Nouveau parcours visiteurs au Mémorial du camp de Rivesaltes (L’Indep)

Lieu de mémoire essentiel à l’éclairage du passé autant que du présent, le Mémorial du camp de Rivesaltes bénéficie d’une refonte de son exposition permanente onze ans après son inauguration. Une réussite.

« Au Mémorial du camp de Rivesaltes, le passé ne dort pas. Il travaille le présent ». Ainsi parle celle qui y veille, sa directrice, Céline Sala Pons. Car la volonté de cette refonte est claire : le site doit être, doit rester, un lieu vivant connecté au présent et surtout pas un sanctuaire. « Nous n’avons pas voulu faire un musée plus moderne mais un lieu plus exigeant. Faire de la mémoire non un refuge mais un levier pour comprendre hier et penser demain », résume-t-elle encore.

Un archipel de l’internement

Dans cette optique, la monumentale table centrale est conservée. Émergeant de la presque pénombre qui enveloppe le cœur du Mémorial, elle permet de relier les différentes populations qui se sont croisées dans le camp. Plus de 60 000 hommes, femmes et enfants. Celles et ceux « qui ont tant souffert à Rivesaltes », souligne le site. Cette table pivot présente l’essentiel : les différentes périodes du camp et les différentes « intensités » d’internement, de déportation ou de relégation. Mais, et c’est la nouveauté, elle est désormais accompagnée de six ilots. L’ensemble forme un archipel de l’internement en France, entre 1939 et 2007. Une présentation inédite via cette « frise » qui court des exilés venus d’Espagne de l’ilot 1 à l’après-camp de l’ilot 6. Le choix du mot « ilot » renvoie intentionnellement aux baraquements qui poussaient sur ce camp militaire à mesure que l’histoire de France enfantait ses naufragés.

L’ilot 1 raconte la Retirada, l’ilot 2 le début de la Seconde Guerre mondiale et Vichy, l’ilot 3 braque (enfin) davantage les projecteurs sur les « Justes » du camp de Rivesaltes, l’Ilot 4 sur leurs pendants collaborateurs qui ont raflé et déporté, l’ilot 5 sur les harkis, la population la plus nombreuse jamais internée au camp, l’ilot 6 sur l’existence presque miraculeuse de ce Mémorial, longtemps laissé dans un oubli bien confortable.

Les « Justes » en lumière

« Depuis dix ans, le savoir historique sur le lieu et le vécu des différentes populations qui y ont été internées ou rassemblées a progressé », constate le président du Conseil scientifique, Laurent Joly. Les derniers travaux des historiens se trouvent ainsi valorisés dans le nouveau parcours muséal. Précisément « l’organisation des ilots, leur répartition entre l’armée (partie militaire du site) et le ministère de l’Intérieur (camp d’internement) seront montrées de manière plus claire mais aussi plus palpable qu’auparavant », annonce-t-il. « Le rôle du camp dans le dispositif génocidaire de l’été-automne 1942 en zone libre est lui aussi mieux connu depuis les travaux d’Alexandre Doulut(*), ajoute Laurent Joly. On sait désormais pourquoi tant de familles juives passées par Rivesaltes ont pu échapper à la mort, tandis que 2 300 individus ont été déportés à Auschwitz-Birkenau ». Le rôle des « Justes » mis en lumière. La refonte du Mémorial, très réussie, rend ainsi davantage justice à ceux qui y ont été enfermés et ceux qui leur ont porté secours.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 29 mai 2026)

(*) « La Déportation des Juifs de France, changement d’échelle » (CNRS Éditions).

Carole Delga. « S’ériger en gardien de l’Histoire »

Présidente du conseil d’administration de l’EPCC Mémorial du camp de Rivesaltes, Carole Delga est aussi, via la Région Occitanie, l’un des principaux soutiens de ce lieu de mémoire unique dans la région.

La Région investit plus d’un million d’euros(*) dans la refonte du parcours visiteurs du mémorial, qu’est-ce qui exigeait cet effort financier ?

Le Mémorial un lieu de la mémoire vivante de notre monde contemporain et son historiographie ne cesse de progresser. Nous nous devons de continuer à transmettre l’histoire des plus de 60 000 personnes qui y ont été internées. Je souhaite en cela rendre hommage à Jacques Chamoux, Joël Mettay et Claude Vauchez et à tous les militants de la mémoire qui ont œuvré pour qu’elle ne tombe jamais dans l’oubli. C’est la raison d’être de ce nouveau parcours d’exposition actualisé, modernisé et réalisé sous maitrise d’ouvrage de la Région, avec le soutien du Département et de l’Europe. Avec toujours la même ambition, celle que portait Christian Bourquin: faire du Mémorial un lieu de réparation, de réflexion et de transmission.

Ce lieu est évidemment politique, quel est son rôle en 2026, dix ans après son ouverture ?

Les attaques récentes portées par le RN contre le Mémorial et ses équipes doivent nous alerter. Elles sont le signe d’un glissement politique qui s’opère dans de nombreuses démocraties, où nous voyons à grande échelle se multiplier les tentatives de réécriture et de falsification de l’histoire. Je viens de sortir un livre sur Léon Blum et le procès de Riom qui résonne avec le moment que nous vivons, marqué par la réélection de Donald Trump, l’influence d’Elon Musk, le règne des algorithmes ou encore les ingérences étrangères. Lorsque le récit historique devient l’instrument de projets politiques, alors le danger n’est jamais loin et nous devons nous y opposer et rétablir la vérité des faits. C’est le rôle de ce Mémorial et de son conseil scientifique dirigé par Laurent Joly : Sériger en gardien de l’Histoire.

Le public des scolaires est très présent à Rivesaltes (20 000 par an), comment inciteriez-vous le grand public, dont la population locale, à rencontrer son histoire ?

Chaque année, les équipes pédagogiques du Mémorial travaillent avec les jeunes d’Occitanie pour opposer aux approximations les faits, les témoignages et les archives. Chaque année, la Région permet a de nombreux lycéens de se rendre à Auschwitz et Rivesaltes pour travailler sur le devoir de mémoire. Avec cette nouvelle exposition permanente, nous disons à tous les habitants d’Occitanie que cette histoire, celle de notre territoire, c’est leur histoire. La connaître, la comprendre, se l’approprier, c’est se porter garants de la démocratie de demain.

Recueilli par F. Michalak (L’Indépendant, le 29 mai 2026)

(*) Le coût total de 2,6 millions d’euros est supporté par les fonds européens FEDER (1,13 ME), la Région Occitanie (1,05 M€) et le conseil départemental des P.-O. (408000 €).

Alice Rufo. « Préserver ce lieu est une priorité »

Alice Rufo est ministre déléguée aux Armées et aux anciens combattants.

Vous serez ce vendredi à l’inauguration de la nouvelle muséographie du Mémorial du camp de Rivesaltes, ce sera votre premier passage ici. Qu’attendez-vous de ce nouveau parcours ?

Dès ma prise de fonction, j’ai exprimé le souhait de venir au Mémorial du camp de Rivesaltes. Celui-ci entre en pleine résonance avec la politique mémorielle du ministère des Armées et des Anciens combattants que je porte et que je souhaite perpétuer à travers les Assises du Monde combattant lancées en avril dernier. À l’heure où disparaissent les derniers témoins, il est essentiel de pouvoir conserver des traces de leurs témoignages et de savoir les restituer et les transmettre aux jeunes générations.

La singularité de ce mémorial est qu’il témoigne de l’enfermement de Républicains espagnols, juifs, harkis, tsiganes, soldats allemands, prisonniers FLN… un cas unique en France…

Cas unique et qu’il est important de conserver, encourager et soutenir. Le mémorial réussit à préserver et transmettre ces différentes mémoires, liées à la fonction du camp militaire de Rivesaltes comme camp de rétention entre 1941 et 1966 sans les opposer les unes entre elles, avec une approche scientifique qu’il faut maintenir. La nécessité de préserver ce lieu est apparue comme une priorité et a été portée notamment par Robert Badinter, parrain du Mémorial.

À Rivesaltes, des ossements d’enfants harkis morts au camp ont été exhumés et déplacés sans avertir les familles qui cherchent à identifier les leurs. Quelles informations a le ministère ?

Ce dossier, particulièrement sensible et douloureux pour les familles, est suivi de près par le ministère des Armées et des Anciens combattants. Nous souhaitons faire toute la lumière sur ces faits. Des réponses ont notamment pu être apportées aux familles. Je sais qu’il reste encore des zones d’ombre, des choix à faire par les familles concernées et avec la Ville de Rivesaltes. Nous continuons de travailler en lien étroit avec l’ensemble des acteurs locaux, bien sûr la préfecture et l’Office national des combattants. Je suis ce dossier et nous sommes régulièrement informés des avancées.

Vous faites un déplacement mémoriel dans le département, aussi à Port-Vendres et à Thuir avec des collégiens qui travaillent sur la déportation des juifs de Rivesaltes. Comment l’État soutient-il la transmission de ces mémoires ?

Le monument à la mémoire des militaires français portés disparus en Algérie de Port-Vendres est érigé, grâce à l’accueil de la ville et à la générosité de plus de 2 500 donateurs individuels, de 150 associations et au concours du ministère des Armées. Il est le produit d’un double combat politique et archivistique de l’association Soldis et de son président le général Foumier qui se consacre à la reconnaissance et la découverte des soldats français encore disparus de la guerre d’Algérie. Ce travail de mémoire et de transmission est d’autant plus important ces temps-ci que les mémoires sont instrumentalisées par certaines forces politiques. Comme l’a rappelé le Président de la République lors de sa visite à Alger en 2022, c’est une force que de pouvoir regarder l’histoire en face.

Vous étiez vous-même en Algérie au début du mois…

Oui, c’était l’un des sujets abordés avec les plus hautes autorités, et c’est pour cela que j’avais souhaité convier l’historien Benjamin Stora dans ma délégation. Ce travail nous devons le conduire avec lucidité. C’est pourquoi aujourd’hui j’ai également souhaité que Françoise Dumas, présidente de la Commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les Harkis et les autres personnes rapatriées d’Algérie, et Hocine Bouares, vétéran harkis, m’accompagnent. La transmission passe par notre jeunesse. A travers des projets pédagogiques comme ceux conduits avec le mémorial de Rivesaltes les élèves se confrontent au défi que constitue la recherche de la vérité dans les archives. Cela contribue aussi à développer chez eux les ressources d’une citoyenneté renforcée. C’est précisément cette force que transmettent les enseignants du collège de Thuir à leurs élèves.

Recueilli par F. Michalak (L’Indépendant, le 29 mai 2026)

Pour la CGT 66, la grève « Elsan » était inévitable (L’Indep)

Au lendemain de la fin officielle du conflit social à Saint-Pierre et Médipôle les cégétistes font le point.

« Ce qu’ils ont obtenu, c’est ni plus ni moins une victoire ! » Si, à la sortie de la grève, ce lundi matin, les salariés et délégués syndicats affichaient un constat mitigé d’un mois de grève dans plusieurs établissements de santé du groupe Elsan, Julien Berthélemy, secrétaire départemental CGT 66, se félicitait des résultats obtenus. Entouré de trois camarades grévistes, il tirait le bilan de cette mobilisation syndicale lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi.

Reconduction de la prime d’intéressement pour cinq ans (environ 1 500 € nets), une prime unique de partage de la valeur de 500 € nets, une prime pérenne de 400 € nets et la création de groupes de travail pour parler des conditions de travail : tels sont les quatre acquis « arrachés de haute lutte par les grévistes syndicalistes des cliniques Médipôle et Saint-Pierre », a rappelé Julien Berthélemy.

Au surlendemain de la date officielle de la fin de ce conflit qui aura duré plus d’un mois à Medipôle Saint-Roch et presque un mois à la clinique Saint-Pierre, Julien Berthélemy était entouré d’Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT à la clinique Médipôle Saint-Roch, de Simon Ormeda, militant CGT, et de Sandrine Desmet, infirmière en oncologie et secrétaire générale de la CGT Saint-Pierre. Ils sont revenus sur les évènements. Et sur ces « victoires encore bien fragiles » ont-ils souligné d’une même voix.

« Cette grève était inévitable, les personnels soignants, pressurisés depuis des années sans pouvoir hausser la voix, devaient se soulever » a lâché Simon Ormeda. « Ce qui nous a poussés à tenir le coup contre vents et marées ce sont les encouragements et les soutiens de nos patients, et des passants » a soufflé Sandrine Desmet.

« Certes, il aura fallu 32 jours de grève à Médipôle et 26 jours à Saint-Pierre pour remporter la lutte, mais il y aura incontestablement un avant et un après ce conflit social de mai 2026 », a conclu sobrement le secrétaire départemental CGT 66.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 28 mai 2026)

L‘édito du TC par Jacques Pumaréda. Le bâillon

Le mouvement social à Saint-Pierre comme à Médipôle marquera durablement le paysage départemental par sa durée et l’intransigeance du groupe Elsan. Les menaces n’ont pas manqué, allant jusqu’à envisager la fermeture de la clinique Médipôle. A l’arrivée les grévistes actent le maintien d’un certain nombre de primes sans garantie pour la suite. Une intransigeance de la direction soutenue par le Préfet, bien timoré sur les revendications. Pas touche aux bénéfices du groupe Elsan et aux actionnaires, telle est la règle d’or et malheur aux revendications syndicales.

Dans une situation économique et sociale très tendue, alors que la question du pouvoir d’achat est au centre des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens, le patronat et le gouvernement s’appliquent à maintenir le couvercle sur une marmite en ébullition. Alors on dégaine l’arme répressive, on cible Sophie Binet secrétaire générale de la CGT, mise en examen une nouvelle fois pour diffamation publique pour avoir dénoncé la « répression patronale violente » chez le fabricant d’articles culinaires Tefal. Fabien Gay, directeur de publication du journal l’Humanité est également mis en examen. En décembre 2025, Sophie Binet avait fait l’objet d’une première mise en examen pour injure publique après une plainte de Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic. Au 30 mars, la CGT dénombrait 550 plans sociaux sur plus de 400 sites. Ainsi un signal de répression est lancé dans tout le pays. La liberté d’expression comme les libertés syndicales sont aujourd’hui en danger. Plus de 1000 militants et cadres sont inquiétés par des poursuites judiciaires ou disciplinaires dont cinq dirigeants confédéraux. La Confédération internationale des syndicats a déposé plainte devant l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour « dénoncer une procédure bâillon et les atteintes aux droits syndicaux en France. »

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4118 – vendredi 29 mai 2026)

L’édito de Jacques Pumaréda. Le baillon
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Libérez Christophe Gleizes

Focus

Elsan-Médipôle. Ils et elles ont repris le travail mardi 26

Événement – Rien pour le pouvoir d’achat – Des milliards pour l’armement

Prix des carburants. Quelques mesurettes annoncées par le gouvernement
Fabien Roussel. Revalorisation immédiate de 5 % pour les salaires et les pensions
Une société ultra)militarisée…
Protection sociale. La santé sacrifiée
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L’abricot du Roussillon
Maga dans les Pyrénées-Orientales
Les cinc arques. Capitol 10 (2)
Néfiach. Le marché festif fait son retour
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Dossier – Front populaire

Le Front populaire. Les forces en présence
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Congrès FGR. « La retraite doit être défendue, la place des retraites reconnue »
Indecosa CGT 66
Fiscalité. Promesse municipaale tenue !
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Céret. Le festival « La Moisson » est annoncé
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Les communistes ont fixé leurs priorités pour la ligne nouvelle du TGV (L’Indep)

La ligne a grande vitesse entre Perpignan et Montpellier divise toujours. Le PCF des Pyrénées-Orientales réclame un financement plus équitable et une LGV mixte, capable de réduire les émissions routières et d’éviter l’engorgement ferroviaire.

Le projet de ligne à grande vitesse (LGV) qui doit relier Perpignan à Montpellier est au cœur des débats depuis l’ouverture de l’enquête publique. La fédération du Parti communiste français des Pyrénées-Orientales (PCF) a partagé à son tour ses observations et ses priorités, à 48h de la dernière réunion publique qui se tiendra ce jeudi 28 mai à Rivesaltes.

Selon la fédération, deux remarques préalables peuvent être faites. La première, « accélérer la réalisation du projet, sous peine de ne pas être au rendez-vous de défis économiques et environnementaux vitaux pour le territoire ». La deuxième, un financement prévisionnel jugé « déséquilibré ».

« L’État a des moyens de légiférer pour aller chercher des ressources sur ces grands projets, mais 40 % des financements reposent sur les collectivités territoriales, ça veut dire payé par les habitants de la région, on considère ça complètement injuste », alerte Michel Coronas, porte-parole du PCF. Ainsi, pour conjuguer efficacité environnementale et sociale, Michel Coronas a réaffirmé les propositions qui semblent judicieuses au parti.

Tout d’abord, « s’inscrire dans la durabilité », en préférant un tracé du côté des Corbières et éviter celui du littoral qui serait sujet au recul du trait de côte. Ensuite, opter pour une LGV « mixte », avec transport de marchandises, face à l’urgence de « limiter les émissions de gaz à effet de serre sur la route ». Le PCF affirme également préconiser le tracé comportant le contournement de Perpignan (déviation ouest), afin d’éviter l’engorgement de la gare de Perpignan par les flux de trains de fret. Un contournement décrié, notamment du côté du Soler et de Baho, où le tracé est envisagé.

Ensuite, la volonté de recréer une nouvelle plateforme. « On sait que celles qui sont existantes n’utilisent pas le rail, ou très peu, c’est le cas de Saint-Charles. 90 à 95 % de la marchandise passe par la route », développe-t-il, proposant pour cela une implantation sur le site de Rivesaltes. Enfin, penser à la localisation de la gare voyageurs : « Il faut qu’elle ait un rôle de lien entre les lignes du quotidien. Par exemple, que quelqu’un qui serait Céret puisse changer à Perpignan et monter dans un TGV qui pourra l’amener à d’autres destinations, nationales ou internationales ».

En attendant, ils misent sur un plan d’urgence concernant les trains du quotidien. « On récupérerait immédiatement une part importante de trafic. Sur la ligne Perpignan-Villefranche par exemple, il y a environ 700 personnes quotidiennement. Ces 700 de moins qui sont dans les voitures ». À cela s’ajoute, pour le PCF, l’importance de rajouter des horaires et cadencements « plus adaptés ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 27 mai 2026)

Fin de la grève à Médipôle. « On se sent résignés et fatigués », une victoire en demi-teinte pour les soignants (L’Indep)

Après 32 jours de conflit social, la grève a la clinique Médipôle prendra officiellement fin ce mardi à 7 heures du matin. Un accord a été signé entre la direction et les syndicats ce lundi. Mais pour les derniers grévistes, cette victoire, qui ne leur apporterait pas de nouveaux droits, a un gout d’inachevé.

Trente-deux jours de lutte plus tard, les syndicats et la direction de la clinique Médipôle ont trouvé un accord. Une signature ratifiée en ce lundi de Pentecôte autour de quatre grands principes : la reconduction du contrat d’intéressement pour cinq ans (environ 1 500 € nets), une prime unique de partage de la valeur de 500 € nets, une prime pérenne de 400 € nets et la création de groupes de travail pour parler des conditions de travail.

« La lutte a payé », confirme la déléguée syndicale CGT Anne-Laure Affani. « Les vraies victoires sont les 1 500 € assurés pour les cinq prochaines années et l’émergence de l’idée d’une prime pérenne ». « Des avancées significatives ont, dans le cadre de cet accord, été réalisées par la direction », affirme le groupe Elsan dans un communiqué. « Permettant ainsi de renouveler le contrat d’intéressement, de finaliser les négociations annuelles 2026 et d’anticiper celles de 2027. »

La direction confirme la reprise du travail ce mardi à 7 heures. « Une attention particulière sera portée à la reprogrammation des soins qui avaient du être différés, afin de garantir aux patients une prise en charge rapide », précise encore la direction.

Cette signature sonne la fin d’un très long conflit social. Mais peut-être pas le glas. Car ce lundi 25 mai, dans les rangs dégarnis des grévistes, les derniers protestataires n’ont ni l’impression d’avoir gagné la bataille, ni celle d’avoir perdu la guerre. « De manière générale, nous n’avons pas eu ce que l’on voulait, c’est-à-dire une prime pérenne conséquente et des conditions de travail améliorées », confie une soignante. « Au final, nous avons juste obtenu le maintien de ce que la direction voulait nous supprimer. Mais nous n’avons gagné aucun nouveau droit alors que l’on continue de nous en demander toujours plus. »

Certains personnels ne s’en cachent pas, la reprise du travail ce mardi matin se fera sans optimisme. « Franchement, tout cela n’est pas très encourageant », confirme une salariée de Médipôle. « On se sent résignés et fatigués par la charge de boulot mais aussi par ces longues journées de conflit. Nous avons réussi à gratter le maintien de quelques acquis mais pour cinq ans à peine. Après, que se passera-t-il ? Cela ne va pas aller en s’arrangeant. »

Après trente-deux jours de lutte acharnée pour un conflit social qui aura mobilisé jusqu’au préfet des Pyrénées-Orientales et le tribunal administratif de Montpellier, comment reprendre un dialogue social serein au sein de la clinique Médipôle ? En s’adressant aux derniers grévistes présents ce lundi, la déléguée syndicale CGT, Anne-Laure Affani, tentait justement de recruter parmi les ultimes motivés.

« Nous avons réussi à mobiliser jusqu’à 300 personnes durant cette grève. Si vous voulez renforcer les équipes militantes pour faire des choses plus grandes, sachez que nous, nous ne lâcherons rien. Nous avons créé des liens entre les syndicats et les différentes structures. Nous allons les poursuivre car nous pourrions réaliser des choses encore plus grandes. Il nous reste des années à bosser, au moins jusqu’à 64 ans, nous devrons encore affronter de nombreuses luttes. »

Valéry Folcher, le directeur, assure ce lundi, lui, que « l’heure est désormais à la reconstruction collective, au dialogue et à la confiance retrouvée. Notre responsabilité commune est de recréer les conditions d’un fonctionnement serein, respectueux des engagements pris et résolument tourné vers l’avenir de notre établissement, au bénéfice des patients du territoire ».

À Médipôle, le dialogue social est ressuscité en ce lundi de Pentecôte. Les soignants vont retrouver un quotidien qui n’a rien d’un électrocardiogramme plat. « On a plutôt l’impression de devoir avoir six bras », lâchaient-ils en-fin.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 26 mai 2026)

Alénya. Le comité de jumelage visite les jardins familiaux (L’indep)

Le comité de jumelage a invité les deux classes de CM2 et CM1/CM2 à visiter les jardins familiaux. La rencontre avec les jardiniers présents a permis aux enfants de découvrir les différents fruits et légumes cultivés dans des conditions compatibles avec l’objectif de produits sains et bons pour la santé.

C’était l’aboutissement d’une année de travail avec ces deux classes dans le cadre des tandems solidaires d’Occitanie coopération. Les enjeux de la ressource en eau au Kenya, mais aussi en France, le refroidissement ici et là-bas, le changement climatique, autant de sujets abordés par les enseignants dans leurs classes. Une très belle exposition a été réalisée à cette occasion. Le droit à l’eau est un droit humain fondamental garantissant l’accès à une eau potable suffisante, salubre et abordable pour tous. La visite de la Maison de l’eau et de la Méditerranée (MEM) au Boulou, ainsi que des installations de Sud Roussillon ont illustré ces thématiques d’actualité. Le comité de jumelage salue les enseignants et toutes les personnes qui ont participé à ces initiatives.

L’Indépendant, le 25 mai 2026

Face à « l’ultime proposition » de la direction, la grève va être levée (L’Indep)

À près d’un mois du mouvement de grève qui touche la clinique Médipôle depuis le 24 avril, il semblerait que la mobilisation touche à sa fin. En effet, après la 3e médiation qui se déroulait hier entre les délégués syndicaux et le directeur de l’établissement, et malgré les propositions qui n’ont pas évolué, les syndicats et les salariés ont décidé de signer l’accord, annonçant la fin de la grève.

Ce vendredi 22 mai marquait le 3e jour de médiation entre les délégués syndicaux de la clinique Médipôle et le directeur, Valéry Folcher. À l’issue du rendez-vous et dans un climat tendu face à des négociations qui n’évoluent pas, il semblerait pourtant que le bout du tunnel soit proche.

Une avancée de quelques dizaines d’euros pour la prime de fidélisation

Pour rappel, les propositions de ces derniers jours restaient les mêmes : un intéressement plafonne à 1500 € sur 5 ans, avec un seuil de déclenchement toujours basé sur le nombre de séjours, une prime pérenne fixée à 400 € à partir de 2027, avec possibilité d’augmentation via les futures NAO (Négociations annuelles obligatoires), mais sans montant garanti à ce jour, un plan d’action sur les conditions de travail avec l’Aract (Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail), toujours sans engagement écrit concret, un étalement des jours de grève sur 2 mois et la possibilité de se faire payer les jours de récupérations pour compenser la perte de salaire.

Seul changement proposé a l’issue de la médiation du jour, une augmentation concernant la prime de fidélisation touchée par les salariés et liée à leur ancienneté: + 30 € brut pour les tranches 5-9 ans / 10-14 ans / 15-19 ans et + 50 € brut pour les autres tranches, « Le directeur a précisé que c’était l’ultime proposition qu’il pouvait nous faire », expliquait Hélène Massé, déléguée syndicale CFDT. Ainsi, à la fin des présentations des montants, une seule question était posée sur la table: continuer ou arrêter la grève ?

« Peu importe la décision qui sera prise, ces propositions ne sont pas acceptables mais quel choix nous reste-t-il ? C’est un compromis. On accepte parce qu’on n’aura pas le choix: Malgré la détermination, on sent que certains arrivent au bout. Nous sommes dans un tournant de notre lutte », ajoutait Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT, non sans émotion. « C’est dur de se dire qu’aujourd’hui la mobilisation permet juste de maintenir ce qu’on a ».

Sur place, un vote a été décidé pour faire le point sur les salariés en faveur d’une reprise ou non de l’activité dès lors que l’accord sera étudié « ligne par ligne » et signé. Une majorité des personnels soignants se sont positionnés pour. Cependant, comme expliqué par les délégués syndicaux, « l’expert-comptable et l’avocat doivent encore analyser les chiffres, les propositions et les engagements avant un retour définitif. Une décision finale ne pourra être prise qu’une fois tous les éléments validés et l’accord officiellement signé ». Mais c’est plus vite que prévu que les choses ont été faites, « Après vérification des différents éléments avec l’expert-comptable et après échanges avec la direction afin d’éclaircir les dernières zones d’ombre, le CSE a donné un accord de principe concernant le contrat d’intéressement, la clôture des NAO 2026 et le protocole de fin de conflit », déclaraient les délégués syndicaux hier en fin de journée. Une dernière assemblée générale est prévue ce lundi à 10 h devant la clinique Médipôle, suivie de la signature des accords. La fin de la grève est prévue pour mardi 26 mai dès 5 h.

Laura Morales (L’Indépendant, le 23 mai 2026)

Après les propositions, la décision pour les salariés…

Lors du vote de l’assemblée générale hier, les personnels soignants partageaient leur sentiment sur l’issue de ce mouvement de grève avant que ne soit communiqué la date de signature de l’accord et la levée de la grève pour mardi. « Nous avons voté pour la reprise si sur le papier tout est validé car on estime qu’ils devaient tout nous enlever, on ne devait plus avoir d’argent et là on se retrouve avec quelque chose de convenable. La seule chose qui n’a pas été abordée et qui est critique, ce sont les conditions de travail. Je pense que ça peut causer problème comme par exemple créer des tensions entre grévistes et non-grévistes. Ça fait 2-3 ans que c’est déplorable. On s’est battu certes mais certains seront sûrement démoralisés et ça va se répercuter sur les personnes qui ont envie de travailler », confiait Loïs, aide-soignante en médecine et néphrologie.

Quant à Sabrina, infirmière au bloc opératoire en salle de réveil, elle explique son choix de se positionner contre une reprise immédiate : « Je me suis mise du côté non, pas pour réfuter les propositions mais je ne veux pas les signer aujourd’hui. Je veux que les avocats voient les papiers et qu’on soit sûrs. Je suis pour qu’on attende mardi. On va accepter de toute façon, on n’a pas le choix, nous sommes dos au mur ». « Je pense que la reprise du travail va être compliquée. J’ai déjà prévenu ma cadre que je ne m’investirais plus comme avant. Je prendrai mes pauses repas et je terminerai à l’heure », assurait-elle.

Après 24h d’arrêt, les médecins reprennent leur activité

Jeudi, les médecins de la clinique Médipôle annonçaient suspendre leur activité opératoire en raison de « mauvaises conditions de travail et de sécurité » liée à l’incertitude de présence ou non de personnels soignants d’un jour sur l’autre. Mais hier, en fin de journée, le président de la Commission médicale d’établissement (CME), le Dr Frédéric Perrot, chirurgien viscéral, annonçait reprendre l’activité après avoir échangé avec le directeur de l’établissement ce jour et en vue de la fin du mouvement de grève.

« Nous allons reprendre petit à petit dès ce soir. Nous prendrons les urgences en fonction du nombre de lits disponibles ce week-end, nous sommes juste bloqués à ce niveau-là. Mais dès mardi, l’activité devrait revenir entièrement à la normale. C’est une bonne chose », confiait le médecin.