Indésirable à Elne, le cinéaste René Vautier mis à l’honneur au Castillet

Le réalisateur René Vautier, dont le nom a été retiré d’un cinéma à Elne par le maire d’extrême droite Steve Fortel, sera célébré à Perpignan. Du 12 au 18 novembre, le cinéma Le Castillet mettra en avant ses œuvres lors de la « Semaine cinéma et liberté ». L’entrée sera gratuite et un débat entre maires est envisagé.

Indésirable à Elne, où le maire d’extrême droite Steve Fortel a décidé de débaptiser le cinéma qui porte son nom, le réalisateur français René Vautier, décédé en 2015, sera mis à l’honneur à Perpignan. Jacques Font, le propriétaire du cinéma Le Castillet, au centre-ville, a en effet décidé de mettre son œuvre en avant à l’occasion d’une Semaine cinéma et liberté, du 12 au 18 novembre prochain.

Ancien résistant communiste, cinéaste engagé, Vautier a privilégié les documentaires militants sur l’Afrique ou les luttes ouvrières aux œuvres de fiction, même s’il reçoit l’Ours d’argent au festival de Berlin en 1958 pour Les Anneaux d’or.

Mais c’est en Algérie, où il rejoint l’ALN (Armée de libération nationale) au sein de laquelle il filme la guerre du côté des combattants pour l’indépendance, qu’il réalise ses œuvres les plus fortes. En 1972, après la guerre, il signe « Avoir vingt
ans dans les Aurès »
, un des premiers et rares films faits en France sur la guerre d’Algérie. C’est ce parcours qui a été sanctionné par le maire d’Elne, Steve Fortel, estimant normal de retirer le nom de quelqu’un « qui a soutenu le FLN ».

Gilles Manceron, historien spécialiste de la période coloniale et rédacteur en chef du journal de la Ligue des droits de l’homme, a contacté Jacques Font pour organiser cet événement. « Une salle sera spécialement dédiée à son œuvre et diffusera tous ses films pendant la semaine. L’entrée sera d’ailleurs gratuite », explique Jacques Font qui travaille à un programme plus précis. Il envisage notamment d’organiser un débat entre les maires des trois villes de la plaine disposant d’un cinéma: Elne, donc, Argelès et Cabestany. Une démarche clairement politique.

Pierre Mathis (L’Indépendant, le 17 octobre 2026)

Appel citoyen à manifester le 17 octobre : à quoi s’attendre ? (L’Indep)

Dans le cadre de l’appel national à la mobilisation lancé pour ce samedi 17 octobre, plusieurs rendez-vous sont évoqués à Perpignan et dans ses environs. Le plus partagé concernait un rassemblement prévu ce samedi a 10h30 sur la place de la République. Mais le préfet a interdit cette manifestation hier. Dans la foulée, de nouveaux appels donnant rendez-vous à la même heure au pied du Castillet se sont mis à circuler.

L’appel initial à se mobiliser dans toute la France contre la hausse des prix des carburants ce samedi 17 octobre serait parti courant septembre d’un compte Tik tok anonyme. Depuis, le mouvement s’est élargi à d’autres revendications et a fait des émules aux quatre coins du pays. Et notamment dans les Pyrénées-Orientales, où un appel à se rassembler ce samedi, à 10h30, sur la place de la République a été largement diffusé sur les ré seaux sociaux. « Les revendications tournent autour de la vie chère, des retraites, des étudiants et des violences policières », résumait ce mercredi une « simple citoyenne » occupée à distribuer des tracts annonçant la mobilisation en centre-ville de Perpignan.

Coup de théâtre: ce vendredi, en fin d’après-midi, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Régnault de la Mothe, a annoncé qu’il avait pris un arrété pour interdire toute manifestation ce samedi entre 7 heures et 14 heures sur la place de la République. Du coup, de nouveaux appels qui donnent rendez-vous le même jour à 10h30 au pied du Castillet se sont mis à circuler.

S’ils ne sont pas organisateurs, certains syndicats soutiennent le mouvement. « Sur Perpignan, tout reste pour l’instant très flou, mais nous soutenons la mobilisation des jeunes et il y en aura samedi », explique par exemple le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « Pour nous la priorité, c’est le 5 novembre, mais celles et ceux qui veulent aller manifester ce samedi au Castillet le peuvent. Personnellement, j’y serai, mais sans drapeau ni chasuble, à titre citoyen ».

« Avec l’inflation, on a pris une grosse claque »

Le président du mouvement étudiant Union progressiste, Gabriel, est dans le même état d’esprit : « On va aller voir comment ça se passe. On participe à la même dynamique. Quand on a vu le tract qui circulait, sur lequel il y avait beaucoup de drapeaux français, on a craint une récupération de la mobilisation, mais on va aller tâter le terrain. Certains camarades lycéens devraient être là aussi. »

L’animateur local de la France insoumise, Francis Daspe, scrute également le mouvement de près. « Pour l’heure, ça reste très gazeux et confus », juge-t-il lui aussi. « On va y aller et voir ce qui se dit. C’est comme pour les Gilets jaunes Au départ, on ne savait pas de quel côté ça tournerait. Mais a priori, les motifs de contestation (le pouvoir d’achat, le manque de démocratie, le partage des richesses…) sont bons ».

Du côté des Gilets jaunes « historiques » de Perpignan aussi, les mots d’ordre mis en avant semblent trouver un écho. « Pas mal de gens parlaient du rassemblement prévu place de la République, confirme l’un d’entre eux. D’autres actions sont également prévues tout au long de la journée, notamment autour des ronds points. Quand nous étions sortis, en 2018, le carburant était à 1,40 euro le litre. Là, il est à 2,30 euros. On a pris une grosse claque. Avec les salaires qui stagnent et l’inflation, on ne s’en sort plus. »

Hormis la manifestation prévue au pied du Castillet, les sites internet recensant les mobilisations annoncées dans l’Hexagone ce 17 octobre mentionnent également des rendez-vous place Arago (10 heures) et place Catalogne (14 heures), ou encore des actions aux péages autoroutiers de Perpignan Sud et Nord, ainsi qu’à celui du Boulou. La mise en place d’un « barrage filtrant » à 8 heures dans le secteur de la gare y est également évoquée. Reste à savoir si ces initiatives se concrétiseront.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 17 octobre 2026)

La préfecture interdit de manifester place de la République à Perpignan

Ce vendredi après-midi, la préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé avoir pris un arrêté interdisant les manifestations place de la République à Perpignan. « Afin de garantir la sécurité des personnes, la libre circulation et le bon déroulement du marché hebdomadaire, un arrêté préfectoral interdit les manifestations place de la République à Perpignan, samedi 17 octobre de 7 heures à 14 heures », écrit la préfecture, faisant suite à l’annonce sur les réseaux sociaux d’un rassemblement annoncé à 10h30 sur ce même lieu.

« Cette mesure est strictement limitée à cette place et à cette plage horaire. Elle n’emporte pas de conséquences pour le reste de la journée ni pour le reste du département. Le droit de manifester est une liberté fondamentale Son exercice doit toutefois respecter le cadre légal en vigueur », ajoute l’institution.

La préfecture des P.-O. rappelle les conséquences de non-application de la loi : « Les manifestations sur la voie publique sont soumises à une déclaration préalable dans les conditions prévues par la loi. Le non-respect de cette obligation est passible de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende. Par ailleurs, la participation à une manifestation interdite par un arrêté régulier est passible d’une contravention de 4e classe, soit 750 € maximum. »

Laura Morales (L’Indépendant, le 17 octobre 2026)

« On se moque de nous » : dépassés par l’inflation, les retraités font entendre leur colère à Perpignan (L’Indep)

Ce mercredi, en fin de matinée, près d’une centaine de retraites en colère ont défilé dans les rues de Perpignan. Pour réclamer une augmentation des retraites complémentaires du privé à même de rattraper l’inflation, tout en protestant contre le projet de budget 2027.

Ils étaient autour de 80 retraités à défiler ce mercredi matin en centre-ville de Perpignan. Première étape : le siège local du Mouvement des entreprises de France (Medef). Les manifestants entendaient ainsi mettre la pression sur le patronat alors qu’a Paris les négociations autour de l’augmentation des retraites complémentaires du privé (Agirc-Arrco) battaient leur plein. « Nous dénonçons le gel du point d’indice pour 2026 et demandons un rattrapage au niveau de l’inflation », résumait en fin de matinée le secrétaire départemental de la CGT Retraités, Eugène Rios. « L’Agirc-Arrco a une réserve financière de 91 milliards d’euros. Il n’y a pas de raison de ne pas augmenter les retraites complémentaires du privé. » Surtout avec la hausse des prix de l’énergie, de la nourriture et du carburant qui touche les retraités au même titre que le reste de la population.

Après s’être rejoints devant le Medef, les manifestants se sont rendus devant la préfecture pour mettre l’accent sur la seconde revendication du jour : la dénonciation du projet de budget 2027. « Un budget de régression sociale », qui prévoit notamment de « désindexer de l’inflation les pensions de base à partir de 1 200 euros brut, alors que c’est encore en dessous du seuil de pauvreté ».

Ce mercredi, quelques lycéens et étudiants en lutte s’étaient également associés au cortège. « Nous sommes là pour soutenir nos papis et nos mamies. Pour tout ce qu’ils ont accompli, ils méritent de vivre dignement », a estimé au micro Luna, la secrétaire générale du mouvement étudiant Union progressiste.

Épilogue de la mobilisation : en fin de journée, les négociations menées au siège parisien de l’Agirc-Arrco ont débouché sur une augmentation des retraites complémentaires du privé à hauteur de 1,4 % au 1er novembre 2026. Insuffisant aux yeux d’Eugène Rios. « L’inflation est à plus de 2 %. Ils se moquent de nous ! », juge-t-il. Avant d’annoncer qu’une délégation de retraités catalans sera bien présente à Paris pour participer à la manifestation prévue le 19 novembre.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 15 octobre 2026)

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4134 – vendredi 16 octobre 2026)

L’édito de René Granmont. La lutte continue…
Matinée de réflexion sur le Travailleur Catalan et repas solidaire

Focus

Mobilisations. Un mouvement qui s’élargit
Interview

Événement

La pauvreté en France
Secours catholique. Une aide financière, un accompagnement
Secours catholique. Caritas France
Une jeunesse plongée dans la précarité
La banque alimentaire
Dans les Pyrénées-Orientales
Alénya. Au palmier solidaire
Secours populaire français. La solidarité en action
UNCAS. Le cri d’alarme des centres communaux d’action sociale
Restos du cœur. Plus de 160 000 repas servis !
PCF 66. Mettre le capital à la diète

Département

Incendie 2026. Un débriefing accablant
Coup de gueule. Hypocrisie
Fonction publique. La CGT 66 en ordre de marche
Une manifestation sereine mais déterminée
Raphaël Gluskman vainqueur de la primaire de la gauche social-démocrate

Sport

Top 14. Le sac de gemecs vannetais endort l’USAP

Culture

Où sortir ?
Hommage. Michèle Audin, une surdouée
Alénya. Le phénomène OSAR
Exposition. Tichadou et son Bestiaire
Ciné. Justin le Juste
Amis d’Alain Marinaro. Parfum de Russie
Mémorial. Une mémoire vivante

France

Santé. Pesticides à vie ?

Monde

Espagne. Le coup de poker de Pedro Sànchez

Histoire

Idées. Et les Lumières, à nouveau, furent… avec Léa Ypi

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Mouvement des lycéens : « On en a assez des promesses non-tenues » (L’Indep)

Ce mardi 13 octobre, la mobilisation lycéenne s’est poursuivie, en France, mais aussi à Perpignan, où plusieurs centaines de personnes ont battu le pavé pour continuer à exprimer leurs revendications et dénoncer leur situation.

Ils étaient environ 800 à être descendus dans les mes perpignanaises, ce mardi 13 octobre. C’est bien moins que lors des précédents rendez-vous, mais les lycéens ont su, malgré tout, se faire entendre. Il était aux alentours de 10h40 lorsque ces derniers sont arrivés sur la place de la Victoire, au pied du Castillet, pour rejoindre les syndicats déjà présents sur les lieux.

Ce n’est que quelques minutes plus tard que le cortège, une fois rassemblé, s’est mis en marche en direction du Quai Jean de Lattre de Tassigny pour rejoindre le boulevard des Pyrénées. Les manifestants sont ensuite passés devant la place de Catalogne pour accéder au boulevard Georges Clemenceau et se rendre à nouveau au Castillet lors d’une marche où aucun débordement ne semble avoir été constaté.

Vers 12h30, une délégation composée de l’Union syndicale lycéenne (USL), du mouvement étudiant Union progressiste ainsi que de syndicats enseignants, a quant à elle été reçue par le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de La Mothe.

Des dénonciations

Mais avant cela, les manifestants ont organisé une prise de parole devant la préfecture. Si ces derniers ont une nouvelle fois fait part de leurs revendications, comme le manque de professeurs ou encore la suppression de Parcoursup, ils en ont également profité pour dénoncer leur situation.

Pour l’Union syndicale lycéenne du lycée Pablo Picasso, « on en a assez des réunions, des convocations et des promesses non-tenues, car rien ne change ». Tandis que pour le lycée Arago on dénonçait « l’administration de notre établissement qui cherche à nous faire taire. »

Durant ces prises de parole, les forces de l’ordre ont également été ciblées, que ce soit en raison des nombreuses arrestations qui ont eu lieu en France ou des violences dont elles font l’objet d’accusations. Un point que les lycéens ont également souhaité faire remonter au préfet.

« On veut évoquer les violences policières, mais aussi la pression que subissent des élèves de la part de leur établissement, avec la levée des absences liées au mouvement et nos revendications », a résumé Louise de l’USL pour le lycée Jean Lurçat. « Aucune sanction ne doit être portée aux lycéens qui sont présents durant les manifestations Il ne faut pas que cela leur porte préjudice, notamment avec Parcoursup », a réclamé Éloïse Chenus, de l’Unsa.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 14 octobre 2026)

« Les revendications des jeunes sont légitimes » : lycéens, étudiants, parents et enseignants de retour dans la rue (L’Indep)

Ce mardi 13 octobre, la quasi-totalité des syndicats d’enseignants présents dans le département appellent à manifester avec les lycéens et les étudiants à Perpignan. Selon eux, les revendications des élèves sont plus que légitimes et le gouvernement se doit d’y apporter une réponse.

L’appel est quasiment unanime du côté des syndicats d’enseignants. Et la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) soutient également la journée d’action de ce mardi, lors de laquelle une manifestation, organisée conjointement avec l’Union syndicale lycéenne et le mouvement étudiant Union progressiste, partira à 10h30 de la place de la Victoire pour effectuer une boucle en centre-ville.

Manque de professeurs, d’infirmières ou de psychologues scolaires, emplois du temps « intenables », salles vétustes, difficultés liées à la plateforme d’orientation Parcoursup…

Depuis deux semaines, les lycéens mobilisés font remonter leurs doléances. Pratiquement en vain à leurs yeux, hormis quelques « mesurettes ». « Il y a toujours une absence totale de réponse satisfaisante du gouvernement à leurs revendications, que nous partageons toutes », s’énerve Marc Moliner, du Snes-FSU.

Nicolas Ribo, de la CGT Éduc’action, est sur la même ligne : « Jusqu’à présent, la seule réponse du gouvernement, c’est la répression, qui n’a jamais été aussi forte depuis 1968. C’est inacceptable. Il faut une réponse globale, un plan d’investissement pour créer des postes d’enseignants, améliorer les conditions d’accueil et intervenir sur le bâti scolaire ».

Eloïse Chenus, de l’Unsa, reprend la balle au bond : « On a pu constater en cette rentrée entre 34 et 35 degrés dans certaines salles de classe, avec des malaises d’enseignants et d’élèves. C’est gravissime. On est sur une mise en danger des personnels et des élèves, sur une urgence de santé publique ».

Les enseignants confirment aussi les dires de leurs élèves concernant la plateforme d’orientation Parcoursup, « qui renforce les inégalités d’accès aux études supérieures ». Ou encore pour ce qui est des journées à rallonge liées à la réforme du lycée (des cours de 8h à 18h avec parfois des trous de plusieurs heures au milieu de la journée). « Les problèmes d’emploi du temps que dénoncent les élèves sont souvent moqués, mais ils ont une base structurelle forte. C’est cette réforme qui les a engendrés », estime Léa Docus, de Sud Éducation.

« La répression est extrême alors que les revendications des jeunes sont légitimes. C’est insupportable », résume Véronique Busson, de la CNT. Alors que Kader Benmouffok, du syndicat FO des collèges et lycées évoque « une rupture du contrat social » : « Le droit de manifester est un droit constitutionnel et le gouvernement se doit de répondre aux revendications autrement que par la répression ». Les syndicats réclament également que les absences des élèves lors des mobilisations ne soient plus considérées comme injustifiées, afin que cela ne handicape pas leur orientation.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 13 octobre 2026)

« On ne peut pas continuer à laisser les retraités perdre du pouvoir d’achat » (L’Indep)

Ce mercredi, les retraités des Pyrénées-Orientales sont appelés à se mobiliser à Perpignan pour réclamer une revalorisation de leurs pensions complémentaires.

Les retraités comptent bien faire entendre leur voix. Ce mercredi 14 octobre, à l’occasion d’une journée de mobilisation nationale, les organisations syndicales des Pyrénées-Orientales appellent à se rassembler à Perpignan.

Le rendez-vous est fixé à 10h30 devant le Medef. Puis, à 11h30 devant la préfecture. Une date pas vraiment choisie au hasard puisque, ce jour-là, le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco (le régime de retraite complémentaire des salariés du privé) doit se prononcer sur l’évolution des pensions complémentaires pour l’année à venir.

Pour Chantal Argence, de la FSU Retraités et de la Fédération générale des retraités (FGR), l’enjeu est clair. « Il faut préserver le pouvoir d’achat d’une population confrontée à la hausse des dépenses du quotidien. Les retraités ne peuvent pas être la variable d’ajustement. Les prix augmentent, mais les pensions ne suivent pas au même rythme », martèle-t-elle.

Même constat pour Eugène Rios, représentant de la CGT Retraités 66 qui pointe du doigt « les années sans augmentation significative des pensions complémentaires ». Après une revalorisation de 1,6 % en 2023 et deux années sans revalorisation, ç’en est trop. « On ne peut pas continuer à laisser les retraités perdre du pouvoir d’achat pendant que le coût de la vie grimpe. Nous demandons une revalorisation à la hauteur de ce qu’ils ont perdu », souligne-t-il.

Les syndicats avancent plusieurs revendications. À commencer par une hausse immédiate de 5 %, un rattrapage de 1 % au titre de 2025, une augmentation de 2,6 % pour préserver le pouvoir d’achat en 2026, ainsi que 2 % supplémentaires pour compenser une partie des pertes accumulées depuis 2020.

Les retraités des P.-O. à Paris

Pour Jean-Pierre Terradas, de l’association Loisirs solidarité retraite (LSR), « la retraite doit permettre de vivre dignement, mais aussi de conserver une vie sociale. Être retraité, ce n’est pas simplement payer ses factures et rester chez soi. On doit pouvoir sortir, partir quelques jours, voir ses proches et participer à la vie collective ».

Au-delà de ce mercredi 14 octobre, les retraités entendent poursuivre leur mobilisation dans les prochaines semaines. Les mercredi 18 et jeudi 19 novembre, les Catalans doivent ainsi rejoindre la manifestation nationale à Paris.

Driss Chait (L’Indépendant, le 13 octobre 2026)

Cabestany. Le tribunal administratif rejette le recours déposé par l’opposition (L’Indep)

Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté, jeudi 8 octobre, le recours déposé par Olivier Mas et six colistiers du groupe « Cabestany nouvelle vague », visant à faire annuler les élections municipales des 15 et 22 mars à Cabestany. Selon la maire, Édith Pugnet, aucun des griefs soulevés n’a été retenu par la juridiction. Édith Pugnet, dont la liste a obtenu plus de 56 % des voix, estime que cette décision « confirme le respect des règles démocratiques » et indique vouloir poursuivre son action au service des habitants.

L’Indépendant, le 10 octobre 2026

Mouvement lycéen. L’allocution de Sébastien Lecornu n’a pas convaincu à Perpignan (L’Indep)

À Perpignan, l’allocution que le Premier ministre Sébastien Lecornu a prononcée hier en début de soirée sur fond de contestation lycéenne et étudiante ne semble avoir convaincu ni les élèves, ni leurs professeurs. Les appels a la mobilisation sont maintenus.

Si l’on en croit les réactions à chaud des principaux intéressés, le discours du Premier ministre n’a pas atteint son objectif. En tout cas pas à Perpignan. Pour résumer, lors de son allocution, après avoir mis l’accent sur les dispositifs mis en place pour recueillir les doléances des élèves (plateforme sur internet, temps de concertation dans les lycées…), Sébastien Lecomu a rapidement listé les chantiers qu’il comptait lancer, du remplacement des profs absents à Parcoursup, en passant par l’amélioration du bâti ou l’organisation du temps scolaire. Il a également indiqué que des mesures seraient annoncées d’ici la fin du mois d’octobre.

« Je trouve qu’il y a surtout du blabla », juge le référent fédéral de l’Union syndicale lycéenne, Alban, élève au lycée Jean-Lurçat. « Nous, on attend des réponses concrètes. On va continuer la mobilisation jusqu’à ce qu’on en obtienne. Sébastien Lecomu parle d’1,2 milliard d’euros en plus pour l’éducation dans le budget 2027. Si ça suffisait, ça se saurait… Dans le même budget, ils prévoient plus de 700 suppressions de postes dans le secondaire. »

La secrétaire générale du mouvement étudiant perpignanais Union progressiste, Lana, reste elle aussi sceptique. « Ce discours n’a pas répondu à nos attentes », indique-t-elle. « On a l’impression qu’il vise seulement à calmer la situation. Il dit que nous aurons des réponses fin octobre, sauf que nous, on voudrait des mesures rapidement. Les paroles, ça ne nous suffit plus ! On veut du changement maintenant. On aurait aussi souhaité une reconnaissance des violences policières. »

Le co-secrétaire départemental du syndicat d’enseignants Snes-FSU Marc Moliner estime également que l’allocution du Premier ministre présente de nombreuses lacunes. « Finalement, il n’annonce rien », fustige-t-il. « C’est clairement de l’enfumage. Il dit qu’il prend au sérieux les lycéens et qu’ils ont le droit de manifester, sauf que derrière, quand il s’agit de répondre à leurs revendications, il n’y a rien. Soit il renvoie à Internet avec la mise en place d’une plateforme pour que les lycéens puissent s’exprimer, soit il renvoie aux temps de concertation organisés dans les établissements avec les proviseurs et les enseignants. Mais c’est au gouvernement d’apporter des réponses politiques et budgétaires, ce qu’il n’a pas fait. De plus, ce genre de consultations, on a déjà vu ce que ça donnait avec celle organisée après le mouvement des Gilets jaunes ou avec la convention citoyenne sur le climat. »

Le Snes-FSU appelle donc « à poursuivre et amplifier la mobilisation par la manifestation et la grève, en étant aux côtés des lycéens ce jeudi ». Les syndicats d’enseignants sont également en train de préparer une nouvelle journée d’action pour la semaine prochaine.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 8 octobre 2026)

Les campus de l’université fermés ce jeudi

Hier matin, la situation est restée calme devant les lycées de la ville. Du côté de l’université, sur le campus du Moulin-a-Vent, les étudiants mobilisés ont comme prévu bloqué l’entrée principale et plusieurs autres accès à partir de 6h30, avec l’aide de lycéens. Ici aussi, tout s’est déroulé dans le calme. La direction a reçu les porte-parole du mouvement étudiant Union progressiste dans la matinée. Ces derniers réclamaient que les journées soient banalisées (que les élèves absents ne soient pas sanctionnes) jusqu’à vendredi inclus pour leur permettre d’apporter leur soutien a la mobilisation des lycéens. En début d’après-midi, la direction a publié un communiqué indiquant que l’ensemble des activités de l’université seraient suspendues sur les campus du Moulin-à-Vent et Mailly ce jeudi 8 octobre. Tandis que les 9 et 10 octobre, l’ensemble des campus seront ouverts, mais les journées banalisées sur les sites perturbés.

L’Indépendant, le 8 octobre 2026