Nicolas Garcia. « Plus d’un an et demi de pluviométrie concentré sur quelques mois » (L’Indep)

Après plusieurs années de sécheresse historique, les pluies abondantes de l’hiver ont profondément change la situation dans les Pyrénées-Orientales. Même si certaines zones restent fragiles, les nappes phréatiques du département sont globalement repassées au-dessus des seuils d’alerte.
Président du syndicat mixte pour la protection et la gestion des nappes de la plaine du Roussillon, Nicolas Garcia décrypte cette amélioration.

Après plusieurs années de sécheresse dans les P.-O., peut-on dire que les nappes phréatiques vont mieux ?

La situation s’est nettement améliorée grâce aux pluies importantes tombées depuis le mois de décembre. Si l’on cumule les précipitations sur cette période, on atteint parfois plus de 500 à 600 millimètres d’eau selon les secteurs. En gros, cela représente plus d’une année et demie de pluviométrie normale concentrée sur quelques mois. Cette eau a permis de réalimenter les rivières, les canaux d’irrigation et surtout les nappes superficielles, qui jouent un rôle essentiel dans l’équilibre hydrologique du territoire.

Est-ce suffisant pour reconstituer les réserves d’eau souterraines ou reste-t-on dans une situation fragile ?

La situation reste fragile même si les voyants sont aujourd’hui plutôt au vert.
Une grande partie des stocks d’eau souterraine s’est reconstituée. Mais tout dépendra de l’évolution du climat dans les prochaines années. Si nous devions connaitre à nouveau plusieurs années de sécheresse comme entre 2021 et 2024, les réserves pourraient à nouveau chuter rapidement. Il faut donc considérer la situation actuelle comme une amélioration, mais pas comme une garantie pour l’avenir.

Peut-on parler de fin de la sécheresse dans les Pyrénées-Orientales ?

Je parlerais plutôt d’une pause que d’une véritable fin de la sécheresse. Personne ne peut prévoir la météo sur plusieurs années. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que cette période humide est bénéfique. Elle recharge les nappes, mais aussi les barrages et les cours d’eau. Avec les stocks de neige en montagne et les rivières qui coulent à nouveau, l’alimentation des nappes va se poursuivre encore dans les mois à venir.

La nappe des Aspres-Réart reste la plus fragile. Pourquoi ?

Parce qu’il s’agit essentiellement d’une nappe profonde. Contrairement à d’autres secteurs où l’on trouve des nappes superficielles, l’eau doit ici s’infiltrer beaucoup plus profondément dans le sol. Cela prend plus de temps et la recharge est donc plus lente. Mais même sur ce secteur, nous observons une remontée assez impressionnante des niveaux. La courbe de remplissage est très nette, ce qui laisse espérer une sortie prochaine de la situation de crise.

Tous les autres secteurs du département bénéficient-ils de cette amélioration ?

Oui, globalement. Dans les Pyrénées-Orientales, on distingue six unités de gestion : l’Agly-Salanque, Aspres-Réart, bordure côtière Nord, bordure côtière Sud, vallée de la Têt et vallée du Tech. Aujourd’hui, toutes ces nappes sont sorties des niveaux d’alerte renforcée. Les nappes de la plaine du Roussillon et celles liées aux vallées du Tech ou de l’Agly ont très bien réagi. Les rivières ont connu des niveaux que l’on n’avait pas observés depuis plusieurs années. Lorsque les cours d’eau coulent abondamment, ils alimentent aussi les nappes par infiltration, ce qui accélère leur recharge. La seule qui reste encore sous surveillance est celle des Aspres-Réart. Mais la tendance est également à l’amélioration.

Avec cette amélioration, plusieurs secteurs sont sortis des restrictions d’eau…

Dans la plupart des secteurs, les restrictions ont été levées. Les nappes ne connaissent pas le calendrier administratif. Elles réagissent simplement aux conditions hydrologiques. Aujourd’hui, la situation permet de relâcher les contraintes pour les particuliers, les agriculteurs et les collectivités. Seule la zone des Aspres reste encore partiellement concernée par des limitations,

Avec le changement climatique, faut-il s’attendre à davantage d’épisodes de pénurie d’eau ?

Malheureusement, c’est probable. Le réchauffement climatique pourrait accentuer les périodes de sécheresse entrecoupées d’épisodes de pluies très intenses. Cela signifie que l’eau restera une ressource précieuse et qu’il faudra continuer à la gérer avec beaucoup de prudence. Même si la situation est meilleure aujourd’hui, il est essentiel de conserver les bonnes habitudes d’économie d’eau. C’est une ressource rare.

Recueilli par Driss Chait (L’Indépendant, le 13 mars 2026)

Concrètement, comment fonctionne
la recharge des nappes phréatiques ?

L’eau de pluie s’infiltre progressivement dans le sol, traverse différentes couches géologiques et finit par atteindre les nappes souterraines. Mais ce processus peut être lent, surtout pour les nappes profondes. Par exemple, certaines nappes ne réagissent qu’avec plusieurs semaines de décalage par rapport aux épisodes pluvieux.

John R. MacArthur. « Trump veut détourner l’attention du dossier Epstein » (La Marseillaise)

John R. Mac Arthur est le président et directeur de Harper’s Magazine.

La Marseillaise : En tant qu’Américain, quel regard portez-vous sur cette guerre déclenchée par Trump et Netanyahu au Moyen-Orient ?

John R. Mac Arthur : C’est une agression qui n’a aucune différence sur le principe de ce qu’a fait Poutine en Ukraine, Bush en Irak ou Clinton au Kosovo. Tout cela a commencé avec cette maudite idée de la guerre préventive où on invente un prétexte pour justifier une agression. Le prétexte que les Iraniens étaient sur le point de nous attaquer, de lancer un missile nucléaire, c’est exactement ce que Bush disait sur Saddam Hussein. C’était un mensonge. Mais dans ce cas-là, ce n’est pas, à mon avis, une coïncidence que quatre jours avant l’attaque, la radio nationale publique NPR a sorti son scoop sur la suppression d’un document des dossiers Epstein dans lequel une femme accusait Trump de l’avoir violé oralement alors qu’elle avait 13 ans. Ce n’est pas du tout complotiste de le dire. Trump est l’homme le plus irréfléchi que je connaisse mais il a un instinct de survie animal. Il voit bien qu’il est en chute dans les sondages. Les républicains se montrent perdants lors des élections de mi-mandat en novembre. Il a détourné la conversation et on ne parle plus d’Epstein, pour l’instant. C’est très similaire à la situation politique de Netanyahu. Tout le monde disait en Israël et partout ailleurs qu’il devait continuer la guerre à Gaza pour éviter que son procès n’aboutisse par son emprisonnement. C’est la prison ou la guerre. Alors bien sûr, il a choisi la guerre. Pour Trump, c’est la catastrophe politique ou la guerre. Et pour l’instant, il a choisi la guerre. Mais c’est un échec et déjà une humiliation. Ils ont imaginé que les Iraniens allaient céder tout de suite, un peu comme Poutine pensait que les Ukrainiens allaient céder rapidement. Ce n’est pas le cas. L’Iran est un pays très sophistiqué. Ce n’est pas une ancienne colonie inventée par les Britanniques ou les Français.

La Marseillaise : Certaines voix au sein du parti républicain estiment que cette guerre est celle d’Israël et pas des États-Unis.

John R. Mac Arthur : Ce n’est peut-être pas la guerre des États-Unis mais c’est la guerre de Trump. Je ne sais pas qui a commencé mais ça arrange Trump pour détourner l’attention du dossier Epstein. Netanyahu en profite aussi politiquement parce qu’il voudrait avancer l’élection d’octobre à mai pour exploiter le soutien presque unanime des Israéliens pour la guerre. Tous les deux sont des animaux. Mais Netanyahu est dix fois plus malin que Trump et il a une ambition. C’est évident qu’il profite de l’attaque sur l’Iran pour cibler le Liban et tenter d’en annexer une partie, c’est ce qu’il fait déjà en Cisjordanie.

La Marseillaise : Les Américains sont contre cette guerre ?

John R. Mac Arthur : Oui, majoritairement. Et je pense que le soutien à cette guerre va baisser encore plus parce que les gens voient que c’est un échec. La preuve étant que les Iraniens ont nommé le fils d’Ali Khamenei comme successeur.

La Marseillaise : Le candidat démocrate est arrivé en tête au premier tour d’une élection visant à remplacer Marjorie Taylor-Greene en Géorgie. C’est le début d’une fronde ?

John R. Mac Arthur : Dans une circonscription majoritairement républicaine, ça serait extraordinaire si le démocrate était à égalité avec le Républicain, même s’il est perdant. Marjorie Taylor-Greene était très populaire et le vote pour le démocrate, c’est un peu une protestation contre Trump. D’autant qu’elle avait elle-même rompu avec Trump [autour de l’affaire Epstein, Ndlr.]. L’opposition à Trump qui compte désormais est celle qui vient de la droite et plus spécifiquement des MAGA [Make America Great Again. Rendre sa grandeur à l’Amérique, le slogan de Trump et ses partisans Ndlr.]. Les démocrates sont très faibles, ils ne jouent pas leur rôle de parti d’opposition. Ils l’ont démontré avec le projet de résolution visant à limiter les pouvoirs de Trump dans cette guerre contre l’Iran. Car Trump a violé la Constitution en faisant la guerre sans l’appui du Congrès, lui seul a le droit de déclarer la guerre. Quatre démocrates ont voté contre ce texte. C’était la marge qu’il fallait pour que la résolution soit perdante. S’ils avaient voté pour, la résolution aurait été promulguée par 216 voix pour et 215 contre.

La Marseillaise : Les Démocrates soutiennent cette guerre ?

John R. Mac Arthur : Une petite majorité des démocrates soutiennent la guerre et ne veulent pas confronter Trump sur le sujet parce qu’ils ont toujours très peur du lobby israélien. On peut appeler ça l’aile clintonienne du parti qui est toujours très forte. Alors que Bill Clinton lui-même est mouillé dans l’affaire Epstein. Il y a aussi toujours cette rancune anti-iranienne qui date de 1979 et la prise en otage des diplomates américains. Je connais beaucoup de démocrates « libéraux » qui sont pro-guerre mais n’en parlent pas à haute voix. Seuls deux démocrates se distinguent : le maire de New York, Zohran Mamdani, qui a tout de suite dénoncé cette guerre, comme il l’a fait avec le Venezuela. Mais aussi le sénateur de Virginie Tim Kaine. Il y a une fissure dans le Parti démocrate qui ne fonctionne plus comme parti d’opposition. Alors, mon espoir repose sur les Républicains de droite, malheureusement. Au moins la moitié des MAGA est furieuse contre Trump, elle se sent totalement trahie. Il avait promis qu’il ne déclencherait plus jamais une guerre inutile avec l’intention de faire un changement de régime.

La Marseillaise : À l’approche des midterms, Trump chercherait à modifier le calendrier électoral. Dans quel but ?

John R. Mac Arthur : Jusque-là, j’ai toujours dit que non, Trump, n’est pas un fasciste. Il est trop désordonné, trop désorganisé. Ce n’est pas Hitler, ce n’est pas Mussolini. Il n’y a pas de parti fasciste aux États-Unis. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne pourrait pas tout simplement déclarer un état d’urgence où il faudrait envoyer des soldats pour surveiller les urnes en novembre afin d’empêcher la fraude et garantir des élections honnêtes. Ce serait une tactique d’intimidation. Je crains des fusillades.

La Marseillaise : C’est la succession de Trump qui se joue à travers ce conflit ? Entre Vance et Rubio ?

John R. Mac Arthur : Cette rivalité c’est l’autre enjeu politique très important. Pour l’instant, le vice-président J.D. Vance se tait parce qu’il ne veut pas être associé à cette guerre. Le secrétaire d’État Marco Rubio, est, au contraire complètement mouillé là-dedans, se présentant comme un genre de général. Son but ultime, c’est de renverser le régime cubain. Il pense que c’est comme ça qu’il pourra se présenter comme le candidat MAGA du deep state (de l’État profond).

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 12 mars 2024)

L’édito du TC par René Granmont. Le vote démocratique et la guerre…

Treize jours après l’attaque des États-Unis et d’Israël sur l’Iran et les répliques de Téhéran sur les bases américaines au Moyen-Orient, les Français subissent déjà les conséquences économiques de la guerre. Dans les stations-service, les notes se font de plus en plus salées et une question brûle les lèvres : de combien mon plein d’essence va-t-il bondir ?

Les missiles tirés de part et d’autre dans la région touchent les bases militaires, les civils, mais aussi les infrastructures énergétiques et, par extension, l’économie mondiale, le principal enjeu étant la flambée des cours du pétrole et du gaz. Les peuples du monde commencent à en payer le prix fort, avec la spéculation sur les prix des carburants qui va tout renchérir, puisque nos économies sont basées sur le pétrole, depuis les carburants, les engrais ou les plastiques. Cependant les grands groupes pétroliers remplissent leurs caisses pendant qu’on tue à Beyrouth, à Téhéran ou à Tel-Aviv. Économiquement, le président états-unien n’a pas beaucoup à perdre dans ce conflit : Washington est excédentaire en gaz naturel et en pétrole. Il a en revanche beaucoup à y gagner.

Comme au Venezuela, la Maison-Blanche ne refuserait pas de mettre la main sur les stocks de Téhéran, d’autant que 80 % de l’or noir iranien est exporté vers le rival chinois. C’est donc pour orchestrer le marché à coups de missiles que le milliardaire partisan de la « paix par la force », aidé de son criminel partenaire de Tel-Aviv, bombarde allègrement le peuple iranien…

Certes le vote de dimanche ne mettra malheureusement pas fin à la guerre provoquée par des rapaces à la recherche de profits. Mais voter pour des listes ayant des exigences fortes de justice sociale et climatique et mettant en débat des propositions très concrètes pour protéger les habitantes et habitants et améliorer leur cadre de vie aura des conséquences importantes pour la vie quotidienne de chacune et chacun d’entre nous.

Les villes comme les petits villages sont des espaces démocratiques où peuvent se pratiquer des solidarités en actes et s’inventer de nouveaux communs à rebours des injonctions individualistes et des impératifs austéritaires portés par les libéraux de droite et d’extrême droite. Logement, éducation, santé, transports, petite enfance… Les communes sont en première ligne pour faire face au désengagement de l’État dans les territoires, pour faire face au démantèlement des services publics, pour faire face à la désindustrialisation et à la fragmentation toujours plus grande de notre société, pour faire face à l’extrême droite.

Dimanche, c’est à l’aune de ces analyses que nous choisirons le bulletin que nous glisserons dans l’urne.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4107 – vendredi 13 mars 2026)

L’édito de René Granmont. Le vote démocratique et la guerre…
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Libérez Christophe Gleizes

Focus

Presse. Contre les attaques à la liberté de la presse

L’événement – Municipales 2026

Perpignan. Dernière ligne droite
Elles et ils soutiennent « Perpignan Autrement ! »
Votez pour les listes porteuses de valeurs sociales, démocratiques et de solidarité
Céret. Deux listes pour un tour
Céret. De nombreux projets
Céret. Un seul tour
Banyuls-sur-Mer. Marie-Françoise Sanchez rassemble à gauche
Apolitique, un non sens

L’événement – Quelle connerie la guerre

Moyen-Orient. Un criminel embrasement
Macron. Une fuite en avant nucléaire
Un sous-marin parapluie ? On n’arrête pas le progrès

Département

Conseil départemental. Trois semaines pour promouvoir le droit des femmes
Une manifestation très suivie
Augmentation des frais de régularisation pour les étrangers
Pierre Sémard fusillé. La CGT cheminots tire les leçons de l’histoire
Les femmes qui lisent sont dangereuses
En Català. Les cinc arques Capitol 6 (4)
Le P.O.T. Rando’Club vous propose. Dimanche 15 mars 2026, Saint-Estève-des-Campilles
Livre. Des femmes sortent de l’ombre

Culture

Festival. Musique en fête
Où sortir ?
Alénya. Droit des femmes

France

Jean-Noël Barrot poursuivi devant la Cour de justice de la République ?

Monde

International. L’Espagne joue la carte de la paix mondiale

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L’actu de la CGT (n° du 10 mars 2026)

Nous voulons des communes au service de toutes et tous !
Les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars prochains et permettront d’élire les conseiller·es municipaux pour six ans.
C’est une échéance très importante pour le quotidien des travailleuses et des travailleurs du fait des prérogatives des communes et des intercommunalités.
—> Télécharger le tract

Municipales 2026 : la CGT interpelle les candidat·e·s
À l’occasion des élections municipales, la CGT a formulé des propositions autour de 10 thématiques phares.
—> Accéder au dossier

Votre commune pourrait-elle basculer à l’extrême droite ?
Cette carte estime le risque de victoire de l’extrême droite aux municipales 2026
—> Accéder à la carte de Street press

Municipales. Comment le retour de la gauche change la donne en Occitanie (L’Indep)

À cinq jours du premier tour des élections municipales (dimanche 15 mars), L’Indépendant réalise un tour d’horizon des forces politiques en présence dans les grandes villes d’Occitanie. Ou l’on observe une gauche revivifiée au détriment clair de la droite, une extrême-droite implantée mais sans perspectives de conquêtes majeures et une extrême gauche au seul pouvoir de nuisance.

« Un déshonneur et un reniement ». Voilà comment Carole Delga, la présidente PS d’Occitanie résume désormais d’éventuelles alliances entre socialistes et mélenchonistes à ces municipales (La Tribune dimanche du fer mars).

Carole Delga fut peut-être la première socialiste à rompre avec la France insoumise, et a se faire réélire à la tête de la Région sans son apport. Depuis, son intransigeance à l’égard du parti d’extrême gauche n’a cessé de croître et elle l’impose aux candidats qu’elle soutient. Lesquels peuvent difficilement se passer de son appui. Ainsi, par conviction ou calcul, les listes de gauche régionales sont-elles « LFI free », sans LFI. Et ça semble leur réussir si l’on en croit les sondages à Perpignan, Nîmes, Toulouse ou Carcassonne.

La gauche centre

Parmi les conséquences de cette barrière sanitaire avec l’aventure mélenchoniste : une centralisation de la gauche qui attire, ou fait revenir, un électorat modére (parmi lequel les déçus du macronisme). Une gauche sociale, écolo et citoyenne qui fait recette et qui serait incarnée par le maire de Montpellier, Michael Delafosse, un proche de Carole Delga.

À Perpignan, la candidate Agnès Langevine (Place publique) a même franchi un nouveau cap en intégrant à sa liste (et donc en « neutralisant ») des candidats PS (le psychodrame autour de la liste PS de Mathias Blanc, moins mobilisatrice, a été tranché par Olivier Faure en faveur de Langevine) mais surtout des candidats venus du centre droit. Lesquels ont ainsi préférée a la liste menée par le LR Bruno Nougayrède.

Les listes de gauche s’ouvrent donc à d’autres alliés, autrefois partenaires indéfectibles de la droite, aujourd’hui des déçus, comme leurs électeurs. La gauche opère là un double effet ciseaux qui découpe d’autant les chances des candidats de droite.

À Nîmes, la liste montée autour du candidat PC Vincent Bouget pourrait également faire école, et remporter la ville. Composée aussi de PS, Place publique, écologistes et société civile, « Nîmes en commun » est calibrée pour renverser la table, aidée en cela par non pas une, mais deux listes de droite.

La droite au pain noir

Droite qui semble manger son pain noir pendant cette campagne. Pire, à tergiverser face a l’extrême droite voire a ouvertement et cyniquement copiner avec elle, elle a perdu sa place de boussole, de pivot, sur l’échiquier politique. Un positionnement que s’octroie aujourd’hui la gauche régionale. Un changement de paradigme fort alors que la famille politique de feu-l’UMP et ses alliés avaient encore des « barons » en région il y a une quinzaine d’années.

Les Républicains, qui ne détenaient déjà plus que Nîmes comme grande ville, pourraient ainsi bien perdre la capitale gardoise dans quelques jours, après un quart de siècle à sa tête. Au profit de qui ? D’un communiste, Vincent Bouget, allié au PS, à Place publique, au PRG… est donné en tête (sondage Ipsos pour La Marseillaise paru le 6 mars) quand la droite se paie le luxe de deux listes, et donc d’une défaite annoncée a Nîmes.

Comme un nouveau et cruel symbole de déclassement après la perte de Perpignan en 2020 ou de Béziers en 2014, accaparées par l’extrême droite.

L’extrême droite au point mort ?

Le Rassemblement national, toutefois, est il en mesure de frapper encore un grand coup cette année comme il le fit en 2020 en s’emparant de Perpignan ? Sans doute pas.

Sa tête de gondole en région, Louis Aliot, a un bilan insaisissable à la tête de la ville. Condamné en première instance pour détournement de fonds européens, son avenir politique est par ailleurs tributaire des juges. L’arrivée sur sa liste d’anciennes gloires de l’UMP-LR, figures des précédentes municipalités de droite, pourrait aussi sérieusement refroidir des électeurs perpignanais. Et si le sondage lfop pour L’Indépendant le place en tête des intentions de vote, il ne dessine aucun plébiscite.

Contrairement à celui connu par son ami Robert Ménard, réélu en 2020 à Béziers au premier tour avec 69 %. Ménard, un exemple à l’extrême droite, difficile à dupliquer.

Ainsi, si le Rassemblement national conserve Perpignan le 22 mars prochain, que peut il espérer d’autres ?

Carcassonne est apparu comme un grand espoir de conquête pour le parti de Marie Le Pen et Jordan Bardella qui y ont investi le député local. Mais si l’on se fie au sondage Ifop pour L’indépendant, avec 26 % (contre les 42 % obtenus aux législatives) Christophe Barthès serait embourbé dans une périlleuse triangulaire. Et sa personnalité, disons bouillonnante, finirait d’éloigner la victoire.

Nîmes a aussi été jugée suffisamment « mûre » par Le Pen et Bardella pour y envoyer une figure régionale du FN/RN, Julien Sanchez. Celui qui avait marqué les esprits en s’emparant de Beaucaire en 2014, devenu vice-président du parti puis eurodéputé, recueille 26 % d’intentions de vote au sondage Ipsos pour La Marseillaise. Derrère le candidat de la gauche sans LFI, Vincent Bouget, à 29 % Un faible écart qui, s’il se confirme, pourrait être comblé par la forte dynamique de cette liste Bouget. Sanchez pourrait néanmoins compter, en cas de second tour, sur des voix issues des deux listes de droite… Et le RN pourrait asphyxier encore davantage la droite régionale.

LFI, machine à faire perdre la gauche

La France insoumise a-t-elle un autre rôle, une autre mission, que de faire perdre la gauche ? Veut elle remporter une « grosse » ville d’Occitanie ? Le peut-elle ?

Créditées de confortables intentions de vote grâce à des scores redressés par les sondeurs, comme autrefois pour le FN (échaudés par des résultats plus hauts que leurs prévisions) les listes mélenchonistes ont ainsi grimpé jusqu’à la 3e position à Perpignan (avec 17 %) et Toulouse (23 %).

Dans l’hypothèse que leurs électeurs soient suffisamment nombreux dimanche pour amplifier ces scores, et qu’ils n’aient pas rebroussé chemin depuis l’affaire Quentin Deranque, ce militant identitaire battu à mort par des jeunes proches du parti mélenchoniste, le second tour serait une impasse. LFI sait qu’elle ne pourra pas compter sur un ralliement des listes « LFI free ». Privée de réservoir de voix suffisant, l’enjeu dans ces deux villes ne serait donc pas de gagner mais de s’afficher « champion de la lutte anti-RN » à Perpignan et « champion de la lutte anti-Moudenc » à Toulouse ? Non, la victoire serait ailleurs pour les mélenchonistes : avoir fait perdre la gauche.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 10 mars 2026)

Elne. Un sixième médecin pour le centre municipal de santé (L’Indep)

Le centre municipal de santé Ambroise-Croizat rencontre un franc succès. Ouvert en avril 2021, il est venu freiner le désert médical qui touchait Elne comme nombre de commune. Toutefois malgré les cinq médecins salariés de la commune qui s’emploient à sa montée en puissance, nombre d’llibériens peinent encore à trouver un docteur ou sont obligés d’aller très loin pour se faire ausculter. La municipalité a mis en œuvre une extension avec des cabinets supplémentaires et cette semaine a recruté le 6° médecin : Claire Balloué, une jeune femme médecin généraliste arrive de la région parisienne et a signé un contrat avec la commune.

L’Indépendant, le 10 mars 2026

Élections municipales. Elne : La liste « Elna endavant – En avant Elne » se présente (L’Indep)

André Trives conduit la liste « Elna endavant – En avant Eine », composée de Michèle Soler-Borges, Nicolas Garcia (maire sortant) Hayat Outaoukhtalt, Charles Ingles, Karine Mendiboure, Jacques Fajula, Laetitia Cante, Roland Castanier, Anne-Lise Mirailles, Francis Molina, Vanessa Daffri, Abdoul Diop, Rose-Marie Mattiani, Bruno Vanderhaegen, Anabelle Aranda, Sébastien Roldan, Catherine Noguès, Patrice Gonzalez, Virginie Gosa, François Fernandez, Ana Fonseca Alves, Jérémie Perchoc, Carla Martinez Gomez, Yacine El Ghaoual, Aurélie Pénas, Henri Baills, Alexia Martinez, Pere Manzanares, Jaenneth Patricia Diaz Ramos et Manu Sanchez.

Une réunion publique aura lieu jeudi 12 mars à 19 h, salle des fêtes Esther-Senot de la mairie. Un apéritif dinatoire sera partagé en fin de meeting.

L’Indépendant, le 10 mars 2026