Près de 600 000 manifestants dans le pays selon le ministère de l’Intérieur, 1,6 million selon la CGT, pour cet appel intersyndical. Sébastien Lecornu annonce réunir lundi à Matignon syndicats et représentants d’employeurs.
Le gouvernement était confronté, jeudi, à une quatrième journée de manifestations en moins de quatre semaines, organisée cette fois par une intersyndicale appelant en outre a la grève et qui s’est traduite par une forte mobilisation et assez peu d’incidents. En plus des rassemblements à travers la France, l’appel à la grève des syndicats CFDT, CGT, FO, UNSA et FSU dans le secteur public -mais aussi le privé, désormais- ont entraîné des perturbations limitées dans les transports, les hôpitaux, l’enseignement ou encore le secteur énergétique.
En milieu de journée, les syndicats qualifiaient déjà cette journée de « succès » et évoquaient. une poursuite de la mobilisation en l’absence de réponse du gouvernement. Le ministère de l’Intérieur a dit avoir dénombré 575 000 manifestants, dont 65 000 à Paris. La CGT, elle, a estimé à 1,6 million le nombre de manifestants. Aux revendications des lycéens et des étudiants, auxquelles se sont agrégées des expressions de colère contre la vie chère émanant de collectifs informels comme les « gilets jaunes », les syndicats plaident notamment pour des revalorisations salariales et davantage de moyens pour les services publics.
Au total, 9,89 % des agents de la fonction publique d’État étaient grévistes à la mi-journée, 4,60 % de ceux de la fonction publique territoriale et 3,93 % de ceux de la fonction publique hospitalière, a annoncé le ministère de l’Action et des Comptes publics. L’Éducation nationale dénombrait 19 % d’enseignants participant au mouvement dans le premier degré et 13,5 % dans le second, des taux plus élevés dans l’académie de Montpellier (22 % et 15 %). 81 lycées seulement étaient bloqués, selon le ministère, un millier selon les organisations lycéennes. Les mouvements ont dégénéré, notamment à Caen et Toulouse, où des lycées ont été dégradés par des casseurs.
Lors des journées de mobilisation des 17, 24 et 31 octobre, le ministère de l’Intérieur avait comptabilisé respectivement 550 000, 410 000 et 320 000 manifestants. Selon les syndicats, les ordres de grandeur étaient de 800 000 pour les deux premières journées et de 500 000, samedi dernier.
En réponse à cette nouvelle mobilisation, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé qu’il réunirait lundi à Matignon les organisations représentatives des salariés et des employeurs pour une conférence sociale. « Il a demandé au ministre du Travail et des Solidarités de finaliser d’ici dimanche les concertations qu’il mène depuis plusieurs jours », précise Matignon. Le gouvernement d’aussi poursuivre des échange avec les représentants de agents de la fonction publique.
Comme lors des deux dernières manifestations -celles de 24 et 31 octobre- et en réaction aux violences qui avaient émaillé la journée du 17 octobre, le gouvernement avait prévu un important dispositif de sécurité, avec 70 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire français, ainsi que des blindés Centaure de la gendarmerie, une quinzaine d’engins lanceurs d’eau, des hélicoptères, des drones des équipes cynophiles, ainsi que de équipes de la BRI, du RAID e du GIGN.
Si l’ensemble des cortèges s’est déroulé dans le calme, des incidents ont à nouveau éclaté avec des groupes de quelques centaines de casseurs, notamment à Lyon, mais aussi à Montpellier où la Préfecture fait état de trois interpellations. Au niveau national, le ministère de l’Interieur en a signalé 448 hier, donnée arrêtées à 18h.
L’Indépendant, le 6 novembre 2026
