Prades. Petite mobilisation lycéenne et parents vigilants (L’Indep)

« Le bac, pas la bac », « désolée pour le dérangement, j’essaie de sauver mon avenir »… Les lycéens avaient une nouvelle fois fait parler leur créativité pour trouver des slogans percutants. À Prades, comme partout ailleurs en France, ils occupaient l’entrée de leur établissement pour dénoncer notamment le manque de moyens mis disposition. Des parents d’élèves étaient également mobilisés « pour soutenir les revendications et la liberté d’expression des élèves ». Des parents qui souhaitaient en même temps contribuer à prévenir les éventuels débordements et violences.

Ph. C. (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Étudiants, parents et syndicats au soutien des lycéens (L’Indep)

Ce mardi 6 octobre 2026, l’Union syndicale lycéenne (USL) et le mouvement étudiant Union progressiste appellent à manifester à partir de 9h30 au départ du campus principal de l’université de Perpignan. Après la CGT, la FSU et Solidaires, le syndicat FO et la Féderation des conseils de parents d’élèves (FCPE) apportent leur soutien à la mobilisation.

Les étudiants perpignanais sont dans les starting-blocks. Ce lundi, sur les coups de 17h, l’assemblée générale que le mouvement étudiant Union progressiste et l’Union syndicale lycéenne ont réunie à l’université pour préparer leur manifestation commune de ce mardi a rassemblé environ 70 personnes. À cette occasion, les organisateurs, qui tirent la sonnette d’alarme sur leurs conditions d’apprentissage et réclament des moyens pour l’enseignement public, ont notamment dévoilé le parcours prévu : avenue Paul-Alduy, rue du Pontet-de-Bages, avenue Pierre-Cambres, puis boulevards Briand, Anatole-France, Bourrat et Wilson, pour terminer au pied du Castillet.

En parallèle, les soutiens à l’initiative continuaient d’affluer. Vendredi der-nier, trois syndicats, la CGT, la FSU et Solidaires, avaient déjà annoncé qu’ils appelaient à la grève ce mardi 6 octobre afin de soutenir le mouvement des jeunes. Dans le courant du week-end, la fédération FO de l’Éducation (Pnec-FO) s’est rajoutée à la liste.

« Les revendications des lycéens sont également celles des personnels de l’Éducation nationale. Les lycéens veulent un avenir, des profs, des locaux corrects et adaptés aux conditions climatiques, des emplois du temps respectueux de leur santé, des manuels scolaires et des moyens pour l’école », estime la Fnec qui appelle elle aussi à se mettre en grève et a rejoindre le cortège qui partira ce mardi de la fac. Le secrétaire de l’union départementale FO, Jérôme Capdevielle, renchérit : « Nous restons en soutien. Nous ne sommes pas organisateurs de cette manifestation. Nous ne voulons pas de récupération du mouvement étudiant, mais nous serons là si besoin ».

La Fédération des conseils de parents d’élèves des Pyrénées-Orientales (FCPE 66) invite elle aussi ses membres à marcher avec les lycéens et étudiants ce mardi. « Nous appelons à manifester, mais aussi à encadrer la mobilisation, à être auprès des lycéens pour faire tampon, pour servir d’interlocuteurs entre les jeunes et les forces de l’ordre et faire en sorte que tout se passe dans la sérénité et le calme, résume le président de l’association, Rémy Landri. Les lycéens portent les revendications de l’ensemble de l’enseignement public. Il faut qu’ils trouvent une écoute ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Des centaines de lycéens dans la rue, hier

Les lycéens ne se démobilisent pas. Ce lundi, en milieu de matinée, les élèves grévistes des établissements perpignanais (Picasso, Maillol, Arago, Lurçat…) se sont, comme jeudi et vendredi derniers, rejoints vers 10 heures devant le lycée Arago pour ensuite partir en manifestation dans les rues de la ville.

Cette fois, ils se sont dirigés vers le lycée Maillol en traversant le centre-ville puis le pont Joffre dans le calme. Le cortège était composé de plusieurs centaines de personnes. Une fois arrivés à Maillol, aux environs de midi, les élèves se sont rassemblés devant l’établissement, où plusieurs fumigènes colorés ont été allumés.

Selon nos informations, la police aurait procédé ce lundi à une dizaine d’interpellations et placé six personnes en garde à vue pour des faits commis en marge du mouvement, essentiellement dans le secteur du lycée Maillol. Le cortège en route vers le lycée Maillol.

A. A. (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Christophe Ventura. « Lula doit convaincre les abstentionnistes » (La Marseillaise)

C’est un coup de tonnerre au Brésil : le président sortant Lula da Silva est devancé de deux points par Flavio Bolsonaro (45% contre 47%) à l’issue de ce premier tour de l’élection présidentielle. Avec 56 millions de voix, il a fait mieux que son père, l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui en avait engrangé 49 millions quand il avait été élu en 2018 et 51 millions quand il avait perdu face à Lula en 2022. S’il est élu au second tour, il bénéficiera d’un Parlement penchant fortement à droite. Pour le champion de la gauche, âgé de 80 ans et en quête d’un quatrième mandat non consécutif, l’enjeu est désormais de convaincre les 21% d’abstentionnistes et les électeurs qui ont voté blanc.
Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, responsable du programme Amérique latine/Caraïbe, analyse les résultats au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne.

La Marseillaise : Flavio Bolsonaro est en tête de deux points à l’issue de ce premier tour et il bénéficie de la réserve de voix des autres candidats de droite. Comment analysez-vous ce résultat qui n’était pas celui annoncé par les sondages ?

Christophe Ventura : C’est une demi-surprise. On sait bien que la polarisation est très forte au Brésil et que le bolsonarisme est puissant et qu’il était plutôt poussé par les sondages ces derniers temps. Sur le premier tour, on a des résultats, en ce qui concerne la présidentielle, qui sont un peu l’inverse de ce que disaient les médias. Les sondages montraient qu’il y aurait 2-3 points d’écart à l’avantage de Lula et c’est Bolsonaro qui sort en tête avec ces points d’avance. Ce qui n’est pas une surprise, en revanche, ce sont les résultats au niveau du congrès brésilien et du Sénat en particulier, ainsi qu’au niveau des 27 États fédérés du Brésil. De ce point de vue là, la poussée des droites annoncée a été confirmée, puisque 15 États sur 27 sont aux mains du bolsonarisme désormais. Pour Lula, le résultat est mauvais, il a baissé en vote partout par rapport au score qu’il avait fait en 2022 contre Jair Bolsonaro. Plus que ce que les sondages indiquaient, y compris dans ses fiefs électoraux comme le Nordeste, où, en général, il caracole en tête. Il a gagné là-bas, mais moins que d’habitude.

Ce second tour s’annonce très compliqué. Les reports de voix sont plus favorables à Bolsonaro qu’à Lula qui n’a plus beaucoup de réserve de voix. Bolsonaro peut s’attendre à un ralliement plus important des droites dont les voix se sont éparpillées sur les autres candidats. Pour Lula, le trou de souris, si j’ose dire, pour pouvoir faire une remontada, c’est la mobilisation totale de la gauche et de tous les gens qui sont avec lui dans la coalition. Mais c’est aussi, peut-être, d’essayer de convaincre des 33,4 millions d’abstentionnistes. Est-ce que dans ce stock d’abstentionnistes, certains vont retourner voter au second tour pour éviter que l’extrême droite ne l’emporte ? C’est peut-être la seule clé pour Lula désormais.

La Marseillaise : Comment expliquez-vous le résultat de Lula ? Son bilan est-il mauvais ?

Christophe Ventura : Si on s’intéresse aux questions économiques et sociales, le bilan de Lula est plutôt bon pour un président sortant qui a gouverné avec un congrès à majorité conservatrice, il faut toujours le rappeler. Il avait des marges de manœuvre assez restreintes. Pourtant, il y a eu des avancées du point de vue de la croissance, l’emploi, la hausse des salaires, etc. Ce mauvais résultat s’explique par une combinaison de choses. La première est le fait qu’encore une fois, Lula a gouverné dans un pays où le bolsonarisme est une force très puissante qui représente à peu près la moitié de la population brésilienne. Celle-ci est unie à la fois par un rejet de Lula, du Parti des Travailleurs (PT), une haine de la gauche au Brésil après les années 2010. Les gens qui sont derrière Jair Bolsonaro considèrent que son emprisonnement est une injustice. C’est un peu comme avec Trump. La base sociale du bolsonarisme fait fi des évolutions économiques, sociales ou de la réalité de la justice brésilienne et reste derrière son champion. Ce qui semble avoir dominé la campagne, c’est moins le bilan du gouvernement que les diatribes, les polarisations, les insultes. Les questions liées à l’insécurité, aux cartels mais aussi à la corruption ont été au centre du débat. Ajoutons à cela la guerre culturelle : la droite et Bolsonaro tapent sur Lula en disant qu’il est le protecteur à la fois des minorités, des LGBT et du wokisme. Il y a un vote religieux très fort au Brésil. Et aujourd’hui, les évangélistes qui représentent un tiers de l’électorat votent massivement pour Bolsonaro au nom de la défense des valeurs chrétiennes, de la famille traditionnelle et, pour eux, Lula, c’est le camp des dégénérés. Je pense également qu’il paye ses 80 ans. Il y a certainement des jeunes primos électeurs, une génération qui arrive avec l’envie de changement, indépendamment de savoir s’ils sont d’accord ou pas avec lui.

La Marseillaise : Au-delà du coup d’État, Jair Bolsonaro, le père, a été condamné pour « tentative d’abolition violente de l’État de droit démocratique ». C’est le risque que fait peser un retour de l’extrême droite au pouvoir ?

Christophe Ventura : Oui, bien sûr, ce qui se joue, ce sont les pulsions autoritaristes du bolsonarisme et de l’extrême droite en général. Ce n’est pas la dictature mais la restriction des droits individuels et collectifs, gagnés justement par les combats, les luttes sociales, et qui assume aussi de discipliner le corps social s’il y a des contestations. C’est, comme l’avait fait en son temps Bolsonaro père, l’arrêt du financement par l’État de politiques et de programmes qui visent à défendre les droits des minorités et des femmes. C’est un pouvoir réactionnaire. Quand vous avez une force politique, dont le premier dirigeant a conspiré pour ne pas accepter les résultats d’une élection, assassiner le président Lula et un juge, vous savez à quoi vous avez à faire.

La Marseillaise : Donald Trump, qui espère rallier tout le continent, a-t-il pesé sur cette élection ?

Christophe Ventura : C’est l’objet de mon article du mois dans Le Monde diplomatique. Les ingérences américaines au Brésil, ce n’est pas nouveau, ça existe depuis très longtemps. Mais Trump, depuis son retour au pouvoir, n’a eu de cesse de s’immiscer dans la vie politique brésilienne. D’abord avec les droits de douane qu’il impose au Brésil constamment et dont la seule justification, c’est le fait que son copain Bolsonaro est en prison. Ce qu’il estime être une injustice. Ces politiques de taxe douanière sont demandées par les fils de Bolsonaro, Flavio et son frère Eduardo, qui vit aux États-Unis. Ce dernier a écopé de quatre ans de prison parce que justement, il a demandé et obtenu de Trump qu’il applique des droits de douane contre le Brésil.

Je suis très inquiet car je pense que pour ce second tour, on risque d’avoir encore des mots, des tweets, des posts sur Truth Social [le réseau social du président américain, Ndlr.] de Donald Trump en permanence, pour que son candidat Flavio Bolsonaro, l’emporte. Parce que gagner le Brésil, c’est faire basculer tout le continent. Cela aura une répercussion mondiale. Pour Trump, c’est autre chose que l’Équateur ou même la Colombie.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 6 octobre 2026)

Manifestations lycéennes. Lecornu tente d’éteindre le feu (L’Indep)

À la veille d’une grève dans la fonction publique ce mardi, le Premier ministre a chargé son gouvernement de répondre aux revendications.

1 La feuille de route de Sebastien Lecornu

Le Premier ministre Sébastien Lecomu a annoncé, dimanche, transmettre à son gouvernement une « feuille de route » autour de cinq chantiers : les absences longues d’enseignants, l’adaptation aux fortes chaleurs, la longueur des journées, l’orientation via Parcoursup, le dialogue avec les lycéens. Il s’entretiendra en visioconférence avec les présidents de Région, ce mardi, rappelant que les bâtiments dépendent deux.

Il réclame à ses ministres des propositions d’améliorations de Parcoursup d’ici à la fin octobre. Il demande également que les cours reprennent « partout où les conditions de sécurité le permettent, « dès ce lundi ».

2 400 à 500 lycées peut-être fermés

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé, dimanche, sur France 2 et France Inter, que 400 à 500 établissements scolaires seront totalement ou « partiellement » fermés ce lundi.

Il a précisé que vingt-quatre établissements avaient été « incendiés ou saccagés ». « Il y a des militants, notamment d’ultra-gauche, qui ont infiltré le mouvement, qui en ont dépossédé les lycéens et qui ont été extrêmement violents », a-t-il poursuivi. « Très clairement, ça fait aussi courir un risque, et à nos personnels, et à nos élèves. »

3 « Un gouvernement aux abois »

La fermeture des lycées est contestée par des syndicats enseignants. La stratégie aurait pour but, selon eux, de tuer dans l’œuf la dynamique lycéenne.

Selon le Snes-FSU, « le gouvernement a fait le choix de répondre par la force et la répression policière ». Le syndicat y voit la réponse d’un « gouvernement aux abois ». Le Snes-FSU considère les revendications « légitimes : elles rejoignent d’ailleurs celles que nous avons exprimées dans de nombreuses mobilisations, ces dernières années ».

La grève programmée ce mardi dans la fonction publique devrait être l’occasion de réunir les forces contestataires, sur fond de « convergence des luttes », espèrent certains.

4 Mise en examen a Marseille

Un mineur de quinze ans et demi a été placé en détention provisoire à l’issue de sa mise en examen pour « acte de barbarie », commis le 1er octobre à Marseille, a annoncé, dimanche, le parquet. Placé en garde a vue, il a reconnu les faits et exprimé des regrets, ajoute le parquet. Une femme de 40 ans avait tenté d’intervenir alors que des jeunes voulaient briser un abribus. L’un d’eux avait projeté un spray enflammé sur son visage.

Un lycéen de 16 ans a par ailleurs été arrêté, dimanche matin, et placé en garde à vue dans l’enquête sur l’agression d’un professeur, aspergé d’essence, vendredi à La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône.

5 Policier frappe : deux gardes à vue

Deux personnes ont été placées en garde à vue, à Belfort, ce dimanche. Un policier avait tenté d’interpeller un homme près d’un ruisseau. Il a ensuite été roué de coups. Le procureur a démenti des affirmations sur les réseaux sociaux selon lesquelles il aurait mis la tête du jeune homme sous l’eau L’interpellé a porté plainte pour tentative de meurtre.

Une autre image a fait le tour des réseaux : l’homme en civil apostrophé au milieu des lycéens par le député européen Anthony Smith (LFI), à Reims, après avoir lancé un projectile, était bien un policier, a confirmé le procureur, dimanche… Mais le magistrat ne conclut pas à une attitude répréhensible.

L’Indépendant, le 5 octobre 2026

Cabestany. Conseil municipal : une séance marquée par des échanges tendus (L’Indep)

Le conseil municipal du mardi 30 septembre s’est déroulé dans une ambiance parfois houleuse. Outre les douze affaires inscrites à l’ordre du jour, plusieurs questions orales de l’opposition ont suscité des échanges animés avec la maire, Édith Pugnet.

Avant l’ouverture de la séance, Édith Pugnet a évoqué plusieurs sujets d’actualité. Concernant le recours en annulation de l’élection municipale, appelé à l’audience le 24 septembre à Montpellier, le rapporteur public a conclu « au rejet au fond » de la protestation électorale déposée par les sept élus d’opposition. Cette conclusion ne préjuge toutefois pas de la décision du tribunal, attendue dans une dizaine de jours.

Édith Pugnet a également dressé le bilan des animations estivales, saluant « la mobilisation des services municipaux et des élus pour une programmation destinée à favoriser loisirs, découvertes, rencontres et lien social ».

Parmi les délibérations, l’institution de la taxe sur les logements vacants a suscité des questions de l’opposition sur la situation du parc communal. Hervé Blanchard, adjoint aux finances, a précisé : « Nous avons 120 logements vacants, dont 60 éligibles. La taxe se monte à 470 euros en moyenne par logement vacant pour chaque propriétaire ». La délibération a été adoptée à la majorité.

1500 € pour les communes sinistrées des incendies

Les élus ont par ailleurs voté à l’unanimité un don de 1 500 euros à l’Association des maires de France en faveur des communes sinistrées par les incendies dans le Confient et les Aspres. « L’intercommunalité a également contribué de son côté », a précisé Olivier Mas.

L’acquisition par la commune d’une parcelle située au mas Camparaud a donné lieu à un échange plus tendu, l’opposition questionnant son intérêt général. Édith Pugnet a défendu la nécessité de « garder la maîtrise foncière de ce terrain pour servir la commune de toute opération future de spéculation ». La décision a été adoptée à la majorité.

Le renouvellement du partenariat avec le Département pour le Pass découverte en Pays catalan, donnant accès à 61 sites majeurs des Pyrénées-Orientales, a également été approuvé à l’unanimité. Interrogée sur la fréquentation du centre de sculpture romane, Édith Pugnet a indiqué que le bilan était en cours d’établissement. « Le principal, ajoute la maire, est que l’on nous ait proposé d’être intégrés dans ce label ».

En fin de séance, Édith Pugnet a répondu aux sept questions orales déposées par l’opposition. Elle a rappelé néanmoins que son bureau restait ouvert pour toute question portant sur des sujets précis intéressant la commune, tout en soulignant que les questions orales nécessitent « beaucoup de temps et de recherches dépassant le temps imparti de 30 minutes pour y répondre en conseil ». Elle a appelé à des demandes « précises, justifiées, non issues de lA et de supputations, ragots ou supposés. il faut en apporter des preuves ».

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 5 octobre 2026)

Le 6 octobre, la CGT sera aux côtés des lycéen·nes et étudiant·es !

Depuis plusieurs jours, partout en France, des dizaines de milliers de lycéennes et les lycéens se mobilisent pour faire entendre leur colère et leurs revendications.

Comme cela a été porté lors des grèves du 29 septembre, elles et ils se mobilisent en raison du manque d’enseignant·es et de personnels, des classes surchargées, des conditions d’études dégradées, d’établissements vétustes, et aussi de l’inquiétude face à leur avenir et la précarité qui touche une partie croissante des plus jeunes et de leurs familles. Elles et ils demandent la fin de Parcoursup qui amplifie la sélection sociale pour l’accès aux études.

Les lycéen·nes et étudiant.es d’aujourd’hui sont les travailleurs et travailleuses de demain, ils et elles ne doivent pas payer le prix des politiques d’austérité. Le projet de budget aggrave une situation déjà délétère.

Quand il manque des professeur·es, quand les classes sont surchargées, quand les bâtiments se dégradent et que les jeunes voient leurs perspectives d’avenir se réduire, la réponse ne peut pas être la répression.

Pourtant, c’est le choix fait par le gouvernement. Aux revendications légitimes, il répond par la violence, les interpellations, les gardes à vue et le déploiement des forces de l’ordre aux abords des établissements. Près de 3 000 lycéen·nes et étudiant·es ont été interpellés depuis le début de la mobilisation et 170 d’entre elles et eux ont été blessés ainsi que des personnels, parfois gravement. Le gouvernement assume l’escalade répressive et cherche à museler la contestation, allant jusqu’à demander aux parquets de faire preuve de fermeté à l’égard des parent·es des lycéen·nes mobilisé·es.

Cette répression est d’une ampleur sans précédent. Et le gouvernement ne se contente pas de laisser faire : il organise et assume cette escalade. En faisant le choix de la répression, le gouvernement alimente la colère et prend délibérément le risque d’aggraver une situation dont il porte la responsabilité.

La CGT condamne avec la plus grande fermeté cette répression et appelle le gouvernement à y mettre un terme immédiat. Elle a saisi, avec la Ligue des droits de l’Homme et la FCPE, le Défenseur des droits pour l’alerter sur cette violente répression et lui demander de veiller au respect des droits et libertés des lycéen·nes et étudiant·es mobilisé·es.

Comme elle le fait déjà devant les établissements, la CGT sera le 6 octobre aux côtés des lycéen·nes, étudiant·es et personnels de l’éducation mobilisés. Elle appelle toutes ses organisations à protéger leur droit à se mobiliser et à mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour s’organiser, notamment en ouvrant les bourses du travail et les maisons du peuple pour leur permettre de se réunir, en sécurisant les mobilisations et en déposant les demandes d’autorisation en lien avec les organisations lycéennes et étudiantes.

Toutes et tous concernés ! Les salarié·es de l’énergie seront en grève sur leurs revendications le 6 octobre. Dans le respect de leur autonomie, nous devons être nombreux et nombreuses aux côtés des jeunes. Rejoignons les manifestations organisées partout en France, en organisant la mobilisation par tous les moyens à disposition de nos syndicats, y compris par la grève dans le cadre notamment des préavis déjà déposés par plusieurs de nos organisations.

Le 6 octobre, faisons entendre une même exigence : les lycéen·nes et étudiant·es ont des droits, ils et elles ont des revendications, elles doivent être entendues, pas réprimées !

Montreuil, le 2 octobre 2026

Manifestations lycéennes : ce feu parti des banlieues défavorisées (L’Indep)

« Quand il y a un effondrement du service public, ceux qui sont le plus touchés, le plus violemment, c’est ceux qui sont en bas. »

La mobilisation lycéenne, partie des banlieues parisiennes dé favorisées, s’est étendue à l’ensemble de l’Hexagone, les manifestations dénonçant la vétusté des établissements, la surpopulation dans les salles de classe et la pénurie d’enseignants. Et pour Ulysse Rabate, chercheur en sciences politiques à l’université Paris 8, ces manifestations montrent à quel point les quartiers urbains marginalisés influencent de plus en plus la politique nationale.

« Quand il va un effondrement du service public, et notamment un effondrement de l’école publique, évidemment, ceux qui sont les plus touchés, le plus violemment, c’est ceux qui sont en bas », estime-t-il. De fait, en Seine-Saint-Denis, les deux tiers des lycées ont participé aux manifestations, jeudi, a indiqué le syndicat CGT. Dans quatre vil les, des jeunes, des enseignants et des parents se sont plaints ensemble des conditions d’hygiène insuffisantes dans les établissements scolaires et du manque chronique de personnel, notamment d’infirmiers et d’assistants sociaux.

Louise Paternoster, co-secrétaire de la CGT Éduc’Action 98, a déclaré que le département ne disposait pas de ressources suffisantes. « Nos élèves perdent des années de cours, on a des collèges où l’eau n’est pas potable, nous ne sommes pas à égalité avec les autres départements », a-t-elle dénoncé, imputant ces manquements aux coupes budgétaires, qui prévoient la suppression de plus de 3 000 postes d’enseignants à l’échelle nationale, en 2026.

Le souvenir de 1990

Le dernier mouvement de protestation des lycéens de cette ampleur au niveau national. pour réclamer davantage de moyens, remonte aux années 1990. Il faisait alors suite à l’extension massive de l’accès au baccalauréat, sans pour autant doter les établissements scolaires de ressources supplémentaires suffisantes, rapporte Clémence Cardon-Quint. Cette professeure d’histoire à l’université Paul-Valéry, à Montpellier, mène des recherches sur le financement de l’éducation. Le mouvement a alors obtenu une augmentation des financements, mais les dépenses par élève ont ensuite stagné malgré des exigences croissantes imposées aux établissements.

Selon Clémence Cardon-Quint, les élèves et les enseignants ont eu à supporter des responsabilités supplémentaires, au fil des années. Notamment la gestion de Parcoursup, le système d’admission à l’université mis en place en 2018 et critiqué par certains élèves et enseignants comme étant opaque et discriminatoire.

L’Indépendant, le 4 octobre 2026

Plus de 5 000 personnes interpellées

Face aux manifestations dans 1 200 lycées, la police a souvent riposté à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. De nombreux enseignants, lycéens et parents ont critiqué des méthodes attisant plus le feu que calmant le jeu. Plus de 5 000 personnes ont été interpellées.

Des manifestants ont été gravement touchés: blessures à l’œil, dents cassées et coups donnés. Une enquête a été ouverte à la suite de l’incendie du préau d’un collège de Metz, vendredi. A Belfort, un commandant de police en civil a été tabassé par des jeunes, le même jour. A Marseille, un mineur de 15 ans a été interpellé : il avait brûlé une femme au visage avec un lance-flammes improvisé. Elle cherchait à s’interposer pour empêcher la destruction d’un abribus.

L’Indépendant, le 4 octobre 2026

Conseil départemental : de Saint-Estève à Port-Vendres en passant par Perpignan, l’avenir des collèges des Pyrénées-Orientales suscite le débat (L’Indep)

La session du conseil départemental qui s’est tenue ce jeudi 1er octobre à Perpignan a notamment été marquée par un débat autour de l’avenir des collèges du département. La situation du collège Albert-Camus de Perpignan, dont le projet de reconstruction tarde à aboutir, et celle de son homologue de Saint-Estève, qui attend d’être rénové « depuis 2005 », ont notamment été évoquées.

L’avenir des collèges du département a suscité d’intéressants échanges lors de la session du conseil départemental de ce jeudi 1er octobre. Pas moins de trois points de l’ordre du jour étaient consacrés au sujet. A priori, il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Il s’agissait de voter les dotations attribuées à chacun des 32 collèges publics du département (4,13 millions d’euros en tout pour 2027) et d’acter les évolutions, déjà rendues publiques, qu’a connues le projet de nouvel établissement en cours de construction à Claira. En clair : l’augmentation de son coût prévisionnel qui est passé de 26,5 millions d’euros en 2019 à 36,5 millions d’euros aujourd’hui, ainsi que le fait qu’il n’ouvrira qu’à la rentrée prochaine et non en 2024 comme initialement annoncé.

Saint-Estève : le maire annonce un blocage du collège

Cependant, le débat a vite dévié sur les collèges en attente de chantiers. La réaction la plus musclée est venue du conseiller départemental d’opposition et maire de Saint-Estève, Robert Vila. « Pour le collège de Saint-Estève, la première délibération date de 2005 », a-t-il rappelé. « À l’époque, la rénovation aurait coûté 12 millions d’euros, mais aujourd’hui, ce serait le double. Le carrelage se décolle dans la cuisine, les personnels ne peuvent plus y loger car il y a de l’amiante partout… Les travaux devaient débuter en 2027 et maintenant, on nous annonce 2028. La durée prévisionnelle du chantier est de quatre ans, ce qui nous mène à 2032. Lundi, je vous annonce un blocage de la part des collégiens. Cela fait 25 ans qu’ils attendent d’avoir un collège conforme aux normes actuelles. Vous n’avez pas été bons sur le planning. »

La présidente socialiste de l’assemblée, Hermeline Malherbe, a esquissé un début de réponse : « Nous avons rencontré des difficultés par rapport au recrutement de personnes qualifiées pour le suivi des travaux. » Puis, la vice-présidente en charge des collèges, Marie-Pierre Sadourny, s’est chargée de compléter : « Le maître d’ouvrage et les services techniques du conseil départemental présenteront l’avant-projet sommaire (APS) le 9 octobre prochain. Il s’agira d’une restructuration en site occupé, ce qui rajoute de la complexité. Nous n’avons pas priorisé d’autres établissements. »

Albert-Camus : la reconstruction « en stand-by »

L’élue communiste Françoise Fiter s’est pour sa part interrogée sur le projet de reconstruction du collège Camus de Perpignan, dont l’un des objectifs est de recréer de la mixité sociale au sein de cet établissement classé en réseau d’éducation prioritaire. « Nous avons voté en faveur de cette reconstruction il y a plusieurs années, mais le projet est resté en stand-by car la mairie de Perpignan ne nous met pas de terrain à disposition », a-t-elle déploré. « On y travaille, on vous tiendra au courant », lui a rétorqué la conseillère départementale d’opposition Isabelle de Noëll-Marchesan, par ailleurs adjointe au maire de Perpignan, en l’absence de Louis Aliot qui siège également dans l’opposition.

Pour finir sur une note positive, Robert Garrabé a pour sa part rappelé lors de la discussion que les problèmes qui s’étaient posés concernant le projet de collège du Boulou étaient « résolus ». Aux dernières nouvelles, son ouverture était prévue pour septembre 2029.

« Menace » sur le collège de Port-Vendres ?

Également élu départemental, le maire de Port-Vendres, Grégory Marty, a quant à lui fait part lors du débat de ses inquiétudes concernant l’avenir du collège implanté sur sa commune. « Le collège de Port-Vendres n’affiche plus que 285 élèves, alors que quand j’y étais (autour de l’année 1990, NDLR), on était pratiquement 700, a resitué l’édile. Il faudrait peut-être réfléchir sur la carte scolaire. Si on perd 50 élèves l’an prochain et encore 50 l’année d’après, on va se retrouver sous les 200. Il y a une menace. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Reçus par le ministre, les lycéens appellent à poursuivre le mouvement (L’Indep)

Vendredi, plus de 700 établissements ont été touchés et de nombreuses scènes de violences recensées.

Les représentants des lycéens estiment ne pas avoir obtenu de « mesures concrètes », à l’issue d’une réunion avec le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray, vendredi, et appellent à poursuivre le mouvement mardi 6 octobre, appuyés par une intersyndicale de l’éducation et des organisations étudiantes.

Les lycéens dénoncent des conditions d’enseignement dégradées et réclament, notamment, des recrutements massifs d’enseignants et une rénovation des bâtiments. Édouard Geffray leur a, notamment, promis, vendredi, un travail sur les rythmes scolaires et une plateforme de concertation pour recueillir leurs doléances. Un « écran de fumée », selon les syndicats lycéens, qui maintiennent la pression sur l’exécutif mais se désolidarisent des actes de violences.

Trois personnels de l’Éducation en ont encore été victimes, vendredi, contre 31 la veille. À La Ciotat, « un enseignant a été aspergé d’essence volontairement, puis agressé physiquement par deux individus », selon les autorités, citées par Le Monde. À Tours, un lycéen de 16 ans, blessé mercredi, a perdu T’usage de son œil droit, avec des lésions « compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD », selon le parquet. Une lycéenne de 16 ans a été légèrement brûlée devant le lycée Louis-Feuillade à Lunel (Hérault), après l’explosion d’un aérosol près d’un feu. À Belfort, c’est un commandant de police qui a été roué de coups en marge d’une manifestation lycéenne.

1 747 interpellations

Des « violences urbaines » ont été recensées, vendredi, aux abords de 158 établissements, a précisé le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. 1 747 interpellations ont eu lieu au cours de la jouée (contre un peu moins de 2 000 la veille). Le fonctionnement de 735 établissements, dont une petite centaine de collèges. a été perturbé dans le même temps, « soit 30 % de moins » que la veille, selon Édouard Geffray. Une colère lycéenne qui a, une nouvelle fois, largement résonné en Occitanie, dans l’Hérault, le Gard, l’Aude, les Pyrénées Orientales ou encore l’Aveyron.

Parti le 21 septembre de l’académie de Créteil (Val-de-Mame), le mouvement a pris de court le gouvernement qui juge « légitimes » certaines revendications, tout en condamnant le recours à la violence et l’instrumentalisation politique de La France insoumise (LFI), à sept mois de l’élection présidentielle.

Jeudi, l’entourage de Sébastien Lecornu a imputé l’origine du mouvement à « LFI et ses proxys de l’ultra gauche », pointant, là aussi, un moment de bascule de la contestation vers des « violences urbaines », sur la base d’informations des services de renseignement. Le coordinateur du mouvement d’extrême gauche, Manuel Bompard, renvoie, lui, la responsabilité de la fronde lycéenne sur l’exécutif, pointant la suppression « des postes d’enseignants, de surveillants, des équipes éducatives ».

Dans une interview au Parisien publiée en ligne vendredi soir, Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire de la gauche, appelle pour sa part le gouvernement à « cesser de réprimer » la colère des lycéens. Amnesty international et le Syndicat de la magistrature dénoncent, eux aussi, un usage disproportionné de la force. Tandis que Gérald Darmanin pointe du doigt les parents. Le garde des Sceaux demande aux procureurs de requérir leur responsabilité civile pour leur faire payer la facture des dégâts commis par leurs enfants.

L’Indépendant, le 3 octobre 2026