L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Un vent de révolte …

C’est un fait. Depuis une quinzaine d’années, les mouvements sociaux se sont plutôt affaiblis, en France comme dans le département. Les solidarités ont reculé. Les grèves et les débrayages ont été moins nombreux. Le monde du travail, du chercheur à l’ouvrier, a peiné à se faire entendre, malgré les syndicats et le soutien de partis de gauche. Les grandes manifestations locales ont presque totalement disparu.

Les arguments patronaux et gouvernementaux selon lesquels les caisses sont vides, les impôts trop dissuasifs et les travailleurs pas assez productifs voire fainéants, ont fini par dominer le débat idéologique. La pression du chômage et la promotion culturelle de l’individualisme ont continué de faire le reste. Découragement et pessimisme. Mais…

En un mois, celui d’avril, les choses ont quelque peu changé près de chez nous. Les salariés de Cémoi, massivement, ont tenu sept jours pour la dignité et les salaires. Une vingtaine de producteurs bio -éleveurs, maraîchers, fromagers, boulangers…- viennent de se doter d’un outil efficace à Ille-sur-Têt pour organiser le circuit court nécessaire et utile. Ils ont créé une association et seront opérationnels mi-mai. Des bergers et des vachers salariés saisonniers ont créé leur syndicat CGT pour se rapprocher les uns des autres, pour être solidaires et pour construire et obtenir une convention collective. Enfin, une majorité de salariés d’Elsan (Médipôle et Saint-Pierre) était encore en grève mercredi 29 pour leur dignité, le pouvoir d’achat et des embauches, et un meilleur service sanitaire à rendre aux patients.

On a souvent l’habitude de dire qu’« une hirondelle ne fait pas le printemps »,mais quand même, elle pourrait bien y contribuer.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4114 – vendredi 1er mai 2026)

L’édito de Michel Marc. Un vent de révolte

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La grève reconduite à Médipôle et Saint-Pierre (L’Indep)

Le mouvement de grève des cliniques Médipôle Saint-Roch et Saint-Pierre se poursuit et fusionne. Hier, après plus de quatre jours d’actions, les syndicats de chaque établissement se sont retrouvés à la clinique Saint-Pierre pour unir leurs forces. « Après notre assemblée générale et un deuxième rendez-vous avec la direction, sans accord trouve, nous sommes allés soutenir nos collègues de Saint-Pierre. On essaye de créer une action commune puisque nous avons les mêmes dirigeants. Demain matin (ce mercredi), c’est eux qui viendront à Cabestany », confie Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT de Médipôle, au cœur du mouvement avec le syndicat CFDT, représenté par Hélène Masse.

Les urgences restent ouvertes

Les personnels soignants, qui revendiquent de meilleures conditions de travail mais surtout une reconnaissance financière, se dirigeront en cortège vers l’ARS ce mercredi, puis jusqu’à la polyclinique Méditerranée de Perpignan, aussi groupe Elsan, en fin de matinée. « Il faut créer une dynamique pour marquer le coup », poursuit la déléguée syndicale. Elle précise par ailleurs que le PDG du groupe Elsan, Sébastien Proto, devait venir les rencontrer ce mercredi, « mais sa venue a été annulée ». Dans les services de la clinique, seul le premier étage reste ouvert. Les services de chirurgie et de médecine ont été regroupés et accueillent 36 patients au total. Les urgences restent ouvertes.

À la clinique Saint-Pierre, les revendications écrites ont été déposées au directeur Julien Coulomb ce mardi a 11 h. Les déléguées syndicales, Charlotte Bailly (CGT), Aurélie Stéfani (CGT) et Florie Bejat (CFTC), ont ensuite été reçues à 17 h 30.

« Aprés nos propositions, le directeur n’est pas contre une prime pérenne, mais pas de 1 500 € comme demandé, il n’est pas contre non plus une prime ‘one shot’ de 800 €. Il refuse cependant la prise en charge des jours de grève », confient-elles. L’augmentation salariale de 10 % progressive sur quatre ans a été refusée. Le directeur se serait engagé à étudier la qualité de vie au travail, tout comme un avenant sur l’accord d’intéressement avec un seuil déclencheur plus bas. « Mais pour lui, la seule condition est que le service de chimiothérapie arrête la grève et reprenne. Ce que refusent les salariés car ils considèrent cela comme du chantage », ajoutent les déléguées syndicales. La grève est donc reconduite. Et un nouveau rendez-vous calé aujourd’hui à 14 h.

L. Morales (L’Indépendant, le 29 avril 2026)

Manque d’effectif, surpopulation… les surveillants bloquent la prison (L’Indep)

Ce lundi, les surveillants pénitentiaires de la prison de Perpignan ont débrayé pour dénoncer des conditions de travail devenues « insoutenables ».

La tension monte. Une nouvelle fois. les surveillants du centre pénitentiaire de Perpignan tirent la sonnette d’alarme. Ce lundi 27 avril, à l’appel de l’Ufap-Unsa Justice, ils étaient une centaine à débrayer pour dénoncer des conditions de travail devenues « insoutenables ». Pour réclamer des mesures urgentes face à la surpopulation carcérale et au manque de personnel, les fonctionnaires ont bloqué l’accès à l’établissement.

Au cœur de la mobilisation, une pression carcérale record. Un taux d’occupation qui frôle les 300 % avec des détenus contraints de dormir au sol, jusqu’à 7 par cellule. « Un stop écroue continuelle » déplore Pierre Grousset, le représentant local du syndicat, jugeant la situation « explosive et tendue ». Le syndicaliste pointe aussi et surtout un déficit d’effectifs et une multiplication des agressions contre les surveillants « On est quasiment à 300 % de taux d’occupation. Il ne reste plus une place. Aujourd’hui, la seule place disponible, c’est un matelas au sol. Les tensions entre détenus se multiplient. Tout comme les agressions envers le personnel », martèle-t-il.

Mais au-delà de la surpopulation, c’est également le manque criant d’effectifs qui cristallise la colère. A Perpignan, 39 postes sont actuellement vacants. Résultat : « Les agents enchaînent les heures supplémentaires, parfois jusqu’à 40 heures par mois, avec des compteurs qui explosent. On a des postes découverts en permanence. A certains endroits, on devrait être trois, on est deux : Ca nous met en danger ».

Pour Sabrina et Julien, surveillants depuis respectivement 16 et 18 ans, le constat est sans appel. « Les conditions se dégradent d’année en année. Rythmes de travail intenses, rappels sur les jours de repos, sentiment d’insécurité… On en vient même à douter de notre avenir dans le métier. »

Face à cette situation, les revendications sont claires. Davantage de personnel et un désengorgement rapide des établissements. « On veut un plan massif. Peu importe comment, mais il faut des agents. » Le mouvement pourrait se poursuivre. Aucune date de reprise n’est encore fixée.

Driss Chaït (L’Indépendant, le 28 avril 2026)

Les bergers et vachers catalans ont désormais leur syndicat (L’Indep)

Un syndicat des pâtres des Pyrénées catalanes CGT est en cours de création en cette fin de mois d’avril. Face à la précarité et à l’isolement, ces bergers veulent faire entendre leur voix et obtenir une reconnaissance de leurs conditions de travail.

Le métier de pâtre, ou berger, rime souvent avec un sentiment de liberté, au milieu de la nature, entouré d’animaux… Mais cette activité comporte aussi des difficultés souvent oubliées. En cette fin de mois d’avril, un nouveau syndicat des pâtres est en cours de création dans les Pyrénées Orientales. Une initiative pour que les cinquante à soixante-dix bergers et vachers saisonniers du département puissent être entendus et soutenus par la force du collectif.

Pour Samy, porteur du projet et pâtre depuis six ans dans le massif du Canigó, le point de départ de ce regroupement est « l’amour du métier ». Mais un contexte particulier est venu renforcer cette idée, celui de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a frappé le département les mois derniers. « Je fais partie des rares salariés qui ont perdu leur troupeau. Pendant la DNC, on a vu tout l’emballement médiatique, tous les protagonistes du monde agricole opérer, prendre la parole, mais la conclusion qu’on en a tirée, c’est que le salariat est totalement invisibilisé », insiste-t-il. Ainsi, à l’image du syndicat de l’Ariège, il a décidé de « suivre l’exemple », pour avoir une reconnaissance de leurs conditions.

Sophie, ouvnère agricole en élevage de vaches à Puyvalador, témoigne de son activité : « Il faut être très à l’écoute. Il faut qu’on partage la montagne, alors on a parfois des difficultés avec les gens qui se promènent, qui vont laisser les portes ouvertes… On s’inquiète, pourvu que les bêtes ne sortent pas sur la route, qu’il n’y ait pas d’accident, que les gens ne donnent pas pas des choses à manger qu’il ne faudrait pas, etc… »

Mais aussi sur le plan physique : « On est seuls face aux éléments, parfois il n’y a pas de couverture réseau, il y a des risques avec l’orage. Et nos cabanes ne sont pas en super bon état, il y a à peine de l’électricité et de l’eau », précise un autre berger qui exerce en Cerdagne. Mais Samy tient à rappeler que ces situations sont « très diversifiées » et dépendent des estives dans lesquelles ils travaillent.

Ainsi, ils souhaiteraient « une convention collective spécifique à leur activités », qui leur permettrait notamment de revaloriser leur temps de travail. Mais aussi pouvoir discuter des logistiques de ravitaillement de la nourriture, ou de la gestion et de la formation de leur chien, en dehors de la saison. « Si nos conditions sont améliorées, on fera mieux notre travail », concluent-ils.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 28 avril 2026)

Ille-sur-Têt. Qui a volé la plaque rendant hommage à ces sœurs déportées ? (L’Indep)

La disparition de la plaque de rue des sœurs Juliette et Marcelle Molins, à l’angle de la rue Maurice Iché (route de Saint-Michel), le jour de la cérémonie nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, qui a eu lieu ce dimanche 26 avril au cimetière las Castillounes, en présence des élus, a semé un émoi au sein de la population illoise. Jérôme Panilla, président de l’association des Pavés catalans de la mémoire a tenu réagir. « Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation. C’est en ce jour hautement symbolique qu’une main haineuse a choisi de dérober la plaque de rue au nom des sœurs Molins, résistantes, déportées à Ravensbrück ».

Rappelons que Juliette et Marcelle Molins, résistantes, ont été arrêtées par les Allemands le 25 avril 1944 dans la Maison de la presse qu’elles tenaient sur l’avenue Pasteur, a Ille, avant d’être déportées vers le terrible camps de Ravensbrück où, dans des conditions de détention très dures, partageant notamment le sort de Geneviève De Gaulle Anthonioz, elles ont survécu à ce voyage en enfer.

Des années plus tard, Juliette Lafont-Molins témoignera souvent de son expérience auprès des élèves du collège et rédigera d’excellents articles dans les Cahiers des amis du vieil Ille.

O. A. (L’Indépendant, le 28 avril 2026)

Sans accord trouvé, la grève continue à Saint-Pierre et Médipôle (L’Indep)

Hier, le mouvement de grève a été reconduit dans les cliniques Médipôle Saint-Roch à Cabestany et Saint-Pierre à Perpignan. Le personnel dénonce ses conditions de travail et une absence de primes. Les délégués syndicaux ont été reçus par les directeurs des établissements.

Depuis ce vendredi 24 avril, les personnels soignants des cliniques Médipôle Saint-Roch à Cabestany et Saint-Pierre à Perpignan sont en grève. Ils dénoncent leurs conditions de travail, mais surtout l’absence de prime (intéressement et participation) du groupe Elsan, dont toutes les deux font partie.

Pour rappel, les salariés de la clinique Médipôle Saint-Roch pointent l’absence de prime de participation pour cette année 2026, malgré une activité qui progresse (+ 2,3 M € entre 2023 et 2024). Et des moyens humains qui ne suivent pas. « Nous avions aussi une prime d’intéressement de 1 500 € nets pour un temps plein, soit l’équivalent d’un 13e mois. Et la, ils veulent réduire », confie Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT de Médipôle. Ainsi, les personnels revendiquent une transformation de l’intéressement en 13e mois ou en prime, une subrogation des salaires en cas d’arrêt maladie, une amélioration des conditions de travail et une compensation de la perte de participation 2026.

Infirmiers, aides-soignants, secrétaires, ASH, pharmaciens, cuisiniers, brancardiers. La mobilisation est grande face à la situation. « On est là pour maintenir nos droits, nos acquis, qu’on soit reconnues », témoignent Marie-Jo, Nathalie, Marie-Carmen et Dominique du service de dialyse. « On veut bien soigner les patients, mais il y a beaucoup de contraintes et de moins en moins de personnels. On aimerait être plus entendus. Nous sommes une chaîne et nous travaillons tous ensemble », confient-elles. Les déléguées syndicales, Anne-Laure Affani (CGT) et Hélène Massé (CFDT), rappellent « qu’après trois réunions de NAO (négociation annuelle obligatoire), il n’y a pas eu de réponse ». Ce qu’elles attendaient ce lundi à 12 h après avoir été reçues par le directeur Valéry Folcher. « Une proposition a été faite de sa part, celle de remettre la prime d’intéressement, mais les salariés ont voté contre à l’unanimité. Le but, c’est d’obtenir quelque chose de pérenne, pas d’être dans l’incertitude tous les trois ans, à chaque échéance de négociation, avec la possibilité de se retrouver sans. C’est trop aléatoire », rapportent les déléguées syndicales. Le mouvement est donc reconduit pour la journée de ce mardi 28 avril. « On a besoin de moyens et de reconnaissance. On le fait aussi pour la prise en charge des patients. Sì la direction n’est pas là demain, on sait continuer à faire tourner la boutique, mais sans nous, tout s’arrête », concluent-elles.

Les syndicats à nouveau reçus par la direction aujourd’hui a 11 h

À la clinique Saint-Pierre aussi, ce lundi matin, les personnels soignants étaient vent debout pour exprimer leurs revendications. « Ce n’est pas un abandon de poste. Si nous sommes mobilises, c’est pour nos conditions de travail et une absence de prime d’intéressement et de participation. C’est la première année que nous n’avons rien. L’année dernière, on avait réussi à négocier environ 300 € pour l’intéressement », expliquent les déléguées syndicales, Charlotte Bailly (CGT),

Aurélie Stéfani (CGT) et Florie Bejat (CFTC), « C’est vraiment la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Les personnels demandent une enveloppe pour remédier à l’absence de primes et un engagement sur une augmentation salariale et les conditions de travail. Reçus par le directeur Julien Coulomb en début de soirée, il a été décidé de reconduire la grève aussi à Saint-Pierre. « Il nous a propose de n’ouvrir les négociations que si on arrête la grève. Mais le personnel refuse de reprendre le travail. Il nous recevra à nouveau demain à 11 h et souhaite qu’on lui apporte nos revendications par écrit », expliquent les déléguées syndicales.

Laura Morales (L’Indépendant, le 28 avril 2026)

Deux cliniques encore en grève (L’Indep)

Hier, les salariés en grève des cliniques Saint-Pierre à Perpignan et Médipôle à Cabestany ont décidé de reconduire le mouvement social initié la veille. « Une grève reconduite jusqu’à lundi midi », indiquaient les syndicats. Si une assemblée générale des salariés grévistes était programmée ce lundi à 11 h, la grève est maintenue jusqu’à la mi-journée, ce même jour, heure à laquelle la direction de la clinique a prévu de rencontrer les représentants du personnel.

« On a lu les déclarations du directeur de la clinique qui se dit ouvert au dialogue », indiquait à L’Indépendant Anne-Laure Affani, de la CGT Médipôle. « Maintenant, après les paroles, on attend les actes et que tout ça ne soit pas de la com’ ».

Depuis ce vendredi, les salariés de la clinique Médipôle Saint-Roch, rejoints par ceux de la clinique Saint-Pierre dans la soirée, ont déclenché un mouvement de grève à l’initiative de la CGT et de la CFDT, pour dénoncer « des conditions de travail qui se dégradent depuis des années ». Les salariés grévistes dénoncent aussi une remise en cause d’une éventuelle « prime de participation pour 2026 ».

La direction de la clinique, par la voix du directeur de Médi-pôle, Valéry Folcher, se disait surprise du mouvement mais aussi ouverte au dialogue.

« Les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont en cours, je devais revoir les syndicats le 6 mai pour faire le point et avancer. Nous prenons le temps d’étudier le sujet. J’ai donc été quelque peu étonné de ce débrayage ce (vendredi) matin. »

St. S. (L’Indépendant, le 26 avril 2026)