Blocage des lycées : les élèves de Font-Romeu solidaires (L’Indep)

Les lycéens Cerdans ont filtré l’entrée du lycée Pierre-de-Coubertin ce vendredi matin.

« Même combat, même galère, même solidarité ». Les lycéens romeufontains se sont eux aussi mobilisés. « On est privilégiés, nous en avons conscience mais nous soutenons nos camarades » explique Matéo, l’un des manifestants. Sur leur tract les étudiants demandent, « plus de moyens pour nos lycées, des équipements dignes, des personnels en nombre et un avenir pour tous les élèves. » Un peu plus d’une centaine d’élèves était réunie devant l’établissement, ne bloquant que les lycéens et laissant passer les collégiens. Aucun débordement n’était constaté dans la matinée.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Céret. Tensions devant le lycée Déodat-de-Séverac (L’Indep)

L’acte 2 de la mobilisation des lycéens s’est concentré sur le début de matinée de vendredi à Céret. Dès 8 heures du matin, une centaine de manifestants étaient mobilisés devant l’entrée du lycée Déodat-de-Séverac. Des lycéens rejoints, selon plusieurs témoins, par des jeunes extérieurs à l’établissement. Les lycéens grévistes ont répété leurs revendications sur « leurs conditions de travail ».

Malgré un dispositif de maintien de l’ordre (gendarmes et policiers municipaux) renforcé, des incidents ont eu lieu. Des tirs de mortier auraient visé la façade de l’établissement scolaire sans provoquer de dégâts.

Selon les informations de L’Indépendant, que ne confirment ni la gendarmerie, ni la préfecture des Pyrénées-Orientales, deux jeunes auraient été interpellés après des heurts avec les forces de l’ordre.

Le calme est revenu en milieu de matinée devant le lycée. Si les cours sont maintenus, les élèves étaient moins nombreux qu’habituellement.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Pourquoi ça coince toujours dans les transports scolaires du Conflent (L’Indep)

La FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves) du Conflent a reçu plus de 45 courriels en 10 jours concernant le transport scolaire. Une situation qui perdure depuis la rentrée mais qui ne semble pas s’arranger.

De Corneilla-la-Rivière à Vernet-les-Bains, en passant par Néfiach, Millas ou Campôme (liste non ex-haustive) les courriels affluents en cette rentrée 2026. Tous concernent la desserte du lycée et du collège de Prades. « Pas assez de bus », « retards récurrents », des enfants « laissés seuls dehors pendant près d’une heure pour attendre le prochain bus et qui ratent le début des cours », « mon enfant de 11 ans a été laissé au bord de la RD66 à Ria », « des enfants du collège laissés au lycée »… L’Indépendant évoquait le problème dès le 4 septembre dans nos colonnes et il semblerait que la situation soit toujours la même.

« Problèmes de plannings, de feuilles de route ou encore de desserte, peu importe », s’indignent les représentants des parents d’élèves. « Il faut réadapter les horaires et mettre le nombre de bus nécessaire. On nous a par exemple annoncé qu’une nouvelle ligne serait ouverte pour les collégiens de Vernet-les-Bains Mais en guise de bus supplémentaire on leur demande de prendre le bus de ligne, pas adapté aux plus jeunes, et qui passe plus tard. À certains en-droits, des gamins de 10 ans restent sur le trottoir pendant que leurs parents sont au travail et les pensent en sécurité. »

Le vice-président de la Région reste « disponible »

Autre sujet d’interrogation, le tarif discriminatoire selon les parents d’élèves : « Les transports sont gratuits pour ceux qui habitent à plus de 3,5 kilomètres des établissements scolaires et payants (120 €) pour les autres enfants. Cela signifie que dans un même village, certains payent et d’autres non. » Des parents d’élèves qui ont obtenu le soutien des maires des communes concernés et de la principale du collège mais rien ne semble avancer.

Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région Occitanie en charge des transports scolaires : « Des ajustements ont déjà été faits sur les dessertes Cependant, nous savons qu’il y a une difficulté, il faut la traiter. Nous sommes désolés que des familles aient souffert de ces désagréments, je reste à disposition des parents d’élèves. »

« À Vernet-les-Bains, les choses rentrent dans l’ordre. Je précise que c’est loin d’être le seul endroit où le bus de ligne est proposé comme solution et il ne m’est jamais remonté de problème particulier. » Pour autant l’élu rappelle que « sur le secteur, il y a 1 500 inscrits pour les transports scolaires et nous n’avons recensé que 36 réclamations. Par ailleurs nous avons remarqué que les lycéens ont tendance à attendre le dernier car pour passer un moment avec leurs copains avant de rentrer. On ne peut pas les blâmer mais il faut qu’on s’assure que les enfants montent dans le car qui leur est affecté. » Enfin en ce qui concerne la règle des 3 kilomètres, « cette règle existe depuis toujours Il faut savoir qu’on est loin de refacturer le coût entier du transport qui serait de 1 000 euros. »

Philippe Comas (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Blocage des lycées : cinq policiers et des lycéens blessés à Perpignan (L’Indep)

Après une nouvelle journée de mobilisation lycéenne ce vendredi 2 octobre, la préfecture des Pyrénées-Orientales a fait le point, hier, en début de soiré, sur les « débordements inacceptables » qui ont eu lieu.

Après une première journée mouvementée jeudi 1er octobre, celle de vendredi l’a été tout autant, voire davantage. En effet, dans un communiqué publié hier, en début de soirée, la préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé l’arrestation de 28 personnes dans le cadre de la mobilisation lycéenne, après des mouvements qui « ont connu des débordements inacceptables ».

« Aucune revendication ne justifie toutefois la violence et les débordements qui ont eu lieu aujourd’hui », a ajouté le préfet Pierre Regnault de la Mothe. Ce dernier a fait état d’actes de violence durant la journée et de jets de projectiles, « dont des cocktails molotov ». Cinq membres des forces de l’ordre ont ainsi été blessés, et des lycéens. « Nous avons également constaté des dégradations de biens, notamment d’abribus, et des vols », a-t-il poursuivi.

« Les revendications portées par les lycéens méritent d’être entendues et discutées. A cette fin, je participerai, avec la directrice académique des services de l’Éducation nationale, aux conseils de vie lycéenne qui se réuniront dans les prochains jours », a indiqué le préfet, réaffirmant dans la foulée son soutien aux forces de l’ordre et aux pompiers. Il condamnait aussi, « avec fermeté », les débordements constatés et rappelait qu’ils sont susceptibles « d’engager les responsabilités disciplinaire et pénale des élèves impliqués, ainsi que celles de leurs parents. »

Des gardes à vues et des confrontations

En fin d’après-midi, hier, le parquet de Perpignan aussi communiqué sur le sujet. Ce dernier a fait état d’une douzaine de gardes à vue en cours, de trois mineurs qui vont être déférés ce samedi en vue d’un placement sous contrôle judiciaire et enfin un majeur qui sera « déféré en vue d’une convocation par procès-verbal (CPPV) avec un placement sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une dégradation d’abri bus ».

Plus tôt dans la journée, des confrontations avec les policiers ont également été constatées au niveau de l’avenue Victor Dalbiez (quartier Saint-Martin) où des mineurs ont été arrêtés. Des fumigènes ont été tirés par les agents présents sur place afin de disperser des lycéens, dont certains se sont dirigés vers le parking du Leclerc Sud pour échapper aux fumées.

Enfin, des dégradations ont été constatées sur des conteneurs à poubelles qui ont été enflammées sur l’avenue Victor Dalbiez, dans le quartier Saint-Martin. D’importants moyens de secours ont été mobilisés pour éteindre les flammes.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Lycéens et étudiants appellent à manifester mardi

Les étudiants sont sur le point d’entrer dans la danse à Perpignan. Ce vendredi 2 octobre 2026, l’antenne locale de l’organisation Renouveau syndical, issue d’une scission de l’Unef, a annoncé qu’elle appelait à manifester ce mardi conjointement avec l’Union syndicale lycéenne (USL). Le rendez-vous est fixé à 9h30 sur le campus principal de l’université de Perpignan (avenue Paul-Alduy).

« Nous rejoignons le mouvement national », confirme Gabriel, le président de l’antenne du Renouveau syndical, mieux connue localement sous le nom d’Union progressiste. « Nous organiserons une assemblée générale ce lundi à 17 heures sur le campus du Moulin-a-Vent pour coordonner la mobilisation du lendemain. L’objectif sera notamment d’éviter qu’il y ait des casseurs qui nuisent au mouvement et masquent les revendications. »

Comme les lycéens, les étudiants réclament une augmentation des moyens alloués à leurs établissements. « Nous avons besoin de plus de profs, de plus de salles », résume Gabriel. A Perpignan, « il y a des salles où il y a de l’amiante et qui sont fermées. Du coup, on se retrouve à 50 en travaux dirigés alors qu’on devrait être 15 ».

L’Union progressiste demande aussi la rénovation thermique des bâtiments, la suppression de la jauge qui limite le nombre de repas pouvant être servis au restaurant universitaire, ou encore l’augmentation des bourses et des aides personnelles au logement (APL).

La mobilisation de mardi bénéficie également du soutien de trois syndicats de salariés : la CGT, la FSU et Solidaires, qui appellent à la grève ce jour-là. « Nous soutenons cette mobilisation car les revendications des lycéens et des étudiants sont les mêmes que celles que l’on porte. Ils dénoncent eux aussi le manque de moyens et la dégradation des services publics », explique le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « Notre objectif n’est pas de récupérer le mouvement. Nous serons là uniquement en soutien » Notamment pour sécuriser la manifestation et faire en sorte que tout se passe le mieux possible.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

L’actu de la CGT (n° du 2 octobre)

Le 6 octobre, la CGT sera aux côtés des lycéen·nes et étudiant·es !
Depuis plusieurs jours, partout en France, des dizaines de milliers de lycéennes et de lycéens se mobilisent pour faire entendre leur colère et leurs revendications.
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Le projet de budget 2027 est une attaque irresponsable contre les services publics et la Sécurité sociale
Malgré la colère qui s’est largement exprimée le 29 septembre par la mobilisation de la fonction publique et des services publics, et qui s’exprime chaque jour dans les lycées, le gouvernement s’entête à vouloir imposer sa cure d’austérité !
Le projet de budget 2027 est ne attaque irresponsable contre les services publics et la Sécurité sociale
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Actualités

Notre travail créé les richesses : nos salaires doivent augmenter !
Se loger, se nourrir, se déplacer, profiter de ses congés, faire face aux imprévus… Notre salaire doit nous permettre de vivre dignement de notre travail.
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Services publics : face à la colère, le gouvernement doit revoir sa copie
Partout en France, plus de 300 000 agentes et agents de la Fonction publique (hospitalière, d’Etat et territoriale), avec les pompiers, ont manifesté ce 29 septembre, rejoints par de nombreux lycéen·nes, des salarié·es du privé mobilisés sur les salaires et l’emploi, des retraité·es, des privé·es d’emploi.
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S’organiser et gagner des augmentations de salaires, c’est possible !
Comment gagner des augmentations de salaires ? La CGT propose un tutoriel pour s’organiser lors des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO).
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Quand l’Europe organise le dumping social
À l’occasion de la mobilisation européenne, le 20 octobre prochain, contre le nouveau projet de dumping social, la CGT publie un tract à télécharger, imprimer et diffuser pour alerter les travailleur·ses.
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Communiqués de presse

Lycéen·nes mobilisé·es : la répression doit cesser, la démocratie doit vivre dans les établissements
Depuis plusieurs jours, des lycéennes et des lycéens se mobilisent dans de nombreux établissements pour dénoncer leurs conditions d’étude, le manque de personnels, les classes surchargées, les dysfonctionnements de leurs établissements et, plus largement, pour faire entendre leurs revendications. Contrairement à l’idée qu’essaie d’installer le gouvernement, leurs revendications ne sont pas partisanes mais liées à leurs conditions de vie et d’études, et font ainsi partie de leurs libertés syndicales.
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La loi intégrale : une étape à valider
Ce jeudi 1 octobre s’est ouvert à l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi visant à apporter une réponse globale au phénomène des violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants.
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Élections fonction publique du 3 au 10 décembre
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Les élections fonction publique auront lieu du 3 au 10 décembre 2026.
La CGT a mis en place un site pour accéder à l’ensemble des informations sur la campagne et à vos droits.
Élections fonction publique : accéder au site Je vote CGT
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Le billet d’Yvon Huet. Cher René Vautier, bienvenue au Panthéon des retours de mémoire

Il aura fallu que le maire RN d’Elne, néofasciste notoire, efface le nom de ce grand cinéaste, résistant communiste et anticolonialiste de premier ordre, qui nous a laissé une œuvre à la fois artistique et remarquable, pour qu’un coup de tonnerre de réprobation monte de tout le pays. Dans la foulée, à Douarnenez, le ciné-club a pris le nom de René Vautier.

J’ai ses films à la maison et notamment un reportage qu’il fit lors de la révolution algérienne avant l’arrivée des militaires au pouvoir. René Vautier mériterait comme tant d’autres le Panthéon, parce qu’il a associé le courage et la force de conviction en les enveloppant d’une créativité et d’une sensibilité. Elle ne doit pas se perdre dans la fosse commune de la censure historique chère aux fascistes, certes, mais aussi à tous ces conservateurs de la droite et au-delà qui n’aiment l’histoire de France qu’en image d’Épinal.

J’aimerais que la mémoire de René Vautier ne soit récupérée par personne au nom de je ne sais quelle cause autre que celle pour laquelle il s’est battu. Il doit aussi être reconnu comme artiste, au-delà de son engagement, donc considéré comme les autres, communistes ou non, quelle que soit l’orientation politique de ceux qui voudraient avoir accès à ses films et ses écrits scénaristes.

Je suis fier d’appartenir à cette école de la vie, avec René Vautier et tant d’autres connus ou anonymes, qu’est le communisme de terrain, pas celui de la représentation politique qui forge des chemins de travers bourrés de peaux de bananes mais celui, tout simplement, de l’exercice de son art et de son métier. Le communisme de terrain sauvera certainement une grande idée qui a besoin d’élus certes, à conditions qu’ils n’oublient pas d’où ils viennent et à quoi ils doivent servir… Aujourd’hui je pourrais me dire « Je suis René Vautier », comme « je suis Madeleine Riffaud », sachant que je n’arrive qu’au pied de leur taille. Ils sont ma raison d’aller au bout du chemin de mes convictions.

Yvon Huet

La fronde lycéenne se durcit, le mouvement gagne les universités (L’Indep)

Plus de 400 établissements scolaires fermes ce vendredi. Des élèves et parents reçus par le ministre.

Le mouvement de contestation des lycéens se durcit en France, où blocus, violences et dégradations se multiplient dans des centaines d’établissements, une fronde tous azimuts qui a gagné, jeudi, les universités, avec une trentaine de blocages revendiqués par l’Union étudiante.

Face à la dégradation de la situation, les services de renseignement français ont imputé « l’origine du mouvement » à « LFl et ses proxys de l’ultragauche », pointant un moment de bascule de la contestation vers des « violences urbaines », a fait savoir l’entourage de Sébastien Lecomu après la cellule interministérielle de crise convoquée par le Premier ministre.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a reconnu sur le plateau du JT de 20 Heures de France 2 que le « mouvement a changé de nature ». « Vous avez souvent des groupuscules d’ultragauche qui aujourd’hui ont des comportements violents et mettent en péril la santé de nos élèves et de nos personnels », a-t-il déclaré, faisant état de 65 membres du personnel et 170 élèves blessés et indiquant qu’un peu plus de 400 établissements scolaires resteront fermés ce vendredi. Le ministère de l’Intérieur a annoncé 1 949 arrestations, ce jeudi en France, essentiellement pour atteinte aux personnes dépositaires de l’autorité publique, violences et attroupements. En Île-de-France, la facture des dégradations s’établit à ce stade « à plus d’un million d’euros », indique la Région.

« Interdiction de LFI »

Dans les Bouches-du-Rhône, la Régie des transports métropolitains (RTM) de Marseille a décidé d’interrompre l’intégralité des transports en commun compte tenu, précise-t-elle dans un communiqué, « des déprédations et des agressions de conducteurs avec blessés intervenus ce matin sur le réseau bus ».

Un incendie s’est déclaré dans le lycée Nelson-Mandela de Nantes, dans le lycée Blaise-Pascal de Rouen et des faits similaires sont rapportés à Rennes, Toulouse où des heurts ont été signalés entre manifestants et forces de l’ordre. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a réuni en visioconférence, jeudi après-midi, les procureurs généraux pour organiser la réponse pénale consécutivement aux interpellations.

Édouard Geffray a annoncé, lui, sur le réseau social X, qu’il recevrait ce vendredi « les organisations syndicales représentatives des personnels, les associations de parents d’élèves, les associations lycéennes et les élus du Conseil national de la vie lycéenne ».

Les élèves qui manifestent, avec l’appui de l’Union syndicale lycéenne (USL), dénoncent une dégradation des conditions d’apprentissage, avec notamment des classes surchargées et un manque de professeurs.

Parti le 21 septembre de l’académie de Créteil (Val-de-Mame), le mouvement gagne chaque jour en importance, prenant de cout le gouvernement qui juge « légitimes » certaines revendications tout en condamnant le recours à la violence et l’instrumentalisation politique de La France insoumise (LFI), à sept mois de l’élection présidentielle. L’Union syndicale lycéenne, par la voix de son président Ryad Rani, déclare se mobiliser contre la « violence institutionnelle et sociale que subissent de nombreux jeunes depuis maintenant neuf ans ». Prenant pour cible Emmanuel Macron, au pouvoir depuis mai 2017. Le chef de l’État a dit mercredi comprendre et entendre les « angoisses » et les « colères » de la jeunesse tout en condamnant le recours à la violence.

Dans ce qu’elle présente comme l’acte Il de sa mobilisation, l’USL a reçu le soutien de l’Union étudiante, qui entre à son tour dans la contestation pour réclamer notamment un « financement massif » des lycées et des universités. L’Unef appelle également les étudiants à manifester contre la suppression de places dans les facultés et le gel des aides personnelles au logement (APL), mesure inscrite dans le projet de loi de finances pour 2027.

L’Union étudiante recensait « près d’une trentaine de blocages » jeudi matin sur les campus, à Paris (Paris Cité, Sorbonne-Université entre autres) mais aussi à Strasbourg, Montpellier, Lyon, Rennes, notamment. Une contestation dont s’empare la classe politique à l’approche de l’élection présidentielle. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, pointe « l’irresponsabilité du gouvernement ».

Marine Le Pen (RN) accuse Jean-Luc Mélenhon (LFI), de porter une « lourde responsabilité », en soufflant sur les braises de la contestation des lycéens. Bruno Retailleau (LR) estime, lui, que la question se pose d’une « interdiction de LFI ». « Ce qui se passe aujourd’hui devant les lycées, c’est la répétition générale de ce qui pourrait se passer en 2027 si Mme Le Pen gagnait, ils organiseraient une insurrection dans le pays », assure-t-il.

Le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, pointé du doigt par l’exécutif et la droite pour avoir déclaré mardi, que la violence « peut être légitime », a maintenu jeudi ses propos sur France Info, tout en appelant à « l’apaisement ».

L’Indépendant, le 2 octobre 2026

Céret. Blocus des lycées : mobilisation de 150 à 200 lycéens (L’Indep)

Comme quasiment partout en France, 150 à 200 lycéens ont manifeste ce jeudi devant le lycée Déodat de Séverac à Céret. Ils revendiquent de « meilleures conditions de travail », Le local poubelle de la piscine municipale voisine a été incendié.

Céret n’a pas échappé à la mobilisation des lycéens ce jeudi. Alors que plus de 350 établissements, rejoints par certaines universités étaient bloqués ou perturbés, parfois violemment en France, 150 à 200 élèves ont manifesté devant le lycée Déodlat de Séverac. Désorganisés mais déterminés, les lycéens ont tenté de bloquer l’accès à l’établissement, avant de faire entendre leur colère tout autour, notamment devant le collège voisin et sur le site de la piscine municipale, causant un incendie dans le local poubelle qui a nécessité l’intervention des pompiers en fin de matinée. Une intervention déterminante pour éviter une propagation aux bonbonnes de gaz et réserves de chlore stockées à côté. Des compteurs électriques ont été détruits. Personne n’a été blessé.

La rumeur de cette mobilisation bruissait dès la veille sur les réseaux sociaux. Conséquence, un dispositif de sécurisation de l’établissement par la gendarmerie, appuyée par la police municipale, avait été mis en place dès 7h30, permettant l’accès au lycée pour les élèves et les personnels. Un peu plus tard, 150 à 200 lycéens ont donc pris position devant le portail d’entrée, toujours protégé par les forces de sécurité.

Une mobilisation sans véritable organisation ni leader, mais reprenant à son compte les revendications nationales devenues comme contagieuses. « Nous manquons de professeurs », assurait ainsi Nathanaël. « Dans ma section, nous n’avons pas de prof
de transport depuis le début septembre »
. Au milieu des jets de pétards, de quelques poubelles renversées et de face a-face contenus avec les forces de l’ordre, Priscilla regrettait « des journées de classe trop longues. Certains jours nous sommes là de 8 heures à 18 heures ».

Plus concerné par la contagion du mouvement, un groupe de jeunes filles revendique « sa solidarité avec le mouvement national. C’est un combat collectif et nous sommes solidaires de tous les lycéens blessés ou malmenés alors qu’ils ne font que dire notre malaise ».

Dans un bruyant méli-mélo de revendications s’invitait aussi « le manque de temps pour manger à la cantine » ou des « classes surchargées ». « Nous sommes 35 dans la classe, c’est beaucoup trop », pointaient deux jeunes élèves. Dans l’après-midi, la mobilisation a perdu en intensité.

Un acte 2 ce vendredi ?

« Ce sont des revendications déclinées en fait à l’échelle nationale », réagit Anne Auclair. La proviseure de Déodat de Séverac précise « qu’il ne manque pas de professeur en longue durée dans notre établissement. Les profs absents sont remplacés ». Selon d’autres sources, les journées de 8h à 18h ne concernent qu’une classe à plusieurs options et « pas tous les jours ». Rares seraient les classes surchargées à plus de 30 élèves. Quant à la cantine, « c’est un self quasiment neuf ».

À Céret, plusieurs interpellations ont eu lieu avec remises en liberté et convocation à venir devant la justice pour « violences et tentatives de dégradations ». Cette mobilisation lycéenne pourrait se poursuivre ce vendredi en Vallespir

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 2 octobre 2026)

Quatre lycées bloqués à Perpignan : ce que veulent les jeunes (L’Indep)

Hier, les élèves de quatre lycées de Perpignan se sont rassembles en tout début de matinée devant leurs établissements pour mettre en place des blocus. Ils se sont ensuite rejoints en centre-ville pour une manifestation improvisée et imprévisible qui a réuni plusieurs centaines de personnes.

« Désolé du dérangement. On essaie juste de sauver notre avenir. » La pancarte placardée sur le portail du lycée Lurçat résume bien l’état d’esprit des jeunes perpignanais. Ce jeudi, ces derniers ont fait entendre leur colère dès l’aube. Des rassemblements d’élèves se sont formés simultanément devant Lurçat, Picasso, Maillol et Arago au petit matin. Objectif : mettre en place des « blocus » afin de dénoncer une dégradation des conditions d’apprentissage et de réclamer des moyens supplémentaires pour l’éducation.

« Nous sommes là depuis 7h10 », indiquait dans la matinée, Alban, 16 ans, rétérent fédéral de l’Union syndicale lycéenne (USL), mobilisé devant Lurçat. « Nous avons laissé entrer les élèves qui le souhaitaient, mais beaucoup ont préféré rester avec nous. » Ici, la mobilisation s’est globalement déroulée dans le calme.

Vers 9h20, des élèves du lycée voisin de Picasso, dont certains faisaient état d’accrochages avec les forces de l’ordre devant leur établissement, ont rejoint leurs homologues de Lurçat. Puis se sont mis en route avec une partie d’entre eux vers le lycée Arago, en centre-ville. Tout comme le faisaient en parallèle les élèves de Maillol, où des heurts avec la police se sont également déroulés lors du blocus, entrainant une suspension des cours pour la journée. Le cortège ainsi formé s’est ensuite rendu devant le lycée privé Bon Secours, dans les environs duquel un conteneur à poubelles a été incendié, puis devant Marillac, où une adolescente de 16 ans a été blessée, vraisemblablement par un jet de pavé. Les jeunes se sont ensuite dirigés vers le cœur de ville (Castillet, place de la République) pour y poursuivre leur manifestation improvisée.

Beaucoup d’élèves interrogés classent en tête de leurs revendications les journées trop longues (le « 8 heures-18 heures ») et les problématiques d’emploi du temps liées à la récente réforme du lycée. « Cette réforme a engendré des trous non aménageables dans les emplois du temps », explique Alban. « Le jeudi et le vendredi, j’ai des trous de 3 heures au milieu de la journée. Soi-disant, ce sont des créneaux pour les élèves qui font allemand, sauf que nous n’en avons pas dans la classe ! Ce serait au cas où il y en ait qui arrivent en cours d’année », croit savoir Charlize, 16 ans, en première à Picasso.

La « surcharge » des classes liée au manque de profs et le non-remplacement des enseignants absents reviennent également souvent. « Depuis la rentrée, je n’avais pas eu de prof de français jusqu’à hier, alors que j’ai le bac à la fin de l’année », déplore par exemple une élève de première de Lurçat. « 35 par classe, c’est trop. Les professeurs n’ont pas le temps de suivre les difficultés de chacun », renchérit Marie, 16 ans, scolarisée en première à Picasso. « Nous, à Arago, on peut avoir des classes à plus de 40 élèves », assure une élève de terminale de l’établissement. « Il y a aussi le prix de la cantine. C’est 4,60 euros par jour. Des fois, des élèves sautent des repas parce que c’est trop cher: De plus, nous n’avons qu’une heure pour manger. Il y a des files d’attente gigantesques, ce n’est plus possible. »

L’état du bâti scolaire et la chaleur dans les classes font également partie des principaux mots d’ordre. « Dans les salles de classe, il fait super chaud. Et certaines sont dans un état lamentable », estime ainsi Liam, 18 ans, scolarisé en BTS à Picasso. « En carrosserie par exemple, quand il pleut, l’eau s’infiltre dans le plafond et ça fait d’énormes flaques. »

Sur le volet revendicatif, le préfet des Pyrénées-Orientales annonce que « les conseils de la vie lycéenne et/ou les conseils d’administration des lycées concernés vont être réunis dans les tout prochains jours, pour créer l’occasion d’échanges constructifs avec les représentants des lycéens ». Du côté des élèves, certains évoquaient hier une poursuite du mouvement ce vendredi.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 2 octobre 2026)