Vernet-les-Bains. Pierre Serra souhaite tout revoir (L’Indep)

D’élu d’opposition à maire et premier vice-président de la communauté de communes Conflent-Canigo, le grand saut de Pierre Serra.

Son grand-père était le ferronnier du village. L’histoire de Vernet-les-Bains coule dans ses veines et Pierre Serra entend bien faire briller son village en Confient et au-delà. Le quinquagénaire, enselgnant, a été élu au mois de mars avec 61 % des voix et remplace ainsi Henri Guitart (2014-2026).

Vous avez été élu avec une belle avance, était-ce prévisible ?

C’était une bonne surprise. Nous avions proposé une liste sans étiquette, une liste de rassemblement autour d’un projet politique. L’écart du nombre de voix montre une vraie attente des citoyens.

Quelle a été votre première décision en tant que maire ?

Nous avons immédiatement fait un diagnostic de la commune et nous avons constaté que tout était à revoir. Les agents n’ont, par exemple, aucune fiche de poste complète. Autre exemple, ce chantier à 750 000 euros, réceptionné par l’ancien maire avec de nombreuses malfaçons.

La réfection de la piscine ?

Oui, en plus le budget initial a été largement dépassé et il reste encore des actions à mener, notamment sur la ventilation. Mais c’est l’occasion d’honorer une de nos promesses de campagne qui était d’améliorer la communication envers la population. Nous sommes en train d’effectuer un audit complet de ces travaux et nous en présenterons les résultats, dès que nous les aurons. Il en sera ainsi a chaque fois qu’il y aura quelque chose d’important sur la commune. Les administres sont aussi invités à s’exprimer à tous les conseils municipaux, des que la séance est levée.

Quels sont vos principaux projets ?

Nous voudrions optimiser la récupération des eaux chaude pour une valorisation calorifique. Une étude montre que cela pourrait nous permettre de chauffer nos bâtiments communaux et la piscine avec de grosses économies de fioul à la clé. Nous souhaitons aussi travailler sur la culture avec la création d’une médiathèque digne de ce nom ou encore mettre en place une navette municipale. Il y a enfin la rénovation de la voirie à mettre en place et un plan pluriannuel sur l’urbanisme au sens large. Nais tout cela doit ce faire en maitrisant notre budget.

Vous aviez promis une baisse d’impôts, chose faite ?

Effectivement, Vernet souffre d’un taux d’imposition très élevé. Nous avons commencé à le diminuer mais il faut qu’on ait une maitrise des finances. On considère que les dépenses de fonctionnement sont excessives, si l’on se compare aux communes de la même strate. Nous allons avancer prudemment, sans se lancer dans des projets pharaoniques. Des emprunts arrivent à échéance et il y a des pistes d’économies. Nous avons, par exemple, une police rurale surdimensionnée.

Quid de l’état des commerces vernétois ?

Je pense qu’il y a une belle dynamique. Le tabac a été repris, il va y avoir une nouvelle boulangerie et nous avons des contacts avec des gens qui veulent s’installer. Il y a enfin le casino, qui est un pole important et que nous voulons remettre au cœur de la politique culturelle. Pour cela il faut déjà travailler sur le bâtiment qui souffre entre autres de fuites. C’est dommage, car il s’agit d’un bâtiment classé qui avait bénéficié de subventions que l’ancienne municipalité n’a jamais encaissées.

Il y a actuellement un problème sanitaire aux thermes, avez-vous des informations ?

C’est un coup dur pour Vernet. Pour autant, selon nos informations, cela reste mineur. Le taux de bactérie est raisonnable mais les règles sont stricte dans le thermalisme est c’est tout à fait normal. Nous faisons entièrement confiance aux gérants qui prennent toutes les mesures nécessaires pour une réouverture rapide. Les thermes sont un point central de la commune, d’ailleurs ils sont dans le nom du village.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 8 mai 2026) (L’Indépendant, le 8 mai 2026)

Grève des cliniques : mobilisation en masse et appel au préfet (L’Indep)

Ce jeudi, plus de 200 soignants et personnels en grève des cliniques privées Elsan manifestaient dans les rues du centre-ville de Perpignan. Une délégation a été reçue en préfecture.

Au 14e jour du mouvement de grève qui touche les cliniques privées du groupe Elsan des Pyrénées-Orientales, plus de 200 soignants étaient dans les rues de Perpignan hier. Le rassemblement, sur la place Catalogne, s’est ensuite transformé en cortège jusqu’à la préfecture, où les délégués syndicaux ont été reçus par le préfet Pierre Regnault de la Mothe et le directeur territorial de l’ARS, Franck Nivaud.

86 salariés sur 120 en grève au Floride

Si la clinique Saint-Pierre et Médipôle Saint-Roch sont au centre de la mobilisation depuis le vendredi 24 avril, ils ont été ensuite soutenus par la polyclinique Méditerranée où les salariés ont débrayé à plusieurs reprises, mais aussi par la clinique Le Floride au Barcarès.

« Nous ne savons pas ce qu’est une prime. Nous n’avons ni 13e mois, ni prime de participation, ni d’intéressement, ni prime de présence », pointaient des soignants de l’établissement au départ du cortège, représenté par Théo de la Cfdt. Au Floride, 86 salariés sur 120, cadres compris, sont en « grève illimitée » depuis le weekend dernier. Quelques salariés de la clinique Saint-Michel de Prades, du même groupe, devaient aussi se joindre au mouvement.

Après avoir scandé leur slogan dans les rues de Perpignan, « Elsan t’es foutu, tes soignants sont dans la rue », le mouvement a siégé devant la préfecture. Des prises de parole de soignants et même de patients en soutien au personnel sont venues renforcer les revendications, tandis que les délégués syndicaux étaient reçus par le préfet.

« Ma priorité est de garantir la continuité des soins »

Une heure plus tard, la fin de l’attente, et des réponses ? « Nous avons formulé nos requêtes sur les réquisitions que nous trouvons abusives. Le préfet s’engage à regarder le quota des réquisitions par rapport au nombre de patients et nous demande en échange de bien aller à nos réquisitions », ont résumé les déléguées syndicales après le rendez-vous. Sur ses réseaux, le préfet relate : « J’invite les deux parties, directions des cliniques et représentants du personnel, à poursuivre et approfondir le dialogue afin qu’une issue soit trouvée rapidement. Il est important qu’une véritable négociation se tienne et aboutisse ».

Avant de justifier : « Ma priorité est de garantir la continuité des soins. C’est pour cette raison que j’ai décidé de procéder à la réquisition de certains agents, afin de garantir la bonne prise en charge des soins qui ne peuvent pas être reportés. Je suis préoccupé par la situation des chimiothérapies je demande que leur continuité soit assurée de manière systématique ».

Dans l’attente d’avancées majeures dans les négociations avec les directions respectives, pas prévues avant ce lundi 11 mai, le mouvement se poursuit.

Laura Morales (L’Indépendant, le 8 mai 2026)

Grève à la clinique Saint-Pierre. « On a le poing levé mais les poches vides » (L’Indep)

Ce mercredi matin, plusieurs dizaines de salariés de la clinique Saint-Pierre, en grève depuis treize jours, ont mis en place un barrage filtrant autour du rondpoint stratégique situé non loin de l’établissement, sur la RD900A. Pour certains d’entre eux, qui gagnent moins de 1 600 euros par mois, le non-déclenchement des primes d’intéressement et de participation est lourd de conséquences. La grève se poursuit aussi à Médipôle Cabestany.

Après treize jours de grève, ils sont toujours sur le pont. Ou plutôt sur le rond-point, pour le coup. Ce mercredi matin, les salariés de la clinique Saint-Pierre mobilisés pour leurs conditions de travail et leur pouvoir d’achat ont décidé de mettre en place, de 10h30 à midi, un barrage filtrant autour du giratoire qui jouxte l’établissement, sur la RD900A, à l’ouest de Perpignan.

« Comme nous n’arrivons pas à nous faire entendre, nous avons décide de faire une action coup de poing pour distribuer des tracts et discuter avec les usagers, leur expliquer pourquoi nous en sommes arrivés à ce stade », explique Emilie Didier, l’une des porte-parole du syndicat CGT de la clinique du groupe Elsan.

Jusqu’ici, les négociations avec la direction n’ont pas permis de parvenir à un accord pour mettre fin à la grève. Le principal point de crispation concerne le pouvoir d’achat. « Cette année, les primes d’intéressement et de participation que nous touchions en juin seront à zéro », rappelle Émilie Didier.

Or, les salariés, dont les rémunérations ne semblent pas mirobolantes, comptaient sur ces primes. « Avec la régulation du Smic et les avantages liés au Ségur, nous gagnons entre 1 500 et 1 600 euros net par mois, confie un brancardier. Il y a dix ans, entre les primes d’intéressement et de participation, nous touchions entre 1 500 et 1 700 euros de plus par an. Puis, ça a régressé d’année en année. Ces primes, nous en avons besoin : tout augmente. Cette année, pour les vacances, je pensais pouvoir aller une semaine au camping avec les enfants, mais vu qu’il n y a pas de primes, j’ai du annuler: On a le poing levé mais les poches vides… »

Une aide soignante en grève, qui gagne « 1 600 euros net par mois avec quinze ans d’ancienneté », acquiesce : « Ces primes nous servaient aussi pour le quotidien. Elles nous soulageaient en nous permettant de planifier nos dépenses Personnellement, je fais des toilettes à domicile le week-end en plus de mon travail. » Une infirmière avec seize ans d’ancienneté indique pour sa part toucher 2 100 euros par mois en comptant « la prime de nuit, le Ségur et la prime technique ».

Au-delà des salaires, les grévistes présents sur le rond-point avec leurs gilets fluorescents étaient également nombreux à évoquer des situations de sous-effectif. Une ancienne salariée de la clinique venue en soutien confirme : « J’étais agent de stérilisation au bloc pendant vingt-cinq ans. Quand j’ai commencé, on était douze. Maintenant, elles ne sont plus que quatre à temps plein et une à mi-temps. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 7 mai 2026)

La CGT66 soutient les grévistes des cliniques ELSAN et appelle à la mobilisation

Madame, Monsieur,

Ce mardi 5 mai, Madame la députée Sophie Blanc a exprimé son « entier soutien aux personnels soignants mobilisés dans les cliniques privées du groupe ELSAN dans les Pyrénées-Orientales ». Dont acte.

La CGT66 rappelle que les salarié.es et grévistes des cliniques ELSAN n’ont rien à attendre de l’imposture du Rassemblement National.

Pour preuve, l’extrême droite dit soutenir celles et ceux réclamant une augmentation des rémunérations. En réalité, les propositions du Rassemblement National concernent un allégement des cotisations sociales payées par les employeurs, une défiscalisation des heures supplémentaires… En d’autres termes, une diminution du salaire socialisé, impactant ainsi directement le financement de la sécurité sociale (assurance maladie, retraite, famille…).

Pire, quand il s’agit d’augmenter les salaires minimaux, l’extrême droite s’y oppose et vote contre les propositions.

Ainsi, elle a voté contre l’augmentation du SMIC à 1.500 € ; contre l’indexation des salaires sur l’inflation ; contre l’encadrement des salaires, cela afin de satisfaire les intérêts du grand patronat et du MEDEF.

Quand le 20 avril dernier, les dirigeants du Rassemblement National se réunissent avec le MEDEF, ce n’est pas pour les convaincre d’augmenter les salaires et d’améliorer les conditions de travail des travailleurs et des travailleuses mais bien pour les soutenir dans cette entreprise de casse sociale et syndicale !

Pour rappel, sur notre département des Pyrénées-Orientales, le président du MEDEF66 n’est autre que Julien Coulomb, président de la clinique saint Pierre, qui depuis 2 semaines est perché dans sa tour d’ivoire et refuse toute négociation avec les grévistes.

ELSAN est le premier groupe de cliniques privées en France avec 217 établissements. Il a racheté des cliniques à la pelle, avant de tailler dans les salaires et les conditions de travail, pour rentabilité toujours plus grande pour ses actionnaires. De l’argent, il y en a mais il va directement dans les poches de fonds d’investissement et de banques. Ainsi le français Ardian et l’américain KKR sont les principaux actionnaires d’ELSAN et exigent une rentabilité accrue pour dégager des dividendes.

Actuellement, il y a une vingtaine de cliniques du groupe ELSAN en France qui se mobilisent par la grève et les débrayages dont 4 dans les Pyrénées-Orientales.

Les salarié.es en ont ras le bol et se mobilisent légitimement par la grève pour gagner l’amélioration de leurs conditions de travail afin d’assurer leurs missions de service public et de soin aux patients et contre la baisse de leurs salaires (non augmentation des salaires et absence cette de primes d’intéressement et de participation cette année alors que le groupe ELSAN dégage des bénéfices).

La CGT66 s’indigne d’un communiqué opportuniste et hors sol d’une élue Rassemblement National.

La CGT66 soutient les salarié.es au quotidien pour leur permettre de s’organiser afin de se mobiliser pour gagner sur leurs revendications.

Ce jeudi 7 mai, nous serons auprès des grévistes et des salarié.es des cliniques ELSAN pour une manifestation qui partira à 14h de la place de catalogne à Perpignan et nous appelons à son élargissement.

Dans l’attente que vous diffusiez ce communiqué de presse, nous vous invitons à couvrir ce rassemblement.

Cordialement,

L’Union Départementale CGT66

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4115 – vendredi 8 mai 2026)

L’édito de René Granmont. Garde à vous ! Une deusse, une deusse…
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Libérez Christophe Gleizes
Thuir. Commémoration des mémoires de la traite de l’esclavage et de leur abolition

Focus

Rivesaltes. Comment camoufler la disparition d’une usine ?

L’événement

Elsan. Elles et ils tiennent bon !
Dernière minute
Solidarité avec le personnel en grève !
Elsan pas bon !

Département

Un premier Mai de lutte
Perpignan. Le 1er Mai appelle une vérité : rien n’est donné, tout ce conquiert
Argelès-sur-Mer
Elne
Prades
Céret
Alénya
Repas convivial du PCF
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Salariés de la montagne. Un syndicat pour les pâtres
Conseil de prud’hommes. Les salariés rackettés !
Amélie-les-Bains. L’étonnant « couvre feu » du village suspendu par le tribunal administratif
Le P.O.T Rando’Club vous propose. Dimanche 10 mai 2026 – Saint-Laurent-de-Cerdan (Le mas Cremadells)
Les cinc arques. Capitol 9(4)

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Art et poésie. Une alchimie amicale
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Cabestany. Conseil municipal : un budget sous contraintes mais assumé (L’Indep)

Entre austérité imposée et maintien du service public, la majorité a défendu ses choix.

« Chacun sait combien le vote du budget constitue un moment essentiel de la vie locale ». En ouvrant la séance consacrée en grande partie aux finances, la maire Édith Pugnet a posé le cadre d’un exercice « contraint », marqué par l’instabilité nationale et une baisse continue des ressources.

Sur les 26 affaires inscrites a l’ordre du jour, dont deux retirées, dix portaient sur le budget, toutes adoptées à la majorité des voix.

Présidant le nouveau conseil municipal constitué de 36 membres de la majorité et 7 pour l’opposition, l’édile a dénoncé « une construction budgétaire très délicate », évoquant une dotation globale de fonctionnement réduite à « peau de chagrin » et un système de péréquation amputant les recettes de plus d’un million d’euros.

« C’est un effet ciseaux », a-t-elle résumé, « entre recettes en baisse et dépenses en hausse, notamment sous l’effet des mesures nationales sur les personnels. Malgré ce contexte, la commune tient bon », affirmant « croire à la force de la solidarité » et défendre « un service public fort ». Les délégations au maire restent inchangées, les indemnités des élus reconduites à l’identique de la précédente mandature et les commissions structurées autour de trois pôles majeurs : finances, culture et sport, travaux. La commission d’appel d’offres (CAO), « très importante », sera présidée par Hervé Blanchard, 1er adjoint, chargé des finances.

Sur le plan financier, ce dernier a présenté un compte excédentaire grâce aux reports, malgré des dépenses supérieures aux recettes. « C’est un choix raisonnable », a-t-il plaidé en défendant une hausse de 1 % de la fiscalité, destinée à absorber la hausse des coûts énergétiques et des charges de personnel. « L’imposition à Cabestany reste bien en deçà des autres communes », a-t-il insisté.

Contestée par l’opposition, cette augmentation interroge. « Veut-on appauvrir les prestations ou maintenir un service publie prioritaire ? », a rétorqué la maire, annonçant une future consultation des habitants sur le sujet. Le Centre communal d’actions sociales (CCAS) a vu sa subvention annuelle validée, confirmant l’attention portée aux politiques sociales.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 6 mai 2026)

Le prochain conseil municipal se tiendra lundi 18 mai.

Rivesaltes. « Nous ne voulons pas mourir en silence » : 32 emplois en sursis (L’Indep)

Les salariés de l’entreprise Bucher Vaslin montent au créneau. Le fabricant de matériel viticole, basé à Rivesaltes, a présenté un plan de sauvegarde de l’emploi concluant au licenciement de 32 des 36 salariés du site. « On ne veut pas mourir en silence », alertent-ils, espérant un éventuel repreneur.

Un symptôme supplémentaire de la crise qui frappe la filière viticole. Bucher Vaslin, entreprise située à Rivesaltes, dont la maison mère est basée à Chalonnes-sur-Loire, a présenté un plan de sauvegarde de l’emploi, le 4 mars 2026, à ses salariés catalans. « Ce plan entraine la suppression de 32 emplois sur les 36 que compte le site de Rivesaltes », alarment ces salariés, exprimant « leur vive inquiétude ».

« Ce PSE signe l’arrêt définitif de la production sur le site catalan : un véritable coup de tonnerre pour les salariés du fabricant d’équipements vinicoles de renommée internationale, indirectement impacté par la crise traversée par le secteur viticole », précise un communiqué signé par 27 collaborateurs.

« L’activité devrait être transférée vers le site de Chalonnes-sur-Loire (qui emploie 238 personnes), et les salariés ont d’ores et déjà, et à leur plus grand désarroi, été contraints d’expédier une partie de leur stock et de leurs machines-outils vers l’usine châlonnaise », insistent-ils.

À Rivesaltes, Bucher Vaslin fabrique notamment des machines à trier le raisin, des tapis automatiques pour transporter le raisin. Anciennement Mercier Sanchez, fondé dans les années 1960 à Perpignan, le site avait été racheté en 2001 par Vaslin Bucher, avant de passer complètement sous la gouvernance de la multinationale suisse Bucher Industries en 2006, devenant Bucher Vaslin.

« L’annonce du PSE a été brutale. Artificiellement, la direction va maintenir l’emploi d’une poignée de salariés du bureau d’études, lesquels ne seront à l’évidence pas maintenus à terme sur le site de 12 000 m2, désormais largement surdimensionné. Nous ne voulons pas mourir en silence », ajoutent les salariés. « Peut-être qu’un repreneur peut être intéressé. »

Et d’ajouter : « Cette suppression d’emplois massive survient dans un contexte de croissance économique du groupe Bucher Industries, dont le chiffre d’affaires atteint 3,1 milliards d’euros en 2025 pour un bénéfice net de 251 millions d’euros. Sacrifieront-ils des emplois au bénéfice de la rentabilité ? »

Deux mois après l’annonce du PSE, les salariés s’inquiètent d’autant plus que « le bassin d’emplois n’est pas réjouissant ». Ils réclament : « Le respect des procédures légales imposées par la fermeture, de fait, de leur établissement ; l’ouverture de véritables négociations avec la direction, prenant notamment en compte la situation particulière du site de Rivesaltes et de son bassin d’emploi ; l’intervention des pouvoirs publics (commune de Rivesaltes, conseil départemental, région, préfecture, DREETS) afin de s’assurer du respect des droits des salariés et un plan d’accompagnement, de mobilité et de reclassement à la hauteur des enjeux sociaux ».

Après des années de sécheresse, une chute de la consommation, des caves coopératives majeures en souffrance (Arnaud de Villeneuve, GICB…), deux campagnes d’arrachage, ce conflit social est un nouveau coup dur pour la viticulture catalane.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 6 mai 2026)

Jointe, la direction de Bucher Vaslin n’avait pas encore répondu à nos sollicitations ce mardi soir.

La grève se poursuit à Médipôle et Saint-Pierre, plusieurs actions annoncées (L’Indep)

Toujours pas de sortie de crise en vue du côté des cliniques Médipôle de Cabestany et Saint-Pierre de Perpignan. Ce mardi, les grévistes des deux établissements du groupe Elsan ont, chacun de leur côté, décidé de reconduire à nouveau le mouvement entamé le 24 avril dernier.

« La direction campe sur ses positions », déplore Anne-Laure Affani, la déléguée syndicale CGT de Médipôle, où le mouvement est également soutenu par la CFDT. Pour mémoire, ici, les syndicats réclament notamment une amélioration des conditions de travail, ainsi que l’octroi d’un 13e mois afin de maintenir le pouvoir d’achat des salaries.

Même topo du côté de Saint-Pierre, où la direction propose, selon les grévistes, « une prime de partage de la valeur de 200 euros nets, 132 euros en moyenne en plus de la prime de fin d’année et l’ouverture de négociations sur l’accord d’intéressement ». Alors que les syndicats (CGT et CFTC) demandent une prime pérenne de 1 500 euros et une prime de partage de la valeur de 800 euros, ainsi qu’une augmentation générale progressive de 10 % sur quatre ans. En plus, la aussi, d’une amélioration des conditions de travail.

Le blocage d’un rond-point envisagé

Ce mercredi 6 mai, les grévistes de Saint-Pierre envisagent de bloquer le rond-point situé à côté de la clinique à partir de 10h30. Les salariés des deux structures comptent également manifester ce jeudi, à la mi-journée, à Perpignan, entre le tribunal des prud’hommes et la préfecture. L’horaire exact reste à définir.

De son côté, le groupe Elsan estime pour sa part que « des propositions comprenant des avancées significatives ont été faites » dans les deux établissements. La direction de Médipôle ajoute qu’un service minimum « couvrant l’ensemble des activités » est mis en place depuis le début du mouvement, notamment pour « assurer la continuité des soins des patients déjà hospitalisés » et « la prise en charge des urgences non différables ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 6 mai 2026)

Argeles-sur-Mer. Le 1er mai à Argelès… la tradition respectée (L’Indep)

Deux traditions se croisent chaque 1* mai à Argelès : l’incontournable défilé des travailleuses et travailleurs traverse le grand vide-greniers installé dans les rues et places du centre-ville. Les Argelésiens se débarrassent d’objets devenus encombrants et inutiles, d’autres cherchent à faire de bonnes affaires, et bien sûr, il n’est pas interdit de participer aux deux évènements !

C’est devant l’hôtel de ville, en milieu de matinée, que les représentants de plusieurs syndicats et leurs sympathisants se sont retrouvés: la CGT, organisatrice, avec son Union locale d’Argelès Côte Vermeille, mais aussi le PCF, la FSU, FO… La foule n’est pas énorme. André Sibrac, trésorier CGT confie : « Ce sont les vacances. Les jeunes sont en vacances, les vieux gardent les enfants. C’est compliqué ! ».

En attendant le départ du cortège, il revient sur des fondamentaux : « le 1er mai, c’est pour montrer l’unité des salariés ». Interrogé sur l’actuelle polémique autour de ce jour chômé, André explique : « On n’est pas opposé au travail ce jour-la, du moment que c’est sur la base du volontariat. Mais ça va devenir, comme le travail le dimanche : c’est plus du tout du volontariat. On va nous voler un jour férié ! ».

Un peu avant 11 heures, le défilé a quitté l’hôtel de ville, en musique, pour rejoindre la route nationale, puis le boulevard Édouard-Herriot. Il a traversé la place Gambetta, au milieu des exposants et des chalands pour remonter la rue de la République et retourner au point de départ. Un bain de foule bon enfant, très remarqué avec les drapeaux de la CGT et la musique, en boucle : le chant du 1″ mai et autres chansons contestataires et engagées : les Fatals Picards, Zebda…

De retour à l’hôtel de ville, la CGT a déclaré dans son discours : « Ils voulaient banaliser le travail le 1″ mai… Nous avons gagné une bataille mais ne nous y trompons pas : ils reviendront à la charge ! ». Les luttes locales ont été également évoquées, depuis les transbordeuses d’oranges de Cerbère en 1906 « dont le combat s’inscrit dans l’histoire ouvrière de notre territoire », jusqu’à aujourd’hui avec les aides à domicile de l’ASSAD d’Argelès, les salariés de CÉMOI, les dockers de Port-Vendres… Après un dernier appel à la mobilisation « pour les salaires, pour l’emploi, pour la justice sociale ». Et plus généralement pour les droits et liberté des travailleurs, l’assemblée a été invitée à partager un apéritif républicain offert par la municipalité.

M.-C. Canal (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

Grève dans les cliniques de Médipôle et Saint-Pierre : pourquoi le bras de fer se poursuit (L’Indep)

Hier, les salariés de la clinique Médipôle de Cabestany, en grève depuis onze jours, ont décidé de reconduire le mouvement Tout comme leurs homologues de la clinique Saint-Pierre de Perpignan, également propriété du groupe Elsan. Dans les deux cas, le dialogue entre les grévistes et la direction n’est pas rompu, mais les protagonistes ne parviennent pas à trouver de terrain d’entente.

Ils étaient une bonne centaine de salariés réunis devant l’entrée de la polyclinique Médipôle de Cabestany ce lundi matin, à l’issue le l’assemblée générale qui a une nouvelle fois reconduit e mouvement.

« On ne lâche rien », résume un gréviste vêtu d’un gilet orange fluo. « Nous reconduirons tant que nous n’aurons pas obtenu de réponses correspondant à nos attentes », confirme la déléguée syndicale CFDT Hélène Massé, selon qui trois rencontres infructueuses ont eu lieu avec la direction depuis le début de la mobilisation.

Ce que veulent les salariés? En plus d’une amélioration des conditions de travail (remplacements, etc.), ils réclament notamment un 13e mois qui équivaudrait à la pérennisation de la prime d’intéressement de 1 500 euros par an que chaque salarié touchait jusqu’ici pour un temps plein en vertu d’un accord à durée déterminée.

« Le mouvement a débuté car la direction voulait nous enlever cette prime », rappelle Hélène Massé. « Ces 1 500 euros, on les a depuis déjà longtemps. Ils contribuent a notre pouvoir d’achat. Les salariés comptent dessus. » La déléguée syndicale CGT de Médipôle, Anne-Laure Affani, con-firme. Et renchérit : « Avec un 13e mois, on cotise pour la retraite et les indemnités maladie, ce qui n’est pas le cas avec la prime d’intéressement. »

Négociations infructueuses

Les revendications sont du même ordre à la clinique Saint-Pierre de Perpignan, également propreté du groupe Elsan.

Ici, les salariés exigent « une prime pérenne de 1 500 euros et une prime de partage de la valeur de 800 euros pour compenser la perte des primes d’intéressement et de participation ». Ils demandent également une augmentation générale progressive de 10 % sur quatre ans, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail, jugées « dégradées » (« non-remplacements », « manque de matériel »).

Selon le syndicat CGT de Saint-Pierre, lors de la réunion avec la direction qui s’est tenue ce lundi après-midi, celle-ci a proposé « une prime de partage de la valeur de 200 euros net, 132 euros en moyenne en plus de la prime de fin d’année et l’ouverture de négociations sur l’accord d’intéressement ». Insuffisant aux yeux des salariés qui ont donc décidé de maintenir le mouvement.

Par ailleurs, ce lundi, les employés d’un troisième établissement du groupe Elsan, la clinique Le Floride du Barcarès, ont également débrayé de 15 heures à 16 heures.

Là aussi pour mettre en avant des revendications liées aux salaires (13e mois, revalorisation de l’ancienneté…) mais également aux conditions de travail.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

De son côté, le groupe Elsan indique par voie de communiqué que des rencontres ont eu lieu ce lundi entre représentants du personnel et direction à Médipôle et Saint-Pierre. II confirme que des propositions ont été formulées, mais sans les détailler, et affirme que le dialogue se poursuivra dans les prochains jours.