10 000 places en formation professionnelle supprimées ? (L’Indep)

Le Projet de loi de finances en discussion à l’Assemblée nationale prévoit la suppression des crédits des Régions pour l’apprentissage et la formation des demandeurs d’emploi. En Occitanie, 10 000 places et plus de 100 millions d’euros sont en jeu.

Marie Castro ne décolère pas. La vice-présidente d’Occitanie à la formation professionnelle (élue du Tarn-et-Garonne mais originaire de Perpignan) fustige un « désengagement brutal, sans concertation » et une perte de « 150 millions pour 2026-2027 entre les dotations pour l’apprentissage et l’enveloppe du PRIC », le Plan régional d’investissement pour les compétences.

Concrètement, ces millions d’euros représenteraient « 10 000 places de formation professionnelle en moins, qui concernent des demandeurs d’emploi, des jeunes, des femmes seules ou victimes de violence… et plus de 4 000 jeunes apprentis privés possiblement de soutien et des aides régionales à l’apprentissage ». Or, « 73 % des apprentis sont salariés deux ans après leur formation et 59 % du Plan région formation trouvent une issue positive en six mois », rappelle-t-elle.

4 000 apprentis impactés, 200 à 250 formations fermées

L’élue souligne que cette suppression, si elle intervenait, concernerait « aussi l’aménagement des territoires ruraux avec la fermeture de 200 à 250 sessions de formation principalement dans ces territoires. À l’échelle nationale, 58 % des CFA envisagent déjà de fermer certaines filières ».

Sur le terrain, la menace plane sur les publics concernés, qui devraient suivre leur formation parfois loin de chez eux, et de la région, et s’étend aussi à tout un éco-système, fragile. « On a l’exemple d’une commune de 2 500 habitants avec 300 apprentis qui pourraient partir, c’est tout l’écosystème économique et de proximité qui est en jeu », explique Marie Castro.

Patrimoine

« C’est aussi une menace directe sur les chefs d’entreprise, leur compétitivité, la transmission d’entreprises », le savoir-faire, égrène la vice-présidente. « Et l’apprentissage est un outil pour pallier le manque de main-d’œuvre, c’est une réponse aux difficultés de recrutement. Ces suppressions seraient un frein au développement de nos entreprises et une mise en danger de certains métiers, je pense aux filières d’excellence comme l’ébénisterie ou aux métiers de la pierre par exemple, et au final c’est notre patrimoine qui est en danger ».

En Occitanie, 1 600 sites de formation dans 250 communes

La région compte quelque 1 600 sites de formation professionnelle dans 250 de ses communes. « L’économie de proximité va en prendre un coup », souffle Marie Castro. Face à la menace, les élus de la région ne restent pas sans rien faire. « Carole Delga, en tant que présidente des Régions de France, a écrit au Premier ministre et une cellule de crise a été mise en place avec tous les acteurs et partenaires. Un courrier commun a été envoyé à tous les parlementaires pour infléchir le Projet de loi de finances. On ne peut pas renoncer! », dit encore l’élue.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 23 octobre 2026)

Dérembourser les cures thermales ? « Autant rayer directement Amélie-les-Bains de la carte ! » (Ici – PyrénéesOrientales)

Les professionnels du thermalisme et les élus des villes thermales croyaient la mesure enterrée l’an dernier. Mais elle revient avec les discussions sur le budget 2027 : le gouvernement veut dérembourser ou moins rembourser les cures thermales. C’est la mort du secteur, alertent les professionnels.

« Le thermalisme, poumon socio-économique de nos territoires », c’est le thème de la réunion publique organisée ce lundi soir, à 18 heures, espace Méditerranée, à Amélie-les-Bains. Autour de ce sujet, qui avait déjà fait grand bruit l’an dernier au moment des débats autour du projet de budget de la Sécurité sociale, avant d’être abandonné. Le déremboursement des cures thermales revient et crée toujours autant la polémique : le gouvernement propose à nouveau, dans le budget 2027 de la Sécurité sociale, de réduire drastiquement la prise en charge des cures thermales par l’Assurance maladie. Une économie d’environ 200 millions d’euros. Le remboursement serait transféré aux mutuelles.

Un projet contre lequel la maire d’Amélie-les-Bains, Marie Costa, également présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, part en guerre, parlant d’une mesure « scélérate, stupide, improductive et dangereuse ». Elle développe : « Ça veut dire que sur le territoire français, il y a 25 000 emplois supprimés, quelque chose qui, mis bout à bout, revient au plan de la sidérurgie lorraine et nordiste. C’est énorme pour nos territoires. C’est la mort d’Amélie. Ça veut dire à peu près 1 700 emplois directs et indirects sur la seule vallée du Haut-Vallespir. »

Et évidemment, dans les Pyrénées-Orientales, la problématique ne concerne pas qu’Amélie-les-Bains. Le département compte cinq villes thermales, outre Amélie, La Preste, Le Boulou, Vernet-les-Bains et Molitg-les-Bains. « C’est le sacrifice ultime du Piémont, commente encore Marie Costa. Ici, quand on n’est ni à la mer, ni à la montagne, on n’existe pas. Il nous restait les eaux thermales. Si on nous supprime ça, on meurt. »

« Si cette mesure passe, je ferme Vernet-les-Bains »

La mort de la filière, c’est aussi ce que craint Bernard Riac, PDG fondateur de Valvital, groupe propriétaire des thermes de Vernet-les-Bains. « Ramener le remboursement des cures de 65 % à 15 %, alors même que les curistes financent déjà beaucoup, hébergement, transport, etc., ça revient à supprimer le thermalisme en France. 70 % des stations thermales sont des villes de moins de 5 000 habitants, souvent moins de 3 000 habitants. C’est le cas de Vernet-les-Bains. Si vous supprimez l’ensemble des curistes qui y vont, vous fermez la pharmacie, vous fermez plein de commerces qui vivent en grande partie du thermalisme. Des régions entières, des villes entières, vont être complètement sinistrées ».

Le maire de Vernet-les-Bains, Pierre Serra, confirme : « Dans le nom même de notre ville, les bains apparaissent. C’est quelque chose qui est vraiment central dans l’économie locale ». Et l’élu s’inquiète aussi de la « négation des incidences positives que le thermalisme a sur la santé, des conséquences sur la santé publique du déremboursement », avec tous les autres coûts que cela pourrait générer pour la prise en charge des pathologies actuellement traitées par les cures (prescription de médicaments, de séances de kiné, etc…).

Les bienfaits du thermalisme, Léa Roblot, enseignante en activité physique adaptée, les constate au quotidien dans sa pratique professionnelle. Elle est saisonnière depuis cinq ans au sein du groupe La Chaîne Thermale du Soleil (Amélie-les-Bains, Le Boulou, La Preste, Molitg-les-Bains, dans les Pyrénées-Orientales), d’abord à Amélie, puis à Gréoux-les-Bains. Elle ne « comprend pas » pourquoi la mesure revient encore et encore dans les projets de budget. Et avec elle, les inquiétudes pour l’emploi dans le secteur. « Si les cures sont moins remboursées ou déremboursées, il y aura moins de curistes, donc moins de besoins d’emploi. Les saisonniers ont peur d’avoir moins de propositions d’emplois ou de ne pas être repris d’une année sur l’autre ».

Marie Rouarch (Ici – PyrénéesOrientales, le 19 octobre 2026)

« On veut la mort de nos territoires » : cri d’alarme du thermalisme (L’Indep)

Ils dénoncent un « déremboursement déguisé des cures thermales », Marie Costa, maire d’Amélie-les-Bains, troisième commune thermale de France, pointe une mesure du projet de loi 2027 de financement de la sécurité sociale. L’État vise 200 millions d’euros d’économie, elle dénonce une purge pour l’économie locale.

Le diable se cache dans les détails. C’est en tout cas de ce que dénoncent les acteurs du thermalisme à la lecture attentive du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour l’année 2027. « Un plan de licenciement de 25 000 personnes en France est en marche. Un chiffre digne de la sidérurgie lorraine et nordiste », pointe Marie Costa. La maire d’Amélie-les-Bains, première station thermale des Pyrénées Orientales et troisième de France, insiste « l’enterrement des villes qui vivent de leurs eaux est commandé, ni fleurs, ni couronnes. juste une vague passe aux mutuelles ». Quel est le déclencheur de ce cri d’alarme de la présidente de la Fédération thermale d’Occitanie ? « Un déremboursement des cures qui ne dit pas son nom ». Précisément, une intervention du ministre de la Santé, Stéphane Rist, le 8 octobre. Devant la Caisse nationale d’assurance maladie, il annonçait que 200 millions d’euros de dépenses de cures thermales seraient transférés vers les mutuelles santé. Détail de poids pour le secteur: ces mutuelles n’ont aucune obligation de prise en charge. Conséquences probables selon le Conseil national des établissements thermaux : « Un non- déremboursement des cures ou une hausse des cotisations ».

Un coup de frein brutal à l’activité déjà impactée en 2026, avec, par exemple, une chute de 3 000 curistes à Amélie ou de 500 à La Preste. « Les cures thermales représentent 0,1 % du budget de l’Assurance maladie pour 8,3 millions de journées de soins », resitue Marie Costa. « Pour une économie estimée à 200 millions d’euros serait remise en cause l’existence même de la médecine thermale. De quoi tuer nos communes et nos vallées excentrées déjà frappées par les tragédies ordinaires de la ruralité ».

Sur le Vallespir, le thermalisme pèse 1 500 emplois directs et indirects. Le Conflent avec Vernet-les-Bains et Molitg, est aussi concerné. Au-delà des thermes, l’économie du thermalisme irrigue les commerces, les hébergements, les offres culturelles et de loisirs…

« On veut la mort de nos territoires. Pourtant, le thermalisme n’est pas délocalisable et il est durable. De plus, cette économie de 200 millions espérée serait marginale et rapidement explosée par les coûts des médicaments, des hospitalisations et des consultations qui devront s’y substituer. Chaque année, près de 500 000 patients atteints de maladie chronique trouvent dans nos thermes : un traitement durable et naturel », ajoute la maire d’Amélie-les-Bains. « Peu importerait donc que les cures soulagent les maux, confortent le capital santé, génèrent des millions d’économies indirectes en termes d’actes médicaux et de médicaments. Peu importeraient donc leurs poids dans l’économie locale. Peu importerait donc que les fragiliser revienne à aggraver la désertification médicale et économique de nos campagnes… Nous disons non au déremboursement déguisé des cures thermales », mobilise Marie Costa, prête à lancer une journée ville thermale morte si besoin.

L’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale a débuté ce lundi 12 octobre en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Son vote, devant une Assemblée tendue et divisée, est prévu mardi

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 13 octobre 2026)

Conseil départemental : de Saint-Estève à Port-Vendres en passant par Perpignan, l’avenir des collèges des Pyrénées-Orientales suscite le débat (L’Indep)

La session du conseil départemental qui s’est tenue ce jeudi 1er octobre à Perpignan a notamment été marquée par un débat autour de l’avenir des collèges du département. La situation du collège Albert-Camus de Perpignan, dont le projet de reconstruction tarde à aboutir, et celle de son homologue de Saint-Estève, qui attend d’être rénové « depuis 2005 », ont notamment été évoquées.

L’avenir des collèges du département a suscité d’intéressants échanges lors de la session du conseil départemental de ce jeudi 1er octobre. Pas moins de trois points de l’ordre du jour étaient consacrés au sujet. A priori, il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Il s’agissait de voter les dotations attribuées à chacun des 32 collèges publics du département (4,13 millions d’euros en tout pour 2027) et d’acter les évolutions, déjà rendues publiques, qu’a connues le projet de nouvel établissement en cours de construction à Claira. En clair : l’augmentation de son coût prévisionnel qui est passé de 26,5 millions d’euros en 2019 à 36,5 millions d’euros aujourd’hui, ainsi que le fait qu’il n’ouvrira qu’à la rentrée prochaine et non en 2024 comme initialement annoncé.

Saint-Estève : le maire annonce un blocage du collège

Cependant, le débat a vite dévié sur les collèges en attente de chantiers. La réaction la plus musclée est venue du conseiller départemental d’opposition et maire de Saint-Estève, Robert Vila. « Pour le collège de Saint-Estève, la première délibération date de 2005 », a-t-il rappelé. « À l’époque, la rénovation aurait coûté 12 millions d’euros, mais aujourd’hui, ce serait le double. Le carrelage se décolle dans la cuisine, les personnels ne peuvent plus y loger car il y a de l’amiante partout… Les travaux devaient débuter en 2027 et maintenant, on nous annonce 2028. La durée prévisionnelle du chantier est de quatre ans, ce qui nous mène à 2032. Lundi, je vous annonce un blocage de la part des collégiens. Cela fait 25 ans qu’ils attendent d’avoir un collège conforme aux normes actuelles. Vous n’avez pas été bons sur le planning. »

La présidente socialiste de l’assemblée, Hermeline Malherbe, a esquissé un début de réponse : « Nous avons rencontré des difficultés par rapport au recrutement de personnes qualifiées pour le suivi des travaux. » Puis, la vice-présidente en charge des collèges, Marie-Pierre Sadourny, s’est chargée de compléter : « Le maître d’ouvrage et les services techniques du conseil départemental présenteront l’avant-projet sommaire (APS) le 9 octobre prochain. Il s’agira d’une restructuration en site occupé, ce qui rajoute de la complexité. Nous n’avons pas priorisé d’autres établissements. »

Albert-Camus : la reconstruction « en stand-by »

L’élue communiste Françoise Fiter s’est pour sa part interrogée sur le projet de reconstruction du collège Camus de Perpignan, dont l’un des objectifs est de recréer de la mixité sociale au sein de cet établissement classé en réseau d’éducation prioritaire. « Nous avons voté en faveur de cette reconstruction il y a plusieurs années, mais le projet est resté en stand-by car la mairie de Perpignan ne nous met pas de terrain à disposition », a-t-elle déploré. « On y travaille, on vous tiendra au courant », lui a rétorqué la conseillère départementale d’opposition Isabelle de Noëll-Marchesan, par ailleurs adjointe au maire de Perpignan, en l’absence de Louis Aliot qui siège également dans l’opposition.

Pour finir sur une note positive, Robert Garrabé a pour sa part rappelé lors de la discussion que les problèmes qui s’étaient posés concernant le projet de collège du Boulou étaient « résolus ». Aux dernières nouvelles, son ouverture était prévue pour septembre 2029.

« Menace » sur le collège de Port-Vendres ?

Également élu départemental, le maire de Port-Vendres, Grégory Marty, a quant à lui fait part lors du débat de ses inquiétudes concernant l’avenir du collège implanté sur sa commune. « Le collège de Port-Vendres n’affiche plus que 285 élèves, alors que quand j’y étais (autour de l’année 1990, NDLR), on était pratiquement 700, a resitué l’édile. Il faudrait peut-être réfléchir sur la carte scolaire. Si on perd 50 élèves l’an prochain et encore 50 l’année d’après, on va se retrouver sous les 200. Il y a une menace. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Elne. Le changement de nom du ciné René-Vautier fait réagir (L’Indep)

La municipalité a décidé, lors du conseil municipal du 22 septembre, de reprendre l’établissement en régie municipale et de le renommer La bobine illibérienne. Ce changement de nom fait doublement réagir, même.

Le PCF dénonce cette décision municipale et explique que ce changement de dénomination ne constitue pas un simple choix administratif. « René Vautier était un résistant et un cinéaste engagé dont l’œuvre a notamment abordé les questions du colonialisme, du racisme, des guerres et des injustices sociales ». Dans son communiqué le PCF d’Elne précise que « cette question dépasse le seul nom d’un équipement culturel. Elle concerne la manière dont une commune choisit de transmettre son histoire et de faire vivre sa mémoire collective ».

Même son de cloche pour les élus d’opposition d’Elne(*) qui dénoncent la décision et qui reprochent à la municipalité de Steve Fortel de vouloir « exercer un droit de regard sur la programmation avec notamment l’annonce d’une volonté d’écarter certains films considérés comme engagés ». De rajouter : « Ces décisions posent la question de l’indépendance de la programmation et de la place accordée à la création cinématographique, au débat d’idées et à la diversité culturelle dans un équipement public ».

Ils donnent rendez-vous ce vendredi 2 octobre à 18h30 devant le cinéma Vautier, parvis de l’espace Gavroche, « à tous ceux et celles qui souhaitent défendre un cinéma ouvert, indépendant, accessible à tous et respectueux de la liberté de programmation ».

L’Indépendant, le 1er octobre 2026

(*) II s’agit là d’Annabelle Aranda, Roland Castanier, Abdoul Diop, François Fernandez, Virginie Gosa, Andre Trives.

L’éditorial du Travailleur Catalan par Évelyne Bordet. Le RN entre au Sénat par la grande porte… Cherchez l’erreur !

Les élections sénatoriales du 27 septembre ont renouvelé 178 sièges au Palais du Luxembourg.

Pour le groupe Communiste Républicain Citoyen Écologiste – Kanaky (CRCE-K), le scrutin permet de conserver les quatre sièges remis en jeu. Marie-Claude Varaillas, Céline Brulin, Gérard Lahellec et Jérémy Bacchi sont réélus. Le groupe maintient ainsi ses dix-huit élus, et c’est heureux…

Mais derrière cette stabilité se dessine une réalité politique qui interroge : l’irruption du Rassemblement national au Sénat.

Pour la première fois de son histoire, le RN y constitue son propre groupe. De quoi lui donner les moyens d’avancer ses pions au Sénat, en multipliant les passerelles avec la droite et en tentant de rebattre les cartes du paysage politique à son avantage. Vive préoccupation au sein du groupe CRCE-K. « Tout le monde sous-estime ce que représente l’arrivée de l’extrême droite au Sénat », s’inquiète Cécile Cukierman présidente du groupe. « Nous les combattrons, pied à pied, sur le fond, comme nous le faisons dans l’ensemble des collectivités où nous sommes élus. »

Cet événement ne saurait être considéré comme un simple épisode électoral. À sept mois de l’élection présidentielle, il traduit de manière inquiétante une progression de l’implantation territoriale du RN. Dans plusieurs départements, notamment les Bouches-du-Rhône, le Gard, l’Hérault et le Vaucluse, ses résultats en témoignent.

Cette intrusion du RN au Sénat questionne notre société et salit notre Histoire. Le parti d’extrême droite ne se contente pas de progresser dans les urnes : il s’installe durablement dans les institutions de la République. À quel moment la légitimité devient-elle immorale ?

Une autre question se pose désormais avec acuité : jusqu’où ira la porosité entre l’extrême droite et une partie de la droite sénatoriale ? Chaque rapprochement, chaque convergence, chaque compromis sera scruté avec la plus grande vigilance. Pas de complaisance. Pas de d’arrangement. La bataille parlementaire qui s’annonce devra être celle du refus de la banalisation. Le refus de nous laisser anesthésier par cette imposture…

Collèges : jusqu’à 35 degrés dans certaines classes la semaine dernière (L’Indep)

Le syndicat d’enseignants Snes-FSU tire la sonnette d’alarme concernant la température dans les collèges qui a encore dépassé les 30 degrés dans plusieurs établissements la semaine passée. Un seuil au-delà duquel des risques pour la santé existent.

Jusqu’à 35 degrés dans certaines salles au collège de Rivesaltes, 34,5°C au collège Sévigné de Perpignan, autour de 32°C à Camus, Jean-Moulin ou Pagnol, ainsi qu’à Cabestany, Port-Vendres ou Saint-André… Selon les relevés récoltés par le syndicat d’enseignants du secondaire Snes-FSU, une semaine après la rentrée, la température reste suffocante dans de nombreuses classes de collèges des Pyrénées-Orientales. Sans compter des taux d’humidité dépassant parfois les 50 % qui accroissent encore la sensation de chaleur.

« Les conséquences du changement climatique sont bien plus fortes que ce à quoi s’attendaient les pouvoirs publics », alerte l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Ignacio Valenzuela. « Les périodes de fortes chaleurs s’allongent. Les conditions de travail et d’apprentissage sont plus que dégradées et mettent en danger la santé des enseignants et des élèves. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), pour le travail de bureau, le risque existe des que la température de-passe les 30 degrés. »

Le fait que le ministère de l’Éducation annonce fin juin, en pleine canicule, un fonds de 50 millions d’euros dédié au diagnostic et à l’équipement du bâti scolaire pour en retrancher 40 millions d’euros en septembre n’est pas pour calmer l’ire du syndicat.

« C’est inacceptable », juge Ignacio Valenzuela. « On est conscients qu’adapter le bâti constitue un investissement important et que les collectivités ne peuvent pas tout financer toutes seules. Ce désengagement de l’État est scandaleux Nous ne demandons pas forcément la climatisation. L’adaptation du bâti scolaire peut aussi passer par l’installation d’ombrières ou la végétalisation. Ce qu’on veut, c’est une amélioration des ambiances thermiques et quand cela n’est pas possible, un aménagement des horaires. »

De son côté, la vice-présidente du conseil départemental en charge des collèges, Marie-Pierre Sadourny, assure que la collectivité est bien résolue à résoudre la problématique. Avec des dispositifs à cout, moyen et long termes « Le travail sur la végétalisation des cours est dores et déjà engagé. Nous avons aussi commencé à poser des filtres anti-UV ainsi que des brise-soleil sur les fenêtres et nous allons débloquer dès octobre 60 000 euros supplémentaires sur le budget 2026 pour que les établissements puissent acheter des équipements de rafraichissement et des brasseurs d’air », détaille l’élue concernant le court terme.

En cette rentrée, Marie-Pierre Sadourny annonce également des mesures plus ambitieuses, mais à moins brève échéance : « Dès l’année prochaine, nous allons commencer à climatiser les restaurants scolaires, ainsi que les centres de documentation et d’information (CDI) ou les salles polyvalentes afin de faire des lieux refuges, où pourraient également se dérouler les épreuves du brevet. Dans les salles de classe les plus exposées, nous allons également coupler les ventilateurs de plafond à des dispositifs de circulation de l’air, qui permettront de faire baisser la température de 3 ou 4 degrés. »

Entre 2028 et 2030, l’ensemble des lieux de refuge devraient être mis en place et dix premiers établissements équipés de nouvelles centrales de traitement de l’air. Entre toutes les mesures prévues sur la période, l’investissement prévisionnel s’élève à 4,6 millions d’euros.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 septembre 2026)

35 a 40 millions d’euros nécessaires pour le « tout clim »

En plus des mesures à court et moyen termes, le conseil départemental travaille également sur une trajectoire de « tout clim » qui s’étalerait sur plusieurs années. Il a même déjà chiffré le coût d’une telle opération, qui comprendrait également des travaux d’isolation, d’extension de préaux et de végétalisation, à 35 ou 40 millions d’euros pour les 31 collèges publics des Pyrénées-Orientales. « Mais il faut encore que nous travaillions le budget et que nous abondions les lignes de trésorerie », précise Marie-Pierre Sadourny. « À ce stade, l’État pourrait apporter 10 000 euros par établissement. C’est sûr qu’il faudrait plus… Plus l’État nous accompagnera et plus nous pourrons mener à bien ce projet rapidement. »

À noter : le nouveau collège en cours de construction à Claira et celui en projet au Boulou seront équipés d’office de systèmes de brassage, de centrales de traitement de l’air et de zones refuges climatisées.

En Occitanie, des trains électriques pour remplacer les trains Diesel (L’Indep)

Déjà emprunté par des trains hybrides et a hydrogène, le réseau ferré régional aiguille désormais des trains électriques à batteries lithium. La première rame du genre commence une période de tests de deux ans dans le Gard.

Nouvelle innovation sur les rails d’Occitanie. Depuis ce 31 août 2026, un train liO équipé par Alstom circule sur la ligne Nîmes-Vauvert à l’énergie électrique. Il s’agit d’une locomotive diesel « retrofitée » (transformée) en électrique grâce à des batteries au lithium-ion. Doté d’une autonomie dépassant les 80 kilomètres, ce train récupère aussi l’énergie produite lors du freinage pour la stocker. A la clé : jusqu’à 20 % d’économies d’énergie. Enfin, la propulsion électrique offre un meilleur confort aux voyageurs puisqu’elle est plus siliencieuse.

Décarboner le transport ferroviaire

Cette nouvelle génération de rames est issue d’un programme d’innovations porté par cinq Régions: Occitanie, Sud, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Nouvelle-Aquitaine ainsi que SNCF Voyageurs et Alstom. D’un coût total de 41 millions d’euros (6 millions financés par l’Occitanie, 6 millions par SNCF Voyageurs, 5,5 millions par Alstom), il vise à « aller encore plus loin dans la décarbonation du transport ferroviaire » en expérimentant « la première génération de matériels roulants à batteries, à l’échelle nationale ». Des matériels « plus sobres énergétiquement que les matériels précédents et sans émission directe de CO2 ».

L’Occitanie est la seule région française à expérimenter, bientôt simultanément, trois technologies réductrices d’émissions polluantes : un train hybride trimode électrique diesel-batterie autour de Toulouse, a hydrogène entre Montréjeau et Luchon et donc électrique à batteries lithium-ion dans le Gard.

Pour la présidente d’Occitanie, Carole Delga, cette innovation « va de pair avec une ambition très concrète : développer le service public ferroviaire. Sur la ligne Nîmes-Vauvert, ce nouveau train permet ainsi d’augmenter l’offre avec deux allers-retours de plus en semaine. Nous préparons des aujourd’hui le ferroviaire de demain ».

Du côté d’Alstom, on souligne « une étape importante dans le développement de solutions ferroviaires plus durables ». Frédéric Wiscart, président de la région France BeLux chez Alstom, voit en cette innovation « l’illustration concrète de la manière dont le ferroviaire peut poursuivre sa transition vers des transports toujours plus performants et plus sobres en énergie ».

Le déploiement de ces nouvelles rames aux autres départements d’Occitanie n’est pas encore programmé. La phase d’expérimentation, qui durera au moins deux ans, ne fait que débuter. Toute-fois, le vice-président d’Occitanie en charge des Transports, Jean-Luc Gibelin, assure que les premiers enseignements pourront être tirés dans six mois.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 2 septembre 2026)

Communiqué de Mathias Blanc et Françoise Fiter, élus de gauche « Perpignan Autrement » au conseil municipal

Nous venons de recevoir du greffe du Tribunal administratif de Montpellier l’avis d’audience dans le cadre du recours déposé par Agnès Langevine et l’ensemble de ses colistiers contre les opérations électorales du 15 mars dernier à Perpignan.

Il sera rappelé qu’aux termes de cette protestation, il est notamment demandé l’annulation de l’intégralité des bulletins de la liste « Perpignan Autrement ».

Évidemment, nous avons d’ores et déjà très largement répondu aux attaques formulées contre notre liste par un mémoire en défense.

Mais au-delà de la réponse juridique, en ce qu’il vise « Perpignan Autrement », nous considérons ce recours, tant dans son dépôt que dans son maintien, comme un énième coup porté à la nécessaire union de la gauche, des progressistes et des citoyens à Perpignan. Nous le déplorons.

En ce qui nous concerne, fidèles à la démarche de « Perpignan Autrement », dans un esprit d’ouverture, en transparence et loyauté, nous continuerons, dans le respect de la démocratie militante, à rassembler la gauche sur le terrain et à nous battre contre les manœuvres mortifères de division qui font le jeu du RN et de l’union des droites.

L’audience publique du Tribunal administratif se tiendra le 17 septembre prochain à 9h, 6, rue Pitot à Montpellier (Salle Languedoc).

Le renouveau de la gauche, comme celui de certaines pratiques politiques, est possible.

Ille-sur-Têt. Des citoyens qui veulent être entendu (L’Indep)

« On ne va rien lâcher. » Opposés à une décision municipale de fermer voire même de raser les jardins familiaux qu’ils entretiennent en famille depuis des décennies, des habitants d’Ille-sur-Têt et leurs soutiens ont passé la seconde, quelques jours après avoir déploré cette décision.

Hier matin, sous les fenêtres de l’hôtel de ville, ils ont organisé une manifestation et fait entendre leur mécontentement. Plus que l’émoi encore de voir disparaître leur « petit coin de jardin pour prendre l’air », « ce lieu de liberté », « ce bout de terre qui joue un vrai rôle économique et social », les riverains concernés y ont déploré « le manque de communication du maire ». Si d’ici un mois leurs appels du pied restent lettre morte, ils seraient prêts à envisager de nouvelles actions.

« Nous sommes des Illois, des citoyens qui veulent être entendus », martèle Leticia. « Nous sommes ouverts au dialogue », renchérit Fatima. « Que le maire vienne à notre rencontre, que l’on ait des explications ». « Nous avons tenté à plusieurs reprises de rentrer en contact avec lui ou de prendre rendez-vous en mairie. Rien », assurent les deux jeunes femmes.

« Nous avons des animaux qui vivent aux jardins familiaux. Nous voudrions savoir ce que nous allons faire d’eux si nous devons partir », anticipent les intéressées. « Autre chose », poursuivent-elles. « Nous avons appris, depuis l’incendie de Trévillach (qui a parcouru près de 5 000 hectares dont une partie à Ile-sur-Têt, NDLR), que les jardins familiaux sont sur un couloir de feu. Nous voulons assurer au maire que nous sommes prêts à payer la location des jardins tous les mois pour continuer à les entretenir, et même à payer les travaux pour mieux les aménager. »

« Si le maire ne nous répond pas, nous avons réfléchi à comment nous mobiliser d’ici un mois », préviennent-ils. Ainsi, outre de nouvelles demandes de rendez-vous, « pourquoi pas organiser une réunion publique avec la mairie invitée », ou encore « une grande manifestation paysanne de pair avec un syndicat paysan. Pour mettre un nouveau coup de pression ».

Contacté à plusieurs reprises hier, le maire d’Ille-sur-Têt n’a pas donné suite à nos sollicitations. Interrogé par l’Indépendant la semaine dernière, il évoquait la possibilité de déplacer six familles vers des « parcelles disponibles dans les autres jardins familiaux Henry Demay ». Il avait aussi précisé que la mairie cherchait « une solution pour satisfaire » les trois dernières familles qui n’auraient pas encore pu être relogées.

Laura Causanillas (L’Indépendant, le 4 août 2026)