La CGT 66 réclame un plan d’urgence face au risque climatique (L’Indép)

Quelques jours après la fin du mégafeu de Trévillach, la CGT des Pyrénées-Orientales tire la sonnette d’alarme et appelle à des investissements massifs.

À peine le mégafeu de Trévillach fixé, la CGT 66 monte au créneau. Hier, lors d’une conférence de presse, le syndicat a dressé un constat alarmant de la situation en Pays catalan. Une situation marquée par la canicule, la sécheresse et les incendies à répétition.

« Plus de quarante jours sans pluie, des températures extrêmes et des incendies de plus en plus violents… Le département connait désormais des conditions qui correspondaient autrefois à une fin de mois d’août. Nous sommes déjà dans le monde de demain. Les moyens, eux, sont restés dans le monde d’hier », lance Nicolas Ribo, de l’Union départementale CGT 66.

Si le syndicat a salué le travail des pompiers, professionnels comme volontaires, il estime que les moyens de lutte ne sont plus adaptés. Et réclame davantage « de bombardiers d’eau, un renforcement des effectifs et une politique ambitieuse de prévention, alors que les friches agricoles liées à la crise viticole favorisent la propagation des flammes ».

Le syndicat a également abordé les conséquences économiques des incendies, entre campings endommages, entreprises à l’arrêt, pertes pour l’agriculture et le tourisme. « Un euro investi dans l’adaptation, c’est entre sept et huit euros économisés demain », fait valoir Nicolas Ribo.

Enfin, la CGT critique les dérogations accordées pour le travail dominical dans le secteur de Trévillach. « Pour la CGT, c’est non. Toutes les occasions sont bonnes pour s attaquer aux droits des salariés. Nous réclamons un véritable plan d’adaptation au changement climatique. »

Driss Chait (L’Indépendant, le 16 juillet 2026)

Communiqué de presse de l’UD CGT 66. Surchauffe – incendies – sècheresse : l’été commence à peine ! Il est urgent d’agir

Le dérèglement climatique se manifeste déjà et impacte fortement notre département. Les fortes chaleurs mettent à rude épreuve les êtres humains, leurs activités économiques mais aussi l’ensemble du vivant. Depuis des années la CGT réclame d’une part des plans ambitieux et des investissements conséquents pour limiter les impacts des activités humaines sur le climat et d’autre part les mesures et moyens nécessaires pour adapter notre société au dérèglement climatique et à ses conséquences (phénomènes extrêmes : canicules, orages, tempêtes, méga feux …). Ne pas agir c’est en payer un coût économique important : 1€ investi dans l’adaptation, c’est entre 7 et 8 euros économisés demain. Le rapport (9 juillet 2026) du Haut conseil pour le climat développe que le dérèglement climatique avance plus vite que notre capacité à y répondre. L’économie de notre territoire, déjà en difficulté par rapport au niveau national, se trouve d’autant plus fragilisée car les deux moteurs économiques que sont le tourisme et l’agriculture sont lourdement impactés par ce changement climatique. Le système de santé est soumis à rude épreuve.

Le bâti notamment le bâti scolaire n’est pas adapté. Chaque année, les examens se déroulent dans des conditions de plus en plus difficiles dans des lieux surchauffés. La climatisation s’avère indispensable dans certaines situations pour palier à l’absence de solution globale. Elle constitue cependant un pansement sur une jambe de bois si le bâtiment n’est pas entièrement pensé, rénové et isolé. La végétalisation des villes est un enjeu tout aussi essentiel. Un avis du conseil économique sociale et environnemental préconise l’accélération des mesures d’adaptation.

Sur le front des incendies, après le méga feu des Corbières dans l’Aude en 2025, c’est au tour de notre département d’être durement impacté par le feu de Canet puis celui de Trévillach. La crise viticole multiplie les friches agricoles ce qui va favoriser l’expansion des feux de forêt dans les années à venir. La CGT souligne le travail des équipes de luttes contre les incendies (professionnel·les et volontaires) qui ont bataillé jour et nuit pour maîtriser ces feux. L’élan de solidarité qui s’est manifesté dans tout le département pour accueillir les sinistré·es montre les valeurs de solidarité de la population catalane et redonne espoir dans une société de plus ne plus fracturée. L’investissement conséquent du conseil départemental (hausse des effectifs, hélicoptère …) n’a cette fois pas suffi face à l’ampleur de cet incendie. Les conséquences économiques sont importantes et se chiffreront à plusieurs dizaines de millions d’euros. À Canet, des campings en partie détruits au début de la saison touristique, l’entreprise Catana touchée mais la catastrophe économique et écologique évitée grâce à une lutte acharnée. Autour d’Illes sur Têt, les conséquences économiques sur la filière agricole sont importantes, les salarié·es en chômage partiel, la ligne SNCF et la route coupée pendant plusieurs jours ont impacté encore une fois les Hauts Cantons. La biodiversité dans ces paysages dévastés a énormément souffert. L’absence de public pour l’étape du Tour de France impacte aussi fortement l’activité économique des villages du Capcir et de la Cerdagne et prouve qu’en cas de crise, l’Etat et ses services sont dans l’incapacité d’assumer simultanément la gestion de la crise et l’organisation d’un événement sportif majeur. L’image du département, en continu sur les chaînes d’information est écornée.

Face à une situation qui empire, les renforts d’été sont de plus en plus difficiles à obtenir car la saison des feux s’étend sur toute l’année dans les départements et concerne de plus en plus de régions françaises. Le manque de canadairs est criant malgré les nombreuses alertes et demandes de la CGT.

Vous retrouverez toutes les propositions de la CGT pour que la prévention, les moyens de lutte et la protection des populations deviennent une priorité des politiques publiques.

Les travailleuses et travailleurs ne doivent pas payer plusieurs fois.

Les conditions climatiques extrêmes qui touchent notre département mettent en difficulté l’ensemble de la population et touche d’autant plus les personnes les plus fragiles. Celles et ceux qui n’ont pas les moyens de rénover leur logement ou vivent dans la précarité.

Les salarié·es sont impacté·es dans leur vie quotidienne mais aussi dans leur travail. Certain·es sont directement exposé·es aux conditions extrêmes ce qui nécessite des mesures adaptées pour protéger leur santé et leur sécurité. Vous trouverez toutes les mesures que la CGT revendique dans le livret environnement. Elles et ils sont doublement exposés quand leur repos est impacté à leur domicile par des nuits trop chaudes pour récupérer correctement. Celles et ceux impacté·es par les incendies ont aussi payé cette crise par du chômage partiel et l’évacuation de leur domicile.

Elles et ils payent encore quand les employeurs avec la bénédiction du préfet dérogent au droit du travail pour « relancer l’économie » des villages sinistrés en autorisant le travail le dimanche. Pour la CGT, c’est NON ! Toutes les occasions sont bonnes pour s’attaquer aux droits des salarié·es déjà fortement impacté·es. Les mêmes employeurs demandaient juste avant l’été la possibilité de déroger au droit du travail pour travailler 70 h au lieu de 35 h par semaine ! Pour la CGT, c’était déjà NON, le préfet engage sa responsabilité en cas d’accident du travail ou de décès comme en Champagne (7 morts à cause de la chaleur en 2023). Travailler sous de fortes chaleurs a des conséquences importantes sur la santé. Alors que des aménagements seraient nécessaires, le préfet préfère que les salarié·es soient davantage exposé·es, quel mépris ! Dans une période où l’adaptation des postes de travail à la canicule est une priorité, ce sont les travailleurs qui vont devoir payer un lourd tribu du développement de l’économie en payant avec leur capital santé dans les métiers les plus précaires et les plus pénibles de notre département.

La CGT fidèle à son engagement apportera toute l’aide nécessaire aux travailleuses et travailleurs pour la défense de leurs droits. Elle continuera à porter un projet de société permettant de répondre à l’urgence sociale et environnementale.

Perpignan, le 13 juillet 2026

P.-О. : les syndicats alertent sur les conditions de transport (L’Indép)

La mobilité dans les Pyrénées-Orientales est un enjeu majeur pour les représentants syndicaux. Ces derniers réclament une LGV mixte, la modernisation des lignes locales et une meilleure cohérence entre train et bus pour dynamiser le territoire.

« La mobilité et le transport occupent une place essentielle dans la vie quotidienne des habitants des Pyrénées-Orientales », ont insisté à plusieurs reprises les représentants des différentes instances syndicales CGT lors d’une conférence de presse ce jeudi 18 juin. Aujourd’hui, il est essentiel selon eux de revoir l’avenir de ces mobilités, pour des questions à la fois « économiques, écologiques et sociales ».

La question du ferroviaire a premièrement été soulevée avec le projet de ligne à grande vitesse reliant Perpignan et Montpellier. « Nous sommes favorables à la LGV à condition qu’elle soit mixte, c’est-à-dire ouverte aux voyageurs comme au fret », ont-ils indiqué. Mais ils demandent également que les futurs TGV « desservent réellement Perpignan » et « répondent aux besoins des usagers du département ».

Parmi les revendications figure la modernisation des lignes existantes, notamment Perpignan-Villefranche, Perpignan-Cerbère et Perpignan-Narbonne, ainsi que la création de « nouvelles haltes ferroviaires ».

Les organisations défendent la réouverture de plusieurs lignes aujourd’hui fermées aux voyageurs, dont celles vers Céret et Quillan. « Dans un département marqué par un fort taux de chômage et de pauvreté, améliorer les transports est un levier essentiel pour permettre aux habitants de travailler, d’étudier ou d’accéder aux soins ».

Les associations ont également mis en avant la complémentarité entre le train et les bus. « Il ne s’agit pas d’opposer les modes de transport mais de construire un maillage cohérent du territoire ». Selon elles, la réouverture de certaines lignes ferroviaires doit s’accompagner d’une adaptation des dessertes routières afin de mieux relier les communes aux gares. « On se retrouve souvent sur des transports qui ne sont pas complémentaires en termes d’horaires. La ligne de Villefranche, par exemple, arrive 5 minutes après le départ des trains ».

Mais à cela s’ajoute une multiplication de la sous-traitance des dépôts. « L’un de nos collègues habite à Arles-sur-Tech et a été affecté au dépôt de Perpignan. Depuis, ses journées se sont considérablement allongées, il dispose de plusieurs heures de coupure mais ne peut pas se permettre de rentrer chez lui ». À cette situation qui « se répète », S’ajoute aussi le manque de climatisation dans les bus, dégradant un peu plus les conditions de travail.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 20 juin 2026)

Perpignan. Fin de la grève au collège Camus (L’Indep)

Hier en fin de matinée, après avoir été reçus à l’inspection académique, les professeurs du collège Camus, en grève depuis lundi matin, ont annonce qu’ils avaient obtenu le maintien du demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) dont le rectorat leur avait annoncé la suppression pour la rentrée prochaine. Les enseignants reprennent le travail ce mercredi matin.

« On a ce qu’on voulait ! » Ce mardi ma-tin, peu avant 11 heures, la délégation d’enseignants qui a été reçue à l’inspection académique est sortie des locaux perpignanais de cette dernière sous les applaudissements des grévistes.

Les représentants des personnels ont finalement obtenu le maintien à temps plein de leurs deux conseillers principaux d’éducation à la rentrée prochaine. « Le demi-poste de conseiller principal d’éducation dont le rectorat nous avait annoncé la suppression est finalement renouvelé pour un an et un quart de poste d’assistant d’éducation (un surveillant, NDLR) nous est attribué du 1er octobre 2026 au 19 février 2027 », détaille l’une des porte-paroles des professeurs du collège. Ces derniers demandaient également l’augmentation du temps de présence sur l’établissement d’une assistante sociale et d’une psychologue. Sur ce point, ils sont toujours dans l’attente d’une décision. Leur principale revendication ayant été satisfaite, les grévistes n’en ont pas moins décidé de reprendre le travail dès ce mercredi matin. « Cependant, pour l’heure, ce demi-poste de CPE, c’est juste pour un an. L’objectif est qu’il soit pérennisé. Nous resterons vigilants l’an prochain », souligne le collectif des enseignants.

À la sortie de l’audience, les représentants des syndicats Snes-FSU et SE-Unsa qui ont accompagné les personnels lors de l’entretien ont salué une « mobilisation exemplaire », qui a permis « de débloquer en très peu de temps une situation particulièrement inconfortable ». Des responsables du Snalc, de la CGT et de Sud étaient également venus témoigner leur soutien aux personnels mobilisés. Tout comme la vice-présidente du conseil départemental Françoise Fiter, qui siège au conseil d’administration du collège Camus.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 17 juin 2026)

« La solidarité internationale est aujourd’hui plus nécessaire que jamais (L’Indep)

Invité du Festival des luttes organisé ce samedi à Elne par la CGT66, Roberto Baradel, secrétaire général du syndicat argentin Suteba, est venu témoigner de la situation sociale en Argentine. L’homme a dressé un constat alarmant sur la condition des travailleurs et des retraités dans son pays. Entretien.

Comment décririez-vous la situation actuelle des travailleurs en Argentine ?

La situation est très complexe. Il y a une perte de pouvoir d’achat très importante. Les retraités sont parmi les plus touchés. Les pensions minimales sont extrêmement faibles et le gouvernement réprime systématiquement leurs mobilisations. Les travailleurs salariés ont également perdu une part importante de leurs revenus et beaucoup ont perdu leur emploi.

Quelles sont les conséquences de cette dégradation ?

Aujourd’hui, même des travailleurs qualifiés sont obligés de chercher un second emploi pour survivre. On voit des enseignants, des chercheurs ou des universitaires conduire pour des plateformes comme Uber après leur journée de travail. Avec un seul salaire, il devient très difficile de vivre dignement.

Vous évoquez aussi un recul des droits sociaux…

Le gouvernement a adopté une réforme du travail qui a supprimé de nombreux droits. La durée légale reste de huit heures par jour, mais certaines dispositions permettent aux employeurs d’imposer davantage d’heures de travail avec des systèmes de compensation qui ne bénéficient pas aux salariés. Il y a également eu des attaques contre le droit de grève.

Ces évolutions sont-elles directement liées à la politique du président Javier Milei ?

Oui. Elles sont la conséquence directe de sa politique économique et sociale. Les effets sont très durs pour les travailleurs, les retraités et les services publics.

Les jeunes Argentins continuent-ils à s’engager dans les syndicats ?

Oui, une partie importante d’entre eux continue à s’engager. Mais après la pandémie, l’extrême droite a mené un travail très efficace sur les réseaux sociaux. Pendant les périodes de confinement, les jeunes étaient davantage isolés et les réseaux sont devenus un terrain privilégié pour diffuser certaines idées.

Pourquoi était-il important pour vous de participer au Festival des luttes de la CGT66 ?

Parce que nous devons renforcer les liens entre les organisations syndicales du monde entier. Nous sommes confrontés à des défis communs. Face à la montée de l’extrême droite et aux attaques contre les droits sociaux, nous devons construire des analyses communes mais aussi des actions communes. La solidarité internationale est aujourd’hui plus nécessaire que jamais.

Recueilli par Driss Chaït (L’Indépendant, le 31 mai 2026)

Un chèque de 20 000 € pour les grévistes des cliniques Elsan

Déléguée syndicale CGT à la clinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany, Anne-Laure Affani a été l’une des figures du mouvement de grève mené pendant près d’un mois avec les salariés de la clinique Saint-Pierre. Lors du Festival des luttes organisé par la CGT66, ce samedi, à Elne, les grévistes ont reçu un chèque de solidarité de 20 000 euros, partagé entre les deux établissements. « Ce chèque représente avant tout la solidarité. Celle des structures de la CGT, des autres syndicats, mais aussi de partis politiques et de simples citoyens qui ont soutenu notre mouvement », souligne Anne-Laure Affani. « Cette aide servira principalement à indemniser les salariés mobilisés pendant plusieurs semaines. L’idée est de verser une petite compensation aux grévistes. »

L’Indépendant, le 31 mai 2026

Pour la CGT 66, la grève « Elsan » était inévitable (L’Indep)

Au lendemain de la fin officielle du conflit social à Saint-Pierre et Médipôle les cégétistes font le point.

« Ce qu’ils ont obtenu, c’est ni plus ni moins une victoire ! » Si, à la sortie de la grève, ce lundi matin, les salariés et délégués syndicats affichaient un constat mitigé d’un mois de grève dans plusieurs établissements de santé du groupe Elsan, Julien Berthélemy, secrétaire départemental CGT 66, se félicitait des résultats obtenus. Entouré de trois camarades grévistes, il tirait le bilan de cette mobilisation syndicale lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi.

Reconduction de la prime d’intéressement pour cinq ans (environ 1 500 € nets), une prime unique de partage de la valeur de 500 € nets, une prime pérenne de 400 € nets et la création de groupes de travail pour parler des conditions de travail : tels sont les quatre acquis « arrachés de haute lutte par les grévistes syndicalistes des cliniques Médipôle et Saint-Pierre », a rappelé Julien Berthélemy.

Au surlendemain de la date officielle de la fin de ce conflit qui aura duré plus d’un mois à Medipôle Saint-Roch et presque un mois à la clinique Saint-Pierre, Julien Berthélemy était entouré d’Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT à la clinique Médipôle Saint-Roch, de Simon Ormeda, militant CGT, et de Sandrine Desmet, infirmière en oncologie et secrétaire générale de la CGT Saint-Pierre. Ils sont revenus sur les évènements. Et sur ces « victoires encore bien fragiles » ont-ils souligné d’une même voix.

« Cette grève était inévitable, les personnels soignants, pressurisés depuis des années sans pouvoir hausser la voix, devaient se soulever » a lâché Simon Ormeda. « Ce qui nous a poussés à tenir le coup contre vents et marées ce sont les encouragements et les soutiens de nos patients, et des passants » a soufflé Sandrine Desmet.

« Certes, il aura fallu 32 jours de grève à Médipôle et 26 jours à Saint-Pierre pour remporter la lutte, mais il y aura incontestablement un avant et un après ce conflit social de mai 2026 », a conclu sobrement le secrétaire départemental CGT 66.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 28 mai 2026)

La CGT66 soutient les grévistes des cliniques ELSAN et appelle à la mobilisation

Madame, Monsieur,

Ce mardi 5 mai, Madame la députée Sophie Blanc a exprimé son « entier soutien aux personnels soignants mobilisés dans les cliniques privées du groupe ELSAN dans les Pyrénées-Orientales ». Dont acte.

La CGT66 rappelle que les salarié.es et grévistes des cliniques ELSAN n’ont rien à attendre de l’imposture du Rassemblement National.

Pour preuve, l’extrême droite dit soutenir celles et ceux réclamant une augmentation des rémunérations. En réalité, les propositions du Rassemblement National concernent un allégement des cotisations sociales payées par les employeurs, une défiscalisation des heures supplémentaires… En d’autres termes, une diminution du salaire socialisé, impactant ainsi directement le financement de la sécurité sociale (assurance maladie, retraite, famille…).

Pire, quand il s’agit d’augmenter les salaires minimaux, l’extrême droite s’y oppose et vote contre les propositions.

Ainsi, elle a voté contre l’augmentation du SMIC à 1.500 € ; contre l’indexation des salaires sur l’inflation ; contre l’encadrement des salaires, cela afin de satisfaire les intérêts du grand patronat et du MEDEF.

Quand le 20 avril dernier, les dirigeants du Rassemblement National se réunissent avec le MEDEF, ce n’est pas pour les convaincre d’augmenter les salaires et d’améliorer les conditions de travail des travailleurs et des travailleuses mais bien pour les soutenir dans cette entreprise de casse sociale et syndicale !

Pour rappel, sur notre département des Pyrénées-Orientales, le président du MEDEF66 n’est autre que Julien Coulomb, président de la clinique saint Pierre, qui depuis 2 semaines est perché dans sa tour d’ivoire et refuse toute négociation avec les grévistes.

ELSAN est le premier groupe de cliniques privées en France avec 217 établissements. Il a racheté des cliniques à la pelle, avant de tailler dans les salaires et les conditions de travail, pour rentabilité toujours plus grande pour ses actionnaires. De l’argent, il y en a mais il va directement dans les poches de fonds d’investissement et de banques. Ainsi le français Ardian et l’américain KKR sont les principaux actionnaires d’ELSAN et exigent une rentabilité accrue pour dégager des dividendes.

Actuellement, il y a une vingtaine de cliniques du groupe ELSAN en France qui se mobilisent par la grève et les débrayages dont 4 dans les Pyrénées-Orientales.

Les salarié.es en ont ras le bol et se mobilisent légitimement par la grève pour gagner l’amélioration de leurs conditions de travail afin d’assurer leurs missions de service public et de soin aux patients et contre la baisse de leurs salaires (non augmentation des salaires et absence cette de primes d’intéressement et de participation cette année alors que le groupe ELSAN dégage des bénéfices).

La CGT66 s’indigne d’un communiqué opportuniste et hors sol d’une élue Rassemblement National.

La CGT66 soutient les salarié.es au quotidien pour leur permettre de s’organiser afin de se mobiliser pour gagner sur leurs revendications.

Ce jeudi 7 mai, nous serons auprès des grévistes et des salarié.es des cliniques ELSAN pour une manifestation qui partira à 14h de la place de catalogne à Perpignan et nous appelons à son élargissement.

Dans l’attente que vous diffusiez ce communiqué de presse, nous vous invitons à couvrir ce rassemblement.

Cordialement,

L’Union Départementale CGT66

Argeles-sur-Mer. Le 1er mai à Argelès… la tradition respectée (L’Indep)

Deux traditions se croisent chaque 1* mai à Argelès : l’incontournable défilé des travailleuses et travailleurs traverse le grand vide-greniers installé dans les rues et places du centre-ville. Les Argelésiens se débarrassent d’objets devenus encombrants et inutiles, d’autres cherchent à faire de bonnes affaires, et bien sûr, il n’est pas interdit de participer aux deux évènements !

C’est devant l’hôtel de ville, en milieu de matinée, que les représentants de plusieurs syndicats et leurs sympathisants se sont retrouvés: la CGT, organisatrice, avec son Union locale d’Argelès Côte Vermeille, mais aussi le PCF, la FSU, FO… La foule n’est pas énorme. André Sibrac, trésorier CGT confie : « Ce sont les vacances. Les jeunes sont en vacances, les vieux gardent les enfants. C’est compliqué ! ».

En attendant le départ du cortège, il revient sur des fondamentaux : « le 1er mai, c’est pour montrer l’unité des salariés ». Interrogé sur l’actuelle polémique autour de ce jour chômé, André explique : « On n’est pas opposé au travail ce jour-la, du moment que c’est sur la base du volontariat. Mais ça va devenir, comme le travail le dimanche : c’est plus du tout du volontariat. On va nous voler un jour férié ! ».

Un peu avant 11 heures, le défilé a quitté l’hôtel de ville, en musique, pour rejoindre la route nationale, puis le boulevard Édouard-Herriot. Il a traversé la place Gambetta, au milieu des exposants et des chalands pour remonter la rue de la République et retourner au point de départ. Un bain de foule bon enfant, très remarqué avec les drapeaux de la CGT et la musique, en boucle : le chant du 1″ mai et autres chansons contestataires et engagées : les Fatals Picards, Zebda…

De retour à l’hôtel de ville, la CGT a déclaré dans son discours : « Ils voulaient banaliser le travail le 1″ mai… Nous avons gagné une bataille mais ne nous y trompons pas : ils reviendront à la charge ! ». Les luttes locales ont été également évoquées, depuis les transbordeuses d’oranges de Cerbère en 1906 « dont le combat s’inscrit dans l’histoire ouvrière de notre territoire », jusqu’à aujourd’hui avec les aides à domicile de l’ASSAD d’Argelès, les salariés de CÉMOI, les dockers de Port-Vendres… Après un dernier appel à la mobilisation « pour les salaires, pour l’emploi, pour la justice sociale ». Et plus généralement pour les droits et liberté des travailleurs, l’assemblée a été invitée à partager un apéritif républicain offert par la municipalité.

M.-C. Canal (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

Grève à la clinique Elsan. Mise au point du syndicat CGT de la clinique St-Pierre par rapport aux articles parus dans L’Indépendant

Madame, Monsieur,

Suite à l’article paru dans vos colonnes ce samedi 2 mai, le syndicat CGT de la clinique St Pierre, soutenu par les grévistes, souhaite apporter un démenti afin de rétablir la vérité.

Des éléments factuels relatifs aux effectifs présents démontrent qu’un service minimum pouvait être assuré :

  • Le 27 avril : 2 préparatrices (réquisitionnées) étaient bien présentes (dès 9h30), ainsi que 2 infirmières. La direction invoque une prétendue incertitude sur l’arrivée des préparatrices pour justifier le fait que les chimio sont annulées, alors qu’elles étaient effectivement en poste à partir de 9h30.
  • Les 29 avril et 30 avril : 1 préparatrice et 2 infirmières étaient présentes chaque jour.

Par conséquent, pour ces 3 journées, il était possible d’assurer des soins de chimiothérapie.

Contrairement à ce qui est avancé dans votre article, les effectifs correspondent à une organisation dégradée mais elle est fonctionnelle et permet d’assurer une continuité minimale des soins.

Nous nous indignons du comportement de la direction d’ELSAN qui présente des faits inexacts et n’assure pas la bonne tenue des soins avec les effectifs mis à sa disposition et ce afin de discréditer le mouvement social et les grévistes qui luttent pour leur dignité.

Le syndicat CGT rappelle que depuis le début du mouvement social, une forte pression est exercée sur les salariées du service de chimiothérapie, alors même que les conditions permettaient d’assurer un service minimum.

Si des soins sont annulés, c’est bien la direction de la clinique qui en porte l’entière responsabilité.

Depuis le début de la grève et les semaines qui l’ont précédée, la direction n’a jamais été à l’écoute des revendications légitimes des salariés et a toujours fermé la porte des négociations, qu’elle conditionne à la reprise du travail, espérant l’enlisement du conflit.

Pour rappel, le groupe ELSAN, premier groupe de santé privé de France, redistribue d’énormes dividendes à ses actionnaires sur le dos de ses salariés et de la sécurité sociale et, par voie de conséquence, des assurés sociaux qui cotisent à l’assurance maladie.

Nous rappelons également que les pharmaciens sont en sous effectifs depuis plusieurs années (situation dénoncée à de nombreuses reprises sans réponse de la direction).

De même, nous vous rappelons qu’une pétition a été lancée depuis le mois de mars auprès des salariés de la clinique, recueillant plus de 410 signatures sur environ 530 salariés. Celle-ci a été transmise à la direction, à l’inspection du travail ainsi qu’à la CARSAT.

Unis et déterminés, les grévistes avec leur syndicat CGT ont décidé de reconduire le mouvement de grève aujourd’hui.

Nous vous invitons à couvrir l’Assemblée générale qui se déroulera ce lundi 4 mai à 9h30 devant la clinique st Pierre à Perpignan.

Dans l’attente que vous diffusiez ce communiqué de presse.

Cordialement,

Le syndicat CGT de la clinique st Pierre.

1er-Mai : « Je suis aide-soignante et je gagne à peine le SMIC… » (L’Indep)

Ce vendredi, entre 1 200 et 1 500 manifestants ont défilé à Perpignan à l’appel de l’intersyndicale. Dans un contexte marqué par l’inflation et la guerre au Proche-Orient, syndicats, soignants et citoyens ont fait entendre leurs revendications.

« Les emplois et les salaires avant les profits », « baisse des prix, relèvement du pays », « salaires en baisse, soignants HS »… Les slogans étaient nombreux ce vendredi 1er mai place de Catalogne, point de départ traditionnel de la mobilisation perpignanaise. Des 10h30, militants, citoyens et syndicats -CGT 66, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA- se sont rassemblés avant de battre le pavé jusqu’à la préfecture des Pyrénées-Orientales, quai Sadi-Carnot.

Des mesures d’urgence réclamées

Au micro, face à l’assemblée, Julien Berthélémy, secrétaire de la CGT 66, a dénoncé une situation sociale « inacceptable ». « Nos organisations sont solidaires des travailleurs en lutte. Il n’est pas acceptable que des entreprises versent des dividendes stratosphériques tout en fermant la porte aux négociations salariales », a-t-il lancé, évoquant également la « répression anti-syndicale » et les accidents du travail, « plus de trois morts par jour ». Les revendications sont claires. « Augmentation générale des salaires, indexation sur les prix, revalorisation des pensions et blocage des prix des carburants. Ce que nous voulons, ce sont des mesures d’urgence concrètes pour vivre dignement de notre travail », a-t-il insisté.

Dans la foule, de nombreux salariés du privé avaient fait le déplacement. Notamment des employés du chocolatier Cémoi ou encore des cliniques Saint-Pierre et Médipôle, en grève depuis plusieurs jours. Les soignants, venus nombreux, ont martelé leur colère. Hélène, officiant à Médipôle Saint-Roch, décrit une situation tendue. « On est en grève depuis huit jours. Les conditions se dégradent, il y a une surcharge de travail, des effectifs de plus en plus diminués, des emplois du temps aléatoires. Et en plus de ça, on perd des primes. Cette année, on n’a même pas eu de participation aux bénéfices. Aujourd’hui, on peut dire que c’est une double mobilisation pour nous. Pour nos droits et pour nos conditions de travail à la clinique. » Même constat du côté d’Aurélie, aide-soignante à la clinique Saint-Pierre : « On est en surcharge constante, avec des effectifs réduits et des salaires très bas. Moi, je gagne à peine le SMIC. Si on fait grève, c’est aussi pour mieux soigner nos patients ».

Au-delà des revendications locales, la défense du 1er mai chômé a aussi mobilisé, après une proposition de loi avortée sur le travail ce jour férié. Pour Agathe et Robert, deux retraités perpignanais, il est hors de question de revenir dessus : « C’est le jour ou jamais de défendre nos droits. Tout a été obtenu par la lutte. Rien n’est acquis. Il faut perpétuer cette journée. Les conquêtes sociales, comme en 1936, ont toujours été arrachées ».

Driss Chait (L’Indépendant, le 2 mai 2026)