Autour de 1 500 personnes ont défilé hier dans les rues de Perpignan à l’appel du centre LGBT + (lesbiennes, gays, bisexuels, trans et plus). Résolument festive, cette cinquième marche des fiertés organisée dans la capitale nord-catalane a mis l’ambiance en centre-ville, mais n’en était pas moins engagée contre toute forme de discrimination.
Musique électronique, pluies de bulles de savon, dragqueens, serre-tête licome, drapeaux multicolores… Vue de loin, la marche des fiertés ressemble à une grande fête. Mais il suffit de S’approcher pour en percevoir la dimension militante. « Les LGBT-phobies tuent », « Droits égaux pour tous », « Toujours lesbiennes, jamais RN » : certains slogans inscrits sur les pancartes parlent d’eux-mêmes.

« Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans la rue pour célébrer nos existences, nos histoires, nos amours, nos identités et nos libertés. Mais nous sommes aussi ici pour rappeler une réalité : les droits humains ne sont jamais définitivement acquis », a résumé lors de sa prise de parole Alexandra Puig, la présidente du centre LGBT + de Perpignan, qui portait l’initiative. « Aujourd’hui, nous sommes la malgré les insultes, malgré les discriminations, malgré celles et ceux qui veulent nous rendre invisibles. Nous sommes là pour défendre le droit de chaque personne à être pleinement elle-même, librement et sans contrainte. Nos différences ne nous affaiblissent pas : elles font notre force. »
Comme le veut la coutume, avant le départ du cortège de la place de Catalogne, ce samedi vers 15 heures, l’une des « sœurs de l’indulgence », Marie B des Anges, voile en broderie violette sur la tête, visage peint en blanc et lunettes noires, a prononcé sa bénédiction. En invoquant la protection de toute une ribambelle de saintes et de saints méconnus, dont notamment « Saint Dépistage sans qui rien n’est sûr ». Les participants ont ensuite défilé jusqu’au Castillet, avant de mettre le cap vers le palais des rois de Majorque. Dans une ambiance résolument festive, mais toujours empreinte en même temps de revendications.
« Encore aujourd’hui, c’est difficile de se sentir en sécurité en tant que personne LGBTQIA + », confie par exemple sur le chemin Arnaud, 35 ans, qui vient de quitter Paris pour Perpignan. « Juste se tenir la main ou avoir des vêtements un peu efféminés, on se pose la question avant de le faire. On est là pour montrer qu’on existe, qu’on se soutient les uns les autres. »
De son côté, Maxime, 32 ans, enveloppé dans un drapeau multicolore, est venu avec sa compagne et leur enfant. « Je veux montrer à ma fille que chacun peut faire ce qu’il veut. Mon frère est gay. Je participe à des marches des fiertés avec lui depuis que je suis petit. Ce sont de grands moments de fête et de partage. »
Selon la préfecture, cette 5e marche des fiertés perpignanaise a rassemblé environ 1 200 personnes.
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 juin 2026)
LGBTQIA + : lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer, intersexes, asexuels et plus.
