« Il restera bloqué jusqu’à ce que la direction réponde » : les étudiants du campus Mailly à Perpignan entament une nouvelle journée de mobilisation (L’Indep)

Une vingtaine de personnes ont bloqué l’entrée du campus Mailly de l’Université de Perpignan ce vendredi 16 octobre 2026 dès 7 heures, empêchant l’accès aux étudiants et au personnel. Les manifestants réclament des infrastructures adéquates et des réformes nationales, menaçant de poursuivre le blocus jusqu’à obtenir une réponse de la direction.

Les mobilisations continuent chez les étudiants. Au campus Mailly de l’université de Perpignan ce vendredi 16 octobre dès 7 heures, une vingtaine de personnes ont bloqué l’entrée. Aucun étudiant, professeur ou membre du personnel n’a pu entrer.

Leurs revendications sont toujours les mêmes. Il y a une semaine jour pour jour, ils avaient déjà constitué une chaîne humaine devant l’entrée de l’établissement pour se faire entendre. « Nous n’avons pas de parking à proximité, l’accès à l’université est compliqué pour certains, nous n’avons pas de restaurant universitaire comme au campus du Moulin à Vent, et nous avons un problème de passerelle entre les filières, qui a été rompu de façon délibérée. Certains étudiants se retrouvent bloqués notamment pour passer du droit aux sciences économiques », a précisé Riad Bouafia, étudiant à l’antenne du centre-ville de Perpignan. À cela s’ajoutent des revendications nationales, telles que les « places en master », le « gel des APL » et « une réforme de Parcoursup ».

Selon les manifestants, « le campus restera bloqué jusqu’à ce que la direction réponde à nos revendications et que les représentants du campus soient reçus par la direction ».

Pas pénalisés malgré leur absence en cours

La semaine dernière, une assemblée générale a eu lieu à l’université au Moulin-à-Vent avec l’Union progressiste, l’Union syndicale lycéenne, les étudiants et lycéens membres de la société civile. À l’issue de leur réunion, ils s’étaient « mis d’accord sur des moyens d’action qui respectent la sécurité de tous ; dont notamment la continuité des blocus, le dialogue avec les personnels et les étudiants, ou encore des pôles d’organisation pour permettre une action plus efficace et moins éreintante ». Parmi leurs revendications, ils ont demandé « la banalisation des emplois du temps, c’est-à-dire la possibilité de ne pas être pénalisé en cas d’absence en cours, malgré la présence obligatoire en conditions normales ».

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 16 octobre 2026)

Mouvement des lycéens : à Font-Romeu, les élèves du lycée Pierre-de-Coubertin continuent la mobilisation (L’Indep)

Ce jeudi matin, le collège-lycée Pierre-de-Coubertin était concerné par une mobilisation lycéenne, à l’instar de 1027 établissements en France. À 10h, une quarantaine de lycéens s’est rassemblée devant l’établissement afin de rejoindre, en cortège, le Calvaire de Font-Romeu.

Le choix du lieu d’arrivée revêtait-il une dimension symbolique pour les élèves du lycée de Font-Romeu ? « Par le nom un peu, mais c’est surtout un endroit, de par son panorama qui offre de la visibilité », ont répondu les élèves qui ont besoin d’être entendus. Si la mobilisation était nettement moins importante que mardi dernier, les jeunes n’en étaient pas moins déterminés à faire entendre leurs revendications, tout en dressant un constat lucide de leurs difficultés. Victoria élève de terminale prend la parole : « ce qui nous impacte le plus, c’est Parcoursup. Tous les jours, on est stressés. On sait que chaque note compte puisque nous sommes hiérarchisés par classe et on a des angoisses constantes. Ici, nous avons la chance d’avoir un lycée adapté à la météo, mais dans d’autres établissements, c’est catastrophique. Ce qui nous touche le plus, c’est le manque de professeurs. L’année dernière j’avais une prof de techno, anglais et enseignement scientifique et aucune des trois matières n’était sa spécialité ! »

Léan, élève de 1re et Thomas, élève de terminale reprochent « la lourdeur des emplois du temps. On veut aussi l’abrogation de Parcoursup qui est très mal organisé, trop de personnes n’ont pas ce qu’elles souhaitent. On est également là pour faire entendre nos voix, par solidarité avec les autres lycées. »

Des enseignants solidaires de leurs élèves

Si les lycéens étaient moins nombreux que lors du précédent rassemblement, ils étaient davantage accompagnés par leurs enseignants. Clément Metreau, professeur d’histoire-géographie, explique les raisons de son engagement : « je suis solidaire des élèves qui sont en détresse et n’ont pas été assez écoutés. Le contexte international n’est pas facile, au niveau économique. J’ai l’impression qu’ils ne se voient pas trop d’avenir. Quand les élèves vous posent la question sur une 3e guerre mondiale, s’ils vont trouver un emploi, ça me travaille. »

Un constat partagé par Petra Donnellan, professeure d’anglais : « c’est important de les soutenir, ça fait partie de mon rôle d’enseignante. Les élèves sont tout le temps stressés, pour le contrôle continu, chaque note compte, il ne faut aucun raté. En tant que prof principale, j’essaie de les orienter car nous n’avons plus de conseillère d’orientation. Les élèves se sentent perdus et ont du mal à se projeter. »

Ce nouvel acte de mobilisation s’est déroulé dans une ambiance relativement légère, sans pour autant atténuer la portée des revendications. Derrière ce rassemblement, les lycéens dénoncent la pression scolaire, les difficultés d’orientation et le manque de perspectives. Autant de préoccupations qui traduisent un mal-être et une incertitude grandissants chez les jeunes.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 16 octobre 2026)

Mouvement des lycéens : « On en a assez des promesses non-tenues » (L’Indep)

Ce mardi 13 octobre, la mobilisation lycéenne s’est poursuivie, en France, mais aussi à Perpignan, où plusieurs centaines de personnes ont battu le pavé pour continuer à exprimer leurs revendications et dénoncer leur situation.

Ils étaient environ 800 à être descendus dans les mes perpignanaises, ce mardi 13 octobre. C’est bien moins que lors des précédents rendez-vous, mais les lycéens ont su, malgré tout, se faire entendre. Il était aux alentours de 10h40 lorsque ces derniers sont arrivés sur la place de la Victoire, au pied du Castillet, pour rejoindre les syndicats déjà présents sur les lieux.

Ce n’est que quelques minutes plus tard que le cortège, une fois rassemblé, s’est mis en marche en direction du Quai Jean de Lattre de Tassigny pour rejoindre le boulevard des Pyrénées. Les manifestants sont ensuite passés devant la place de Catalogne pour accéder au boulevard Georges Clemenceau et se rendre à nouveau au Castillet lors d’une marche où aucun débordement ne semble avoir été constaté.

Vers 12h30, une délégation composée de l’Union syndicale lycéenne (USL), du mouvement étudiant Union progressiste ainsi que de syndicats enseignants, a quant à elle été reçue par le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de La Mothe.

Des dénonciations

Mais avant cela, les manifestants ont organisé une prise de parole devant la préfecture. Si ces derniers ont une nouvelle fois fait part de leurs revendications, comme le manque de professeurs ou encore la suppression de Parcoursup, ils en ont également profité pour dénoncer leur situation.

Pour l’Union syndicale lycéenne du lycée Pablo Picasso, « on en a assez des réunions, des convocations et des promesses non-tenues, car rien ne change ». Tandis que pour le lycée Arago on dénonçait « l’administration de notre établissement qui cherche à nous faire taire. »

Durant ces prises de parole, les forces de l’ordre ont également été ciblées, que ce soit en raison des nombreuses arrestations qui ont eu lieu en France ou des violences dont elles font l’objet d’accusations. Un point que les lycéens ont également souhaité faire remonter au préfet.

« On veut évoquer les violences policières, mais aussi la pression que subissent des élèves de la part de leur établissement, avec la levée des absences liées au mouvement et nos revendications », a résumé Louise de l’USL pour le lycée Jean Lurçat. « Aucune sanction ne doit être portée aux lycéens qui sont présents durant les manifestations Il ne faut pas que cela leur porte préjudice, notamment avec Parcoursup », a réclamé Éloïse Chenus, de l’Unsa.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 14 octobre 2026)

« Les revendications des jeunes sont légitimes » : lycéens, étudiants, parents et enseignants de retour dans la rue (L’Indep)

Ce mardi 13 octobre, la quasi-totalité des syndicats d’enseignants présents dans le département appellent à manifester avec les lycéens et les étudiants à Perpignan. Selon eux, les revendications des élèves sont plus que légitimes et le gouvernement se doit d’y apporter une réponse.

L’appel est quasiment unanime du côté des syndicats d’enseignants. Et la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) soutient également la journée d’action de ce mardi, lors de laquelle une manifestation, organisée conjointement avec l’Union syndicale lycéenne et le mouvement étudiant Union progressiste, partira à 10h30 de la place de la Victoire pour effectuer une boucle en centre-ville.

Manque de professeurs, d’infirmières ou de psychologues scolaires, emplois du temps « intenables », salles vétustes, difficultés liées à la plateforme d’orientation Parcoursup…

Depuis deux semaines, les lycéens mobilisés font remonter leurs doléances. Pratiquement en vain à leurs yeux, hormis quelques « mesurettes ». « Il y a toujours une absence totale de réponse satisfaisante du gouvernement à leurs revendications, que nous partageons toutes », s’énerve Marc Moliner, du Snes-FSU.

Nicolas Ribo, de la CGT Éduc’action, est sur la même ligne : « Jusqu’à présent, la seule réponse du gouvernement, c’est la répression, qui n’a jamais été aussi forte depuis 1968. C’est inacceptable. Il faut une réponse globale, un plan d’investissement pour créer des postes d’enseignants, améliorer les conditions d’accueil et intervenir sur le bâti scolaire ».

Eloïse Chenus, de l’Unsa, reprend la balle au bond : « On a pu constater en cette rentrée entre 34 et 35 degrés dans certaines salles de classe, avec des malaises d’enseignants et d’élèves. C’est gravissime. On est sur une mise en danger des personnels et des élèves, sur une urgence de santé publique ».

Les enseignants confirment aussi les dires de leurs élèves concernant la plateforme d’orientation Parcoursup, « qui renforce les inégalités d’accès aux études supérieures ». Ou encore pour ce qui est des journées à rallonge liées à la réforme du lycée (des cours de 8h à 18h avec parfois des trous de plusieurs heures au milieu de la journée). « Les problèmes d’emploi du temps que dénoncent les élèves sont souvent moqués, mais ils ont une base structurelle forte. C’est cette réforme qui les a engendrés », estime Léa Docus, de Sud Éducation.

« La répression est extrême alors que les revendications des jeunes sont légitimes. C’est insupportable », résume Véronique Busson, de la CNT. Alors que Kader Benmouffok, du syndicat FO des collèges et lycées évoque « une rupture du contrat social » : « Le droit de manifester est un droit constitutionnel et le gouvernement se doit de répondre aux revendications autrement que par la répression ». Les syndicats réclament également que les absences des élèves lors des mobilisations ne soient plus considérées comme injustifiées, afin que cela ne handicape pas leur orientation.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 13 octobre 2026)

Les étudiants ont bloqué leur campus (L’Indep)

Pacifiques malgré un contexte étudiant et social tendu en France, les étudiants du centre-ville de Perpignan ont constitué une chaîne humaine tout en partageant leur mécontentement

Hier des 7h, les étudiants du campus Mailly en centre-ville de Perpignan ont appelé à faire blocage devant leur établissement en disposant des poubelles face aux entrées. « Pacifiquement bien entendu, nous ne sommes pas là pour casser, mais pour défendre avec légitimité nos revendications », ont insisté plusieurs porte-parole du mouvement contactés par L’Indépendant.

L’action des élèves perpignanais, équipés pour certains de pancartes revendicatives devant leur université et constitués en chaîne humaine, a duré 30 minutes. Les jeunes gens ont fait entendre leur voix, pointant du doigt « une inégalité de traitement avec le campus principal de la faculté au Moulin-à-Vent : nous n’avons qu’une cafétéria et non pas un restaurant universitaire comme au Moulin-a-Vent, où d(ailleurs il nous est impossible d’aller quand nous n’avons qu’une heure pour manger : Quand nous avons l’occasion d’y aller, avec un repas à 1 euro, forcément, il y a foule » ; « les pannes d’aération dans nos locaux » ; « le manque de sécurité autour du campus malgré une présence policière régulière » ; « l’absence d’un parking pour ceux qui viennent en voiture, et à qui le stationnement en ville revient cher ». Mais aussi « le gel des APL qui en conduisent certains à avoir la tête sous l’eau » et « l’augmentation des tarifs des licences et des masters ».

À midi, les étudiants mobilisés se sont retrouvés en assemblée générale à l’université au Moulin-a-Vent pour organiser la poursuite du mouvement de contestation prévue des lundi 12 octobre. L’Union progressiste, Union syndicale lycéenne, les étudiants et lycéens membres de la société civile étaient présents. À l’issue de leur réunion, ils se sont « mis d’accord sur des moyens d’action qui respectent la sécurité de tous ; dont notamment la continuité des blocus, le dialogue avec les personnels et les étudiants, ou encore des pôles d’organisation pour permettre une action plus efficace et moins éreintante », ont-ils indiqué.

Parmi leurs revendications, ils ont demandé « la banalisation des emplois du temps, c’est-à-dire la possibilité de ne pas être pénalisé en cas d’absence en cours, malgré la présence obligatoire en conditions normales ». Et ce sur les sites du Moulin-à-Vent, le campus Mailly et les lycées Picasso, Lurçat, Arago et Maillol.

Laura Causanillas (L’Indépendant, le 10 octobre 2026)

« Dans notre classe, il y a une vraie peur » : les lycéens prennent la parole (L’Indep)

Au lycée Aristide-Maillol de Perpignan, un temps de « démocratie lycéenne » a eu lieu hier. Les élèves ont exprimé leurs préoccupations et le proviseur et la directrice académique se sont alors engagés à analyser les revendications.

Après plusieurs jours de colère, de blocage et de débordements, un temps d’apaisement semblait nécessaire dans les lycées français. Le ministre de l’Éducation nationale avait demandé la mise en place d’un temps de « démocratie lycéenne », pour permettre aux élèves d’exprimer leurs préoccupations et leurs besoins. Obligatoire pour l’ensemble des établissements français. À Perpignan ce vendredi 9 octobre, le lycée Aristide-Maillol s’est prêté à l’exercice.

Installés dans l’amphithéâtre de l’établissement, quelques dizaines de lycéens se sont préparés, feuille à la main et revendications en tête. Ils ont été choisis comme porte-parole de leurs classes, parmi les Seconde, Première ou Terminale, de différentes filières, générales, technologiques et professionnelles.

C’était aussi le moment pour eux de se faire entendre par leur proviseur Mare Cabale, et par la Directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), Anne-Laure Arino, tous les deux présents.

À l’image d’un sentiment collectif, Les mêmes idées sont revenues à plusieurs reprises. La première, les emplois du temps Le représentant de la Terminale pro métiers de la sécurité a été le premier à l’illustrer : « On a des trous énormes dans les emplois du temps, qui nous donnent des journées élargies. Ce qu’on veut, ce n’est pas défendre la fainéantise, mais bien le goût de l’effort. Cependant, cinq heures de trou, c’est inutile. On aimerait avoir du temps personnel pour faire du sport par exemple ». En effet, ce manque de temps libre, beaucoup le déplorent. « On reste assis sur une chaise pendant 9 heures. Comme ça, tous les jours, en plus des devoirs, de la vie familiale et de la vie sociale. On a 27 heures de cours et souvent autant d’attente parce qu’on est obligé de rester dans le lycée. Ce sont des heures de présence que les lycéens n’ont pas choisies », s’est exprimé un autre lycéen.

Comme ailleurs en France, la plateforme Parcoursup a été particulièrement pointée du doigt. « Dans notre classe, il y a une vraie peur. Parce qu’on va devoir choisir pour notre avenir, alors qu’on est encore très jeunes. Et tout ça, c’est fait par un robot qui classe les données statistiques », a déploré l’un d’entre eux, en Seconde générale.

Ensuite, la cantine : trop chère pour certains, trop remplie pour d’autres ou même « pas assez rassasiante » pour les élèves de la section sportive. Selon Malek, de Terminale CAP commerce, « quand on doit manger à 11h30 et qu’on reprend à midi, ce n’est pas possible d’aller à la cantine parce qu’il y a beaucoup trop de monde ». Le prix du repas quant à lui est fixé à 5 euros, mais cela leur semble à tous « assez injustifié ». D’autres revendications concernaient spécifiquement les infrastructures du lycée. « Des salles trop petites », « pas assez de chaises », des toilettes « cassées », « sans papier toilette » ou « sans protection hygiénique » et « des fenêtres qui ne s’ouvrent pas » pendant les périodes de fortes chaleurs.

À l’issue de presque deux heures de prises de parole, les élèves ont pu reprendre les cours, les blocus étant terminés. Le proviseur du lycée Maillol s’est alors engagé à « analyser avec: beaucoup de finesse le document qui va être remis avec l’ensemble des revendications ». Anne-Laure Arino a déclaré repartir « avec de nombreuses obligations » et s’engager « à ce qu’il y ait des temps de réunion très rapidement autour de Parcoursup ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 10 octobre 2026)

Mouvement lycéen. L’allocution de Sébastien Lecornu n’a pas convaincu à Perpignan (L’Indep)

À Perpignan, l’allocution que le Premier ministre Sébastien Lecornu a prononcée hier en début de soirée sur fond de contestation lycéenne et étudiante ne semble avoir convaincu ni les élèves, ni leurs professeurs. Les appels a la mobilisation sont maintenus.

Si l’on en croit les réactions à chaud des principaux intéressés, le discours du Premier ministre n’a pas atteint son objectif. En tout cas pas à Perpignan. Pour résumer, lors de son allocution, après avoir mis l’accent sur les dispositifs mis en place pour recueillir les doléances des élèves (plateforme sur internet, temps de concertation dans les lycées…), Sébastien Lecomu a rapidement listé les chantiers qu’il comptait lancer, du remplacement des profs absents à Parcoursup, en passant par l’amélioration du bâti ou l’organisation du temps scolaire. Il a également indiqué que des mesures seraient annoncées d’ici la fin du mois d’octobre.

« Je trouve qu’il y a surtout du blabla », juge le référent fédéral de l’Union syndicale lycéenne, Alban, élève au lycée Jean-Lurçat. « Nous, on attend des réponses concrètes. On va continuer la mobilisation jusqu’à ce qu’on en obtienne. Sébastien Lecomu parle d’1,2 milliard d’euros en plus pour l’éducation dans le budget 2027. Si ça suffisait, ça se saurait… Dans le même budget, ils prévoient plus de 700 suppressions de postes dans le secondaire. »

La secrétaire générale du mouvement étudiant perpignanais Union progressiste, Lana, reste elle aussi sceptique. « Ce discours n’a pas répondu à nos attentes », indique-t-elle. « On a l’impression qu’il vise seulement à calmer la situation. Il dit que nous aurons des réponses fin octobre, sauf que nous, on voudrait des mesures rapidement. Les paroles, ça ne nous suffit plus ! On veut du changement maintenant. On aurait aussi souhaité une reconnaissance des violences policières. »

Le co-secrétaire départemental du syndicat d’enseignants Snes-FSU Marc Moliner estime également que l’allocution du Premier ministre présente de nombreuses lacunes. « Finalement, il n’annonce rien », fustige-t-il. « C’est clairement de l’enfumage. Il dit qu’il prend au sérieux les lycéens et qu’ils ont le droit de manifester, sauf que derrière, quand il s’agit de répondre à leurs revendications, il n’y a rien. Soit il renvoie à Internet avec la mise en place d’une plateforme pour que les lycéens puissent s’exprimer, soit il renvoie aux temps de concertation organisés dans les établissements avec les proviseurs et les enseignants. Mais c’est au gouvernement d’apporter des réponses politiques et budgétaires, ce qu’il n’a pas fait. De plus, ce genre de consultations, on a déjà vu ce que ça donnait avec celle organisée après le mouvement des Gilets jaunes ou avec la convention citoyenne sur le climat. »

Le Snes-FSU appelle donc « à poursuivre et amplifier la mobilisation par la manifestation et la grève, en étant aux côtés des lycéens ce jeudi ». Les syndicats d’enseignants sont également en train de préparer une nouvelle journée d’action pour la semaine prochaine.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 8 octobre 2026)

Les campus de l’université fermés ce jeudi

Hier matin, la situation est restée calme devant les lycées de la ville. Du côté de l’université, sur le campus du Moulin-a-Vent, les étudiants mobilisés ont comme prévu bloqué l’entrée principale et plusieurs autres accès à partir de 6h30, avec l’aide de lycéens. Ici aussi, tout s’est déroulé dans le calme. La direction a reçu les porte-parole du mouvement étudiant Union progressiste dans la matinée. Ces derniers réclamaient que les journées soient banalisées (que les élèves absents ne soient pas sanctionnes) jusqu’à vendredi inclus pour leur permettre d’apporter leur soutien a la mobilisation des lycéens. En début d’après-midi, la direction a publié un communiqué indiquant que l’ensemble des activités de l’université seraient suspendues sur les campus du Moulin-à-Vent et Mailly ce jeudi 8 octobre. Tandis que les 9 et 10 octobre, l’ensemble des campus seront ouverts, mais les journées banalisées sur les sites perturbés.

L’Indépendant, le 8 octobre 2026

Font-Romeu-Odeillo-Via. Mobilisation lycéenne : les élèves veulent se faire entendre (L’Indep)

Hier matin, le collège-lycée Pierre-de-Coubertin figurait parmi les quelque 1800 établissements concernés par des mobilisations. Dès 8h, une centaine de lycéens s’est rassemblée pour un acte Ill de mobilisation, dans une ambiance à la fois revendicative et bon enfant.

Musique d’ambiance, partie de foot, créations de pancartes. Les lycéens de Font-Romeu étaient bien et mobilisés dès 8 heures du matin. La grève de certains agents Région notamment de la cantine en raison de conditions de travail de plus en plus difficiles, a sans doute privé le mouvement d’ampleur. Même si la situation des lycéens est « loin d’être à plaindre, on demande des emplois du temps un peu allégés et être plus accompagnés », explique Matéo, élève de Terminale, « comme nous sommes le lycée le plus haut d’Europe, on a une chance d’être écoutés. On fait cette mobilisation en soutien à nos camarades des lycées du département et plus largement de France qui n’étudient pas dans de bonnes conditions. Nous faisons une mobilisation pacilique, l’intérêt est que tout se passe bien. On peut manifester dans le calme, le respect et la bienveillance », explique Matéo, élève de terminale. Plusieurs professeurs étaient aux côtés des lycéens mais également des étudiants Staps pour manifester leur soutien. « Nous sommes là en plein soutien de nos élèves. Je ne peux pas tolérer qu’on mutile des jeunes et qu’il y ait des grenades de désencerclement pour contrer des manifestations. Je pense que le combat élève professeur est le même. Parce que quand on méprise les professeurs, forcément, on méprise aussi les élèves. On dégrade aussi leurs conditions de travail », s’exprime Nathalie Culell, professeure au lycée.

ParcourSup dans la ligne de mire

Laurent Leygue, son collègue, renchéri : « il y a un manque de lisibilité par rapport au recrutement sur Parcoursup. En tant que professeur principal, il est tris difficile d’aiguiller les élèves parce qu’on ne sait pas quels sont exactement les critères de sélection. Avec notre spécificité géographique, étant sur l’Académie de Montpellier, nos élèves sont prioritaires sur Perpignan. Mais nous sommes plus proches de Toulouse que de Montpellier et nous sommes desservis par la SNCF avec Toulouse. Il serait logique que nous fassions partie de cette académie-là ». Dans la ligne de mire des élèves, c’est effectivement ParcourSup. Pour Marie et Lou, élèves en terminale, « même si nous sommes privilégiés, ce n’est pas pour ça qu’on ne peut pas soutenir les autres lycées. Mais les injustices sur Parcoursup et par rapport au Bac, on les retrouve dans tous les lycées. Ce n’est pas du tout égalitaire. »

Lydie-Anne Lopez, professeur au lycée interroge : « Des la seconde, avec les choix de spécialité, nos enfants doivent déjà figer leur avenir, là où les générations précédentes avaient le temps de mûrir leurs projets jusqu’en termi-nale. Eux subissent une pression et un stress permanents avec l’instabilité comme méthode, sept ministres de l’Éducation nationale en dix ans! Des changements de programmes à répétition et des réformes appliquées dans la précipitation. Comment bâtir un système solide dans un tel désordre ? ».

Derrière les pancartes et les revendications, élèves et enseignants disent vouloir défendre une même idée : celle d’une école capable d’offrir aux jeunes les mêmes chances, quelles que soient leur origine géographique ou les conditions dans lesquelles ils étudient.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 7 octobre 2026)

« On est l’avenir de ce pays et on veut étudier dans de bonnes conditions » (L’Indep)

Hier dans la matinée, entre 1 800 et 2 500 personnes ont défilé à l’appel des lycéens et des étudiants entre l’université de Perpignan et le Castillet Syndicalistes, parents et militants associatifs ou politiques étaient également au rendez-vous.

Si quelques incidents se sont déroulés dans l’après-midi sur fond de mobilisation lycéenne, la manifestation unitaire de ce mardi matin, qui a réuni autour de 2 000 personnes entre le campus principal de l’université de Perpignan (avenue Paul-Alduy) et le Castillet, s’est déroulée dans le calme.

Il faut dire que les organisateurs n’avaient pas lésiné sur les moyens. Entre les syndicalistes et les étudiants, près d’une centaine de personnes composait le service d’ordre. Du côté des jeunes organisateurs, la satisfaction était de mise à l’issue du défilé. « Nous avons réussi à faire ce que nous voulions faire. Il n’y a eu ni problèmes avec les casseurs, ni affrontements avec la police pendant la manifestation », se réjouit Alban, référent fédéral de l’Union syndicale lycéenne et élève à Jean-Lurcat. Le président du mouvement étudiant local Union progressiste, Gabriel, se déclare également « satisfait de la mobilisation ». Tout comme le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, qui a dénombré 2 500 participants, la préfecture en ayant pour sa part recensé 1 800.

Comme promis, des parents d’élèves étaient également au rendez-vous ce mardi à 9h30 devant l’entrée principale de l’université. « Lors des précédentes journées de mobilisation, ma fille, qui est à Lurçat, a fait l’expérience des coups de matraque et des gazages. Je suis là pour essayer de faire barrage autant que possible aux violences », explique par exemple Stéphane, 56 ans. « Les lycéens ont raison sur le manque de moyens matériels et humains dans l’Éducation nationale. Il faut qu’il y ait une écoute des pouvoirs publics. »

Audrey, 46 ans, dont le fils est également scolarisé à Lurçat, partageait le même état d’esprit : « Nous sommes là pour aider nos enfants à faire face aux violences policières, pour essayer de calmer le jeu avec la police et soutenir leur mouvement, qui est légitime. Les conditions dans lesquelles on les fait étudier sont lamentables. Il y a trop d’élèves par classe, les locaux sont trop souvent en mauvais état et les plannings sont surchargés. »

Autres nouveaux venus dans le mouvement, les étudiants partagent également les revendications des lycéens. Et pour cause : elles ressemblent comme deux gouttes d’eau aux leurs. « Nous aussi, nous voulons plus de moyens pour l’éducation », résume Maël, 19 ans, étudiant en sociologie. « Nous sommes l’avenir de ce pays et nous souhaiterions pouvoir étudier dans de bonnes conditions, pas dans des salles insalubres. »

Mathis, 21 ans, en troisième année d’histoire, confirme : « Dans l’amphi 4, par exemple, lorsqu’il pleut, une partie de la salle est inondée. C’est inacceptable. Et ça fait des années que ça dure. »

Les étudiants pointent également du doigt la limitation du nombre de repas servis au restaurant universitaire, ainsi que le manque de logements en cité U. Et la liste est encore loin d’être exhaustive. « Ce n’est pas parce qu’on est jeunes qu’on n’a rien à dire, tient à préciser Camille, une étudiante en histoire de 23 ans. Nous sommes légitimes à être dans la rue. Nous sommes là pour montrer qu’une manifestation peut être pacifique. Les casseurs, ça dessert plus la cause qu’autre chose. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 7 octobre 2026)