L’actu de la CGT (n° du 16 octobre 2026)

Il est urgent de répondre aux revendications de celles et ceux qui sont l’avenir du pays
17/10 et 05/11 : toutes et tous ensemble
Après plus d’un million de manifestant·es mobilisé·es les 6, 8 et 13 octobre, la CGT réaffirme son soutien aux luttes des lycéen·nes et étudiant·es et aux mobilisations du 17 octobre pour les salaires, les pensions, le pouvoir d’achat et les services publics.
Elle appelle à amplifier la mobilisation en préparant, dans les entreprises et les services, la grande journée unitaire et interprofessionnelle de grève et de manifestations du 5 novembre, autour des revendications des travailleur·ses.
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Le 5 novembre, grandes grèves intersyndicales dans tout le pays !
Avec les budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027, le Gouvernement veut encore faire payer les salarié·es, les retraité·es, et les malades, plutôt que les grandes entreprises et les ultra-riches.
Le 5 novembre, grandes grèves intersyndicales dans tout le pays !
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Contre une nouvelle loi européenne antisociale, rendez-vous à Strasbourg le 20 octobre !
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Actualités

« Les jeunes sont ce que nous avons de plus précieux »
Il faut arrêter d’envoyer des CRS sur des mineurs qui se mobilisent. 7 000 jeunes ont été interpellés un peu partout en France entre le 17 septembre et le 11 octobre. C’est du jamais-vu, c’est gravissime. Sophie Binet était face à Roland Lescure, ministre de l’Économie dans l’émission Franc-jeu sur France inter / FranceTV.
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Visuels et pancartes
Visuels et pancartes « Tout augmente, sauf mon salaire »
En préparation de la grève et des manifestations du 5 novembre 2026, une série de visuels réseaux sociaux et de pancartes à imprimer pour les cortèges.
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Communiqués de presse

Agirc-Arrco: le patronat provoque l’affrontement avec les retraité·es
Ce mercredi 14 octobre, se tenait le conseil d’administration de l’Agirc Arrco qui verse les retraites complémentaires des travailleuses et travailleurs ayant tout ou partie de leur carrière dans le secteur privé. Ce sont près de 14 millions de personnes déjà pensionnées, tandis que la majorité du monde du travail est concernée, avec de plus en plus de carrières hybrides public privé. La complémentaire peut représenter entre 20 et 70% du montant de la retraite totale.
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Victoire d’étape pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants : la loi intégrale à l’Assemblée Nationale est adoptée
La CGT salue l’adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Cette première étape est le résultat de longues années de mobilisation du mouvement féministe, auquel la CGT prend toute sa part.
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Élections fonction publique du 3 au 10 décembre
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Les élections fonction publique auront lieu du 3 au 10 décembre 2026.
La CGT a mis en place un site pour accéder à l’ensemble des informations sur la campagne et à vos droits.
Élections fonction publique : accéder au site Je vote CGT
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Des lycéens aux « gilets jaunes », va-t-on assister à une convergence des luttes ? (L’Indep)

Analyse avec la politiste Emmanuelle Reungoat, maitresse de conférences a Université de Montpellier, co-réalisatrice du film Des goûts de lutte.

Des lycéens et étudiants souhaitent se mobiliser samedi, le jour de l’appel à la résurgence des « gilets jaunes », peut-il y avoir une agrégation des colères ?

C’est une vraie question, mais on voit que le mouvement des « gilets jaunes » est devenu, dans l’espace des luttes sociales, une référence à laquelle on va revenir, ou dont on va endosser la légitimité. Ça donne à voir la marque mémorielle que le mouvement a laissée, comme une des luttes sans doute les plus importantes de ces dernières décennies. C’est lié au fait qu’elle proposait une forme de protestation très frontalement confrontationnelle. Il y a là un effet du mouvement des « gilets jaunes » sur la manière d’envisager la protestation et c’est peut-être aussi un appel symbolique. Il sera intéressant de voir qui sera là le 17 octobre.

Le mouvement des « gilets jaunes » peut-il renaître ?

Il a déjà eu lieu, il ne se reproduira pas de la même manière. Certains se sont politisés ou ont continué à se mobiliser, parfois sur les ronds-points, souvent plutôt en soutien à d’autres causes ou dans des collectifs, des jardins partagés, des pratiques de maraudes, de solidarité. D’autres ont rangé le gilet et sont rentrés chez eux. C’est un mouvement très hétérogène, les trajectoires le sont aussi. Il a duré très longtemps, mais il a rencontré des conflits internes, il a subi une forte répression, c’est aussi pour cela qu’il ne reviendra pas sous la même forme. Des « gilets jaunes » peuvent se remobiliser, mais ce sera un autre mouvement.

« Bloquons tout » avait fait long feu, il y a un an…

Tout à fait, tous les ans, j’ai des échanges avec des journalistes qui me demandent si le mouvement des « gilets jaunes » va revenir, souvent à l’automne, parce que le pouvoir d’achat est toujours faible, le prix de l’essence très fort, ce ne sont jamais les raisons qui manquent, on est dans des sociétés très inégalitaires, mais ça ne fait pas forcément une mobilisation. Avec « Bloquons tout », il y avait les mêmes enjeux. Le mouvement lycéen, ce n’est pas tout à fait la même sociologie, pas les mêmes profils, pas tout à fait les mêmes revendications, c’est aussi un mouvement qui est un peu plus homogène idéologiquement.

Mais il y a parfois des désectorisations.

Oui, c’est ce qui peut contribuer à ce qu’un mouvement devienne très important, l’idée que des gens issus de milieux très différents vont se mobiliser ensemble ou côte à côte. En 1968, il ya eu d’abord les étudiants, plutôt de la classe moyenne, puis une énorme mobilisation ouvrière. C’est l’enjeu souvent de la convergence des luttes, que les gens puissent se retrouver sur des modes d’action qui sont les mêmes, avec des intérêts au moins compatibles. Est-ce que cela aura lieu ? Je n’en sais rien. Mais le mouvement des lycéens rejoint une partie des revendications portées par d’autres secteurs sociaux, notamment la demande de l’intervention de l’État, de plus de budget, du maintien des services publics et de la réduction des inégalités. Il y a aussi un ancrage dans des va-leurs, des discours de l’univers de la gauche, avec un positionnement antifasciste.

Le mouvement lycéen a été émaillé de violences, d’accusations d’un recours à la force disproportionné pour le maintien de l’ordre, sont-elles équivalentes ce qu’on a pu connaître lors de la crise des « gilets jaunes » ?

On peut l’inscrire dans une forme de continuité. On note une évolution, sur les dernières décennies, vers des formes de brutalisation du maintien de l’ordre. Cela s’applique d’abord aux émeutes de banlieue en 2005, puis lors des manifestations contre la loi travail à partir de 2016. C’est un choix politique et c’est lié aussi aux réformes, à l’organisation de la police, dans les années 2000, il y a des restrictions budgétaires, la mise en place de la politique du chiffre, une diminution de moyens, on n’a pas assez d’effectifs, donc on va avoir recours à des unités qui ne sont pas formées au maintien de l’ordre. La doctrine traditionnelle, c’était de maintenir à distance, alors que la Bac, sa mission, c’est de faire du « saute dessus » et des interpellations. Il y a aussi l’usage d’armes qui produisent des mutilations, c’est lié à des choix répressifs, avec une culture gouvernementale qui est d’illégitimer les mouvements sociaux et focaliser l’attention médiatique sur les violences manifestantes, plutôt que sur les revendications, ça c’est très classique. Le Monde a comparé le nombre de gardes à vue (7950 au 13 octobre, NDLR), sur une durée à peu près similaire, il y en a eu davantage dans le mouvement des lycéens que pour les « gilets jaunes ». Il y a aussi un usage de l’appareil judiciaire, on l’a vu avec les « gilets jaunes », il y a eu beaucoup de comparutions immédiates.

Les mouvements qui surgissent ainsi en dehors du cadre syndical sont-ils, dans le même temps, devenus plus violents ?

La domination du champ de la protestation par le mouvement syndical a été très importante jusqu’à la première moitié du XXe siècle. Dans les années 60, les mouvements féministes, environnementaux sortent du cadre syndical, puis les altermondialistes à la fin des années 90, début des années 2000. Ensuite, tous les mouvements post-2008 qui suivent la crise économique et sont plutôt, en Europe et aux Etats-Unis, des mobilisations citoyennes d’occupation de l’espace public (Occupy, les Indignés, Nuit debout, « gilets jaunes »). Ce sont des mouvements effectivement difficiles à gérer parce qu’ils sont très horizontaux. Ils gagnent souvent en violence, en radicalité, en interaction avec l’attitude des gouvernements. Or il y a une doctrine qui a été suivie par pas mal de gouvernements ces dernières années, qui est plutôt de ne pas donner satisfaction aux revendications, ça contribue à ringardiser la manif. C’était l’objectif, que les gens se disent que manifester, ça ne sert à rien, mais ça produit aussi des recours à la désobéissance civile ou à la violence. Le mouvement des « gilets jaunes », sil fait référence, c’est aussi parce que les gens ont l’impression qu’il a obtenu des choses. Le gouvernement, pour le mouvement lycéen, a mis du temps à répondre aux revendications. En général, soit ça essouffle le mouvement, soit ça produit une montée en radicalité ou une expansion.

Recueilli par Manuel Cudel (L’Indépendant, le 16 octobre 2026)

Les menaces sur le site ferroviaire de Cerbère et ses 37 emplois se précisent, les syndicats ne lâchent pas l’affaire (L’Indep)

Les syndicats français et espagnols se sont réunis ce jeudi 15 octobre à Cerbère pour réclamer le maintien du site de fret ferroviaire frontalier. L’actuel gestionnaire du chantier envisage de licencier ses 37 salariés locaux dans le cadre d’un plan social qui vient d’être signé, mais que la direction du travail doit encore valider.

La menace se précise. Selon les délégués syndicaux de DB Cargo Iberia Axle Change, ce mardi 13 octobre 2026, les négociations autour du plan social que l’entreprise a lancé sur son site ferroviaire de Cerbère ont abouti à une signature. Il appartient désormais à la direction du travail de valider ou non le projet. Celui-ci prévoit le licenciement des 37 salariés qui procèdent au changement d’essieux des trains de marchandises transitant entre la France et l’Espagne. Une opération rendue obligatoire par la différence d’espacement des rails entre les réseaux des deux pays.

C’est dans ce contexte que le Conseil syndical transfrontalier (Csir) Pyrénées-Méditerranée, qui regroupe huit syndicats français et espagnols, a organisé ce jeudi 15 octobre à Cerbère un rassemblement de soutien suivi d’une réunion destinée à présenter les enjeux du dossier. Alors qu’en parallèle, cinq entreprises auraient répondu à l’appel à manifestation d’intérêt que la SNCF a lancé pour tenter de trouver un repreneur à l’espace industriel. Nul ne peut cependant dire pour l’instant si ces sociétés iront jusqu’au bout, ni en quoi consiste exactement leur projet.

« Bien que DB Cargo Iberia, à qui appartient le site de Transfesa, soit une entreprise de droit privé, on considère qu’elle assure un service public », souligne le responsable transports du Csir, Pierre Place, de la CGT. « Si la fermeture du site était actée, ce serait inacceptable. L’Espagne a annoncé au mois d’août à la Commission européenne qu’elle garderait 70 % de son réseau à l’écartement ibérique. La seule solution, c’est de passer par les équipements de Transfesa. Par ailleurs, le système de levage peut également servir à faire de la maintenance. »

À l’instar de Pierre Place, Jean-François Virama et Pierre Grousset, de l’Unsa, craignent l’impact de la fermeture du site ferroviaire sur l’autoroute A9/AP7 et le village de Cerbère. « Il y a déjà 14 000 camions par jour qui passent au Perthus. Au-delà de l’aspect humain, si le fret s’arrête sur cette ligne, l’autoroute va être saturée, alertent-ils. Et derrière les emplois supprimés, il y a des familles. La fermeture de Transfesa impacterait l’école, la vie sociale et les commerces de Cerbère. »

De leur côté, les délégués syndicaux de DB Cargo Iberia Axle Change, Antoine Calero (FO), et Sébastien Auzou (CFTC), font grise mine. « Ici, c’est un cimetière de wagons, déplorent-ils. Le site devrait fermer entre le 31 octobre et le 31 décembre. Tout le monde va être licencié. Le trafic a d’ores et déjà été détourné sur Hendaye. Nous sommes en train de dépolluer le site. »

Concernant l’appel à manifestation d’intérêt, les syndicalistes soulignent que « même si une société était retenue, elle ne serait pas obligée de reprendre le personnel ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 16 octobre 2026)

Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 15 octobre 2026)

« Aucune grenade assourdissante ne pourra étouffer le tumulte d’une jeunesse privée d’espérance »
Question d’actualité au Gouvernement
Le sang des guerres, la sueur des canicules et les larmes de Parcoursup, voilà l’avenir destiné à notre jeunesse.
Aucune violence n’est acceptable, d’où qu’elle vienne. Mais aucune grenade assourdissante ne pourra étouffer le tumulte d’une jeunesse privée d’espérance.
Ces lycéens, que l’on (…)
—> Lire l’intervention de Pierre Ouzoulias

« Nous, sénatrices et sénateurs du groupe CRCE-K… »
Élections sénatoriales : Déclaration politique des groupes 2026-2029
Depuis des décennies, la France traverse une crise économique, sociale, écologique et démocratique profonde qui ne cesse de s’aggraver.
Aux promesses non tenues et aux espoirs déçus se sont en effet succédés ces dernières années des choix politiques néfastes et agressifs, contraires aux (…)
—> Lire l’intervention

Face à l’extrême droite, nous appelons les sénatrices et les sénateurs à ne rien céder
Communiqué de presse des 3 groupes de gauche au Sénat
Les trois groupes de gauche et écologiste au Sénat appellent à combattre le nouveau groupe d’extrême droite désormais constitué « sur le fond comme sur la forme, dans le débat d’idées comme dans l’organisation de nos travaux ».
—> Lire l’intervention

Finances des communes rurales : desserrer l’étau !
Proposition de loi créant une dérogation à la participation minimale pour la maîtrise d’ouvrage pour les communes rurales
Voilà deux ans et demi, en première lecture, nous alertions sur la dégradation des finances publiques locales et la situation des communes.
Peu de temps auparavant, le groupe CRCE-K demandait une exonération totale de participation financière pour les communes rurales désireuses de rénover (…)
—> Lire l’intervention de Marie-Claude Varaillas

Prescription pénale : attention aux réponses législatives de circonstance
Proposition de loi réformant la prescription de l’action publique en matière criminelle et actualisant la notion d’obstacle insurmontable
Ce texte réforme l’action publique en matière criminelle en actualisant la notion d’obstacle insurmontable.
Le revirement du rapporteur pour sauver ce texte montre combien la version initiale n’était pas juridiquement cohérente. Elle aurait conduit à créer une imprescriptibilité de fait en (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Radio : la transition numérique ne doit laisser personne sur le bord de la route
Proposition de loi relative à la modernisation de la radio
À l’heure où l’information circule de plus en plus par les plateformes numériques, où les algorithmes déterminent ce que nous voyons ou entendons, ne sous-estimons pas l’importance de la radio, média gratuit, accessible à toutes et tous. Elle accompagne près de 40 millions d’auditeurs en France. (…)
—> Lire l’intervention de Jérémy Bacchi

Médecine nucléaire : l’espoir thérapeutique ne doit pas être un privilège
Proposition de loi visant à accélérer le développement de la médecine nucléaire thérapeutique en oncologie
Selon Santé publique France, le nombre de nouveaux cas de cancer a doublé entre 1990 et 2024. Nos pensées vont aux personnes touchées. Nous avons toutes et tous dans notre entourage un frère ou une soeur, un ami ou un parent concerné.
La RIV fait ses preuves depuis plusieurs années. C’est une (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Pourceau-Poly

Pénuries de médicaments : moins de contraintes pour l’industrie, moins de garanties pour les patients
Proposition de loi révisant le dispositif des stocks de sécurité des médicaments
Dans le texte initial, la dérogation était prévue sur simple notification, sans justification ; la commission a encadré le dispositif, mais nous ne pouvons nous en satisfaire.
Les ruptures d’approvisionnement entraînent des pertes de chances pour les patients. Ainsi de la nitrendipine, (…)
—> Lire l’intervention de Céline Brulin

De la désindustrialisation à l’extrême droite : l’Europe doit changer de cap
Débat préalable au Conseil européen des 15 et 16 octobre 2026
Le 6 septembre dernier, l’AfD a obtenu 44 % des voix dans le Landtag de Saxe-Anhalt. Ce parti occupe la première place des intentions de vote pour les élections fédérales, très loin devant les partis traditionnels.
Cela doit nous alerter, tant son programme politique radical est antithétique (…)
—> Lire l’intervention de Pierre Ouzoulias

Pas de raccourci numérique face au manque de moyens humains
Proposition de loi visant à dématérialiser l’état civil des bénéficiaires de la protection internationale
Obtenir un acte de naissance, de mariage ou autre, n’est jamais une simple formalité administrative. Pour ceux qui ont dû fuir leur pays, ces documents sont indispensables ; ils constituent une première étape pour retrouver la stabilité.
Or leur délai de reconstitution par l’Ofpra peut (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

Les autres interventions

Les questions écrites :
Il faut confirmer la légitimité des organisations historiques validées par l’État
Institutions, élus et collectivités – Application restrictive de la réforme de la fiscalité énergétique du 1e janvier 2023 – par Marianne Margaté – 14 oct. 2026

Les questions écrites :
Remédier aux dérives documentées du système d’alternance
Éducation et recherche – Difficultés croissantes des jeunes à trouver une alternance – par Marianne Margaté – 14 oct. 2026

Les questions écrites :
L’humanité a besoin de transformer les épées en charrues pas de transformer les trains en chars
Industrie – Cession par Alstom de son site de Kassel (Allemagne) – par Marianne Margaté – 9 oct. 2026

Les questions écrites :
Contrecarrer une censure économique de fait
Culture et médias – Conditions d’envoi de publications de presse vers les États-Unis – par Marianne Margaté – 9 oct. 2026

L’édito du Travailleur Catalan par René Granmont. La lutte continue…

Avec près de 480 000 manifestants mardi 13 octobre, l’essoufflement du mouvement des lycéens et des étudiants attendu par Matignon n’a pas eu lieu. Ils continuent de demander des heures de cours, de meilleures conditions de travail, des locaux dignes de la sixième puissance mondiale, la fin de Parcoursup, ce système de sélection opaque transformé en loterie anxiogène.

À l’aide d’une répression policière d’un niveau rarement atteint contre des jeunes, à coups de matraquages médiatiques, à coups de fausses concertations et de promesses plus vides les unes que les autres, le gouvernement aura tout tenté pour étouffer ce mouvement qui combat les inégalités, le dynamitage des contenus et l’idéologie néolibérale du « marché scolaire ». Mais, son coup a manqué : les enseignants qui retrouvent dans les demandes lycéennes leurs propres revendications, les parents qui veulent protéger leurs enfants, les syndicats qui combattent la même politique austéritaire sont descendus dans la rue aux côtés d’une jeunesse qui ne s’en laisse plus compter. Car les jeunes ne sont pas les seules victimes de la politique mise en œuvre par les gouvernements depuis des années. De toutes parts résonne le fracas d’une société qui craque : pompiers désarmés devant les flammes, soignants débordés dans des urgences saturées, collectivités locales mises à la diète, recherche scientifique asphyxiée, transition environnementale sacrifiées. Nos infrastructures cèdent : établissements scolaires délabrés, routes dégradées, rail accumulant les retards, justice exsangue… La pauvreté ne cesse de s’accroitre : salaires de misère, loyers inabordables, hausse de l’énergie et des carburants…

Tout ceci est imposé au nom d’une dette brandie comme un totem pour faire accepter tous les sacrifices aux travailleurs, aux retraités, aux chômeurs, pendant que les parasites du dividende engrangent plus de 60 milliards d’euros. Pendant que rien n’est demandé aux privilégiés de la fortune, à ces 500 plus grandes fortunes de France dont le patrimoine culmine à 1 076 milliards d’euros –égal au tiers du PIB du pays–. Cette insolente accumulation est le fruit d’une exploitation forcenée du travail, du pillage des ressources et d’exonérations fiscales massives.

C’est parce que les richesses s’accumulent à un pôle de la société que l’immense majorité bascule dans l’incertitude du lendemain. Ce divorce entre ceux qui produisent la richesse et ceux qui la confisquent n’est plus seulement une injustice économique, c’est une violence de classe, un étouffement démocratique.

Face à cette entreprise de démolition sociale, l’heure est aujourd’hui à la lutte.

À l’image de cette jeunesse qui n’entend pas abandonner son combat.

Et cela dès le 17 octobre prochain…

Le gouvernement peut-il faire face à une agrégation des colères ? (L’Indep)

Après une nouvelle journée de mobilisation, mardi, lycéens et étudiants appellent, samedi, a une « convergence des luttes » pour soutenir la résurrection annoncée des « gilets jaunes ».

C’est la grande question, à ce stade du mouvement engagé par les lycéens : appuyé désormais par les étudiants, une large intersyndicale professionnelle et l’opposition de gauche, peut-il agréger aussi la colère des « gilets jaunes » ? Les organisations de jeunes qui défilaient une nouvelle fois, mardi, dans les rues de Paris (Union syndicale lycéenne, Union étudiante, Unef, Fage) ont appelé à soutenir la résurgence annoncée du mouvement de colère né sur les ronds-points en novembre 2018.

Une initiative amorcée depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux, ou sont annoncés à la fois des manifestations déclarées et des blocages, ce samedi. Combien de lycéens seront au rendez-vous au premier jour des vacances scolaires de Toussaint ? « Nous ne lâcherons rien et nous ne braderons rien, a promis, mardi, le président de l’Union syndicale lycéenne, Ryad Rani. Nous appelons massivement a rejoindre le mouvement des « gilets jaunes », pour enfin faire vivre cette convergence des luttes ».

Samedi, « partout où nos revendications sont partagées, nous répondrons présents », a abondé la secrétaire générale du syndicat des enseignants Snes-FSU, Sophie Vénétitay.

Empêcher un détournement « par l’extrême droite »

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, avait déjà annoncé, la veille, sur LCI, que la CGT soutiendrait aussi cette journée d’action autour du pouvoir d’achat. « Notre présence vise aussi à empêcher les tentatives de détournement par l’extrême droite de cette journée de lutte sociale, a précisé, mardi, le syndicat. Partout où les conditions sont réunies, les forces militantes de la CGT seront présentes avec celles et ceux qui se mobiliseront, lycéens et étudiants, salariés, retraites. »

Un nouveau front social en perspective pour le gouvernement déjà empêtré dans une crise lycéenne. Entre 161 500 (selon le ministère de l’Intérieur) et 480 000 personnes (selon l’intersyndicale de la jeunesse) ont défilé, mardi, dans toute la France, à l’occasion de l’acte V du mouvement. Ils étaient 41 500 à Paris, 11 000 à Lyon, 3 800 a Marseille selon les autorités. Près de 8 000 personnes ont fait entendre aussi leur colère à Montpellier, environ 400 à Béziers et à Nîmes. Les lycéens ont reçu aussi le soutien de la militante écologiste suédoise Greta Thunberg, présente mardi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). « Il est temps que les jeunes se soulèvent », a-t-elle commenté.

Le ministère de l’Éducation nationale estime cependant que le mouvement est en recul. Il a fait état de 214 établissements scolaires fermés (94,2 % étaient donc ouverts), contre 224 jeudi et 800 il y a une semaine, avec des perturbations, en parallèle, dans un tiers des établissements de l’enseignement supérieur.

Si les blocus sont en baisse, les autorités continuent de recenser des incidents, notamment aux abords de certains lycées. Depuis le début de la contestation, 800 policiers et gendarmes, 200 lycéens et 147 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés. 36 enquêtes ont été ouvertes par GPN, la police des polices, dont quatre pour « des blessures mutilantes » et six pour des « blessures significatives », a précisé, mardi, le ministre Laurent Nuñez.

La perspective d’une éventuelle réactivation des « gilets jaunes », mouvement qui avait été émaillé, lui aussi, de violences, inquiète donc le pouvoir, qui a annoncé ces derniers jours des mesures pour le pouvoir d’achat. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a promis, lundi, que les prix du carburant baisseraient « dès le 1er novembre », après le déstockage de dix millions de barils de pétrole.

Sous la pression de la vague de contestation née le 21 septembre dans l’académie de Créteil (Val-de-Marne), le gouvernement a annoncé également la semaine dernière le renfort de 3 000 enseignants pour des remplacements. Une mesure jugée insuffisante par une partie de l’opposition et des jeunes.

Avec cette crise, « le gouvernement a été comme pris au dépourvu, sinon dépassé », observe Dominique Andolfatto, professeur en sciences politiques, spécialiste des mouvements sociaux. « Mais on n’arrête pas si facilement un mouvement de cette ampleur. »

L’Indépendant, le 14 octobre 2026