi dernier sur le campus Saint-Charles de Montpellier à l’occasion des 90 ans de la victoire du Front populaire dans la région.

Bourse du travail de Carcassonne. Leș leaders syndicaux nationaux écrivent au ministre de l’intérieur (L’Indep)

Les leaders nationaux de la CGT, de la FSU, de l’Unsa, de Solidaires, de la CFE-CGC, de la CFDT et de FO ont adressé un courrier aux ministres de l’Intérieur et du Travail, Laurent Nuñez et Jean-Pierre Farandou. Ils y expriment leurs inquiétudes face à la procédure du maire Christophe Barthès, visant à expulser les organisations syndicales de leurs locaux à Carcassonne, et leur demandent d’intervenir « pour garantir le respect des libertés syndicales ».

Après la manifestation intersyndicale de ce mercredi 13 mai, à Carcassonne, pour protester contre la volonté du maire RN Christophe Barthès d’exproprier la CGT de la Bourse du travail, rue Voltaire, une nouvelle expression de l’indignation suscitée par cette décision est venue d’acteurs majeurs de la démocratie sociale en France.

C’est en effet un courrier signé par sept leaders syndicaux nationaux, Sophie Binet (CGT), Caroline Chevé (FSU), Laurent Escure (Unsa), Julie Ferrua et Murielle Guilbet (Solidaires), François Hommeril (CFE-CGC), Marylise Léon (CFDT), Frédéric Souillot (FO), qui a été adressé au ministre de l’Intérieur et ministre du Travail, Laurent Nunez et Jean-Pierre Farandou. « À Carcassonne, le nouveau maire a engagé une procédure visant à expulser les organisations syndicales de leurs locaux. Cette décision constitue une attaque grave contre la liberté syndicale et contre nos organisations qui participent depuis des décennies à la vie démocratique et sociale de notre pays », commencent-ils.

Avant de rappeler : « Messieurs les ministres, s’attaquer à une Bourse du travail n’est jamais anodin. Ces lieux sont issus de l’histoire du mouvement ouvrier et de la construction des solidarités populaires. Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales de 2013 sur les Bourses du travail et les maisons des syndicats chiffrait leur fréquentation à plus d’un million de personnes dans le cadre des permanences juridiques et sociales. Les affaiblir ou les faire disparaître revient à porter atteinte à la capacité des salariés à se défendre collectivement et à accéder concrètement à leurs droits. Cette décision est contraire à la Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical de 1948. »

Et d’afficher leur inquiétude : « Ce qui se joue à Carcassonne dépasse largement le cadre local. Si une municipalité peut, pour des raisons idéologiques, expulser des organisations syndicales d’un lieu qu’elles occupent parfois depuis près d’un siècle, alors c’est un précédent extrêmement dangereux qui est créé pour l’ensemble du pays. Nous vous demandons solennellement d’intervenir afin que soit garanti le respect des libertés syndicales et des principes républicains. Nous appelons également les services de l’État et la préfecture de l’Aude à prendre leurs responsabilités face à une décision qui remet directement en cause l’exercice normal de l’activité syndicale. Il ne s’agit pas seulement de défendre un bâtiment. Il s’agit de défendre un principe fondamental : dans une démocratie, les syndicats ne doivent jamais être réduits au silence par le pouvoir politique. »

Christophe Parra (L’Indépendant, le 15 mai 2026)

L’Université contrainte de réduire sa masse salariale (L’Indep)

Par courrier du 6 mars dernier, le rectorat a indiqué à l’université de Perpignan qu’elle se voyait imposer un processus de « conditions de retour a l’équilibre ». En clair, elle doit réduire sa masse salariale. Des embauches d’enseignants-chercheurs pourraient être remises en cause.

Le delta n’est pas énorme, mais il pèse dans la situation économique de l’Université de Perpignan Via Domitia. Comme une vingtaine d’établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche, l’UPVD a reçu une demande du rectorat « imposant un processus de travail sur leur équilibre financier ».

Dans un communiqué, le président de l’université, Yvan Auguet, précise : « La santé financière d’une université est évaluée selon trois critères : sa trésorerie, son fonds de roulement et le rapport entre ses dépenses de masse salariale et ses produits encaissables (ses recettes). L’UPVD répond très positivement aux deux premiers critères. En revanche, pour le troisième, nommé « ratio Dizambourg », celui-ci fixe un seuil maximum à 83 % alors qu’à l’heure actuelle, il s’élève à 85,796 % à l’UPVD ». Un delta de 2,7 % qui inquiète les syndicats et les personnels. Il impose la diminution de la masse salariale de l’établissement qui compte quelque 800 salariés. Pascal Nogues, co-secrétaire du syndicat SNESUP-FSU, dénonce « une décision brutale qui obligera un coup de rabot sur notre recrutement qui n’était pas déraisonnable. Des postes d’enseignants chercheurs sont du coup menacés. On ne nous donne pas les moyens suffisamment à notre mission et, ensuite, on se fait taper sur les doigts ». Il insiste : « L’UPVD est à l’équilibre financier, elle n’est pas déficitaire. Seul ce ratio Dizambourg n’est pas atteint pour seulement 2,7 % Nos finances sont saines. C’est à se demander si l’État ne cherche pas à ne conserver que de grands pôles universitaires régionaux, au détriment des petites universités comme la nôtre, qui jouent pourtant un rôle essentiel sur le territoire ».

Une motion adoptée à l’unanimité

Deux jours avant, le président de l’UPVD avait organisé une assemblée générale des personnels. Elle a rassemblé 400 salariés. Une motion a été adoptée à l’unanimité selon Yvan Auguet. « Elle sera transmise à notre tutelle », ajoute-t-il. « Si la situation est difficile par les mesures à prendre, les missions dévolues à notre université seront assurées avec le sens du devoir et l’engagement de toute notre communauté, dans l’intérêt de nos étudiantes et de nos étudiants, mais aussi de la qualité de notre recherche ». Si l’équilibre financier n’est pas rétabli, l’UPVD pourrait être mise sous tutelle. Yvan Auguet devrait présenter des mesures d’ici quelques semaines.

L’UPVD accueille plus de 10.000 étudiants sur ses campus de Perpignan, Font-Romeu, Narbonne et Carcassonne.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 15 mai 2026)

Les leaders syndicaux répondent au maire RN de Carcassonne (L’Indep)

Dans une tribune, les représentants nationaux des syndicats -CGT, CFDT, Solidaires, la FSU, l’Unsa ainsi que l’association la Ligue des droits de l’homme- demandent au maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, « de renoncer au projet visant les organisations syndicales de l’Aude, de revoir sa position concernant l’hébergement et le subventionement de la Ligue des droits de l’homme ».

Lors du dernier conseil municipal, le 30 mars 2026, le maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, a annoncé mettre fin de la mise à disposition de locaux pour les organisations syndicales en représailles à la participation la veille à une manifestation contre l’extrême droite organisée par un collectif de jeunes, Nous Carcassonne.

Dans une tribune adressée à l’édile du chef-lieu audois, les représentants nationaux des syndicats -CGT, CFDT, Solidaires, la FSU, l’Unsa ainsi que l’association la Ligue des droits de l’Homme- affirment que « cette décision, qui consiste à vouloir effacer le rôle du syndicalisme dans l’histoire du département et qui intervient après le retrait des subventions de la Ligue des droits de l’Homme et après avoir dénoncé un contrat dont bénéficiait la presse indépendante, est une attaque contre les organisations de la société civile et contre les travailleurs et les travailleuses ».

Et de confier : « En s’attaquant ainsi aux organisations syndicales, aux associations de défense des droits et des libertés, la mairie RN affiche clairement son ambition: exiger l’allégeance à ses idées au détriment de l’intérêt général, s’en prendre aux droits de toutes et tous et annihiler toute opposition. Le message, à un an des élections présidentielles, est tout aussi limpide : la mairie de Carcassonne sera le laboratoire de la politique antisociale de l’extrême droite, avec une doctrine claire : fort avec les faibles et faible avec les puissants. »

Les signataires de cette tribune, en l’occurrence Sophie Binet secrétaire générale de la CGT, Marylise Léon secrétaire générale de la CFDT, Caroline Chevé secrétaire nationale de la FSU, Murielle Guilbert et Julie Ferrua co-déléguées de Solidaires, Laurent Escure secrétaire général de l’Unsa et Nathalie Tehio présidente de la LDH, affirment « qu’affaiblir nos organisations, mettre en œuvre des stratégies pour les faire disparaitre ou tenter de museler leur expression, c’est une attaque directe contre les droits et les libertés, l’État de droit et les fondements de notre démocratie, que nous ne pouvons accepter ».

Avant de conclure : « Nos organisations, au niveau national, réaffirment leur total soutien aux organisations locales visées par la politique autoritaire du maire de Carcassonne. Nous demandons solennellement à Monsieur le maire, de renoncer au projet concernant les organisations syndicales de l’Aude, de revoir sa position concernant l’hébergement et le subventionnement de la Ligue des Droits de l Homme. »

Pour rappel, un premier rassemblement est organisé ce mercredi 13 mai 2026 devant la Bourse du travail à Carcassonne, a partir de 11 heures, en présence de l’ensemble des syndicats même ceux qui ne sont pas concernés par l’annonce du premier magistrat d’extrême droite.

À noter également qu’une pétition a été mise en ligne par la CGT rassemblant plus de 9 700 signataires.

Léo Couffin (L’Indépendant, le 13 mai 2026)

Occitanie. SNCF : un centre régional de maintenance sur les rails (L’Indep)

Les cheminots de Béziers sont mobilisés autour d’un important projet d’implantation d’un centre de maintenance régional du matériel ferroviaire, sur le site du Capiscol.

Dans le cadre des discussions menées entre la Région Occitanie et la compagnie ferroviaire nationale, ces dernières annoncent en effet avoir obtenu la réalisation d’une étude de faisabilité autour de ce projet.

La création de plus de 300 emplois à la clé

Un premier pas qui les réjouit alors que les partenaires n’étaient pas enclins à les suivre jusqu’à présent.

L’enjeu est la création de 80 emplois directs et « au moins trois fois plus d’indirects » selon Julien Rader, le secrétaire de l’Union locale CGT Béziers. Sollicitée, la SNCF n’a pas développé, pour l’heure, sa position sur le dossier.

L’Indépendant, le 29 avril 2026

L’édito du webzine. « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

Les élu•es de la Région Occitanie reprenne leurs bâtons de pélerins pour retourner sur le terrain afin d’être au plus près à l’écoute des citoyens. Une démarche inédite de démocratie participative.

La Région Occitanie a lancé en 2025 l’opération « La Région à vos côtés », une tournée des élu•es régionaux pour rencontrer les habitant·e·s sur le terrain. 30 000 habitant•es ont été rencontré•es lors de 330 événements et 5 000 questionnaires remplis, donnant lieu à 1 500 propositions concrètes.

Critiquée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 €) et son aspect « communication », cette initiative, unique en France, vise trois objectifs :

  • Expliquer l’action concrète de la Région, à l’occasion de ses 10 ans ;
  • Recueillir les attentes et doléances des citoyen •nes ;
  • Démonter les idées reçues et les mensonges propagés par l’extrême droite.

Pour Carole Delga (PS), présidente de la Région, cette démarche est nécessaire face au « désamour » croissant entre élu•es et citoyen• nes, alors que ces dernier sont demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner, quel que soit leur âge », souligne Zina Bourguet (écologiste).

Cette consultation a permis de confirmer des priorités (transports, pouvoir d’achat, santé) et d’y répondre. En matière de santé, la Région a recruté 20 spécialistes dans 12 hôpitaux et 150 médecins. Il y a eu l’amélioration des services de transport avec le développement de l’application Fairtiq pour simplifier l’accès aux tarifs des trains ainsi que l’instaurations du TER à 1 € pour les clubs sportifs. Les retours des citoyen•nes ont mis également en lumière des points de mécontentement, comme les retards des trains ou la paperasse administrative, incitant la Région à agir.

Cette tournée est aussi l’occasion de « démonter les contrevérités » du Rassemblement National (RN), qui « réécrit l’Histoire ». Jérôme Monamy (PCF) rappelle que le RN vote contre le TER à 1 €.

Face à la montée des idées d’extrême droite, la Région entend réaffirmer les valeurs de solidarité et de service public, en s’appuyant sur des réalisations tangibles et un dialogue direct avec les citoyen•nes.

L’opération « La Région à vos côtés » illustre une démarche innovante de démocratie participative, permettant à la fois de répondre aux attentes des habitant•es, de corriger des dysfonctionnements et de lutter contre la désinformation politique. Une initiative qui montre que l’action publique peut être proche du terrain et efficace, malgré les critiques.

Dominique Gerbault

LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails (La Marseillaise)

Le vice-président régional Jean-Luc Gibelin s’inquiète du désengagement financier de l’État et refuse toute idée d’un recours au privé pour financer les deux lignes TGV occitanes.

Bordeaux-Toulouse (2033) puis Montpellier-Perpignan (2040). Maintes fois retardés, les deux projets de Ligne à grande vitesse (LGV) sont censés être sur de bons rails depuis que la clé de financement a été trouvée (40% État, 40% collectivités et 20% Europe). Et pourtant…

Depuis quelques mois, l’État traîne à ce point des pieds que les élus régionaux des groupes communistes, républicains et citoyen (CRC) d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine ont décidé conjointement de tirer le signal d’alarme mi-avril. « Le maillon faible c’est le ministère. L’État n’est pas au rendez-vous ! », s’inquiète Jean-Luc Gibelin (PCF).

Le vice-président régional aux transports est formel : « Tout le monde a payé ses appels de fonds réguliers sauf l’État. » Ils concernent la ligne du Grand Sud-Ouest Bordeaux-Toulouse. Et s’ils ont pour l’heure été compensés par la trésorerie de la Région, la situation inquiète. D’autant que le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), s’il confirme l’utilité de la ligne, a fait savoir que la participation de l’État sera « difficilement mobilisable » dans le contexte budgétaire actuel et dans ce calendrier jugé « irréaliste ».

L’hypothèse d’un PPP rejetée

Pour ne pas avoir à payer maintenant, Bercy commence à faire entendre la petite musique d’un Partenariat public privé (PPP) qui permettrait à l’État, suppléé par une multinationale (Vinci ou autre), de ne régler sa note qu’à la fin du marché. Hors de question, prévient Jean-Luc Gibelin dans la droite ligne de la position de la présidente occitane, Carole Delga (PS). « C’est de la cavalerie ! » Selon l’élu communiste, cette « vision court-termiste » aurait deux inconvénients majeurs. Le premier serait un surcoût du projet évalué à 7 milliards d’euros dont 4,5 pour l’entreprise qui entrerait au PPP. Car « il faudrait clore les 180 marchés déjà passés sur Bordeaux-Toulouse (autour de 70-80 pour Montpellier-Perpignan) ». Le second serait un retard d’au moins 2 ans.

En ce qui concerne la ligne Montpellier-Perpignan, dont la concertation publique vient de débuter, pas encore de mauvais signaux mais les finances rabougries de l’État peuvent laisser craindre une logique identique le moment venu. « On est très mobilisés. Il n’est pas question de laisser faire, laisser penser qu’on pourrait peut-être faire autrement », prévient Jean-Luc Gibelin.

Mardi 21 avril, une rencontre était prévue entre Carole Delga et le Premier ministre. Elle a été reportée pour un imprévu dans l’agenda de ce dernier sans que, pour l’heure, une autre date ne soit fixée. Après avoir voté un vœu en février, le Conseil régional d’Occitanie pourrait remettre les LGV à son prochain ordre du jour le 4 juin. Histoire de maintenir la pression.

Rémy Cougnenc (La Marseillaise, le 24 avril 2026)

Carole Delga relance les rencontres avec la population avec trois premières dates dans les P.-O. et l’Aude (L’Indep)

Inaugurée en 2025, la « Tournée citoyenne » aura une deuxième édition cette année, de ce 23 avril, dans les Pyrénées-Orientales, jusqu’au 1er juillet.

Plus de 330 rendez-vous dans les treize départements, 30 000 personnes rencontrées, 5 000 questionnaires remplis et 1500 propositions recueillies. Le bilan de la première édition a poussé la présidente de Région a renouvelé le dispositif (qui a coûté un peu plus de 300 000 euros l’an dernier, un peu moins cette année) dès ce 23 avril 2026.

Gares, trains, parkings de supermarchés

Le but reste le même : « Montrer que les élus de la Région ne se cachent pas, ne restent pas dans l’entre-soi et sont au service des gens, au contact de leur réalité de vie et de la diversité de leurs modes de vie aussi », résume Carole Delga en annonçant cette deuxième « Tournée citoyenne ».

Les élus, accompagnés d’agents régionaux, reprendront place dans les gares, dans les trains, pendant les festivals, en porte-a-porte, sur les parkings de super-marchés… Des lieux où les habitants ont peu l’habitude de les croiser, surtout hors période électorale.

« C’est justement pour cela que les gens étaient contents de nous voir », juge la présidente de Région. « On a rendu compte de nos actions et on a pu mieux faire connaitre nos dispositifs, notamment sur les déplacements ». Un sujet beaucoup évoqué par les habitants et qui a donné lieu au développement d’une nouvelle version de l’application Fairtiq, qui facilite les voyages en train.

D’autres demandes ont été prises en compte par la Région autour des trois principaux sujets évoqués : la santé, le transport et le vivre ensemble.

Ainsi la Région a-t-elle procédé au recrutement de médecins spécialistes pour les hôpitaux locaux, a mis en place le train à 1 euro pour les associations et les clubs de sport et travaille à faciliter le bénévolat comme l’éducation à l’alimentation.

Démocratie participative

Carole Delga veut aussi montrer là une « constance dans la démocratie participative »
qui se décline en région, et renouvelle donc cette initiative « unique parmi les Régions françaises », assure le vice-président Vincent Garel.

Des rencontres qui permettent aussi d’occuper le terrain : « Dans les territoires où le vote Rassemblement national est là, où il peut y avoir manipulation du communautarisme, on a été bien accueilli et ça m’a même surprise, rappelle la présidente PS. Les gens ont besoin de nous voir et de nous parler ».

Premier rendez-vous 2026 ce 26 avril au marché de Banyuls-sur-Mer et en gare de Perpignan. Puis le jeudi 30 avril au Matacamp festival de Gruissan, dans l’Aude. Les 30 premiers rendez-vous sont consultables sur le site web dédié : laregiontoujoursla.fr.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 21 avril 2026)