Alors que le nombre de conseils de discipline au sein de l’établissement est passe de 11 à 43 par an entre 2023 et aujourd’hui, les enseignants du collège Camus viennent d’apprendre qu’ils vont perdre un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) à la rentrée prochaine. Un groupe de professeurs a décidé de se mettre en grève dès ce lundi.
La colère gronde parmi les enseignants du collège Albert-Camus de Perpignan. A la suite de la suppression annoncée d’un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) chargé d’organiser la vie scolaire, collectif de professeurs a décidé de se mettre en grève et de bloquer l’établissement dès 7h30 ce lundi 15 juin.
Il faut dire qu’à Camus, la situation en matière de discipline semble déjà difficile à gérer avec les effectifs actuels : « Après plusieurs courriers et une entrevue avec la direction des services départementaux de l’Éducation nationale pour l’alerter sur la situation du collège, nous venons d’apprendre que l’établissement perd des moyens de vie scolaire: de deux CPE à temps plein, nous passons à un CPE un à temps plein et un CPE à mi-temps. Or, nous faisons face à des conditions de travail de plus en plus difficiles. Cette année, sur 402 élèves, il y a eu 43 conseils de discipline pour des faits graves alors qu’en 2023-2024, il n’y en avait eu que 11. »
Le collectif évoque également « des faits de violence physique et verbale commis par certains parents ». Selon les professeurs : « Dans ce contexte, le rôle des CPE est vital pour le bon fonctionnement de l’établissement, le suivi et la sécurité des élèves. Nous qui sommes motivés par la réussite de nos élèves ne voulons pas être complices et victimes de cette dégradation des moyens alors que se jouent l’égalité des chances et l’apprentissage des valeurs de la République par nos élèves. »
Les enseignants précisent qu’ils avaient commencé à écrire à l’inspection dès février pour plaider en faveur du maintien de ce demi-poste de CPE dont ils appréhendaient la suppression. Ils soulignent par ailleurs avoir prévenu les parents d’élèves de leur action. « Nombre d’entre eux nous ont dit qu’ils nous soutenaient, assure une professeure investie dans la contestation. Certains nous ont même annoncé qu’ils comptaient venir avec nous lundi sur le parvis du collège. »
De son côté, l’inspection indique que la situation est liée au fait que « les moyens du plan tranquillité (qui avait permis la création du demi-poste de CPE au cœur du litige, NDLR) vont pour partie et progressivement être redéployés ». L’administration ajoute que dès l’origine, « ces moyens étaient annoncés comme une mesure provisoire ». Avant de conclure : « L’Éducation nationale est bien consciente de la situation et c’est donc l’attribution d’autres moyens qui sont actuellement à l’étude pour qu’au final, le volet médico-social et vie scolaire des établissements ne soit pas du tout impacté. »
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 juin 2026)
