Discours de Pierre Serra, maire de Vernet-les-Bains, lors de la cérémonie du 8 mai

Mesdames et messieurs les représentants des associations d’anciens combattants et du souvenir,
Mesdames et messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et messieurs les agents du SDIS, de la gendarmerie et de la PR,
Mesdames et messiers les agents des services municipaux,
Mesdames et messieurs les enseignants, les représentants de nos associations locales,
Mesdames et messieurs les élus du conseil municipal,
Mesdames, messieurs,
Chers amis, Chers enfants,

Nous commémorons aujourd’hui le 81ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 contre le nazisme, qui marque la fin de la seconde guerre mondiale. C’est une date gravée dans notre mémoire collective. C’est la victoire de celles et ceux qui depuis des années ont combattu pied à pied le nazisme mais aussi le fascisme en Italie, le franquisme en Espagne, et les régimes de collaboration et de soumission comme celui de Vichy.

Ce jour est un jour de souvenir. Mais il est aussi celui de l’engagement, de la transmission, et de l’espoir que nous portons ensemble pour les générations futures.

Transmettre aux jeunes générations est, pour nous, un devoir. Un devoir qui prend corps tout au long de l’année dans notre commune. À ce titre, je tiens à saluer les enseignants et les associations engagées qui s’efforcent à faire vivre la mémoire de l’histoire de notre Pays et de ceux qui la font, comme ceux qui s’engagèrent, tout près d’ici dans le maquis Henri Barbusse, pour défendre notre liberté.

Il y a 81 ans, l’Europe sortait de l’enfer. 60 millions de morts, des familles déchirées, des villes réduites en cendres. Derrière ces chiffres, il y a des noms, des visages, des destins. Des soldats tombés au combat, des civils massacrés, des déportés disparus dans la nuit des camps.

Face à la barbarie, des femmes et des hommes ont choisi de refuser la résignation et se sont soulevés. Ils étaient instituteurs, ouvriers, paysans, intellectuels. Parmi eux, Marc Bloch historien juif qui doit faire son entrée au Panthéon le mois prochain, mais aussi Lucie Aubrac femme engagée, ou Julien Panchot résistant communiste exécuté par les allemands nazis au site dit de la1 Pinouse à Valmanya, et tant d’autres, connus ou anonymes. Tous ont formé la Résistance, unis par un même idéal : celui d’une France libre, solidaire et fidèle à ses principes.

Le Conseil National de la Résistance, sous l’impulsion de Jean Moulin, a incarné cette espérance.

Leur programme, Les Jours heureux, était bien plus qu’un manifeste. C’était la promesse d’une société où la dignité humaine primerait sur les égoïsmes et les haines. Une société où la Sécurité sociale, l’école pour tous et le droit au travail ne seraient pas des privilèges, mais des droits.

Aujourd’hui, alors que les derniers témoins de cette époque nous quittent, notre responsabilité est immense. La mémoire est une flamme fragile que nous devons entretenir. Oui ! nous devons l’entretenir, puisque cette flamme est menacée : menacée par ceux qui, délibérément ou par ignorance, propagent la haine, la division et les fausses nouvelles.

Car souvenons nous : la guerre de 1939-1945 n’a pas surgi par hasard.

Elle a été rendue possible par l’effritement des démocraties, la montée des replis nationalistes, mais aussi par des complicités plus discrètes. Dans les années 30, alors que la République vacillait sous la pression des groupes factieux, certains cercles de la finance et de l’industrie ont regardé avec indulgence l’essor des régimes autoritaires en Europe. À leurs yeux, les conquêtes sociales portées par les mouvements populaires représentaient une menace plus importante et immédiate que ces régimes eux-mêmes. En se rendant complices de ceux qui se réclamaient de l’ordre, ils ont permis la mise en place d’un modèle de société excluant et injuste, en pensant servir prioritairement leur propre intérêt, et qui a conduit à une des catastrophes humaines majeure du XXème siècle.

De ces accointances et de ces calculs cyniques, nous devons nous souvenir ; car ce sont les signes d’une histoire qui bégaye.

À l’heure où les discours de haine, les replis identitaires et les positionnements simplistes prospèrent sur les réseaux sociaux comme sur certaines chaînes d’information en continu, il est essentiel de rappeler que l’ouverture aux autres et au monde n’est pas un renoncement à ce que nous sommes. Elle constitue au contraire une force, une richesse et l’une des conditions du vivre-ensemble.

Alors soyons vigilants et critiques. Ne laissons ni les algorithmes ni les puissances d’influence décider à notre place de notre destin. Ne laissons pas la peur dicter nos choix.

En ce 8 mai 2026, rendons hommage à celles et ceux qui ont défendu les valeurs affichées au frontons de nos mairies : liberté égalité et fraternité :

  • Aux soldats de le France et des nations alliées, venus de loin pour libérer les territoires occupés.
  • Aux résistants dont beaucoup ont payé de leur vie leur amour de la liberté.
  • Aux déportés, dont le martyre demeure un avertissement.
  • Aux civils, victimes innocentes d’une folie collective.

Leur sacrifice nous oblige à être dignes de leur héritage.

Clamons haut et fort notre ambition de paix pour tous les peuples. Et rappelons-nous que la paix n’est jamais un cadeau du ciel. Elle est un héritage à défendre, une promesse à tenir et un combat à mener contre l’ignorance et l’obscurantisme sous toutes leurs formes.

Œuvrons ensemble pour que notre commune, notre pays, notre continent demeurent des phares de paix, de tolérance et de fraternité.

Ne détournons jamais les yeux devant l’injustice ou la désinformation. Ne laissons jamais la haine l’emporter sur la raison.

Continuons, ensemble, à transmettre aux jeunes générations les valeurs qui font de nous une nation unie et solidaire, une nation dont nous sommes fiers.

Le 8 mai 1945 marquait la fin d’une guerre. Mais ce n’était pas la fin de l’Histoire.

L’Histoire, aujourd’hui encore, c’est nous qui l’écrivons par nos actes et par nos engagements.

Je vous remercie.

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