Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 28 mai 2026)

Monsieur le Ministre, pérennisez l’encadrement des loyers !
Question d’actualité au Gouvernement
L’encadrement des loyers doit être pérennisé, amélioré, généralisé.
Vous attendiez le rapport pour vous prononcer, il est entre vos mains. Vous avez les chiffres : entre 2 et 4% de baisse de loyers par rapport à la situation sans encadrement, 5% à Paris.
Cela représente un gain en moyenne (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

Aux victimes des essais nucléaires, la République reconnaissante
Initiative du groupe CRCE-K pour reconnaître les victimes de l’exposition aux essais nucléaires français
Permettez-moi tout d’abord de saluer la présence dans nos tribunes de Mme Françoise Grellier, présidente de l’Association des vétérans des essais nucléaires.
Son engagement contribue depuis de nombreuses années à porter les revendications de reconnaissance et de réparation des victimes.
Si (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

« Nous avons besoin d’une chaîne de signalements simple et identifiable par tous »
Enquête administrative et contrôle des antécédents judiciaires des personnels d’encadrement des enfants
À La Réunion, en août 2025, un employé de crèche a été suspendu. Les violences sexuelles commises sur les mineurs traversent toute la société, tous les milieux.
Cette proposition de loi est nécessaire, alors que les témoignages explosent partout sur le territoire. On connaît les conséquences (…)
—> Lire l’intervention d’Évelyne Corbière Naminzo

Ce que suppose l’électrification
Débat sur : « L’électrification des usages dans le contexte de crise internationale »
Le débat sur l’électrification des usages est profondément politique : il touche à notre souveraineté, à notre modèle industriel et au pouvoir d’achat des ménages.
Au-delà de nos idéologies, une réalité s’impose : tant que nos économies dépendront massivement des énergies fossiles importées, (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

Aide publique au développement : un recul historique
Débat sur : « Enjeux et perspectives de l’aide publique au développement (APD) »
Ce débat se tient dans un contexte de bouleversement majeur : le capitalisme mondialisé est entré dans une crise profonde. À Gaza, un peuple est affamé, bombardé, déplacé sous les yeux du monde entier.
Au Soudan, la famine s’invite dans la guerre menée par une minorité de puissants. En (…)
—> Lire l’intervention de Pascal Savoldelli

Ne remplaçons pas l’égalité par la différenciation territoriale
Réforme des critères d’attribution de l’éducation prioritaire
La réécriture de la commission est une amélioration : elle abandonne le critère des résultats scolaires, inscrit l’éducation prioritaire dans la loi, prend mieux en compte l’éloignement et prévoit la révision périodique de la carte. Pourtant, plusieurs interrogations demeurent.
D’abord, le (…)
—> Lire l’intervention d’Évelyne Corbière Naminzo

Chaque enfant concerné doit pouvoir être assisté par un avocat, maintenant
Assurer le droit de chaque enfant à être assisté d’un avocat
Certains textes ne devraient pas nous diviser. Nous souhaitons une adoption conforme. Nous parlons d’enfants, parfois très jeunes, cabossés, maltraités et qui se retrouvent devant une institution appelée à décider d’une partie de leur vie.
Qui va les accompagner, les écouter, leur expliquer (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Outre-mer : préparer l’école aux cyclones, pas aux coupes budgétaires
Débat sur « La place des collectivités territoriales dans la politique éducative »
Nos collectivités prennent leur part pour que l’école tienne sa promesse républicaine, mais elles manquent de moyens, en premier lieu pour rénover les écoles primaires.
Elles pensaient pouvoir s’appuyer sur le fonds vert, mais son montant a baissé drastiquement. Les inégalités se creusent (…)
—> Lire l’intervention d’Évelyne Corbière Naminzo

Les autres interventions

Affaires sociales : Sortir de l’impasse administrative pour sécuriser le médico-social
Santé et protection sociale – Assouplir la procédure d’autorisation des établissements et services médico-sociaux à caractère expérimental – par Silvana Silvani – 28 mai 2026

Les questions écrites : Exclusion des directeurs d’établissements ED3S de la réforme de la haute fonction publique
Éducation et recherche – par Michelle Gréaume – 27 mai 2026

Lois : Non à la société de contrôle algorithmique
Justice et police – Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public (Ripost) – par Ian Brossat – 27 mai 2026

Affaires culturelles : Faire payer les victimes ? Une fausse solution pour la montagne
Justice et police – Débat sur les secours en montagne – par Jérémy Bacchi – 27 mai 2026

Affaires culturelles : PPL n°1762 Projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé
Éducation et recherche – par Pierre Ouzoulias – 26 mai 2026

Affaires culturelles : PPL N° 506 sur la « Réforme des critères d’attribution de l’éducation prioritaire »
Éducation et recherche – par Évelyne Corbière Naminzo – 26 mai 2026

Les questions écrites : Ce projet est préjudiable du point de vue environnemental et ne garantit en aucun cas notre souveraineté
Environnement – Projet de « Campus IA » à Fouju en Seine-et-Marne – par Marianne Margaté – 22 mai 2026

« Ce qui se joue sous nos yeux à Carcassonne est sans précédent » : après une première manifestation, le collectif Nous Carcassonne organise un deuxième acte contre l’extrême droite (L’Indep)

À la suite d’une première manifestation le 29 avril 2026, le collectif de jeunes Nous Carcassonne réitère son action le samedi 6 juin prochain au square Gambetta pour lutter contre l’extrême droite.

Il y a eu un avant et un après lié au rassemblement contre l’extrême droite organisé par le collectif Nous Carcassonne. À la suite de la manifestation du 29 avril 2026, le maire Rassemblement national, Christophe Barthès, a annoncé en conseil municipal, retirer les locaux communaux aux syndicats ayant participé à cette action.

Depuis ce jour, la colère monte du côté des organisations syndicales qui multiplient les mobilisations. Des personnalités politiques se sont également approprié le sujet en interpellant le gouvernement. Et pour le collectif Nous Carcassonne, c’est aussi l’occasion de réitérer leur manifestation de fin avril. En effet, un nouveau rassemblement va être organisé le samedi 6 juin à partir de 14 h 30 au square Gambetta. « Nous étions 400 la dernière fois mais pour nous ce n’était qu’une première étape. Depuis l’installation de la nouvelle municipalité d’extrême droite, notre ville subit une accélération brutale d’un projet idéologique de division », détaille le porte-parole du mouvement, Yassin El Kdim.

Et de donner quelques exemples : « Les tentatives d’intimidation envers les jeunes et les menaces à peine voilées visant à ficher ou retirer les locaux aux associations et aux syndicats qui oseraient manifester leur désaccord politique ne sont pas seulement des dérives : ce sont des tentatives d’intimidation intolérables. »

Notre ville est devenue le laboratoire à ciel ouvert

Pour Yassin El Kdim, la ville de Carcassonne doit devenir un lieu de « résistance » face à l’extrême droite. « Je n’ai pas peur d’employer ce terme. Ce qui se joue sous nos yeux à Carcassonne est sans précédent. Notre ville est devenue le laboratoire à ciel ouvert de ce qui se produira à l’échelle nationale en 2027 si l’extrême droite accède au pouvoir. Cette situation nous confère une responsabilité historique », affirme-t-il.

À la suite de leur prochaine manifestation, le collectif donne rendez-vous pour un « apéro-goûter sans alcool » au square Gambetta. On peut déjà noter la présence de l’ensemble des forces syndicales visées par les menaces d’expulsion par l’édile de la commune.

Léo Couffin (L’Indépendant, le 28 mai 2026)

Max Mathiasin. « Le Code noir a structuré l’exploitation d’êtres humains » (La Marseillaise)

Au lendemain des commémorations des vingt-cinq ans de la loi Taubira, les députés examinent ce jeudi l’abrogation du Code noir, proposé dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Liot. Cet ensemble d’édits royaux datant des XVIIe et XVIIIe siècles organisant l’esclavage, n’a jamais été formellement abrogé. Le texte déjà adopté en commission des Lois, a reçu un soutien transpartisan de LR à LFI. Il contient deux articles, dont l’un demande au gouvernement un rapport « relatif à la législation coloniale et à ses effets de long-terme au sein des territoires concernés ».
Max Mathiasin, député Modem de la 2e circonscription de Guadeloupe, porte l’abrogation du Code noir, examiné ce jeudi lors de la niche parlementaire du groupe Liot.

La Marseillaise : Qu’est-ce que le Code noir et comment les territoires concernés continuent à en subir les effets ?

Max Mathiasin : Le Code noir a structuré non seulement la propriété, le mode d’exploitation d’êtres humains dans le cadre de l’économie coloniale mais a aussi régenté la conduite à tenir à propos des esclaves. Il y a un article qui stipule clairement que l’esclave sera considéré comme un bien meuble donc qu’il n’avait pas de personnalité juridique. Dès lors, il était considéré comme un espace, un lieu, une personne de non-droit. Ça veut dire qu’il pouvait être échangé, torturé, battu. Un maître qui décidait par exemple d’aller à une table de jeu ou de faire un pari pouvait très bien offrir un esclave comme gain. Le Code noir fixe aussi l’origine des sanctions qui pouvaient aller jusqu’à la peine de mort en cas de tentative de fuite des esclaves. Il a été appliqué à l’esclavage des Noirs qui ont été mis en esclavage précisément parce qu’ils étaient Noirs, puisque c’était interdit sur le sol de l’Hexagone depuis le XIVe siècle. On a créé la Compagnie des îles d’Amérique, avec des actionnaires, pour pouvoir se faire des richesses colossales qui ont servi à l’accumulation du capital en France hexagonale. On voit très bien que les conséquences se font toujours ressentir. Le système de la propriété qui existe encore chez nous, avec les monopoles qui appartiennent à quelques familles descendantes d’esclavagistes à la fois dans l’importation et la distribution, l’intégration verticale, le niveau excessif des prix… Les séquelles sociétales et psychologiques perdurent car même si l’esclavage a été reconnu comme crime contre l’humanité en 2001 par la loi Taubira, ça ne répare pas les consciences ni les comportements qui sont à l’œuvre.

La Marseillaise : Comment « réparer » ?

Max Mathiasin : À partir du moment où on reconnaît qu’il y a eu crime contre l’humanité et que le Code noir est abrogé, doit venir la question de la réparation des crimes. Je ne sais pas quelles formes elles prendront. Il faut trouver la forme qui permette d’en discuter sereinement et arriver à un consensus.

La Marseillaise : Le président dit « la première des réparations consiste à restaurer la vérité dans notre histoire » et parle de travaux de l’Enseignement supérieur à venir. Est-ce suffisant ?

Max Mathiasin : Si c’est ce qui est envisagé par le président, ça ne peut pas constituer un dédommagement en soi. Nous partons de très loin. Quand nous rentrions à l’école nous apprenions dans nos premières leçons d’histoire que nos ancêtres étaient les Gaulois. Ils habitaient dans des huttes basses et le druide procédait à la cueillette du gui. Nous étions complètement décalés à la mesure où nous n’avions pas d’ancêtre Gaulois, pas de gui chez nous, ni de druide. Cela a fait suffisamment de mal aux consciences. Il faut absolument que nous soyons honnêtes avec nous-mêmes et laisser une place dans les manuels scolaires à cette phase importante dans l’Histoire de la société française et de son territoire. Des mouvements pour les réparations existent déjà en Guadeloupe mais ils n’ont pas jusqu’à ce jour trouvé de réponse, ni été reçus. Il faut apaiser justement par la reconnaissance de ce crime, par l’abrogation du Code noir et peut-être aller vers une troisième étape qui contribuera à l’apaisement des consciences.

La Marseillaise : Une statue de Jean-Baptiste Colbert, l’artisan du Code noir, est érigée devant l’Assemblée nationale, son nom figure sur des rues, des stations de métro. Faut-il l’effacer de l’espace public ?

Max Mathiasin : C’est un grand débat. Alors, effectivement, on parle de Colbert qui a joué un rôle très important avec son fils qui aurait rédigé ce Code noir mais c’est une responsabilité d’État. Il a été mis en place par Louis XIV, c’est lui qui est le signataire du Code noir. Les régimes changent, l’État français demeure. Lorsqu’en 1794, les révolutionnaires abolissent pour la première fois l’esclavage, ils ne pensent pas au Code noir. Pour eux, tout est abrogé. Mais quand Napoléon décide de remettre en vigueur l’esclavage en 1802, il le fait explicitement selon les mêmes dispositions antérieures, ça veut dire qu’il considère que le Code noir n’est pas abrogé et ça va durer jusqu’en 1848 avec le décret Schœlcher [sur l’abolition définitive de l’esclavage, Ndlr.]. Cet acte ne tient pas compte de l’existence du Code noir dans la mesure où, pour eux, au moment où ce décret est édité, l’esclave n’existe pas en tant qu’être. Je vais pas demander à la France entière de déboulonner ces statues mais au moins bien expliciter, dire qui étaient véritablement ces personnages. Nous devons parler à toute la Nation, à toutes les populations de ce territoire pour faire une histoire commune.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 28 mai 2026)

Mai-juin 1936 : dans la région, un élan politique et social (L’Indep)

Le Front populaire, même s’il était en Languedoc plus fracturé qu’ailleurs, a débouché sur une vague qui l’a dépassé. Retour, 90 ans après, sur une période relativement oubliée dans le Midi.

90 ans après mai-juin 1936, sur fond de Front populaire, de grèves et de manifestations, que reste-t-il dans l’imaginaire historique des Languedociens et des Roussillonnais ? Pas grand-chose, regrette le chercheur montpelliérain Philippe Lacombrade, qui vient de coanimer mercredi dernier à Montpellier un colloque sur le sujet. La faute notamment à Paris, qui a focalisé l’attention dans les travaux d’historiens.

Notre région aurait été l’une des « oubliées dans l’historiographie » de cette période pourtant si riche. « On s’intéresse peu à l’histoire provinciale, mais il faut dire aussi que la tradition d’histoire régionale que nous avions ici a un peu disparu », nuance Philippe Lacombrade. Pondérons jusqu’au bout : « Notre région est viticole, l’industrie y est un peu diffuse donc c’est vrai que mécaniquement il y a eu moins de mouvements sociaux et de grèves qu’à Paris et dans les grandes régions industrielles du nord de la France », Mais il y aurait là tout de même comme une injustice, d’autant plus que l’Occitanie méditerranéenne a été d’une certaine façon pionnière. « Dans notre région viticole justement, des grèves dans le monde agricole annoncent le Front populaire, » souligne Philippe Lacombrade. « Dès les vendanges de décembre 1935 puis à Cruzy, vers Saint-Chinian, en janvier-février 1936, 300 ouvriers agricoles et viticulteurs protestent pour avoir des augmentations de salaire. En juin 1936, vous avez à Montpellier, par exemple, des ouvriers agricoles qui se mettent en grève dans les domaines des grands propriétaires viticoles. »

Première grève à Béziers

Pour le reste, les grèves dans les autres secteurs sont plus tardives qu’au niveau national. Elles débutent après les accords de Matignon du 8 juin.

La première éclate le 10 juin aux établissements Fouga de réparation des wagons ferroviaires, à Béziers : « C’est le signal lancé, avec 1 400 ouvriers sur 2 000 en grève », explique Philippe Lacombrade. Vient ensuite le secteur du bâtiment à Perpignan le 12 juin. Montpellier se mobilise à partir du 15. Des commandos s’organisent pour faire le tour des piquets de grève à vélo, ou pour aller jusqu’à Palavas inciter à la grève. « On occupe les chantiers de la clinique Saint-Charles, en construction. La compagnie générale d’électricité est occupée, les grévistes dorment là-bas, on organise des bals, les ouvriers s’engagent à maintenir l’électricité dans toute la ville. À Montpellier toujours, il y aura ensuite la compagnie de tramway, les coiffeurs, les garçons de café et de restaurant. »

L’historien Jean Sagnes décrit comment l’essentiel des entreprises en grève l’est dans des petites structures, les plus grosses ayant éteint les feux qui couvaient. A Sète avec le port et Alès avec la mine, des accords sont trouvés rapidement.

À Alès tout de même, les ateliers Richard Ducros (entretien de rails) sont mobilisés. À Nimes, si le secteur de l’habillement trouve une issue rapidement, la grève dans d’autres filières va durer jusqu’à la mi-juillet, avec les Courriers des Cévennes, les Docks méridionaux, les grands magasins… Les négociations finissent par déboucher sur la rédaction de conventions collectives, la semaine de 40 heures, l’instauration de congés payés et l’augmentation des salaires. « Dans le Midi rouge, le pouvoir politique est proche des grévistes et favorise les négociations », précise Philippe Lacombrade.

Si peu de traces historico-politiques restent de cette période-la dans la région, c’est aussi parce que la victoire du Front populaire n’y était pas une surprise. La gauche trustait les places du Midi rouge. Dans les unes, l’année 36 signe même un recul, sous le poids de l’abstention. « Par le nombre de suffrages qu’elle a reçus, la gauche semble avoir un peu régressé par rapport à 1932 », note l’historienne Marianne Caron. Le « bloc » du Front populaire y était plus friable qu’ailleurs. Les partis de gauche auraient même tendance à se faire concurrence : les radicaux lorgnent du côté du camp conservateur pour y puiser un électorat refusant de voter socialiste ou communiste. Mais si, au premier tour, chacun a compté ses voix, l’élan national du Front populaire éteint au second tour, pour un temps seulement, les rivalités d’appareils.

À part en Lozère, tous les députés sont de gauche

« Après les divisions, au deuxième tour on se retrouve », résume Philippe Lacombrade. Il cite l’exemple de Paul Boulet qui devient maire de Montpellier en s’alliant avec les radicaux et la SFIO, battant Henri de Rodez-Bénavent, figure du Midi blanc.

Tous les députés du Languedoc et du Roussillon élus en 1936 sont classés à gauche, à l’exception de deux des trois députés de la catholique et conservatrice Lozère. Dans le Gard, deux députés communistes font, pour la première fois dans la région, leur entrée au parlement. Les socialistes s’en inquiètent et les radicaux entament leur reflux.

« À l’annonce des résultats des élections, au soir du 3 mai 1936, la foule descend dans la rue pour manifester sa joie », rappelle Marianne Caron. Mais les rassemblements sont a venir, à partir du 14 juin. « Foules immenses, fanfares jouant L’Internationale et La Mar-seillaise, forêts de drapeaux, bals populaires » sont au menu. 10 000 personnes manifestent à Montpellier et à Nimes, 15 000 à Perpignan, 7 000 à Narbonne, dans une ambiance bon enfant.

Arnaud Boucomont (L’Indépendant, le 28 mai 2026)

Une journée d’études historiques a été organisée mercredi dernier sur le campus Saint-Charles de Montpellier à l’occasion des 90 ans de la victoire du Front populaire dans la région.

Pour la CGT 66, la grève « Elsan » était inévitable (L’Indep)

Au lendemain de la fin officielle du conflit social à Saint-Pierre et Médipôle les cégétistes font le point.

« Ce qu’ils ont obtenu, c’est ni plus ni moins une victoire ! » Si, à la sortie de la grève, ce lundi matin, les salariés et délégués syndicats affichaient un constat mitigé d’un mois de grève dans plusieurs établissements de santé du groupe Elsan, Julien Berthélemy, secrétaire départemental CGT 66, se félicitait des résultats obtenus. Entouré de trois camarades grévistes, il tirait le bilan de cette mobilisation syndicale lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi.

Reconduction de la prime d’intéressement pour cinq ans (environ 1 500 € nets), une prime unique de partage de la valeur de 500 € nets, une prime pérenne de 400 € nets et la création de groupes de travail pour parler des conditions de travail : tels sont les quatre acquis « arrachés de haute lutte par les grévistes syndicalistes des cliniques Médipôle et Saint-Pierre », a rappelé Julien Berthélemy.

Au surlendemain de la date officielle de la fin de ce conflit qui aura duré plus d’un mois à Medipôle Saint-Roch et presque un mois à la clinique Saint-Pierre, Julien Berthélemy était entouré d’Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT à la clinique Médipôle Saint-Roch, de Simon Ormeda, militant CGT, et de Sandrine Desmet, infirmière en oncologie et secrétaire générale de la CGT Saint-Pierre. Ils sont revenus sur les évènements. Et sur ces « victoires encore bien fragiles » ont-ils souligné d’une même voix.

« Cette grève était inévitable, les personnels soignants, pressurisés depuis des années sans pouvoir hausser la voix, devaient se soulever » a lâché Simon Ormeda. « Ce qui nous a poussés à tenir le coup contre vents et marées ce sont les encouragements et les soutiens de nos patients, et des passants » a soufflé Sandrine Desmet.

« Certes, il aura fallu 32 jours de grève à Médipôle et 26 jours à Saint-Pierre pour remporter la lutte, mais il y aura incontestablement un avant et un après ce conflit social de mai 2026 », a conclu sobrement le secrétaire départemental CGT 66.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 28 mai 2026)

L‘édito du TC par Jacques Pumaréda. Le bâillon

Le mouvement social à Saint-Pierre comme à Médipôle marquera durablement le paysage départemental par sa durée et l’intransigeance du groupe Elsan. Les menaces n’ont pas manqué, allant jusqu’à envisager la fermeture de la clinique Médipôle. A l’arrivée les grévistes actent le maintien d’un certain nombre de primes sans garantie pour la suite. Une intransigeance de la direction soutenue par le Préfet, bien timoré sur les revendications. Pas touche aux bénéfices du groupe Elsan et aux actionnaires, telle est la règle d’or et malheur aux revendications syndicales.

Dans une situation économique et sociale très tendue, alors que la question du pouvoir d’achat est au centre des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens, le patronat et le gouvernement s’appliquent à maintenir le couvercle sur une marmite en ébullition. Alors on dégaine l’arme répressive, on cible Sophie Binet secrétaire générale de la CGT, mise en examen une nouvelle fois pour diffamation publique pour avoir dénoncé la « répression patronale violente » chez le fabricant d’articles culinaires Tefal. Fabien Gay, directeur de publication du journal l’Humanité est également mis en examen. En décembre 2025, Sophie Binet avait fait l’objet d’une première mise en examen pour injure publique après une plainte de Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic. Au 30 mars, la CGT dénombrait 550 plans sociaux sur plus de 400 sites. Ainsi un signal de répression est lancé dans tout le pays. La liberté d’expression comme les libertés syndicales sont aujourd’hui en danger. Plus de 1000 militants et cadres sont inquiétés par des poursuites judiciaires ou disciplinaires dont cinq dirigeants confédéraux. La Confédération internationale des syndicats a déposé plainte devant l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour « dénoncer une procédure bâillon et les atteintes aux droits syndicaux en France. »

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4118 – vendredi 29 mai 2026)

L’édito de Jacques Pumaréda. Le baillon
Annonces
Libérez Christophe Gleizes

Focus

Elsan-Médipôle. Ils et elles ont repris le travail mardi 26

Événement – Rien pour le pouvoir d’achat – Des milliards pour l’armement

Prix des carburants. Quelques mesurettes annoncées par le gouvernement
Fabien Roussel. Revalorisation immédiate de 5 % pour les salaires et les pensions
Une société ultra)militarisée…
Protection sociale. La santé sacrifiée
Les clés du coffre

Département

L’abricot du Roussillon
Maga dans les Pyrénées-Orientales
Les cinc arques. Capitol 10 (2)
Néfiach. Le marché festif fait son retour
Solidarité avec le peuple sahraoui

Dossier – Front populaire

Le Front populaire. Les forces en présence
SFIO. Section Française de l’Internationale Ouvrière
PCF. Parti Communiste Français
Les Radicaux. Parti républicain, radical, radical socialiste

Département

Congrès FGR. « La retraite doit être défendue, la place des retraites reconnue »
Indecosa CGT 66
Fiscalité. Promesse municipaale tenue !
Festival des Luttes 2026. Solidarité, culture et combats collectifs

Culture

Où sortir ?
Céret. Le festival « La Moisson » est annoncé
Acentmètreducentredumonde. Le âysage dans toutes ses dimensions
La nuit des musées
Concert. Morceau choisis de Phillip Glass

France

Histoire. Il y a 50 ans : l’eurocommunisme
Le cadnium. Un danger sanitaire sous-ésistimé en France

Monde

Cuba en grand danger. Trump impose un ultimatum aux eentreprises étrangères
Coup de gueule. Le bal des hypocrites

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Un printemps très automnal
Découvrez d’autres articles chaque semaine sur le site

N’oubliez pas chaque semaine, s’informer pour agir
Le bulletin d’abonnement
Rendez-vous également sur la page Facebook du TC, Twitter et Instagram
pour suivre les actualités tout au long de l’année