Communiqué de la coordination européenne pour les droits humains au Maroc. La tragédie de Ceuta et Melilla : une tragédie et de lourdes responsabilités

Lorsque des dizaines de milliers de citoyens marocains, majoritairement des jeunes, se jettent à la mer et risquent leur vie dans l’espoir d’atteindre les côtes européennes en quête d’une vie meilleure, cela constitue une tragédie humaine sans précédent.

Selon les chiffres publiés par les autorités espagnoles, cette tragédie a fait plus de 120 morts, ainsi que des centaines de blessés et de personnes souffrant de lésions corporelles ; un bilan qui risque de s’alourdir.

Quelles que soient les circonstances de cette migration massive, quels que soient les acteurs ou groupes à l’origine de cette migration et leurs motivations, l’ampleur de la tragédie exige un examen critique des responsabilités politiques et humanitaires, tant au niveau européen que marocain.

Premièrement : La responsabilité des politiques européennes

La tragédie de Ceuta et Melilla est indissociable du caractère inégal et injuste des relations entre les pays du Nord et du Sud, et des profonds déséquilibres économiques et sociaux que ces relations ont engendrés. Cette situation résulte également de politiques européennes inhumaines en matière d’immigration, qui ont instrumentalisé les immigrés à des fins politiques par la droite européenne pour accroître son influence et masquer les véritables causes de la crise sociale qui frappe les classes populaires en Europe. La montée des mouvements racistes et d’extrême droite a exacerbé les difficultés matérielles et psychologiques rencontrées par les immigrés, au moment même où les économies européennes ont un besoin croissant de main-d’œuvre qualifiée et d’immigrés dans divers secteurs. Pour tenter de résoudre ce paradoxe, les États membres de l’UE délèguent la surveillance de leurs frontières extérieures à leurs voisins, les transformant de facto en forces de sécurité chargées de faire appliquer la loi et de réprimer par procuration, en échange d’aide et de compensations financières. La gestion de l’immigration ne saurait se fonder uniquement sur une approche sécuritaire, ni sur la transformation des pays du Sud en gardiens des frontières de l’Europe. Elle doit impérativement reposer sur le respect des droits humains, s’attaquer aux causes économiques et sociales profondes des migrations et établir des voies de circulation et de migration légales et sûres.

Deuxièmement : La responsabilité des autorités marocaines

Dans la tragédie de Ceuta et Melilla, les autorités marocaines portent une responsabilité, principalement à trois niveaux :

  1. C’est une tragédie qui révèle l’échec du modèle économique et social. Le fait que des dizaines de milliers de citoyens marocains aient risqué leur vie pour quitter leur patrie n’est pas un simple phénomène migratoire qui se réduise à un désir individuel de voyager. C’est avant tout un indicateur très inquiétant de la profondeur de la crise sociale et de l’incapacité des politiques publiques à offrir les conditions d’une vie digne à de larges pans de la population, notamment les jeunes. Lorsque la mer, malgré ses dangers, devient un horizon plus attrayant que l’avenir du pays, cela s’impose un examen approfondi des politiques économiques et sociales qui n’ont pas su garantir les droits fondamentaux des citoyens à l’éducation, à la santé, au travail, au logement et à un niveau de vie décent, et qui, au contraire, ont conduit à une concentration croissante des richesses et du pouvoir économique entre les mains d’une minorité.
  2. La migration instrumentalisée. Les autorités marocaines abordent la question migratoire sous un angle étroit, mercantile et sécuritaire, considérant la migration non seulement comme une source de devises étrangères, mais aussi en faisant de la situation géographique du Maroc un atout dans les négociations avec les pays européens. Il est nécessaire d’établir une politique indépendante et équitable dans les relations avec l’Union européenne, fondée sur le respect des droits humains et des droits des citoyens marocains, plutôt que sur une approche purement sécuritaire ou sur l’acceptation du rôle de « garde-frontière » européen en échange d’une compensation financière. Par ailleurs, la protection des citoyens marocains à l’étranger et la défense de leurs droits contre le racisme et la discrimination devraient constituer un pilier fondamental de la politique étrangère marocaine.
  3. La responsabilité de l’État en matière de protection des citoyens. La récente tragédie soulève de sérieuses questions quant à la manière dont des dizaines de milliers de personnes – le ministère marocain de l’Intérieur a évoqué environ 40 000 personnes, tandis que d’autres sources font état de chiffres allant jusqu’à 60 000 – ont pu se déplacer de différentes régions du Maroc, notamment par bus et camion, vers la région de Ceuta, sans que ces mouvements de masse n’attirent l’attention des services de sécurité. Ceci soulève, en particulier, la question de savoir dans quelle mesure les institutions étatiques, disposant de ressources humaines considérables et d’équipements technologiques modernes, ont assumé leur devoir de protéger la vie des citoyens et de prévenir une telle catastrophe. Quels que soient les responsables de cette tragédie et quelles que soient leurs motivations politiques ou matérielles, l’État marocain a la responsabilité de protéger la vie de ses citoyens et d’assurer leur sécurité. Il a manqué à cette responsabilité, ce qui exige une enquête, la mise en cause des responsabilités et des poursuites judiciaires. Ce qui rend cette tragédie encore plus amère, et qui envoie un message douloureux quant à la valeur accordée à la vie des citoyens dans les politiques officielles, c’est le refus de l’État de décréter, ne serait-ce que par solidarité et par simple décence humaine, une journée nationale de deuil pour les victimes de cette catastrophe.

Nos revendications

Nous, la Coordination européenne pour les droits humains au Maroc, exprimons notre profonde tristesse et notre entière solidarité avec les citoyens marocains qui ont risqué leur vie en mer dans l’espoir d’une vie meilleure.

Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes et exigeons de l’État marocain ce qui suit :

  • Premièrement : Une enquête indépendante, transparente et exhaustive doit être menée afin d’identifier les responsables de l’organisation ou de l’orchestration de cette migration massive, de faire éclater la vérité sur les événements et de déterminer les responsabilités des différentes agences et institutions concernées, notamment les raisons de leur inaction face à cette tragédie. Les résultats de cette enquête doivent être rendus publics.
  • Deuxièmement : Les politiques économiques, sociales et politiques qui n’ont pas permis de garantir des conditions de vie décentes aux citoyens dans leur propre pays doivent être réexaminées. Un véritable débat public sur les alternatives de développement doit être engagé et la responsabilité politique des politiques ayant conduit à cette situation doit être établie.
  • Troisièmement : Établir une politique d’immigration fondée sur le respect des droits humains, refuser de réduire le Maroc à un simple instrument de sécurité pour la protection des frontières européennes et nouer une relation d’égal à égal avec l’Union européenne, plaçant le respect des droits humains et des droits des migrants et des citoyens marocains au cœur de toute coopération en matière de migration.
  • Quatrièmement : Défendre efficacement les membres de la communauté marocaine en Europe contre le racisme, la discrimination et les discours de haine, et s’opposer aux politiques européennes qui instrumentalisent les migrants à des fins de compétition politique interne et de montée de l’extrême droite. La mort de Abderrahim Fakir à BOLOGNE en Italie vient nous rappeler la nécessité de nous mobiliser pour défendre les droits des immigrés.
  • Cinquièmement : Instaurer une véritable démocratie permettant aux citoyens et à leurs organisations civiles, syndicales et politiques de participer pleinement à l’élaboration des politiques publiques et à la réévaluation des choix économiques et sociaux qui se sont révélés inefficaces. Dans ce contexte, nous réitérons notre demande d’une amnistie générale et complète pour tous les prisonniers politiques et d’opinion, de la fin des poursuites liées à la liberté d’expression et de la fin de l’exil et de la persécution des dissidents en raison de leurs positions et opinions.

La tragédie de Ceuta n’est pas un simple incident tragique lié à la migration ; c’est un avertissement social, politique et humanitaire d’une gravité extrême. Lorsque la mer devient un choix plus abordable que sa propre patrie, c’est le signe évident d’une crise au sein d’un État, d’une société et de politiques qui ont perdu tout repère moral et humanitaire. Ce n’est pas le moment de se justifier ni de se taire, mais celui d’une prise de responsabilité radicale qui place toutes les obligations avant la vérité : la vie des citoyens n’est pas un simple chiffre dans les calculs politiques, mais une priorité absolue qui ne souffre ni report ni compromis.

Les rendez-vous de l’été au Mémorial du camp de Rivesaltes (L’indep)

Entre scénographie modernisée centrée sur le destin des internes et deux expositions temporaires sur l’exil et le maquis, l’institution des Pyrénées-Orientales réinvente sa transmission de l’Histoire.

Au Mémorial du camp de Rivesaltes, l’espace permanent vient d’être modernisé. Entre parcours scénographique et expositions inédites, la mémoire se transmet ici au présent. « La refonte de l’espace met en lumière les trajectoires individuelles, les visages et les destins des personnes qui ont été internées dans ce camp des Pyrénées-Orientales », est-il écrit. « Le nouveau parcours permanent intègre des documents d’archives, des témoignages poignants et des œuvres d’art pour retracer au plus près le quotidien et la mémoire des internés ».

Deux expositions en cours

Deux expositions temporaires explorent les déchirures du XX siècle et les chemins de la liberté. L’exposition temporaire « Routes du maquis » est proposée jusqu’au samedi 22 août. Cette exposition temporaire retrace les itinéraires clandestins empruntés par les guérilleros anti-franquistes entre la France et l’Espagne, de 1945 jusqu’aux années 1950.

À travers des photographies, des témoignages poignants et des archives locales, l’exposition rend hommage au courage de celles et ceux qui ont poursuivi la lutte contre la dictature au péril de leur vie.

Avec l’exposition « Les jours clairs sont rares », il s’agit du second volet de la programmation liée à la sensibilité et à la création artistique.

Jusqu’au 3 février 2027, on peut admirer cette exposition temporaire. S’inscrivant dans le cadre du projet transfrontalier L’art en exil, mené conjointement avec les musées d’art moderne de Collioure et de Céret, cette installation rassemble des peintures, des sculptures, ainsi que des mosaïques. Toutes ces œuvres ont été réalisées par des artistes ayant personnellement vécu l’exil entre 1920 et 1945.

R. J. (L’Indépendant, le 10 août 2026)

La visite se déroule en autonomie complète sur le site (parcours extérieur et expositions). Durée approximative: deux heures. Tarif plein: 9,50 €; réduit (demandeurs d’emploi, étudiants, groupes à partir de 10 personnes, pass patrimoine), 6,50 €. Le visio guide « Les voix du Mémorial » est inclus dans le prix du billet d’entrée.

L’édito du webzine. Le cynisme d’un gouvernement en quête d’économies

Au cœur de l’été, alors que les Français sont moins attentifs, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé le doublement du plafond annuel des franchises médicales, passant de 100 à 200 euros par an.

Depuis des années, les gouvernements successifs ont une logique implacable : faire payer toujours plus ceux qui sont malades et ont besoin de soins. Cet été, l’exécutif de Sébastien Lecornu a franchi un cap supplémentaire dans le cynisme. Par décret, il impose une mesure rejetée par les parlementaires lors du dernier débat sur le budget de la Sécurité sociale : le doublement des franchises médicales. Une décision qui s’inscrit dans une stratégie libérale de démantèlement progressif de notre système de protection sociale, hérité du programme du Conseil national de la Résistance et porté par Ambroise Croizat.

La Sécurité sociale, fierté française, se transforme peu à peu en une assurance au rabais pour les plus modestes, tandis que les plus aisés peuvent s’offrir des soins de qualité. En arrière-plan, le gouvernement agite l’épouvantail du « trou de la Sécu », un argument éculé pour justifier des économies toujours plus brutales. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les 2,15 milliards d’euros économisés grâce à cette mesure semblent dérisoires face aux 211 milliards accordés aux entreprises.

Le gouvernement ferme les yeux sur des recettes potentielles. Comme le souligne le PCF : « Plutôt que de ponctionner quelques dizaines d’euros supplémentaires sur les malades, faisons contribuer les milliards de revenus financiers qui échappent aujourd’hui aux cotisations sociales. » La santé n’est ni un luxe, ni une marchandise. C’est un droit. Pourtant, les coups bas se multiplient.

Une mesure injuste et contre-productive

En 2024, le gouvernement avait déjà doublé les franchises, passant de 0,50 à 1 euro par acte. Aujourd’hui, les montants unitaires restent fixes (2 euros par consultation, 1 euro par boîte de médicaments), mais le plafond annuel, jusqu’ici limité à 50 euros pour chaque poste, doublerait. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en mai, 48 millions d’assurés seraient concernés. Seuls les mineurs, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, de l’aide médicale d’État et les femmes enceintes en fin de grossesse y échapperaient.

Stéphanie Rist tente de minimiser l’impact : « C’est un petit effort extrêmement mesuré pour ceux qui achètent plus de cinquante boîtes de médicaments par an et qui vont plus de vingt-cinq fois chez le médecin. » Un raisonnement fallacieux. Car qui consomme autant de soins ? Principalement les personnes âgées et les malades chroniques, comme les patients en oncologie. C’est culpabilisant.

Les syndicats, déjà mobilisés en septembre 2025, dénoncent un « passage en force pendant l’été ». Cette mesure aggrave les inégalités d’accès aux soins. Pourtant, la France a fait le choix historique d’un système où chacun contribue selon ses moyens. Avec ces réformes, on se dirige droit vers un modèle assurantiel, à l’américaine ou à l’anglaise, où la santé devient un privilège.

Face à cette dérive, la résistance s’organise. Associations de patients, syndicats de médecins et partis politiques appellent à une mobilisation citoyenne. « La santé n’est pas une variable d’ajustement budgétaire », martèlent-ils. Il est temps de défendre ce droit fondamental avant qu’il ne soit trop tard.

Dominique Gerbault

81 ans après les tragédies atomiques de Hiroshima et Nagasaki. De la compassion à l’abolition, le Mouvement de la Paix en actions

À quelques mois de la 1ère conférence d’examen du Traité d ‘interdiction des armes nucléaires (TIAN)(1) qui verra la grande majorité des états se réunir à l’Onu à New-York, les pacifistes français et leurs homologues du monde entier rendent hommage aux victimes des bombardements atomiques et construisent les convergences humaines pour préserver les générations futures du fléau de la guerre et des armes nucléaires.

Il y a 81 ans les États-Unis larguaient les 2 premières bombes atomiques de l’histoire, mettant durablement l’humanité en danger. Les décennies qui ont suivi ont vu les vainqueurs de la 2nd Guerre mondiale leur emboiter le pas dans une course folle vers la mort et le néant. Cependant, la mise en œuvre progressive d’un droit international et les fortes mobilisations citoyennes internationales ont permis au fil des ans de réduire le nombre d’états voulant posséder l’arme nucléaire, d’éliminer 80 %(2) des têtes atomiques et d’obtenir de nombreux traités de réduction puis d’interdiction des armes atomiques.

Pourtant, les derniers 9 états à posséder l’arme atomique continuent de moderniser leurs arsenaux en contrevenant aux traités internationaux qu’ils ont pourtant signés. C’est le cas de la France qui aurait -au contraire- tout intérêt à prendre le leadership d’une politique d’élimination des armes nucléaires. Au moment où les réels défis de la sécurité humaine passent par des investissements massifs pour le climat, l’éducation et la santé, les choix politiques strictement militaires de la France sont à contre-courant d’une culture de la Paix, telle que promue par l’UNESCO et l’ONU.

Dans ce contexte, le Mouvement de la Paix sera une nouvelle fois présent à Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août pour rendre hommage aux victimes des bombardements, saluer le courage des Hibakushas et construire les mobilisations citoyennes à venir. Roland Nivet, porte-parole de l’association, et Pierre Villard, président honoraire, interviendront dans les différents moments dédiés à la mise en œuvre des mobilisations à venir pour parvenir à l’élimination définitive des armes atomiques.

Le Mouvement de la Paix proposera à ses homologues lors de la Conférence mondiale à Hiroshima d’organiser des évènements citoyens simultanés dans le monde entier le jour de l’ouverture de la 1ère conférence d’examen du TIAN, pour engager tous les gouvernements du monde. En France, une journée d’action est en préparation le 30 novembre devant toutes les préfectures pour demander que la France ne laisse pas sa chaise vide au TIAN. Dans la foulée, le Mouvement de la Paix prépare en janvier/février la 3ème étape de la Tournée française du Prix Nobel de la Paix 2024 attribué à Hidankyo, l’association des Hibakushas(3), avant une journée nationale de mobilisations en mars devant les lieux du crime où la France prépare la guerre atomique. Ainsi le Mouvement de la Paix entend peser dans les mois à venir, pendant la campagne des élections présidentielles en France, en interpellant l’opinion et les candidats sur les choix à effectuer pour que la France s’engage à son tour dans la voie inéluctable de l’élimination définitive des armes atomiques, option majoritairement soutenue par l’opinion publique française(4).

À Paris, le mercredi 5 août 2026
Le Mouvement de la Paix

(1) La première conférence d’examen du TIAN aura lieu à l’ONU du 30 novembre au 4 décembre 2026.
(2) De 75 000 au pire moment de la guerre froide le nombre de têtes nucléaires est aujourd’hui estimées à 12 000.
(3) Hibakushas : victimes survivantes des bombardements atomiques.
(4) Sondage IFOP de janvier 2026, commandé par le Mouvement de la Paix et publié par l’Humanité, La Marseillaise et Planète Paix.

Conférence mondiale contre la bombe A et H. Intervention de Pierre Vilard

Pierre VILLARD
Former national chair of Le Mouvement de la Paix
Chair of Provence’s coordination of French’ peace comities

Chers amis,

C’est avec un immense plaisir que je m’adresse une nouvelle fois à vous aujourd’hui à l’occasion de la Conférence mondiale contre les bombes A et H, organisée par Gensuikyo, C’est pour moi la 6ème fois que je suis à vos côtés pour commémorer les tragiques évènements de 1945. J’éprouve à chaque fois la même émotion, la même tristesse. J’ai des frissons. J’en veux à tous ces dirigeants qui ont osé utiliser l’arme atomique et à ceux qui continuer à justifier sa possession au nom de leurs intérêts vitaux.

Aujourd’hui, nous n’avons qu’un seul et même intérêt vital. Notre intérêt vital c’est l’élimination définitive des armes atomiques. Et nous savons que tous ensemble nous sommes une force extra-ordinaire.

Gensuikyo au Japon et Le Mouvement de la Paix en France sont deux organisations amies qui ont le même objectif : éliminer les armes nucléaires pour offrir aux générations futures l’assurance d’un monde apaisé, débarrassé de la menace atomique. Pour cela, nous devons faire de la Paix le moteur des transformations du monde. C’est possible avec la Culture de la Paix.

Je coordonne les activités des comités du Mouvement de la Paix dans le sud de la France et nous avons eu le plaisir d’accueillir cet automne une délégation de Gensuikyo et du Prix Nobel de la Paix Hidankyo.

Paul Valery, un grand écrivain français disait « la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ». Nous, les peuples japonais et français, nous voulons nous connaître pour ne pas accepter que nos gouvernements nous massacrent. C’est aussi valable pour tous les autres peuples du monde. Nous avons besoin de nous connaître pour ne pas avoir peur les uns des autres, et ne rien avoir à craindre les uns des autres.

La situation du monde est contrastée. A la fois de grandes inquiétudes, mais aussi de grandes opportunités. Le multilatéralisme est attaqué de toutes parts. L’organisation des nations unies est remise en cause par tous ceux qui veulent s’affranchir des règles internationales.

Mais nous avons obtenu l’interdiction des armes atomiques grâce à nos mobilisations. 65% des états du monde vivent dans des zones exemptes d’armes nucléaires. Un jour, il n’y aura plus d’armes nucléaires sur la planète.

En France, nous devons faire face à une vaste campagne de militarisation des esprits. Les budgets militaires sont à la hausse. L’idée d’une armée européenne refait surface. Les industries militaires augmentent leur production. Elles embauchent. Le gouvernement vient de réinstaurer un service militaire volontaire. Un deuxième porte-avion va être construit. Le complexe militaro-médiatico-industriel se porte bien.

La guerre n’est pas qu’une vue de l’esprit. Ce sont des vies meurtries, des vies fauchées. Des familles endeuillées. Des corps mutilés. L’angoisse permanente. Les peuples n’ont aucun intérêt à la guerre. Ce message, nous devons le faire passer ensemble. Pour cela, nous avons besoin de vous et vous avez besoin de nous.

Le Mouvement de la Paix a été très heureux de voir le Prix Nobel de la Paix attribué à Hidankyo, l’association des victimes et survivants des armes atomiques. Après Pugwash, IPPNW et ICAN, c’est une nouvelle fois aux citoyens engagés pour l’élimination des armes atomiques que le comité Nobel a décidé d’attribuer son illustre Prix.

Comme je vous l’ai dit, nous avons invité nos amis de Hidankyo et des représentants de Gensuikyo dans le Sud de la France pour une Tournée du Prix Nobel. Durant 10 jours ils ont sillonné 7 départements et ont visité 18 localités. Des grandes villes comme Marseille ou Montpellier mais aussi de villes plus petites dans nos campagnes françaises.

La délégation était composée de 7 personnes :

  • Mme Emiko Honma, membre du conseil exécutif de Hidankyo, quartier de Chugoku.
  • M Hideto Matsuura, membre du conseil d’administration d’Hidankyo, issu de l’arrondissement de Shikoku.
  • M Saburō Sugasawa, secrétaire général du Gensuikyo de la préfecture de Yamanashi.
  • Mme Masako Watanabe, secrétaire générale du Gensuikyo de la préfecture d’Akita
  • Yayoi Tsuchida, secrétaire générale adjointe de Gensuikyo, responsable du secteur international
  • Yuhi Shimada, membre du conseil exécutif de Gensuikyo, responsable du service jeunesse.
  • Fumiko Kataoka, responsable des interprètes de Gensuikyo

Nous avons constitué deux équipes qui ont réalisé un total de 40 rencontres. Chaque équipe a parcouru un millier de kilomètres, depuis la Méditerranée jusqu’aux Alpes ou aux Cévennes.

Avec eux, nous avons pu rencontrer près de 7 000 citoyens de France pour faire connaître les conséquences humaines et humanitaires des armes atomiques et soutenir le Traité d’interdiction des armes nucléaires.

Ils ont été accueillis dans des établissements scolaires. Le 21 novembre leur témoignage a été retransmis en visio-conférence dans près de 60 établissements scolaires, avec la participation du représentant du ministère de l’éducation nationale. 2000 élèves y ont assisté. Ce fut une grande première pour nous. Les élèves français ont appris des chants japonais, réalisé des chorégraphies.

Plusieurs opérations de pliages de grues ont permis de partager l’histoire de Sadako et la légende des 1000 grues. Des musiciens ont apporté leur soutien artistique.

Leur périple a permis de rencontrer de nombreux élus français, dont certaines localités membres de Mayors for Peace. Cela a renforcé la campagne de nos comités pour le soutien des villes au Traité d’interdiction des armes nucléaires. Après leur passage, plusieurs maires ont décidé de rejoindre l’appel des villes pour le TIAN.

Les témoignages de Mme Emiko Honma et de M Hideto Matsuura ont permis de faire connaître la réalité des souffrances des victimes et les angoisses des hibakusha de seconde ou troisième génération. Ils sont devenus de véritables stars des cours de récréations. De nombreuses personnes se sont rendues compte qu’elles ne connaissaient finalement pas grand-chose des armes atomiques.

La presse locale a donné un écho important à cette tournée. Nous avons plusieurs dizaines d’articles de presse qui relate cette tournée.

Au-delà du témoignage de Hidankyo, la participation de Gensuikyo a permis de faire connaître vos mobilisations pour l’engagement du Japon en faveur du TIAN. Nous avons mieux compris la politique actuelle du Japon et les volontés de militarisation. Il est difficilement compréhensible que votre pays soit prêt à disposer de la bombe atomique. Vraiment votre gouvernement n’a rien retenu des souffrances des Hibakusha.

La participation de Gensuikyo à la tournée française vous aura permis d’aller à la rencontre du peuple français. Sans doute nos amis ont mieux mesuré la difficulté d’agir pour la Paix dans un pays doté de l’arme atomique. C’est pourquoi vos témoignages ont été si essentiels pour nous.

Nous voulons que la France soit le premier pays doté à s’engager dans le TIAN. C’est pourquoi nous avons besoin de vous pour réaliser cet objectif.

Nous allons continuer à venir régulièrement à Hiroshima et Nagasaki avec de jeunes français. Nous vous attendons en France début 2027 pour une nouvelle tournée de Hidankyo et Gensuikyo.

Vive la coopération des pacifistes japonais et français.
Vive la solidarité internationale des peuples pour la paix, l’abolition des armes nucléaires et l’abolition de la guerre.

Hiroshima le 5 août 2026

Cabestany. Antenne SFR : des photos contestées relancent la mobilisation (L’Indep)

Le collectif d’habitants opposé à l’implantation de l’antenne-relais SFR-Bouygues, érigée sur le site de l’entreprise Chausson, a organise vendredi matin une manifestation a proximité du pylône.

Une cinquantaine de riverains se sont réunis, sous la surveillance de la gendarmerie, pour distribuer des tracts aux automobilistes et dénoncer un projet qu’ils jugent trop proche des habitations. Une pétition en ligne avait déjà recueilli 266 signatures.

Mais au-delà de cette mobilisation, c’est un courrier adressé le 6 août par la maire de Cabestany, Édith Pugnet, aux opérateurs SFR et Bouygues Telecom qui pourrait relancer le dossier. L’élue y demande l’arrêt immédiat des travaux, estimant que plusieurs éléments remettent en cause la régularité de la procédure d’affichage préalable.

Au cœur de ses observations figurent les photographies produites pour attester de la présence du panneau réglementaire entre janvier et mars 2026. Selon la maire, plusieurs indices laissent penser que deux clichés, pourtant datés de deux mois d’écart, auraient en réalité été pris le même jour. Elle relève notamment la présence de la même voiture passant sur la route, d’un sol humide alors que les relevés météorologiques font état d’un temps sec, d’un même conteneur, d’un arbre toujours dépourvu de feuilles et d’éléments de décor identiques. Des constatations qu’elle indique avoir croisées avec des images de Google Street View, où l’environnement apparait pourtant différent à cette période.

« Outre ces éléments, il est attesté que l’affiche informant du projet n’a pas été apposée sur la parcelle où l’antenne a été érigée », écrit la maire.

Selon elle, le panneau aurait été installé sur une parcelle voisine correspondant au bâtiment de l’entreprise Chausson, et non sur celle accueillant le pylône. « Cette localisation erronée prête à confusion et n’a pas été de nature à informer clairement les riverains. C’est un manque de sérieux, d’information et de clarté ». Elle ajoute que les services municipaux n’ont constaté aucun panneau réglementaire depuis le début du chantier, contrairement aux dispositions du Code de l’urbanisme.

Pour Cyrille Bernardin, chef de cabinet de la mairie, « il y a plusieurs vices de procédure. Les opérateurs doivent suspendre le chantier et ouvrir des discussions avec la mairie et les habitants. Il existe des solutions alternatives, notamment la mutualisation avec des antennes déjà en service ».

« Aller jusqu’au bout »

« Nous irons jusqu’au bout, assure une riveraine. Il y avait d’autres emplacements possibles. Nous demandons simplement que ce projet soit revu ».

Présent à la manifestation, le conseiller départemental Rémi Lacapère estime lui aussi qu’« il aurait été logique de privilégier la mutualisation plutôt que d’implanter un nouveau pylône à proximité immédiate des habitations. La question principale, c’est le fait accompli de cette installation ».

En attendant une réponse des opérateurs sollicités mais qui se laissent du temps pour répondre, le collectif entend poursuivre sa mobilisation, tandis que la municipalité espère que les irrégularités qu’elle estime avoir relevées permettront de rouvrir le dialogue sur une implantation alternative.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 8 août 2026)

Frédéric Mazer. « Déclarer l’alimentation d’utilité publique » (La Marseillaise)

Éleveur en Sud Cévennes, Frédéric Mazer est co-président national du Modef. Il réclame au gouvernement une loi sécheresse et canicule puis un changement radical de modèle agricole.

La Marseillaise : Vous dites que l’agriculture est en train de mourir. Qu’est ce qui vous rend si alarmiste ?

Frédéric Mazer : Ce n’est pas toute l’agriculture qui est en train de mourir, c’est l’agriculture familiale que nous défendons au Modef. C’est programmé mais on a l’impression que quelque chose se passe. Il y a une attaque franche qui est portée, surtout contre l’élevage familial. On veut alerter les citoyens là-dessus. Les politiques passent à côté de l’épisode de sécheresse parce que les bonnes mesures sous-entendent une rupture avec les choix économiques actuels. Il faut déclarer l’agriculture et l’alimentation d’utilité publique et arrêter avec le libre-échange. Si on rend les choses obligatoires, il ne sera plus question d’économie de marché. Une majorité d’agriculteurs sont pour cela mais se heurtent à une espèce d’épouvantail de l’agriculture administrée. Or, on vit déjà dans une agriculture administrée, notamment l’élevage français. Le premier budget de l’Europe c’est la PAC [Politique agricole commune, Ndlr.]. Le problème c’est que la PAC c’est la course à l’hectare, à l’agrandissement pour obtenir davantage d’aides. Ce n’est pas une politique d’aménagement du territoire. La trajectoire actuelle c’est 50 000 paysans en moins. Pourtant, il serait possible dès 2030 de revenir à un million de paysans en France comme au début des années 90 (contre 430 000 aujourd’hui).

La Marseillaise : Quels sont les secteurs agricoles les plus touchés par la sécheresse et la canicule ?

Frédéric Mazer : Aucun secteur agricole n’est épargné ! Quand vous bousculez ainsi la nature… Tous les secteurs sont touchés. Pour la vigne, s’il ne pleut pas d’ici les vendanges, ça va être une catastrophe. Il n’y aura pas de rendement et la qualité ne sera pas au rendez-vous parce que les raisins sont secs. Le muscat a commencé à être vendangé le 24 juillet, c’est historique. Certains ne vendangent pas mûr, de peur de tout perdre. Dans l’élevage tout le monde a entamé les réserves de l’hiver car il n’y a plus rien dehors. Côté maraîchage, il faut savoir qu’au-delà de 36 degrés une plante ne fait plus de photosynthèse, elle se met au repos. Plus grand-chose ne se passe, on va devoir importer à tour de bras. Pour le lait, on arrive à s’en sortir grâce aux bâtiments. Mais les services d’équarrissage sont submergés avec le taux de mortalité des poulets et des porcs. Les paysans ont même été autorisés à enterrer chez eux les cadavres des bêtes. Enfin, les apiculteurs s’en sont à peu près bien sortis sur les premières récoltes. Mais après mi-juillet, les abeilles ne pouvaient plus sortir, il faisait trop chaud. Elles ont attaqué les réserves de miel.

La Marseillaise : Comment les agriculteurs peuvent-ils s’adapter en attendant que le gouvernement ne réagisse ?

Frédéric Mazer : Il n’y a pas grand-chose à faire à part mettre les bêtes à l’ombre, les nourrir dans les bâtiments. L’irrigation, ça sert jusqu’à un certain point mais arrive un moment où les plantes crèvent quand même. La seule chose à faire c’est prendre des mesures pour diminuer nos gaz à effets de serre et limiter le réchauffement climatique. On n’est qu’au début, il faut inciter les responsables politiques à prendre des résolutions.

La Marseillaise : En quoi consisterait la loi canicule que vous souhaitez ? Qu’est-ce qu’un « véritable régime public et de prévention face aux aléas climatiques » que propose le député PCF Julien Brugerolles ?

Frédéric Mazer : Déjà partons d’où on est. Le système assurantiel actuel est mixé public/privé. Si un agriculteur accuse moins de 30 % de pertes, le privé prend en charge mais si vous n’avez pas d’assurance, vous ne touchez rien. Entre 30 et 50 % de pertes, il y a un partage entre privé et un fonds européen. Au-delà, c’est la solidarité nationale qui prend en charge les pertes supérieures à 50 %. L’assurance multirisques privée est prise en charge par la PAC à hauteur de 70 %. Au Modef, on dit que ce n’est pas possible ainsi. Certains agriculteurs sont tellement en difficulté qu’ils ont arrêté de prendre une assurance privée. Pour eux, c’est donc la double peine : perte de récolte et pas de compensation. On propose une prise en charge des calamités agricoles via le fonds européen et un fonds national français de 2 milliards d’euros, abondé par une taxe sur les émetteurs de gaz à effets de serre. Il faut que les pollueurs payent. Sinon Total Energies et les autres ne comprendront jamais. À court terme, il faut aider les éleveurs à acheter du fourrage, sans quoi ils vont vendre des bêtes. Avec les vautours qui rôdent, cela crée déjà une chute des cours de la viande. La proposition de loi de Julien Brugerolles, avec qui on a discuté en juin, reprend plusieurs de nos propositions.

La Marseillaise : La récente loi votée à la demande des principaux syndicats ne va pas dans le sens d’une agriculture familiale ni du revenu des agriculteurs…

Frédéric Mazer : Cette loi est une catastrophe. Elle ne correspond qu’aux demandes des centrales de la FNSEA : les grands céréaliers, laitiers, producteurs industriels de porcs, volailles. Ce sont eux qui ont réclamé qu’on augmente les plafonds des ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) pour que les grandes exploitations puissent s’agrandir encore. La presse a beaucoup repris la réintroduction d’insecticides comme l’acétamipride, qui fait courir un risque aux abeilles notamment. Mais il y a dans cette loi des choses beaucoup plus graves sur l’agro-industrie.
Le stockage de l’eau ? En soi, on est pour. En Cévennes, les anciens ont toujours fait des retenues d’eau l’hiver. Mais l’eau qui court, pas celle qui va dans la terre ! Les dossiers retoqués sont ceux de bassines qui concernent des pompages dans une nappe phréatique. Il n’en est pas question. On peut irriguer jusqu’à 35-40 degrés. Mais avec le réchauffement climatique, quoi qu’il en soit, ça ne suffira pas. Il faut s’adapter et arrêter de faire croire qu’on peut faire comme avant.

La Marseillaise : Les syndicats dominants ne sont-ils pas un frein au changement de modèle que vous espérez ?

Frédéric Mazer : Bien sûr qu’ils sont un obstacle. À la différence de la Coordination rurale qui, comme l’extrême droite, n’a pas d’idée pour l’agriculture, la FNSEA veut qu’on fonce dans ce qu’on sait faire industriellement. Et tant pis si le reste doit disparaître. C’est une ligne hyperlibérale avec les sous de l’Europe. Mais c’est plus compliqué. Les agriculteurs ont toujours été conservateurs. Une immense majorité a toujours été de droite. On assiste à une polarisation entre ceux qui ont compris ce qu’il se passe et ceux qui le constatent mais ne veulent rien changer. On oppose souvent le rural au citadin, l’écolo à l’agriculteur car la survie politique du système en dépend. Il faut être plus pédagogue, plus pragmatique. Sur le terrain c’est le cas. Nos débats à la Chambre d’agriculture du Gard sont concrets par rapport aux discours nationaux. On trouve ensemble des solutions pour rentrer le raisin, protéger les bêtes. Pourquoi ça coince ? Il y a aussi une dimension de confort. La mécanisation a diminué la pénibilité. La remise en question de notre modèle en raison du réchauffement climatique est vécue comme un déclassement social.

Entretien réalisé par Rémy Cougnenc (La Marseillaise, le 7 août 2026)

Valmanya. « Notre commune nous enseigne la vigilance et la solidarité » (L’Indep)

La commémoration de l’incendie de la commune en août 1944 par les Nazis, a réuni la population et de nombreuses personnalités.

11 h : les drapeaux des associations patriotiques et d’Anciens combattants se sont alignés. Le cortège s’avançait solennellement, le maire de Valmanya Serge Boyer et le préfet des Pyrénées-Orientales Pierre Regnault de la Mothe ouvraient la marche, suivis des autorités civiles et militaires, les officiels, élus de la Région, du Département, des communes, des représentants des associations suivis de la population nombreuse et recueillie. L’assemblée s’est réunie alors face à la crypte du souvenir; résonnaient alors La sonnerie aux morts, Le chant des partisans puis le dépôt des gerbes lors d’un hommage aux victimes de la barbarie perpétuée par l’armée allemande nazie des 1° et 2 août 1944. Tous se dirigeaient ensuite vers le monument aux Morts avec une Marseillaise patriotique et le salut aux drapeaux.

Sur la place du village, le premier magistrat Serge Boyer, J. Castillo, représentant de l’Anacr (Association nationale des Anciens combattants de la résistance) et Pierre Regnault de la Mothe sont montés à leur tour au pupitre pour trois allocutions mais un même élan. Pour le maire de Valmanya, « face aux conflits armés qui menacent de destruction planétaire, notre commune nous enseigne la vigilance et la solidarité ».

Le représentant de l’Anacr, quant à lui, évoquant le passage du pacifisme convaincu à la nécessité du combat contre le fascisme, le nazisme et leur totalitarisme, exhorte à « perpétuer les vraies valeurs humanistes de la résistance ». En conclusion, le préfet invitait la population à « ne pas laisser se reproduire un autre Valmanya |…). Notre démocratie est précieuse et fragile, c’est un engagement et un combat permanent. C’est pour elle qu’est tombé, tout près de nous, le capitaine Panchot, les armes à la main, il y a 82 ans, et c’est pour elle que nous devons prolonger ce combat aujourd’hui et demain pour que jamais plus ne se reproduisent les horreurs du passé ».

À l’issue des discours, le public a été invité à contempler les œuvres des enfants et des jeunes de la Ligue de l’enseignement venus en séjour à Valmanya comprendre l’histoire et les valeurs de la Résistance « leurs poésies et leurs travaux enrichissent chaque année notre décor » et notre espoir.

B. L. (L’Indépendant, le 7 août 2026)

Des oliviers pour la paix en Palestine (L’Indep)

À Perpignan, les militants communistes espèrent collecter 20 000 € (10 € par arbre), soit 2 000 oliviers replantés en terre cisjordanienne.

En avril 2025, la campagne nationale du Parti communiste français « Un million d’oliviers collectés pour la paix en Palestine » avait déjà permis de collecter 52 000 euros et d’aider 366 familles d’agriculteurs de Ramallah, Hébron, Jérusalem… En ce début août 2026, l’opération vient d’être relancée. Pour leur part les militants communistes catalans réaffirment aux côtés de leurs camarades leur soutien au peuple palestinien et aux habitants de la Cisjordanie occupée, « où une véritable guerre génocidaire s’est durablement mise en place », assènent-ils.

« Nous nous adressons à la population des Pyrénées-Orientales pour un geste de solidarité concrète à destination d’une aide matérielle aux agriculteurs palestiniens dont les oliveraies sont systématiquement et régulièrement détruites, mettant de ce fait à l’arrêt toute leur production d’huile d’olive », témoigne Marie-Christine Jimenez, membre du PCF 66, rentrée le 23 juillet dernier d’un « éprouvant et bouleversant » séjour de 10 jours dans les territoires occupés.

« Via cette nouvelle campagne solidaire nous espérons récolter dans les Pyrénées-Orientales a minima 20 000 euros » enchaîne Patrick Maugirard, un autre militant perpignanais. « À raison de 10 euros par arbre, c’est la garantie d’avoir 2 000 oliviers de plus enracinés en terre de Palestine ».

Le mot de la fin revient à Marie-Christine Jimenez : « Chaque olivier replanté est un acte de résistance. Mais c’est aussi un moyen de protéger la terre contre sa confiscation et sa destruction ».

Valérie Pons (L’Indépendant, le 7 août 2026)