Plus de 1 500 manifestants pour les services publics, les lycéens en force (L’Indep)

Hier, huit syndicats appelaient à battre le pavé dans toute la France afin de réclamer plus de moyens pour les services publics. A Perpignan, entre 1 500 et 2 000 personnes ont manifesté en fin de matinée. Surprise du jour : un groupe de plus d’une centaine de lycéens a rallié le cortège au dernier moment.

La mobilisation est passée entre les gouttes. Malgré la pluie intermittente qui est tombée ce mardi matin sur Perpignan, ils étaient entre 1 500 et 2 000 à participer à la manifestation. Son principal mot d’ordre : défendre les services publics alors qu’une nouvelle vague de mesures d’économies à même de les mettre à mal se profile avec le projet de budget 2027. Les fonctionnaires (enseignants, agents territoriaux ou hospitaliers…) étaient sans surprise nombreux dans le cortège. Quelques salariés du privé, des retraités et des militants politiques de gauche étaient également présents. Mais ce sont bien les lycéens qui ont constitué la grande surprise du jour, en arrivant par dizaines sur la place de Catalogne juste avant le départ du cortège.

« Nous sommes là pour soutenir nos profs et réclamer des moyens pour l’éducation », explique le référent fédéral de l’Union syndicale lycéenne, Alban, 16 ans, scolarisé en terminale à Lurçat. « Les lycées suffoquent. On a eu un mois de septembre très chaud. On se retrouve à travailler dans des conditions inacceptables. Nous avons besoin de ventilateurs dans les salles et de plus d’infirmières ». Liliane, 14 ans, confirme. « On a aussi besoin de plus d’enseignants », rajoute-t-elle. « Dans une classe de première, ils n’auraient ni prof de maths ni de prof de français depuis la rentrée alors qu’il y a le bac ».

Quelques policiers faisaient aussi partie des manifestants. « Quand la police et les pompiers sont dans la rue, c’est que ça ne va plus », proclame le secrétaire départemental du syndicat UNITE, Ludovic Romanach, qui réclame « une augmentation des salaires, des effectifs supplémentaires et des moyens pour défendre la population ». Le syndicaliste pointe notamment du doigt « des ordinateurs et un pare de véhicules vieillissants ».

Les fonctionnaires territoriaux, qui travaillent dans les communes et autres collectivités, étaient également au rendez-vous. Eux aussi demandent des moyens supplémentaires et des revalorisations de salaires, alors qu’un nouveau gel du point d’indice qui sert à calculer leurs rémunérations est envisagé pour 2027. Sans compter la forte baisse de pouvoir d’achat qu’ont subi les fonctionnaires sur les 15 dernières années.

Cependant, pour le secrétaire du syndicat CGT du conseil départemental, Jean-François Laffon, le combat pour défendre le service public va bien au-delà et concerne l’ensemble de la population. « Le service public, c’est le socle de l’économie de notre pays », résume-t-il. « Dans un territoire sans services publics, sans écoles, sans hôpitaux, sans entretien des routes, les entreprises ne s’installeraient pas. »

En fin de compte, les responsables des huit syndicats à l’initiative de la manifestation semblent plutôt contents de l’affluence. « On se satisfait de cette forte mobilisation des fonctionnaires, mais aussi de la jeunesse, qui a répondu présent avec une bonne mesure des enjeux », déclare par exemple le secrétaire départemental de FO, Jérôme Capdevielle. « La colère, elle est là », renchérit celui de la CGT, Julien Berthélémy. « Nous allons pousser pour qu’une nouvelle journée de mobilisation soit programmée avant la fin de l’année. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 30 septembre 2026)

Collège de Pia : « Pas de surveillants ce mardi »

Ce mardi, le mouvement de grève semble avoir bien pris parmi la dizaine d’assistants d’éducation (les AED, également dénommés « surveillants ») du collège de Pia, qui accueille plus de 800 élèves. « Depuis ce matin, il n’y a pas un seul surveillant dans l’établissement », alertait en milieu de journée la représentante syndicale Snes-FSU de l’établissement, Aurélia Simon. « Cela pose à mon sens un problème de sécurité. Pourtant, l’inspection n’a pas demandé la fermeture du collège. »

L’Indépendant, le 30 septembre 2026

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