Cabestany. Continuité et sérénité pour les 780 écoliers (L’Indep)

Alors que des travaux ont été réalisés dans les établissements, la rentrée s’est bien passée. Mardi 1er septembre, comme de coutume à l’occasion de la rentrée scolaire, Édith Pugnet, maire de Cabestany, accompagnée d’adjoints et de directeurs de services, est allée à la rencontre des enseignants et des parents d’élèves dans les trois écoles maternelles et les trois écoles élémentaires de la commune.

Une ambiance sereine régnait dans les établissements. De l’avis des parents d’élèves comme des enseignants, « aucun problème particulier n’a été relevé » pour cette rentrée. Au total, 780 élèves ont retrouvé le chemin de l’école: 266 en maternelle et 514 en élémentaire.

Côté maternelle, l’école La Fontaine, dirigée par Christine Surjus, accueille 125 enfants, dont 80 en classe bilingue et 45 en classe monolingue. À Charlie-Chaplin, sous la direction de Béatrice Ardigo-Auguet, ils sont 92, tandis que l’école Ludovic-Massé, dirigée par Olivia Cartapatti, compte 49 élèves. Dans les écoles élémentaires: Jacques-Prévert, dirigée par Géraldine Lefebvre-Dupont, accueille 219 élèves, dont 117 en bilingue et 102 en monolingue. Georges-Button, sous la direction de Caroline Léone, compte 180 élèves.

Des travaux

Enfin, l’école Ludovic-Massé, dirigée par Camille Got, accueille 115 élèves, auxquels s’ajoutent 12 élèves en classe IME. Cette rentrée s’effectue également dans des établissements largement rénovés. Les écoles Prévert, Buffon et Chaplin affichent notamment un visage entièrement renouvelé et à La Fontaine, les élèves ont découvert une nouvelle pergola dans la cour.

Cette plus ancienne école de la ville fera prochainement l’objet d’une réflexion sur sa réfection. Celle-ci s’appuiera sur des préconisations techniques, mais aussi sur une étude plus globale de l’aménagement du cœur de ville. Une rentrée placée sous le signe de la sérénité et de la continuité, dans des écoles qui poursuivent leur transformation pour offrir aux enfants un cadre toujours plus adapté à leurs apprentissages.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Rentrée sur fond de grève à Saint-Exupéry (L’Indep)

En cette rentrée, les professeurs du collège Saint-Exupéry de Perpignan ont repris leur combat. Pour mémoire, en février 2026, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avait annoncé qu’il comptait octroyer des moyens supplémentaires à une vingtaine de collèges de France, dont Saint-Exupéry.

Et pour cause : les établissements en question ne sont pas classés en Réseau d’éducation prioritaire (REP) alors qu’ils présentent tous les indicateurs sociaux pour l’être. Une situation que le ministre avait d’ailleurs jugée « aberrante ».

Forts de cette reconnaissance, les professeurs de Saint-Exupéry avaient déjà stoppé le travail pendant deux jours en juin dernier pour réclamer, entre autres, l’octroi d’un troisième poste de conseiller principal d’éducation (CPE). Ils se sont remis en grève ce jeudi 3 septembre dans la continuité de ce mouvement.

« Nous n’avons toujours pas de 3e poste de CPE, la limitation des effectifs par classe que nous avions obtenue en juin est menacée et il nous manque plus de 80 heures d’accompagnement d’élèves en situation de handicap », liste la déléguée syndicale Snes-FSU de Saint-Exupéry, Muriel Sabatier.

Ce jeudi, en fin de journée, les professeurs ont décidé de reconduire leur mouvement. Dans l’attente d’une audience à l’Inspection académique. Sollicitée, cette dernière précise qu’une CPE a été implantée à Saint-Exupéry « pour effectuer un audit de la situation en matière de vie scolaire ». Une démarche qui devrait selon elle permettre d’aborder la question des moyens, mais aussi de l’organisation.

A. A. (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Collèges : « Au moins 50 classes où il manque un enseignant » (L’Indep)

Le syndicat de professeurs en collège et lycée Snes-FSU a présenté ce jeudi 3 septembre un premier bilan de la rentrée dans les établissements secondaires des P.-O. Il fait notamment état d’effectifs plus élevés que prévu dans certains collèges et déplore un manque structurel d’enseignants.

Les rentrées se suivent et se ressemblent un peu trop au goût du syndicat de professeurs du secondaire Snes-FSU. Pour ce qui est des effectifs tout d’abord, le Snes note que, dans plusieurs collèges, le nombre d’élèves accueillis est supérieur à ce qui était annoncé. « Le meilleur exemple, c’est Toulouges, où ils ont des classes de sixième à plus de 31 élèves », détaille l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Guillaume Palanchon, qui cite également les collèges de Saint-Estève, Cabestany et Canet-en-Roussillon.

« Par ailleurs, il n’y a pas un professeur devant chaque classe », ajoutent les deux autres porte-parole du syndicat en pays catalan, Marc Moliner et Ignacio Valenzuela. « Dans les collèges du département, il ya au moins une cinquantaine de classes auxquelles il manque un enseignant ». Les deux syndicalistes précisent que la grande majorité de ces situations ne sont pas liées à des absences de professeurs imprévues, mais à des situations qui auraient pu être anticipées (postes vacants, congés maternité…). Le secrétaire départemental du syndicat FSU de l’éducation physique, Pierre Leveil, acquiesce : « Pour ma part, je recense 36 classes sans professeur d’éducation physique et sportive de la 6e à la terminale ».

Déséquilibre entre lycées

Du côté des lycées, les représentants des enseignants pointent du doigt un déséquilibre flagrant entre certains établissements du point de vue des effectifs. « Il y a un gros problème sur Perpignan », juge Marc Moliner. « Le lycée Arago a 19 classes de seconde en cette rentrée, soit une de plus que l’an dernier, et elles sont toutes pleines à craquer (35 ou 36 élèves). Tandis qu’à Jean-Lurçat, il n’y a que dix secondes et seulement 30 élèves par classe. On réclame un rééquilibrage ».

Un phénomène peu ou prou similaire est à l’ouvre dans les collèges. « C’est quand même curieux qu’il y ait des bahuts qui se retrouvent avec des effectifs qui explosent dans la périphérie de Perpignan et d’autres établissements en ville où il n’y a pas ce problème », fait mine des étonner Ignacio Valenzuela. « Ce n’est pas qu’une question de choix d’orientation Il ya un problème de carte scolaire, mais aussi certainement de dérogations ».

Cependant, pour le Snes, la question des moyens reste la mère des batailles. « Nous sommes le département le plus pauvre de l’académie, mais aussi le moins bien doté. Pour atteindre la moyenne académique en termes d’heures par élève, il faudrait une trentaine de postes d’enseignants supplémentaires dans les collèges et une vingtaine dans les lycées. Nous réclamons un plan d’urgence », martèle Marc Moliner. Or, selon l’organisation, l’an dernier, les Pyrénées-Orientales ont au contraire perdu quatorze postes d’enseignants dans le secondaire.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Concernant les classes auxquelles il manque un enseignant l’inspection académique indique que « des effectifs ont été déployés sur la plupart des situations recensées par le Snes » et que « les services de l’Éducation nationale sont en phase de résolution des derniers cas découverts à la rentrée ». L’administration attribue les variations d’effectifs à des flux d’élèves pendant l’été.

L’édito du Travailleur Catalan par Jacques Pumaréda. L’équation à deux inconnues

Le débat politique fait rage sur les stratégies du premier comme du second tour des élections présidentielles de 2027. Et chacun de calculer comment voter au premier tour pour éliminer au second le candidat dangereux pour notre démocratie républicaine. Et dans cet embrouillamini, les sondages présentent l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national comme fort possible. Le fascisme est à nos portes. Celui de Mussolini, d’Hitler, de Franco ? Ou celui de Trump et Meloni ? La question de l’immigration est à double versant, économique et politique. Le président du Medef est clair : « ce ne sont pas les patrons qui demandent massivement de l’immigration, c’est l’économie ».

Les mouvements migratoires dans le monde s’accélèrent depuis un quart de siècle. La montée en puissance des formations d’extrême droite en France, en Italie, en Allemagne, en Pologne, en Hongrie, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et la liste n’est pas exhaustive, imposent leurs discours sur la menace migratoire.

Déclin démographique et besoin de main d’œuvre d’un côté, rejet et peur de l’immigration de l’autre, comment concilier ces deux termes ? Les pistes se précisent : mettre en place subrepticement un régime juridique différencié, une sorte d’apartheid, des droits différenciés avec la préférence nationale chère à Marine le Pen, l’abolition du droit du sol, les signes religieux, des interdictions d’emplois aux binationaux etc… Un système juridique à deux vitesses qui codifie la suprématie d’une partie du peuple sur l’autre. La Constitution bannit aujourd’hui toute distinction fondée explicitement sur l’origine, mais une Constitution cela se change. Nombre de dirigeants de la droite dite républicaine se rapprochent à chaque étape électorale de ces pistes nauséabondes, mais qu’en est-il à gauche quand une partie exalte les particularismes culturels ou religieux des minorités ?

L’universalisme a été la matrice républicaine de la gauche depuis Les Lumières, l’Égalité la boussole politique de tout programme émancipateur.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4128 – vendredi 4 septembre 2026)

L’édito de Jacques Pumaréda. L’équation à deux inconnues
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Culture de Paix

Focus

Université d’été du PCF. Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire
Les communistes votent

Événement. La rentrée scolaire

Une école gratuite
Salaire des enseignant en fake
Cyberattaque : dans l’Éducation nationale aussi !
Repérage violences sexuelles
Rentrée dans le premier degré. Le syndicat majoritaire FSU-SNUipp 66 dénonce
Austérité, manques et injonctions contestables

Département

Jardins familiaux d’Ille-sur-Têt. La mobilisation prend de l’ampleur
La démocratie selon le RN
Cerbère. L’annonce est brutale
Une annulation qui questionne
Banyuls-sur-Mer. Les vendangeurs maltraités
Perpignan. Barande, la bibliothèque en sursis

Sport

USAP. Une préparation parfaite
Les Dragons renouent avec la victoire

Culture

Des cordes libres et solidaires !
Jazz en Tech 2026. Que du bon
Où sortir ?
Visa pour l’image. Une profession sur la sellette
Le festival Visa pour l’image orphelin de son créateur
Vinça. Musiques et patrimoine
Céret. Livres et éditeurs en fête

France

Affaire Lyhanna. Les preuves d’un scandale d’État

Monde

Stop aux violences en Cisjordanie. Appel au soutien des Palestiniens
Lettre ouverte aux prisonniers politiques iraniens

L’humeur de Jean-Marie Philibert

La foire d’empoigne

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Le billet de Jean-Michel Galano. Le sain, le malsain et le reste

À propos du livre de Georges Vigarello « Histoire des pratiques de santé » (Seuil 1993)

Diplômé en éducation physique, agrégé de philosophie, Georges Vigarello s’est depuis plusieurs décennies orienté vers l’histoire des représentations, des catégories mentales et des institutions qui commandent et organisent les pratiques sociales ayant pour objet le corps. Son premier ouvrage, « Le Corps redressé », était consacré à l’étude des stratégies de restauration et de rééducation des corps meurtris ou fragilisés. Des pratiques qui ne s’inscrivent pas dans un progrès linéaire, mais mettent en jeu, dans cet espace singulier à la charnière de la médecine et de l’éducation, des conceptions de la normalité, des modères thérapeutiques et exigences éthiques susceptibles de variations considérables selon les contextes historiques, technologiques et sociaux. L’usage de soi par soi, pour reprendre une expression de Yves Schwartz(1), est en matière notamment de réadaptation une donnée essentielle qui s’affirme de plus en plus fortement dans la période contemporaine et modifie en profondeur les exigences thérapeutiques.

Par la suite, la réflexion de Vigarello s’est orientée sur d’autres catégories, fonctionnant souvent par paires d’opposés : le propre et le sale, le gras et le maigre, mais aussi la virilité. Son « Histoire des pratiques de santé », d’abord publiée sous le titre « Le Sain et le malsain », marque un temps nouveau dans sa réflexion, et constitue un précieux ensemble de repères historiques On se contentera ici d’en marquer les étapes parmi les plus importantes.

Il faut d’abord se mettre d’accord sur ce qu’il y a lieu d’entendre par « pratiques de santé » : comme l’auteur le souligne dans sa préface, ces pratiques débordent largement les thérapeutiques strictement médicales, souvent même les contredisent et parfois, comme dans la célèbre « querelle de l’inoculation », les anticipent. Si l’idéal de santé est une constate, il est pendant des siècles confondu avec une certaine conception de la nature, on exclusive toutefois d’un appel éventuel à une surnature : « natura sola meicatrix »(2), avec son corollaire pour le médecin « primo non nocere »(3), tels seront pendant longtemps les préceptes de base. D’où une méfiance forte des malades à l’égard de toute approche outillée et artificieuse de la maladie. D’où aussi les pratiques préventives, toutes négatives : isolement, lazarets, quarantaines.

Cependant, et c’est en cela qu’il faut parler de surnature, le prestige de l’élixir, du « philtre », de la composition salvatrice mystérieuse, perdurera très longtemps, et en fait jusqu’à nos jours, sous des formes à peine renouvelées. Ce n’est pas le moindre mérite du livre de Vigarello que de montrer la permanence jusqu’à aujourd’hui d’un certain nombre de mythes, par exemple celui du « vin réparateur ». L’engouement pour le quinquina, pour le café, pour la noix de cola, pour le vin de malaga, pour le tabac, pour l’opium, ainsi que pour les « pratiques d’évacuation » pour les « cures d’air » ou les différentes façons de combattre les « vapeurs », sont autant de moments singuliers, dans lesquels il ne suffit pas de voir des modes éphémères, mais aussi la réalité d’une recherche de nouvelles normes de santé, axées sur le renforcement du corps, désormais conçu non plus comme « l’abominable vêtement de l’âme », mais comme un puissant réservoir d’énergie et de créativité, digne de bonheur et sujet de droits. L‘hygiène et son versant théorique, l’hygiénisme, différencié de la médecine proprement dite, prend son essor à ce moment-là, et inscrit le corps dans un milieu social de plus en plus mobile et urbanisé. La rupture du métabolisme entre l’être humain et la nature est consommée, et c’est là une chose dont les élites intellectuelles et les décideurs politiques sont de plus en plus conscients.

Il n’est pas étonnant dans ce contexte de voir décliner la pratique ancestrale de la saignée et plus généralement la théorie des humeurs Le corps est désormais vu comme une dynamique à favoriser et non plus comme un équilibre statique à préserver ou à restaurer. Et cela d’autant plus que les progrès de l’hygiène, notamment alimentaire, entraînent un spectaculaire allongement de l’espérance de vie.

Non moins spectaculaire, la baisse de la tolérance à la malpropreté, à la souffrance, à la violence d’une façon générale, et bientôt à ce qu’on appellera la barbarie. Ce que Rousseau, avant Nietzsche, stigmatise sous le vocable d’« effémination », il est bien exact que la toute jeune opinion publique le revendique fortement la santé devient dès lors une affaire d’État, avec des lois en matière sanitaire, des constructions de réseaux d’égouts, des programmes scolaires, des chaires d’hygiène à l’université, l’émergence de la question de la santé mentale, etc.

Toutefois, les nouvelles façons de concevoir le corps ne sont jamais, contrairement aux idéaux positivistes, indépendantes des idéologies dominantes et doivent aussi composer avec les idéologies persistantes. C’est ainsi que dans une société où la bourgeoisie en expansion condamne toute dépense inutile et tout gaspillage, les professions de santé verront dans la « dépense » sexuelle improductive une pathologie, prolongeant jusqu’à l’orée du XX° siècle les idées délirantes de Tissot (pourtant l’un des plus grands médecins des Lumières), avec des conséquences humaines dramatiques.

Ce livre est bourré d’informations et donne des repères historiques précis. Il permet de comprendre que l’évolution des pratiques de santé n’est en aucune façon un processus linéaire, mais qu’elle est travaillée en profondeur par des débats qui ne sont pas seulement des débats d’idées. On peut regretter de ce point de vue que l’auteur n’ait pas assez traité du choc être une certaine rationalité médicale instituée et l’empirisme confus mais parfois fécond des pratiques populaires, rarement écrites et jamais théorisées. Peut-être aurait-il pu mieux souligner, à propos de la querelle de l’inoculation, à quel point la résistance obstinée de nombreux médecins était liée à l‘horreur éprouvée par la rationalité traditionnelle devant un processus dialectique (injecter le mal pour vaincre la mal). Une rationalité classique qui ne voulait voir dans ce qui n’était pas produit par elle que sottise et superstition. Une histoire il est vrai sombre et peu documentée.

Comme toutes les activités humaines, les pratiques de santé sont partie prenante de la réalité sociale : elles en procèdent et agissent sur elle en retour. Le livre de Vigarello nous permet de penser une évolution historique. Il ne manque pas de souligner dans le dernier chapitre l’apparition de nouveaux défis et, conjointement, de nouvelles terreurs appelant des décisions inédites. Au geste salvateur toujours auréolé de mysticisme, une certaine exigence qu’il faut bien qualifier de démocratique tend à substituer la décision politique et l’acte d’Etat. Une évolution lente et semble-t-il impeccable, même si la baisse des budgets, la persistance des inégalités et une certaine individualisation des conduites sont de nature à susciter des préoccupations.

Jean-Michel Gamano

(1) Philosophe et ergologue français, auteur notamment de « Expérience et connaissance du travail », Éditions sociales 1988
(2) La nature est le seul médecin »,adage traditionnel repriiis entre autres par Ambroise Paré
(3) « D’abord, ne pas nuire », idem