Le 23 octobre, à Trappes et à La Verrière dans les Yvelines, le racisme a tué. Un homme de 39 ans a fait feu tuant un jeune de 26 ans Pengo Bossio Wangi et blessant plusieurs autres personnes dont une fillette de 12 ans, grièvement touchée. Les victimes toutes noires ou arabes, étaient délibérément visées. Il s’agit bien d’un crime raciste commis par un individu lecteur de Mein kampf et dont les sympathies pour l’extrême droite sont avérées.
Il serait facile de considérer ce fait comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Le mal est beaucoup plus profond et vient de loin. Cette ignominie chemine depuis longtemps, d’abord à bas bruit, puis de plus en plus assourdissante. La liste des victimes du racisme malheureusement s’allonge, citons Hichem Miraoui à Puget-sur-Argens en mai 2025, Aboubakar Cissé dans une mosquée à La Grand-Combe en avril 2025, Djamel Bendjaballah, écrasé devant sa fille.
Tous les observateurs le soulignent, le racisme, la théorie du « grand remplacement », la défiance entretenue à l’égard des immigrés, les discriminations de sexe, de genre… sont devenus une constante dans le débat public et médiatique. Des thèmes repris à l’envi par des chaînes d’information, Cnews en tête. Des chaînes où les représentants du RN ont table ouverte. Le poison est ainsi continûment répandu. Rien d’étonnant alors si certains esprits fragiles se croient autorisés à passer à l’acte. C’est l’interrogation que pose Ali Rabeh, maire de Trappes à l’adresse des médias : « comment peut-on laisser prospérer cette parole matin midi et soir sur tous les plateaux et croire qu’elle n’aura pas d’effets sur la vie réelle ? »
La situation est d’une extrême gravité et nécessite une réponse ferme des responsables politiques, un sursaut des démocrates et des progressistes.
Le succès des rassemblements unitaires convoqué dans l’urgence ce début de semaine dans tout le pays est un signe que l’engrenage peut encore être stoppé, que d’autres horizons peuvent s’ouvrir.




