L’édito du Travailleur Catalan par Nicole Gaspon. Comment en est-on arrivé là ?

Le 23 octobre, à Trappes et à La Verrière dans les Yvelines, le racisme a tué. Un homme de 39 ans a fait feu tuant un jeune de 26 ans Pengo Bossio Wangi et blessant plusieurs autres personnes dont une fillette de 12 ans, grièvement touchée. Les victimes toutes noires ou arabes, étaient délibérément visées. Il s’agit bien d’un crime raciste commis par un individu lecteur de Mein kampf et dont les sympathies pour l’extrême droite sont avérées.

Il serait facile de considérer ce fait comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Le mal est beaucoup plus profond et vient de loin. Cette ignominie chemine depuis longtemps, d’abord à bas bruit, puis de plus en plus assourdissante. La liste des victimes du racisme malheureusement s’allonge, citons Hichem Miraoui à Puget-sur-Argens en mai 2025, Aboubakar Cissé dans une mosquée à La Grand-Combe en avril 2025, Djamel Bendjaballah, écrasé devant sa fille.

Tous les observateurs le soulignent, le racisme, la théorie du « grand remplacement », la défiance entretenue à l’égard des immigrés, les discriminations de sexe, de genre… sont devenus une constante dans le débat public et médiatique. Des thèmes repris à l’envi par des chaînes d’information, Cnews en tête. Des chaînes où les représentants du RN ont table ouverte. Le poison est ainsi continûment répandu. Rien d’étonnant alors si certains esprits fragiles se croient autorisés à passer à l’acte. C’est l’interrogation que pose Ali Rabeh, maire de Trappes à l’adresse des médias : « comment peut-on laisser prospérer cette parole matin midi et soir sur tous les plateaux et croire qu’elle n’aura pas d’effets sur la vie réelle ? »

La situation est d’une extrême gravité et nécessite une réponse ferme des responsables politiques, un sursaut des démocrates et des progressistes.

Le succès des rassemblements unitaires convoqué dans l’urgence ce début de semaine dans tout le pays est un signe que l’engrenage peut encore être stoppé, que d’autres horizons peuvent s’ouvrir.

« Le seul rempart contre la haine est une mobilisation unitaire » (L’Indep)

Un rassemblement de 300 personnes a rendu hommage, ce lundi soir au pied du Castillet de Perpignan, aux victimes de l’attentat raciste de Trappes et s’élever contre les discours haineux.

« Nous sommes Trappes ». C’est autour de cet appel national pour condamner le crime raciste qui a enlevé la vie à Pengo Bossio Wangi, un homme noir, et fait cinq blessés dont une fillette, que se sont rassemblées quelque 300 personnes ce lundi 26 octobre à 18h, au pied du Castillet à Perpignan.

Un appel relayé par les associations locales(*) antiracistes, antifascistes, pour la laïcité… « Ce rassemblement se veut unitaire », commentait Geneviève Sabathé secrétaire de la Libre pensée. « Nous dénonçons ce crime raciste et pointons du doigt les discours véhiculés par certains partis politiques. Dans le climat d’insurrection que nous vivons, un crime raciste peut mettre le feu à la société ».

Josie Boucher du NPA ajoutait que cet appel est « un soutien aux victimes, aux familles. Mais aussi de la colère ». « La raison de notre présence ce soir, de notre parole unitaire, c’est la lutte contre la banalisation d’une parole décomplexée, haineuse et raciste », poursuivait une militante de SOS Racisme. « Cet acte révulse notre humanité », s’exprimait un membre de la Ligue des droits de l’homme.

Après la prise de paroles de plusieurs représentants « d’associations et mouvements progressistes », ainsi que des femmes musulmanes, une minute de silence a été demandée et respectée pour ce jeune homme tué vendredi 23 octobre à Trappes par Kevin T., parce qu’il était noir.

Dans la foule, des pancartes (« Le racisme tue », « Touche pas à mon pote », « Ici pas de place pour la haine », « Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit »…), des drapeaux (NPA, LDH, Palestine…), des jeunes et des moins jeunes, quelques politiques de gauche.

Des lycéens aussi qui ont du mal à trouver les mots pour décrire ce crime raciste et sont mobilisés « face à la montée du fascisme. Dans ce contexte, il est incontournable d’aller voter ».

Tous sur la place de la Victoire étaient d’accord pour rendre hommage aux victimes et tous voulaient aussi désigner des coupables. « Qui a armé le bras du tueur ? ». La réponse se trouvait dans toutes les discussions pointant essentiellement l’extrême droite, avec la volonté de « bloquer ce déferlement de haine ». Pour la majorité des personnes réunies ce lundi soir, l’objectif commun était de résister à l’extrême droite, d’arrêter les divisions, de faire front unitairement estimant que, malgré quelques discordances, « le seul rempart contre la haine est une mobilisation unitaire ».

Isabelle Bley (L’Indépendant, le 27 octobre 2026)

(*) Ligue des droits de l’homme, SOS Racisme, Libre pensée, La Cimade, Asti66, NPA, CGT, LF2L…

Déclaration du Mouvement de la Paix. Manifestons contre tous les racismes dimanche 21 juin à Paris

Dans la foulée des élections municipales, un déferlement de haine raciste a visé nombre d’élu·es de la République. L’extrême-droite et les médias qui lui sont affiliés ont orchestré des campagnes virulentes d’attaques racistes, amplifiées sur les réseaux sociaux. Visée par l’une d’elles, le maire de Saint-Denis-Pierrefitte-sur-Seine Bally Bagayoko a appelé à un rassemblement contre toutes les formes de racisme, que nos organisations ont soutenu et qui a été un succès de mobilisation de la société civile.

Nous, organisations de la société civile, considérons que le 21 juin, nous avons la possibilité d’amplifier encore le mouvement, en manifestant à Paris, avant les festivités de la Fête de la Musique, pour affirmer la large cohésion de la société contre tous les racismes, les discriminations, la haine de l’autre et en faveur de l’égalité en droits.

C’est cette égalité que l’extrême-droite ne peut supporter, c’est cette égalité qu’elle continue d’attaquer frontalement partout où elle se sent suffisamment forte, là où elle a obtenu des municipalités, là où elle voudrait peser dangereusement sur les institutions. Ainsi, elle s’en prend à ce qui fait notre socle politique partagé depuis 1789, la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et toutes les Constitutions républicaines depuis lors, qui proclament l’égalité de toutes et tous devant la loi.

Déterminées ensemble, partout, face à l’extrême-droite, pour l’égale dignité de tous les êtres humains, nos organisations appellent à rejoindre largement le cortège du 21 juin à Paris, 14h à Barbès.

Signataires : CGT (Confédération générale du travail), Fédération syndicale unitaire (FSU), LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement de la Paix, Union syndicale Solidaires

Le 15 juin 2026

500 personnes ont défilé pour la journée contre le racisme (L’Indep)

Ce samedi, environ 500 personnes ont défilé en centre-ville de Perpignan à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, à l’appel de plusieurs syndicats et associations.

Proclamée en 1966 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale commémore un triste anniversaire. Celui du 21 mars 1960, où la police sud-africaine avait ouvert le feu et tué 69 personnes lors d’une manifestation contre l’apartheid, dans la commune de Sharpeville.

Ce samedi matin, à Perpignan, environ 500 personnes ont défilé en centre-ville dans le cadre de cette journée de mobilisation, a l’appel de plusieurs associations et syndicats locaux. Les militants de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la CNT ou de la Confédération paysanne étaient notamment au rendez-vous. Tout comme ceux d’associations telles que la Cimade ou l’Asti, qui viennent en aide aux migrants, ou encore de la Ligue des droits de l’homme, de SOS Racisme et de collectifs pro-palestiniens.

« La mobilisation est plus que jamais urgente », a estimé lors de sa prise de parole Christophe Moya, du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap). « Les discours de haine se banalisent. Le nombre d’actes racistes, islamophobes et antisémites augmente de façon alarmante sans susciter de réaction massive. »

Dominique Ségard, de la Cimade, a poursuivi sur la même ligne : « Nous devons plus que jamais exprimer ensemble notre résistance. Nous ne voulons pas d’une société raciste. En-semble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de solidarité, de justice et de respect des libertes. »

Côté syndical, les organisations avaient opté pour une prise de parole commune. « Le combat contre le racisme est un combat de tous les jours, dans nos entreprises, dans nos établissements, nos administrations, nos écoles, nos fermes », a rappelé dans ce cadre Christine Mirroir, de Solidaires. Avant d’appeler « l’ensemble des travailleurs et des travailleuses à poursuivre et construire les mobilisations nécessaires pour gagner un changement de société et un monde de paix, de justice sociale et antiraciste ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 22 mars 2026)