Ce mardi 13 octobre, la quasi-totalité des syndicats d’enseignants présents dans le département appellent à manifester avec les lycéens et les étudiants à Perpignan. Selon eux, les revendications des élèves sont plus que légitimes et le gouvernement se doit d’y apporter une réponse.
L’appel est quasiment unanime du côté des syndicats d’enseignants. Et la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) soutient également la journée d’action de ce mardi, lors de laquelle une manifestation, organisée conjointement avec l’Union syndicale lycéenne et le mouvement étudiant Union progressiste, partira à 10h30 de la place de la Victoire pour effectuer une boucle en centre-ville.
Manque de professeurs, d’infirmières ou de psychologues scolaires, emplois du temps « intenables », salles vétustes, difficultés liées à la plateforme d’orientation Parcoursup…
Depuis deux semaines, les lycéens mobilisés font remonter leurs doléances. Pratiquement en vain à leurs yeux, hormis quelques « mesurettes ». « Il y a toujours une absence totale de réponse satisfaisante du gouvernement à leurs revendications, que nous partageons toutes », s’énerve Marc Moliner, du Snes-FSU.
Nicolas Ribo, de la CGT Éduc’action, est sur la même ligne : « Jusqu’à présent, la seule réponse du gouvernement, c’est la répression, qui n’a jamais été aussi forte depuis 1968. C’est inacceptable. Il faut une réponse globale, un plan d’investissement pour créer des postes d’enseignants, améliorer les conditions d’accueil et intervenir sur le bâti scolaire ».
Eloïse Chenus, de l’Unsa, reprend la balle au bond : « On a pu constater en cette rentrée entre 34 et 35 degrés dans certaines salles de classe, avec des malaises d’enseignants et d’élèves. C’est gravissime. On est sur une mise en danger des personnels et des élèves, sur une urgence de santé publique ».
Les enseignants confirment aussi les dires de leurs élèves concernant la plateforme d’orientation Parcoursup, « qui renforce les inégalités d’accès aux études supérieures ». Ou encore pour ce qui est des journées à rallonge liées à la réforme du lycée (des cours de 8h à 18h avec parfois des trous de plusieurs heures au milieu de la journée). « Les problèmes d’emploi du temps que dénoncent les élèves sont souvent moqués, mais ils ont une base structurelle forte. C’est cette réforme qui les a engendrés », estime Léa Docus, de Sud Éducation.
« La répression est extrême alors que les revendications des jeunes sont légitimes. C’est insupportable », résume Véronique Busson, de la CNT. Alors que Kader Benmouffok, du syndicat FO des collèges et lycées évoque « une rupture du contrat social » : « Le droit de manifester est un droit constitutionnel et le gouvernement se doit de répondre aux revendications autrement que par la répression ». Les syndicats réclament également que les absences des élèves lors des mobilisations ne soient plus considérées comme injustifiées, afin que cela ne handicape pas leur orientation.
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 13 octobre 2026)









