Train jaune ou Train rouge ? (L’Indép)

Le duel du jour de la rubrique de l’été de L’Indépendant oppose deux locomotives emblématiques du territoire. Plutôt choisir le Train rouge du Pays cathare, ou le mythique Train jaune aussi surnommé le Canari ? Entre vignobles et sommets pyrénéens, ces deux lignes racontent chacune à leur manière l’histoire d’un territoire.

Dès le quai, le débat et les passagers prennent place. D’un côté, le Train rouge traverse le Fenouillèdes entre Rivesaltes et Axat, à cheval entre les Pyrénées Orientales et l’Aude. De l’autre, le Train jaune revendique fièrement son ancrage montagnard en reliant Villefranche-de-Conflent à Latour-de Carol, au cœur du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes.

Le Train rouge, une excursion vers nos voisins

Les partisans du Train rouge mettent en avant son gout pour la surprise. Le voyage offre un condensé de paysages: vignobles réputés du Roussillon, falaises des Corbières ou encore la silhouette du château de Quéribus. Aux alentours d’Axat, tunnels, viaducs et jeux de cache-cache avec les eaux vives de l’Aude complètent le décor.

Train uniquement touristique, le Train rouge cultive aussi un certain sens de la fête. Train théâtre, train d’Halloween, train du Père Noël: difficile de lui reprocher un manque d’imagination. Roulant aujourd’hui au biocarburant, il mise également sur des innovations plus respectueuses de l’environnement.

Le Train jaune, ou l’indétrônable Canari

Face à lui, le Train jaune joue la carte du monument régional. Né au début du XXe siècle, ce projet porté par Emmanuel Brousse, d’ailleurs journaliste à L’Indépendant et élu local, devait sortir la Cerdagne de son isolement. Aujourd’hui encore, le « Tren Groc » (en catalan) serpente à 30km/h entre Villefranche-de-Content et La-tour-de-Carol. Une allure qui pourrait faire sourire les plus pressés, mais qui laisse tout le loisir d’admirer les superbes paysages pyrénéens.

Plus haut chemin de fer de France, il fonctionne grâce à un système électrique et est inscrit depuis 2002 au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le Train jaune assure d’ailleurs plusieurs rotations quotidiennes tout au long de l’année, quelles que soient les conditions climatiques. Il a même son comité de défense vigilant sur la poursuite de cette mission de services publics et refusant qu’il ne devienne qu’un train touristique.

Alors qu’importe la couleur du train, les rails invitent à découvrir deux voyages atypiques à travers le département, et un peu plus, et rappellent simplement la variété du territoire.

Lou-Ann Algay (L’Indépendant, le 26 juillet 2026)

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