Le billet d’Yvon Huet. Le bilan des municipales et le reste…

Après cette campagne électorale qui a vérifié la complexité de la situation de notre démocratie territoriale, en crise comme la nationale, l’heure est désormais aux réflexions utiles et non aux anathèmes. Je ne connais pas de « meute » en politique mais la nécessité de réinstaller la civilité dans les rapports entre partis de gauche. Quand je critique le PS ou la FI, c’est une critique politique, ce n’est pas la haine de l’autre. J’aimerais que certains de mes camarades prennent conscience de la gravité du sujet.

Reste le plus important qui avait motivé aux anciens de 1936 qui se sont battus pour la Sociale et pour la Paix. Ils ont courageusement arraché les bases de la Sociale dont nous bénéficions encore un peu mais ils n’ont pas eu la paix.

Sachons que si un jour nous arrivons, la gauche rassemblée avec toutes ses composantes à égalité de droits et de devoirs, nous aurons en face de nous des prédateurs qui préféreront comme hier, selon l’expression « plutôt Hitler que le Front Populaire », n’en doutons pas. Il faut savoir anticiper cette possibilité et ne pas tomber dans la naïveté d’un grand soir permanent. Nous avons une histoire ou ce sont quelques milliers de jours seulement qui ont permis la Sociale d’avancer au-delà des espérances, notamment pour la Sécurité Sociale et le principe du Service Public. C’est cela que nous devrons reconstruire ensemble. Ce n’est pas le pré carré d’un parti plus malin que les autres. C’est un bien commun, chers camarades du PS et de la FI.

Jouer du muscle à la télévision tout simplement pour avoir un Président de la République en oubliant la diversité du peuple de gauche aujourd’hui déboussolé, c’est, même s’il y avait une victoire passagère, l’assurance d’avoir l’extrême droite à la sortie de la séquence.

Les communistes, de leur côté, vont réfléchir à leur stratégie dans ce paysage dispersé et parfois désespérant comme à Perpignan. J’en suis et je souhaite qu’ils apportent raison et clarté dans un contexte de débat à gauche qu’il faut reconstituer. Je conseille aux fans des têtes de gondole de rejoindre les sectes religieuses. Au moins là, ils seront dans leur élément… Si les communistes décident de présenter, si la situation l’oblige, un candidat à l’élection présidentielle, ce sera mon camarade, mais surtout pas un dieu ou je ne sais quel sauveur, pâle photocopie d’une icône religieuse…

Yvon Huet

Alénya. Jean-André Magdalou dans le fauteuil de maire (L’Indep)

Le conseil municipal a été installé le samedi 21 mars dans la salle Teresa-Rebull plus adaptée pour accueillir un public venu en nombre. La séance a été présidée par le doyen Alain Girbal. Jean-André Magdalou candidat à sa réélection a recueilli 24 voix sur 27 (3 bulletins blancs) et a été installé dans ses fonctions. Il a ensuite fait procéder à l’élection des adjoints fixés au nombre de 8. La liste proposée a été élue à l’unanimité : 1″ adjointe, Sylvie Torres; 2° Alain Girbal; 3° Colette Roig; 4 Marcel Clavaguera ; 5° Sarita Resseguier ; 6° Sébastien Tresson; 7° Hélène Valuenzuela; 8* Bouarfa El Gouy.

Après un moment de recueillement avec dépôt de gerbe devant le monument aux Morts tout proche, les participants ont été conviés à partager le verre de l’amitié.

L’Indépendant, le 26 mars 2026

L’édito du Travailleur Catalan par Jacques Pumaréda. Du local au mondial

Fuyons ce vacarme médiatique sur les résultats des élections municipales où tout le monde a gagné et tout le monde a perdu.

Prenons la machine à remonter le temps pour nous projeter dans cette période de l’industrialisation à la fin du XIXe siècle et au début du XXème. « Les municipalités sont le foyer naturel du prolétariat. C’est là dans un premier temps qu’il affirmera sa force » soutient Seymour Stedman en 1904. Pour ce socialiste de l’Illinois, la ville peut-être le lieu privilégié d’une lutte efficace contre le capitalisme. Après la commune de Paris, les élus socialistes conquièrent des centaines de mairies. Les prolétaires de plus en plus nombreux se concentrent dans certains quartiers. La population des banlieues parisiennes passe de 400 000 habitants à plus de deux millions constituant l’électorat de la ceinture rouge.

Le communisme municipal se construit au sein d’un vaste réseau sur trois continents. Au congrès de la IIéme internationale à Paris en 1900, une résolution recommande d’élaborer des programmes autour de la municipalisation des services essentiels. C’est donc un socialisme à la fois local et international qui se construit après les années 1880. Après plusieurs crises de la vie chère, on municipalise des réseaux comme l’eau, le gaz, l’électricité ou les transports publics.

En Belgique, en France comme en Italie on propose des programmes envers les plus démunis. D’âpres débats traversent le mouvement ouvrier, le clivage entre réformistes qui soutiennent les initiatives municipales et les marxistes « orthodoxes » qui expriment leur méfiance se retrouve dans plusieurs pays. On ira jusqu’à parler de « socialisme des égouts, du gaz et de l’eau ». Plus récemment la victoire de Bernie Sanders à Burlington en 1981 ou la victoire de « Barcelone en commun » en 2015 ne résultent pas d’une stratégie coordonnée. La question reste posée de la pertinence de l’échelon local dans la construction du socialisme. Point d’appui pour les luttes locales les élus communistes sont aussi solidaires des luttes émancipatrices de par le monde, comme un héritage historique.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4109 – vendredi 27 mars 2026)

L’édito de Jacques Pumaréda. Du local au mondial
Annonces
Décès de Jacqueline Amiel-Donat
Mobilisons-nous pour la paix

L’événement – Municipales 2026

Quelques enseignements du second tour
Alénya une confiance renouvelée
Un nouveau maire pour Vernet-les-Bains
Perpignan. L’opposition de gauche se fait entendre
Cabestany. Une victoire affirmée
Prades. Bascule de droite à gauche
Elne tombe dans l’escarcelle de l’extrême-droite
Julie Sanz, maire d’Argelès !
Rivesaltes. Le RN l’emporte

Département

Le Golf au tribunal administratif de Montpellier
En Català. Les cinc arques Capitol 7 (2)
Le 21 Mars. Un cortège combatif pour faire reculer l’obscurantisme
Des tensions et des agressions
Grogne au Lycée Picasso. Sept postes de professeurs disparaissent
La semaine pour les alternatives aux pesticides, c’est par là
Ciné débat. La maison des femmes

Sport

Top14. L’USAP est à sa place
Le P.O.T. Rando’ Club vous propose. Dimanche 29 mars 2026, Sur les traces de Manel (L’Albère)

Culture

Mémorial. Artistes traqués
Où sortir ?
Fiilm. Un peuple spolié et humilié
Cinéma. Image in Cabestany, c’est parti !

Monde

Palestine. Le massacre continue
Tourisme. Voyage à Cuba, un acte de solidarité

L’humeur de Jean-Marie Philibert

La confusion et la démocratie

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Frédéric Specque. « C’est le rôle de l’État de défendre notre industrie » (La Marseillaise)

Entretien avec Frédéric Specque, le délégué CGT de la verrerie d’Arc, où 700 emplois seront supprimés selon le projet de reprise validé, vendredi, par le tribunal de Tourcoing. Ce jeudi s’ouvrent à Pont-de-Claix les assises CGT du Made in France. Une journée de travail durant laquelle le syndicat mettra en avant des solutions pour faire face à la vague de fermetures d’entreprises. À 14h sera organisé un débat avec Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, Gisèle Rossat-Mignod, directrice du Réseau de la Banque des Territoires, ainsi qu’un représentant du patronat. Il sera question de l’avenir industriel du pays, à l’heure où les suppressions d’emplois se succèdent. Le cas de la verrerie Arc en est l’un des exemples les plus récents.

La Marseillaise : Le repreneur de la verrerie Arc, Timothée Durand, a annoncé 250 licenciements secs sur les 700 suppressions de postes. De quoi s’agit-il ?

Frédéric Specque : Ce que dit M. Durand, c’est que 250 personnes seraient licenciées de force, le reste partirait volontairement. Je ne sais pas d’où il tient ce chiffre. On essaye de limiter au maximum les départs forcés afin de mener ce PSE avec seulement des volontaires, mais ce n’est pas ce qui se passe actuellement. Les personnes qui souhaiteraient partir ne le peuvent pas car elles ne sont pas dans les catégories professionnelles concernées. La difficulté vient du fait qu’on est en redressement, donc on traite avec l’administrateur judiciaire. Son rôle est évidemment de sécuriser au maximum la reprise. Ceci étant dit, on sait très bien qu’on peut trouver des personnes pour remplacer ces départs volontaires.

La Marseillaise : Comment les salariés ont-ils vécu l’annonce de la reprise ?

Frédéric Specque : Il n’y avait qu’une seule offre de reprise, donc le fait que le tribunal la valide, ce n’était pas une surprise, le projet avait le soutien à tous les niveaux politiques. Mais ça reste une reprise sous couvert d’un PSE très lourd, avec 704 suppressions de postes, même si on parlait de 900 initialement. C’est l’équivalent d’un quart de l’ensemble de l’effectif aujourd’hui : on passe de 3 500 à 2 700 salariés. Il faut qu’on réfléchisse à comment réorganiser l’usine. C’est quand même une masse de travail qui sera répartie sur les salariés qui restent. Si on fait la même chose que ces trois dernières années avec plus de 1 000 personnes en moins, ça ne fonctionnera pas.

La Marseillaise : Sur les vingt dernières années, l’effectif a drastiquement diminué. Comment l’expliquer ?

Frédéric Specque : On était 12 000 au tournant des années 2000. On a eu une première vague de suppression d’emplois entre 2004 et 2006, avec des départs volontaires aidés et des pré-retraites. Ce plan a été prolongé de 2006 à 2008, puis jusqu’en 2010 où on a continué à supprimer des postes. Ensuite, il y a eu la reprise en 2015 et on a réembauché. Pendant quelques années, on a réaugmenté le volume produit sur l’usine et ça nous a permis aussi d’avoir un effectif en partie renouvelé. C’est le bon point de ces dix dernières années. Et puis, on est retombé à 130 000 tonnes de production alors que notre rythme de croisière, il y a 5-6 ans en arrière, c’était 250 000 tonnes. Dick Cashin, l’actionnaire qui était là jusqu’à la validation de la reprise, avait de la volonté et il y a eu une remontée du tonnage. Notre usine a un outil de production qui est construit pour faire des volumes. Malheureusement, la conjoncture actuelle ne s’y prête pas. La nouvelle flambée des prix de l’énergie, ce n’est pas très bon pour nous.

La Marseillaise : L’État a-t-il été au rendez-vous ?

Frédéric Specque : L’État a toujours accompagné parce qu’il y avait un actionnaire qui était présent, quoi qu’on en dise. Il est resté là de 2015 à aujourd’hui et n’a pas fait défaut. Néanmoins, je pense que l’État aurait pu aller plus loin, en entrant, par exemple, au capital avec la BPI et organiser des missions de contrôle quant à l’objet des dépenses.

La Marseillaise : Comment sauver la production ?

Frédéric Specque : Il reste le problème de la concurrence chinoise, on est envahi par les produits à bas coût, qui, en plus sont des copies de nos modèles, mais trois voire quatre fois moins chers. C’est une catastrophe. L’idée du fabriqué en France n’est pas valorisée. C’est le rôle de l’État et donc du ministère d’organiser la défense de l’industrie. Car, évidemment, le consommateur, quand il a payé son chauffage au prix où il se situe aujourd’hui, l’alimentation et la maison, il ne reste plus grand-chose. Donc forcément, la vaisselle, ça vient après et même si on en a besoin, on va se rabattre sur le moins cher. C’est désolant, mais c’est comme ça.

La Marseillaise : Le Pas-de-Calais subit-il de plein fouet une nouvelle vague de désindustrialisation ?

Frédéric Specque : Demain, on arrête Arc, c’est une véritable catastrophe. Notre usine fait vivre la ville, nos sous-traitants, les commerces, les artisans etc. Mais pour qu’il y ait une industrie, il faut un marché. Et pour qu’il y ait un marché, il faut le protéger. Ce n’est pas du tout ce que fait la politique européenne. Il y a un dumping économique et social partout ailleurs. On accepte tout. Et puis là, on vient nous dire en fanfaronnant qu’Arc est sauvé. Oui, Arc est sauvé, il y a un repreneur, certes. Mais à 130 000 tonnes de production quand on en faisait 237 000 il y a trois ans, avec 700 à 800 salariés en moins. S’il n’y a pas de mesures fortes qui sont prises dans les mois ou les années à venir, l’industrie va encore diminuer à un point tel qu’elle deviendra obsolète.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 25 mars 2026)

Catllar. Gérald Barjavel a été élu maire du nouveau conseil (L’Indep)

Un conseil municipal renouvelé s’installe sous le signe de la continuité et du renouveau. Le nouveau conseil municipal s’est réuni. Josette Pujol, maire sortante, a salué l’ensemble des conseillers municipaux et prononcé ses vœux de belle continuité, de prospérité et celui sans doute le plus précieux : « Que surtout Catllar garde son âme ».

La doyenne des élus, Marie-Josée Wallez, a assuré la présidence. Le maire Gérald Barjavel a été élu avec 14 voix, en l’absence d’un élu sans procuration. Trois adjoints ont également été élus à l’unanimité. Pierre Marc a été élu premier adjoint, Nicole Arquer deuxième adjointe et Michel Duplany élu troisième adjoint.

La lecture des droits et devoirs a été faite aux élus. Une nouvelle page s’ouvre ainsi avec un conseil municipal mêlant expérience (certains ayant été élus lors de mandats antérieurs) et de renouvellement.

Le maire Gérald Barjavel a rappelé aux élus : « La continuité est notre socle et le renouveau est notre moteur », affirmant sa volonté de travailler collectivement dans un climat de détente et d’efficacité.

Virginie Wilquin (L’Indépendant, le 25 mars 2026)