« Avoir un enseignant devant chaque classe est une urgence » (L’Indep)

En amont de la rentrée, Rémy Landri, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves des Pyrénées-Orientales (FCPE 66), évoque quelques-unes des thématiques sur lesquelles il compte être particulièrement vigilant en ce début d’année scolaire. Entretien.

Quel regard portez-vous sur les suppressions de postes actées pour la rentrée ?

Rémy Landri : À la rentrée dernière, les Pyrénées-Orientales recensaient 42 000 élèves en primaire, dont 10 % dans le privé, et 40 000 en collèges et lycées, dont 16 % dans le privé. Selon les prévisions, nous devrions avoir autour d’un millier d’élèves en moins dans les écoles. Mais en parallèle, nous avons toujours des classes surchargées.
L’inspection s’était engagée avant les vacances à être attentive aux écoles où le nombre d’élèves par classe était limite(*). Nous pensons qu’un nouvel ajustement sera nécessaire à la rentrée.
Nous avons l’impression que l’équation comptable du rectorat entérine plus de suppressions de moyens que ce que pourrait justifier la baisse démographique. Par ailleurs, les Pyrénées-Orientales présentent un taux de pauvreté énorme, d’environ 20 %, contre autour de 15 % au niveau national. Compte tenu de ces difficultés, le département devrait être favorisé. Il faudrait profiter de la baisse démographique pour mettre en place un meilleur encadrement.

Quels sont les autres sujets sur lesquels vous comptez être particulièrement vigilant en cette rentrée ?

Rémy Landri : L’une des autres problématiques qui se pose chaque année est celle du remplacement des enseignants absents. Les brigades de remplaçants sont insuffisantes. Avoir un enseignant devant chaque classe est une urgence. La problématique de l’accompagnement des élèves en situation de handicap est également récurrente. Nous avons toujours des élèves notifiés par la Maison départementale des personnes handicapées qui ne bénéficient pas de l’accompagnement prescrit.

Que préconisez-vous pour lutter contre le décrochage scolaire ?

Rémy Landri : On voit bien que le collège unique est à bout de souffle. Il faudrait davantage de filières pour permettre aux élèves de trouver une orientation qui leur convient. On a de plus en plus d’élèves décrocheurs. Le collège unique ne doit plus être considéré comme un totem. On doit avoir une vision qui s’adapte à tous les enfants. Quand un élève n’est pas bien en sixième, on ne peut pas attendre la troisième pour lui proposer autre chose.

Recueilli par Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 août 2026)

(*) En avril dernier, l’inspectrice d’académie avait annoncé que si des effectifs à 29-30 élèves par classe étaient constatés à la rentrée, elle ouvrirait de nouvelles sections avec des moyens provisoires dans les écoles concernées.

Inquiétudes à l’approche d’une rentrée « fragilisée par les incertitudes (L’Indep)

À la veille de la rentrée scolaire, qui se déroulera ce mardi 1er septembre 2026, le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa) fait le point sur les conditions dans lesquelles se profile le retour des élèves en classe dans les Pyrénées-Orientales. L’organisation évoque « une rentrée portée par les personnels et encore fragilisée par les incertitudes ».

« L’engagement des personnels ne peut pas systématiquement compenser les insuffisances de l’institution. » Ce mercredi 26 août, lors du point de rentrée du syndicat d’enseignants de l’Unsa, la secrétaire départementale de l’organisation, Héloïse Hiroux, a donné le ton d’emblée.

Premier grief évoqué : la suppression de treize postes de professeurs des écoles que le rectorat a actée pour cette rentrée en pays catalan sur fond de baisse démographique (850 élèves de moins annoncés en primaire). « On estime que la baisse démographique ne doit pas être un prétexte aux fermetures mécaniques et comptables, mais l’occasion de faire diminuer les effectifs par classe », martèle la référente carte scolaire du syndicat, Éloïse Chenus. « Cela permettrait d’améliorer à la fois les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels. »

Point positif, comme lors des années précédentes, l’Inspection s’est engagée à ne pas effectuer de fermetures de classes de dernière minute au lendemain de la rentrée. Mais, selon l’Unsa, aucune ouverture de classe n’est non plus prévue. En tout cas pas avec des moyens pérennes. Or, des besoins se font sentir dans certaines écoles. Comme la maternelle de Claira qui présente « un effectif prévisionnel moyen de près de 28 élèves par classe ».

Quid des établissements en situation « aberrante » ?

Pour l’heure, l’incertitude demeure par ailleurs quant au déblocage effectif des moyens supplémentaires promis en février dernier aux établissements perpignanais dont le ministre de l’Éducation considère la situation comme « aberrante ». « En clair, il s’agit d’établissements qui accueillent des publics défavorisés, mais qui ne sont pas classés en réseaux d’éducation prioritaire. Et qui ne bénéficient donc pas des moyens qui accompagnent ce classement », résume Éloïse Chenus. À Perpignan, le collège Saint-Exupéry, ainsi que les écoles Hyacinthe-Rigaud, Anatole-France et Vertefeuille sont concernées. « Mais pour l’instant, les collègues de ces établissements ne voient rien venir », déplore la syndicaliste.

L’Unsa évoque également des outils numériques « détaillants » qui compliquent la tâche des directeurs d’école. « Les personnels restent quotidiennement confrontés à des applications lentes, instables et inadaptées », explique Héloïse Hiroux. Le syndicat pointe notamment du doigt des « dysfonctionnements » de l’outil numérique pour la direction d’école (Onde), qui sert notamment pour l’enregistrement des nouvelles inscriptions et la gestion des effectifs.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 août 2026)

Élèves en situation de handicap : y aura-t-il assez d’accompagnants?

Concernant l’inclusion des élèves en situation de handicap aussi, l’inquiétude est de rigueur. Y aura-t-il assez d’accompagnants (AESH) pour suivre comme il se doit l’ensemble des enfants à besoins particuliers? Telle est la question que pose le syndicat d’enseignants de l’Unsa alors que les « pôles inclusifs d’accompagnement localisés » (Pial), qui répartissent les AESH entre les établissements d’un secteur donné, sont en train de se changer en « pôles d’appui à la scolarité » (Pas) aux territoires « plus vastes » Une réforme qui fait craindre « une perte de proximité » et une multiplication des trajets des AESH entre plusieurs écoles. « Les AESH ne doivent pas être une variable d’ajustement. D’autant que changer d’accompagnant souvent peut perturber les élèves », plaide Héloïse Hiroux. « Par ailleurs, nous savons déjà que sur un Pial de Perpignan, il manque 125 heures pour couvrir les besoins. »

L’édito du webzine. Rentrée scolaire 2026 : l’austérité comme ligne directrice

La rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce sous le signe de l’austérité budgétaire, malgré les annonces médiatisées du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. L’interdiction des portables dans les lycées et un questionnaire sur les violences sexuelles ne doivent pas masquer une réalité plus sombre.

Le budget alloué à l’éducation, bien qu’en hausse de 800 millions d’euros pour atteindre 65 milliards, sera largement absorbé par l’inflation. Résultat, les salaires des enseignants et des fonctionnaires, déjà en berne, ne bénéficieront d’aucune amélioration significative.

Les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Après dix ans de réformes controversées -de Parcoursup, critiqué pour son manque d’équité, à la suppression des mathématiques en première ou encore l’appauvrissement des programmes en lycée professionnel- l’école publique paie le prix fort. Pire, la baisse démographique, qui aurait pu être une opportunité pour réduire les effectifs par classe, est instrumentalisée pour justifier des suppressions de postes et de classes. Une logique qui s’inscrit dans une politique plus large de désengagement de l’État au profit des intérêts du patronat, comme en témoigne le débat présidentiel organisé lors de la rentrée du Medef.

Dix ans de macronisme : un bilan amer pour l’école publique

Face à la colère des syndicats et des parents, Édouard Geffray reste évasif. Avec 161 000 élèves en moins cette année, le ministère justifie les suppressions de classes par la baisse démographique. Pourtant, les chiffres, connus par département, révèlent une autre réalité : ces décisions, prises sans concertation, exacerbent les inégalités territoriales. Comme le souligne le SNUipp, les écoles touchées sont souvent situées dans les mêmes secteurs, sans prise en compte des spécificités locales. Les Comités sociaux d’administration (CSA) sont devenus le théâtre de tensions croissantes, les syndicats dénonçant l’absence d’écoute.

Le dernier baromètre du SE-Unsa est sans appel : 75 % des enseignants s’inquiètent pour leur avenir, et 71 % estiment ne pas être respectés dans leur métier. Le salaire, devenu la préoccupation majeure symbolise ce malaise. « Le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement », déplore Julie Duhamel, secrétaire nationale du syndicat.

Les syndicats réclament une revalorisation générale des salaires, plutôt qu’un recours aux primes, qui ne comptent pas pour la retraite. Mais dans un contexte de campagne présidentielle où l’austérité domine, leurs revendications risquent de rester lettre morte.

Dans les Pyrénées-Orientales, la CGT Éduc’action 66 pointe l’absence de moyens pour rénover les établissements scolaires, le déficit de professeurs… Une rentrée qui « s’accompagne d’incertitudes et d’inquiétudes ». La santé mentale des élèves -fatigue, manque de concentration, décrochage-, n’est pas prise en compte. Les élèves en situation de handicap sont mal traités, le nombre d’accompagnants reste insuffisant face aux besoins, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude quant à l’aide attribuée à leur enfant.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, s’est adressé aux enseignants afin de les soutenir : « Nous avons besoin de plus d’enseignants pour faire reculer les inégalités, pour développer la pensée critique, pour démocratiser l’accès aux savoirs, à la culture, aux sports et affronter les changements de ce siècle. »

Rendez-vous est pris pour participer à la grande journée de mobilisation de la fonction publique le 29 septembre prochain.

Dominique Gerbault

CGT Éduc’Action 66 : « L’interdiction du portable à l’école est irréalisable » (L’Indep)

Ce vendredi 28 août, la CGT des Pyrénées-Orientales a développé ses positions et ses revendications sur « le sujet majeur de l’Éducation nationale ». Avant de se rallier a la grande manifestation nationale de la fonction publique le 29 septembre.

Parmi les nombreux sujets concernant l’Éducation nationale et la rentrée scolaire pointés par la CGT Éduc’action 66 ce vendredi 28 août, figuraient l’absence de moyens pour rénover les établissements scolaires, le déficit de professeurs, l’impact de la baisse de la natalité sur les effectifs, l’interdiction des portables dans les salles de classe… Une rentrée qui, assène-t-elle, « s’accompagne d’incertitudes et d’inquiétudes ».

« Nous nous opposons à la suppression programmée de 13 postes d’enseignants dans le premier degré public des Pyrénées Orientales, actée par le rectorat à la suite des baisses démographiques constatées », a martelé Nicolas Ribot, membre du bureau de l’Union départementale CGT. « Nous demandons que la baisse du nombre d’élèves en cette rentrée serve au contraire à alléger les effectifs par classe ».

Se basant sur les dernières épreuves d’examen et notamment du Bac, la CGT 66 évoque « des salles de classe en surchauffe, sans fenêtres ouvertes, sans ventilateurs, évidemment sans climatisation ». Et dans certains établissements perpignanais, l’obligation pour les élèves « d’amener leur propre bouteille d’eau ou leur gourde pour se désaltérer ». Pour le syndicat, « il y a urgence à établir un plan global de rénovation thermique à l’échelle du pays ». Une enveloppe qui, selon lui, se situe « entre 4 et 5 milliards d’euros ». « Il faudra trouver des moyens adaptés à notre département », fait savoir Christophe Moya, secrétaire départemental au sein de la CGT Educ’action 66.

Sont ensuite abordés le « réel » remplacement, dans le second degré, des professeurs titulaires absents, « Il y aura des ajustements à faire ». Comme la santé mentale des élèves -fatigue, manque de concentration, décrochage-, tout comme ceux en situation de handicap : « Le nombre d’accompagnants reste insuffisant face aux besoins, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude quant à l’aide attribuée à leur enfant ».

Puis, revenant sur l’interdiction de l’usage du portable au sein des lycées, Nicolas Ribot interroge : « C’est irréalisable pour trois raisons majeures: le manque flagrant de moyens, une surcharge pour les personnels et un contre sens pédagogique, le lycée étant censé être le lieu de l’apprentissage de l’autonomie et d’un numérique raisonné ».

En conclusion de sa conférence, la CGT 66 a annoncé participer à « la grande journée de mobilisation de la fonction publique » le 29 septembre prochain.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 29 août 2026)

Ille-sur-Têt. Jardins familiaux interdits d’accès : « C’est notre seule bouffée d’air » (L’Indep)

La mobilisation se poursuit pour sauver les jardins familiaux.

Réunis jeudi 27 août devant la salle La Catalane, où devait se tenir un conseil municipal, les usagers des jardins familiaux ont une nouvelle fois demandé à être entendus par la municipalité. Celle-ci souhaite en effet revoir l’aménagement de ces parcelles après l’incendie de Trévillach. Mais, le conseil a finalement été reporté…

Depuis l’incendie du samedi 4 juillet, le devenir des 18 jardins familiaux est au cœur d’un bras de fer entre les occupants et la mairie. La municipalité, qui invoque les risques liés à la proximité d’un couloir de feu, a notamment interdit l’accès aux terrains par arrêté le mardi 11 août. Les jardiniers, contraints et forcés d’abandonner leurs cultures, eux, contestent cette fermeture. Ils réclament une véritable concertation sur l’avenir du site.

Ce jeudi à 18h, près d’une centaine de personnes ont répondu à l’appel des mécontents. Parmi elles, des jardiniers, mais aussi des familles, des habitants d’Ille-sur-Têt et des personnes venues des communes voisines pour soutenir leur revendication. Une dizaine de policiers municipaux et de gendarmes était également sur place pour encadrer le rassemblement qui s’est déroulé dans le calme. Les manifestants sont restés devant la salle, vide d’élus, où plusieurs prises de parole se sont succédé.

Marie-Josée, une Illoise, a rappelé « l’ancienneté des jardins » et « leur importance pour la commune ». Elle a annoncé chercher des solutions auprès du nouveau maire, Alain Fabresse : « Lors d’un entretien le mardi 21 juillet, il est resté ferme sur sa décision ». Pour Hayad, ces jardins représentent bien plus qu’un terrain à cultiver. « C’est le seul coin de jardin qu’on a avec ma famille, c’est notre seule bouffée d’air », témoigne-t-elle. Elle explique y cultiver, récolter et élever des poules, mais aussi installer une piscine et organiser des repas pour les enfants. « Je regrette surtout de ne pas avoir plus d’information sur le devenir de ces parcelles, ni les solutions proposées aux familles ». Sarah, qui a eu une altercation avec un élu, insiste elle aussi sur le besoin de dialogue. Elle décrit les jardins comme « des lieux de partage, de solidarité ».

L’incompréhension et la colère imprègnent ces prises de paroles, où l’on ressent aussi beaucoup de tristesse. « Je suis peiné pour ces jardiniers. Je ne pensais pas qu’on en arriverait là », a déclaré Alain Margalet élu d’opposition. Il a également exprimé son espérance de discussion, persuadé « qu’ils peuvent faire quelque chose ensemble ».

Parmi les soutiens aux manifestants, Dominique Benoit, ancien élu, adjoint au maire William Burghoffer chargé de l’environnement et du développement durable et ancien responsable des jardins familiaux, rappelle avoir suivi leur fonctionnement entre 2001 et 2014. Pour lui, ces jardins font partie du « patrimoine de la commune » et « leur suppression ne peut se faire sans aucune consultation ».

La mobilisation dépasse les seuls jardiniers. Jeunesse populaire du Conflent et alentours, la Confédération paysanne, ainsi que des habitants venus notamment de Perpignan ont pris la parole. Tous insistent sur le rôle social, agricole et patrimonial de ces terrains communaux. Dans la foule, des habitants qui pourtant ne possèdent pas de jardins partagent cette inquiétude. « Ça fait partie de la culture, de l’histoire de la ville », estiment-ils tout en regrettant que le maire « n’ait pas pris davantage le temps de discuter » avec eux.

Contacté, le cabinet du maire explique que depuis l’incendie de Trévillach, « beaucoup de dossiers sont à traiter » et que « la municipalité n’est pas encore prête à délibérer » à ce sujet. Aucune nouvelle date n’a été communiquée pour un prochain conseil municipal.

La mobilisation s’est achevée par une photo de groupe, au cours de laquelle les participants ont scandé, les poings vers le ciel, « Résistance ! ».

Une pétition contre la décision municipale a circulé parmi la foule.

Lola Gilbert (L’Indépendant, le 29 août 2026)

L’actu de la CGT (n° du 28 août 2026)

Urgences sociales et environnementales : revendiquer et se mobiliser pour gagner
Le 29 septembre : pour nos services publics et l’augmentation des salaires, grande journée de grève et de manifestations intersyndicales des pompiers, hospitaliers, enseignant·es et de toutes celles et ceux qui assurent des missions de services publics.
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Point d’indice des fonctionnaires : et vous, combien avez-vous perdu ?
Faites le test pour mesurer les effets de la non-indexation du point d’indice sur l’inflation avec le simulateur développé par la CGT.
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Canicule : comment travaillez-vous pendant les fortes chaleurs ?
Comment les fortes chaleurs impactent-elles vos conditions de travail ? La CGT lance une enquête pour recueillir les témoignages des salarié·es et porter leurs revendications en matière de santé et de sécurité au travail.
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Actualités

Canicule et changement climatique : il faut transformer l’organisation du travail
Face aux canicules et aux effets du changement climatique, protéger les salarié·es ne peut plus se limiter à des mesures d’urgence. Dans une tribune, Caroline Blanchot, secrétaire générale de l’Ugict-CGT et élue à la Commission Exécutive confédérale, appelle à repenser l’organisation et la gouvernance du travail et à donner davantage de pouvoir à celles et ceux qui connaissent le travail réel.
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Cyberattaque des impôts : derrière la faille informatique, la question des moyens
La cyberattaque qui a frappé la Direction générale des finances publiques (DGFiP) cet été n’est pas un incident anodin. Pour la CGT, elle met en lumière les conséquences de politiques qui, depuis des années, suppriment des emplois, réduisent les moyens et fragilisent la maîtrise publique de compétences pourtant stratégiques. Ce piratage souligne aussi que la sécurité informatique est aujourd’hui plus que jamais une mission à part entière du service public.
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Budget 2027 : les risques climatiques augmentent, les moyens des services publics aussi ?
Canicules, mégafeux : l’été 2026 confirme l’accélération du dérèglement climatique. Pour y faire face, les pouvoirs publics s’appuient sur des services publics déjà fragilisés par des décennies de restrictions budgétaires. Alors que se prépare le budget 2027, la CGT alerte sur les conséquences de ces choix, porte ses propositions pour renforcer les services publics et appelle à construire la mobilisation pour imposer un autre budget.
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Communiqués de presse

Rentrée sociale : face à l’inflation, augmenter les salaires, le point d’indice et les pensions
Après un été particulièrement éprouvant — marqué par des conditions de travail dégradées et un droit aux congés payés souvent gâché ou empêché — l’inflation continue d’exploser. Les difficultés économiques s’aggravent, frappent toujours plus durement les salarié·es et le gouvernement maintient son entêtement.
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Augmentation des franchises : c’est toujours non !
Après avoir renoncé au doublement des franchises médicales et des participations forfaitaires, qui aurait porté leur montant annuel à 200 euros, le gouvernement prévoit désormais, par décret, de relever le plafond annuel de 100 à 140 euros, ainsi que d’indexer le montant sur l’inflation.
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PLFSS 2027 – Politique familiale : des économies au détriment des familles et des étudiants malgré un excédent de la branche
À l’approche de l’élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), les pistes d’économies envisagées par le gouvernement en matière de politique familiale se précisent. Alors que la branche Famille affiche un excédent de près de 1,2 milliards d’euros en 2025, il n’est nullement question d’en faire bénéficier les familles : le gouvernement entend au contraire mettre en œuvre de nouvelles mesures d’économies ou procéder à une réorientation des fonds existants.
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Rivomala Rakotondravelo. « C’est un mépris à l’égard de la population de Mayotte » (La Marseillaise)

Rivomala Rakotondravelo, secrétaire départemental de la FSU-SNUIPP Mayotte, est sorti de garde-à-vue ce jeudi matin, après avoir été interpellé la vieille lors d’un rassemblement intersyndical à l’occasion de la visite du Premier ministre Sébastien Lecornu dans la capitale mahoraise.

La Marseillaise : Vous avez passé la nuit au commissariat de Mamoudzou où vous étiez placé en garde-à-vue après un rassemblement intersyndical. Que s’est-il passé ?

Rivomala Rakotondravelo : Les forces de l’ordre ne voulaient pas que le Premier ministre nous voit. Nous avions une audience prévue le lendemain avec ses conseillers mais rien n’interdit qu’il y ait des banderoles, des drapeaux ou un attroupement sur son passage. Nous avions fait les démarches, dans les règles et dans les temps. D’habitude, si ça ne convient pas, on nous appelle et on essaie de trouver une autre organisation, ça n’a pas été le cas. Ils nous ont déplacés une première fois, en nous soulevant. Quelques minutes après ils nous ont demandé que l’on se pousse à nouveau, on a refusé. J’ai dit aux copains « on ne recule pas ». À un moment j’ai entendu un ordre « lui, vous l’interpellez », j’ai été menotté et une fois arrivé au commissariat on m’a dit que j’avais agressé un policier. Je suis ressorti libre, j’attends de savoir si le gendarme en question a déposé plainte. Dès ma sortie, je suis reparti en manif’.

La Marseillaise : Que dire sur ces méthodes ?

Rivomala Rakotondravelo : C’est ce gouvernement. Nous avions reçu élisabeth Borne, et si je n’ai aucune considération pour cette dame-là, elle était venue, il y avait un millier de personnes dans la rue et tout s’est bien passé. Il n’y a pas eu d’escarmouches. D’autres ministres sont venus après et nous avions pu discuter, il n’y a pas eu de bousculades. Cette fois-ci, c’était très différent. M. Lecornu est venu avec son équipe de Paris et Mayotte avait l’obligation de suivre. Ou pas.

De toute façon, ils n’ont rien à dire. Il vaut mieux pour eux qu’on se taise et donc ils ne sont pas obligés de répondre. Ce jeudi s’est tenue une audience avec des conseillers du Premier ministre. On a tout fait pour que ça n’ait pas lieu comme ils le souhaitaient. On avait demandé une audience avec Sébastien Lecornu ou, au moins, un des ministres, vu qu’ils étaient six, il y avait l’embarras du choix ! Mais on n’a vu personne.

La Marseillaise : Quelles étaient vos revendications ?

Rivomala Rakotondravelo : On avait juste demandé qu’ils ouvrent des négociations pour l’augmentation de l’indexation des salaires et de renégocier la question de la convergence sociale. Mais ils n’avaient rien sous la dent. Le gouvernement pensait que nous applaudirions la foultitude de ministres en visite sur l’île…

La Marseillaise : La rentrée des classes reste marquée par le passage du cyclone Chido en décembre 2024. Quel est l’état des écoles ?

Rivomala Rakotondravelo : Il n’y a pas eu beaucoup de réparations. Si on était tatillon, on dirait qu’a minima 40 % des écoles devaient fermer, mais en réalité c’est toutes les écoles. Depuis le passage du cyclone, les normes de sécurité ne sont pas respectées. Quelques écoles n’ont toujours pas été réparées, si bien que ça génère des fonctionnements atypiques, comme, par exemple, un établissement qui accueille trois écoles. Avant Chido, on était à 50 % de rotation. Là, on est actuellement entre 65 et 70 %. Le système scolaire fonctionnait de façon dégradée avant ce drame. Nous avions beaucoup de retard. Le rectorat dit qu’il nous faudrait 1 700 nouvelles salles de classe pour pouvoir normaliser la situation. Nous ne contestons pas ces chiffres mais je pense que ça peut être bien plus.

La Marseillaise : Sébastien Lecornu, Édouard Philippe et Marine Le Pen ciblent l’immigration clandestine à Mayotte et occultent le reste ?

Rivomala Rakotondravelo : Contrairement aux autres départements d’Outre-Mer, nous sommes un peu plus résilients, un peu plus accueillants et, un peu plus naïfs. Quand ils viennent ici, c’est pour redorer leur image. Sébastien Lecornu s’est rendu dans les Landes, ça a pété là-bas, et donc après ça, il vient à Mayotte. La question de l’immigration est tellement poussée ici que c’est du lait pour Marine Le Pen. Les gens ici ne sont pas foncièrement racistes, non. C’est qu’il y a des difficultés et des problèmes non gérés.

La Marseillaise : Comment jugez-vous l’attitude du gouvernement vis-à-vis des syndicats et de la population mahoraise dans sa globalité ?

Rivomala Rakotondravelo : C’est un mépris à l’égard des Mahorais, de la population qui vit à Mayotte. Il y a toujours eu un autre regard, historique de la France sur les Outre-Mer, mais Mayotte a l’outrecuidance, on va dire, d’être à 90 % musulmane.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 28 août 2026)