En Occitanie, des trains électriques pour remplacer les trains Diesel (L’Indep)

Déjà emprunté par des trains hybrides et a hydrogène, le réseau ferré régional aiguille désormais des trains électriques à batteries lithium. La première rame du genre commence une période de tests de deux ans dans le Gard.

Nouvelle innovation sur les rails d’Occitanie. Depuis ce 31 août 2026, un train liO équipé par Alstom circule sur la ligne Nîmes-Vauvert à l’énergie électrique. Il s’agit d’une locomotive diesel « retrofitée » (transformée) en électrique grâce à des batteries au lithium-ion. Doté d’une autonomie dépassant les 80 kilomètres, ce train récupère aussi l’énergie produite lors du freinage pour la stocker. A la clé : jusqu’à 20 % d’économies d’énergie. Enfin, la propulsion électrique offre un meilleur confort aux voyageurs puisqu’elle est plus siliencieuse.

Décarboner le transport ferroviaire

Cette nouvelle génération de rames est issue d’un programme d’innovations porté par cinq Régions: Occitanie, Sud, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Nouvelle-Aquitaine ainsi que SNCF Voyageurs et Alstom. D’un coût total de 41 millions d’euros (6 millions financés par l’Occitanie, 6 millions par SNCF Voyageurs, 5,5 millions par Alstom), il vise à « aller encore plus loin dans la décarbonation du transport ferroviaire » en expérimentant « la première génération de matériels roulants à batteries, à l’échelle nationale ». Des matériels « plus sobres énergétiquement que les matériels précédents et sans émission directe de CO2 ».

L’Occitanie est la seule région française à expérimenter, bientôt simultanément, trois technologies réductrices d’émissions polluantes : un train hybride trimode électrique diesel-batterie autour de Toulouse, a hydrogène entre Montréjeau et Luchon et donc électrique à batteries lithium-ion dans le Gard.

Pour la présidente d’Occitanie, Carole Delga, cette innovation « va de pair avec une ambition très concrète : développer le service public ferroviaire. Sur la ligne Nîmes-Vauvert, ce nouveau train permet ainsi d’augmenter l’offre avec deux allers-retours de plus en semaine. Nous préparons des aujourd’hui le ferroviaire de demain ».

Du côté d’Alstom, on souligne « une étape importante dans le développement de solutions ferroviaires plus durables ». Frédéric Wiscart, président de la région France BeLux chez Alstom, voit en cette innovation « l’illustration concrète de la manière dont le ferroviaire peut poursuivre sa transition vers des transports toujours plus performants et plus sobres en énergie ».

Le déploiement de ces nouvelles rames aux autres départements d’Occitanie n’est pas encore programmé. La phase d’expérimentation, qui durera au moins deux ans, ne fait que débuter. Toute-fois, le vice-président d’Occitanie en charge des Transports, Jean-Luc Gibelin, assure que les premiers enseignements pourront être tirés dans six mois.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 2 septembre 2026)

Communiqué de Mathias Blanc et Françoise Fiter, élus de gauche « Perpignan Autrement » au conseil municipal

Nous venons de recevoir du greffe du Tribunal administratif de Montpellier l’avis d’audience dans le cadre du recours déposé par Agnès Langevine et l’ensemble de ses colistiers contre les opérations électorales du 15 mars dernier à Perpignan.

Il sera rappelé qu’aux termes de cette protestation, il est notamment demandé l’annulation de l’intégralité des bulletins de la liste « Perpignan Autrement ».

Évidemment, nous avons d’ores et déjà très largement répondu aux attaques formulées contre notre liste par un mémoire en défense.

Mais au-delà de la réponse juridique, en ce qu’il vise « Perpignan Autrement », nous considérons ce recours, tant dans son dépôt que dans son maintien, comme un énième coup porté à la nécessaire union de la gauche, des progressistes et des citoyens à Perpignan. Nous le déplorons.

En ce qui nous concerne, fidèles à la démarche de « Perpignan Autrement », dans un esprit d’ouverture, en transparence et loyauté, nous continuerons, dans le respect de la démocratie militante, à rassembler la gauche sur le terrain et à nous battre contre les manœuvres mortifères de division qui font le jeu du RN et de l’union des droites.

L’audience publique du Tribunal administratif se tiendra le 17 septembre prochain à 9h, 6, rue Pitot à Montpellier (Salle Languedoc).

Le renouveau de la gauche, comme celui de certaines pratiques politiques, est possible.

Ille-sur-Têt. Des citoyens qui veulent être entendu (L’Indep)

« On ne va rien lâcher. » Opposés à une décision municipale de fermer voire même de raser les jardins familiaux qu’ils entretiennent en famille depuis des décennies, des habitants d’Ille-sur-Têt et leurs soutiens ont passé la seconde, quelques jours après avoir déploré cette décision.

Hier matin, sous les fenêtres de l’hôtel de ville, ils ont organisé une manifestation et fait entendre leur mécontentement. Plus que l’émoi encore de voir disparaître leur « petit coin de jardin pour prendre l’air », « ce lieu de liberté », « ce bout de terre qui joue un vrai rôle économique et social », les riverains concernés y ont déploré « le manque de communication du maire ». Si d’ici un mois leurs appels du pied restent lettre morte, ils seraient prêts à envisager de nouvelles actions.

« Nous sommes des Illois, des citoyens qui veulent être entendus », martèle Leticia. « Nous sommes ouverts au dialogue », renchérit Fatima. « Que le maire vienne à notre rencontre, que l’on ait des explications ». « Nous avons tenté à plusieurs reprises de rentrer en contact avec lui ou de prendre rendez-vous en mairie. Rien », assurent les deux jeunes femmes.

« Nous avons des animaux qui vivent aux jardins familiaux. Nous voudrions savoir ce que nous allons faire d’eux si nous devons partir », anticipent les intéressées. « Autre chose », poursuivent-elles. « Nous avons appris, depuis l’incendie de Trévillach (qui a parcouru près de 5 000 hectares dont une partie à Ile-sur-Têt, NDLR), que les jardins familiaux sont sur un couloir de feu. Nous voulons assurer au maire que nous sommes prêts à payer la location des jardins tous les mois pour continuer à les entretenir, et même à payer les travaux pour mieux les aménager. »

« Si le maire ne nous répond pas, nous avons réfléchi à comment nous mobiliser d’ici un mois », préviennent-ils. Ainsi, outre de nouvelles demandes de rendez-vous, « pourquoi pas organiser une réunion publique avec la mairie invitée », ou encore « une grande manifestation paysanne de pair avec un syndicat paysan. Pour mettre un nouveau coup de pression ».

Contacté à plusieurs reprises hier, le maire d’Ille-sur-Têt n’a pas donné suite à nos sollicitations. Interrogé par l’Indépendant la semaine dernière, il évoquait la possibilité de déplacer six familles vers des « parcelles disponibles dans les autres jardins familiaux Henry Demay ». Il avait aussi précisé que la mairie cherchait « une solution pour satisfaire » les trois dernières familles qui n’auraient pas encore pu être relogées.

Laura Causanillas (L’Indépendant, le 4 août 2026)

Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

Des maires et adjoints à la Culture de toute la France interpellent le président de la République

Alors que notre pays est confronté à un mur budgétaire historique, chacun mesure la nécessité de contribuer à l’effort collectif de redressement des finances publiques.

Les collectivités territoriales comme les institutions culturelles qu’elles soutiennent en partenariat avec l’État n’ont jamais ignoré cette exigence. Depuis de nombreuses années, elles ont fait preuve d’esprit de grande responsabilité en assumant leur part des ajustements budgétaires tout en maintenant des services publics essentiels au quotidien de nos concitoyens, comme celui de la culture, et en poursuivant sans relâche leur mission de démocratisation culturelle au service de tous les publics.

C’est dans ce contexte que nous avons appris avec effroi l’annonce d’une réduction sans précédent des subventions de l’État destinées à 28 institutions culturelles majeures engagées sur nos territoires. Un tel arbitrage, brutal et sans concertation préalable, s’ajouterait à une première coupe effectuée sur les budgets culturels de l’État dans les Régions en avril. S’il était confirmé dans les semaines qui viennent, ses conséquences seraient immédiates et désastreuses.

Celle et ceux qui prennent ces décisions à un stade aussi tardif de l’année ont-ils vraiment mesuré leurs conséquences sur la pérennité de ces institutions, alors même que les programmations artistiques sont actées, les contrats signés et les dépenses largement engagées et incompressibles ?

De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions. En effet, déjà fragilisées par plusieurs années de tensions inflationnistes et budgétaires, elles seraient confrontées à des arbitrages impossibles : annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou, dans les situations les plus critiques, remise en cause de leur activité même.

Celles et ceux qui prennent ces décisions radicales ont-ils mesuré que les contributions demandées constituent une entreprise de démolition alors qu’elles n’auront en réalité aucun effet sensible sur la réduction du déficit de l’État ?

C’est un prix totalement disproportionné que l’on ferait payer à la culture en raison de la dérive des finances de l’État. La conduite des finances publiques ne peut reposer sur des décisions imposées, sans prévisibilité pour les établissements, et au mépris des engagements déjà contractés et de la confiance qui doit présider aux relations entre l’État et ses partenaires.

Monsieur le Président de la République, ne laissez pas s’accomplir cette atteinte aux fondations de la décentralisation culturelle engagée par André Malraux. N’hypothéquez pas l’avenir des équipes artistiques et techniques qui œuvrent sur les territoires. Ne donnez pas quitus à ce qui constituerait un reniement du pacte culturel républicain avec les territoires et avec tous ses publics.

Monsieur le Président de la République, sachez que nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle. Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée.

Monsieur le Président de la République, la France a toujours puisé une part de sa force dans sa création, dans ses artistes et dans ses institutions culturelles. En faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle, qu’ils réduisent les fractures sociales et territoriales, élèvent le niveau de connaissance et d’émancipation de nos concitoyens, créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires.

Préserver cet héritage et réfléchir à son avenir est une responsabilité que nous nous devons de partager collectivement.

  • Raphaël Adam – Maire de la Ville de Nanterre
  • Rozenn Andro – Adjointe à la culture Ville de Rennes, Présidente du conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne
  • Nathalie Appéré – Maire de la Ville de Rennes, Présidente de Rennes Métropole
  • Bally Bagayoko – Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte
  • Xavier Bertrand – Président de la région Hauts-de-France
  • Nathalie Bois-Huyghe – Adjointe au Maire de la Ville de Bordeaux chargée de la culture et des mémoires
  • Sofia Boutrih – Adjointe au Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte en charge de la culture, de l’événementiel et des grands rendez-vous populaires
  • Laurent Cathala – Maire de la Ville de Créteil et Président de Grand Paris Sud Est Avenir
  • Claire Chazal – Vice-présidente de l’Opéra de Lyon
  • Thomas Cazenave – Maire de la Ville de Bordeaux
  • Mickael Delafosse – Maire de la Ville de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole
  • Arnaud Deslandes – Maire de la Ville de Lille
  • Pauline Diaz – Adjointe au Maire de la Ville de Villeurbanne déléguée à la culture et aux droits culturels
  • Agnès Dolhem – Adjointe à la culture de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair
  • Grégory Doucet – Maire de la Ville de Lyon
  • Anne Fahmy – Présidente de l’Opéra National de Bordeaux, Adjointe au maire de la Ville de Bordeaux chargée de l’éducation, de l’enfance et des politiques alimentaires
  • Emmanuel Grégoire – Maire de la Ville de Paris
  • Sylvie Hubac – Présidente de l’Opéra de Lyon
  • Sylvie Jacq – Vice-Présidente du conseil départemental du Calvados en charge de la culture
  • Pierre Jakubowicz – Adjoint à la culture, au patrimoine et aux arts de la Ville de Strasbourg, Président de l’Opéra national du Rhin, Président de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg
  • Régis Juanico – Maire de la Ville de Saint-Étienne, Président de Saint-Étienne Métropole
  • Sofienne Karroumi – Maire de la Ville d’Aubervilliers, Vice-Président de Plaine Commune
  • Guillaume Lissy – Président de Grenoble Alpes Métropole
  • Bertrand Masson – Président de l’Opéra national de Nancy – Lorraine et adjoint à la culture de la Ville de Nancy
  • Alexis Monge – Adjoint à la vie culturelle et aux arts Ville de Grenoble
  • Hervé Morin – Président de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen et de la Région Normandie
  • Jean-Luc Moudenc – Maire de la Ville de Toulouse et Président de Toulouse Métropole
  • Patrick Nicolle – Adjoint à la culture de la Ville de Caen
  • Aristide Olivier – Maire de la Ville de Caen
  • Benoît Payan – Maire de la Ville de Marseille
  • Florence Portelli – Présidente de l’Orchestre national d’Île-de-France, Présidente déléguée de la Région Île-de-France en charge de la culture, du patrimoine, de la création et de la francophonie
  • Philomène Récamier – Adjointe à la Culture de la Ville de Lyon
  • Cécile Renault – Présidente de la MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis
  • Agnès Robin – Adjointe à la Culture de la Ville de Montpellier, administratrice de l’OONMO
  • Arnaud Robinet – Maire de la Ville de Reims
  • Sylvie Robert – Sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Membre du Conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne
  • Johanna Rolland – Maire de la Ville de Nantes, Présidente de Nantes Métropole
  • Laurence Ruffin – Maire de la Ville de Grenoble
  • Florian Sitbon – Adjoint au Maire de la Ville de Paris chargé de la culture
  • Catherine Trautmann – Maire de la Ville de Strasbourg, Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, ancienne ministre de la Culture
  • Rodolphe Thomas – Maire de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair, Vice-président de la Région Normandie
  • Stéphane Troussel – Président du Département de la Seine-Saint-Denis
  • Laetitia Valentin – Adjointe chargée des arts et cultures, Ville de Saint-Étienne
  • Cédric Van Styvendael – Maire de la Ville de Villeurbanne
  • Nicole Yardeni – Adjointe à la Culture, Ville de Toulouse, Présidente de l’Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national