Communiqué de presse de la CGT du Conseil départemental 66. Conditions de travail des agents de la Direction Insertion Logement du Département des Pyrénées-Orientales

Le département des Pyrénées-Orientales est l’un des départements les plus touchés par la précarité en France métropolitaine avec un taux de pauvreté de 22,4 % en 2023, selon l’INSEE, cela représente environ 110 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté. [ Environ 14 % des habitants de moins de 65 ans étaient couverts par le RSA en 2020, soit deux fois la moyenne nationale. Le chômage y est également particulièrement élevé]

La situation est particulièrement difficile à Perpignan, où le taux de pauvreté atteint environ 32 %, avec certains quartiers dépassant 50 % de population sous le seuil de pauvreté.

Les usagers de nos services, allocataires du RSA ou non, confrontés à des difficultés sociales, de santé ou de logement doivent pouvoir bénéficier d’un accueil bienveillant et disponible, d’une écoute attentive afin de les aider à lever les freins à l’insertion, notamment les problèmes de logement, d’accès aux droits de santé ou de mobilité.

Mais comment être disponible, bienveillant et attentif lorsque les conditions et l’organisation du travail des agents ne sont pas à la hauteur des enjeux ?

Comment bien travailler quand les moyens sont très insuffisants ?

Comment bien travailler quand le travail fait mal ?

Usagers, Professionnels ou simples citoyens, sont ainsi invités à nous rejoindre pour défendre les valeurs du Service Public qui doit replacer l’usager au cœur d’une politique publique d’action sociale

L’évènement se déroulera le :

Jeudi 18 juin 2026 de 11h à 15h
devant la Direction Insertion Logement
située 25, Rue Petite La Monnaie à Perpignan

Err. Le Pôle sanitaire cerdan fête ses 10 ans et pose la première pierre de son extension (L’Indep)

Ce vendredi, le Groupe de coopération sanitaire (GCS) Pôle sanitaire cerdan célébrait son dixième anniversaire, tout en franchissant une nouvelle étape de son développement, avec la pose symbolique de la première pierre de son extension. Le groupement réunit trois membres fondateurs : l’UGECAM Occitanie, l’association Joseph-Sauvy et le GECT hôpital de Cerdagne.

Depuis sa création, il œuvre au service de l’offre de soins du territoire en développant une prise en charge de proximité. Organisée en présence des représentants de l’État, de la Région, du Département, de l’intercommunalité, des communes, de l’Ugecam, de l’association Joseph-Sauvy, du GECT hôpital de Cerdagne et de Rose de Montella, cette cérémonie a marqué le lancement officiel des travaux d’agrandissement de l’établissement.

« Cet anniversaire est aussi l’occasion de remercier l’ensemble du personnel », soulignait Gérard Majoral, président de l’association Joseph-Sauvy. « Force est de constater que le Pôle Sanitaire Cerdan se positionne comme un atout majeur du secteur médico-social du territoire », rappelait Didier Carponcin, sous-préfet de Prades.

Une extension de 1 350 m’

Cette extension de 1 350 m?, répartie sur trois niveaux de 450 m° chacun, représente un investissement de 3 millions d’euros hors taxes. Conçu par l’architecte Frédéric Bombardo, le projet permettra, notamment, la création d’un espace de balnéothérapie, d’un second plateau technique de rééducation et de réadaptation, ainsi que le développement du virage ambulatoire, avec le renforcement de l’hôpital de jour et des consultations externes.

« L’appel d’offres a privilégié des entreprises engagées dans la réduction de leur empreinte environnementale », précise Karine Guémon, codirectrice du GCS. Elle souligne également l’implication des équipes dans la conception des futurs espaces : « Il y a aura un véritable travail de coconstruction, avec nos professionnels, pour aménager les locaux. Cette démarche se poursuivra, avec la création d’espaces dédiés au bien-être, pensés à la fois pour les patients, les habitants du territoire et les professionnels. »

Cette extension, dont l’achèvement est prévu avant l’été 2027, doit permettre de renforcer l’offre de soins et de répondre aux besoins croissants du territoire.

L. H. (L’Indépendant, le 16 juin 2026)

Prades. 130 personnes à la marche des fiertés (L’Indep)

LGBT+ 66, L’atelier de l’entonnoir, La Libambulle, Les jeunesses populaires du Conflent, la CNT (confédération nationale du travail) et Bienvenu aux migrants 66, organisaient une Marche des fiertés, dimanche 14 juin. Une deuxième édition qui a regroupé environ 130 Conflentois. Des participants bien décidés à défendre les droits de toutes les personnes LGBTQI+ (Lesbienne, Gay, Bisexuel & middot, Trans, Queer, Intersexe et Asexuel & middot ou Aromantique) « même à la campagne ».

Un cortège qui, à l’instar de celui de Perpignan (samedi 13 juin), a regroupé un peu moins de partisans mais s’est déroulé dans une très bonne ambiance.

Ph. C. (L’Indépendant, le 16 juin 2026)

Festi-Conflent: « Junts sem més forts » (L’Indep)

Ce dimanche, le Conflent était célébré dans la station thermale.

Peu de discours lyriques aux grandes paroles pour ouvrir ce Festi-Conflent 2026 car Pierre Serra, maire de Vernet-les-Bains et Aude Vivès, présidente de la communauté de communes Confient-Canigó, entourés des élus du Conflent et des forces vives de cette structure, se sont contentés d’introduire dans la simplicité les festivités par un constat et une déclaration : « Le Conflent-Canigó est une terre d’accueil, de traditions, d’histoire, d’échange et de partage. Touristes, curistes, Confientois, jeunes et moins jeunes, ce territoire est le vôtre ». Que cela soit la flama del Canigó, le Parc naturel régional, le syndicat mixte Canigó grand site, le Train jaune, les producteurs locaux et autres exposants du jour, tous n’ont eu que ce credo : « Ensemble on est bien ». Le fait est qu’une fois de plus, la magie de ce parc historique très Belle Epoque a opéré. « Junts sem mes forts ! » étaient les mots d’Aude Vivès, repris tout au long de la journée et même mis en pratique lors des miracles d’équilibre des castells des Pallagos del Conflent (c’est d’ailleurs leur devise) en arrière-plan des costumes roussillonnais au son du tambour et de la gralla.

Et comme d’habitude, le soleil, les cloches, le concours intersidéral d’aïoli, les maquillages et les jeux en bois…. Pourquoi n’y a-t-il qu’un Festi-Confient par an et pourquoi seulement sur une journée ? Un grand bravo aux organisateurs, office du tourisme en tête.

Daniel Capdet (L’Indépendant, le 15 juin 2026)

La Poste : silence, des salariés se suicident (Blast)

La tentative d’immolation par le feu d’un syndicaliste dans les Pyrénées-Orientales, le 4 mai, rappelle que le management autoritaire de la direction de La Poste peut avoir des conséquences tragiques. Un autre facteur, qui a lui aussi tenté de s’immoler par le feu il y a un an, poursuit son employeur pour discrimination syndicale. Une audience au pénal se tiendra le 3 décembre. L’inspection du travail vient également de mettre en demeure La Poste de prendre des mesures de prévention à la suite du suicide d’un employé en 2019. Les syndicats appellent à la mobilisation les 10 et 20 juin prochains.

Lorsqu’ils prennent leur service ce matin-là, aux alentours de 7 heures, les facteurs de cet établissement des Pyrénées-Orientales se heurtent à une vision sordide : un de leurs collègues, hagard, erre dans un couloir, empestant les effluves de pétrole. L’homme, dans un état de semi-conscience, leur demande d’appeler les secours. Il leur explique qu’il s’est aspergé d’essence puis que, incommodé par les vapeurs d’hydrocarbures et gagné par la fatigue, il s’est évanoui avant de reprendre ses esprits. Sur lui, un briquet atteste du sérieux de ses intentions initiales. Pris en charge par les pompiers puis hospitalisé, il est plongé dans une forme de léthargie artificielle pendant une semaine.

L’homme est connu de ses collègues : postier depuis une trentaine d’années, c’est également un syndicaliste chevronné et combatif, mais aussi irréprochable : dans une entreprise où les syndicalistes les plus remuants sont régulièrement convoqués en conseil de discipline et mis à pied, lui n’a jamais fait l’objet de sanctions. Dans le local syndical où il s’est rendu dès 5 heures du matin pour se déverser un liquide inflammable sur le corps, des collègues découvrent une lettre qu’il a laissée. « Il disait qu’il n’en pouvait plus », explique le représentant de la CGT Alexandre Pignon, « qu’il subissait trop de pression. Il s’excusait pour son geste et nous demandait de ne pas faire comme lui et de continuer le combat ».

Pour la première fois, Laurent (le prénom a éré changé) avait subi les foudres de sa direction et s’apprêtait à passer en conseil de discipline. L’affaire remonte à février dernier. Quelques jours après Mardi gras, Laurent participe avec d’autres collègues, dont Alexandre Pignon de la CGT, au pot de départ d’un autre postier syndiqué à SUD-PTT, Samuel Toutain, licencié en janvier dernier. La fête prend la forme d’un carnaval festif et potache, organisé sur le parking devant un établissement postal, où la hiérarchie est tournée en ridicule. Une sorte de séance de catharsis collective, dont plusieurs participants reconnaissent volontiers le caractère parfois lourd et peu subtil. «  Mais ce n’était ni sur le lieu de travail ni pendant notre temps de travail, et nous avions prévenu la police de l’événement  », explique un participant.

Cependant la direction, à l’affût du moindre écart susceptible de constituer un grief contre les participants, fait venir un huissier pour prendre des photos. Dans cette ambiance joviale et décontractée, certains postiers se lâchent. Mal leur en prend : constat d’huissier à l’appui, la direction leur reproche des gestes insultants et dégradants. Laurent, Alexandre et deux autres facteurs apprennent qu’ils vont passer en conseil de discipline. Au vu de leurs antécédents, Alexandre et Laurent risquent la révocation. Moins de trois mois plus tard, Laurent est retrouvé hagard et imprégné d’odeurs d’essence sur son lieu de travail.

Contactée, La Poste s’est bornée à une déclaration de principe, sans annoncer de mesures concrètes ni engager de réflexion pour prévenir ce type de drame.

Des syndicalistes régulièrement sanctionnés, voire licenciés

Comme l’a documenté Blast, les syndicalistes jugés trop vindicatifs sont régulièrement sanctionnés, parfois pour de simples prises de parole ou des visites d’établissements pourtant parfaitement légales dans le cadre de leur mandat syndical. D’autres fois, les motifs paraissent plus fantaisistes, comme des accusations invérifiables de harcèlement envers un supérieur hiérarchique.

Dernier exemple en date : Samuel Toutain, délégué Solidaires à Thuir (Pyrénées-Orientales), a été licencié en janvier après une série de sanctions aux motifs parfois absurdes : être venu travailler en tongs ou avoir envoyé un courriel jugé trop tardif à un supérieur.

Le 28 avril dernier -date qui correspondait aussi, ironie malicieuse du calendrier, à la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail- Didier Rochette, syndicaliste SUD-PTT à Marseille, était convoqué en conseil de discipline. Sa direction l’accuse d’avoir maltraité psychologiquement une de ses supérieures, mais la plainte déposée contre lui a été classée sans suite par la justice. Didier Rochette affirme au contraire avoir lui-même subi du harcèlement moral de la part de sa hiérarchie, et des collègues seraient prêts à témoigner en sa faveur, selon son syndicat. Il a malgré tout écopé de douze mois de mise à pied. En clair, il ne travaillera pas à La Poste et ne percevra aucun salaire pendant un an.

Un procès au pénal suite à une autre tentative de suicide par immolation

Les tribunaux donnent régulièrement tort à La Poste. En mars 2024, la cour d’appel de Paris a annulé dix années de sanctions infligées à Vincent Fournier, élu CGT puis SUD-PTT dans les Yvelines -onze mois de mise à pied et dix procédures disciplinaires- et a condamné l’entreprise à lui verser 40 000 euros. Le 29 avril dernier, le Conseil d’État a annulé le licenciement d’un syndicaliste du Calvados et ordonné sa réintégration.

Les nuages judiciaires s’accumulent par ailleurs sur l’entreprise et prendre une tournure plus inquiétante pour la direction. Le 3 décembre prochain, c’est au pénal que La Poste devra répondre de ses actes. Elle est poursuivie pour harcèlement syndical par un délégué de SUD-PTT.

L’affaire est sordide et rappelle celle de Laurent. Le 17 juin 2019, au centre de tri Paul Vaillant-Couturier de Levallois-Perret, un syndicaliste s’asperge d’essence et tente de s’immoler par le feu. Il est sauvé par ses collègues puis pris en charge par les pompiers. Considéré par ses supérieurs comme l’un des leaders de la grève de quinze mois qui venait de s’achever, il avait été pris en grippe par sa hiérarchie. Cette mobilisation s’opposait à la réorganisation des bureaux de poste, mais aussi justement aux sanctions infligées aux grévistes.

Épuisé par ce long conflit, l’homme avait demandé -et obtenu selon SUD-PTT- une mutation avec promotion comme chef d’équipe dans une filiale de la Poste, Docapost. Mais au dernier moment, la direction a fait volte-face : le poste ne peut finalement pas lui être attribué. Selon La Poste, cette décision n’a aucun lien avec son activité syndicale : « En raison d’une baisse d’activité, sa demande n’a pu aboutir », fait valoir la direction.

Sauf que SUD-PTT a obtenu un enregistrement d’une discussion entre cadres de La Poste, qui expliquent que tout était prêt pour cette mutation, jusqu’à ce qu’ils préviennent la filiale du militantisme du salarié.

Blast a récupéré la retranscription de l’enregistrement par l’inspection du travail. Extraits  accablantspour l’entreprise : « J’ai quand même appelé Christophe M. [dirigeant de Docapost] […]. Parce que j’ai appris que Docapost n’était pas au courant du statut… [inaudible]. Du coup c’était pas possible, tu vois […]. Je ne pouvais pas ne pas leur dire ». Les autres acquiescent. « Pour l’établissement, c’est pas forcément… [rires]. En plus c’est un poste d’encadrant ». Approbation générale, sauf de la part de l’un des cadres qui se demande si la mutation ne peut pas quand même se faire, en des termes assez étonnants : « Sinon, il est malsain, naturellement ? Il n’est pas retournable pour l’entreprise à ton avis ? Pour le peu que tu le connais ? ». L’interlocuteur répond par la négative. « Et donc du coup ça va pas se faire ? », demande un autre participant à la réunion. Réponse sarcastique de l’homme ayant alerté la filiale du profil revendicatif su salarié : « Ben… [rires] Docapost est au courant. Parce qu’ils l’avaient validé. Il suffisait de caler la date ». Le syndicaliste disait donc vrai : la promotion lui avait été accordée dans un premier temps puis retirée une fois le patron de la filiale mis en garde contre le profil contestataire du candidat. Rien à voir avec une quelconque baisse d’activité.

L’audience s’annonce donc difficile pour La Poste, d’autant qu’elle ravivera sans doute de douloureux souvenirs. En 2018, une enquête choc d’« Envoyé spécial » révélait une vague de suicides liée au mal-être au travail dans l’entreprise. L’affaire avait provoqué un scandale. La Poste avait alors promis de renforcer la prévention mais, contrairement à ce qui s’est produit à France Télécom, confronté à un phénomène similaire, aucune poursuite judiciaire n’avait été engagée.

« En réalité, l’entreprise n’a pas fait grand-chose, estime un syndicaliste. Elle a un temps fait profil bas en ce qui concerne les sanctions contre les syndicalistes et la pression sur les salariés, mais depuis, c’est reparti de plus belle, jusqu’à provoquer de nouvelles tentatives de suicide. »

Alexandre Pignon, secrétaire général de la CGT FAPT des Pyrénées-Orientales, se souvient notamment d’une factrice de Rivesaltes qui avait tenté de se mettre fin à ses jours pendant sa tournée. « Mais sous prétexte qu’elle avait quitté son itinéraire habituel pour tenter de se pendre dans un cabanon au milieu d’un champ, la direction avait refusé de considérer l’événement comme un accident du travail », explique-t-il. De mémoire, il évoque également deux autres tentatives de suicide dans la région.

Un suicide reconnu comme lié à la souffrance au travail

« Avec la pression, les cadences infernales et des tournées de plus en plus chargées (1), de plus en plus de postiers craquent sur leur lieu de travail, dénonce Pignon. À chaque fois, la direction met en avant des problèmes personnels pour nier tout lien avec le travail. »

Cet argumentaire consistant à décorréler les drames de la souffrance au travail deviennent toutefois de plus en plus difficiles à soutenir. La Poste a ainsi récemment subi un revers judiciaire qui pourrait constituer un tournant. L’affaire faisait suite au suicide d’un facteur de Yerres (Essonne), qui a mis fin à ses jours au siège de la direction régionale après avoir appris une nouvelle suppression de tournée.

Coïncidence ou geste symbolique, les faits se sont produits le 28 avril 2025, là encore lors de la Journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail. Une enquête de l’inspection du travail a conclu que ce suicide résultait d’une situation dangereuse constatée dans l’établissement où le salarié était affecté. Le 6 mars dernier, l’inspection a reconnu ce suicide comme un accident professionnel et mis en demeure La Poste de prendre des mesures de prévention « effectives, pertinentes et suffisantes » pour éviter que de telles situations se reproduisent.

Après le scandale des suicides à France Télécom, une nouvelle affaire des suicides à La Poste est-elle en train d’émerger ? En attendant, les syndicats CGT et SUD-PTT appellent à deux manifestations à Paris, les 10 et 20 juin.

Thierry Vincent (Blast, le 26 mai 2026)

(1) Lorsque l’on sait qu’un facteur dispose théoriquement de 70 secondes pour distribuer un recommandé, on comprend mieux pourquoi certains usagers retrouvent des avis de passage mentionnant « absent du domicile » alors qu’ils étaient présents…

L’édito du webzine. La guerre est un business

Alors que les discours politiques se parent des oripeaux de la « défense nationale » et de la « dissuasion », les marchés, eux, ne s’y trompent pas : la guerre est devenue le placement le plus lucratif du siècle.

Entre 2017 et 2025, le budget militaire français a bondi de 50 %, passant de 32,7 à 50,5 milliards d’euros par an. Et ce n’est qu’un début. D’ici 2027, il frôlera les 64 milliards, une somme colossale prélevée sur les contribuables, tandis que l’État nous serinera, sans ironie, que la réduction des déficits reste une « priorité ».

Pendant que les citoyens s’interrogent sur leur pouvoir d’achat ou l’avenir des services publics, les actionnaires, eux, comptent leurs plus-values. Thales, spécialiste des radars et de la cybersécurité militaire, a vu son cours de Bourse s’envoler de 80 % en 2025. Dassault Aviation, porté par les ventes du Rafale, affiche un chiffre d’affaires en hausse de 20 % et une action en progression de 70 % en un an. Même Exail Technologies, plus discrète mais tout aussi vorace, a doublé sa valorisation.

Et que dire des géants américains ? Les six premiers jours du conflit entre les États-Unis et l’Iran ont englouti 9,7 milliards de dollars de fonds publics. Résultat : Northrop Grumman (fabricant du bombardier B-2) a grimpé de 46 %, RTX (ex-Raytheon, producteur des missiles Patriot) de 45 %. Chaque missile tiré, chaque drone détruit, chaque obus explosé se transforme en nouvelle commande publique en dividende juteux.

La mécanique infernale

Le système est implacable : lorsqu’un conflit éclate ou menace d’éclater, les États dépensent sans compter pour « se défendre », les industriels de l’armement empochent les contrats, gonflent leurs marges, et reversent des dividendes à leurs actionnaires, les marchés applaudissent, les cours flambent, et la boucle est bouclée.

Cela se traduit pour les États :par un endettement croissant, des services publics asphyxiés, une sociétés fracturées et pour les industriels par des carnets de commandes pleins à craquer, des actionnaires ravis, des perspectives radieuses.

Voilà le vrai enjeu de la prochaine élection présidentielle. Quel candidat osera briser cette spirale mortifère ? Qui aura le courage de dire que la sécurité ne se mesure pas en milliards de dépenses militaires, mais en diplomatie, en coopération, en désarmement ? La paix se négocie, la guerre se vend.

La paix n’est pas un luxe. C’est un investissement. Et il est grand temps de désinvestir de la guerre.

Dominique Gerbault

Le billet d’Yvon Huet. L’IA, catastrophe ou progrès

J’ai été scotché par la quantité d’eau consommée par les centres de stockage de données consacrés à l’IA… des milliards de milliards de m3 d’eau dans le cadre d’une concurrence capitaliste hystérique où chaque groupe d’influence se jette dans l’espoir de profits records.

C’est le cas évidemment d’Amazon certes et des autres Gafas mais aussi de tous les secteurs de l’industrie militaire dont les budgets atteignent des records. Je suis en accord avec Fabien Roussel quand il dit qu’il faut faire nôtre l’IA, mais à condition de bien réfléchir à ce que cela représente dans le cadre de la défense de l’environnement où la question de l’eau disponible devient un sujet central.

Dans le contexte actuel, le tout IA tel que mon téléphone portable le propose me désespère. C’est une incitation au nivellement culturel et au conditionnement idéologique en vigueur au point, d’après un sondage, que 17 % des Français auraient déjà demandé à l’IA pour qui il serait « utile » de voter à l’élection présidentielle par le biais de questions ciblées.

Reste aussi le nombre de gens qui vont se retrouver à la rue, y compris cette fois des gens diplômés qui ne serviront plus à rien pour les sponsors. C’est déjà le cas dans la publicité qui nous sert des horreurs de conditionnement très majoritairement au service de la voiture et de la mal bouffe dans la boucle du bourrage de crâne organisé sur les chaînes de la TNT et au-delà.

Alors oui, l’IA provoque une nouvelle révolution dans le rapport des hommes et du travail. Mais dans notre système capitaliste ultra-libéral mondialisé, nous sommes sûrs que les nouvelles générations en paieront le prix fort. Très rapidement, s’il ne se passe pas quelque chose, qui remette en cause la course folle aux profits dont le monstre Elon Musk est un symptôme révélateur, le chaos que nous connaissons dans le monde risque bien de se démultiplier et l’IA ne servira qu’à attiser les conflits sur une planète où l’homme risque de s’autodétruire.

C’est aux citoyens de se rendre compte de l’urgence à changer de société, non pas pour une « France nouvelle », mais pour un monde où la France pourra jouer un rôle positif dans la remise en cause du règne des puissants, à minima comme le fait actuellement la gauche espagnole, avec des objectifs concrets et progressifs partagés par la majorité du peuple. Je rêve ? Non. Je donne juste le point de vue d’un humain qui ne veut pas voir disparaître l’humain au prétexte fallacieux de « la modernité ».

Yvon Huet

Conflent Canigó. Que va devenir ce projet de 5 millions d’euros à Prades ? (L’Indep)

Jeudi 11 juin se déroulait la deuxième réunion du conseil communautaire présidée par Aude Vives. Les élus étaient invités, à la fraîche, pour une assemblée en extérieur à Baillestavy.

Présentation de la communauté de communes et des commissions, présentation de l’école de musique du Confient, conventions de mise à disposition de certains agents entre les communes et la communauté de communes ou encore désignation des membres du comité directeur de l’office de tourisme […] La réunion de ce jeudi soir était plutôt administrative. Seul point d’achoppement, le vote concernant l’augmentation de la subvention (obligatoire) allouée aux écoles privées. Une hausse non acceptée, mais finalement votée. Bref, un conseil communautaire de début de mandat, une assemblée en rodage qui ne devrait pas tarder à trouver ses marques. Une question pourtant brulait de nombreuses lèvres et un élu l’a posé. « Que va-t-on faire de la Maison
Félip ? »
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Réponse : « Il faut que l’on prévoie une réunion pour en discuter ». La maison Félip est une bâtisse du XVIIe siècle, implantée au coeur de Prades, place de la République. Un immeuble en très mauvais état vendu en 2004 par la ville à l’Office 66, puis racheté en 2014, par la municipalité emmenée par Jean Castex.

Ceci dans l’idée de revaloriser le centre-ville et d’y aménager « un espace à vocation culturelle, patrimoniale et touristique ». Problème, le budget rénovation semblait élevé pour la commune. Celui qui est à l’époque également à la tête de la communauté de communes Conflent Canigó propose alors d’en faire un centre d’intérêt intercommunal. L’EPCI en devient propriétaire et la Maison Félip est rénovée pour un budget dépassant les 5 millions d’euros.

Une récente publication sème encore plus le doute

L’objectif : abriter l’office de tourisme intercommunal, les bureaux du Festival Pablo Casals, le siège du Pays d’art et d’histoire (PAH) avec un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (Ciap) et un espace muséographique. « C’est un phare du tourisme en Confient, un outil au service de la culture », révélaient les anciens élus aux commandes. Un phare pour lequel les candidats David Berué et Aude Vivès imaginaient d’autres destinations pendant les élections municipales. Un pôle d’attraction culturelle avec pourquoi pas la médiathèque intercommunale pour les uns, un lieu d’effervescence culturelle et/ou un support pour la vitalité associative pour les autres. Seul Julien Audier Soria soutenait (et soutient toujours) le projet tel qu’il avait été établi au départ.

Une récente publication (jeudi 11 juin à 11h52) sur les réseaux sociaux de la communauté de communes présidée par Aude Vivès annonce que l’immeuble doit « accueillir notamment le futur Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine. Ce lieu permettra de rassembler les activités culturelles et patrimoniales portées par les services de la communauté de communes et ses partenaires ». Le projet initial est-il finalement validé ou seulement retouché ? Le flou persiste alors que le chantier devrait se terminer au cours du premier trimestre 2027. La seule chose claire, c’est que la ville de Prades aura bien tiré son épingle du jeu avec ce projet. Elle voit son centre embelli par un (très) gros programme financé, en partie, par l’ensemble des communes alentour. Communes qui attendent maintenant un minimum de retour sur investissement.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 14 juin 2026)