Author Archive: po
Hiroshima-Nagasaki 2026: Intervention de Roland Nivet porte-parole national du Mouvement de la Paix français et représentant du Mouvement de la paix à la commission Ecosoc des Nations unies
Mesdames, Messieurs,
Chers amis de la paix, bonjour,
Je suis Roland Nivet porte-parole national du Mouvement de la Paix français et représentant du Mouvement de la paix à la commission Ecosoc des Nations unies. Cela fait 50 ans que j’ai fait de la lutte pour la paix et le désarmement nucléaire mon engagement prioritaire.
Dans mon intervention je développerai 4 idées principales :
- Nous sommes à un point de bascule dans l’histoire de l’humanité
- Les peuples peuvent changer le cours de l’histoire
- Le Nord et le Sud doivent agir ensemble
- Je proposerai quatre rendez-vous annuels pour structurer une mobilisation mondiale durable
Il y a quatre-vingt-un ans, à Hiroshima puis à Nagasaki, l’humanité découvrait qu’elle possédait désormais le pouvoir de s’autodétruire.
En quelques secondes, deux villes furent anéanties.
Des dizaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants furent tués. Des centaines de milliers d’autres furent condamnés à des souffrances physiques et morales qui les accompagnèrent toute leur vie.
Mais des ruines d’Hiroshima et de Nagasaki est née une force extraordinaire.
Les Hibakushas.
Au lieu de transmettre la haine, ils ont choisi de transmettre l’espérance. Au lieu d’appeler à la vengeance, ils ont consacré leur vie à un message universel :
Plus jamais Hiroshima. Plus jamais Nagasaki.
Je voudrais aujourd’hui leur rendre hommage.
Grâce à leur courage, grâce à leur témoignage, grâce à leur persévérance, un immense mouvement mondial s’est construit. Des citoyens, des scientifiques, des villes, des associations, des syndicats, des organisations internationales, des États et les Nations unies ont fait progresser l’idée qu’un monde sans armes nucléaires n’était pas un rêve naïf mais un objectif politique réaliste.
Nous leur devons beaucoup. Mais aujourd’hui, nous leur devons davantage encore.
Nous avons le devoir de poursuivre leur combat.
Car leur message est plus actuel que jamais. Nous vivons un moment décisif de l’histoire de l’humanité.
Les guerres s’étendent. Les populations civiles en paient le prix.
Le droit international est de plus en plus contesté.
Les dépenses militaires mondiales atteignent des niveaux jamais connus
Selon le SIPRI, elles ont atteint près de 2 900 milliards de dollars en 2025, contre environ 840 milliards en l’an 2000. En vingt-cinq ans, elles ont donc plus que triplé. Selon le Congressional Budget Office américain : l’ensemble des forces nucléaires des USA, de leur fonctionnement, de leur entretien et de leur modernisation devrait coûter 946 milliards de dollars entre 2025 et 2034, soit en moyenne environ 95 milliards de dollars par an.
Dans le même temps, les neuf États dotés de l’arme nucléaire modernisent leurs arsenaux.
Les engagements pris en faveur du désarmement sont progressivement abandonnés.
Les grands traités qui limitaient la course aux armements disparaissent les uns après les autres, jusqu’au traité New START, dernier accord contraignant entre les États-Unis et la Russie sur les armes nucléaires stratégiques.
En France aussi, cette évolution est visible.
La France engage un vaste programme de modernisation de sa force nucléaire : nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, nouveaux missiles, nouvelles têtes nucléaires, deuxième porte-avions nucléaire… Un ensemble de programmes représentant près de 90 milliards d’euros, sans compter les coûts futurs de fonctionnement et d’entretien.
À l’échelle de l’Union européenne, les dépenses militaires ont augmenté de 62 % entre 2020 et 2025, tandis que le plan ReArm Europe prévoit encore 800 milliards d’euros supplémentaires.
Tous ces faits conduisent à une conclusion simple.
Le risque nucléaire n’appartient plus au passé. Il est redevenu une menace bien réelle pour notre présent.
Mais je voudrais vous dire aujourd’hui une chose essentielle. À mes yeux, le véritable enjeu dépasse la seule question nucléaire.
Nous sommes à un point de bascule Deux chemins s’ouvrent devant l’humanité
Le premier est celui que nous voyons malheureusement se dessiner sous nos yeux.
C’est le chemin de la peur. Le chemin d’une économie de guerre où les budgets militaires progressent plus vite que les budgets consacrés à la santé, à l’éducation, à la lutte contre la pauvreté ou contre le dérèglement climatique. C’est le chemin de la domination de la force sur le droit.
Le chemin où quelques puissances économiques, financières, médiatiques et militaires imposent de plus en plus leurs intérêts aux peuples. Le chemin où progressent les nationalismes, le racisme, les idéologies d’extrême droite, les logiques de domination et de confrontation.
Ce chemin nous conduit vers toujours plus de guerres, toujours plus de violences et toujours plus d’insécurité.
Mais il existe un autre chemin.
Le chemin de la coopération. Le chemin du dialogue. Le chemin du droit international. Le chemin du multilatéralisme. Le chemin d’une véritable sécurité humaine.
Une sécurité qui ne se mesure pas au nombre de missiles, de chars ou de sous-marins nucléaires, mais à la capacité de chaque être humain à vivre dans la dignité, à avoir accès à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, à la culture, à un environnement préservé et à tous les droits humains.
Voilà le choix qui est devant nous. Voilà le véritable point de bascule.
Pourquoi je garde espoir
Certains disent qu’il est déjà trop tard. Je ne le crois pas. Pourquoi ?
Parce que l’histoire nous enseigne une leçon essentielle. Lorsque les peuples s’unissent, ils changent le cours de l’histoire.
Ils ont obtenu la décolonisation.Ils ont conquis des droits sociaux Ils ont fait progresser les droits des femmes. Ils ont vaincu l’apartheid. Ils ont fait naître les Nations unies.
Ils ont obtenu des avancées importantes en matière de désarmement nucléaire.
Rien de tout cela n’était écrit d’avance.
Chaque fois que des femmes et des hommes se sont levés ensemble, ils ont montré que l’histoire n’était pas une fatalité.
Comme le disait Edgar Morin philosophe et sociologue français: « Plus on s’approche de l’abîme, plus il existe la possibilité du sursaut. »
Je crois profondément que nous sommes aujourd’hui dans ce moment où le sursaut est encore possible.
Mais ce sursaut ne viendra pas tout seul.
Il dépend de nous.
Construire une mobilisation mondiale
Il dépend de notre capacité à rassembler. À rassembler les mouvements pour la paix. Les organisations de défense des droits humains, les syndicats, les mouvements féministes, les organisations écologistes.
Les associations de solidarité. Les chercheurs. Les artistes. Les élus. Les jeunes.
Mais il dépend surtout de notre capacité à unir les opinions publiques.
Les opinions publiques des pays du Nord. Les opinions publiques des pays du Sud.
Car les armes nucléaires ne distinguent ni les frontières, ni les religions, ni les couleurs de peau.
Nous appartenons tous à une même communauté de destin.
Je voudrais d’ailleurs saluer ici les luttes des peuples du Pacifique, qui ont permis la reconnaissance des conséquences humaines des essais nucléaires français, ainsi que les avancées récentes intervenues en Polynésie française. Elles montrent qu’aucun combat pour la vérité et la justice n’est perdu d’avance.
N’oublions jamais une chose. Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires n’aurait jamais été adopté en 2017 sans la mobilisation des pays du Sud, qui ont fait entendre à l’Assemblée générale des Nations unies la voix de la majorité de l’humanité.
Le désarmement nucléaire n’est donc pas seulement l’affaire des neuf puissances nucléaires.
C’est l’affaire de tous les peuples.
Je voudrais faire trois propositions
La première est de soutenir et d’élargir l’appel mondial déjà signé par plus de 600 organisations de 99 pays. Cet appel fixe un objectif clair : parvenir à un monde sans armes nucléaires d’ici 2045, pour le centième anniversaire de la Charte des Nations unies. C’est un appel ouvert à toutes les organisations, quelles que soient leurs sensibilités, dès lors qu’elles partagent cet objectif commun.
La deuxième est de structurer une mobilisation mondiale autour de deux grands rendez-vous annuels liés à la paix et au désarmement nucléaire.
Du 6 au 9 août, pour faire vivre partout dans le monde la mémoire d’Hiroshima et de Nagasaki.
Puis du 21 au 26 septembre, de la Journée internationale de la paix à la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, afin d’organiser partout des marches, des débats, des rencontres avec les élus, des initiatives dans les écoles, les universités, les entreprises, les quartiers et les villages
Enfin, je propose de participer activement à deux grands rendez-vous de convergence avec l’ensemble des mouvements sociaux.
Le 1er mai, parce que la paix est une condition du progrès social. Comment répondre aux besoins des peuples lorsque les dépenses militaires absorbent des ressources considérables ?
Et le 10 décembre, Journée internationale des droits humains. Car le premier des droits humains est le droit de vivre.
Le droit de vivre sans la menace d’une guerre nucléaire.
Le droit de transmettre aux générations futures une planète habitable et un monde en paix.
Conclusion
Les Hibakushas nous ont transmis un témoin. Aujourd’hui, ce témoin est entre nos mains.
À nous de le porter. À nous de convaincre. À nous d’agir. À nous d’unir les peuples du Nord et du Sud.
À nous de faire grandir cette immense majorité de femmes et d’hommes qui veulent simplement vivre en paix. Alors, un jour, nous pourrons dire aux Hibakushas :
Votre combat est devenu le nôtre. Et grâce à vous, grâce à des millions de femmes et d’hommes de tous les continents, l’humanité aura choisi la vie plutôt que la peur…
La coopération plutôt que la confrontation… le droit plutôt que la force… la paix plutôt que la guerre.
Je vous remercie.
Roland Nivet Hiroshima- Nagasaki aout 2026
Escaro-Aytua. Musée de la mine : de l’ultra-local au planétaire (L’Indep)
Le seul lieu de valorisation du patrimoine minier des P.-O. vient d’enrichir ses collections d’une exposition photo originale et inédite. Présentation.
Il y a d’abord ce visage cuivré d’un indien quechua au regard un peu absent. Cadré serré. Casque vissé sur la tête orné d’une lampe torche. Joue gauche gonflée par une boule de feuilles de coca distillant son effet euphorisant et anesthésiant pour combattre la douleur et la fatigue. Nous sommes dans les mines d’argent du Cerro Rico de Potosi. Situées à plus de 4 700 m d’altitude au cœur de la Bolivie. Puis, il y a aussi cet autre mineur. Photographié en plan américain dans le bassin houiller de Gardanne, fleuron des Bouches-du-Rhône. Peu de temps avant la fermeture de site. L’homme, grosse moustache en bandoulière, serre sur son épaule gauche une gamelle. Son frugal repas de midi. Mine éreintée, lourdes cernes sous les yeux, il dévisage l’objectif ; las, exténué par d’épuisantes journées de piquets de grève. Il y a encore cette image d’occupation du fond par les mineurs audois de Salsigne, la plus importante mine d’or d’Europe occidentale. Ou, la frêle silhouette de cet homme brandissant à bout de bras un immense marteau perforateur attaquant la voûte sombre d’une galerie de Batère, juste à la veille de l’abandon de la dernière mine de fer du massif du Canigó. Et enfin, comment ne pas évoquer ces autres visages de mineurs arc-boutés derrière un wagonnet dans les entrailles d’une mine d’émeraudes de Colombie ou, saisis sur le vif, devant l’entrée d’une concession artisanale convoitée par l’avidité des narco-trafiquants ?
Portée universelle du rapport au risque
Six portraits coups de poing. Que l’on reçoit pleine face et qui nous laissent chancelant. KO. debout. Six portraits certes différents. Mais dont la portée reste étonnamment universelle. Car tous ces mineurs partagent un même point commun. Fort. Inaltérable. Celui du rapport qu’ils entretiennent au risque. Quelles que soient leur culture, leur langue ou nationalité. Ces six portraits ont été offerts au Musée de la mine d’Escaro par Georges Bartoli, reporter photographe catalan, ayant longtemps travaillé sur les luttes sociales et les mouvements ouvriers. Numérotés et signés, tirés en nombre limité sur papier de qualité, ces six clichés originaux qui répondent aux critères légaux d’authenticité viennent enrichir les collections du seul et unique lieu de préservation et de valorisation du patrimoine industriel du bassin minier du Canigó. Récompensé par un VISA d’or en 1995, lors du Festival international de photojournalisme de Perpignan, Georges Bartoli a collaboré avec de nombreux titres de la presse quotidienne ou magazine avant de devenir totalement indépendant dans le choix et la production de ses sujets dont les thèmes de prédilection restent centrés autour de l’Altermondialisation, le monde du travail. l’économie sociale et solidaire. le monde paysan, la Palestine ou le Venezuela.
L’Indépendant, le 4 août 2026
Exposition à voir au Musée de la mine d’Escaro, tous les jours, sauf le jeudi, de 15h à 18 h jusqu’au 15 septembre.
Ille-sur-Têt. Des citoyens qui veulent être entendu (L’Indep)
« On ne va rien lâcher. » Opposés à une décision municipale de fermer voire même de raser les jardins familiaux qu’ils entretiennent en famille depuis des décennies, des habitants d’Ille-sur-Têt et leurs soutiens ont passé la seconde, quelques jours après avoir déploré cette décision.
Hier matin, sous les fenêtres de l’hôtel de ville, ils ont organisé une manifestation et fait entendre leur mécontentement. Plus que l’émoi encore de voir disparaître leur « petit coin de jardin pour prendre l’air », « ce lieu de liberté », « ce bout de terre qui joue un vrai rôle économique et social », les riverains concernés y ont déploré « le manque de communication du maire ». Si d’ici un mois leurs appels du pied restent lettre morte, ils seraient prêts à envisager de nouvelles actions.
« Nous sommes des Illois, des citoyens qui veulent être entendus », martèle Leticia. « Nous sommes ouverts au dialogue », renchérit Fatima. « Que le maire vienne à notre rencontre, que l’on ait des explications ». « Nous avons tenté à plusieurs reprises de rentrer en contact avec lui ou de prendre rendez-vous en mairie. Rien », assurent les deux jeunes femmes.
« Nous avons des animaux qui vivent aux jardins familiaux. Nous voudrions savoir ce que nous allons faire d’eux si nous devons partir », anticipent les intéressées. « Autre chose », poursuivent-elles. « Nous avons appris, depuis l’incendie de Trévillach (qui a parcouru près de 5 000 hectares dont une partie à Ile-sur-Têt, NDLR), que les jardins familiaux sont sur un couloir de feu. Nous voulons assurer au maire que nous sommes prêts à payer la location des jardins tous les mois pour continuer à les entretenir, et même à payer les travaux pour mieux les aménager. »
« Si le maire ne nous répond pas, nous avons réfléchi à comment nous mobiliser d’ici un mois », préviennent-ils. Ainsi, outre de nouvelles demandes de rendez-vous, « pourquoi pas organiser une réunion publique avec la mairie invitée », ou encore « une grande manifestation paysanne de pair avec un syndicat paysan. Pour mettre un nouveau coup de pression ».
Contacté à plusieurs reprises hier, le maire d’Ille-sur-Têt n’a pas donné suite à nos sollicitations. Interrogé par l’Indépendant la semaine dernière, il évoquait la possibilité de déplacer six familles vers des « parcelles disponibles dans les autres jardins familiaux Henry Demay ». Il avait aussi précisé que la mairie cherchait « une solution pour satisfaire » les trois dernières familles qui n’auraient pas encore pu être relogées.
Laura Causanillas (L’Indépendant, le 4 août 2026)
Guillaume Roubaud-Quashie. « La Fondation Gabriel-Péri, encore plus que les autres, est menacée » (La Marseilllaise)
Guillaume Roubaud-Quashie, président de la Fondation Gabriel-Péri, appelle à défendre les structures « qui font vivre le débat public ». Il s’est rendu à Matignon la semaine dernière pour alerter le Premier ministre sur les difficultés financières de l’établissement d’utilité publique.
La Marseillaise : Vous avez alerté sur la situation financière de la Fondation Gabriel-Péri, son existence est-elle aujourd’hui menacée ?
Guillaume Roubaud-Quashie : Depuis le début de son financement public, la trajectoire est simple, on est autour d’une division par quatre des budgets de la Fondation depuis 2007. Depuis l’accession d’Emmanuel Macron au pouvoir, donc sur seulement 10 ans, on a plus que divisé par deux. Ce sont des baisses bien plus radicales que dans d’autres secteurs, il y a des responsabilités politiques claires de ce côté-là. Si on continue comme ça, dans peu de temps, ça sera fini, tout simplement. C’est une mise en danger mortelle des fondations à vocation politique, à commencer par la Fondation Gabriel-Péri qui, encore plus que les autres, est menacée aujourd’hui.
La Marseillaise : Cet affaiblissement des fondations politiques représente-t-il un danger pour le débat démocratique ?
Guillaume Roubaud-Quashie : Oui, on vit un moment de crise démocratique considérable, et on a besoin de débats argumentés pour l’affronter. Il faut savoir qu’en France, ce qui a compté dans le développement des fondations, c’est l’accession pour la première fois de l’extrême droite au pouvoir le 21 avril 2002, et l’idée que la République française était peut-être menacée. Il fallait réfléchir à des structures contribuant à renforcer l’ampleur, la vitalité et la qualité du débat démocratique. C’est dans cet esprit que la Fondation Gabriel-Péri a été créée, en 2004, à l’initiative du Parti communiste français. Les raisons qui ont mené à la création de ces fondations sont aujourd’hui encore plus fortes qu’elles ne l’étaient à l’époque. Je pense que, par leur capacité à produire des travaux qui vont au-delà des tweets, des expressions courtes ou des polémiques superficielles, les fondations ont aujourd’hui un rôle très précieux.
La Marseillaise : Vous vous êtes rendus mardi dernier à Matignon, avez-vous eu les réponses que vous espériez ?
Guillaume Roubaud-Quashie : Avec d’autres fondations, nous avons alerté le Premier ministre quant à la situation d’extinction des fondations. Nous sommes actuellement en discussion pour envisager la suite.
La Marseillaise : Concrètement, comment soutenir la Fondation ?
Guillaume Roubaud-Quashie : On a l’objectif de récolter plusieurs dizaines de milliers d’euros pour affronter les coupes de l’année. Il y a deux choses à faire. D’abord, souscrire est une aide concrète et immédiate. Sur le site de la Fondation, on peut faire des dons défiscalisés. Le deuxième aspect, c’est de participer aux activités qu’organise la Fondation. Elle a une revue qui s’appelle La Pensée et propose aussi des expositions gratuites. Il faut faire vivre et connaître la Fondation Gabriel-Péri, nous solliciter pour l’organisation de débats… Ce travail, il est à la disposition de toutes et tous, et pour que ça puisse continuer, on a besoin d’un soutien plus large. On a commencé à recevoir un certain nombre de dons, c’est encourageant, mais il faut que cette dynamique se poursuive. J’espère que la période de difficulté financière lourde que nous affrontons sera l’occasion pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore la Fondation de découvrir ce qu’elle fait et par la même occasion, de multiplier les partenaires et les initiatives à l’échelle nationale. La période que l’on vit mène à beaucoup d’interrogations, beaucoup de gens cherchent des réponses, des éléments de réflexion, et s’il y a une demande, nous on est là pour ça. Je suis confiant, même s’il y a des batailles à mener, on a l’habitude.
Entretien réalisé par Andréa Goyard-de Castro (La Marseillaise, le 3 août 2026)
Anthony Gonçalves. « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie » (La Marseillaise)
Anthony Gonçalves, oncologue à l’Institut Paoli-Calmettes et adjoint communiste à la Santé de la Ville de Marseille, dénonce les conséquences du doublement des franchises médicales sur le renoncement aux soins et sur notre modèle de protection sociale.
La Marseillaise : Le gouvernement a annoncé le doublement des franchises médicales et une hausse du reste à charge. Quel regard portez-vous sur ces mesures ?
Anthony Gonçalves : Je suis profondément choqué par ces annonces. Le gouvernement considère que les gens consomment des médicaments ou ont des actes médicaux pour se faire plaisir. Il imagine qu’en augmentant ces franchises, ils vont réduire leur consommation médicale, ce qui est totalement faux. La grande majorité de ces consommations répond à des besoins réels. Ça va toucher des personnes atteintes de maladies graves qui n’ont pas choisi de l’être.
La Marseillaise : Ces mesures permettraient, selon le gouvernement, de financer l’accès aux soins. Qu’en pensez-vous ?
Anthony Gonçalves : C’est incroyable de ponctionner les malades pour favoriser l’accès aux soins. C’est l’inverse qui va se passer. Penser qu’on va freiner des dépenses de santé comme s’il s’agissait d’une consommation de confort est un calcul terrible. Les plus modestes, souvent en affection de longue durée, vont renoncer aux soins dont ils ont besoin. Les malades du cancer, avec des traitements lourds et réguliers, seront touchés de plein fouet. Au final, cela dégradera leur état de santé et coûtera encore plus cher lorsqu’il faudra les hospitaliser. C’est le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie. Il ne va pas chercher l’argent là où il se trouve. On nous parle du déficit de la Sécurité sociale, mais il est largement alimenté par les exonérations de cotisations accordées aux entreprises.
La Marseillaise : Qui seront les plus pénalisés ?
Anthony Gonçalves : Les retraités vivant avec moins de 1 500 euros par mois et atteints d’affections de longue durée, de cancer ou de maladies cardiovasculaires. Ce sont des patients qui ont besoin de consultations et de prescriptions régulières. On va aller taper dans la poche de ceux qui n’ont déjà pas beaucoup pour vivre.
La Marseillaise : Quelles seront les conséquences de ces mesures sur le prix des mutuelles ?
Anthony Gonçalves : On parle d’un transfert de charges de 1,5 à 2 milliards d’euros, donc les mutuelles vont mécaniquement augmenter leurs tarifs, alors qu’ils sont déjà un problème pour une partie de la population. D’où notre idée d’instaurer une mutuelle communale à Marseille, pour permettre aux plus modestes d’accéder à une complémentaire à un tarif plus favorable.
La Marseillaise : Que révèlent ces annonces sur la gestion politique de notre système de santé ?
Anthony Gonçalves : Depuis des années, on entend cette petite musique de la responsabilisation des malades. L’idée serait de dire que le droit à la santé est une affaire de responsabilité individuelle. C’est un retour en arrière de plus sur un droit universel, qui ne doit dépendre ni des revenus ni du niveau social. On assiste à une attaque en règle globale contre notre système de Sécurité sociale.
La Marseillaise : Les annonces ont été faites en plein été, sans débat parlementaire. Que pensez-vous de la méthode ?
Anthony Gonçalves : La méthode est aussi choquante que le fond. L’an dernier, cette proposition avait été rejetée par le Parlement. Le gouvernement revient à la charge sans passer par le débat. C’est le pari abominable du gouvernement : on fait passer les mauvais coups pendant l’été.
Entretien réalisé par Clara Gazel (La Marseillaise, le 3 août 2026)
Le billet d’Yvon Huet. Le vivant, une religion ou un engagement citoyen pour que les choses changent vraiment ?
Le mot « vivant » est passé dans le langage militant comme la cheville ouvrière des luttes pour l’environnement. C’est un sujet sérieux qui mérite réflexion et que d’autres civilisations humaines qu’occidentales n’ont pas attendu pour l’appréhender, ne l’oublions pas.
Quand on entend dire par exemple que le fleuve Loire a ses droits en tant qu’entité, je me dis qu’on pousse le bouchon un peu loin sauf à accepter qu’on soit revenu à une conception animiste de la vie qui implique le retour à l’âge de pierre.
Cette préoccupation n’est pourtant pas nulle, mais elle risque de cacher l’essentiel. Il faut que l’être humain se trouve une place plus apaisée dans ce cadre qu’il appelle la nature et dont il fait partie. La boulimie des mégapoles a créé des réflexes de panique dans les villes pendant que la ruralité sert d’appareil respiratoire dans un contexte où les côtes reproduisent de façon éphémère l’effet de masse des cités. Quant aux champions du « vivant », ils se précipitent vers les sommets, mais cela ne change pas l’état de l’existant… Le tableau est préoccupant…
Ces questions sont traitées sérieusement dans le journal La Terre, dans Progressistes et dans d’autres revues ou rubriques spécialisées et on ne peut que s’en réjouir. Reste que l’urgence des urgences dans notre société est de constituer un rapport de force majoritaire contre les destructeurs de la nature que sont les profiteurs de la finance et des industries de guerre. Ils se moquent du bilan carbone de leurs choix juteux dans le commerce mondial, qu’on se le dise.
Bousculer tout cela ne se fera pas en un jour mais il faudra bien, à la faveur de toutes les catastrophes qui ponctuent l’actualité, faire converger les luttes pour l’égalité, l’éradication de la pauvreté, l’appropriation collective des moyens de production de l’énergie et du reste et celles pour un nouveau rapport vertueux avec notre environnement.
Les communistes y travaillent à leur façon avec des propositions constructives, évidemment censurées par les médias, d’autres d’une autre façon, portés par les médias, avec, souvent, une récupération qui pousse à la division des citoyens.
La convergence est possible, à condition de sortir de cette manie d’étouffer le débat par l’hystérie présidentielle qui fait croire qu’un seul homme pourrait changer la face du monde en écrasant tout ce qui n’est pas à ses bottes, ce qui n’a rien de vivant pour la gauche puisqu’il s’agit de tuer le gênant pour affirmer SA force…
Le vivant ne doit pas nous faire oublier que nous sommes redevables de la lutte de ceux qui nous ont précédés et nous ont quitté… Oublier d’où on vient fait toujours recommencer les mêmes erreurs que celles d’hier… Se souvenir permet de mieux mesurer les limites d’hier pour les dépasser et avancer. La nostalgie du passé n’oblitère pas la nécessité d’aller au bout de nos combats, dans notre grande diversité sachant que l’unité ne peut pas se faire dans la concurrence mais dans la complémentarité. On en est encore loin, mais il n’y a pas d’autre chemin pour empêcher la gauche de rester bloquée dans son jus face à une droite extrémiste qui, d’une manière ou d’une autre, compte bien continuer à mettre le vivant dans ses conteneurs.
Yvon Huet
Communiqué de presse du PCF 66. Distribution de tracts aux péages d’autoroute

Samedi matin, 1er août de 10h à 12h aux trois postes de péage de l’Autoroute (Perpignan Nord et Sud, Le Boulou) des Pyrénées-Orientales, les militants communistes ont distribué 6 000 tracts aux usagers sortants ou entrants sur l’A9.
Souhaitant la bienvenue aux vacanciers, l’objet de la publication était de dénoncer le racket pétrolier et autoroutier, présenter la situation économique et sociale peu enviable du département, ainsi que de dénoncer les Profiteurs de guerre qui amassent des fortunes quand l’argent public manque pour lutter contre les incendies, protéger les femmes et les enfants des violences, donner les moyens à la justice, aux hôpitaux aux écoles les moyens de travailler au service des populations.
La fédération du PCF 66








