La Poste : silence, des salariés se suicident (Blast)

La tentative d’immolation par le feu d’un syndicaliste dans les Pyrénées-Orientales, le 4 mai, rappelle que le management autoritaire de la direction de La Poste peut avoir des conséquences tragiques. Un autre facteur, qui a lui aussi tenté de s’immoler par le feu il y a un an, poursuit son employeur pour discrimination syndicale. Une audience au pénal se tiendra le 3 décembre. L’inspection du travail vient également de mettre en demeure La Poste de prendre des mesures de prévention à la suite du suicide d’un employé en 2019. Les syndicats appellent à la mobilisation les 10 et 20 juin prochains.

Lorsqu’ils prennent leur service ce matin-là, aux alentours de 7 heures, les facteurs de cet établissement des Pyrénées-Orientales se heurtent à une vision sordide : un de leurs collègues, hagard, erre dans un couloir, empestant les effluves de pétrole. L’homme, dans un état de semi-conscience, leur demande d’appeler les secours. Il leur explique qu’il s’est aspergé d’essence puis que, incommodé par les vapeurs d’hydrocarbures et gagné par la fatigue, il s’est évanoui avant de reprendre ses esprits. Sur lui, un briquet atteste du sérieux de ses intentions initiales. Pris en charge par les pompiers puis hospitalisé, il est plongé dans une forme de léthargie artificielle pendant une semaine.

L’homme est connu de ses collègues : postier depuis une trentaine d’années, c’est également un syndicaliste chevronné et combatif, mais aussi irréprochable : dans une entreprise où les syndicalistes les plus remuants sont régulièrement convoqués en conseil de discipline et mis à pied, lui n’a jamais fait l’objet de sanctions. Dans le local syndical où il s’est rendu dès 5 heures du matin pour se déverser un liquide inflammable sur le corps, des collègues découvrent une lettre qu’il a laissée. « Il disait qu’il n’en pouvait plus », explique le représentant de la CGT Alexandre Pignon, « qu’il subissait trop de pression. Il s’excusait pour son geste et nous demandait de ne pas faire comme lui et de continuer le combat ».

Pour la première fois, Laurent (le prénom a éré changé) avait subi les foudres de sa direction et s’apprêtait à passer en conseil de discipline. L’affaire remonte à février dernier. Quelques jours après Mardi gras, Laurent participe avec d’autres collègues, dont Alexandre Pignon de la CGT, au pot de départ d’un autre postier syndiqué à SUD-PTT, Samuel Toutain, licencié en janvier dernier. La fête prend la forme d’un carnaval festif et potache, organisé sur le parking devant un établissement postal, où la hiérarchie est tournée en ridicule. Une sorte de séance de catharsis collective, dont plusieurs participants reconnaissent volontiers le caractère parfois lourd et peu subtil. «  Mais ce n’était ni sur le lieu de travail ni pendant notre temps de travail, et nous avions prévenu la police de l’événement  », explique un participant.

Cependant la direction, à l’affût du moindre écart susceptible de constituer un grief contre les participants, fait venir un huissier pour prendre des photos. Dans cette ambiance joviale et décontractée, certains postiers se lâchent. Mal leur en prend : constat d’huissier à l’appui, la direction leur reproche des gestes insultants et dégradants. Laurent, Alexandre et deux autres facteurs apprennent qu’ils vont passer en conseil de discipline. Au vu de leurs antécédents, Alexandre et Laurent risquent la révocation. Moins de trois mois plus tard, Laurent est retrouvé hagard et imprégné d’odeurs d’essence sur son lieu de travail.

Contactée, La Poste s’est bornée à une déclaration de principe, sans annoncer de mesures concrètes ni engager de réflexion pour prévenir ce type de drame.

Des syndicalistes régulièrement sanctionnés, voire licenciés

Comme l’a documenté Blast, les syndicalistes jugés trop vindicatifs sont régulièrement sanctionnés, parfois pour de simples prises de parole ou des visites d’établissements pourtant parfaitement légales dans le cadre de leur mandat syndical. D’autres fois, les motifs paraissent plus fantaisistes, comme des accusations invérifiables de harcèlement envers un supérieur hiérarchique.

Dernier exemple en date : Samuel Toutain, délégué Solidaires à Thuir (Pyrénées-Orientales), a été licencié en janvier après une série de sanctions aux motifs parfois absurdes : être venu travailler en tongs ou avoir envoyé un courriel jugé trop tardif à un supérieur.

Le 28 avril dernier -date qui correspondait aussi, ironie malicieuse du calendrier, à la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail- Didier Rochette, syndicaliste SUD-PTT à Marseille, était convoqué en conseil de discipline. Sa direction l’accuse d’avoir maltraité psychologiquement une de ses supérieures, mais la plainte déposée contre lui a été classée sans suite par la justice. Didier Rochette affirme au contraire avoir lui-même subi du harcèlement moral de la part de sa hiérarchie, et des collègues seraient prêts à témoigner en sa faveur, selon son syndicat. Il a malgré tout écopé de douze mois de mise à pied. En clair, il ne travaillera pas à La Poste et ne percevra aucun salaire pendant un an.

Un procès au pénal suite à une autre tentative de suicide par immolation

Les tribunaux donnent régulièrement tort à La Poste. En mars 2024, la cour d’appel de Paris a annulé dix années de sanctions infligées à Vincent Fournier, élu CGT puis SUD-PTT dans les Yvelines -onze mois de mise à pied et dix procédures disciplinaires- et a condamné l’entreprise à lui verser 40 000 euros. Le 29 avril dernier, le Conseil d’État a annulé le licenciement d’un syndicaliste du Calvados et ordonné sa réintégration.

Les nuages judiciaires s’accumulent par ailleurs sur l’entreprise et prendre une tournure plus inquiétante pour la direction. Le 3 décembre prochain, c’est au pénal que La Poste devra répondre de ses actes. Elle est poursuivie pour harcèlement syndical par un délégué de SUD-PTT.

L’affaire est sordide et rappelle celle de Laurent. Le 17 juin 2019, au centre de tri Paul Vaillant-Couturier de Levallois-Perret, un syndicaliste s’asperge d’essence et tente de s’immoler par le feu. Il est sauvé par ses collègues puis pris en charge par les pompiers. Considéré par ses supérieurs comme l’un des leaders de la grève de quinze mois qui venait de s’achever, il avait été pris en grippe par sa hiérarchie. Cette mobilisation s’opposait à la réorganisation des bureaux de poste, mais aussi justement aux sanctions infligées aux grévistes.

Épuisé par ce long conflit, l’homme avait demandé -et obtenu selon SUD-PTT- une mutation avec promotion comme chef d’équipe dans une filiale de la Poste, Docapost. Mais au dernier moment, la direction a fait volte-face : le poste ne peut finalement pas lui être attribué. Selon La Poste, cette décision n’a aucun lien avec son activité syndicale : « En raison d’une baisse d’activité, sa demande n’a pu aboutir », fait valoir la direction.

Sauf que SUD-PTT a obtenu un enregistrement d’une discussion entre cadres de La Poste, qui expliquent que tout était prêt pour cette mutation, jusqu’à ce qu’ils préviennent la filiale du militantisme du salarié.

Blast a récupéré la retranscription de l’enregistrement par l’inspection du travail. Extraits  accablantspour l’entreprise : « J’ai quand même appelé Christophe M. [dirigeant de Docapost] […]. Parce que j’ai appris que Docapost n’était pas au courant du statut… [inaudible]. Du coup c’était pas possible, tu vois […]. Je ne pouvais pas ne pas leur dire ». Les autres acquiescent. « Pour l’établissement, c’est pas forcément… [rires]. En plus c’est un poste d’encadrant ». Approbation générale, sauf de la part de l’un des cadres qui se demande si la mutation ne peut pas quand même se faire, en des termes assez étonnants : « Sinon, il est malsain, naturellement ? Il n’est pas retournable pour l’entreprise à ton avis ? Pour le peu que tu le connais ? ». L’interlocuteur répond par la négative. « Et donc du coup ça va pas se faire ? », demande un autre participant à la réunion. Réponse sarcastique de l’homme ayant alerté la filiale du profil revendicatif su salarié : « Ben… [rires] Docapost est au courant. Parce qu’ils l’avaient validé. Il suffisait de caler la date ». Le syndicaliste disait donc vrai : la promotion lui avait été accordée dans un premier temps puis retirée une fois le patron de la filiale mis en garde contre le profil contestataire du candidat. Rien à voir avec une quelconque baisse d’activité.

L’audience s’annonce donc difficile pour La Poste, d’autant qu’elle ravivera sans doute de douloureux souvenirs. En 2018, une enquête choc d’« Envoyé spécial » révélait une vague de suicides liée au mal-être au travail dans l’entreprise. L’affaire avait provoqué un scandale. La Poste avait alors promis de renforcer la prévention mais, contrairement à ce qui s’est produit à France Télécom, confronté à un phénomène similaire, aucune poursuite judiciaire n’avait été engagée.

« En réalité, l’entreprise n’a pas fait grand-chose, estime un syndicaliste. Elle a un temps fait profil bas en ce qui concerne les sanctions contre les syndicalistes et la pression sur les salariés, mais depuis, c’est reparti de plus belle, jusqu’à provoquer de nouvelles tentatives de suicide. »

Alexandre Pignon, secrétaire général de la CGT FAPT des Pyrénées-Orientales, se souvient notamment d’une factrice de Rivesaltes qui avait tenté de se mettre fin à ses jours pendant sa tournée. « Mais sous prétexte qu’elle avait quitté son itinéraire habituel pour tenter de se pendre dans un cabanon au milieu d’un champ, la direction avait refusé de considérer l’événement comme un accident du travail », explique-t-il. De mémoire, il évoque également deux autres tentatives de suicide dans la région.

Un suicide reconnu comme lié à la souffrance au travail

« Avec la pression, les cadences infernales et des tournées de plus en plus chargées (1), de plus en plus de postiers craquent sur leur lieu de travail, dénonce Pignon. À chaque fois, la direction met en avant des problèmes personnels pour nier tout lien avec le travail. »

Cet argumentaire consistant à décorréler les drames de la souffrance au travail deviennent toutefois de plus en plus difficiles à soutenir. La Poste a ainsi récemment subi un revers judiciaire qui pourrait constituer un tournant. L’affaire faisait suite au suicide d’un facteur de Yerres (Essonne), qui a mis fin à ses jours au siège de la direction régionale après avoir appris une nouvelle suppression de tournée.

Coïncidence ou geste symbolique, les faits se sont produits le 28 avril 2025, là encore lors de la Journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail. Une enquête de l’inspection du travail a conclu que ce suicide résultait d’une situation dangereuse constatée dans l’établissement où le salarié était affecté. Le 6 mars dernier, l’inspection a reconnu ce suicide comme un accident professionnel et mis en demeure La Poste de prendre des mesures de prévention « effectives, pertinentes et suffisantes » pour éviter que de telles situations se reproduisent.

Après le scandale des suicides à France Télécom, une nouvelle affaire des suicides à La Poste est-elle en train d’émerger ? En attendant, les syndicats CGT et SUD-PTT appellent à deux manifestations à Paris, les 10 et 20 juin.

Thierry Vincent (Blast, le 26 mai 2026)

(1) Lorsque l’on sait qu’un facteur dispose théoriquement de 70 secondes pour distribuer un recommandé, on comprend mieux pourquoi certains usagers retrouvent des avis de passage mentionnant « absent du domicile » alors qu’ils étaient présents…

L’édito du webzine. La guerre est un business

Alors que les discours politiques se parent des oripeaux de la « défense nationale » et de la « dissuasion », les marchés, eux, ne s’y trompent pas : la guerre est devenue le placement le plus lucratif du siècle.

Entre 2017 et 2025, le budget militaire français a bondi de 50 %, passant de 32,7 à 50,5 milliards d’euros par an. Et ce n’est qu’un début. D’ici 2027, il frôlera les 64 milliards, une somme colossale prélevée sur les contribuables, tandis que l’État nous serinera, sans ironie, que la réduction des déficits reste une « priorité ».

Pendant que les citoyens s’interrogent sur leur pouvoir d’achat ou l’avenir des services publics, les actionnaires, eux, comptent leurs plus-values. Thales, spécialiste des radars et de la cybersécurité militaire, a vu son cours de Bourse s’envoler de 80 % en 2025. Dassault Aviation, porté par les ventes du Rafale, affiche un chiffre d’affaires en hausse de 20 % et une action en progression de 70 % en un an. Même Exail Technologies, plus discrète mais tout aussi vorace, a doublé sa valorisation.

Et que dire des géants américains ? Les six premiers jours du conflit entre les États-Unis et l’Iran ont englouti 9,7 milliards de dollars de fonds publics. Résultat : Northrop Grumman (fabricant du bombardier B-2) a grimpé de 46 %, RTX (ex-Raytheon, producteur des missiles Patriot) de 45 %. Chaque missile tiré, chaque drone détruit, chaque obus explosé se transforme en nouvelle commande publique en dividende juteux.

La mécanique infernale

Le système est implacable : lorsqu’un conflit éclate ou menace d’éclater, les États dépensent sans compter pour « se défendre », les industriels de l’armement empochent les contrats, gonflent leurs marges, et reversent des dividendes à leurs actionnaires, les marchés applaudissent, les cours flambent, et la boucle est bouclée.

Cela se traduit pour les États :par un endettement croissant, des services publics asphyxiés, une sociétés fracturées et pour les industriels par des carnets de commandes pleins à craquer, des actionnaires ravis, des perspectives radieuses.

Voilà le vrai enjeu de la prochaine élection présidentielle. Quel candidat osera briser cette spirale mortifère ? Qui aura le courage de dire que la sécurité ne se mesure pas en milliards de dépenses militaires, mais en diplomatie, en coopération, en désarmement ? La paix se négocie, la guerre se vend.

La paix n’est pas un luxe. C’est un investissement. Et il est grand temps de désinvestir de la guerre.

Dominique Gerbault

Le billet d’Yvon Huet. L’IA, catastrophe ou progrès

J’ai été scotché par la quantité d’eau consommée par les centres de stockage de données consacrés à l’IA… des milliards de milliards de m3 d’eau dans le cadre d’une concurrence capitaliste hystérique où chaque groupe d’influence se jette dans l’espoir de profits records.

C’est le cas évidemment d’Amazon certes et des autres Gafas mais aussi de tous les secteurs de l’industrie militaire dont les budgets atteignent des records. Je suis en accord avec Fabien Roussel quand il dit qu’il faut faire nôtre l’IA, mais à condition de bien réfléchir à ce que cela représente dans le cadre de la défense de l’environnement où la question de l’eau disponible devient un sujet central.

Dans le contexte actuel, le tout IA tel que mon téléphone portable le propose me désespère. C’est une incitation au nivellement culturel et au conditionnement idéologique en vigueur au point, d’après un sondage, que 17 % des Français auraient déjà demandé à l’IA pour qui il serait « utile » de voter à l’élection présidentielle par le biais de questions ciblées.

Reste aussi le nombre de gens qui vont se retrouver à la rue, y compris cette fois des gens diplômés qui ne serviront plus à rien pour les sponsors. C’est déjà le cas dans la publicité qui nous sert des horreurs de conditionnement très majoritairement au service de la voiture et de la mal bouffe dans la boucle du bourrage de crâne organisé sur les chaînes de la TNT et au-delà.

Alors oui, l’IA provoque une nouvelle révolution dans le rapport des hommes et du travail. Mais dans notre système capitaliste ultra-libéral mondialisé, nous sommes sûrs que les nouvelles générations en paieront le prix fort. Très rapidement, s’il ne se passe pas quelque chose, qui remette en cause la course folle aux profits dont le monstre Elon Musk est un symptôme révélateur, le chaos que nous connaissons dans le monde risque bien de se démultiplier et l’IA ne servira qu’à attiser les conflits sur une planète où l’homme risque de s’autodétruire.

C’est aux citoyens de se rendre compte de l’urgence à changer de société, non pas pour une « France nouvelle », mais pour un monde où la France pourra jouer un rôle positif dans la remise en cause du règne des puissants, à minima comme le fait actuellement la gauche espagnole, avec des objectifs concrets et progressifs partagés par la majorité du peuple. Je rêve ? Non. Je donne juste le point de vue d’un humain qui ne veut pas voir disparaître l’humain au prétexte fallacieux de « la modernité ».

Yvon Huet

Conflent Canigó. Que va devenir ce projet de 5 millions d’euros à Prades ? (L’Indep)

Jeudi 11 juin se déroulait la deuxième réunion du conseil communautaire présidée par Aude Vives. Les élus étaient invités, à la fraîche, pour une assemblée en extérieur à Baillestavy.

Présentation de la communauté de communes et des commissions, présentation de l’école de musique du Confient, conventions de mise à disposition de certains agents entre les communes et la communauté de communes ou encore désignation des membres du comité directeur de l’office de tourisme […] La réunion de ce jeudi soir était plutôt administrative. Seul point d’achoppement, le vote concernant l’augmentation de la subvention (obligatoire) allouée aux écoles privées. Une hausse non acceptée, mais finalement votée. Bref, un conseil communautaire de début de mandat, une assemblée en rodage qui ne devrait pas tarder à trouver ses marques. Une question pourtant brulait de nombreuses lèvres et un élu l’a posé. « Que va-t-on faire de la Maison
Félip ? »
.

Réponse : « Il faut que l’on prévoie une réunion pour en discuter ». La maison Félip est une bâtisse du XVIIe siècle, implantée au coeur de Prades, place de la République. Un immeuble en très mauvais état vendu en 2004 par la ville à l’Office 66, puis racheté en 2014, par la municipalité emmenée par Jean Castex.

Ceci dans l’idée de revaloriser le centre-ville et d’y aménager « un espace à vocation culturelle, patrimoniale et touristique ». Problème, le budget rénovation semblait élevé pour la commune. Celui qui est à l’époque également à la tête de la communauté de communes Conflent Canigó propose alors d’en faire un centre d’intérêt intercommunal. L’EPCI en devient propriétaire et la Maison Félip est rénovée pour un budget dépassant les 5 millions d’euros.

Une récente publication sème encore plus le doute

L’objectif : abriter l’office de tourisme intercommunal, les bureaux du Festival Pablo Casals, le siège du Pays d’art et d’histoire (PAH) avec un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (Ciap) et un espace muséographique. « C’est un phare du tourisme en Confient, un outil au service de la culture », révélaient les anciens élus aux commandes. Un phare pour lequel les candidats David Berué et Aude Vivès imaginaient d’autres destinations pendant les élections municipales. Un pôle d’attraction culturelle avec pourquoi pas la médiathèque intercommunale pour les uns, un lieu d’effervescence culturelle et/ou un support pour la vitalité associative pour les autres. Seul Julien Audier Soria soutenait (et soutient toujours) le projet tel qu’il avait été établi au départ.

Une récente publication (jeudi 11 juin à 11h52) sur les réseaux sociaux de la communauté de communes présidée par Aude Vivès annonce que l’immeuble doit « accueillir notamment le futur Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine. Ce lieu permettra de rassembler les activités culturelles et patrimoniales portées par les services de la communauté de communes et ses partenaires ». Le projet initial est-il finalement validé ou seulement retouché ? Le flou persiste alors que le chantier devrait se terminer au cours du premier trimestre 2027. La seule chose claire, c’est que la ville de Prades aura bien tiré son épingle du jeu avec ce projet. Elle voit son centre embelli par un (très) gros programme financé, en partie, par l’ensemble des communes alentour. Communes qui attendent maintenant un minimum de retour sur investissement.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 14 juin 2026)

Grève annoncée au collège Camus (L’Indep)

Alors que le nombre de conseils de discipline au sein de l’établissement est passe de 11 à 43 par an entre 2023 et aujourd’hui, les enseignants du collège Camus viennent d’apprendre qu’ils vont perdre un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) à la rentrée prochaine. Un groupe de professeurs a décidé de se mettre en grève dès ce lundi.

La colère gronde parmi les enseignants du collège Albert-Camus de Perpignan. A la suite de la suppression annoncée d’un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) chargé d’organiser la vie scolaire, collectif de professeurs a décidé de se mettre en grève et de bloquer l’établissement dès 7h30 ce lundi 15 juin.

Il faut dire qu’à Camus, la situation en matière de discipline semble déjà difficile à gérer avec les effectifs actuels : « Après plusieurs courriers et une entrevue avec la direction des services départementaux de l’Éducation nationale pour l’alerter sur la situation du collège, nous venons d’apprendre que l’établissement perd des moyens de vie scolaire: de deux CPE à temps plein, nous passons à un CPE un à temps plein et un CPE à mi-temps. Or, nous faisons face à des conditions de travail de plus en plus difficiles. Cette année, sur 402 élèves, il y a eu 43 conseils de discipline pour des faits graves alors qu’en 2023-2024, il n’y en avait eu que 11. »

Le collectif évoque également « des faits de violence physique et verbale commis par certains parents ». Selon les professeurs : « Dans ce contexte, le rôle des CPE est vital pour le bon fonctionnement de l’établissement, le suivi et la sécurité des élèves. Nous qui sommes motivés par la réussite de nos élèves ne voulons pas être complices et victimes de cette dégradation des moyens alors que se jouent l’égalité des chances et l’apprentissage des valeurs de la République par nos élèves. »

Les enseignants précisent qu’ils avaient commencé à écrire à l’inspection dès février pour plaider en faveur du maintien de ce demi-poste de CPE dont ils appréhendaient la suppression. Ils soulignent par ailleurs avoir prévenu les parents d’élèves de leur action. « Nombre d’entre eux nous ont dit qu’ils nous soutenaient, assure une professeure investie dans la contestation. Certains nous ont même annoncé qu’ils comptaient venir avec nous lundi sur le parvis du collège. »

De son côté, l’inspection indique que la situation est liée au fait que « les moyens du plan tranquillité (qui avait permis la création du demi-poste de CPE au cœur du litige, NDLR) vont pour partie et progressivement être redéployés ». L’administration ajoute que dès l’origine, « ces moyens étaient annoncés comme une mesure provisoire ». Avant de conclure : « L’Éducation nationale est bien consciente de la situation et c’est donc l’attribution d’autres moyens qui sont actuellement à l’étude pour qu’au final, le volet médico-social et vie scolaire des établissements ne soit pas du tout impacté. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 juin 2026)

« Nos différences, notre force »… Gros succès pour la marche des fiertés (L’Indep)

Autour de 1 500 personnes ont défilé hier dans les rues de Perpignan à l’appel du centre LGBT + (lesbiennes, gays, bisexuels, trans et plus). Résolument festive, cette cinquième marche des fiertés organisée dans la capitale nord-catalane a mis l’ambiance en centre-ville, mais n’en était pas moins engagée contre toute forme de discrimination.

Musique électronique, pluies de bulles de savon, dragqueens, serre-tête licome, drapeaux multicolores… Vue de loin, la marche des fiertés ressemble à une grande fête. Mais il suffit de S’approcher pour en percevoir la dimension militante. « Les LGBT-phobies tuent », « Droits égaux pour tous », « Toujours lesbiennes, jamais RN » : certains slogans inscrits sur les pancartes parlent d’eux-mêmes.

« Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans la rue pour célébrer nos existences, nos histoires, nos amours, nos identités et nos libertés. Mais nous sommes aussi ici pour rappeler une réalité : les droits humains ne sont jamais définitivement acquis », a résumé lors de sa prise de parole Alexandra Puig, la présidente du centre LGBT + de Perpignan, qui portait l’initiative. « Aujourd’hui, nous sommes la malgré les insultes, malgré les discriminations, malgré celles et ceux qui veulent nous rendre invisibles. Nous sommes là pour défendre le droit de chaque personne à être pleinement elle-même, librement et sans contrainte. Nos différences ne nous affaiblissent pas : elles font notre force. »

Comme le veut la coutume, avant le départ du cortège de la place de Catalogne, ce samedi vers 15 heures, l’une des « sœurs de l’indulgence », Marie B des Anges, voile en broderie violette sur la tête, visage peint en blanc et lunettes noires, a prononcé sa bénédiction. En invoquant la protection de toute une ribambelle de saintes et de saints méconnus, dont notamment « Saint Dépistage sans qui rien n’est sûr ». Les participants ont ensuite défilé jusqu’au Castillet, avant de mettre le cap vers le palais des rois de Majorque. Dans une ambiance résolument festive, mais toujours empreinte en même temps de revendications.

« Encore aujourd’hui, c’est difficile de se sentir en sécurité en tant que personne LGBTQIA + », confie par exemple sur le chemin Arnaud, 35 ans, qui vient de quitter Paris pour Perpignan. « Juste se tenir la main ou avoir des vêtements un peu efféminés, on se pose la question avant de le faire. On est là pour montrer qu’on existe, qu’on se soutient les uns les autres. »

De son côté, Maxime, 32 ans, enveloppé dans un drapeau multicolore, est venu avec sa compagne et leur enfant. « Je veux montrer à ma fille que chacun peut faire ce qu’il veut. Mon frère est gay. Je participe à des marches des fiertés avec lui depuis que je suis petit. Ce sont de grands moments de fête et de partage. »

Selon la préfecture, cette 5e marche des fiertés perpignanaise a rassemblé environ 1 200 personnes.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 juin 2026)

LGBTQIA + : lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer, intersexes, asexuels et plus.

Hôpital de Cerdagne. La double imposition toujours pas résolue (L’Indep)

Statu quo trois ans après. Le Conseil Syndical Interrégional Pyrénées Méditerranée dénonce : « Trois ans après, le conflit de double imposition à l’hôpital de Cerdagne n’est toujours pas totalement résolu. Six salariées attendent encore le remboursement des sommes indûment réclamées par l’administration fiscale espagnole », Cette double imposition a affecté au total 32 salariés de l’établissement de soins basé à Puigcerdá. « L’affaire n’est toujours pas complètement réglée », insiste le CSIR, bien qu’en novembre 2025, les ministères des Finances espagnol et français soient parvenus à un accord favorable aux personnes concernées, reconnaissant que les sommes réclamées par l’Agence fiscale espagnole l’avaient été à tort, six salariées n’ont toujours pas récupéré les montants qui leur sont dus.

« Le conflit trouve son origine dans la demande de paiement de l’Impôt sur le Revenu des Non-Résidents (IRNR) adressée à des travailleuses et travailleurs résidant en Haute-Cerdagne. Cette interprétation allait à l’encontre du régime fiscal applicable aux travailleurs frontaliers prévu par la convention fiscale franco-espagnole, selon laquelle ces personnes doivent être imposées exclusivement dans leur état de résidence, en l’occurrence la France », rappelle le CSIR.

« Cette affaire met une nouvelle fois en évidence les difficultés persistantes des administrations à reconnaître et à appliquer correctement le statut particulier de l’Hôpital de Cerdagne, unique établissement hospitalier transfrontalier d’Europe », conclut-il.

L’Indépendant, le 12 juin 2026

L’actu de la CGT (n° du 12 juin 2026)

Nouvelle attaque contre le 1er mai
Après la retraite à 64 ans, ils veulent nous faire travailler le 1er mai. Le 16 juin, mobilisons-nous contre cette nouvelle attaque.
—> Télécharger le tract et se mobiliser le 16 juin

Actualités

JDE peet’s : la grève change la donne
Dans la Loire, les salariés de JDE Peet’s ont débrayé deux semaines fin septembre 2025. À la clé : 160 euros de hausse générale et une prime exceptionnelle. Mais le mouvement a aussi engendré un élan de solidarité toujours vivace entre les salarié·e·s.
—> Lire la suite

Rencontres Options « En toute transparence : travailler l’égalité »
Le jeudi 25 juin 2026, l’Ugict (Union Générale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens) de la CGT organise les Rencontres Options sur le thème de l’égalité professionnelle et de la transparence salariale. L’évènement se déroulera au Théâtre Traversière à Paris, de 9h à 17h.
—> Lire la suite

1936 : le verrou saute !
Sous la pression des luttes qui se sont généralisées dans tout le pays, appuyées par la CGT tout juste réunifiée, le gouvernement du Front populaire ouvre des négociations historiques qui consacrent, en particulier, la liberté syndicale et la création des délégués du personnel.
—> Lire la suite

1936, la CGT se réunifie !
Face à la menace fasciste, la CGT et la GTU, pourtant dans une opposition violente depuis leur scission en 1921, trouvent le chemin de l’unité pour faire front.
—> Lire la suite

Vive les CE
La création des comités d’entreprise en 1945 est l’une des plus importantes mesures prises à la Libération. On parlera de « révolution par la loi ». Leurs origines apparaissent toutefois variées et leur reconnaissance juridique assez mouvementée…
—> Lire la suite

Communiqués de presse

Victoire : pour la 2e fois l’Assemblée nationale vote la nationalisation d’Arcelor Mittal
L’Assemblée nationale vient d’approuver en deuxième lecture la proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal. Cette magnifique victoire n’est pas le fruit du hasard mais bien l’aboutissement des luttes menées par les salarié·es et la CGT pour défendre l’emploi, l’industrie et l’intérêt général face aux logiques financières.
—> Lire le communiqué

La colère des cheminot·es est tellement forte, que la grève est majoritaire
Ce mercredi 10 juin, à l’appel de l’intersyndicale cheminote, près d’un·e salarié·e sur deux de la SNCF et de ses filiales, était en grève. Cette mobilisation prouve la légitimité de leurs revendications sur la question des salaires, des conditions de travail et pour un service public du ferroviaire.
—> Lire le communiqué

COR : retraite à 67,5 ans ? Pas question : abrogation de la réforme Macron !
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) s’est réuni jeudi 11 juin pour débattre de son rapport annuel. Depuis lundi, le projet de rapport – il s’agit bien seulement d’un projet à ce stade – a fuité dans une partie de la presse, qui titre « frauda-t-il travailler jusque 67 ans et demi ? », certain·es allant jusqu’à le poser comme affirmation.
—> Lire le communiqué

54e congrès de la CGT
—> Accéder au dossier­

Jean-Baptiste Guégan. « C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump » (La Marseillaise)

Auteur de « La géopolitique du sport, une autre explication du monde » et « La France n’est pas un pays de sport ? », le géopolitologue du sport et journaliste Jean-Baptiste Guégan décrypte les enjeux de la Coupe du monde de football qui a débuté jeudi 11 juin et qui va se dérouler dans trois pays : Mexique, Canada et États-Unis.

La Marseillaise : Est-ce le Mondial de Donald Trump ?

Jean-Baptiste Guégan : C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump pour plusieurs raisons. D’abord parce que sans lui, les États-Unis, le Mexique et le Canada ne l’obtiennent pas. En 2018, face au Maroc, la candidature américaine bénéficie de la pression du président qui avait été mis à l’écart jusque-là. Il publie un tweet où il dit, vous êtes avec moi ou vous êtes contre moi. Quand Joe Biden était président, personne ne parlait de la Coupe du monde de Biden. Aujourd’hui, c’est donc une Coupe du monde qui met en scène Trump version deuxième mandat. Ça avait commencé avec la Coupe du monde des clubs l’été dernier (photo), où on l’a vu faire son sketch autour du podium. Il a voulu aller avec les joueurs de Chelsea pour soulever le trophée puis il a demandé s’il pouvait garder le trophée. Certains disent même qu’il l’a gardé et que Chelsea est reparti avec une copie. Il voudra être omniprésent sur tous les sujets, mais c’est sa stratégie politique habituelle. Ce sera d’autant plus la Coupe du monde de Trump que, comme tous les événements sportifs d’ampleur nationale et internationale, il va s’en servir comme caisse de résonance pour sa vision du monde et comme moyen de polariser son électorat, en vue des Midterms de novembre. En gros, pour lui, c’est une sorte de gigantesque moyen de montrer qu’il applique sa politique. C’est pour ça qu’il a durci le ton sur la politique migratoire.

La Marseillaise : Le meilleur arbitre africain ne peut pas se rendre aux États-Unis, des membres du staff non plus et certains joueurs ont eu des problèmes de visa. Ce sont ces exemples qui lui permettent de prouver la réussite de sa politique migratoire ?

Jean-Baptiste Guégan : Pour nous, ça donne l’impression d’une désorganisation, d’une radicalité de l’administration. Pour Trump, c’est au contraire la confirmation de sa politique. Tout son deuxième mandat s’est construit sur le fait de reprendre le contrôle des frontières. Et aujourd’hui, il s’attaque aux officiels, aux spectateurs et aux équipes. Il y a aussi le cas de l’attaquant qui a marqué le but décisif pour l’Irak, qui se retrouve bloqué pendant sept heures par la douane américaine. Il y a un véritable zèle, il y a des consignes qui ont été données de durcissement, et au moindre doute, on suspend et on interdit l’accès au territoire. En plus, il faut ajouter l’instrumentalisation autour de la sélection iranienne pour montrer qu’on a une position inflexible et qu’on sait que l’Iranien est fondamentalement méchant, Ajoutez à cela le discours vis-à-vis des Africains, avec les shithole countries [pays merdique, Ndlr], les travel ban [interdiction de voyager], et la suspension de toutes les formes de naturalisation et obtention de visa et on obtient le discours typique qui sert l’arrière-plan de la Coupe du monde, pour faire entendre sa politique. De toute façon, à chaque occasion qui lui permettra de valider ou de faire valider ses idées, sa vision du monde et sa radicalité durant ce Mondial, il s’en servira.

La Marseillaise : Pourquoi la Fifa ne réagit-elle pas ?

Jean-Baptiste Guégan : En général, la Fifa fait l’intermédiaire et essaie de détendre les choses, parce qu’elle a un lien direct avec les deux partis, mais là, ça ne marche pas. Gianni Infantino [le patron de la Fifa, Ndlr] est très lénifiant et quasi absent sur cette question. Il sait que s’il braque Trump, ce sera encore pire. Il est dans une posture où il n’y a que la flatterie qui fonctionne. Pourquoi est-il systématiquement aligné avec Trump ? Pour des questions de business, d’ego, et de rêve américain. Mais il est censé montrer un peu d’indépendance et qu’on ne fait pas n’importe quoi avec le football.

La Marseillaise : Quelle sera la situation des Iraniens ?

Jean-Baptiste Guégan : Les Iraniens ne sont pas au même niveau de traitement, puisqu’ils n’auront pas le droit de reconnaître le terrain la veille des matchs. Ils vont arriver le jour même et ils vont repartir juste après le match. Ce sera aussi la première fois qu’un régime est incapable d’assurer la sécurité d’une sélection. La question c’est : que se passera-t-il s’ils sont qualifiés en huitièmes de finale et qu’ils affrontent les États-Unis ? C’est donc pour toutes ces raisons que c’est la Coupe du monde la plus géopolitique et politique qu’on ait connue dans l’histoire. C’est la plus politique au sens détestable du terme puisqu’elle est très matérialiste. Personne ne parle de jeu mais tout le monde parle d’enjeux.

La Marseillaise : Ce Mondial peut-il rapprocher le Canada et le Mexique des États-Unis ?

Jean-Baptiste Guégan : Il y a un an, Trump proposait au Canada de devenir le 51e État américain et il proposait de bombarder le Mexique. Depuis quelques mois, les tensions se sont tout de même calmées parce que le Mexique a collaboré pour l’arrestation de trafiquants de drogue et Trump ne parle plus d’annexer le Canada ou le Groenland. Mais la défiance des Canadiens envers les États-Unis est toujours présente et il n’y a jamais eu autant de départs de Mexicains des États-Unis. Les personnes en situation opérationnelle vont arriver à travailler ensemble mais ce n’est pas cette Coupe du monde qui permettra de les rapprocher, bien au contraire.

La Marseillaise : Cette Coupe du monde sera-t-elle rentable ?

Jean-Baptiste Guégan : Beaucoup d’enquêtes sortent pour montrer que le Canada va être perdant. Pour le Mexique aussi ce ne sera pas une bonne opération. Aux États-Unis, le coût des transports, des infrastructures et des billets a explosé. Le logement est extrêmement cher parce qu’on est sur un marché dérégulé. Il y a une baisse des réservations partout de 20% sur l’ensemble des villes concernées. Financièrement, ça va être un fiasco. Ça va coûter très cher aux fédérations, c’est d’ailleurs pour cela que la Fifa a augmenté ses dotations. Le coût pour les supporters et pour les familles des joueurs est énorme. Après, pour la Fifa, ce sera une très belle opération avec au moins 11 milliards d’euros de retombées potentielles et probablement plus. Ce sera aussi intéressant pour des entreprises qui vont tester des technologies et vont vouloir se mettre en scène.

La Marseillaise : Cette situation politique joue-t-elle sur l’engouement autour de la compétition ?

Jean-Baptiste Guégan : Étonnamment, je trouve que le volume de critiques et d’appels au boycott ou de réactions politisées est quand même très limité. Il y en a beaucoup moins que contre le Qatar il y a quatre ans parce que personne n’a payé des agences de relations publiques pour démonter les États-Unis parce qu’on n’affronte pas l’administration Trump en frontale. Personne ne traite de la question environnementale comme c’était le cas avec le Qatar. Pourtant, la compétition se déroule dans trois pays, sur six fuseaux horaires, avec des distances entre les stades colossales. Le coût environnemental va être énorme. Aucune compensation n’est prévue. Il y a aussi la question des transports et toutes les difficultés logistiques autour. Donc c’est vrai qu’il n’y a pas l’enthousiasme habituel. La politique américaine dicte littéralement le tempo et l’enthousiasme de cette Coupe du monde. La figure de Trump écrase l’engouement. J’espère que ça va changer quand la compétition va débuter. L’enthousiasme viendra surtout des diasporas et des touristes qui auront réussi à venir. Au Mexique, la situation devrait tout de même être différente.

Entretien réalisé par Tristan Arnaud (La Marseillaise, le 12 juin 2026)