Dans le cadre de l’appel national à la mobilisation lancé pour ce samedi 17 octobre, plusieurs rendez-vous sont évoqués à Perpignan et dans ses environs. Le plus partagé concernait un rassemblement prévu ce samedi a 10h30 sur la place de la République. Mais le préfet a interdit cette manifestation hier. Dans la foulée, de nouveaux appels donnant rendez-vous à la même heure au pied du Castillet se sont mis à circuler.
L’appel initial à se mobiliser dans toute la France contre la hausse des prix des carburants ce samedi 17 octobre serait parti courant septembre d’un compte Tik tok anonyme. Depuis, le mouvement s’est élargi à d’autres revendications et a fait des émules aux quatre coins du pays. Et notamment dans les Pyrénées-Orientales, où un appel à se rassembler ce samedi, à 10h30, sur la place de la République a été largement diffusé sur les ré seaux sociaux. « Les revendications tournent autour de la vie chère, des retraites, des étudiants et des violences policières », résumait ce mercredi une « simple citoyenne » occupée à distribuer des tracts annonçant la mobilisation en centre-ville de Perpignan.
Coup de théâtre: ce vendredi, en fin d’après-midi, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Régnault de la Mothe, a annoncé qu’il avait pris un arrété pour interdire toute manifestation ce samedi entre 7 heures et 14 heures sur la place de la République. Du coup, de nouveaux appels qui donnent rendez-vous le même jour à 10h30 au pied du Castillet se sont mis à circuler.
S’ils ne sont pas organisateurs, certains syndicats soutiennent le mouvement. « Sur Perpignan, tout reste pour l’instant très flou, mais nous soutenons la mobilisation des jeunes et il y en aura samedi », explique par exemple le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « Pour nous la priorité, c’est le 5 novembre, mais celles et ceux qui veulent aller manifester ce samedi au Castillet le peuvent. Personnellement, j’y serai, mais sans drapeau ni chasuble, à titre citoyen ».
« Avec l’inflation, on a pris une grosse claque »
Le président du mouvement étudiant Union progressiste, Gabriel, est dans le même état d’esprit : « On va aller voir comment ça se passe. On participe à la même dynamique. Quand on a vu le tract qui circulait, sur lequel il y avait beaucoup de drapeaux français, on a craint une récupération de la mobilisation, mais on va aller tâter le terrain. Certains camarades lycéens devraient être là aussi. »
L’animateur local de la France insoumise, Francis Daspe, scrute également le mouvement de près. « Pour l’heure, ça reste très gazeux et confus », juge-t-il lui aussi. « On va y aller et voir ce qui se dit. C’est comme pour les Gilets jaunes Au départ, on ne savait pas de quel côté ça tournerait. Mais a priori, les motifs de contestation (le pouvoir d’achat, le manque de démocratie, le partage des richesses…) sont bons ».
Du côté des Gilets jaunes « historiques » de Perpignan aussi, les mots d’ordre mis en avant semblent trouver un écho. « Pas mal de gens parlaient du rassemblement prévu place de la République, confirme l’un d’entre eux. D’autres actions sont également prévues tout au long de la journée, notamment autour des ronds points. Quand nous étions sortis, en 2018, le carburant était à 1,40 euro le litre. Là, il est à 2,30 euros. On a pris une grosse claque. Avec les salaires qui stagnent et l’inflation, on ne s’en sort plus. »
Hormis la manifestation prévue au pied du Castillet, les sites internet recensant les mobilisations annoncées dans l’Hexagone ce 17 octobre mentionnent également des rendez-vous place Arago (10 heures) et place Catalogne (14 heures), ou encore des actions aux péages autoroutiers de Perpignan Sud et Nord, ainsi qu’à celui du Boulou. La mise en place d’un « barrage filtrant » à 8 heures dans le secteur de la gare y est également évoquée. Reste à savoir si ces initiatives se concrétiseront.
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 17 octobre 2026)
La préfecture interdit de manifester place de la République à Perpignan
Ce vendredi après-midi, la préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé avoir pris un arrêté interdisant les manifestations place de la République à Perpignan. « Afin de garantir la sécurité des personnes, la libre circulation et le bon déroulement du marché hebdomadaire, un arrêté préfectoral interdit les manifestations place de la République à Perpignan, samedi 17 octobre de 7 heures à 14 heures », écrit la préfecture, faisant suite à l’annonce sur les réseaux sociaux d’un rassemblement annoncé à 10h30 sur ce même lieu.
« Cette mesure est strictement limitée à cette place et à cette plage horaire. Elle n’emporte pas de conséquences pour le reste de la journée ni pour le reste du département. Le droit de manifester est une liberté fondamentale Son exercice doit toutefois respecter le cadre légal en vigueur », ajoute l’institution.
La préfecture des P.-O. rappelle les conséquences de non-application de la loi : « Les manifestations sur la voie publique sont soumises à une déclaration préalable dans les conditions prévues par la loi. Le non-respect de cette obligation est passible de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende. Par ailleurs, la participation à une manifestation interdite par un arrêté régulier est passible d’une contravention de 4e classe, soit 750 € maximum. »
Laura Morales (L’Indépendant, le 17 octobre 2026)









