P.-О. : les syndicats alertent sur les conditions de transport (L’Indép)

La mobilité dans les Pyrénées-Orientales est un enjeu majeur pour les représentants syndicaux. Ces derniers réclament une LGV mixte, la modernisation des lignes locales et une meilleure cohérence entre train et bus pour dynamiser le territoire.

« La mobilité et le transport occupent une place essentielle dans la vie quotidienne des habitants des Pyrénées-Orientales », ont insisté à plusieurs reprises les représentants des différentes instances syndicales CGT lors d’une conférence de presse ce jeudi 18 juin. Aujourd’hui, il est essentiel selon eux de revoir l’avenir de ces mobilités, pour des questions à la fois « économiques, écologiques et sociales ».

La question du ferroviaire a premièrement été soulevée avec le projet de ligne à grande vitesse reliant Perpignan et Montpellier. « Nous sommes favorables à la LGV à condition qu’elle soit mixte, c’est-à-dire ouverte aux voyageurs comme au fret », ont-ils indiqué. Mais ils demandent également que les futurs TGV « desservent réellement Perpignan » et « répondent aux besoins des usagers du département ».

Parmi les revendications figure la modernisation des lignes existantes, notamment Perpignan-Villefranche, Perpignan-Cerbère et Perpignan-Narbonne, ainsi que la création de « nouvelles haltes ferroviaires ».

Les organisations défendent la réouverture de plusieurs lignes aujourd’hui fermées aux voyageurs, dont celles vers Céret et Quillan. « Dans un département marqué par un fort taux de chômage et de pauvreté, améliorer les transports est un levier essentiel pour permettre aux habitants de travailler, d’étudier ou d’accéder aux soins ».

Les associations ont également mis en avant la complémentarité entre le train et les bus. « Il ne s’agit pas d’opposer les modes de transport mais de construire un maillage cohérent du territoire ». Selon elles, la réouverture de certaines lignes ferroviaires doit s’accompagner d’une adaptation des dessertes routières afin de mieux relier les communes aux gares. « On se retrouve souvent sur des transports qui ne sont pas complémentaires en termes d’horaires. La ligne de Villefranche, par exemple, arrive 5 minutes après le départ des trains ».

Mais à cela s’ajoute une multiplication de la sous-traitance des dépôts. « L’un de nos collègues habite à Arles-sur-Tech et a été affecté au dépôt de Perpignan. Depuis, ses journées se sont considérablement allongées, il dispose de plusieurs heures de coupure mais ne peut pas se permettre de rentrer chez lui ». À cette situation qui « se répète », S’ajoute aussi le manque de climatisation dans les bus, dégradant un peu plus les conditions de travail.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 20 juin 2026)

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4121 – vendredi 19 juin2026)

L’édito d’Évelyne Bordet. « Taisez-vous ! »
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Focus

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« 100 000 oliviers pour la Palestine ». Débat solidaire vendredi 3 février à 20h Solidarité avec les Palestiniens

Événement. Enfance en danger !

Lyhanna. L’échec d’une société qui sacrifie ses enfants
Mobilisation citoyenne pour la protection de l’enfance
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Perpignan, marche des fiertés. Une ville, des identités, une même fierté
Nostre Mar au Nautilus. La défense des médias indépendants
Conflits récurrents à La Poste. Des représentants syndicaux CGT et Sud menacé de révocation
Elne. L’association D.A.M.E a fêté ses 20 ans

Dossier – Le Front populaire dans les Pyrénées-Orientales

Le Comité départemental du Front populaire
L’Indépendant contre le Front populaire
Les grandes grèves de 1936 dans les Pyrénées-Orientales
Femme engagée et résistante communiste
Des grèves d’un genre nouveau

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Collège Albert Camus. Soulagement pour les équipees éducatives
SNCF. Une grève qui va compter

Sport

Dragons Catalans. Une heure de bonheur, vingt minutes d’angoisse
Les cinc arques Capitol 11(1)
USAP. Mai morirem

Culture

Festival. Le temps un sacré Graal !
Amis d’Alain Marinaro. Vertigineux bonheur musical
Où sortir ?
Nostre Mar. Revoir la Guerre d’Espagne sous un ancgle nouveau
Livre. Voyage au bout de la rue… et au cœur de l’histoire locale
Perpignan. Des expositions dans des lieux emblématiques
UPTC. Conférence à quatre voix

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Un mondial et ses excès

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Perpignan. Fin de la grève au collège Camus (L’Indep)

Hier en fin de matinée, après avoir été reçus à l’inspection académique, les professeurs du collège Camus, en grève depuis lundi matin, ont annonce qu’ils avaient obtenu le maintien du demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) dont le rectorat leur avait annoncé la suppression pour la rentrée prochaine. Les enseignants reprennent le travail ce mercredi matin.

« On a ce qu’on voulait ! » Ce mardi ma-tin, peu avant 11 heures, la délégation d’enseignants qui a été reçue à l’inspection académique est sortie des locaux perpignanais de cette dernière sous les applaudissements des grévistes.

Les représentants des personnels ont finalement obtenu le maintien à temps plein de leurs deux conseillers principaux d’éducation à la rentrée prochaine. « Le demi-poste de conseiller principal d’éducation dont le rectorat nous avait annoncé la suppression est finalement renouvelé pour un an et un quart de poste d’assistant d’éducation (un surveillant, NDLR) nous est attribué du 1er octobre 2026 au 19 février 2027 », détaille l’une des porte-paroles des professeurs du collège. Ces derniers demandaient également l’augmentation du temps de présence sur l’établissement d’une assistante sociale et d’une psychologue. Sur ce point, ils sont toujours dans l’attente d’une décision. Leur principale revendication ayant été satisfaite, les grévistes n’en ont pas moins décidé de reprendre le travail dès ce mercredi matin. « Cependant, pour l’heure, ce demi-poste de CPE, c’est juste pour un an. L’objectif est qu’il soit pérennisé. Nous resterons vigilants l’an prochain », souligne le collectif des enseignants.

À la sortie de l’audience, les représentants des syndicats Snes-FSU et SE-Unsa qui ont accompagné les personnels lors de l’entretien ont salué une « mobilisation exemplaire », qui a permis « de débloquer en très peu de temps une situation particulièrement inconfortable ». Des responsables du Snalc, de la CGT et de Sud étaient également venus témoigner leur soutien aux personnels mobilisés. Tout comme la vice-présidente du conseil départemental Françoise Fiter, qui siège au conseil d’administration du collège Camus.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 17 juin 2026)

Communiqué de presse de la CGT du Conseil départemental 66. Conditions de travail des agents de la Direction Insertion Logement du Département des Pyrénées-Orientales

Le département des Pyrénées-Orientales est l’un des départements les plus touchés par la précarité en France métropolitaine avec un taux de pauvreté de 22,4 % en 2023, selon l’INSEE, cela représente environ 110 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté. [ Environ 14 % des habitants de moins de 65 ans étaient couverts par le RSA en 2020, soit deux fois la moyenne nationale. Le chômage y est également particulièrement élevé]

La situation est particulièrement difficile à Perpignan, où le taux de pauvreté atteint environ 32 %, avec certains quartiers dépassant 50 % de population sous le seuil de pauvreté.

Les usagers de nos services, allocataires du RSA ou non, confrontés à des difficultés sociales, de santé ou de logement doivent pouvoir bénéficier d’un accueil bienveillant et disponible, d’une écoute attentive afin de les aider à lever les freins à l’insertion, notamment les problèmes de logement, d’accès aux droits de santé ou de mobilité.

Mais comment être disponible, bienveillant et attentif lorsque les conditions et l’organisation du travail des agents ne sont pas à la hauteur des enjeux ?

Comment bien travailler quand les moyens sont très insuffisants ?

Comment bien travailler quand le travail fait mal ?

Usagers, Professionnels ou simples citoyens, sont ainsi invités à nous rejoindre pour défendre les valeurs du Service Public qui doit replacer l’usager au cœur d’une politique publique d’action sociale

L’évènement se déroulera le :

Jeudi 18 juin 2026 de 11h à 15h
devant la Direction Insertion Logement
située 25, Rue Petite La Monnaie à Perpignan

Prades. 130 personnes à la marche des fiertés (L’Indep)

LGBT+ 66, L’atelier de l’entonnoir, La Libambulle, Les jeunesses populaires du Conflent, la CNT (confédération nationale du travail) et Bienvenu aux migrants 66, organisaient une Marche des fiertés, dimanche 14 juin. Une deuxième édition qui a regroupé environ 130 Conflentois. Des participants bien décidés à défendre les droits de toutes les personnes LGBTQI+ (Lesbienne, Gay, Bisexuel & middot, Trans, Queer, Intersexe et Asexuel & middot ou Aromantique) « même à la campagne ».

Un cortège qui, à l’instar de celui de Perpignan (samedi 13 juin), a regroupé un peu moins de partisans mais s’est déroulé dans une très bonne ambiance.

Ph. C. (L’Indépendant, le 16 juin 2026)

La Poste : silence, des salariés se suicident (Blast)

La tentative d’immolation par le feu d’un syndicaliste dans les Pyrénées-Orientales, le 4 mai, rappelle que le management autoritaire de la direction de La Poste peut avoir des conséquences tragiques. Un autre facteur, qui a lui aussi tenté de s’immoler par le feu il y a un an, poursuit son employeur pour discrimination syndicale. Une audience au pénal se tiendra le 3 décembre. L’inspection du travail vient également de mettre en demeure La Poste de prendre des mesures de prévention à la suite du suicide d’un employé en 2019. Les syndicats appellent à la mobilisation les 10 et 20 juin prochains.

Lorsqu’ils prennent leur service ce matin-là, aux alentours de 7 heures, les facteurs de cet établissement des Pyrénées-Orientales se heurtent à une vision sordide : un de leurs collègues, hagard, erre dans un couloir, empestant les effluves de pétrole. L’homme, dans un état de semi-conscience, leur demande d’appeler les secours. Il leur explique qu’il s’est aspergé d’essence puis que, incommodé par les vapeurs d’hydrocarbures et gagné par la fatigue, il s’est évanoui avant de reprendre ses esprits. Sur lui, un briquet atteste du sérieux de ses intentions initiales. Pris en charge par les pompiers puis hospitalisé, il est plongé dans une forme de léthargie artificielle pendant une semaine.

L’homme est connu de ses collègues : postier depuis une trentaine d’années, c’est également un syndicaliste chevronné et combatif, mais aussi irréprochable : dans une entreprise où les syndicalistes les plus remuants sont régulièrement convoqués en conseil de discipline et mis à pied, lui n’a jamais fait l’objet de sanctions. Dans le local syndical où il s’est rendu dès 5 heures du matin pour se déverser un liquide inflammable sur le corps, des collègues découvrent une lettre qu’il a laissée. « Il disait qu’il n’en pouvait plus », explique le représentant de la CGT Alexandre Pignon, « qu’il subissait trop de pression. Il s’excusait pour son geste et nous demandait de ne pas faire comme lui et de continuer le combat ».

Pour la première fois, Laurent (le prénom a éré changé) avait subi les foudres de sa direction et s’apprêtait à passer en conseil de discipline. L’affaire remonte à février dernier. Quelques jours après Mardi gras, Laurent participe avec d’autres collègues, dont Alexandre Pignon de la CGT, au pot de départ d’un autre postier syndiqué à SUD-PTT, Samuel Toutain, licencié en janvier dernier. La fête prend la forme d’un carnaval festif et potache, organisé sur le parking devant un établissement postal, où la hiérarchie est tournée en ridicule. Une sorte de séance de catharsis collective, dont plusieurs participants reconnaissent volontiers le caractère parfois lourd et peu subtil. «  Mais ce n’était ni sur le lieu de travail ni pendant notre temps de travail, et nous avions prévenu la police de l’événement  », explique un participant.

Cependant la direction, à l’affût du moindre écart susceptible de constituer un grief contre les participants, fait venir un huissier pour prendre des photos. Dans cette ambiance joviale et décontractée, certains postiers se lâchent. Mal leur en prend : constat d’huissier à l’appui, la direction leur reproche des gestes insultants et dégradants. Laurent, Alexandre et deux autres facteurs apprennent qu’ils vont passer en conseil de discipline. Au vu de leurs antécédents, Alexandre et Laurent risquent la révocation. Moins de trois mois plus tard, Laurent est retrouvé hagard et imprégné d’odeurs d’essence sur son lieu de travail.

Contactée, La Poste s’est bornée à une déclaration de principe, sans annoncer de mesures concrètes ni engager de réflexion pour prévenir ce type de drame.

Des syndicalistes régulièrement sanctionnés, voire licenciés

Comme l’a documenté Blast, les syndicalistes jugés trop vindicatifs sont régulièrement sanctionnés, parfois pour de simples prises de parole ou des visites d’établissements pourtant parfaitement légales dans le cadre de leur mandat syndical. D’autres fois, les motifs paraissent plus fantaisistes, comme des accusations invérifiables de harcèlement envers un supérieur hiérarchique.

Dernier exemple en date : Samuel Toutain, délégué Solidaires à Thuir (Pyrénées-Orientales), a été licencié en janvier après une série de sanctions aux motifs parfois absurdes : être venu travailler en tongs ou avoir envoyé un courriel jugé trop tardif à un supérieur.

Le 28 avril dernier -date qui correspondait aussi, ironie malicieuse du calendrier, à la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail- Didier Rochette, syndicaliste SUD-PTT à Marseille, était convoqué en conseil de discipline. Sa direction l’accuse d’avoir maltraité psychologiquement une de ses supérieures, mais la plainte déposée contre lui a été classée sans suite par la justice. Didier Rochette affirme au contraire avoir lui-même subi du harcèlement moral de la part de sa hiérarchie, et des collègues seraient prêts à témoigner en sa faveur, selon son syndicat. Il a malgré tout écopé de douze mois de mise à pied. En clair, il ne travaillera pas à La Poste et ne percevra aucun salaire pendant un an.

Un procès au pénal suite à une autre tentative de suicide par immolation

Les tribunaux donnent régulièrement tort à La Poste. En mars 2024, la cour d’appel de Paris a annulé dix années de sanctions infligées à Vincent Fournier, élu CGT puis SUD-PTT dans les Yvelines -onze mois de mise à pied et dix procédures disciplinaires- et a condamné l’entreprise à lui verser 40 000 euros. Le 29 avril dernier, le Conseil d’État a annulé le licenciement d’un syndicaliste du Calvados et ordonné sa réintégration.

Les nuages judiciaires s’accumulent par ailleurs sur l’entreprise et prendre une tournure plus inquiétante pour la direction. Le 3 décembre prochain, c’est au pénal que La Poste devra répondre de ses actes. Elle est poursuivie pour harcèlement syndical par un délégué de SUD-PTT.

L’affaire est sordide et rappelle celle de Laurent. Le 17 juin 2019, au centre de tri Paul Vaillant-Couturier de Levallois-Perret, un syndicaliste s’asperge d’essence et tente de s’immoler par le feu. Il est sauvé par ses collègues puis pris en charge par les pompiers. Considéré par ses supérieurs comme l’un des leaders de la grève de quinze mois qui venait de s’achever, il avait été pris en grippe par sa hiérarchie. Cette mobilisation s’opposait à la réorganisation des bureaux de poste, mais aussi justement aux sanctions infligées aux grévistes.

Épuisé par ce long conflit, l’homme avait demandé -et obtenu selon SUD-PTT- une mutation avec promotion comme chef d’équipe dans une filiale de la Poste, Docapost. Mais au dernier moment, la direction a fait volte-face : le poste ne peut finalement pas lui être attribué. Selon La Poste, cette décision n’a aucun lien avec son activité syndicale : « En raison d’une baisse d’activité, sa demande n’a pu aboutir », fait valoir la direction.

Sauf que SUD-PTT a obtenu un enregistrement d’une discussion entre cadres de La Poste, qui expliquent que tout était prêt pour cette mutation, jusqu’à ce qu’ils préviennent la filiale du militantisme du salarié.

Blast a récupéré la retranscription de l’enregistrement par l’inspection du travail. Extraits  accablantspour l’entreprise : « J’ai quand même appelé Christophe M. [dirigeant de Docapost] […]. Parce que j’ai appris que Docapost n’était pas au courant du statut… [inaudible]. Du coup c’était pas possible, tu vois […]. Je ne pouvais pas ne pas leur dire ». Les autres acquiescent. « Pour l’établissement, c’est pas forcément… [rires]. En plus c’est un poste d’encadrant ». Approbation générale, sauf de la part de l’un des cadres qui se demande si la mutation ne peut pas quand même se faire, en des termes assez étonnants : « Sinon, il est malsain, naturellement ? Il n’est pas retournable pour l’entreprise à ton avis ? Pour le peu que tu le connais ? ». L’interlocuteur répond par la négative. « Et donc du coup ça va pas se faire ? », demande un autre participant à la réunion. Réponse sarcastique de l’homme ayant alerté la filiale du profil revendicatif su salarié : « Ben… [rires] Docapost est au courant. Parce qu’ils l’avaient validé. Il suffisait de caler la date ». Le syndicaliste disait donc vrai : la promotion lui avait été accordée dans un premier temps puis retirée une fois le patron de la filiale mis en garde contre le profil contestataire du candidat. Rien à voir avec une quelconque baisse d’activité.

L’audience s’annonce donc difficile pour La Poste, d’autant qu’elle ravivera sans doute de douloureux souvenirs. En 2018, une enquête choc d’« Envoyé spécial » révélait une vague de suicides liée au mal-être au travail dans l’entreprise. L’affaire avait provoqué un scandale. La Poste avait alors promis de renforcer la prévention mais, contrairement à ce qui s’est produit à France Télécom, confronté à un phénomène similaire, aucune poursuite judiciaire n’avait été engagée.

« En réalité, l’entreprise n’a pas fait grand-chose, estime un syndicaliste. Elle a un temps fait profil bas en ce qui concerne les sanctions contre les syndicalistes et la pression sur les salariés, mais depuis, c’est reparti de plus belle, jusqu’à provoquer de nouvelles tentatives de suicide. »

Alexandre Pignon, secrétaire général de la CGT FAPT des Pyrénées-Orientales, se souvient notamment d’une factrice de Rivesaltes qui avait tenté de se mettre fin à ses jours pendant sa tournée. « Mais sous prétexte qu’elle avait quitté son itinéraire habituel pour tenter de se pendre dans un cabanon au milieu d’un champ, la direction avait refusé de considérer l’événement comme un accident du travail », explique-t-il. De mémoire, il évoque également deux autres tentatives de suicide dans la région.

Un suicide reconnu comme lié à la souffrance au travail

« Avec la pression, les cadences infernales et des tournées de plus en plus chargées (1), de plus en plus de postiers craquent sur leur lieu de travail, dénonce Pignon. À chaque fois, la direction met en avant des problèmes personnels pour nier tout lien avec le travail. »

Cet argumentaire consistant à décorréler les drames de la souffrance au travail deviennent toutefois de plus en plus difficiles à soutenir. La Poste a ainsi récemment subi un revers judiciaire qui pourrait constituer un tournant. L’affaire faisait suite au suicide d’un facteur de Yerres (Essonne), qui a mis fin à ses jours au siège de la direction régionale après avoir appris une nouvelle suppression de tournée.

Coïncidence ou geste symbolique, les faits se sont produits le 28 avril 2025, là encore lors de la Journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail. Une enquête de l’inspection du travail a conclu que ce suicide résultait d’une situation dangereuse constatée dans l’établissement où le salarié était affecté. Le 6 mars dernier, l’inspection a reconnu ce suicide comme un accident professionnel et mis en demeure La Poste de prendre des mesures de prévention « effectives, pertinentes et suffisantes » pour éviter que de telles situations se reproduisent.

Après le scandale des suicides à France Télécom, une nouvelle affaire des suicides à La Poste est-elle en train d’émerger ? En attendant, les syndicats CGT et SUD-PTT appellent à deux manifestations à Paris, les 10 et 20 juin.

Thierry Vincent (Blast, le 26 mai 2026)

(1) Lorsque l’on sait qu’un facteur dispose théoriquement de 70 secondes pour distribuer un recommandé, on comprend mieux pourquoi certains usagers retrouvent des avis de passage mentionnant « absent du domicile » alors qu’ils étaient présents…

« Nos différences, notre force »… Gros succès pour la marche des fiertés (L’Indep)

Autour de 1 500 personnes ont défilé hier dans les rues de Perpignan à l’appel du centre LGBT + (lesbiennes, gays, bisexuels, trans et plus). Résolument festive, cette cinquième marche des fiertés organisée dans la capitale nord-catalane a mis l’ambiance en centre-ville, mais n’en était pas moins engagée contre toute forme de discrimination.

Musique électronique, pluies de bulles de savon, dragqueens, serre-tête licome, drapeaux multicolores… Vue de loin, la marche des fiertés ressemble à une grande fête. Mais il suffit de S’approcher pour en percevoir la dimension militante. « Les LGBT-phobies tuent », « Droits égaux pour tous », « Toujours lesbiennes, jamais RN » : certains slogans inscrits sur les pancartes parlent d’eux-mêmes.

« Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans la rue pour célébrer nos existences, nos histoires, nos amours, nos identités et nos libertés. Mais nous sommes aussi ici pour rappeler une réalité : les droits humains ne sont jamais définitivement acquis », a résumé lors de sa prise de parole Alexandra Puig, la présidente du centre LGBT + de Perpignan, qui portait l’initiative. « Aujourd’hui, nous sommes la malgré les insultes, malgré les discriminations, malgré celles et ceux qui veulent nous rendre invisibles. Nous sommes là pour défendre le droit de chaque personne à être pleinement elle-même, librement et sans contrainte. Nos différences ne nous affaiblissent pas : elles font notre force. »

Comme le veut la coutume, avant le départ du cortège de la place de Catalogne, ce samedi vers 15 heures, l’une des « sœurs de l’indulgence », Marie B des Anges, voile en broderie violette sur la tête, visage peint en blanc et lunettes noires, a prononcé sa bénédiction. En invoquant la protection de toute une ribambelle de saintes et de saints méconnus, dont notamment « Saint Dépistage sans qui rien n’est sûr ». Les participants ont ensuite défilé jusqu’au Castillet, avant de mettre le cap vers le palais des rois de Majorque. Dans une ambiance résolument festive, mais toujours empreinte en même temps de revendications.

« Encore aujourd’hui, c’est difficile de se sentir en sécurité en tant que personne LGBTQIA + », confie par exemple sur le chemin Arnaud, 35 ans, qui vient de quitter Paris pour Perpignan. « Juste se tenir la main ou avoir des vêtements un peu efféminés, on se pose la question avant de le faire. On est là pour montrer qu’on existe, qu’on se soutient les uns les autres. »

De son côté, Maxime, 32 ans, enveloppé dans un drapeau multicolore, est venu avec sa compagne et leur enfant. « Je veux montrer à ma fille que chacun peut faire ce qu’il veut. Mon frère est gay. Je participe à des marches des fiertés avec lui depuis que je suis petit. Ce sont de grands moments de fête et de partage. »

Selon la préfecture, cette 5e marche des fiertés perpignanaise a rassemblé environ 1 200 personnes.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 juin 2026)

LGBTQIA + : lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer, intersexes, asexuels et plus.

Les syndicats accusent la Poste de « répression antisyndicale » (L’Indep)

Depuis le mois de février 2026, 5 syndicalistes (3 Sud Poste et 2 CGT) sont attaqués par la direction de La Poste suite à une action de soutien au délégué syndical Sud Poste 66, licencié le 20 février dernier devant le centre courrier de Thuir. Le motif ? « La Poste leur reproche d’avoir effectué un Haka, un spectacle sur la voie publique parodiant soi-disant des membres de la direction, d’avoir accroché un drapeau palestinien, et diffuser leurs opinions politiques… », explique Alexandre Pignon, secrétaire général de la CGT activités postales des Pyrénées-Orientales.

Mais depuis quelques semaines ce sont désormais 6 militants qui sont visés par des procédures disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement ou révocation. Ainsi, les 13 syndicats départementaux CGT FAPT d’Occitanie ont saisi les procureurs de la République de Perpignan et Toulouse, mettant en copie les préfets respectifs.

Autre fait : au début du mois de mai, l’un des postiers qui fait l’objet de procédures disciplinaires, avait tente de s’immoler dans les locaux de La Poste situés à Torremila. L’information avait été révélée le 19 mai 2026 lors d’un tractage devant plusieurs bureaux de vote du département par le comité de défense citoyen en soutien aux syndicalistes. « Depuis fin 2023, 5 suicides ou tentatives ont été recensés en Occitanie, et deux dans les Pyrénées-Orientales », évoque Alexandre Pignon.

« Face à la répression syndicale », une action sera organisée aujourd’hui devant le centre de courrier de Perpignan dès 9h par le comité de soutien des postiers avec l’objectif de rencontrer la direction de La Poste pour lui remettre les 1 500 signatures récoltées sur la pétition. Le samedi 20 juin, un rassemblement national contre les répressions antisyndicales interprofessionnelles sera organisé à Paris, une délégation départementale se retrouvera devant la préfecture des Pyrénées-Orientales. Enfin, le 30 juin marquera le jour du passage en conseil de discipline d’Alexandre Pignon. Un appel à la grève départementale de tous les postiers est lance avec un rassemblement devant le centre de Perpignan à Torremila.

Laura Morales (L’Indépendant, le 12 juin 2026)

Contactée, la direction de La Poste n’a pas souhaité apporter de commentaires.

Comité de défense de La Poste des Pyrénées-Orientales

La direction de La Poste des Pyrénées-Orientales a décidé de sanctionner 5 syndicalistes pour avoir, en dehors des locaux postaux, organisé un carnaval parodique et burlesque mettant en scène les relations entre la direction et les employés et pour dénoncer le licenciement d’un collègue, qui malgré les avis défavorables de l’inspection du travail, a été validé par le Ministère du travail.

La direction départementale de La Poste parle d’une atteinte à son image et à celle de certains personnels (cadres). La loi française protège la liberté d’expression, y compris les formes de parodie et de satire visant à imiter et à tourner en dérision des œuvres artistiques ou à critiquer la société. C’est un droit fondamental issu de l’article 11 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

C’est une atteinte de plus de cette même direction pour criminaliser les activités syndicales et les syndicalistes (déjà de nombreux antécédents) en infraction avec le code du travail (article L1132-1)

À l’heure où le service public de La Poste est de plus en plus menacé, où les bureaux de poste sont fermés dans un grand nombre de communes, ne permettant plus l’accès aux citoyens-es que nous sommes, de bénéficier de ce service, et où le courrier subit régulièrement des retards (car de réorganisations en désorganisations, des tournées sont supprimées surchargeant les tournées restantes), cela pour favoriser les entreprises privées de distribution, nous, citoyens-es, militant-e-s, nous élevons contre cet abus de pouvoir de la direction de La Poste contre le droit de critique de tout citoyen, y compris contre le mode de management du personnel et demandons l’abandon immédiat de ces nouvelles procédures disciplinaires.

Nous décidons de nous constituer en comité de soutien des militants poursuivis en vue de sanctions, et appelons tous les citoyens-es et toutes les organisations démocratiques et citoyens-es à rejoindre ce comité.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4120 – vendredi 12 juin 2026)

L’édito de Michel Marc. « L’information » avec un grand I
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