Manuel Minervini. « Pour gagner Molfetta, nous avons conjugué radicalité et enracinement » (La Marseillaise)

Manuel Minervini (Rifondazione comunista) vient d’être élu avec 67,5% des suffrages, maire de Molfetta, un port industriel de la côte adriatique qui compte 60 000 habitants. Une première pour un communiste italien depuis l’auto-dissolution du PCI.

La Marseillaise : Quelle est votre première réaction à votre élection comme maire de Molfetta ?

Manuel Minervini : C’est bien sûr une réaction de joie, de grande satisfaction. C’est le fruit du travail collectif réalisé par ma coalition progressiste durant des semaines. Nous avons investi les places de la ville pour écouter les attentes des citoyens et dire la nécessité de porter aux responsabilités des élus déterminés à agir pour une ville plus juste, plus inclusive, plus verte, une ville attentive à l’importance d’une croissance soutenable, capable de donner un cap politique constructif au monde du travail.

La Marseillaise : C’est une première depuis des décennies pour un membre de Rifondazione comunista. Quelle est selon vous la clé de votre succès ?

Manuel Minervini : Le secret de cette victoire réside très certainement dans la capacité de notre parti à être bien implanté sur le territoire avec un siège physique, des militants très actifs et d’avoir réussi, par un travail de longue durée, à mettre en responsabilité une nouvelle génération à laquelle j’appartiens. Je ne suis pas un cas isolé, je suis entouré de nombreuses jeunes femmes et hommes fortement engagés et qui ont étudié le terrain pour être efficaces. En résumé, nous avons conjugué radicalité et enracinement car les deux ne peuvent pas être séparés. Si on fait un travail de pur marketing, aucune victoire ne peut être envisagée. Il est nécessaire, y compris quand le vent souffle dans la direction opposée, de tenir bon dans la durée. C’est ce qui aide à être prêts et organisés dans les moments plus favorables.

La Marseillaise : Dans un pays dont le gouvernement est héritier du fascisme, quel rôle peuvent jouer des municipalités progressistes ?

Manuel Minervini : Les communes peuvent faire beaucoup. Elles peuvent mettre en œuvre des politiques publiques pour une ville plus accessible qui n’oublie pas les personnes les plus fragiles, le droit au logement, le droit à une vie digne. Elles peuvent réunir les conditions nécessaires à la revitalisation d’un tissu productif créateur d’emplois mais aussi soutenir l’amélioration des conditions de travail et les aspirations à avoir un salaire décent, à avoir accès à des lieux publics qui soient des espaces de respiration. Je pense notamment aux parcs publics et aux plages qui ont été très privatisées dans notre ville. Les communes peuvent aussi mettre en œuvre des politiques d’égalité des droits pour les personnes handicapées. Les communes sont capables de nouer des coopérations entre elles et travailler en lien avec les Régions. Elles peuvent faire beaucoup à condition de partir des besoins des citoyens. Pour que cela ne reste pas une simple déclaration d’intention, il faut créer des cadres de participation citoyenne. Par exemple, dans la campagne, nous avons proposé une grande consultation des comités de quartiers pour que chacun puisse s’exprimer mais surtout s’impliquer dans la chose publique.

La Marseillaise : Quelles seront vos premières mesures ?

Manuel Minervini : Nous avons porté une mesure essentielle durant ces dernières semaines : nous allons bloquer un projet de construction délirant sur le port de Molfetta qui boucherait l’horizon et serait en contradiction avec la vocation de notre port. Nous allons aussi rapidement mettre en sécurité les plages de notre ville qui ont subi une privatisation du littoral de très grande ampleur tandis que les espaces publics accessibles à tous ont été abandonnés sans aménagement ni police. Nous avons également en tête l’idée d’organiser un événement culturel pour l’été qui soit décentralisé dans les quartiers périphériques de Molfetta et qui implique les acteurs culturels locaux. Nous héritons d’une politique culturelle avec des événements peu nombreux mais de grande taille qui sont confiés à des opérateurs extérieurs à la ville alors qu’elle recèle une grande diversité et une grande vitalité culturelles qui doivent pouvoir s’exprimer. Ce sera aussi pour nous une manière de « faire ville ensemble ».

Propos recueillis et traduits par Léo Purguette (La Marseillaise, le 11 juin 2026)

Mondial de Foot. Pascal Boniface : « Trump espère être au centre du monde le temps de la compétition » (La Marseillaise)

Pascal Boniface, directeur et fondateur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), critique la passivité de la FIFA vis-à-vis de Donald Trump et de sa politique raciste.

La Marseillaise : Dans quel contexte s’ouvre cette Coupe du monde ?

Pascal Boniface : Le Canada regrette d’avoir candidaté parce qu’ils ont 13 matchs et aucun d’importance. La FIFA leur a imposé des conditions vraiment draconiennes dont l’interdiction d’organiser des spectacles pendant l’arrivée des matchs. Le Mexique a le match d’ouverture mais il n’a aussi que 13 matchs donc c’est avant tout une compétition aux États-Unis. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que lorsque le dossier de candidature a été déposé, Trump était déjà au pouvoir et il y avait déjà des relations très compliquées entre les pays. Depuis c’est pire, puisqu’il a carrément menacé d’annexer le Canada. Il faut aussi se rappeler qu’en 2019, lors de l’attribution de la compétition, Trump avait menacé de sanctions ceux qui ne votaient pas sa candidature. C’est la première fois dans l’histoire de la Coupe du Monde qu’un chef d’État menaçait les autres s’ils ne votaient pas pour lui. Et la FIFA n’avait pas réagi.

La Marseillaise : Trump n’est pas fan de football. Pourquoi a-t-il tant tenu à accueillir cette compétition ?

Pascal Boniface : Trump n’aime pas le football, ce n’est pas un fan, mais il aime bien les caméras. Il sait que le football, et la Coupe du Monde particulièrement, attirent les caméras donc il espère pouvoir être au centre du monde le temps de la compétition. Il risque de l’être pour des raisons négatives qui sont contraires à l’esprit du sport.

La Marseillaise : La politique de son administration sur la délivrance des visas illustre son racisme ?

Pascal Boniface : Il a voulu envoyer un message à son électorat, en disant que même s’il avait perdu la main en Iran et que les choses n’allaient pas aussi bien qu’il le disait et le voulait, il restait ferme sur la question des migrants. Et donc, il refoule un arbitre somalien, il refuse des supporters d’autres équipes, il accueille dans des conditions tout à fait épouvantables l’équipe du Sénégal qui a subi une fouille très intrusive sur le tarmac, qui n’aurait certainement pas été réservée à une équipe européenne.

La Marseillaise : Et la FIFA reste passive ?

Pascal Boniface : Son attitude est proprement scandaleuse. C’est un arbitre référent qui a été désigné par la FIFA comme le meilleur arbitre africain pour l’année passée. Le refus de Trump de le laisser rentrer est à la fois une insulte à la FIFA et à tout le continent africain. C’est la première fois dans l’histoire de la Coupe du Monde que le pays organisateur refuse l’arrivée d’un arbitre envoyé par la FIFA. C’est quelque chose qui est tout à fait hors normes que la FIFA n’aurait jamais dû accepter sans protester. Elle n’a même pas fait semblant d’être ulcérée par cette mesure qui est proprement raciste. On ne reproche rien de précis à cet homme sauf d’être somalien donc c’est bien en fonction de ce qu’il est et non pas de ce qu’il a fait qu’on lui refuse un visa. Trump avait tenu des propos extrêmement négatifs et vexatoires à propos de la Somalie en disant que c’est un pays horrible, particulièrement arriéré, dans lequel il n’y avait rien d’autre que des gens qui se battaient.

La Marseillaise : Certaines places affichent des prix exorbitants, ce qui contraste avec un sport censé être populaire ?

Pascal Boniface : C’est devenu la tradition qu’il y ait des places extrêmement cher payées par des gens qui ont les moyens ou par des sponsors. Mais il y a également une tradition qu’il y ait des places à des prix abordables, ce qui n’est pas du tout le cas là. À cela s’ajoute le prix des hôtels qui a augmenté ainsi que celui des transports urbains : il faut compter 100 dollars [au lieu de 12,90$, Ndlr.] pour aller de New York aux matchs à New Jersey. C’est l’offre et la demande, selon les règles du libéralisme américain. Ce capitalisme sauvage a pour conséquence des chambres d’hôtels vides et des stades où tous les sièges ne sont pas remplis, ce qui n’est pas étonnant.

La Marseillaise : Des stades autour desquels l’ICE menace ?

Pascal Boniface : Il y a d’une part des supporters de certaines équipes venant de pays considérés comme inamicaux ou suspects de la part de Trump qui n’ont pas eu leur visa. Et puis il y a effectivement notamment les Latino-Américains passionnés de football qui risquent de ne pas venir au stade de peur de subir des rafles de l’ICE comme ça s’est fait dans les compétitions nationales américaines.

La Marseillaise : C’est déjà arrivé que l’un des pays organisateurs d’une Coupe du monde soit partie prenante d’une guerre ?

Pascal Boniface : Jamais, parce que généralement quand il y a des guerres on arrête les compétitions. Le fait que le pays organisateur soit en guerre avec un pays qualifié, c’est là aussi une très grande première.

La Marseillaise : Trump espérait trouver un accord avant la cérémonie d’ouverture ?

Pascal Boniface : Il l’aurait certainement souhaité, mais il n’a pas la maîtrise des événements et il est dépassé par ces derniers. Il aimerait effectivement montrer qu’il a bien mérité le prix de la paix de la FIFA, en mettant fin à une guerre qui a lui-même déclenché par ailleurs.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 11 juin 2026)

L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. « l’information », avec un grand i

Les quatre grandes chaînes TV d’information continue, dont l’une d’entre elles est publique, se ressemblent de plus en plus. On y privilégie un ou deux sujets majeurs, qui remplissent le temps d’antenne 24h sur 24, plusieurs jours. On y répète mille fois les mêmes analyses, jamais contredites et très peu nuancées, et, contre toute attente, on y utilise l’unique logiciel socio-économique pour traiter les sujets. Pour aller vite, les fameux 211 milliards n’existent pas, les 50 milliards d’exonération de cotisations sociales ne font pas partie de l’hypothèse économique admise, les profits mêmes des actionnaires, en dizaines de milliards, pourtant connus de tous, n’apparaissent plus dans les équations économiques que posent les « journalistes » sur les plateaux. Les « toutologues » professionnels et autres « ultracrépidariens » commentent, se bousculent et encaissent en même temps un petit billet pour leurs médiocres prestations. Comment faire autrement ? La question est posée.

Depuis plusieurs jours, il y a Bruel en continu, le décès de la petite Lyhanna. Il est bien entendu que ces sujets doivent être traités. Les questions posées méritent informations, débats et réflexions. Ces questions sociétales sont très importantes. On est bien d’accord. Mais…

Est-ce l’effet du hasard ? Plusieurs constats m’ont interpellé, cette semaine. D’abord, le congrès de la CGT s’est tenu, avec ses délégués élus de tous les syndicats. Il a fait un bilan et le syndicat s’est projeté sur l’avenir. Ce sujet m’apparaît important. Rien ou quasiment rien sur ces chaînes info. Ensuite, un édito sur France Info, à propos de Cuba. Pas un mot sur le blocus qui prive l’île d’énergie et qui tue. C’est un comble. On a pu y entendre des critiques d’un autre temps à propos de la politique cubaine elle-même. Cela signifiait : « Monsieur Trump, vous pouvez y aller. Vous ferez œuvre utile ! ». Écœurant. Enfin, les nouveaux chômeurs de plus de 55 ans vont perdre entre 3 et 6 mois d’indemnités chômage, après un vote de la droite et de son extrême à l’Assemblée nationale. Vous n’en saurez rien. Le problème devient majeur.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4120 – vendredi 12 juin 2026)

L’édito de Michel Marc. « L’information » avec un grand I
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Libérez Christophe Gleizes

Focus

Congrès du PCF. Les adhérents ont voté

Département

Elne. Secousse dans la cité
Événements mémoriels : l’histoire ne saurait être un outil de propagande
Femmes plastiques : un concours de miss contesté
Toutes et tous au lit
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Chaleur extrême dans les écoles : la colère monte à Perpignan
AG MRAP. Le Mrap sur le front face à la montée de l’extrême droite
Lyhanna. Rassemblement important à Peroignan devant le tribunal
AESH. À quand une vraie reconnaissance ?

Dossier – Les grandes grèves de 1936

Usine Bréguet : le mouvement de grève prend son envol
Le mouvement de grève gagne toute la France
Chronologie
L’union syndicale
Des grèves d’un genre nouveau

Sport

Top 14. Le v’là l’access
Les Dragons Catalans gâchent leur fête à Paris face à Wigan
Les cinc arques Capitol 10(4)

Culture

Où sortir ?
Concert. Classique, mais pas que
Festival Nostre Mar. L’atlas en mouvement
Archipel. Les Processions, poème mis en musique par Walid Ben Selim
Jackie Surjus-Collet renouvelée à l’unanimité pour un second mandat

France

Congrès CGT. Construire et reconstruire le syndicalisme
Ruptures conventionnelles. Un coup de ciseau régressif et méprisable

Monde

Migrants. Centres de retour : une ultime violence institutionnelle
L’actu vue par Delgé

Fête du TC – Débats

« Numérique : Stop à l’exploitation ». Alexandre Basquin, sénateur

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Communiqué de presse du Mouvement de la Paix. Pour une solution politique au conflit entre la Russie et l’Ukraine

La France doit mettre tout son poids en faveur d’une solution politique au conflit entre la Russie et l’Ukraine. C’est la solution pour stopper l’aggravation du conflit et construire une sécurité commune en Europe.

Après les bombardements intenses de la Russie sur Kiev fin mai 2026, touchant gravement une fois de plus des populations civiles, suite, selon la Russie, à une frappe meurtrière de l’Ukraine contre un lycée de la région de Lougansk, la diplomatie russe a appelé le lundi 25 mai les ressortissants étrangers vivant à Kiev, dont les personnels diplomatiques, à quitter la capitale ukrainienne avant de nouveaux bombardements de l’armée russe.

Le ministère russe des Affaires étrangères a en effet déclaré que « des frappes seront menées sur des centres de décision » et des « entreprises du complexe militaro-industriel » à Kiev, et a indiqué « Nous avertissons les ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques et des représentations d’organisations internationales, de la nécessité de quitter la ville dès que possible… »(1)

Le Mouvement de la paix à cette occasion rappelle sa condamnation de l’agression russe contre l’Ukraine en violation du droit international et de la Charte des Nations unies (cf déclarations antérieures).

Le Mouvement de la Paix rappelle que seule une solution diplomatique, s’inspirant par exemple des propositions avancées dans le cadre des négociations en vue des accords de Minsk était susceptible d’arrêter ces atrocités dont sont victimes les populations civiles. Le Mouvement de la paix se réjouit de la position de la Suisse qui, en tant que pays assurant la présidence de l’OSCE a déclaré le 24 février 2026 que « L’OSCE a été conçue comme un lieu de dialogue entre adversaires — non comme un club d’États partageant les mêmes vues. En temps de guerre plus encore, ce dialogue doit rester réel. Il ne peut se réduire à deux monologues parallèles. Telle est l’ambition de la présidence suisse : défendre les principes d’Helsinki et préserver cette plateforme unique de dialogue inclusif. Face au retour des logiques de puissance, nous ne devons pas marginaliser notre organisation ; nous devons la rendre opérationnelle et utile, en y apportant les réformes et le courage nécessaires. La paix exige anticipation et détermination. Il nous appartient, collectivement, de faire de l’OSCE un instrument crédible au service de la paix et de la sécurité en Europe. »(2)

Le Mouvement de la paix estime que la France doit agir dans ce sens non seulement au sein de l’OSCE mais aussi en tant que membre du conseil de sécurité des Nations Unies.

Le Mouvement de la Paix estime qu’il est urgent que la France révise totalement sa politique et son positionnement en particulier au niveau européen et mette tous ses moyens diplomatiques au service de la construction d’une issue politique et donc de remettre complètement en cause ses logiques de militarisation de l’Europe, d’européanisation de l’arme nucléaire, de doublement du budget militaire, de soumission aux exigences de Trump et de l’Otan visant à augmenter les dépenses militaires ; d’augmentation du potentiel en armes nucléaires de la France en violation du TNP.

La France doit faire des propositions pour ce qui concerne le désarmement nucléaire, l’arrêt de la militarisation de l’Europe, et agir pour une sécurité commune européenne basée sur les principes réactualisés des accords d’Helsinki.

C’est la raison pour laquelle le Mouvement de la paix participera aux cotés des organisations pacifistes européennes, du bureau international de la paix, du collectif No Rearm Europe (dont fait partie le Mouvement de la Paix) à la manifestation qui aura lieu à Bruxelles le 14 juin 2026, « Le bien-être, pas la guerre »(3)

Le Mouvement de la paix
Le 9 juin 2026

(1) Article du Figaro du 26 mai 2026.
(2) Vienne, 24.02.2026 — Discours du président en exercice de l’OSCE, le conseiller fédéral Ignazio Cassis, devant le Conseil permanent de l’OSCE.
(3) « Le 14 juin à 15h, nous descendrons dans les rues de Bruxelles, devant les institutions qui pilotent le réarmement de l’Europe. Avec la Plateforme Halte à la militarisation, nous appelons les mouvements sociaux, les syndicats, les organisations de la société civile, les médias indépendants, les forces politiques et les parlementaires –aux niveaux européen et national– à nous rejoindre. Nous nous réunirons ensuite en assemblée pour discuter et définir les prochaines étapes d’une mobilisation européenne contre le réarmement. Le 14 juin est un point de ralliement commun, et non une date butoir. Tout au long du mois, les mouvements, les organisations et les communautés de tout le continent sont appelés à organiser leurs propres manifestations, réunions publiques et actions coordonnées ».

Grève à la SNCF. Le trafic très perturbé (L’Indep)

En raison d’un mouvement social national, la circulation des trains régionaux sera très perturbée en Occitanie, ce mercredi. Les Trains LiO seront les plus impactés, avec seulement 7 sur 10 en circulations et des liaisons partiellement assurées par des autocars.

C’est une première pour Jean Castex. Ce mercredi 10 juin, l’ancien Premier ministre, ex-maire de Prades, fait face à son premier conflit social à la SNCF, dont il est désormais PDG. Le mouvement est annoncé pour 24 heures. Un premier test social donc pour Jean Castex qui avait apaisé ce climat social quand il était à la tête de la RATP. Les syndicats du rail revendiquent une hausse des salaires et S’inquiètent de la multiplication de sociétés filiales et du transfert annoncé dans ces structures de salariés de la SNCF.

Une certitude, dans la région Occitanie et donc dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude, la circulation sera très perturbée ce mercredi 10 juin. « En raison d’un mouvement social national, la circulation des trains régionaux sera très perturbée en Occitanie », confirme SNCF voyageurs.

Dans le détail : 7 trains LiO (TER) sur 10 seront en circulations, avec un trafic partiellement assuré par autocars.

Des perturbations sont à prévoir aussi pour les TGV INOUI et OUIGO avec en moyenne 2 TGV sur 3 en circulation, mais aussi sur les lignes Intercités de jour et de nuit avec environ 1 train sur 2.

La SNCF recommande aux voyageurs de se renseigner avant de se déplacer, la veille à partir de 17h.

« Les équipes SNCF Voyageurs sont pleinement mobilisées pour accompagner ; informer et être au plus près des voyageurs », assure-t-elle par communiqué.

Toutes les informations sur les conditions de circulation sont à retrouver sur LiO Trafic pour suivre en temps réel l’état du trafic en Occitanie et consulter les prévisions du lendemain Site liO Train SNCF : trainlio.sncf.com (rubrique Info Trafic) Chaine WhatsApp liO Occitanie. L’application et le site SNCF Connect : sncfconnect.com.

T. B. (L’Indépendant, le 10 juin 2026)

« Les bactéries ont été détectées et traitées correctement, c’est rassurant », les curistes sont de retour dans cette station thermale après la fermeture suite à des légionelles (FR3 – Occitanie)

Le 21 avril dernier, l’établissement de Vernet-les-Bains, dans les Pyrénées-Orientales, avait été contraint d’interrompre ses soins après la découverte de légionelles dans son réseau hydraulique. La direction des thermes assure que toutes les mesures demandées par l’Agence Régionale de Santé Occitanie ont été mises en œuvre.

Un moment de détente mais aussi un soin thérapeutique pour ces curistes de retour dans les bassins des thermes de Vernet-les-Bains.

Après la découverte de légionelles dans les installations en avril dernier, plusieurs semaines de nettoyages, de désinfection et de contrôles sanitaires ont été nécessaires avant la reprise des soins et des cures.

« J’ai eu un peu d’inquiétude, mais je me suis assuré que le traitement de l’eau a été suivi correctement et qu’une fois que les bactéries ont été détectées, tout cela a été traité correctement. Donc, c’est rassurant » explique Gilles Simon, curiste.

Une perte touristique en mai

Une réouverture qui soulage les curistes, mais aussi la direction de l’établissement mobilisée pour programmer les traitements qui avaient été brutalement interrompus lors de la fermeture.

« Nous avons essayé de reporter, de changer les dates, de faire tout notre possible pour que les curistes pris en charge pour cette année puissent quand même faire leur cure. Il y a encore des gens qui sont en train de prendre leurs décisions pour voir comment ils peuvent s’organiser » détaille Liis Puig, directrice des Thermes de Vernet-les-Bains.

Car en Conflent, le thermalisme fait vivre de nombreux professionnels, hôteliers, restaurateurs et commerçants. Ils ont vu leurs activités ralentir pendant toute la période de fermeture, soit 7 semaines.

« Le tourisme, c’est juillet et août. Les Thermes c’est avril, mai, juin et septembre, octobre. Il nous a manqué un mois et demi » confesse Anne-Gaëlle de Col, boulangère à Vernet-les-Bains.

« Par rapport à l’an dernier, on a perdu entre 50 et 60 % de chiffre d’affaires sur le mois de mai » avoue un restaurateur.

À l’approche de l’été, toute la vallée compte désormais sur le retour des curistes pour relancer la saison.

Nicolas Esturgie (FR3 – Occitanie, le 9 juin 2026)

Wellfare NOT Warfare – La justice sociale PAS la guerre ! Manifestation à Bruxelles le 14 juin 2026 à 15h

Le Mouvement de la Paix fait partie des organisations qui appellent à cette manifestation, et est membre du Bureau International de la Paix (BIP) et du collectif Stop RearmEurope 2 qui appellent aussi à cette manifestation.

Cette manifestation est organisée par deux plateformes principales : la plateforme « Stop Militarization » en Belgique et la coalition européenne « Stop Rearm Europe ».

Départ de la manifestation : Bruxelles-Nord à 15 h (initialement 14 h , décalée à la demande de la police). Parcours en direction du quartier européen, à confirmer.

Après la manifestation, assemblée animée par Stop Rearm Europe pour discuter des stratégies futures.

Appel de la plateforme « Stop militarisation »

Les conflits se multiplient dans le monde entier, la loi du plus fort piétine de plus en plus le droit international et le multilatéralisme, l’autoritarisme gagne du terrain, les armes nucléaires continuent de menacer l’humanité et, malgré tout cela, des milliards sont dépensés dans le militaire et l’armement et dans la préparation des conflits. Ce sont les travailleurs et travailleuses, les familles et notre planète qui en paient le prix.

Nous nous opposons à la militarisation irresponsable de notre société. Nous sommes opposés aux projets de l’UE visant à dépenser 800 milliards d’euros supplémentaires en armement, argent qui est retiré des services sociaux, des soins de santé, de l’éducation, du travail, de la consolidation de la paix, de la coopération internationale, d’une transition juste et de la justice climatique. Comme en Belgique, où des économies sociales massives sont présentées comme nécessaires, tandis que des dépenses militaires supplémentaires passent sans débat.

L’Europe doit se remettre de la fièvre guerrière et arrêter de capitaliser sur un climat de peur afin de laisser à nouveau place à une perspective de paix et de désarmement, seule voie possible pour notre avenir commun. Nous appelons toutes celles tous ceux qui choisissent la paix et la justice sociale à participer à une manifestation européenne à Bruxelles pour plaider en faveur d’investissements pour la société et non dans la guerre.

Nous exigeons :

  • Pour la paix et la sécurité – des investissements dans les soins de santé, l’éducation, le travail décent, la justice, la transition climatique et la protection sociale, et non dans la militarisation de la société ;
  • Pour le respect du droit international – le respect de la Charte des Nations Unies, la défense des droits humains et des droits du travail, la promotion de la justice sociale et climatique ;
  • Pour le dialogue et la diplomatie – rassembler les peuples et les pays, plutôt que de les monter les uns contre les autres ;
  • Pour l’investissement dans la solidarité et la coopération internationales – le développement durable est la meilleure garantie d’une société stable et sécurisée, et donc le meilleur moyen de prévenir les conflits ;
  • Pour le désarmement – le contrôle des armements et le désarmement nucléaire garantissent la paix et la sécurité.

Rejoignez-nous pour une Europe de paix et de solidarité.

Invitation de la coalition « Stop rearm Europe »
dont est membre le Mouvement de la Paix

Nous assistons à des niveaux sans précédent de destruction et à une guerre contre la vie elle-même.

Les génocides sont en train d’être normalisés, les infrastructures civiles deviennent la cible privilégiée, les institutions internationales paralysées par l’inaction.

L’Europe n’est pas un spectateur.

À travers le continent, les gouvernements préparent les citoyens à la guerre, réintroduisent la conscription et détournent les ressources publiques vers la machine de guerre — tandis que l’industrie se prépare à faire du profit.

Les institutions européennes, désireuses d’apaiser la superpuissance mondiale, se contentent de soutenir les fantasmes impériaux de forces réactionnaires telles que représentées par Trump, Netanyahu et Alex Karp de Palantir : le tapis rouge est toujours déployé, les systèmes d’armes toujours exportés, leurs bombardiers réapprovisionnés. Cette nouvelle ère qu’ils souhaitent annoncer sera encore plus sombre grâce à l’expansion des logiciels testés sur les Palestiniens et conçus pour maximiser la mort et la destruction.

Nous refusons cela. Et nous nous mobilisons.

Rejoignez-nous — à Bruxelles et à travers l’Europe !

Le 14 juin à 15h, nous descendrons dans les rues de Bruxelles, devant les institutions qui mènent le réarmement de l’Europe. Avec la Plateforme Stop Militarization, nous appelons les mouvements sociaux, les syndicats, les organisations de la société civile, les médias indépendants, les forces politiques et les parlementaires -aux niveaux européen et national- à se joindre à nous. Ensuite, nous nous réunirons en assemblée pour discuter et élaborer une stratégie des prochaines étapes d’une mobilisation à l’échelle européenne contre l’agenda ReArm.

Pourquoi nous mobilisons-nous ?

Au nom de la « sécurité », l’Union européenne et l’OTAN poussent une expansion militaire sans précédent. 800 milliards d’euros sont déjà réaffectés vers l’armement — des ressources retirées de la santé, de l’éducation, de l’action climatique et de la protection sociale. Au cours de la prochaine décennie, ce chiffre pourrait atteindre 6,8 000 milliards d’euros, alors que l’OTAN exerce des pressions sur les États membres pour des dépenses militaires allant jusqu’à 5 % du PIB.

C’est une économie de guerre permanente qui va transformer chaque aspect de la vie en Europe et au-delà :

  • Cela approfondit les conflits plutôt que de les résoudre. Investir des milliards dans les armes alimente les tensions mondiales et renforce la logique selon laquelle la force militaire -et non la diplomatie- est la réponse de l’Europe à chaque crise.
  • Cela accélère une course aux armements. Les pays réagiront à l’armement de leurs voisins, avec plus d’armes. Les frontières armées, la prolifération de bases militaires et la volonté d’investir dans les armes nucléaires deviendront la nouvelle norme.
  • C’est un transfert de richesse de la vie vers la destruction. Chaque euro dépensé en armes est un euro retiré de la protection sociale, de la transition juste et des services publics. Le réarmement et le démantèlement de nos systèmes de protection sociale ne font qu’un.
  • Il cible la prochaine génération. Une Europe réarmée exigera des soldats. Les jeunes seront invités à combattre et mourir dans des guerres qu’ils n’ont pas choisies. De plus, cela laissera les générations futures avec une dette encore plus importante.
  • Elle transforme nos sociétés. La militarisation entraîne la surveillance, la répression de la dissidence et un espace démocratique rétréci. La politique de guerre a toujours des conséquences autoritaires.

Nous rejetons cette direction. Nous défendons une Europe fondée sur la paix, la démocratie, les droits de l’homme, ainsi que la justice sociale et climatique — une Europe qui investit dans les soins, la solidarité et la coopération internationale plutôt que dans l’industrie de l’armement.

Informations pratiques

  • Manifestation Quand : 14 juin, 15h00. Où : Bruxelles Nord. Matériel utile (affiches, banderoles, etc.)
    https://stoprearm.org/materials/
  • Assemblée : Quand : 14 juin, 17h00 – 21h00. Où : Bruxelles près de Pl. Jean Rey. Pour toute question ou demande.

Sur le site de l’IPB (International Peace Bureau) : Welfare not Warfare! 14th of June we take the streets for peace and justice! – IPB – International Peace Bureau.

Sur le site de VREDE (Belgique) : Stop Militarisation | Vrede.

Paix et sécurité humaine selon le Mouvement de la Paix

Nos exigences pour cultiver la paix du quartier à la planète. Un autre monde est possible !

L’approche globale

Jamais les problèmes qu’affronte l’humanité n’ont été aussi graves : conflits sans fin, prolifération des armes, y compris nucléaires, atteintes à l’environnement, mauvaise gestion des ressources vitales, malnutrition et épidémies… Cependant jamais l’humanité n’a autant qu’aujourd’hui disposé de moyens (connaissances, techniques, analyses) pour résoudre ces problèmes et créer les conditions afin que chaque être humain puisse vivre en paix et en sécurité, sécurité physique, sociale, médicale, nutritive et environnementale.

Les engagements pris par les chefs d’État en l’An 2000 et réaffirmés depuis pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) destinés à réduire de moitié la pauvreté dans le monde, ne sont pas tenus.

Cette situation qui plonge plus d’un milliard d’habitants de la planète dans l’extrême pauvreté, est un facteur majeur d’insécurité sociale, de violences et de conflits armés. La volonté d’une remilitarisation des relations internationales, sous la pression de certains gouvernements dont ceux engagés dans l’OTAN, se confirme.

La « sécurité humaine » conçue comme le respect des droits, individuels et collectifs, et la satisfaction des besoins, fondée sur une éthique de solidarité, doit devenir la référence commune pour promouvoir un développement durable, soutenable par la planète, partagé et respectueux de l’environnement.

Au premier rang des besoins, figure le droit pour tous de vivre en paix et en sécurité, dans des frontières garanties et reconnues, le droit de vivre sans crainte en tous lieux et à tout moment de sa vie.

Citoyens motivés, nous appelons à un sursaut civique. Pour cultiver la paix du quartier à la planète, nous mettons dans le débat des propositions pour le court, le moyen et le long terme en vue de la co-élaboration d’alternatives sous la dénomination de sécurité humaine et/ou culture de la paix.

« Nous pensons à Lyhanna et à tous les enfants victimes » (L’Indep)

Un hommage à la jeune Lyhanna a rassemblé près de 500 personnes devant le tribunal de Perpignan, ce lundi. Sous une fine pluie, associations et citoyens ont réclamé une protection réelle des enfants et l’examen urgent d’une loi intégrale.

L’ambiance qui régnait devant le tribunal de Perpignan était pesante, mais semblait nécessaire pour tout le monde. Ce lundi 8 mai, à 19 heures, environ 500 personnes se sont rassemblées en hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans, retrouvée morte le 4 juin dernier à Puycasquier, dans le Gers. Un appel national relayé par les associations Femmes solidaires 66 et les Chouettes anonymes, soutenues par le Collectif droit des femmes 66.

La pluie a commencé à tomber lors de l’arrivée des manifestants, majoritairement des femmes, accompagnées de quelques hommes et enfants. Charlotte, 36 ans, brandissait une pancarte avec ce mot d’ordre « Justice pour nos enfants ». L’histoire de Lyhanna a fortement résonné dans le cœur de cette jeune maman. « Je ne peux pas imaginer ce que ça peut faire à des parents. Des vies sont brisées par les violences sexuelles et il y en a assez que ça soit traité comme de simples dysfonctionnements », a-t-elle témoigné. Mathilde, 47 ans, avait du mal a retenir son émotion. « C’est beaucoup de tristesse. Mais avant tout, l’idée, c’est d’avoir une réflexion collective sur ce qui tait que des petites filles doivent avoir peur des papas des copines, ou que des femmes ont peur d’aller faire un footing dans la rue ».

Réunis devant le palais de justice, les membres des différentes associations ont pris la parole. « Nous pensons à Lyhanna et, à travers elle, à tous les enfants victimes de violences sexuelles. Nous sommes également réunis parce que nous refusons que la protection des enfants reste une promesse électorale alors qu’elle devrait être une priorité », a scandé Aurélie Martin, de Femmes solidaires 66, encouragée par des applaudissements. Cette dernière a également exprimé « l’examen immédiat » de la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, portée par plus de 150 associations et organisations. Monique Hernandez, du Collectif droit des femmes 86, a quant à elle commencé par pointer du doigt l’interdiction de la mobilisation à Paris, avant de s’attaquer aux représentants politiques. « Darmanin s’excuse, mais il aurait pu démissionner, il en est déjà à sa 56e circulaire de l’année. Nous sommes aussi unis contre cette politique de l’émotion et du fait divers ».

Après une minute de silence, le rassemblement s’est ensuite déplacé de quelques mètres, devant le tribunal des affaires familiales de Perpignan.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 9 juin 2026)