Grève des travailleurs de l’Enfance catalane (L’Indep)

Ce mercredi 4 novembre à 8h, une quinzaine de salariés de l’Enfance catalane étaient mobilisés devant le siège de l’association pour dénoncer leurs conditions de travail qui se dégradent et la hausse du coût de la vie.

Des journées très longues, des interventions trop espacées créant des temps d’attente non payés, des remboursements pour l’essence minimes, des avances de frais… La liste des revendications des salariés en grève de l’Enfance catalane ce mercredi 4 novembre matin, devant le siège de l’association à Perpignan, à l’appel de la CGT, est bien fournie. Michelle Bakekolo, salariée et représentante du personnel mobilisé, revient sur ce ras-le-bol des Techniciennes d’intervention sociale et familiale (TISF). Dans le cadre de la protection de l’enfance, ces personnels agissent auprès des enfants et des familles du département sui-vis, mais sont rattachés à la branche d’aide à domicile.

« Notre activité ne correspond pas à la convention collective des aides à domicile. Nous demandons de passer sous la convention 60, a laquelle sont rattachés les éducateurs spécialisés avec lesquels nous travaillons. » Michelle Bakekolo précise qu’aujourd’hui « une TISF de l’enfance diplômée à temps complet gagne 1 682 euros net ». Un changement de convention permettrait de basculer sur une grille salariale plus avantageuse selon elle.

Une autre revendication des grévistes, qui étaient ce mercredi matin une quinzaine, est le remboursement de l’essence. « Nous utilisons nos véhicules personnels, sauf le week-end », explique la représentante des salariés. « Le temps entre deux vacations, l’inter-vacation, n’est pas payé et l’essence utilisée pour aller d’un lieu à un autre n’est pas remboursée. Ou vraiment très peu. Et avec le prix de l’essence en hausse, c’est de plus en plus difficile pour nous. Sans oublier l’usure de nos voitures ».

Les grévistes ont été reçus dans le courant de la matinée par le directeur général de l’Enfance catalane, Jean-Louis Coquin, qui s’est dit étonné par cette mobilisation. Précisant que « le rattachement à la convention 66 n’est pas pour lui un sujet, parce que ce n’est pas adapté », il a reconnu que le coût des déplacements pour les salariés était un problème. « Ils ont cependant de moins en moins de frais kilométriques à facturer parce que nous avons onze voitures, financées par le Département, pour 22 salariés ». Sur la question des inter-vacations, le directeur général affirme « qu’il travaille pour réduire ces temps d’attente en reconnaissant le temps passé à la rédaction des rapports et des réunions ». Tout en soulignant que « nous ne sommes pas en capacité de réduire toutes ces contraintes ».

Isabelle Bley (L’Indépendant, le 5 novembre 2026)

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