Face à « l’ultime proposition » de la direction, la grève va être levée (L’Indep)

À près d’un mois du mouvement de grève qui touche la clinique Médipôle depuis le 24 avril, il semblerait que la mobilisation touche à sa fin. En effet, après la 3e médiation qui se déroulait hier entre les délégués syndicaux et le directeur de l’établissement, et malgré les propositions qui n’ont pas évolué, les syndicats et les salariés ont décidé de signer l’accord, annonçant la fin de la grève.

Ce vendredi 22 mai marquait le 3e jour de médiation entre les délégués syndicaux de la clinique Médipôle et le directeur, Valéry Folcher. À l’issue du rendez-vous et dans un climat tendu face à des négociations qui n’évoluent pas, il semblerait pourtant que le bout du tunnel soit proche.

Une avancée de quelques dizaines d’euros pour la prime de fidélisation

Pour rappel, les propositions de ces derniers jours restaient les mêmes : un intéressement plafonne à 1500 € sur 5 ans, avec un seuil de déclenchement toujours basé sur le nombre de séjours, une prime pérenne fixée à 400 € à partir de 2027, avec possibilité d’augmentation via les futures NAO (Négociations annuelles obligatoires), mais sans montant garanti à ce jour, un plan d’action sur les conditions de travail avec l’Aract (Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail), toujours sans engagement écrit concret, un étalement des jours de grève sur 2 mois et la possibilité de se faire payer les jours de récupérations pour compenser la perte de salaire.

Seul changement proposé a l’issue de la médiation du jour, une augmentation concernant la prime de fidélisation touchée par les salariés et liée à leur ancienneté: + 30 € brut pour les tranches 5-9 ans / 10-14 ans / 15-19 ans et + 50 € brut pour les autres tranches, « Le directeur a précisé que c’était l’ultime proposition qu’il pouvait nous faire », expliquait Hélène Massé, déléguée syndicale CFDT. Ainsi, à la fin des présentations des montants, une seule question était posée sur la table: continuer ou arrêter la grève ?

« Peu importe la décision qui sera prise, ces propositions ne sont pas acceptables mais quel choix nous reste-t-il ? C’est un compromis. On accepte parce qu’on n’aura pas le choix: Malgré la détermination, on sent que certains arrivent au bout. Nous sommes dans un tournant de notre lutte », ajoutait Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT, non sans émotion. « C’est dur de se dire qu’aujourd’hui la mobilisation permet juste de maintenir ce qu’on a ».

Sur place, un vote a été décidé pour faire le point sur les salariés en faveur d’une reprise ou non de l’activité dès lors que l’accord sera étudié « ligne par ligne » et signé. Une majorité des personnels soignants se sont positionnés pour. Cependant, comme expliqué par les délégués syndicaux, « l’expert-comptable et l’avocat doivent encore analyser les chiffres, les propositions et les engagements avant un retour définitif. Une décision finale ne pourra être prise qu’une fois tous les éléments validés et l’accord officiellement signé ». Mais c’est plus vite que prévu que les choses ont été faites, « Après vérification des différents éléments avec l’expert-comptable et après échanges avec la direction afin d’éclaircir les dernières zones d’ombre, le CSE a donné un accord de principe concernant le contrat d’intéressement, la clôture des NAO 2026 et le protocole de fin de conflit », déclaraient les délégués syndicaux hier en fin de journée. Une dernière assemblée générale est prévue ce lundi à 10 h devant la clinique Médipôle, suivie de la signature des accords. La fin de la grève est prévue pour mardi 26 mai dès 5 h.

Laura Morales (L’Indépendant, le 23 mai 2026)

Après les propositions, la décision pour les salariés…

Lors du vote de l’assemblée générale hier, les personnels soignants partageaient leur sentiment sur l’issue de ce mouvement de grève avant que ne soit communiqué la date de signature de l’accord et la levée de la grève pour mardi. « Nous avons voté pour la reprise si sur le papier tout est validé car on estime qu’ils devaient tout nous enlever, on ne devait plus avoir d’argent et là on se retrouve avec quelque chose de convenable. La seule chose qui n’a pas été abordée et qui est critique, ce sont les conditions de travail. Je pense que ça peut causer problème comme par exemple créer des tensions entre grévistes et non-grévistes. Ça fait 2-3 ans que c’est déplorable. On s’est battu certes mais certains seront sûrement démoralisés et ça va se répercuter sur les personnes qui ont envie de travailler », confiait Loïs, aide-soignante en médecine et néphrologie.

Quant à Sabrina, infirmière au bloc opératoire en salle de réveil, elle explique son choix de se positionner contre une reprise immédiate : « Je me suis mise du côté non, pas pour réfuter les propositions mais je ne veux pas les signer aujourd’hui. Je veux que les avocats voient les papiers et qu’on soit sûrs. Je suis pour qu’on attende mardi. On va accepter de toute façon, on n’a pas le choix, nous sommes dos au mur ». « Je pense que la reprise du travail va être compliquée. J’ai déjà prévenu ma cadre que je ne m’investirais plus comme avant. Je prendrai mes pauses repas et je terminerai à l’heure », assurait-elle.

Après 24h d’arrêt, les médecins reprennent leur activité

Jeudi, les médecins de la clinique Médipôle annonçaient suspendre leur activité opératoire en raison de « mauvaises conditions de travail et de sécurité » liée à l’incertitude de présence ou non de personnels soignants d’un jour sur l’autre. Mais hier, en fin de journée, le président de la Commission médicale d’établissement (CME), le Dr Frédéric Perrot, chirurgien viscéral, annonçait reprendre l’activité après avoir échangé avec le directeur de l’établissement ce jour et en vue de la fin du mouvement de grève.

« Nous allons reprendre petit à petit dès ce soir. Nous prendrons les urgences en fonction du nombre de lits disponibles ce week-end, nous sommes juste bloqués à ce niveau-là. Mais dès mardi, l’activité devrait revenir entièrement à la normale. C’est une bonne chose », confiait le médecin.

Grève reconduite à Médipôle. Les médecins suspendent leur activité (L’Indep)

Après une première médiation au sein de l’inspection du travail ce mercredi entre les représentants syndicaux et le directeur de l’établissement, un 2e rendez-vous était programmé hier au matin. L’objectif était de reprendre le dialogue social et de poursuivre les négociations mais à l’issue de la journée, la grève a été reconduite.

Au 28e jour de grève à la clinique Médipôle, la journée de ce jeudi a démarré par une assemblée générale relatant la médiation qui s’était tenue la veille entre les délégués syndicaux (CGT et CFDT) représentés par Anne-Laure Affani et Hélène Massé, et le directeur de la clinique Médipôle, Valéry Folcher. L’entretien s’est déroulé en présence d’un médiateur nommé mardi en urgence par le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, pour tenter de renouer le dialogue social entre les deux parties.

« Ils sont restés sur les propositions qui avaient été faites lundi, à savoir un intéressement de 1 500 € sur 5 ans, 400 € de prime pérenne et 500 € de ppv (prime de pouvoir d’achat) », expliquait Anne-Laure Affani (CGT) avant de quitter l’assemblée pour la 2e médiation. Et bis repetita. Comme chacun de ces derniers jours, à l’issue du rendez-vous, le point a été fait face aux salariés. Sans aucunes réelles avancées quant aux montants réclamés, à mesure que s’installe un sentiment de lassitude. Seule nouveauté concernant les jours de récupération et congés payés : « Pour les jours de grève, ils veulent bien les déduire sur deux mois et ceux qui ont des récupérations, vous pourrez demander qu’elles soient payées ». « On ne va pas se mentir, la grève c’est long, c’est dur, ça nous fait perdre du salaire. On pourrait obtenir gain de cause ou faire évoluer les choses sur certaines petites modalités mais ça nous couterait encore beaucoup de jours de grève. Quand on voit qu’après 28 jours on arrive juste à maintenir nos pseudo-acquis…. Là, on en est au stade ou est-ce qu’on a encore l’envie et la force de se battre ? », confiait Anne-Laure Affani en milieu d’après-midi.

La question sera en tout cas posée à l’assemblée générale prévue ce matin à 10h qui sera suivie d’une 3e médiation à 11h.

« Une prise d’otage depuis un mois »

Dans ce contexte, les médecins ont aussi fait savoir leur mécontentement ce jeudi. Par une action simple et symbolique: la suspension de leur activité au sein de la clinique Médipôle depuis hier 8h et jusqu’au mardi 26 mai, date du prochain conseil d’administration de la Commission médicale d’établissement (CME), « sauf si la grève s’arrête ». « On veut travailler dans des conditions correctes et que nos patients soient en sécurité ». C’est via un courrier adressé à l’ARS des Pyrénées-Orientales et au directeur de l’établissement de santé, Valéry Folcher, mercredi soir, qu’ils ont fait connaître leur décision. Le directeur départemental adjoint de l’ARS, Rémi Cros, précisait cependant qu’« un service minimum, à savoir les urgences vitales, serait assuré ». « Les médecins ont évoqué notamment des problématiques concernant les préparations pharmaceutiques et la sécurité devant l’établissement. La clinique a renforcé la sécurité et une réquisition de plus a été faite pour un préparateur en pharmacie ».

De son côté, le Dr Frédéric Perrot, chirurgien viscéral et président de la CME, s’explique : « On a décidé de suspendre l’activité. Nous allons tout de même gérer nos patients hospitalisés, mais nous ne rentrerons plus aucun nouveau patient en clinique ». « Nous ne pouvons plus assurer notre travail dans de bonnes conditions. D’un jour à l’autre, nous ne savons pas si les personnels soignants seront présents ou non. Même s’il y a des réquisitions, certains ne viennent pas. Donc c’est compliqué. Il nous a été demandé, dans ce contexte de grève, de procéder aux opérations avec des urgences vitales. Mais à quel moment y a-t-il urgence ? L’ARS ne se positionne pas. C’est à l’appréciation des médecins mais si une personne n’a pas été prise en charge et que son état se dégrade, ce sera de notre faute », poursuit le Dr Perrot.

Le médecin avoue avoir « conscience de la situation », mais déplore « une prise d’otage depuis un mois ». « On essaye d’opérer mais c’est compliqué, confesse-t-il. On subit ».

Laura Morales (L’Indépendant, le 22 mai 2026)

25 jours de grève et toujours pas d’accord à la polyclinique Médipôle (L’Indep)

Ce lundi 18 mai 2026, les négociations entre la direction et les représentants du personnel ont repris en présence de l’Inspection du travail à la clinique Médipôle de Cabestany. Les salariés doivent se réunir ce mardi matin à 10 heures pour débattre des nouvelles propositions de la direction et décider de la suite du mouvement.

Le contraste est saisissant. Grévistes assis dans l’herbe ou attablés, chants… lors du repas et du début d’après-midi, l’ambiance était conviviale devant la clinique Médipôle de Cabestany. Cependant, en fin d’après-midi, à l’issue de la nouvelle séance de négociation avec la direction, tous faisaient grise mine.

Après avoir rencontré les deux parties vendredi dernier, l’Inspection du travail, mandatée par le préfet pour tenter de débloquer les discussions, était représentée lors de la séance. Lors de celle-ci, la direction a fait évoluer ses propositions. Mais visiblement pas assez aux yeux de nombreux salariés présents lors du débriefing que les élus du personnel ont organisé sur les coups de 17 heures, ce lundi.

« La prime de partage de la valeur (qui serait versée en juin 2026, NDLR) passerait de 300 à 500 euros », a dans un premier temps annoncé la déléguée syndicale CFDT Helene Masse. « La prime cotisée pérenne resterait à 400 euros (par an, à partir de janvier 2027), mais le seuil de déclenchement de l’intéressement a changé. On serait quasiment sûrs d’avoir 1 500 euros par an jusqu’en 2031. »

Précision utile : concernant la prime cotisée pérenne, elle pourrait, selon les syndicats, augmenter peu à peu à partir de 2028, au gré des négociations annuelles obligatoires (NAO). « Dernière chose : au niveau des conditions de travail, un organisme qui fait partie de l’Inspection du travail va venir dans chaque service, puis émettra des préconisations et vérifiera ensuite qu’elles sont bien appliquées », a ajouté Hélène Massé.

À l’annonce de ces nouvelles propositions, les grévistes, dont l’une des principales revendications était l’obtention d’une prime cotisée pérenne de 1 500 euros afin de sécuriser leurs revenus, n’ont pas paru particulièrement enthousiastes. « Ça met le moral dans les chaussettes, mais il faut être solidaires », a souligné la déléguée syndicale CGT Kate Level. « Demain à 10 heures, il faut que tout le monde soit là pour qu’on prenne une décision tous ensemble. »

La cinquantaine de grévistes qui étaient présents lorsque les déléguées syndicales sont sorties des négociations n’ont donc pas pris de décision pour le moment. Et pour cause : lors de leur assemblée générale de ce lundi matin, les salariés avaient d’ores et déjà prévu de se réunir pour décider de la suite du mouvement ce mardi matin. Histoire de se laisser le temps de la réflexion ?

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 19 mai 2026)

Sollicité par L’Indépendant, ce lundi, le groupe Elsan n’a pas donné suite.

Les syndicats attaquent certaines réquisitions au tribunal

Il s’agit de l’un des autres points de crispation du conflit.
Dans le secteur de la santé, le préfet peut, lors des grèves, réquisitionner certains salariés afin de garantir le maintien d’un service minimum.
Ce qu’il a fait dans le cadre du mouvement qui touche actuellement la polyclinique Saint-Roch.
Cependant, dans ce cas précis, les syndicats estiment que certaines de ces réquisitions seraient « abusives ».
C’est pourquoi ils ont attaqué plusieurs d’entre elles au tribunal administratif, qui a audiencé l’affaire ce lundi. Le tribunal ayant été saisi via une procédure en urgence (référé), la décision devrait être rendue rapidement.
Ce lundi, en fin de journée, les organisations syndicales n’en connaissaient cependant pas encore la teneur.
Pour mémoire, la question des réquisitions avait également été évoquée à la clinique Saint-Pierre de Perpignan, où la grève débutée en même temps qu’a Medipole s’est terminée mercredi dernier à la suite de la signature d’un accord.
Là-bas, c’est la direction qui avait mis l’accent sur ce point. En assurant que certains personnels «refusaient» d’être réquisitionnés.

A. A. (L’Indépendant, le 19 mai 2026)

Bourse du travail de Carcassonne. Leș leaders syndicaux nationaux écrivent au ministre de l’intérieur (L’Indep)

Les leaders nationaux de la CGT, de la FSU, de l’Unsa, de Solidaires, de la CFE-CGC, de la CFDT et de FO ont adressé un courrier aux ministres de l’Intérieur et du Travail, Laurent Nuñez et Jean-Pierre Farandou. Ils y expriment leurs inquiétudes face à la procédure du maire Christophe Barthès, visant à expulser les organisations syndicales de leurs locaux à Carcassonne, et leur demandent d’intervenir « pour garantir le respect des libertés syndicales ».

Après la manifestation intersyndicale de ce mercredi 13 mai, à Carcassonne, pour protester contre la volonté du maire RN Christophe Barthès d’exproprier la CGT de la Bourse du travail, rue Voltaire, une nouvelle expression de l’indignation suscitée par cette décision est venue d’acteurs majeurs de la démocratie sociale en France.

C’est en effet un courrier signé par sept leaders syndicaux nationaux, Sophie Binet (CGT), Caroline Chevé (FSU), Laurent Escure (Unsa), Julie Ferrua et Murielle Guilbet (Solidaires), François Hommeril (CFE-CGC), Marylise Léon (CFDT), Frédéric Souillot (FO), qui a été adressé au ministre de l’Intérieur et ministre du Travail, Laurent Nunez et Jean-Pierre Farandou. « À Carcassonne, le nouveau maire a engagé une procédure visant à expulser les organisations syndicales de leurs locaux. Cette décision constitue une attaque grave contre la liberté syndicale et contre nos organisations qui participent depuis des décennies à la vie démocratique et sociale de notre pays », commencent-ils.

Avant de rappeler : « Messieurs les ministres, s’attaquer à une Bourse du travail n’est jamais anodin. Ces lieux sont issus de l’histoire du mouvement ouvrier et de la construction des solidarités populaires. Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales de 2013 sur les Bourses du travail et les maisons des syndicats chiffrait leur fréquentation à plus d’un million de personnes dans le cadre des permanences juridiques et sociales. Les affaiblir ou les faire disparaître revient à porter atteinte à la capacité des salariés à se défendre collectivement et à accéder concrètement à leurs droits. Cette décision est contraire à la Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical de 1948. »

Et d’afficher leur inquiétude : « Ce qui se joue à Carcassonne dépasse largement le cadre local. Si une municipalité peut, pour des raisons idéologiques, expulser des organisations syndicales d’un lieu qu’elles occupent parfois depuis près d’un siècle, alors c’est un précédent extrêmement dangereux qui est créé pour l’ensemble du pays. Nous vous demandons solennellement d’intervenir afin que soit garanti le respect des libertés syndicales et des principes républicains. Nous appelons également les services de l’État et la préfecture de l’Aude à prendre leurs responsabilités face à une décision qui remet directement en cause l’exercice normal de l’activité syndicale. Il ne s’agit pas seulement de défendre un bâtiment. Il s’agit de défendre un principe fondamental : dans une démocratie, les syndicats ne doivent jamais être réduits au silence par le pouvoir politique. »

Christophe Parra (L’Indépendant, le 15 mai 2026)

Fin de la grève a la clinique saint-Pierre, « tensions » à Médipôle : le récit d’une journée sous haute pression (L’Indep)

La journée d’hier s’est révélée riche en rebondissements dans les cliniques Saint-Pierre de Perpignan et Médipôle de Cabestany. À la suite de l’intervention du préfet et de nouvelles propositions de la direction, les salariés de Saint-Pierre ont mis fin au mouvement en fin d’après-midi après vingt jours de grève. Du côté de Médipôle aussi, les négociations ont repris, mais elles n’ont pas permis de déboucher sur un accord. Le récit de vingt-quatre heures sous tension.

10 heures. En ce mercredi matin, la grève s’éternise dans les cliniques Médipôle de Cabestany et Saint-Pierre de Perpignan, toutes deux propriétés du groupe Elsan. Le combat, engagé pour obtenir le maintien du pouvoir d’achat des salariés et une amélioration des conditions de travail, dure depuis 20 jours. Les négociations semblent dans l’impasse. Lors de leur assemblée générale, les grévistes de Médipôle revoient leurs revendications à la baisse. Au lieu du 13e mois, qu’ils réclamaient afin de sanctuariser les sommes qu’ils percevaient jusqu’ici au titre de la prime d’intéressement, ils ont décidé de revendiquer une prime pérenne de 2.000 euros par an qui « coûterait un peu moins cher à la direction ».

La direction dénonce des « occupations illégales »

12 heures. A Saint-Pierre, après une réunion infructueuse en fin de matinée, une partie des salariés organise un sit-in devant les bureaux de la direction Le groupe Elsan évoque une « occupation illégale de l’établissement ». À Médipôle aussi, la tension monte d’un cran. Afin d’obtenir une nouvelle réunion de négociation, un groupe de salariés s’installe devant la porte de la direction pour « faire du bruit ». Le directeur territorial du groupe Elsan, Fabrice Derbias, évoque après coup « un envahissement », avec des « hurlements » et des « coups de poing assénés sur la porte pendant plusieurs minutes », qui ont conduit la direction de l’établissement à faire intervenir les forces de l’ordre pour ramener le calme. L’entreprise indique également avoir fait appel à un huissier pour constater la situation et « mandaté des avocats pour porter plainte ».

Le préfet annonce une concertation

15h30. Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, annonce sur les réseaux sociaux qu’il a décidé, « en accord avec les deux parties », d’engager une médiation placée sous l’égide de la Direction départementale du travail, de l’emploi et des solidarités (Inspection du travail). « Je souhaite que cette médiation soit de nature à faciliter la reprise d’un dialogue apaisé entre les représentants des directions et les représentants du personnel, souligne le représentant de l’État dans son post. Le niveau de tension atteint aujourd’hui n’est pas acceptable. J’appelle chacun à entrer dans une logique de négociation et d’apaisement. Je reste attentif à la continuité des soins, qui doit être assurée. Comme je l’ai déjà indiqué, je souhaite en particulier que la continuité des chimiothérapies soit assurée de façon systématique. »

Les négociations reprennent

16 heures. Les syndicats de la clinique Saint-Pierre, à qui la direction a proposé une nouvelle réunion après l’annonce du préfet, convoquent une assemblée générale en indiquant que de nouvelles propositions « décentes et acceptables » ont été formulées.

17 heures. Les salariés en lutte de la clinique Saint-Pierre votent à une large majorité la fin de la grève, tandis que du côté de Médipôle, les négociations reprennent entre la direction et les représentants du personnel.

19h30. À Médipôle, la réunion entre syndicats et direction s’achève sans qu’un accord de fin de conflit ait pu être conclu. « Nous avons fait des propositions qui sont remontées au groupe Elsan. La direction a également revu ses propositions. C’est mieux que ce qu’elle avait mis sur la table jusqu’à présent, mais moins que ce que l’on demandait », résume la déléguée syndicale CFDT Hélène Massé. « Pour l’heure, rien n’est signé, rien n’est acté. Nous organiserons une assemblée générale ce jeudi à 10 heures pour faire le point avec les salariés. »

A. A. (L’Indépendant, le 14 mai 2026)

Caisses de grève et concert de soutien

Au niveau salarial, le mouvement constitue un véritable sacrifice pour les grévistes. Et pour cause : à moins d’un accord sur ce point, les jours de grève ne sont pas payés. Le protocole de fin de conflit conclu ce mercredi à la clinique Saint-Pierre prévoit bien un étalement de la défalcation des jours de grève sur deux mois, mais en aucun cas leur paiement.

Toutefois, les salariés se sont organisés en amont pour amortir la perte de salaire, notamment en mettant en place des caisses de grève. Celle gérée par l’union départementale de la CGT contenait par exemple ce mercredi matin « près de 11.000 euros » et une autre cagnotte lancée en ligne « environ 2.000 euros » de plus.

« Nous allons recenser les grévistes et partager cet argent au prorata du nombre d’heures de gréve effectuées par chacun », explique une syndicaliste.

Un concert de soutien avec Nima (Nico des Raskai) et L’Agram est également prévu ce mardi 19 mai, de 18 heures à 22 heures, au parc Guilhem, à Cabestany, pour récolter des fonds.

Pourquoi les salariés de la clinique Saint-Pierre ont voté la fin de la grève (L’Indep)

Ce mercredi 13 mai, en fin d’après-midi, les salariés de la clinique Saint-Pierre de Perpignan ont voté à une large majorité la fin de la grève entamée il y a 20 jours. Les syndicats ont signé un accord de sortie de conflit qui prévoit notamment le versement d’une prime de partage de la valeur de 700 euros net par salarié.

Après 20 jours de lutte, la grève est finie du côté de la clinique Saint-Pierre. Lors de la nouvelle séance de négociation qui s’est tenue ce mercredi en milieu d’après-midi, après l’annonce du lancement d’une médiation par le préfet, la direction a formulé de nouvelles propositions que les déléguées syndicales CGT et CFTC ont jugées « décentes et acceptables ». Elles les ont donc soumises vers 17 heures aux salariés, qui ont voté à une large majorité la fin de la grève.

« Nous avons signé un accord de fin de conflit », confirme l’une des déléguées syndicales CGT de l’établissement, Charlotte Bailly. Dans le détail, l’accord en question prévoit le versement, dès ce mois de juin, d’une prime de partage de la valeur (ex-prime Macron, NDLR) de 700 euros net par salarié et d’une prime annuelle pérenne de 400 euros net par salarié à partir de 2027. Il acte aussi une révision de l’accord d’intéressement en cours. Avec un avenant qui favorise le seuil de déclenchement de cette autre prime, basée sur l’activité de la clinique, qui n’avait pas été atteint cette année. Enfin, la direction a également concédé l’étalement de la défalcation des jours de grève sur deux mois.

« La situation s’est décantée quand le préfet nous a invités à le rencontrer avec la médiation de la Direction départementale du travail, de l’emploi et des solidarités », souligne Charlotte Bailly. « La direction est revenue vers nous avant qu’on ne soit obligés d’en arriver là. Nous maintenons toute notre solidarité aux salariés de Médipôle Nous espérons qu’ils trouveront eux aussi une issue convenable. »

Reprise du travail ce jeudi matin

Les salariés grévistes de la clinique Saint-Pierre commenceront à reprendre le travail ce jeudi 14 mai au matin. La direction de l’établissement se félicite « d’avoir pu retrouver un cadre de respect et de dialogue ». Et précise que « les services de la clinique se remettront en fonctionnement avec une priorité donnée aux patients dont la prise en charge en chimiothérapie avait dû être reportée ces derniers jours. Les patients concernés seront contactés individuellement afin d’organiser leur reprogrammation dans les meilleurs délais ».

Du côté de la polyclinique Médipôle de Cabestany, également propriété du groupe Elsan et en grève depuis le 24 avril, la direction et les représentants du personnel ont aussi repris les négociations ce mercredi à 17 heures, après l’annonce du préfet.

Mais la réunion n’a pas débouché sur un protocole de fin de conflit. Les syndicats prévoient d’organiser une assemblée générale ce jeudi 14 mai à 10 heures afin de faire le point avec les salariés sur les nouvelles propositions de la direction.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 mai 2026)

Les leaders syndicaux répondent au maire RN de Carcassonne (L’Indep)

Dans une tribune, les représentants nationaux des syndicats -CGT, CFDT, Solidaires, la FSU, l’Unsa ainsi que l’association la Ligue des droits de l’homme- demandent au maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, « de renoncer au projet visant les organisations syndicales de l’Aude, de revoir sa position concernant l’hébergement et le subventionement de la Ligue des droits de l’homme ».

Lors du dernier conseil municipal, le 30 mars 2026, le maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, a annoncé mettre fin de la mise à disposition de locaux pour les organisations syndicales en représailles à la participation la veille à une manifestation contre l’extrême droite organisée par un collectif de jeunes, Nous Carcassonne.

Dans une tribune adressée à l’édile du chef-lieu audois, les représentants nationaux des syndicats -CGT, CFDT, Solidaires, la FSU, l’Unsa ainsi que l’association la Ligue des droits de l’Homme- affirment que « cette décision, qui consiste à vouloir effacer le rôle du syndicalisme dans l’histoire du département et qui intervient après le retrait des subventions de la Ligue des droits de l’Homme et après avoir dénoncé un contrat dont bénéficiait la presse indépendante, est une attaque contre les organisations de la société civile et contre les travailleurs et les travailleuses ».

Et de confier : « En s’attaquant ainsi aux organisations syndicales, aux associations de défense des droits et des libertés, la mairie RN affiche clairement son ambition: exiger l’allégeance à ses idées au détriment de l’intérêt général, s’en prendre aux droits de toutes et tous et annihiler toute opposition. Le message, à un an des élections présidentielles, est tout aussi limpide : la mairie de Carcassonne sera le laboratoire de la politique antisociale de l’extrême droite, avec une doctrine claire : fort avec les faibles et faible avec les puissants. »

Les signataires de cette tribune, en l’occurrence Sophie Binet secrétaire générale de la CGT, Marylise Léon secrétaire générale de la CFDT, Caroline Chevé secrétaire nationale de la FSU, Murielle Guilbert et Julie Ferrua co-déléguées de Solidaires, Laurent Escure secrétaire général de l’Unsa et Nathalie Tehio présidente de la LDH, affirment « qu’affaiblir nos organisations, mettre en œuvre des stratégies pour les faire disparaitre ou tenter de museler leur expression, c’est une attaque directe contre les droits et les libertés, l’État de droit et les fondements de notre démocratie, que nous ne pouvons accepter ».

Avant de conclure : « Nos organisations, au niveau national, réaffirment leur total soutien aux organisations locales visées par la politique autoritaire du maire de Carcassonne. Nous demandons solennellement à Monsieur le maire, de renoncer au projet concernant les organisations syndicales de l’Aude, de revoir sa position concernant l’hébergement et le subventionnement de la Ligue des Droits de l Homme. »

Pour rappel, un premier rassemblement est organisé ce mercredi 13 mai 2026 devant la Bourse du travail à Carcassonne, a partir de 11 heures, en présence de l’ensemble des syndicats même ceux qui ne sont pas concernés par l’annonce du premier magistrat d’extrême droite.

À noter également qu’une pétition a été mise en ligne par la CGT rassemblant plus de 9 700 signataires.

Léo Couffin (L’Indépendant, le 13 mai 2026)

Médipôle et Saint-Pierre reconduisent la grève, Le Floride suspend ses débrayages (L’Indep)

Ce lundi, au 18e jour de grève des cliniques privées du groupe Elsan, la mobilisation se poursuivait dans les établissements Saint-Pierre, Médipôle Saint-Roch et le Floride au Barcarès. La journée a démarré par un barrage filtrant au rond-point des Arcades à Perpignan pour le personnel de la clinique Médipôle Saint-Roch à Cabestany, dès 7 h 30. Les soignants ont distribué des tracts aux automobilistes et échangé avec la population sur les raisons du mouvement de grève. Après leur assemblée générale, les déléguées syndicales, Anne-Laure Attani (CGT) et Hélène Masse (CFDT), étaient reçues à 11 par le directeur Valéry Folcher. Avec des revendications qui restent inchangées : maintien du 13e mois, meilleures conditions de travail et reconnaissance des salariés.

Mais face à la situation, les personnels déclaraient en amont « quelle que soit l’issue de cette réunion, la grève est reconduite pour demain ». Les soignants de la clinique Médipôle Saint-Roch communiquaient aussi sur les finances de l’établissement après un point avec un expert-comptable : « La clinique avait largement les moyens de payer le 13e mois, cette année encore, des bénéfices ont été réalisés puis reversés au siège. Il n’y a donc aucune excuse économique valable ».

Mais, à l’issue du rendez-vous, « aucune avancée concernant notre demande du 13e mois » n’a été faite. Les représentants ont transmis à la direction les revendications des salariés concernant les conditions de travail: changements de services abusifs, manque de remplacement, pression quotidienne, organisation des équipes… « Le dialogue social reste bloqué. La direction refuse toujours de communiquer le chiffrage réel de nos demandes malgré nos sollicitations », communiquaient les syndicats, « La grève est reconduite ».

Saint-Pierre poursuit, Le Floride suspend ses débrayages

Du côté de la clinique Saint-Pierre, le mouvement courait toujours aussi hier. Tout comme les négociations avec le directeur, Julien Coulomb. « Nous lui avons dit que si nous avions 500 € de prime pérenne et 200 € de prime de partage de la valeur (PPV), nous reprendrions le travail. Mais sa contre-proposition était de 400 € et 110 €. Les salariés sont très en colère. La grève va continuer », confiaient les déléguées syndicales.

À la clinique Le Floride au Barcarès, les personnels étaient reçus par la direction, Marc Flury, hier matin à 10h. « Il nous propose l’ouverture immédiate des négociations annuelles avec à l’ordre du jour nos revendications. Nous avons fait une assemblée et voté à l’unanimité la suspension des débrayages dans l’attente d’action concrète », expliquait Théo Bassi, délégué syndical Cfdt. Pour rappel, les personnels de ce centre de rééducation du groupe Elsan contestaient l’absence de 13e mois, de prime de participation, de prime d’intéressement ou encore de prime de présence.

Laura Morales (L’Indépendant, le 12 mai 2026)

Grève des cliniques : mobilisation en masse et appel au préfet (L’Indep)

Ce jeudi, plus de 200 soignants et personnels en grève des cliniques privées Elsan manifestaient dans les rues du centre-ville de Perpignan. Une délégation a été reçue en préfecture.

Au 14e jour du mouvement de grève qui touche les cliniques privées du groupe Elsan des Pyrénées-Orientales, plus de 200 soignants étaient dans les rues de Perpignan hier. Le rassemblement, sur la place Catalogne, s’est ensuite transformé en cortège jusqu’à la préfecture, où les délégués syndicaux ont été reçus par le préfet Pierre Regnault de la Mothe et le directeur territorial de l’ARS, Franck Nivaud.

86 salariés sur 120 en grève au Floride

Si la clinique Saint-Pierre et Médipôle Saint-Roch sont au centre de la mobilisation depuis le vendredi 24 avril, ils ont été ensuite soutenus par la polyclinique Méditerranée où les salariés ont débrayé à plusieurs reprises, mais aussi par la clinique Le Floride au Barcarès.

« Nous ne savons pas ce qu’est une prime. Nous n’avons ni 13e mois, ni prime de participation, ni d’intéressement, ni prime de présence », pointaient des soignants de l’établissement au départ du cortège, représenté par Théo de la Cfdt. Au Floride, 86 salariés sur 120, cadres compris, sont en « grève illimitée » depuis le weekend dernier. Quelques salariés de la clinique Saint-Michel de Prades, du même groupe, devaient aussi se joindre au mouvement.

Après avoir scandé leur slogan dans les rues de Perpignan, « Elsan t’es foutu, tes soignants sont dans la rue », le mouvement a siégé devant la préfecture. Des prises de parole de soignants et même de patients en soutien au personnel sont venues renforcer les revendications, tandis que les délégués syndicaux étaient reçus par le préfet.

« Ma priorité est de garantir la continuité des soins »

Une heure plus tard, la fin de l’attente, et des réponses ? « Nous avons formulé nos requêtes sur les réquisitions que nous trouvons abusives. Le préfet s’engage à regarder le quota des réquisitions par rapport au nombre de patients et nous demande en échange de bien aller à nos réquisitions », ont résumé les déléguées syndicales après le rendez-vous. Sur ses réseaux, le préfet relate : « J’invite les deux parties, directions des cliniques et représentants du personnel, à poursuivre et approfondir le dialogue afin qu’une issue soit trouvée rapidement. Il est important qu’une véritable négociation se tienne et aboutisse ».

Avant de justifier : « Ma priorité est de garantir la continuité des soins. C’est pour cette raison que j’ai décidé de procéder à la réquisition de certains agents, afin de garantir la bonne prise en charge des soins qui ne peuvent pas être reportés. Je suis préoccupé par la situation des chimiothérapies je demande que leur continuité soit assurée de manière systématique ».

Dans l’attente d’avancées majeures dans les négociations avec les directions respectives, pas prévues avant ce lundi 11 mai, le mouvement se poursuit.

Laura Morales (L’Indépendant, le 8 mai 2026)