D’élu d’opposition à maire et premier vice-président de la communauté de communes Conflent-Canigo, le grand saut de Pierre Serra.
Son grand-père était le ferronnier du village. L’histoire de Vernet-les-Bains coule dans ses veines et Pierre Serra entend bien faire briller son village en Confient et au-delà. Le quinquagénaire, enselgnant, a été élu au mois de mars avec 61 % des voix et remplace ainsi Henri Guitart (2014-2026).
Vous avez été élu avec une belle avance, était-ce prévisible ?
C’était une bonne surprise. Nous avions proposé une liste sans étiquette, une liste de rassemblement autour d’un projet politique. L’écart du nombre de voix montre une vraie attente des citoyens.
Quelle a été votre première décision en tant que maire ?
Nous avons immédiatement fait un diagnostic de la commune et nous avons constaté que tout était à revoir. Les agents n’ont, par exemple, aucune fiche de poste complète. Autre exemple, ce chantier à 750 000 euros, réceptionné par l’ancien maire avec de nombreuses malfaçons.
La réfection de la piscine ?
Oui, en plus le budget initial a été largement dépassé et il reste encore des actions à mener, notamment sur la ventilation. Mais c’est l’occasion d’honorer une de nos promesses de campagne qui était d’améliorer la communication envers la population. Nous sommes en train d’effectuer un audit complet de ces travaux et nous en présenterons les résultats, dès que nous les aurons. Il en sera ainsi a chaque fois qu’il y aura quelque chose d’important sur la commune. Les administres sont aussi invités à s’exprimer à tous les conseils municipaux, des que la séance est levée.
Quels sont vos principaux projets ?
Nous voudrions optimiser la récupération des eaux chaude pour une valorisation calorifique. Une étude montre que cela pourrait nous permettre de chauffer nos bâtiments communaux et la piscine avec de grosses économies de fioul à la clé. Nous souhaitons aussi travailler sur la culture avec la création d’une médiathèque digne de ce nom ou encore mettre en place une navette municipale. Il y a enfin la rénovation de la voirie à mettre en place et un plan pluriannuel sur l’urbanisme au sens large. Nais tout cela doit ce faire en maitrisant notre budget.
Vous aviez promis une baisse d’impôts, chose faite ?
Effectivement, Vernet souffre d’un taux d’imposition très élevé. Nous avons commencé à le diminuer mais il faut qu’on ait une maitrise des finances. On considère que les dépenses de fonctionnement sont excessives, si l’on se compare aux communes de la même strate. Nous allons avancer prudemment, sans se lancer dans des projets pharaoniques. Des emprunts arrivent à échéance et il y a des pistes d’économies. Nous avons, par exemple, une police rurale surdimensionnée.
Quid de l’état des commerces vernétois ?
Je pense qu’il y a une belle dynamique. Le tabac a été repris, il va y avoir une nouvelle boulangerie et nous avons des contacts avec des gens qui veulent s’installer. Il y a enfin le casino, qui est un pole important et que nous voulons remettre au cœur de la politique culturelle. Pour cela il faut déjà travailler sur le bâtiment qui souffre entre autres de fuites. C’est dommage, car il s’agit d’un bâtiment classé qui avait bénéficié de subventions que l’ancienne municipalité n’a jamais encaissées.
Il y a actuellement un problème sanitaire aux thermes, avez-vous des informations ?
C’est un coup dur pour Vernet. Pour autant, selon nos informations, cela reste mineur. Le taux de bactérie est raisonnable mais les règles sont stricte dans le thermalisme est c’est tout à fait normal. Nous faisons entièrement confiance aux gérants qui prennent toutes les mesures nécessaires pour une réouverture rapide. Les thermes sont un point central de la commune, d’ailleurs ils sont dans le nom du village.
Philippe Comas (L’Indépendant, le 8 mai 2026) (L’Indépendant, le 8 mai 2026)
