La grève de ce jeudi est espérée massive à Perpignan où syndicats, lycéens, étudiants, retraités, travailleurs, surveillants pénitentiaires ou encore Gilets jaunes devaient se retrouver pour manifester dès 10h place Catalogne. Mais les perturbations devraient commencer bien avant. Le point.
« Nous attendons la manifestation la plus grande, la plus importante de l’année, peut-être même depuis les retraites », le secrétaire général de la CGT des Pyrénées-Orientales, Julien Berthélémy, trépigne. Le jeudi 5 novembre est marqué dans son agenda depuis longtemps. Et il n’est pas le seul. Une intersyndicale a appelé depuis des semaines à une grève générale ce jeudi et à une manifestation.
Ces syndicats espèrent faire de ce rendez-vous social le point d’orgue d’une colère qui gronde depuis des semaines. Depuis la fin septembre, précisément, et le début des mouvements lycéens. Ce jeudi, ils devraient être nombreux à battre le pavé pour dénoncer, entre autres, la vie chère. Syndicats, lycéens, étudiants, retraités, travailleurs, surveillants pénitentiaires ou encore Gilets jaunes devraient se retrouver dans la rue.
À Perpignan, le rendez-vous est officiellement donné place Catalogne à 10h d’où partiront les protestataires pour emprunter les grands boulevards. Mais dès 9h, un pré-cortège décollera du bâtiment d’Enedis, route de Prades, pour aller chercher symboliquement les cheminots à la gare de Perpignan, avant de se rendre place Catalogne.
Pour les bus, « les retours seront susceptibles d’être adaptés ou suspendus »
Tôt dans la matinée aussi, de nombreux établissements scolaires devraient être bloqués à Perpignan. Le lycée Lurçat, mais aussi Maillol ou Arago pourraient être concernés. Les représentants de l’Union syndicale lycéenne avaient en tout cas annoncé concentrer leurs efforts sur ce jeudi pour organiser un blocage le plus général possible.
Dans ce contexte, l’université de Perpignan a pris ses dispositions en fermant ses portes pour toute la journée. Côté transports, le réseau de bus Sankeo sera perturbé. La compagnie de transports annonçait ce mercredi suspendre la desserte du centre-ville dès 9h du matin le lendemain. Et, ce, « jusqu’à la levée des dispositifs de sécurité ». L’ensemble des lignes scolaires de Sankeo seront maintenues le matin.
« Les retours de l’après-midi seront susceptibles d’être adaptés ou suspendus en fonction des conditions de sécurité aux abords des établissements scolaires, notamment des lycées et selon les consignes communiquées par les forces de l’ordre », précisaient ce mercredi soir les services de Sankeo.
Sur les rails, SNCF Voyageurs prévoyait également de nombreuses perturbations sur le trafic, toute la journée.
Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 5 novembre 2026)
Le préfet promet « un dispositif massif des forces de l’ordre »
Le préfet a publié, ce mercredi, plusieurs arrêtés pour encadrer cette manifestation officiellement déclarée auprès des services de l’État.
La grève de ce jeudi ne se fera pas sans quelques règles strictes édictées par le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe.
Le représentant de l’État, qui a tapé du poing sur la table après les débordements en marge de la mobilisation du samedi 17 octobre, n’a pas franchement envie de desserrer la vis pour ce nouveau rendez-vous social qui devrait réunir syndicats, lycéens, étudiants ou encore Gilets jaunes.
Il assure maintenir « un dispositif opérationnel massif des forces de l’ordre ». Il précise vouloir « garantir l’exercice du droit de manifester, prévenir les actes de violence et de dégradation, préserver la tranquillité publique, notamment dans le centre-ville de Perpignan et permettre aux commerçants de poursuivre leur activité dans les meilleures conditions de sécurité ».
Contrairement aux mobilisations du samedi, le cortège de la manifestation, qui doit s’élancer de la place Catalogne ce jeudi à 10h, a bel et bien été déclaré en préfecture par l’intersyndicale. De ce fait, elle est autorisée par les services de l’État. Elle sera également encadrée par les forces de police, à l’inverse des mobilisations du samedi où le préfet avait refusé « de faire la nounou des manifestants non déclarés ».
Plus de 200 forces de l’ordre mobilisées
Le préfet indique déployer « des effectifs massifs, comparables dans leur ampleur à ceux mobilisés à l’occasion du samedi 31 octobre ». Ce jour-là, plus de 200 policiers nationaux, gendarmes et policiers municipaux avaient été mobilisés. « Des colonnes agiles de maintien de l’ordre seront opérationnelles, pour faire échec immédiatement aux éventuelles violences ou dégradations, qui ne seront pas tolérées », souligne encore la préfecture. Des contrôles pourront également se tenir sur l’ensemble du département.
Pas de couvre-feu pour les mineurs
Les syndicats organisateurs de cette nouvelle journée de contestation sociale ont défini un tracé qui ne traverse pas l’hypercentre de Perpignan. Pour éviter des scissions du cortège ou des mouvements qui se rendraient en cœur de ville, Pierre Regnault de la Mothe a une nouvelle fois interdit par arrêté les manifestations dans l’hypercentre, pour cette journée du jeudi 5 novembre.
Deux autres arrêtés, déjà en vigueur lors des mouvements du samedi, ont aussi été renouvelés. A savoir : l’interdiction du port et du transport d’objets pouvant constituer une arme et des restrictions relatives aux artifices et aux bidons d’essence. Pour cette dernière décision, « sur l’ensemble du département, la vente, la cession, l’utilisation, le port et le transport d’artifices, d’articles pyrotechniques (y compris les mortiers) et de bidons de carburant sont interdits du jeudi 5 novembre 8h jusqu’au vendredi 13 novembre 8h », détaillent les services de l’État.
Seul le couvre-feu pour les mineurs, instauré les deux précédents samedis de mobilisation, n’a pas été remis en vigueur pour ce jeudi.
D. S. (L’Indépendant, le 5 novembre 2026)
