SNCF. Le secrétaire départemental de la CGT menacé de « mutation disciplinaire » (L’Indep)

Ce mardi 8 septembre, la CGT appelait les cheminots de l’ex-région Languedoc-Roussillon à faire grève. Le syndicat dénonce, entre autres, une situation de sous-effectif et une augmentation du nombre de sanctions disciplinaires. Dans les Pyrénées-Orientales, deux conducteurs du Train jaune, dont le secrétaire général de l’union départementale de la CGT, Julien Berthélémy, sont dans le collimateur de la direction.

Jour de colère ce mardi 8 septembre pour les cheminots de l’ex-région Languedoc-Roussillon. Après un été particulièrement chaud, notamment marqué par « une hausse du nombre d’agressions », les salariés de la SNCF se sont mobilisés pour réclamer des embauches, une amélioration des conditions de travail et « un arrêt du management par la sanction ». En pays catalan, plusieurs lignes ont été impactées, dont notamment celle reliant Perpignan à Port-Bou, celle entre Perpignan et Villefranche et celle du Train jaune.

Il faut dire que cette dernière est aux premières loges concernant les sanctions et menaces de sanctions que dénonce la CGT. Deux conducteurs du Train jaune sont convoqués en conseil de discipline le 17 septembre prochain. Et l’un d’entre eux n’est autre que le secrétaire général de l’union départementale de la CGT des Pyrénées-Orientales, Julien Berthélémy. Ce dernier, à qui la direction reprocherait de ne pas avoir attendu l’autorisation du chef de ligne pour repartir, encourait selon le syndicat « un dernier avertissement avant licenciement, 12 jours de mise à pied et une mutation disciplinaire ». Quant à son collègue, qui aurait fait monter un journaliste en cabine sans autorisation, la sanction proposée prévoirait « un dernier avertissement avant licenciement et 10 jours de mise à pied ».

Selon le secrétaire de la CGT Cheminots de l’ex-région Languedoc-Roussillon, Eric Bringuier, ces deux convocations interviennent dans un contexte d’augmentation du nombre de sanctions à l’encontre des personnels de la SNCF. « Nous avons deux conducteurs concernés sur le Train jaune, mais également des mécaniciens ou des contrôleurs un peu partout dans la région », détaille-t-il. « Des qu’un cheminot sort la tête, la boîte fonctionne à la sanction, ce qui n’était pas le cas avant. Nos militants sont de plus en plus touchés. Certains agents ont peut-être commis une faute. Cela peut arriver. Ce que nous pointons du doigt, c’est le caractère disproportionné des sanctions proposées ».

Cependant, le mouvement de grève de ce mardi ne se cantonnait pas à ce thème. Eric Bringuier dénonce également une situation de sous-effectif mise en lumière par les problématiques rencontrées cet été : « Toute la saison, nous avons eu des problèmes d’effectifs. Tout le monde a souffert de la chaleur. Les voyageurs étaient excédés, notamment en raison de climatisations qui ne fonctionnaient pas, de toilettes qui étaient fermées ou de trains supprimés. Le nombre d’agressions envers les contrôleurs a doublé. On ne peut pas continuer comme ça ». Selon Éric Bringuier, cet été, des trains jugés « sensibles » où l’on met d’habitude deux contrôleurs, seraient partis « avec un seul, voire aucun contrôleur ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 9 septembre 2026)

Contactée, la direction de la SNCF n’a pas souhaité réagir.

Banyuls-sur-Mer. Les vendangeurs réclament des conditions d’accueil dignes (L’Indep)

Près de 80 saisonniers ont manifesté ce samedi 22 août. Vivant sous des tentes ou dans leurs véhicules, ces saisonniers revendiquent des besoins élémentaires.

Environ 80 vendangeurs et sympathisants se sont rassemblés ce samedi 22 août pour faire entendre leurs revendications concernant leurs conditions d’accueil durant la saison. Partis de l’aire de pique-nique de la route des Mas, ils ont ensuite rejoint en cortège le centre-ville et la mairie. À leur demande, des représentants de la CGT des P.-O. étaient présents pour les accompagner dans leur démarche.

Des conditions de vie précaires

Le problème ne date pas d’hier. Une grande partie de ces saisonniers, venus notamment d’Espagne, d’Italie, de Pologne ou d’Allemagne, vivent durant les vendanges dans des véhicules ou sous des tentes, parfois installées dans les vignes.

« Il y a quatre ans, nous étions déjà venus pour la même problématique », rappelle Julien Berthelemy, secrétaire général de la CGT des P.-O. Les revendications portent avant tout sur des besoins élémentaires : disposer d’un lieu ou stationner et dormir, avoir accès à l’eau et à des sanitaires.

Maria, l’une des porte-parole des vendangeurs, évoque une situation devenue plus difficile cette année. « Notre principale revendication, c’est l’accès à l’eau », explique-t-elle. Elle souligne également les difficultés de stationnement, les déplacements imposés à certains campements et un sentiment d’insécurité lié, selon les saisonniers, à plusieurs vols.

L’espoir d’une solution pérenne

Devant la mairie, les manifestants ont rappelé qu’ils ne réclamaient pas un hébergement classique, mais des conditions minimales leur permettant de vivre correctement pendant la saison. Ils souhaitent désormais qu’une solution soit recherchée conjointement entre pouvoirs publics, professionnels de la viticulture et saisonniers.

Des démarches ont été engagées auprès de la mairie et de la préfecture et une rencontre est annoncée la semaine prochaine, avec l’espoir de voir enfin émerger une proposition pérenne et concertée, afin que la question de l’accueil des vendangeurs ne se repose plus chaque année dans les mêmes termes.

Yves Andrieu (L’Indépendant, le 23 août 2026)

La CGT 66 réclame un plan d’urgence face au risque climatique (L’Indép)

Quelques jours après la fin du mégafeu de Trévillach, la CGT des Pyrénées-Orientales tire la sonnette d’alarme et appelle à des investissements massifs.

À peine le mégafeu de Trévillach fixé, la CGT 66 monte au créneau. Hier, lors d’une conférence de presse, le syndicat a dressé un constat alarmant de la situation en Pays catalan. Une situation marquée par la canicule, la sécheresse et les incendies à répétition.

« Plus de quarante jours sans pluie, des températures extrêmes et des incendies de plus en plus violents… Le département connait désormais des conditions qui correspondaient autrefois à une fin de mois d’août. Nous sommes déjà dans le monde de demain. Les moyens, eux, sont restés dans le monde d’hier », lance Nicolas Ribo, de l’Union départementale CGT 66.

Si le syndicat a salué le travail des pompiers, professionnels comme volontaires, il estime que les moyens de lutte ne sont plus adaptés. Et réclame davantage « de bombardiers d’eau, un renforcement des effectifs et une politique ambitieuse de prévention, alors que les friches agricoles liées à la crise viticole favorisent la propagation des flammes ».

Le syndicat a également abordé les conséquences économiques des incendies, entre campings endommages, entreprises à l’arrêt, pertes pour l’agriculture et le tourisme. « Un euro investi dans l’adaptation, c’est entre sept et huit euros économisés demain », fait valoir Nicolas Ribo.

Enfin, la CGT critique les dérogations accordées pour le travail dominical dans le secteur de Trévillach. « Pour la CGT, c’est non. Toutes les occasions sont bonnes pour s attaquer aux droits des salariés. Nous réclamons un véritable plan d’adaptation au changement climatique. »

Driss Chait (L’Indépendant, le 16 juillet 2026)

Communiqué de presse de l’UD CGT 66. Surchauffe – incendies – sècheresse : l’été commence à peine ! Il est urgent d’agir

Le dérèglement climatique se manifeste déjà et impacte fortement notre département. Les fortes chaleurs mettent à rude épreuve les êtres humains, leurs activités économiques mais aussi l’ensemble du vivant. Depuis des années la CGT réclame d’une part des plans ambitieux et des investissements conséquents pour limiter les impacts des activités humaines sur le climat et d’autre part les mesures et moyens nécessaires pour adapter notre société au dérèglement climatique et à ses conséquences (phénomènes extrêmes : canicules, orages, tempêtes, méga feux …). Ne pas agir c’est en payer un coût économique important : 1€ investi dans l’adaptation, c’est entre 7 et 8 euros économisés demain. Le rapport (9 juillet 2026) du Haut conseil pour le climat développe que le dérèglement climatique avance plus vite que notre capacité à y répondre. L’économie de notre territoire, déjà en difficulté par rapport au niveau national, se trouve d’autant plus fragilisée car les deux moteurs économiques que sont le tourisme et l’agriculture sont lourdement impactés par ce changement climatique. Le système de santé est soumis à rude épreuve.

Le bâti notamment le bâti scolaire n’est pas adapté. Chaque année, les examens se déroulent dans des conditions de plus en plus difficiles dans des lieux surchauffés. La climatisation s’avère indispensable dans certaines situations pour palier à l’absence de solution globale. Elle constitue cependant un pansement sur une jambe de bois si le bâtiment n’est pas entièrement pensé, rénové et isolé. La végétalisation des villes est un enjeu tout aussi essentiel. Un avis du conseil économique sociale et environnemental préconise l’accélération des mesures d’adaptation.

Sur le front des incendies, après le méga feu des Corbières dans l’Aude en 2025, c’est au tour de notre département d’être durement impacté par le feu de Canet puis celui de Trévillach. La crise viticole multiplie les friches agricoles ce qui va favoriser l’expansion des feux de forêt dans les années à venir. La CGT souligne le travail des équipes de luttes contre les incendies (professionnel·les et volontaires) qui ont bataillé jour et nuit pour maîtriser ces feux. L’élan de solidarité qui s’est manifesté dans tout le département pour accueillir les sinistré·es montre les valeurs de solidarité de la population catalane et redonne espoir dans une société de plus ne plus fracturée. L’investissement conséquent du conseil départemental (hausse des effectifs, hélicoptère …) n’a cette fois pas suffi face à l’ampleur de cet incendie. Les conséquences économiques sont importantes et se chiffreront à plusieurs dizaines de millions d’euros. À Canet, des campings en partie détruits au début de la saison touristique, l’entreprise Catana touchée mais la catastrophe économique et écologique évitée grâce à une lutte acharnée. Autour d’Illes sur Têt, les conséquences économiques sur la filière agricole sont importantes, les salarié·es en chômage partiel, la ligne SNCF et la route coupée pendant plusieurs jours ont impacté encore une fois les Hauts Cantons. La biodiversité dans ces paysages dévastés a énormément souffert. L’absence de public pour l’étape du Tour de France impacte aussi fortement l’activité économique des villages du Capcir et de la Cerdagne et prouve qu’en cas de crise, l’Etat et ses services sont dans l’incapacité d’assumer simultanément la gestion de la crise et l’organisation d’un événement sportif majeur. L’image du département, en continu sur les chaînes d’information est écornée.

Face à une situation qui empire, les renforts d’été sont de plus en plus difficiles à obtenir car la saison des feux s’étend sur toute l’année dans les départements et concerne de plus en plus de régions françaises. Le manque de canadairs est criant malgré les nombreuses alertes et demandes de la CGT.

Vous retrouverez toutes les propositions de la CGT pour que la prévention, les moyens de lutte et la protection des populations deviennent une priorité des politiques publiques.

Les travailleuses et travailleurs ne doivent pas payer plusieurs fois.

Les conditions climatiques extrêmes qui touchent notre département mettent en difficulté l’ensemble de la population et touche d’autant plus les personnes les plus fragiles. Celles et ceux qui n’ont pas les moyens de rénover leur logement ou vivent dans la précarité.

Les salarié·es sont impacté·es dans leur vie quotidienne mais aussi dans leur travail. Certain·es sont directement exposé·es aux conditions extrêmes ce qui nécessite des mesures adaptées pour protéger leur santé et leur sécurité. Vous trouverez toutes les mesures que la CGT revendique dans le livret environnement. Elles et ils sont doublement exposés quand leur repos est impacté à leur domicile par des nuits trop chaudes pour récupérer correctement. Celles et ceux impacté·es par les incendies ont aussi payé cette crise par du chômage partiel et l’évacuation de leur domicile.

Elles et ils payent encore quand les employeurs avec la bénédiction du préfet dérogent au droit du travail pour « relancer l’économie » des villages sinistrés en autorisant le travail le dimanche. Pour la CGT, c’est NON ! Toutes les occasions sont bonnes pour s’attaquer aux droits des salarié·es déjà fortement impacté·es. Les mêmes employeurs demandaient juste avant l’été la possibilité de déroger au droit du travail pour travailler 70 h au lieu de 35 h par semaine ! Pour la CGT, c’était déjà NON, le préfet engage sa responsabilité en cas d’accident du travail ou de décès comme en Champagne (7 morts à cause de la chaleur en 2023). Travailler sous de fortes chaleurs a des conséquences importantes sur la santé. Alors que des aménagements seraient nécessaires, le préfet préfère que les salarié·es soient davantage exposé·es, quel mépris ! Dans une période où l’adaptation des postes de travail à la canicule est une priorité, ce sont les travailleurs qui vont devoir payer un lourd tribu du développement de l’économie en payant avec leur capital santé dans les métiers les plus précaires et les plus pénibles de notre département.

La CGT fidèle à son engagement apportera toute l’aide nécessaire aux travailleuses et travailleurs pour la défense de leurs droits. Elle continuera à porter un projet de société permettant de répondre à l’urgence sociale et environnementale.

Perpignan, le 13 juillet 2026

P.-О. : les syndicats alertent sur les conditions de transport (L’Indép)

La mobilité dans les Pyrénées-Orientales est un enjeu majeur pour les représentants syndicaux. Ces derniers réclament une LGV mixte, la modernisation des lignes locales et une meilleure cohérence entre train et bus pour dynamiser le territoire.

« La mobilité et le transport occupent une place essentielle dans la vie quotidienne des habitants des Pyrénées-Orientales », ont insisté à plusieurs reprises les représentants des différentes instances syndicales CGT lors d’une conférence de presse ce jeudi 18 juin. Aujourd’hui, il est essentiel selon eux de revoir l’avenir de ces mobilités, pour des questions à la fois « économiques, écologiques et sociales ».

La question du ferroviaire a premièrement été soulevée avec le projet de ligne à grande vitesse reliant Perpignan et Montpellier. « Nous sommes favorables à la LGV à condition qu’elle soit mixte, c’est-à-dire ouverte aux voyageurs comme au fret », ont-ils indiqué. Mais ils demandent également que les futurs TGV « desservent réellement Perpignan » et « répondent aux besoins des usagers du département ».

Parmi les revendications figure la modernisation des lignes existantes, notamment Perpignan-Villefranche, Perpignan-Cerbère et Perpignan-Narbonne, ainsi que la création de « nouvelles haltes ferroviaires ».

Les organisations défendent la réouverture de plusieurs lignes aujourd’hui fermées aux voyageurs, dont celles vers Céret et Quillan. « Dans un département marqué par un fort taux de chômage et de pauvreté, améliorer les transports est un levier essentiel pour permettre aux habitants de travailler, d’étudier ou d’accéder aux soins ».

Les associations ont également mis en avant la complémentarité entre le train et les bus. « Il ne s’agit pas d’opposer les modes de transport mais de construire un maillage cohérent du territoire ». Selon elles, la réouverture de certaines lignes ferroviaires doit s’accompagner d’une adaptation des dessertes routières afin de mieux relier les communes aux gares. « On se retrouve souvent sur des transports qui ne sont pas complémentaires en termes d’horaires. La ligne de Villefranche, par exemple, arrive 5 minutes après le départ des trains ».

Mais à cela s’ajoute une multiplication de la sous-traitance des dépôts. « L’un de nos collègues habite à Arles-sur-Tech et a été affecté au dépôt de Perpignan. Depuis, ses journées se sont considérablement allongées, il dispose de plusieurs heures de coupure mais ne peut pas se permettre de rentrer chez lui ». À cette situation qui « se répète », S’ajoute aussi le manque de climatisation dans les bus, dégradant un peu plus les conditions de travail.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 20 juin 2026)

Perpignan. Fin de la grève au collège Camus (L’Indep)

Hier en fin de matinée, après avoir été reçus à l’inspection académique, les professeurs du collège Camus, en grève depuis lundi matin, ont annonce qu’ils avaient obtenu le maintien du demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) dont le rectorat leur avait annoncé la suppression pour la rentrée prochaine. Les enseignants reprennent le travail ce mercredi matin.

« On a ce qu’on voulait ! » Ce mardi ma-tin, peu avant 11 heures, la délégation d’enseignants qui a été reçue à l’inspection académique est sortie des locaux perpignanais de cette dernière sous les applaudissements des grévistes.

Les représentants des personnels ont finalement obtenu le maintien à temps plein de leurs deux conseillers principaux d’éducation à la rentrée prochaine. « Le demi-poste de conseiller principal d’éducation dont le rectorat nous avait annoncé la suppression est finalement renouvelé pour un an et un quart de poste d’assistant d’éducation (un surveillant, NDLR) nous est attribué du 1er octobre 2026 au 19 février 2027 », détaille l’une des porte-paroles des professeurs du collège. Ces derniers demandaient également l’augmentation du temps de présence sur l’établissement d’une assistante sociale et d’une psychologue. Sur ce point, ils sont toujours dans l’attente d’une décision. Leur principale revendication ayant été satisfaite, les grévistes n’en ont pas moins décidé de reprendre le travail dès ce mercredi matin. « Cependant, pour l’heure, ce demi-poste de CPE, c’est juste pour un an. L’objectif est qu’il soit pérennisé. Nous resterons vigilants l’an prochain », souligne le collectif des enseignants.

À la sortie de l’audience, les représentants des syndicats Snes-FSU et SE-Unsa qui ont accompagné les personnels lors de l’entretien ont salué une « mobilisation exemplaire », qui a permis « de débloquer en très peu de temps une situation particulièrement inconfortable ». Des responsables du Snalc, de la CGT et de Sud étaient également venus témoigner leur soutien aux personnels mobilisés. Tout comme la vice-présidente du conseil départemental Françoise Fiter, qui siège au conseil d’administration du collège Camus.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 17 juin 2026)

« La solidarité internationale est aujourd’hui plus nécessaire que jamais (L’Indep)

Invité du Festival des luttes organisé ce samedi à Elne par la CGT66, Roberto Baradel, secrétaire général du syndicat argentin Suteba, est venu témoigner de la situation sociale en Argentine. L’homme a dressé un constat alarmant sur la condition des travailleurs et des retraités dans son pays. Entretien.

Comment décririez-vous la situation actuelle des travailleurs en Argentine ?

La situation est très complexe. Il y a une perte de pouvoir d’achat très importante. Les retraités sont parmi les plus touchés. Les pensions minimales sont extrêmement faibles et le gouvernement réprime systématiquement leurs mobilisations. Les travailleurs salariés ont également perdu une part importante de leurs revenus et beaucoup ont perdu leur emploi.

Quelles sont les conséquences de cette dégradation ?

Aujourd’hui, même des travailleurs qualifiés sont obligés de chercher un second emploi pour survivre. On voit des enseignants, des chercheurs ou des universitaires conduire pour des plateformes comme Uber après leur journée de travail. Avec un seul salaire, il devient très difficile de vivre dignement.

Vous évoquez aussi un recul des droits sociaux…

Le gouvernement a adopté une réforme du travail qui a supprimé de nombreux droits. La durée légale reste de huit heures par jour, mais certaines dispositions permettent aux employeurs d’imposer davantage d’heures de travail avec des systèmes de compensation qui ne bénéficient pas aux salariés. Il y a également eu des attaques contre le droit de grève.

Ces évolutions sont-elles directement liées à la politique du président Javier Milei ?

Oui. Elles sont la conséquence directe de sa politique économique et sociale. Les effets sont très durs pour les travailleurs, les retraités et les services publics.

Les jeunes Argentins continuent-ils à s’engager dans les syndicats ?

Oui, une partie importante d’entre eux continue à s’engager. Mais après la pandémie, l’extrême droite a mené un travail très efficace sur les réseaux sociaux. Pendant les périodes de confinement, les jeunes étaient davantage isolés et les réseaux sont devenus un terrain privilégié pour diffuser certaines idées.

Pourquoi était-il important pour vous de participer au Festival des luttes de la CGT66 ?

Parce que nous devons renforcer les liens entre les organisations syndicales du monde entier. Nous sommes confrontés à des défis communs. Face à la montée de l’extrême droite et aux attaques contre les droits sociaux, nous devons construire des analyses communes mais aussi des actions communes. La solidarité internationale est aujourd’hui plus nécessaire que jamais.

Recueilli par Driss Chaït (L’Indépendant, le 31 mai 2026)

Un chèque de 20 000 € pour les grévistes des cliniques Elsan

Déléguée syndicale CGT à la clinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany, Anne-Laure Affani a été l’une des figures du mouvement de grève mené pendant près d’un mois avec les salariés de la clinique Saint-Pierre. Lors du Festival des luttes organisé par la CGT66, ce samedi, à Elne, les grévistes ont reçu un chèque de solidarité de 20 000 euros, partagé entre les deux établissements. « Ce chèque représente avant tout la solidarité. Celle des structures de la CGT, des autres syndicats, mais aussi de partis politiques et de simples citoyens qui ont soutenu notre mouvement », souligne Anne-Laure Affani. « Cette aide servira principalement à indemniser les salariés mobilisés pendant plusieurs semaines. L’idée est de verser une petite compensation aux grévistes. »

L’Indépendant, le 31 mai 2026

Pour la CGT 66, la grève « Elsan » était inévitable (L’Indep)

Au lendemain de la fin officielle du conflit social à Saint-Pierre et Médipôle les cégétistes font le point.

« Ce qu’ils ont obtenu, c’est ni plus ni moins une victoire ! » Si, à la sortie de la grève, ce lundi matin, les salariés et délégués syndicats affichaient un constat mitigé d’un mois de grève dans plusieurs établissements de santé du groupe Elsan, Julien Berthélemy, secrétaire départemental CGT 66, se félicitait des résultats obtenus. Entouré de trois camarades grévistes, il tirait le bilan de cette mobilisation syndicale lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi.

Reconduction de la prime d’intéressement pour cinq ans (environ 1 500 € nets), une prime unique de partage de la valeur de 500 € nets, une prime pérenne de 400 € nets et la création de groupes de travail pour parler des conditions de travail : tels sont les quatre acquis « arrachés de haute lutte par les grévistes syndicalistes des cliniques Médipôle et Saint-Pierre », a rappelé Julien Berthélemy.

Au surlendemain de la date officielle de la fin de ce conflit qui aura duré plus d’un mois à Medipôle Saint-Roch et presque un mois à la clinique Saint-Pierre, Julien Berthélemy était entouré d’Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT à la clinique Médipôle Saint-Roch, de Simon Ormeda, militant CGT, et de Sandrine Desmet, infirmière en oncologie et secrétaire générale de la CGT Saint-Pierre. Ils sont revenus sur les évènements. Et sur ces « victoires encore bien fragiles » ont-ils souligné d’une même voix.

« Cette grève était inévitable, les personnels soignants, pressurisés depuis des années sans pouvoir hausser la voix, devaient se soulever » a lâché Simon Ormeda. « Ce qui nous a poussés à tenir le coup contre vents et marées ce sont les encouragements et les soutiens de nos patients, et des passants » a soufflé Sandrine Desmet.

« Certes, il aura fallu 32 jours de grève à Médipôle et 26 jours à Saint-Pierre pour remporter la lutte, mais il y aura incontestablement un avant et un après ce conflit social de mai 2026 », a conclu sobrement le secrétaire départemental CGT 66.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 28 mai 2026)