Le 21 octobre dernier, Farid Sid revelait à L’Indépendant que sa maison en rénovation à Rivesaltes, où il est élu d’opposition, avait été visée par des tags racistes. Ce mercredi 4 novembre, l’affaire a ouvert le conseil municipal de la commune gérée par le maire Rassemblement national, Julien Potel.
Il ne passe jamais inaperçu mais, ce mercredi soir, tous les yeux étaient encore plus rivés sur lui. Dans la salle du conseil municipal de Rivesaltes, Farid Sid, l’ancienne légende de l’USAP devenu conseiller municipal d’opposition face au maire RN Julien Potel, n’avait rien perdu du sourire qu’il a dans les yeux. Pourtant ses mots étaient graves.
Avant d’attaquer l’ordre du jour, le conseil municipal est évidemment revenu sur l’affaire des tags racistes révélée le 21 octobre dernier par L’Indépendant. Ce jour-là, l’ancien rugbyman affirmait en effet que des tags racistes et insultants avaient été découverts dans sa maison en cours de rénovation dans le cœur de Rivesaltes. « Sale arabe », « Vive le RN », « Bande de sales bêtes » ont entre autres été constates par le maître d’œuvre de la rénovation.
Ce mercredi, c’est le maire Julien Potel qui a entamé les prises de parole en martelant « qu’au-delà de nos différences politiques, ces actes sont inacceptables et doivent fermement être condamnés ». L’édile RN a d’abord mêlé cette affaire au reste de l’actualité. Déplorant autant « les incivilités, les vols et dégradations dont M. Sid a été victime », que « les pillages, les violences urbaines que subissent nos commerçants depuis plusieurs semaines » et refusant « l’insécurité comme une fatalité ».
Mais Julien Potel ne s’est pas défaussé au moment de condamner le caractère raciste des tags. « Que les choses soient bien claires, je condamne avec la plus grande fermeté toute atteinte à caractère raciste ou xénophobe, encore plus à l’égard d’un élu de la République ».
Des mots entendus par Farid Sid dont les paroles ont été religieusement écoutées. Leur tournure a d’abord dessiné un sourire sur les visages de toute l’assistance quand le fils de harkis a remercié son « ancienne maitresse de CP qui doit être bien âgée aujourd’hui, qui n’habite même plus à Rivesaltes, mais qui a tenu à m’adresser une carte de soutien. Cela m’a beaucoup touché ». Avant le conseil, en aparté, l’ancien maire André Bascou s’était aussi entretenu avec l’ancien joueur. L’élue d’opposition de gauche, Laurianne Rawcliffe, lui a apporté son soutien au micro. Des attentions que n’a pas manqué de remercier, à plusieurs reprises, Farid Sid.
Mais l’attendrissement n’avait pas sa place dans cette affaire qui a « profondément » touché l’ancien ailier. « Car notre maison a été souillée par une inscription raciste, des insultes visant ma famille et des messages politiques faisant référence à l’extrême droite dont vive le RN ». Si Farid Sid se refuse à tout amalgame, « refuser les amalgames ne signifie pas minimiser la gravité des faits ».
C’est sans détour que l’ancien rugbyman a dénoncé un racisme ambiant. « Le racisme n’est pas un sujet partisan. C’est un délit qui gangrène notre société et qui interpelle notre République. Ce combat concerne tous les bords politiques sans distinction », a-t-il tonné, tout en glissant un message politique : « J’espère néanmoins que cette épreuve pourra faire émerger quelque chose de positif : une prise de conscience collective et une volonté de nous rassembler autour de ce qui nous rapproche plutôt que de nous opposer sur ce qui nous divise. Car, malheureusement, c’est ce qui fait le jeu aujourd’hui des extrêmes ».
Et, c’est la tête infiniment haute que Farid Sid a clamé que « la seule récupération que j’accepte aujourd’hui, c’est celle qui sert le vivre ensemble ». Des mots applaudis. À l’unanimité.
Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 5 novembre 2026)
