L’édito du webzine. La FFF, l’anti-protection de la jeunesse

Kylian Mbappé, buteur de l’équipe de France contre le Sénégal, vient de s’insurger contre la Fédération française de football (FFF) pour l’utilisation non autorisée de son image dans une publicité pour Betclic, partenaire officiel de l’équipe de France.

Lors d’une séance photo à Clairefontaine, terrain d’entraînement de l’équipe de France, des joueurs ont été photographiés sans être informés que ces clichés serviraient à promouvoir un site de paris sportifs. Mbappé, déjà critique envers les bookmakers -qu’il accuse de ravages dans les quartiers populaires- a réagi vivement. Pourtant, les dirigeants de la FFF, comme Noël Le Graët ou Philippe Diallo, ont validé ce partenariat lucratif, estimé à plus de 30 millions d’euros.

Les paris sportifs, portés par le numérique et un matraquage publicitaire (avec des stars comme Messi, Neymar ou Cantona), connaissent une croissance exponentielle. Pour la Coupe du monde 2026, les mises devraient dépasser 1,2 milliard d’euros (contre 290 millions en 2014). En France, le marché a atteint 17,9 milliards d’euros en 2024, avec une hausse de 19 % en un an, boostée par l’Euro et les JO de Paris. 3,9 millions de joueurs en ligne sont recensés, dont 1,2 million de 18-24 ans (30 % des parieurs).

Un opium pour laa jeunesse

Pire : les mineurs ne sont pas épargnés. Une enquête révèle que 42,6 % des 15-17 ans ont déjà joué en 2025, et 11,4 % ont pratiqué les paris sportifs. 10,5 % d’entre eux sont considérés comme des joueurs problématiques, soit près de 250 000 adolescents exposés à l’endettement, l’anxiété ou l’échec scolaire. Les mécanismes (paris en direct, notifications incessantes) rendent cette pratique plus addictive que les autres jeux d’argent, selon les experts.

En s’associant à Betclic, la FFF ne se contente pas d’encaisser des revenus : elle devient l’ambassadrice des paris sportifs, alors même que sa mission de service public l’oblige à protéger la jeunesse. Comment concilier promotion des jeux d’argent et protection des mineurs ? Il faudrait que la ministre des Sports s’explique.

Dominique Gerbault

Céret. Un train pour le retour du train (L’Indep)

Ce samedi 20 juin, l’association Osons le rail a organisé une nouvelle action symbolique afin de sensibiliser le public et les décideurs à la nécessité, selon elle, de rétablir le transport de voyageurs sur la ligne Céret-Le Boulou-Elne.

Pour cette nouvelle mobilisation, Osons le rail a choisi une formule originale : en partenariat avec la CGT, les membres du collectif ont fait circuler un TER fictif entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et Céret, au niveau du butoir, en bout de voie, le long de la route d’Aubiry (parallèle à la D115). L’objectif n’était pas de faire rouler une rame réelle, mais de matérialiser ce que pourrait être demain le retour du train de voyageurs.

M. C.W. (L’Indépendant, le 21 juin 2026)

Déclaration du Mouvement de la Paix. Manifestons contre tous les racismes dimanche 21 juin à Paris

Dans la foulée des élections municipales, un déferlement de haine raciste a visé nombre d’élu·es de la République. L’extrême-droite et les médias qui lui sont affiliés ont orchestré des campagnes virulentes d’attaques racistes, amplifiées sur les réseaux sociaux. Visée par l’une d’elles, le maire de Saint-Denis-Pierrefitte-sur-Seine Bally Bagayoko a appelé à un rassemblement contre toutes les formes de racisme, que nos organisations ont soutenu et qui a été un succès de mobilisation de la société civile.

Nous, organisations de la société civile, considérons que le 21 juin, nous avons la possibilité d’amplifier encore le mouvement, en manifestant à Paris, avant les festivités de la Fête de la Musique, pour affirmer la large cohésion de la société contre tous les racismes, les discriminations, la haine de l’autre et en faveur de l’égalité en droits.

C’est cette égalité que l’extrême-droite ne peut supporter, c’est cette égalité qu’elle continue d’attaquer frontalement partout où elle se sent suffisamment forte, là où elle a obtenu des municipalités, là où elle voudrait peser dangereusement sur les institutions. Ainsi, elle s’en prend à ce qui fait notre socle politique partagé depuis 1789, la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et toutes les Constitutions républicaines depuis lors, qui proclament l’égalité de toutes et tous devant la loi.

Déterminées ensemble, partout, face à l’extrême-droite, pour l’égale dignité de tous les êtres humains, nos organisations appellent à rejoindre largement le cortège du 21 juin à Paris, 14h à Barbès.

Signataires : CGT (Confédération générale du travail), Fédération syndicale unitaire (FSU), LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement de la Paix, Union syndicale Solidaires

Le 15 juin 2026

P.-О. : les syndicats alertent sur les conditions de transport (L’Indép)

La mobilité dans les Pyrénées-Orientales est un enjeu majeur pour les représentants syndicaux. Ces derniers réclament une LGV mixte, la modernisation des lignes locales et une meilleure cohérence entre train et bus pour dynamiser le territoire.

« La mobilité et le transport occupent une place essentielle dans la vie quotidienne des habitants des Pyrénées-Orientales », ont insisté à plusieurs reprises les représentants des différentes instances syndicales CGT lors d’une conférence de presse ce jeudi 18 juin. Aujourd’hui, il est essentiel selon eux de revoir l’avenir de ces mobilités, pour des questions à la fois « économiques, écologiques et sociales ».

La question du ferroviaire a premièrement été soulevée avec le projet de ligne à grande vitesse reliant Perpignan et Montpellier. « Nous sommes favorables à la LGV à condition qu’elle soit mixte, c’est-à-dire ouverte aux voyageurs comme au fret », ont-ils indiqué. Mais ils demandent également que les futurs TGV « desservent réellement Perpignan » et « répondent aux besoins des usagers du département ».

Parmi les revendications figure la modernisation des lignes existantes, notamment Perpignan-Villefranche, Perpignan-Cerbère et Perpignan-Narbonne, ainsi que la création de « nouvelles haltes ferroviaires ».

Les organisations défendent la réouverture de plusieurs lignes aujourd’hui fermées aux voyageurs, dont celles vers Céret et Quillan. « Dans un département marqué par un fort taux de chômage et de pauvreté, améliorer les transports est un levier essentiel pour permettre aux habitants de travailler, d’étudier ou d’accéder aux soins ».

Les associations ont également mis en avant la complémentarité entre le train et les bus. « Il ne s’agit pas d’opposer les modes de transport mais de construire un maillage cohérent du territoire ». Selon elles, la réouverture de certaines lignes ferroviaires doit s’accompagner d’une adaptation des dessertes routières afin de mieux relier les communes aux gares. « On se retrouve souvent sur des transports qui ne sont pas complémentaires en termes d’horaires. La ligne de Villefranche, par exemple, arrive 5 minutes après le départ des trains ».

Mais à cela s’ajoute une multiplication de la sous-traitance des dépôts. « L’un de nos collègues habite à Arles-sur-Tech et a été affecté au dépôt de Perpignan. Depuis, ses journées se sont considérablement allongées, il dispose de plusieurs heures de coupure mais ne peut pas se permettre de rentrer chez lui ». À cette situation qui « se répète », S’ajoute aussi le manque de climatisation dans les bus, dégradant un peu plus les conditions de travail.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 20 juin 2026)

L’actu de la CGT (n° du 19 juin 2026)

Contre la vie chère : hausse des salaires !
Sans hausse générale des salaires, nous subissons une baisse de notre niveau de vie.
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Mardi 23 juin : on demande des comptes à Bercy
Dans le cadre de la journée mondiale pour la fonction publique, rassemblement festif et revendicatif à Bercy.
—> Télécharger le tract et se mobiliser le 23 juin

Actualités

Fibre Excellence : l’espoir renaît
Les salarié·es du producteur de pâte à papier étaient mobilisé·es ce 18 juin pour interpeller les pouvoirs publics et défendre l’avenir de leur usine, de leurs emplois et de toute la filière bois-papier.
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À l’Ehpad des Feuillants, la victoire après cent sept jours de grève
Les salarié·es de cet Ehpad de Poitiers (86), propriété du groupe Vivalto Vie, ont notamment arraché des augmentations de salaire et d’indemnité, la reconnaissance des qualifications et du matériel supplémentaire.
­—> Lire la suite

Loi-cadre intégrale : il faut agir maintenant !
La CGT aux côtés des organisations de la Coalition féministe et enfantiste pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles ont tenu une conférence de presse vendredi 12 juin.
—> Lire la suite

Canicule : quels sont les droits au travail ?
Les fortes chaleurs s’imposent désormais comme un risque professionnel majeur.
Dans un contexte où les accidents du travail mortels restent nombreux, le dérèglement climatique accentue l’exposition de millions de travailleuses et de travailleurs à des conditions de travail pouvant mettre leur santé en danger.
Quelles règles s’appliquent aujourd’hui et quelles revendications pour protéger le monde du travail face au dérèglement climatique ?
—> En savoir plus

Communiqués de presse

L’acharnement du gouvernement contre le 1er mai doit cesser !
La CGT dénonce le vote au Sénat ce jour, du projet de loi élargissant le travail le 1er mai aux salarié·es des boulangeries et fleuristes artisanales.
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Arrêts maladie : une réduction motivée par des impératifs budgétaires au détriment de la santé
Le gouvernement Lecornu a publié ce samedi un décret limitant la durée des arrêts de travail prescrits par les médecins à 31 jours pour une primo-prescription et à 62 jours pour un renouvellement. Pris en application de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, ce décret doit entrer en vigueur le 1er septembre prochain. Un second décret aux ambitions similaires, portant sur la fonction publique, devrait être publié le 18 juin prochain.
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La parole de l’Union Départementale CGT doit être entendue dans le procès Athanor
Depuis le 31 mars se tient un procès hors normes à la Cour d’Assise de Paris, sur l’affaire révélée par le journal Le Parisien en 2021 concernant la tentative d’assassinat d’un syndicaliste CGT, au sein d’une entreprise de la plasturgie dans le département de l’Ain.
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54e congrès de la CGT
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Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 19 juin 2026)

« En attaquant le 1er mai, vous brisez le contrat social »
Travail des salariés le 1er mai des salariés volontaires des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes
Le débat qui s’engage relève de l’obsession antisociale.
Chacun a en tête le parcours chaotique du texte du groupe Union Centrise dont l’objectif était clair : porter un dernier coup au mouvement social avant l’élection présidentielle, après l’oukase de la réforme des retraites. Pourtant, les (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Pourceau-Poly

Le 1er mai n’est pas à vendre
Travail des salariés le 1er mai des boulangers-pâtissiers artisanaux et artisans fleuristes
Cette nouvelle attaque contre le 1er mai s’inscrit dans une offensive plus large, méthodique et acharnée. Hier, François Bayrou voulait supprimer deux jours fériés.
Hier, la majorité sénatoriale a voulu allonger la durée annuelle du travail de sept à quatorze heures. Une proposition de loi de (…)
—> Lire l’intervention de Céline Brulin

Allez-vous laisser le parlement décider du budget de la France pour 2027 ?
Question d’actualité au Gouvernement
Depuis début mai, douze questions d’actualité ont été posées au gouvernement sur la loi de finances 2027. D’aucun, sur ces bancs, n’a été satisfait de vos réponses.
Les trois groupes de gauche du Sénat, Communiste-Kanaky, Socialiste, Ecologiste, vous ont interrogé sur la nécessité d’un projet (…)
—> Lire l’intervention de Pascal Savoldelli

« Les difficultés ultramarines relèvent d’inégalités systémiques »
Adaptation du droit des outre-mer
Cette proposition de loi part d’une ambition juste : adapter le droit aux réalités des territoires ultramarins. L’égalité réelle ne peut procéder de l’application uniforme des mêmes règles. Adapter le droit aux outre-mer n’est pas une faveur, mais une condition de cette égalité.
Le texte (…)
—> Lire l’intervention d’Évelyne Corbière Naminzo

L’Europe sous l’influence du complexe militaro-industriel
Le Conseil européen débattra du budget de l’Union pour la période 2028-2034. Pour la France, les implications sont considérables. De fait, notre contribution annuelle pourrait passer de 26 à 36 milliards d’euros, voire 42 milliards si les nouvelles ressources propres ne produisent pas les effets (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

« L’information n’est pas une marchandise comme les autres »
Renforcer l’effectivité des droits voisins des éditeurs et des agences de presse
Nous parlons d’économie, mais aussi de démocratie. Ceux qui produisent l’information peinent à vivre de leur travail, alors que les grandes plateformes captent une part croissante de la valeur des contenus de presse.
Les réseaux sociaux, les moteurs de recherche, les agrégateurs (…)
—> Lire l’intervention de Jérémy Bacchi

De l’arrachement à la réparation : justice pour les enfants réunionnais
Réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs de La Réunion
Cette proposition de loi est le résultat d’un combat, long, douloureux, vital, d’enfants réunionnais victimes de déplacements forcés orchestrés par l’État français alors qu’ils étaient sans défense et parce qu’ils étaient pauvres.
Entre 1962 et 1984, 2 015 enfants ont été arrachés à leurs (…)
—> Lire l’intervention de Évelyne Corbière Naminzo

La peur ne fait pas une politique publique
Renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat
La CMP a trouvé un accord, dont acte. Ce texte portait sa conclusion dès sa genèse : un compromis sur des mesures inefficaces et attentatoires aux libertés fondamentales.
De cette proposition de loi dépourvue d’étude d’impact, la CMP n’a levé aucun des risques d’inconstitutionnalité. (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

« Pour un grand service public de l’énergie, Groupe Énergie de France »
Relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité
Enfin, nous sortons de dix ans d’attente qui ont mis en péril notre parc hydroélectrique, menacé d’être vendu à la découpe.
Enfin, nous aboutissons à un compromis, alors que la souveraineté énergétique, la sécurité des approvisionnements, le développement des énergies renouvelables et le (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

Un nouvel élan pour le sport français à Vichy
Expérimentation d’une gouvernance territoriale unifiée pour le Creps de Vichy
Ce texte, d’apparence technique, est l’aboutissement de plusieurs mois de travail entre les acteurs. Le Creps joue un rôle national essentiel ; il nécessite une solution pérenne pour perdurer encore pendant plusieurs décennies.
Ce texte ne procède ni à un démantèlement ni à une privatisation (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Spécial bilan 2023-2026
Série 2 – Élections sénatoriales du 27 septembre 2026
Des analyses, des réactions et des propositions. Quand la chambre haute se hisse au niveau des attentes populaires et des élus locaux ! Retrouvez le bilan du groupe CRCE-K dans le numéro spécial de notre magazine.
—> Lire l’intervention

Train : les défenseurs de retour sur les rails (L’Indép)

L’association Osons le rail, qui milite pour la réactivation de la ligne de transport de voyageurs Céret-Le Boulou-Elne, en plus du fret, organise une opération symbolique, ce samedi.

La réouverture de la ligne ferroviaire Céret-Le Boulou-Elne au trafic voyageurs continue de mobiliser l’association Osons le rail, engagée, depuis plusieurs mois, dans une campagne de sensibilisation sur ce sujet. Après une série d’initiatives, déjà menées -distributions de tracts, rassemblements devant la sous-préfecture, opérations de nettoyage symbolique de portions de voie- les membres de l’association entendent poursuivre la dynamique.

« Un TER fictif »

En partenariat avec la CGT, une nouvelle action est annoncée, ce samedi 20 juin Il s’agira de faire circuler un TER fictif entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et Céret. Le rendez-vous est fixé, à 10h30, au niveau du butoir, en bout de voie, le long de la route d’Aubiry (parallèle à la D115). Cette initiative se veut, avant tout, symbolique, avec pour objectif de maintenir l’attention sur un dossier que ses défenseurs estiment toujours d’actualité et qui répond, selon eux, à plusieurs enjeux : amélioration des déplacements du quotidien, réduction de la dépendance à la voiture individuelle et développement d’alternatives de transport plus durables. Déterminée, Osons le rail entend poursuivre ses actions, dans les prochains mois, afin de maintenir « la pression » autour de ce dossier. Tout en s’appuyant sur le soutien des élus et des collectivités locales.

M. C.W. (L’Indépendant, le 19 juin 2026)

Adel Bakawan. « C’est la capitulation de Donald Trump » (La Maseillaise)

La signature officielle du protocole d’accord entre la République islamique d’Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre doit se tenir, dans la journée, dans un hôtel de luxe en Suisse. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a fait savoir qu’il ne viendrait pas. La venue du négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et du vice-président américain JD Vance avaient été annoncées en début de semaine, mais aucune information n’a filtré depuis. Le président américain tente, lui, de défendre ce texte face au scepticisme dans son pays. Faut-il s’attendre à un nouveau revirement ?
Franco-irakien, Adel Bakawan est chercheur associé au Programme Turquie/Moyen-Orient de l’Ifri et directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa (Eismena).

La Marseillaise : Quels sont les points à retenir dans cet accord ?

Adel Bakawan : Tous les éléments qui sont considérés comme urgents et importants. L’urgence, c’est le détroit d’Ormuz, les avoirs iraniens gelés, les sanctions primaires et secondaires sur la République islamique d’Iran et, bien évidemment, la guerre qui doit s’arrêter immédiatement, pas seulement entre l’Iran et les États-Unis, mais aussi sur tous les fronts, notamment au Liban. Les points importants sont ceux qui concernent l’avenir du programme atomique iranien et des 440 kilos d’uranium enrichi. Des points sur lesquels nous n’avons aucune précision, aucun détail et dont les négociations sont reportées dans 60 jours. Cette période est prolongeable de manière illimitée. Ça pourrait donc aller jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump et il pourrait laisser ce dossier, après son départ, à celui ou celle qui arrive après lui.

La Marseillaise : Sur ces seuls éléments, peut-on dire que l’Iran est vainqueur ?

Adel Bakawan : Le 6 mars 2026, Donald Trump dit la chose suivante : « Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran autre qu’une capitulation sans conditions ! » Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on a comme accord ? Est-ce que Donald Trump a récupéré le programme atomique iranien ? La réponse est non. Est-ce que les Iraniens lui ont livré les 440 kg d’uranium enrichi ? Non. Les Iraniens ont-ils fourni leur programme balistique à l’administration américaine ? Non. Est-ce qu’ils ont coupé leurs liens, soutiens financier et militaire aux proxys qui sèment la terreur au Moyen-Orient : le Hezbollah, les houthis, les milices irakiennes, le Hamas, le Jihad islamique etc. ? Non, ce n’est absolument pas abordé. En revanche, est-ce que les Iraniens ont obtenu la levée du blocus américain sur le détroit d’Ormuz ? Oui, bien sûr, immédiatement. Autrement dit, les Américains ont donné l’occasion aux gardiens de la Révolution islamique de récupérer, sans péage, sans frais de service, juste par la vente du pétrole et des produits pétrochimiques 100 milliards de dollars par an. Est-ce que les Iraniens vont avoir accès à la totalité de leurs avoirs gelés ? La réponse est oui. Verront-ils la suppression de toutes les sanctions non seulement américaines mais aussi des Nations unies ? Oui. C’est la capitulation de Donald Trump. Et oui, clairement, les Iraniens ont gagné.

La Marseillaise : De qui proviendront ces 300 milliards de dollars du plan visant à reconstruire le pays ?

Adel Bakawan : Les États-Unis disent que ça ne proviendra pas d’argent public mais privé. Au moins 100 milliards de dollars devraient provenir d’entreprises américaines, européennes et golfiennes qui seront sollicitées. On mettra des centaines de milliards de dollars à la disposition des gardiens de la Révolution, une organisation qu’on a considérée comme terroriste il y a quelques mois.

La Marseillaise : Comment expliquer que tous les États du G7 aient salué ce texte ?

Adel Bakawan : Tous les pays du G7 saluent cet accord parce que tout le monde souhaite la fin de cette guerre. Ce ne sont pas eux qui perdent contre l’Iran. Au contraire, ils ne sont absolument pas mécontents de cet accord, de cette capitulation de Donald Trump. Il a maltraité la totalité des chefs d’État du G7, des pays européens et arabes, puis désormais, le Premier ministre israélien. Tous les médias au monde vont monter en puissance pour aborder la capitulation de Donald Trump. Avec cet accord, on enterre ce Donald Trump historique qu’on a connu jusqu’à aujourd’hui. C’est la fin, plus personne n’a peur de lui. Tout le monde a compris que c’était un homme avec une grande gueule qui a la main qui tremble. Les États du Moyen-Orient qui avaient acheté avec des milliards de dollars le parapluie sécuritaire américain se voient dans l’obligation à la fois de négocier individuellement avec les Iraniens parce que Téhéran a parfaitement réussi à fracturer les pays du Golfe, et à chercher d’autres alternatives.

La Marseillaise : En janvier, Trump avait appelé les Iraniens à poursuivre leur mobilisation. Puis, le peuple a subi les bombardements israélo-américains et le régime s’est renforcé. C’est le grand perdant ?

Adel Bakawan : Avant la guerre, il y avait une marge de manœuvre pour manifester. Il y avait à la fois les ayatollahs qui modéraient l’action des Pasdaran et des modérés étaient arrivés au pouvoir comme le président Massoud Pezechkian. Désormais, les gardiens de la Révolution pensent que grâce à eux l’Iran a gagné la guerre et donc doivent avoir le dernier mot sur tout. Le régime s’est militarisé et va probablement se brutaliser davantage. La première victime sera le peuple iranien et tous les autres peuples de la région, les Arabes, les Israéliens, les Kurdes, les Turcs, qu’on a jetés dans les bras des gardiens de la Révolution.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 19 juin 2026)

« C’est une urgence absolue »… Après la mort de Lyhanna, des parents d’élèves de Perpignan agissent pour « faire bouger les choses » (L’Indep)

Depuis le 10 juin 2026, Ana Espinosa et l’association des parents d’élèves de l’école Jean-Jacques-Rousseau à Perpignan ont créé un carnet d’activités pour sensibiliser les familles à la prévention des violences sexuelles.

« Mon corps m’appartient ». C’est le nom du carnet d’activités mis en place par l’association des parents de l’école Jean-Jacques-Rousseau à Perpignan. Dans ce cahier d’une vingtaine de pages, des jeux informent les enfants sur leur corps et leur droit à l’intimité. Ana, une mère de deux enfants, est à l’initiative de ce carnet. « Il y a plusieurs années, j’ai assisté avec mon fils de 4 ans à une pièce de théâtre sur la prévention des violences sexuelles, au Mexique. À la suite de cette pièce de théâtre, j’ai fait une formation pour les parents sur la prévention des violences sexuelles. Ça permet d’apprendre à commencer à aborder le sujet avec des enfants. »

L’apprentissage par l’action

L’idée est donc claire : apprendre aux enfants comment réagir sous forme d’activités. « Vu que les enfants apprennent par le jeu, la façon la plus ludique de commencer à leur parler des violences sexuelles, c’est justement de faire des cahiers d’activités », explique Ana. Des systèmes ingénieux permettent de ne pas terrifier les enfants : un feu tricolore pour expliquer les parties intimes du corps, un labyrinthe qui mène vers des personnes de confiance, des mots croisés et enfin, un certificat qui félicite les enfants d’être allés jusqu’au bout du carnet. « Je pense que quand on fait réfléchir l’enfant par lui-même, c’est plus facile pour lui qu’il prenne ensuite des décisions », explique la créatrice du carnet.

Depuis sa création, il connaît un véritable succès : « Quand des parents utilisent cet outil, c’est aussi qu’ils sont un peu perdus pour savoir comment aborder cette question. Pour l’instant, on a eu de très bons retours, je suis contente ».

Une situation trop taboue

Selon Ana Espinosa, beaucoup de parents ne parlaient pas de ce sujet avec leurs enfants. « On a envie de les protéger de tout ce qu’il y a de plus difficile et moche dans le monde et donc, on évite de leur parler du sujet. Mais je me rends compte qu’en fait, on ne les protège pas du tout, parce qu’on est en train de faire comme si le problème n’existait pas. Les enfants sont donc encore plus vulnérables ».

Ce malheureux constat, la mère l’a souligné depuis la mort tragique de Lyhanna. « J’ai vu beaucoup de monde étonné que ça puisse arriver, même près d’ici, parce que Perpignan n’est pas très loin du Gers. Je me suis alors rendu compte que beaucoup de parents avaient tendance à éviter de penser à ça parce qu’ils ne veulent pas être confrontés à l’impensable ».

Depuis la mort de la jeune fille de 11 ans, cette mère et l’association de Jean-Jacques-Rousseau sont déterminées à agir « pour faire bouger les choses ». Pour eux, « c’est une urgence absolue. Parce qu’avant que cette petite fille ne se fasse tuer, il y avait beaucoup d’enfants, et il y en aura encore beaucoup qui se font agresser sexuellement ».

Ils espèrent donc maintenant pouvoir également aider de nombreuses familles, qui pourraient prévenir le danger avant qu’il se produise.

Noémie Becamel (L’Indépendant, le 18 juin 2026)

Le carnet est disponible gratuitement à cette adresse. Elle figure aussi dans la bio du compte Instagram de l’association @ape.jjrousseau66