Incendies dans les Pyrénées-Orientales. Communiqué de presse du PCF 66

Après une période de sécheresse sévère de plusieurs années, voici le retour des grands incendies de forêt.

Les habitants des Pyrénées-Orientales sont à nouveau confrontés aux conséquences catastrophiques du réchauffement climatique dont nous n’avons de cesse de dire qu’il convient de le combattre prioritairement car ses conséquences touchent l’immense majorité de la population.

Dans cette situation de crise, la Fédération du PCF 66 souhaite tout d’abord exprimer sa solidarité avec les populations touchées par les conséquences des incendies, et dire toute son admiration à l’égard des personnels des services de sécurité et d’incendie, de ceux des services publics de santé, des communes, des élus qui se mobilisent pour atténuer les impacts du véritable drame qui se joue sous nos yeux.

Nous saluons également l’élan de solidarité qui s’exprime de manières diverses dans une grande partie de la population.

Cela nous amène à réaffirmer qu’il faut réinvestir dans les services publics et leurs personnels qui sont les garants d’une qualité de vie et de sécurité pour tous. Les politiques budgétaires d’austérité pilotées par l’État à la demande du Président de la République et soutenues par les formations de droite, et du Rassemblement National font mal à notre pays. Elles amoindrissent ses capacités d’action.

Alors que les dépenses militaires et pour le commerce des armes flambent, combien de temps et de moyens perdus pour renouveler le matériel de lutte contre les incendies. Canadairs, véhicules et personnels manquent cruellement.

Pour faire reculer le réchauffement climatique et ses conséquences il convient aussi d’investir localement et départementalement pour faire reculer les rejets de gaz à effets de serre.

Par exemple en mettant en service des moyens de transports collectifs et notamment de trains du quotidien, en remettant également sur le rail les transports de marchandises qui par exemple sont chargées à plus de 90% sur des camions au départ de Saint Charles.

Par exemple en mobilisant les fonds publics pour la construction ou la rénovation de logements correctement isolés dont plus de 22 000 demandeurs de logements sont privés dans les P.-O.

Le PCF a développé un ensemble d’analyses et de propositions dans son projet « Climat Empreinte 2050 » que nous vous invitons à consulter.

Passage à la fête du Travailleur Catalan d’une délégation de réfugiés accompagnée par le MRAP

Les 12 personnes migrantes adolescents jeunes majeurs, mamans… amenées à la fête par le MRAP étaient enchanté•es de leur participation à la fête. Ils tiennent à remercier pour l’accueil que chaque communiste de chaque stand leur a fait !

Les remerciements sont sincères parce qu’elles/ ils ont compris la valeur de ce que chaque communiste qu’ils ont rencontré leur a dit. Deux personnes d’entre elles ont même rencontré dans les allées des camarades qu’ils ont connus sur le lieux de travail ou au CADA !

Elle est pas belle vie chez les communistes ?

Elles ont eu la possibilité de passer en quelques heures un vrai moment de fraternité, de gaieté, de chaleur dans tous les sens du terme… !!!

Merci à Michel Coronas, le porte parole du PCF 66, d’avoir tenu à venir saluer et avoir des mots particuliers pour Boydeil, les autres n’ayant pas été en reste !!! Michel Coronas s’est chaleureusement et fraternellement entretenu politiquement avec elles et eux.

Les personnes migrantes avec ou sans papiers qui étaient là écoutent toujours avec la plus grande attention nos paroles et apprécient nos positions!!!! Eh oui ils ont souffert et savent voir les réalités.

Les personnes d’Afrique connues au MRAP et au RESF, quelque soit le pays d’où ils viennent connaissent, savent qui est Thomas Sankara. Certains ont connu L’URSS, comme les arméniens, les russes, les ukrainiens et d’autres.

Bref, la soirée s’est terminé en écoutant un groupe dont le chanteur chantait en Wolof, langue que les 4 africains présents et de pays différents comprennent. C’était top, les 12 personnes ont chanté dansé,

Un vrai bonheur !

Un énorme merci aux camarades et bravo pour leur implication à cette fête qui nous est si chère !

L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Hésitations et scrupules

Cet édito aurait dû évoquer la fête de notre journal. En toute logique. Trois pages y sont d’ailleurs consacrées, tant la richesse de ce qui s’y est passé est à mettre à l’honneur. Mais là, coup sur coup, une double actualité aussi affligeante qu’inquiétante s’impose.

La première actualité est celle de la canicule durable et de ses incendies associés dans le département et ailleurs. J’écoutais il y a deux ou trois jours, le cri de colère d’un éleveur de cochons de la plaine, du côté de Néfiach.

Il disait sa colère, son inquiétude, son soutien à ceux déjà touchés par les flammes et qui ont tout perdu. Tentant lui-même de gérer au mieux le phénomène destructeur dans son exploitation, nuits et jours, il accusait et disait à peu près ceci : « c’est des avions qu’il nous faut, en plus grand nombre. Au lieu d’abonder par milliards les financements pour le réarmement de la France, en mettre quelques-uns pour des équipements aéroportés supplémentaires qui, s’ils avaient été disponibles, auraient assurément réduit rapidement l’étalement de l’incendie à sa plus simple expression ». Qu’il entende notre solidarité sans faille.

Nicolas Garcia, dans un texte public « Gueule de bois », écrivait ceci : « Lutter contre les incendies difficiles à contrôler, les sécheresses, les canicules… nécessitera des investissements colossaux pour l’adaptation et dans le même temps il faut investir massivement dans la prévention c’est à dire la lutte contre ces bouleversements climatiques et le réchauffement qui va avec. En résumé acheter des camions de pompiers, des Canadairs, travailler les questions de l’eau et végétaliser, s’occuper des friches et de la forêt » et fustigeait les budgets militaires et le laxisme fiscal en rapport avec les ultrariches. Tout est dit. Saluons, malgré tout, l’immense élan solidaire spontané qu’il s’agira, dans les jours qui viennent, de bien organiser pour qu’il puisse agir en pleine puissance.

La deuxième, qui n’est pas sans importance, concerne le RN. Deux « coupables de détournements d’argent public », Marine Le Pen et Louis Aliot, restent qualifiés dans le jeu politique dit « républicain », et ils font les marioles.

Consternant et triste !

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4124 – vendredi 10 juillet 2026)

L’édito de Michel Marc. Hésitations et scrupules
Aliot reste en place !

Événement. La fête du Travailleur Catalan

Fiers !
La musique aussi pour faire la fête
Concert. Guiz (Tryo)
Concert. Sebah
Concert. Chat man et Veau doux
Concert. Chili sex magic
Débat. École public, école privée
L’eau ! Échange passionnant et passionné
La librairie au cœur de la fête

Département

Social. Un plan de sauvegarde de l’emploi dans les cartons
Perpignan. Marche citoyenne contre les violences sexuelles

Dossier – Les femmes du Front populaire 1936

Les grandes oubliées
Les grandes étapes des droits des femmes en France
Les femmes en grève
En grève pour les salaires
La grève, une affaire d’hommes ?
Les graines d’une nouvelle génération
Une première dans l’histoire de la République
Cécile Brunschvicg
Suzanne Lacore
Irène Joliot-Curie

Département

Démocratie locale. À Ille le maire veut casser le marché des producteurs
Les syndicats à vélo. Ils s’invitent sur le Tour, le vrai, à Carcassonne
Mobilisation humanitaire

Sport

Rugby à XIII. Le Toulouse Olympique écrase les Dragons Catalans : Humiliés
Les deux Tours

Culture

Où sortir ?
Le Chœur de chambre de Perpignan à 40 ans
Piano à Collioure. Le temps des récompenses
Prades. Le violoncelle en majesté
Festival. Du 18 au 26 juillet, les 67e Ciné-Rencontres de Prades

France

PCF. Le quarantième congrès du Parti communiste a bien eu lieu
Sénat. Eau, néonicotinoïdes, mensonges et surenchère
Néonicotinoïdes, le retour

Monde

Cuba. Revers cuisant pour les États-Unis

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Les misères de la nature
L’actu vue par Delgé

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Incendie dans les Pyrénées-Orientales : à Prades, la maire salue « la solidarité d’un territoire » face aux évacuations (ICI Roussillon)

Le feu dans les Pyrénées-Orientales n’est « pas fixé » mais « la surface de 4.900 hectares parcourus n’a pas progressé », indique le préfet du département ce mardi. 12.000 personnes ont été évacuées, certaines dirigées vers la commune de Prades. Sa maire, Aude Vivès, est l’invitée d’ICI Roussillon.

ICI Roussillon : Comment s’est passé cet accueil ? Comment est ce qu’il s’est organisé ?

Aude Vivès : Plutôt bien, dans la sérénité et surtout dans l’organisation et le pragmatisme. On a ouvert un certain nombre de salles sur réquisition après avoir complété les Halles du sport, le complexe sportif, le dojo. Donc progressivement, on a organisé, au fur et à mesure, l’accueil en fonction de l’arrivée des évacués.

ICI Roussillon : Combien de personnes est-ce que vous accueillez sur votre commune de Prades ?

Aude Vivès : Environ 600. Vinça est quand même une grosse commune. L’EHPAD a été logé dans l’internat du lycée. Ce sont des adaptations, des ventilateurs et qu’il faut déplacer, des couvertures qu’il faut trouver, des matelas, des picots, mais nos agents, nos élus, les volontaires bénévoles dans l’après-midi qui se sont à signaler, ont mis en ordre tout ce qu’il fallait pour que l’accueil se fasse au mieux.

ICI Roussillon : Vous parlez de l’EHPAD. C’est toujours difficile de déplacer ces personnes fragiles, vulnérables. Comment avez-vous fait ?

Aude Vivès : On l’a fait avec douceur, avec précaution, dans l’écoute, dans l’accompagnement. On a mis en place tout ce qu’il fallait. On a ouvert une salle climatisée pour les personnes vulnérables, pour les mettre dans les conditions les plus optimales pour passer ce moment un peu délicat. C’est une spécificité du Conflent et de Prades et je crois qu’on tient notre rang à ce titre.

ICI Roussillon : Il était question aussi d’en accueillir à la clinique de Prades. Est ce que ça s’est fait finalement ?

Aude Vivès : Tout à fait bien. L’hôpital, l’EHPAD, la clinique sont sont tous au maximum de leur accueil. Tout a été mis en œuvre pour que tous les habitants qui doivent subir ce déplacement, soient accueillis dans les conditions les plus confortables possible. Après, il y a eu aussi des communes qui se sont mobilisées et c’est aussi la solidarité d’un territoire. La coordination se fait avec les maires, les élus, les agents locaux et c’est cette solidarité là que que je retiendrai à tout niveau envers la population, envers les soldats du feu. Je crois qu’on montre ici une très belle image de notre département.

ICI Roussillon : On a entendu tout à l’heure sur notre antenne Patrice, de Rigarda, qui dort sur le parking du Super U de Prades, avec sa famille, avec ses animaux de compagnie. Il dit que finalement ça a été mal indiqué, que les personnes évacuées ne savaient pas où aller. Est ce que c’est aussi une réalité ça ?

Aude Vivès : Alors effectivement, au départ il y a eu un peu de confusion. L’indication du lieu d’évacuation n’a pas été n’a pas été donnée par les services de la préfecture. Donc on a eu besoin de mettre à l’entrée de Prades des policiers municipaux et des agents pour rabattre les personnes sur la halle des sports. Donc, ça fait partie malheureusement des erreurs qu’il a pu y avoir. Mais bon, on mettra tout en œuvre pour éviter qu’à l’avenir cela ne se reproduise. Et ces personnes sont tout à fait les bienvenues dans les différents lieux d’accueil. On a ouvert la piscine intercommunale pour qu’ils puissent aussi, dans ces journées de canicule, se rafraîchir et trouver des îlots de fraîcheur un peu partout dans la ville. Et l’accueil se fait pour les personnes comme pour les animaux. On a des chiens, des chats, des poules, des lapins, tout ce qui fait aussi le quotidien de notre territoire.
Donc s’il n’a pas été redirigé, qu’il n’hésite pas à se rediriger, il y aura tout pour l’accueillir. Là ce matin c’est petit déjeuner, ce midi déjeuner dans le restaurant intercommunal qui est mis à disposition et réquisitionné pour l’accueillir et le restaurer dans les meilleures conditions et avec des produits de qualité de nos producteurs locaux.

ICI Roussillon : Et justement, l’approvisionnement de toutes ces personnes évacuées de ces centres d’accueil. Ça a pu être une question , vous étiez pris entre le Tour de France d’un côté, le feu de l’autre côté. Est-ce que tout ça a été résolu ?

Aude Vivès : Alors du côté de la RD 66 vers Perpignan, nous n’avons pas d’approvisionnement. Les camions de notre supermarché principal ne peuvent pas passer, ni même la citerne d’essence parce les sapeurs pompiers sont prioritaires, évidemment, les professionnels de santé. Alors, c’est vrai qu’hier on était bloqués par l’arrivée du Tour de France, mais aujourd’hui, la solidarité va jouer et nous allons réquisitionner au fur et à mesure les supermarchés et obtenir peut être des approvisionnements. Puisque les routes rendent difficile la circulation des gros poids lourds sur les petites routes , puisqu’ils ne sont pas du tout adaptés à ce type de circulation.

ICI Roussillon : Est ce que vous lancez aujourd’hui un appel aux dons, un appel aux bras ?

Aude Vivès : Cela a déjà été fait, on l’a fait hier et les jours précédents et je tenais à remercier d’ailleurs toute la population qui s’est mise à disposition tant pour les hébergements que pour les dons alimentaires, des produits d’hygiène, on a vraiment une chaîne de solidarité qui s’est mise en œuvre. Et encore une fois, si c’est vraiment très appréciable, je crois qu’on a vraiment à s’enorgueillir de cet accueil, de cette réaction à une situation dramatique qui n’est pas encore fixée, il faut le noter. Donc, la prudence est de mise, la vigilance est de mise, et j’appelle aussi les habitants à la plus grande responsabilité, à ne pas regagner leur habitation et à laisser les opérations de secours se dérouler dans les meilleures conditions et ne pas encombrer les routes ou créer de sur accident sur un incendie.

Flora Midy (ICI Roussillon, 7 juillet 2026)

L’actu de la CGT (n° du 7 juillet 2026)

Canicule : comment travaillez-vous pendant les fortes chaleurs ?
Comment les fortes chaleurs impactent-elles vos conditions de travail ? La CGT lance une enquête pour recueillir les témoignages des salarié·es et porter leurs revendications en matière de santé et de sécurité au travail.
—> Participer à l’enquête

Canicule et travail : toutes les ressources de la CGT
Les épisodes de fortes chaleurs ne sont plus exceptionnels. Ils transforment durablement les conditions de travail et font émerger de nouveaux risques pour la santé des salarié·es. Pour y faire face, la CGT met à votre disposition un dossier complet : droits, analyses, témoignages, outils syndicaux, FAQ et propositions pour agir dans les entreprises et construire des réponses durables.
—> Accéder au dossier

Fabien Roussel. « Nous sommes prêts à aller à la présidentielle » (La Marseillaise)

Fabien Roussel, reconduit pour un troisième mandat à la tête du Parti communiste français, doit obtenir l’aval des militants, en septembre, pour être candidat à la présidentielle. Un combat dans lequel il veut faire reculer l’extrême droite.

La Marseillaise : Avec ce congrès, le PCF s’engage vers une candidature à la présidentielle de 2027. êtes-vous prêts à vous lancer dans cette campagne ?

Fabien Roussel : Nous sommes tous très motivés à participer à ce grand débat, à répondre aux urgences sociales, la précarité, la vie chère, mais aussi à défendre la paix et nos libertés face à l’offensive de l’extrême droite. Nous avons beaucoup parlé des propositions pour la France, mais aussi du chemin pour le mettre en œuvre. Nous finissons ce congrès en étant très rassemblés, avec des choix approuvés à près de 75%. C’est important d’avoir une force politique unie et rassemblée pour mener ces débats.

La Marseillaise : C’était l’une de vos inquiétudes avant le congrès : le PCF sort-il rassemblé de ces débats ?

Fabien Roussel : Aujourd’hui, oui ! Après trois jours de débats, plus de 100 votes, 5 000 amendements, nous avons vraiment poussé le débat à fond, en s’écoutant tous, en acceptant de changer de point de vue, en essayant de trouver les choix qui nous rassemblent le plus. C’est très important, aujourd’hui, d’avoir une force de gauche qui assume pleinement ses choix et qui est prêt à aller à la rencontre des Français. Comme on le dit, chez nous, c’est carré, et c’est démocratique en plus ! Pour affronter cette élection présidentielle, ces élections législatives, ce ne sont pas des choix simples à faire, mais nous avons pris notre décision et nous sommes prêts à aller à ces échéances.

La Marseillaise : Il a beaucoup été question de la menace de l’extrême droite dans les débats de ce congrès. Comment faire face à cette menace ?

Fabien Roussel : Participer à cette échéance, c’est montrer qu’il y a des propositions, des moyens de sortir de la pauvreté, des bas salaires, des retraites de misère. Nous allons les porter, c’est pour nous le meilleur moyen de faire reculer l’extrême droite. Le RN a toujours été du côté du capital, des grandes fortunes. Jordan Bardella et Marine Le Pen le montrent régulièrement. Notre présence dans cette campagne, pour porter la voix du monde du travail, des salariés, est importante pour faire reculer l’extrême droite.

La Marseillaise : Le contexte est très différent de 2022. La bollorisation des médias risque de peser sur la campagne… Comment faire entendre cette voix ?

Fabien Roussel : Nous allons nous déployer dans toute la France, nous sommes la force politique qui a le plus d’adhérents, implantée sur tout le territoire, autant dans les grandes villes que dans les villages, la deuxième force à gauche en nombre d’élus. Nous avons la capacité de nous déployer dans tout le pays pour nous donner la possibilité de faire le meilleur résultat. Le premier parti de France, aujourd’hui, c’est le parti des abstentionnistes. C’est à eux que nous voulons nous adresser pour faire reculer l’abstention, mais aussi regagner les voix qui manquent à la gauche, pour qu’elle soit plus forte et puisse l’emporter.

La Marseillaise : À gauche, il y a une pression très forte en faveur du vote utile. Risque-t-elle de déterminer l’élection ?

Fabien Roussel : Je rejette autant le vote utile que le vote barrage au second tour. Il y en a marre de ne pas pouvoir voter pour ses idées ! Nous devons être en capacité, au premier comme au second tour, de voter pour nos idées. Au moins pour le premier tour, votons pour le candidat dont on se sent le plus proche ! J’invite les Français à découvrir notre programme et à voter pour la candidature que je vais porter.

La Marseillaise : Parmi ces idées, le socialisme fait son retour dans les orientations du PCF pour la première fois depuis 1996. Pourquoi ?

Fabien Roussel : Nous vivons aujourd’hui dans un monde capitaliste qui est porté à outrance par de grandes fortunes, des oligarques, qui se sont accaparé des grandes entreprises, nos moyens de production et donc des richesses. Ils nous imposent des bas salaires. Ils captent l’essentiel des aides publiques et ne les redistribuent pas. Il y a besoin de se réapproprier nos moyens de production, de décider comment nous voulons produire, ce que nous voulons produire. Sur la distribution de ces richesses, c’est un aspect important de ce socialisme que nous défendons pour le XXIe siècle. Et l’autre aspect, c’est la paix, parce que le capitalisme, c’est aussi celui qui est représenté par Donald Trump, celui qui mène des guerres pour s’approprier notamment les ressources pétrolières. Cet impérialisme, nous le combattons.

La Marseillaise : Sur l’international justement, certains ont reproché au PCF de ne pas être assez audible sur la défense de la Palestine…

Fabien Roussel : Tout ce que nous avons dit lors de notre congrès tord le cou à ceux qui peuvent penser ça ! Nous luttons au côté du peuple palestinien : soixante ans de combat sans jamais dévier d’une ligne que nous avons toujours défendue, la paix, l’indépendance pour le peuple de Palestine et la création de deux états vivant côte à côte. Il n’y a aucune autre force politique à gauche qui a ni cette antériorité, ni cette ligne politique qui n’a jamais dévié. Et pendant cette campagne, j’entends être le candidat qui portera cette voix-là, qui est différente d’autres voix à gauche.

La Marseillaise : Ces différentes voix à gauche, avec toutes leurs nuances, comment les rassembler pour les législatives ?

Fabien Roussel : Par la discussion et le dialogue ! J’appelle à ce que nous poursuivions les échanges que nous avons entre nous pour que nous ne menions pas une campagne présidentielle où on se tape dessus et qu’au contraire, on réserve nos coups et nos arguments contre la droite. Passons au contraire notre temps à discuter pour préparer les élections législatives, qui seront des élections majeures, et que l’on se fixe comme objectif que la gauche l’emporte.

La Marseillaise : Il y a quelques années, vous disiez : « PCF is back ». Quel bilan en tirez-vous ?

Fabien Roussel : La mission est remplie ! Maintenant, le Parti communiste français, ce n’est pas seulement qu’il est revenu : c’est l’avenir ! C’est l’avenir pour que la gauche soit forte, pour que la gauche retrouve une colonne vertébrale et pour que les idées que nous portons s’imposent dans le paysage politique et deviennent incontournables.

Propos recueillis par Yves Souben (La Marseillaise, le 6 juillet 2026)

L’édito du webzine. 40e congrés du PCF. Un communisme de conquêtes

Les débats du 40e congrès du PCF, qui s’est tenu à Lille du 3 au 5 juillet ont rapidement basculé vers un enjeu majeur : la montée de l’extrême droite et la préparation des échéances de 2027.

La présidentielle est au cœur des discussions. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a lancé un appel sans détour : « À celles et ceux qui hésitent encore, à ceux qui tergiversent ou voudraient repousser la décision, je dis : il faut y aller maintenant. Chaque semaine qui passe doit servir à mener ce combat. Nous ne pouvons pas nous retrouver dans une impasse comme en 2017. »

La nécessité pour le PCF de présenter un candidat se dresse devant nous. « Nous sommes les seuls à avoir une telle cohérence dans notre programme. Assumons-le et allons le défendre devant les Français ! », a martelé Fabien Roussel, réaffirmant la volonté de « battre l’extrême droite et offrir une alternative crédible ». Pour y parvenir, il mise sur un travail de conviction auprès des abstentionnistes pour redonner de l’élan à la gauche.

Face aux appels à une primaire à gauche, le premier secrétaire du PCF est catégorique : « La primaire n’aura pas lieu. » Une position qui alimente les tensions entre ceux qui prônent l’union de toute la gauche pour contrer le « risque de souffle » d’une victoire du Rassemblement National, et ceux qui défendent la singularité communiste. Une gauche qui abandonne les questions du travail pour se contenter de discours moralisateurs, cela fait le lit à l’extrême droite.

Les congressiste ont tranché sur l’opportunité d’une candidature de rassemblement issue de leurs rangs, en prévoyant un vote des militants le 6 septembre. Ils ont repoussé à une large majorité la « clause de revoyure » que certains voulaient imposer pour janvier 2027.

Préserver l’unité du Parti

Le premier secrétaire du PCF a insisté sur la nécessité de préserver l’unité du PCF. « Des orientations différentes se sont exprimées, avec plusieurs textes et des attentes qu’il faudra prendre en compte », a-t-il reconnu. Trois ans après le congrès de Marseille, marqué par la mobilisation contre la réforme des retraites, il se félicite que le parti n’ait pas lâché ce sujet, ni sur le terrain ni à l’Assemblée. « Contrairement à d’autres forces de gauche, nous plaçons au centre de nos préoccupations le travail, l’emploi et un salaire décent pour vivre dignement », a-t-il rappelé, citant les campagnes menées. Les 7 800 nouvelles adhésions enregistrées sont un bon point de départ pour le renforcement du PCF et le développement de son audience.

Les canicules successives ont remis à l’ordre du jour le « Plan climat empreinte 2050 » porté par Amar Bellal, il a été également question des timides avancées sur la protection de l’enfance où l’actualité montre que le compte n’y est pas. La relance de l’industrie française a été centrale dans les débats avec la nécessité de récupérer et de développer les outils de production. L’exemple de Mittal qui veut produire de l’acier hors d’Europe le montre. « Qu’il parte ! » Nous on veut récupérer et investir avec notre savoir-faire.

Sur la scène internationale, la défense d’une solution à deux États en Palestine a permis au PCF de devenir un « interlocuteur privilégié de l’OLP » dans un contexte complexe. Les cinq conteneurs d’aide humanitaire envoyés à Cuba ont été aussi évoqué. Un appel a été lancé pour renforcer la solidarité avec le peuple cubain. Les 27 délégations étrangères présentes au congrès montrent que l’internationalisme du PCF n’est pas un vain mot.

Les succès parlementaires ont également été salués avec les travaux de Fabien Gay sur les 211 milliards d’aides aux entreprises, ou encore la menace de censure de Stéphane Peu pour faire reculer le gouvernement sur la remise en cause du 1er Mai. Les victoires aux municipales ont été citées comme des signes encourageants, même si le parti reste conscient des défis à relever.

Dominique Gerbault