Grève annoncée au collège Camus (L’Indep)

Alors que le nombre de conseils de discipline au sein de l’établissement est passe de 11 à 43 par an entre 2023 et aujourd’hui, les enseignants du collège Camus viennent d’apprendre qu’ils vont perdre un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) à la rentrée prochaine. Un groupe de professeurs a décidé de se mettre en grève dès ce lundi.

La colère gronde parmi les enseignants du collège Albert-Camus de Perpignan. A la suite de la suppression annoncée d’un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) chargé d’organiser la vie scolaire, collectif de professeurs a décidé de se mettre en grève et de bloquer l’établissement dès 7h30 ce lundi 15 juin.

Il faut dire qu’à Camus, la situation en matière de discipline semble déjà difficile à gérer avec les effectifs actuels : « Après plusieurs courriers et une entrevue avec la direction des services départementaux de l’Éducation nationale pour l’alerter sur la situation du collège, nous venons d’apprendre que l’établissement perd des moyens de vie scolaire: de deux CPE à temps plein, nous passons à un CPE un à temps plein et un CPE à mi-temps. Or, nous faisons face à des conditions de travail de plus en plus difficiles. Cette année, sur 402 élèves, il y a eu 43 conseils de discipline pour des faits graves alors qu’en 2023-2024, il n’y en avait eu que 11. »

Le collectif évoque également « des faits de violence physique et verbale commis par certains parents ». Selon les professeurs : « Dans ce contexte, le rôle des CPE est vital pour le bon fonctionnement de l’établissement, le suivi et la sécurité des élèves. Nous qui sommes motivés par la réussite de nos élèves ne voulons pas être complices et victimes de cette dégradation des moyens alors que se jouent l’égalité des chances et l’apprentissage des valeurs de la République par nos élèves. »

Les enseignants précisent qu’ils avaient commencé à écrire à l’inspection dès février pour plaider en faveur du maintien de ce demi-poste de CPE dont ils appréhendaient la suppression. Ils soulignent par ailleurs avoir prévenu les parents d’élèves de leur action. « Nombre d’entre eux nous ont dit qu’ils nous soutenaient, assure une professeure investie dans la contestation. Certains nous ont même annoncé qu’ils comptaient venir avec nous lundi sur le parvis du collège. »

De son côté, l’inspection indique que la situation est liée au fait que « les moyens du plan tranquillité (qui avait permis la création du demi-poste de CPE au cœur du litige, NDLR) vont pour partie et progressivement être redéployés ». L’administration ajoute que dès l’origine, « ces moyens étaient annoncés comme une mesure provisoire ». Avant de conclure : « L’Éducation nationale est bien consciente de la situation et c’est donc l’attribution d’autres moyens qui sont actuellement à l’étude pour qu’au final, le volet médico-social et vie scolaire des établissements ne soit pas du tout impacté. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 juin 2026)

« Nos différences, notre force »… Gros succès pour la marche des fiertés (L’Indep)

Autour de 1 500 personnes ont défilé hier dans les rues de Perpignan à l’appel du centre LGBT + (lesbiennes, gays, bisexuels, trans et plus). Résolument festive, cette cinquième marche des fiertés organisée dans la capitale nord-catalane a mis l’ambiance en centre-ville, mais n’en était pas moins engagée contre toute forme de discrimination.

Musique électronique, pluies de bulles de savon, dragqueens, serre-tête licome, drapeaux multicolores… Vue de loin, la marche des fiertés ressemble à une grande fête. Mais il suffit de S’approcher pour en percevoir la dimension militante. « Les LGBT-phobies tuent », « Droits égaux pour tous », « Toujours lesbiennes, jamais RN » : certains slogans inscrits sur les pancartes parlent d’eux-mêmes.

« Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans la rue pour célébrer nos existences, nos histoires, nos amours, nos identités et nos libertés. Mais nous sommes aussi ici pour rappeler une réalité : les droits humains ne sont jamais définitivement acquis », a résumé lors de sa prise de parole Alexandra Puig, la présidente du centre LGBT + de Perpignan, qui portait l’initiative. « Aujourd’hui, nous sommes la malgré les insultes, malgré les discriminations, malgré celles et ceux qui veulent nous rendre invisibles. Nous sommes là pour défendre le droit de chaque personne à être pleinement elle-même, librement et sans contrainte. Nos différences ne nous affaiblissent pas : elles font notre force. »

Comme le veut la coutume, avant le départ du cortège de la place de Catalogne, ce samedi vers 15 heures, l’une des « sœurs de l’indulgence », Marie B des Anges, voile en broderie violette sur la tête, visage peint en blanc et lunettes noires, a prononcé sa bénédiction. En invoquant la protection de toute une ribambelle de saintes et de saints méconnus, dont notamment « Saint Dépistage sans qui rien n’est sûr ». Les participants ont ensuite défilé jusqu’au Castillet, avant de mettre le cap vers le palais des rois de Majorque. Dans une ambiance résolument festive, mais toujours empreinte en même temps de revendications.

« Encore aujourd’hui, c’est difficile de se sentir en sécurité en tant que personne LGBTQIA + », confie par exemple sur le chemin Arnaud, 35 ans, qui vient de quitter Paris pour Perpignan. « Juste se tenir la main ou avoir des vêtements un peu efféminés, on se pose la question avant de le faire. On est là pour montrer qu’on existe, qu’on se soutient les uns les autres. »

De son côté, Maxime, 32 ans, enveloppé dans un drapeau multicolore, est venu avec sa compagne et leur enfant. « Je veux montrer à ma fille que chacun peut faire ce qu’il veut. Mon frère est gay. Je participe à des marches des fiertés avec lui depuis que je suis petit. Ce sont de grands moments de fête et de partage. »

Selon la préfecture, cette 5e marche des fiertés perpignanaise a rassemblé environ 1 200 personnes.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 juin 2026)

LGBTQIA + : lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer, intersexes, asexuels et plus.

Hôpital de Cerdagne. La double imposition toujours pas résolue (L’Indep)

Statu quo trois ans après. Le Conseil Syndical Interrégional Pyrénées Méditerranée dénonce : « Trois ans après, le conflit de double imposition à l’hôpital de Cerdagne n’est toujours pas totalement résolu. Six salariées attendent encore le remboursement des sommes indûment réclamées par l’administration fiscale espagnole », Cette double imposition a affecté au total 32 salariés de l’établissement de soins basé à Puigcerdá. « L’affaire n’est toujours pas complètement réglée », insiste le CSIR, bien qu’en novembre 2025, les ministères des Finances espagnol et français soient parvenus à un accord favorable aux personnes concernées, reconnaissant que les sommes réclamées par l’Agence fiscale espagnole l’avaient été à tort, six salariées n’ont toujours pas récupéré les montants qui leur sont dus.

« Le conflit trouve son origine dans la demande de paiement de l’Impôt sur le Revenu des Non-Résidents (IRNR) adressée à des travailleuses et travailleurs résidant en Haute-Cerdagne. Cette interprétation allait à l’encontre du régime fiscal applicable aux travailleurs frontaliers prévu par la convention fiscale franco-espagnole, selon laquelle ces personnes doivent être imposées exclusivement dans leur état de résidence, en l’occurrence la France », rappelle le CSIR.

« Cette affaire met une nouvelle fois en évidence les difficultés persistantes des administrations à reconnaître et à appliquer correctement le statut particulier de l’Hôpital de Cerdagne, unique établissement hospitalier transfrontalier d’Europe », conclut-il.

L’Indépendant, le 12 juin 2026

L’actu de la CGT (n° du 12 juin 2026)

Nouvelle attaque contre le 1er mai
Après la retraite à 64 ans, ils veulent nous faire travailler le 1er mai. Le 16 juin, mobilisons-nous contre cette nouvelle attaque.
—> Télécharger le tract et se mobiliser le 16 juin

Actualités

JDE peet’s : la grève change la donne
Dans la Loire, les salariés de JDE Peet’s ont débrayé deux semaines fin septembre 2025. À la clé : 160 euros de hausse générale et une prime exceptionnelle. Mais le mouvement a aussi engendré un élan de solidarité toujours vivace entre les salarié·e·s.
—> Lire la suite

Rencontres Options « En toute transparence : travailler l’égalité »
Le jeudi 25 juin 2026, l’Ugict (Union Générale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens) de la CGT organise les Rencontres Options sur le thème de l’égalité professionnelle et de la transparence salariale. L’évènement se déroulera au Théâtre Traversière à Paris, de 9h à 17h.
—> Lire la suite

1936 : le verrou saute !
Sous la pression des luttes qui se sont généralisées dans tout le pays, appuyées par la CGT tout juste réunifiée, le gouvernement du Front populaire ouvre des négociations historiques qui consacrent, en particulier, la liberté syndicale et la création des délégués du personnel.
—> Lire la suite

1936, la CGT se réunifie !
Face à la menace fasciste, la CGT et la GTU, pourtant dans une opposition violente depuis leur scission en 1921, trouvent le chemin de l’unité pour faire front.
—> Lire la suite

Vive les CE
La création des comités d’entreprise en 1945 est l’une des plus importantes mesures prises à la Libération. On parlera de « révolution par la loi ». Leurs origines apparaissent toutefois variées et leur reconnaissance juridique assez mouvementée…
—> Lire la suite

Communiqués de presse

Victoire : pour la 2e fois l’Assemblée nationale vote la nationalisation d’Arcelor Mittal
L’Assemblée nationale vient d’approuver en deuxième lecture la proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal. Cette magnifique victoire n’est pas le fruit du hasard mais bien l’aboutissement des luttes menées par les salarié·es et la CGT pour défendre l’emploi, l’industrie et l’intérêt général face aux logiques financières.
—> Lire le communiqué

La colère des cheminot·es est tellement forte, que la grève est majoritaire
Ce mercredi 10 juin, à l’appel de l’intersyndicale cheminote, près d’un·e salarié·e sur deux de la SNCF et de ses filiales, était en grève. Cette mobilisation prouve la légitimité de leurs revendications sur la question des salaires, des conditions de travail et pour un service public du ferroviaire.
—> Lire le communiqué

COR : retraite à 67,5 ans ? Pas question : abrogation de la réforme Macron !
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) s’est réuni jeudi 11 juin pour débattre de son rapport annuel. Depuis lundi, le projet de rapport – il s’agit bien seulement d’un projet à ce stade – a fuité dans une partie de la presse, qui titre « frauda-t-il travailler jusque 67 ans et demi ? », certain·es allant jusqu’à le poser comme affirmation.
—> Lire le communiqué

54e congrès de la CGT
—> Accéder au dossier­

Jean-Baptiste Guégan. « C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump » (La Marseillaise)

Auteur de « La géopolitique du sport, une autre explication du monde » et « La France n’est pas un pays de sport ? », le géopolitologue du sport et journaliste Jean-Baptiste Guégan décrypte les enjeux de la Coupe du monde de football qui a débuté jeudi 11 juin et qui va se dérouler dans trois pays : Mexique, Canada et États-Unis.

La Marseillaise : Est-ce le Mondial de Donald Trump ?

Jean-Baptiste Guégan : C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump pour plusieurs raisons. D’abord parce que sans lui, les États-Unis, le Mexique et le Canada ne l’obtiennent pas. En 2018, face au Maroc, la candidature américaine bénéficie de la pression du président qui avait été mis à l’écart jusque-là. Il publie un tweet où il dit, vous êtes avec moi ou vous êtes contre moi. Quand Joe Biden était président, personne ne parlait de la Coupe du monde de Biden. Aujourd’hui, c’est donc une Coupe du monde qui met en scène Trump version deuxième mandat. Ça avait commencé avec la Coupe du monde des clubs l’été dernier (photo), où on l’a vu faire son sketch autour du podium. Il a voulu aller avec les joueurs de Chelsea pour soulever le trophée puis il a demandé s’il pouvait garder le trophée. Certains disent même qu’il l’a gardé et que Chelsea est reparti avec une copie. Il voudra être omniprésent sur tous les sujets, mais c’est sa stratégie politique habituelle. Ce sera d’autant plus la Coupe du monde de Trump que, comme tous les événements sportifs d’ampleur nationale et internationale, il va s’en servir comme caisse de résonance pour sa vision du monde et comme moyen de polariser son électorat, en vue des Midterms de novembre. En gros, pour lui, c’est une sorte de gigantesque moyen de montrer qu’il applique sa politique. C’est pour ça qu’il a durci le ton sur la politique migratoire.

La Marseillaise : Le meilleur arbitre africain ne peut pas se rendre aux États-Unis, des membres du staff non plus et certains joueurs ont eu des problèmes de visa. Ce sont ces exemples qui lui permettent de prouver la réussite de sa politique migratoire ?

Jean-Baptiste Guégan : Pour nous, ça donne l’impression d’une désorganisation, d’une radicalité de l’administration. Pour Trump, c’est au contraire la confirmation de sa politique. Tout son deuxième mandat s’est construit sur le fait de reprendre le contrôle des frontières. Et aujourd’hui, il s’attaque aux officiels, aux spectateurs et aux équipes. Il y a aussi le cas de l’attaquant qui a marqué le but décisif pour l’Irak, qui se retrouve bloqué pendant sept heures par la douane américaine. Il y a un véritable zèle, il y a des consignes qui ont été données de durcissement, et au moindre doute, on suspend et on interdit l’accès au territoire. En plus, il faut ajouter l’instrumentalisation autour de la sélection iranienne pour montrer qu’on a une position inflexible et qu’on sait que l’Iranien est fondamentalement méchant, Ajoutez à cela le discours vis-à-vis des Africains, avec les shithole countries [pays merdique, Ndlr], les travel ban [interdiction de voyager], et la suspension de toutes les formes de naturalisation et obtention de visa et on obtient le discours typique qui sert l’arrière-plan de la Coupe du monde, pour faire entendre sa politique. De toute façon, à chaque occasion qui lui permettra de valider ou de faire valider ses idées, sa vision du monde et sa radicalité durant ce Mondial, il s’en servira.

La Marseillaise : Pourquoi la Fifa ne réagit-elle pas ?

Jean-Baptiste Guégan : En général, la Fifa fait l’intermédiaire et essaie de détendre les choses, parce qu’elle a un lien direct avec les deux partis, mais là, ça ne marche pas. Gianni Infantino [le patron de la Fifa, Ndlr] est très lénifiant et quasi absent sur cette question. Il sait que s’il braque Trump, ce sera encore pire. Il est dans une posture où il n’y a que la flatterie qui fonctionne. Pourquoi est-il systématiquement aligné avec Trump ? Pour des questions de business, d’ego, et de rêve américain. Mais il est censé montrer un peu d’indépendance et qu’on ne fait pas n’importe quoi avec le football.

La Marseillaise : Quelle sera la situation des Iraniens ?

Jean-Baptiste Guégan : Les Iraniens ne sont pas au même niveau de traitement, puisqu’ils n’auront pas le droit de reconnaître le terrain la veille des matchs. Ils vont arriver le jour même et ils vont repartir juste après le match. Ce sera aussi la première fois qu’un régime est incapable d’assurer la sécurité d’une sélection. La question c’est : que se passera-t-il s’ils sont qualifiés en huitièmes de finale et qu’ils affrontent les États-Unis ? C’est donc pour toutes ces raisons que c’est la Coupe du monde la plus géopolitique et politique qu’on ait connue dans l’histoire. C’est la plus politique au sens détestable du terme puisqu’elle est très matérialiste. Personne ne parle de jeu mais tout le monde parle d’enjeux.

La Marseillaise : Ce Mondial peut-il rapprocher le Canada et le Mexique des États-Unis ?

Jean-Baptiste Guégan : Il y a un an, Trump proposait au Canada de devenir le 51e État américain et il proposait de bombarder le Mexique. Depuis quelques mois, les tensions se sont tout de même calmées parce que le Mexique a collaboré pour l’arrestation de trafiquants de drogue et Trump ne parle plus d’annexer le Canada ou le Groenland. Mais la défiance des Canadiens envers les États-Unis est toujours présente et il n’y a jamais eu autant de départs de Mexicains des États-Unis. Les personnes en situation opérationnelle vont arriver à travailler ensemble mais ce n’est pas cette Coupe du monde qui permettra de les rapprocher, bien au contraire.

La Marseillaise : Cette Coupe du monde sera-t-elle rentable ?

Jean-Baptiste Guégan : Beaucoup d’enquêtes sortent pour montrer que le Canada va être perdant. Pour le Mexique aussi ce ne sera pas une bonne opération. Aux États-Unis, le coût des transports, des infrastructures et des billets a explosé. Le logement est extrêmement cher parce qu’on est sur un marché dérégulé. Il y a une baisse des réservations partout de 20% sur l’ensemble des villes concernées. Financièrement, ça va être un fiasco. Ça va coûter très cher aux fédérations, c’est d’ailleurs pour cela que la Fifa a augmenté ses dotations. Le coût pour les supporters et pour les familles des joueurs est énorme. Après, pour la Fifa, ce sera une très belle opération avec au moins 11 milliards d’euros de retombées potentielles et probablement plus. Ce sera aussi intéressant pour des entreprises qui vont tester des technologies et vont vouloir se mettre en scène.

La Marseillaise : Cette situation politique joue-t-elle sur l’engouement autour de la compétition ?

Jean-Baptiste Guégan : Étonnamment, je trouve que le volume de critiques et d’appels au boycott ou de réactions politisées est quand même très limité. Il y en a beaucoup moins que contre le Qatar il y a quatre ans parce que personne n’a payé des agences de relations publiques pour démonter les États-Unis parce qu’on n’affronte pas l’administration Trump en frontale. Personne ne traite de la question environnementale comme c’était le cas avec le Qatar. Pourtant, la compétition se déroule dans trois pays, sur six fuseaux horaires, avec des distances entre les stades colossales. Le coût environnemental va être énorme. Aucune compensation n’est prévue. Il y a aussi la question des transports et toutes les difficultés logistiques autour. Donc c’est vrai qu’il n’y a pas l’enthousiasme habituel. La politique américaine dicte littéralement le tempo et l’enthousiasme de cette Coupe du monde. La figure de Trump écrase l’engouement. J’espère que ça va changer quand la compétition va débuter. L’enthousiasme viendra surtout des diasporas et des touristes qui auront réussi à venir. Au Mexique, la situation devrait tout de même être différente.

Entretien réalisé par Tristan Arnaud (La Marseillaise, le 12 juin 2026)

Les syndicats accusent la Poste de « répression antisyndicale » (L’Indep)

Depuis le mois de février 2026, 5 syndicalistes (3 Sud Poste et 2 CGT) sont attaqués par la direction de La Poste suite à une action de soutien au délégué syndical Sud Poste 66, licencié le 20 février dernier devant le centre courrier de Thuir. Le motif ? « La Poste leur reproche d’avoir effectué un Haka, un spectacle sur la voie publique parodiant soi-disant des membres de la direction, d’avoir accroché un drapeau palestinien, et diffuser leurs opinions politiques… », explique Alexandre Pignon, secrétaire général de la CGT activités postales des Pyrénées-Orientales.

Mais depuis quelques semaines ce sont désormais 6 militants qui sont visés par des procédures disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement ou révocation. Ainsi, les 13 syndicats départementaux CGT FAPT d’Occitanie ont saisi les procureurs de la République de Perpignan et Toulouse, mettant en copie les préfets respectifs.

Autre fait : au début du mois de mai, l’un des postiers qui fait l’objet de procédures disciplinaires, avait tente de s’immoler dans les locaux de La Poste situés à Torremila. L’information avait été révélée le 19 mai 2026 lors d’un tractage devant plusieurs bureaux de vote du département par le comité de défense citoyen en soutien aux syndicalistes. « Depuis fin 2023, 5 suicides ou tentatives ont été recensés en Occitanie, et deux dans les Pyrénées-Orientales », évoque Alexandre Pignon.

« Face à la répression syndicale », une action sera organisée aujourd’hui devant le centre de courrier de Perpignan dès 9h par le comité de soutien des postiers avec l’objectif de rencontrer la direction de La Poste pour lui remettre les 1 500 signatures récoltées sur la pétition. Le samedi 20 juin, un rassemblement national contre les répressions antisyndicales interprofessionnelles sera organisé à Paris, une délégation départementale se retrouvera devant la préfecture des Pyrénées-Orientales. Enfin, le 30 juin marquera le jour du passage en conseil de discipline d’Alexandre Pignon. Un appel à la grève départementale de tous les postiers est lance avec un rassemblement devant le centre de Perpignan à Torremila.

Laura Morales (L’Indépendant, le 12 juin 2026)

Contactée, la direction de La Poste n’a pas souhaité apporter de commentaires.

Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 11 juin 2026)

Lyhanna : briser la loi du silence demande des moyens
Question d’actualité au Gouvernement
Je veux d’abord apporter notre soutien à la famille de Lyhanna face à ce meurtre abject. Je veux saluer la hauteur des propos tenus par les élus locaux du Gers dont beaucoup devraient s’inspirer.
L’horreur, la compassion ne peuvent nous faire taire la réalité.
Votre garde des Sceaux a (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Pour la création d’une délégation sénatoriale aux droits de l’enfant
Courrier officiel au Président du Sénat
Depuis de nombreuses années, le groupe que j’ai l’honneur de présider aujourd’hui mène un combat permanent pour le respect des droits des enfants.
—> Lire l’intervention

« Ceux qui soutenaient il y a trois ans une réforme des retraites pour économiser 7 milliards d’euros voudraient aujourd’hui augmenter les dépenses militaires de 14 milliards ! »
Loi de programmation militaire 2024 à 2030
Nous avons vécu un moment parlementaire singulier. Alors que le groupe CRCE-K était bien seul à dénoncer une fuite en avant et une programmation insincère, voilà que la majorité sénatoriale a joint ses voix aux nôtres pour supprimer l’article 2 !
Mais pour des raisons opposées : nous (…)
—> Lire l’intervention de Michelle Gréaume

« Soutenir sans mythifier, pérenniser sans sous-financer, intégrer sans dénaturer »
Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD)
Nous sommes favorables, comme beaucoup ici, à la pérennisation des TZCLD, qui ont montré leur utilité.
Pour celles et ceux qui sont durablement privés d’emploi, qui ont connu des parcours heurtés, ou présentent un handicap, cet outil de réparation ciblé, territorialisé, peut être décisif. (…)
—> Lire l’intervention de Céline Brulin

Il faut maintenant un budget rectificatif !
Courrier au ministre des finances pour demander un projet de loi de finances rectificative
À la suite du drame de Lyhanna, dont les circonstances soulèvent de graves interrogations quant à notre capacité collective à protéger les enfants victimes de violences, nous souhaiterions que notre commission puisse procéder à l’audition du ministre de l’Éducation nationale.
—> Lire l’intervention

Et si on régulait aussi l’installation des médecins ?
Lutte contre les déserts médicaux
Il s’agit d’une proposition de loi issue d’un travail transpartisan de plusieurs années de nos collègues de l’Assemblée nationale, afin de permettre d’avancer sur le sujet de la régulation de l’installation des médecins, apportant une pierre à l’édifice beaucoup plus large que nous devons (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

Faire payer la spéculation pour sauver le bâti rural
Proposition de loi visant à remobiliser le bâti rural
On a coutume de parler de « déprise », comme d’une marée qui se retire : un phénomène naturel, contre lequel nul ne pourrait rien. Je veux d’emblée récuser ce mot. Nos bourgs ne se sont pas vidés tout seuls.
Cette situation est le fruit de décennies de choix qui ont concentré les moyens du (…)
—> Lire l’intervention de Marie-Claude Varaillas

« Devoir payer pour sauver un proche est scandaleux ! »
Garantir la neutralité financière du don d’organes par les vivants
En France, le don d’organes et de tissus est acte de générosité et de solidarité. Il permet à plus de 70 000 patients de rester en vie.
En 2025, 6 148 greffes ont été réalisées pour 23 000 patients en attente. La liste d’attente représente quatre fois le nombre de greffes réalisées, et cet (…)
—> Lire l’intervention de Céline Brulin

« Le travail créatif est un travail qui doit être rémunéré »
Proposition de loi relative au contrat d’édition
Cette proposition de loi traite de la reconnaissance et de la juste rémunération du travail de création.
Nombre d’auteurs peinent à vivre de leur travail. La précarité progresse, surtout chez les primo-auteurs et les traducteurs. La concentration du secteur se renforce autour de quelques (…)
—> Lire l’intervention de Pierre Barros

Une belle avancée pour les moniteurs stagiaires
Moniteurs de ski stagiaires
Un dispositif de solidarité intergénérationnelle qui fonctionne, une mutualisation du travail vertueuse, voilà de quoi nous inspirer !
Revenons sur ce système intelligent. Les moniteurs de ski sont plus de 17 000 dans notre pays. Pendant la haute saison, on a besoin de tout le monde ; pendant (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Les autres interventions

Affaires sociales : Les maladies cardiovasculaires frappent d’abord les plus modestes Santé et protection sociale – Accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire – par Silvana Silvani – 11 juin 2026

Les questions écrites :

Il faut sauver « 60 millions de consommateurs ». Économie – Situation de l’Institut national de la consommation et du journal 60 Millions de consommateurs – par Michelle Gréaume – 11 juin 2026

Finances : N’engageons pas le patrimoine de l’État dans une logique commerciale. Budget et fiscalité – gestion du patrimoine immobilier de l’État – par Pierre Barros – 11 juin 2026

Les courriers officiels :

Lyhanna : demande d’audition du ministre de l’Éducation nationale par le groupe CRCE-K. Éducation et recherche – Courrier au président de la commission de l’éducation – 10 juin 2026

Les questions écrites :

Transports : Il est nécessaire de maintenir et de développer des solutions innovantes adaptées aux lignes de desserte fine du territoire Transport – Projet de navette rail-route Flexy – par Marianne Margaté – 5 juin 2026

Comité de défense de La Poste des Pyrénées-Orientales

La direction de La Poste des Pyrénées-Orientales a décidé de sanctionner 5 syndicalistes pour avoir, en dehors des locaux postaux, organisé un carnaval parodique et burlesque mettant en scène les relations entre la direction et les employés et pour dénoncer le licenciement d’un collègue, qui malgré les avis défavorables de l’inspection du travail, a été validé par le Ministère du travail.

La direction départementale de La Poste parle d’une atteinte à son image et à celle de certains personnels (cadres). La loi française protège la liberté d’expression, y compris les formes de parodie et de satire visant à imiter et à tourner en dérision des œuvres artistiques ou à critiquer la société. C’est un droit fondamental issu de l’article 11 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

C’est une atteinte de plus de cette même direction pour criminaliser les activités syndicales et les syndicalistes (déjà de nombreux antécédents) en infraction avec le code du travail (article L1132-1)

À l’heure où le service public de La Poste est de plus en plus menacé, où les bureaux de poste sont fermés dans un grand nombre de communes, ne permettant plus l’accès aux citoyens-es que nous sommes, de bénéficier de ce service, et où le courrier subit régulièrement des retards (car de réorganisations en désorganisations, des tournées sont supprimées surchargeant les tournées restantes), cela pour favoriser les entreprises privées de distribution, nous, citoyens-es, militant-e-s, nous élevons contre cet abus de pouvoir de la direction de La Poste contre le droit de critique de tout citoyen, y compris contre le mode de management du personnel et demandons l’abandon immédiat de ces nouvelles procédures disciplinaires.

Nous décidons de nous constituer en comité de soutien des militants poursuivis en vue de sanctions, et appelons tous les citoyens-es et toutes les organisations démocratiques et citoyens-es à rejoindre ce comité.