L’édito du Travailleur Catalan par Jacques Pumaréda. Les larmes de crocodiles

Les ministres se réunissent en cellules de crise quotidiennement pour brasser du vent et « communiquer », une hyper action pour cacher une inaction depuis des décennies. Et chacun y va de « c’est la faute à qui ? ». Nos sociétés sont vulnérables. La vie sur terre a mis des milliards d’années à éclore dans un équilibre fragile. En quelques siècles, le capitalisme est en train de détruire cet équilibre pour satisfaire la voracité d’une poignée de possédants. Les capitalistes vivent dans un autre monde, ils se fichent éperdument de ceux qui suffoquent parfois jusqu’à la mort dans des logements à plus de 35 degrés, des hôpitaux débordés, des champs et des forêts brûlés.

Les conséquences meurtrières de ces chaleurs extrêmes sont le résultat prévisible du rejet dans l’atmosphère de 40 milliards de tonnes de CO2 chaque année. Le chaos climatique était annoncé, la désinvolture des gouvernements successifs par rapport aux alertes des scientifiques est criminelle. Alors que les fonds manquent, nous dit-on, pour financer des politiques d’atténuation et d’adaptation, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes professionnelles françaises a bondi de 80 à 1 128 milliards d’euros entre 1996 et 2025.

Cherchez l’erreur !

Sans révolution climatique, c’est l’humanité tout entière qui est menacée de sombrer. L’urgence est donc au renversement de choix politiques qui condamnent tant de vies pour entretenir les privilèges de quelques-uns. L’alternative est claire : la sortie de ce système barbare. Nous en discuterons ce week-end des 3 et 4 juillet à la fête du TC, soyez les bienvenus.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4123 – vendredi 3 juillet 2026)

L’édito de Jacques Pumaréda. Les larmes de crocodile
Annonces
Libérez Christophe Gleizes

Focus

Pour faire vivre le T.C. !
Parfois même l’Indep !

Événement. La fête du Travailleur Catalan

Les concerts
Les débats et initiatives
Où se restaurer sur la fête

Département

Un projet qui divise
Le festival du film de montagne
La Sécurité Sociale de l’Alimentation. Des objectifs, des valeurs
Conseil départemental. Grogne chez les agents de la Direction Insertion Logement D.I.L.
Le point de vue de la directrice générale de la Solidarité

Dossier – Front populaire 1936 (la question coloniale)

Une vision divisée sur l’Empire colonial
La commission d’enquête coloniale
Bien que pluraliste, la commission est dominée par les socialistes, c qui influence son fonctionnement et ses orientations
Faute de crédits, et surtout en raison du refus du Sénat de financer les missions d’enquête, les travaux restent donc limités
Le parti colonial français : la force de blocage
Projet Blum-Violette : l’échec d’une timide réforme de l’Algérie française

Département

Transports ferrés. Les élus communistes des P.-O. s’insurgent et écrivent à Jean Castex
Mieux vaut tard que jamais
La cave Arnaud de Villeneuve reprise
Le projet de tuyau de l’Agly adopté
Louis Aliot appelé à plus de transparence
UPTC. Les derniers jours de Jean-Jacques Rousseau
Assurance santé. Complémentaires santé, quel organisme choisir ?

Sport

Dragons Catalans. À deux points de l’exploit
Les cinc arques Epileg

Culture

Où sortir ?
Perpignan. Concerts pour nuits d’été

France

Climat. L’urgenc est là. Contrer le changement climatique

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Fadwa Barghouti. « Marwan Barghouti est une figure fédératrice » (La Marseillaise)

Avocate et militante palestinienne, Fadwa Barghouti est à l’initiative de la campagne pour la libération de son époux, Marwan Barghouti, détenu depuis 2002 dans les geôles israéliennes. Elle vient en France à la rencontre de la population, de personnalités politiques et syndicales.

La Marseillaise : Quel est l’objet de votre déplacement en France ?

Fadwa Barghouti : Depuis plus de vingt ans, la France est l’un des pays les plus actifs dans la campagne internationale pour la libération de mon époux, où elle recueille un large soutien. Plusieurs dizaines de communes lui ont décerné la citoyenneté d’honneur. Depuis le 7 octobre et l’attention croissante autour de la cause palestinienne, il est très important de veiller à poursuivre cette campagne, car Marwan incarne l’espoir pour le peuple palestinien.

La Marseillaise : Vous avez prévu de nombreuses rencontres avec des personnalités politiques de gauche. Sont-elles les seules à soutenir votre combat ?

Fadwa Barghouti : À chaque fois que je me rends en France ou dans n’importe quel autre pays, je veille à rencontrer différents partis, qu’ils soient de centre-droit ou de gauche. C’est très important de parler à tout le monde car nous ne voulons pas que ce soit un sujet de division, au contraire. Il y a quelques mois, le gouvernement français annonçait la reconnaissance de l’État de Palestine. Pour qu’elle ne soit pas purement symbolique, il faut prendre des mesures concrètes sur le terrain en faveur de la création d’un État palestinien vivant côte à côte avec Israël, conformément au droit international. La seule façon d’y parvenir est de soutenir les acteurs et les initiatives qui y contribueront. La libération de mon époux est en tête de liste, car c’est une figure fédératrice. C’est le dirigeant palestinien le plus populaire, qui a clairement affirmé partager les convictions du gouvernement français, à savoir la solution à deux États et le respect du droit international.

La Marseillaise : Que savez-vous des conditions de détention de votre époux ?

Fadwa Barghouti : Depuis le 7 octobre, une politique de punition collective est menée contre l’ensemble du peuple palestinien. Personne n’est à l’abri des attaques israéliennes. À Gaza, c’est la dévastation et le génocide. En Cisjordanie, on assiste au pillage des terres et au terrorisme des colons. Au sein d’Israël, les Palestiniens sont confrontés à une discrimination et à un racisme extrêmes. Dans ce contexte, ce que subissent les prisonniers politiques palestiniens est ce que j’appelle « l’arrière-cour du génocide ». Plus de 100 Palestiniens ont été tués en prison. Ce ne sont pas des combattants ni des personnes représentant une quelconque menace mais des détenus, tués à l’intérieur même de la prison. Nous disposons des rapports de l’ONU et du New York Times concernant les viols de prisonniers palestiniens et les mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques palestiniens. Mon époux fait partie de ces victimes. Ils l’ont pris pour cible dès le 7 octobre, date à laquelle ils l’ont transféré en isolement cellulaire. Il s’y trouve depuis lors, et il est transféré de prison en prison. D’après les documents dont nous disposons, il a été agressé au moins dix fois. On lui refuse toute visite familiale. Je suis la dernière de ses proches à l’avoir vu et c’était il y a trois ans et demi. Il est donc très important que les gens comprennent que cette situation dure depuis longtemps, bien avant le 7 octobre. Son état de santé nous inquiète, il a perdu beaucoup de poids et a été blessé à plusieurs reprises. On craint réellement pour sa sécurité au sein d’un système pénitentiaire en pleine dérive dirigé par nul autre que Ben-Gvir [ministre israélien d’extrême droite, en charge de la Sécurité nationale, Ndlr], connu pour être un partisan du génocide et du nettoyage ethnique du peuple palestinien.

La Marseillaise : Justement, en août 2025, Itamar Ben-Gvir a diffusé, sur les réseaux sociaux, une vidéo dans laquelle il menace votre époux dans sa cellule. Le gouvernement israélien craint-il votre époux ?

Fadwa Barghouti : C’est une honte pour Israël de violer ouvertement le droit international. Mais la communauté internationale a aussi sa part de responsabilité pour ne pas avoir clairement dénoncé le fait qu’un député élu au Parlement palestinien, quelqu’un qui est, comme je l’ai dit, une figure qui rassemble, un militant pacifiste, soit humilié aux yeux du monde entier. C’est tout simplement révoltant. Cette scène entre Itamar Ben-Gvir et mon époux illustre parfaitement la lutte. Car on voit ici un dirigeant palestinien qui a été agressé et humilié, comme l’est son peuple. Il incarne en cela la lutte palestinienne. Et vous avez, en la personne d’Itamar Ben-Gvir, le visage du gouvernement israélien actuel et de sa politique. Connaissant mon époux, je pense qu’il a croisé des dizaines de Ben-Gvir au cours de sa vie et il reste résilient. Nous n’avons aucune crainte quant à son état mental, ses capacités intellectuelles et sa force d’esprit. Nous sommes en revanche vraiment inquiets pour sa santé.

La Marseillaise : Marwan Barghouti est souvent comparé à Nelson Mandela. Quelles sont les similitudes entre les deux ?

Fadwa Barghouti : Nelson Mandela et mon époux ont tous deux lutté contre le régime d’apartheid. En Palestine, malheureusement, cela s’ajoute au nettoyage ethnique, au génocide, à l’occupation et à de nombreux crimes de guerre. Marwan Barghouti se bat contre cela depuis plus de 50 ans. Ce qui les rapproche, c’est qu’ils sont tous deux des figures fédératrices pour leur peuple. Tous deux ont incarné l’espoir dans une période de désespoir. Si vous aviez dit à un Sud-Africain au début des années 1980 que dans dix ans, l’apartheid prendrait fin dans son pays, je ne pense pas qu’il vous aurait cru. C’est cet espoir que Nelson Mandela a insufflé au peuple. Ces figures historiques sont essentielles pour que les mouvements de libération gardent espoir. C’est précisément pour cette raison que le gouvernement israélien actuel tente de réduire mon époux au silence car il ne veut pas de quelqu’un qui incarne cet espoir. Le fait que Nelson Mandela ait été qualifié de terroriste par l’Occident et par le régime d’apartheid en Afrique du Sud constitue une autre similitude car le terrorisme est un terme colonial qui a toujours été utilisé pour désigner les opprimés qui tentent de lutter contre leur oppresseur.

La Marseillaise : Mahmoud Abbas a annoncé la tenue d’élections législatives en novembre prochain et une présidentielle en début d’année 2027. Marwan Barghouti sera-t-il candidat ?

Fadwa Barghouti : Il est encore trop tôt pour se prononcer là-dessus. C’est à lui de prendre cette décision, pas à nous. Néanmoins, nous saluons la décision d’organiser des élections car nous n’en avions pas eu depuis plus de vingt ans. Nous n’avons pas de conseil législatif opérationnel ce qui pose de nombreux obstacles à tout système politique. Nous saluons donc cette initiative et nous regardons vers l’avenir, pas seulement pour l’élection présidentielle mais pour l’ensemble du système politique qui a besoin d’un renouveau et qui va se renouveler. La vision politique de mon époux a toujours été axée sur la lutte contre la corruption ainsi que sur une plus grande participation des femmes et des jeunes au pouvoir. Cela ne peut se produire que si nous nous engageons dans un processus démocratique. Marwan croit en la démocratie et il est fier de n’avoir jamais occupé de poste sans avoir été élu. Je pense qu’il se réjouit de cette décision, de même que nous tous, en tant que peuple palestinien. Nous en avons désespérément besoin. Ainsi, l’Autorité palestinienne pourra se renforcer face aux défis et aux tentatives du gouvernement israélien visant à faire disparaître les institutions palestiniennes.

La Marseillaise : Qu’a concrètement changé sur le terrain la reconnaissance de l’État de Palestine par la France ?

Fadwa Barghouti : Honnêtement, sur le terrain, on ne perçoit aucun changement. La situation empire car, malheureusement, Israël agit en dehors du cadre de la loi. C’est ainsi qu’il fonctionne depuis des décennies. Notre rôle en tant que Palestiniens est d’essayer de trouver et de tisser des liens avec la communauté internationale pour nous assurer qu’elle comprenne qu’il existe un partenaire pour la paix du côté palestinien mais qu’il n’y en a pas côté israélien. Pour y parvenir, des mesures doivent être prises. Les élections constituent un grand pas en avant. Depuis le cessez-le-feu et jusqu’aujourd’hui, plus d’un millier de personnes y ont été tuées. Les souffrances n’ont malheureusement pas pris fin. Il faut veiller à ce qu’un véritable cessez-le-feu soit en place, à ce qu’il y ait un retrait total des forces israéliennes de Gaza et des territoires occupés en Palestine, et bien sûr, à ce que la reconstruction commence. C’est une priorité absolue pour les Palestiniens. Nous devons aller de l’avant, en réclamant la libération de mon époux et en faisant appel aux personnalités qui peuvent réellement contribuer à apporter la paix et la stabilité dans la région. Telles sont les mesures par lesquelles la communauté internationale, y compris la France, peuvent véritablement aider.

La Marseillaise : L’ambassadeur de Palestine auprès de l’ONU a alerté, lundi, sur l’accélération de l’annexion de terres palestiniennes par Israël. Comment la stopper ?

Fadwa Barghouti : Si l’expérience sud-africaine nous enseigne quelque chose, ce n’est pas que le régime de l’apartheid s’est réveillé un beau matin en décidant de traiter équitablement les populations autochtones, c’est la pression de la communauté internationale qui a permis de concrétiser cela. La seule façon pour qu’Israël cesse ses agissements et comprenne qu’un changement s’impose, c’est qu’il constate qu’il y a un prix à payer pour avoir violé le droit international. Nous ne demandons pas à la communauté internationale de prendre parti pour nous mais de prendre des mesures à l’encontre de tout pays et de tout État qui viole le droit international. Et Israël enfreint manifestement ce droit.

La Marseillaise : Comment votre famille garde espoir ?

Fadwa Barghouti : Nous puisons notre force dans mon époux et dans la résilience dont il a fait preuve au fil des années. Un jour, il a dit à notre fils Arab, que le désespoir est un privilège que nous, Palestiniens, ne pouvons pas nous permettre, et qu’il fallait rayer ce mot de notre vocabulaire. J’aimerais vraiment que notre famille soit la seule à traverser ce que nous vivons. Mais il y a des milliers de familles palestiniennes qui vivent la même souffrance. C’est ce qui nous rend plus forts ensemble, car nous savons que ce combat vise un grand objectif : la liberté des Palestiniens, pour que nos enfants puissent vivre en paix et en sécurité. L’ampleur des sacrifices que nous endurons ne signifie pas que nous devrions abandonner à un moment donné. D’un point de vue historique, ce n’est pas de cette façon que les peuples obtiennent leur libération et leur liberté.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 1er juillet 2026)

Céret. Le Cheval dans l’arbre consolide son modèle coopératif (L’Indep)

Dans un contexte national toujours délicat pour les librairies indépendantes, Le Cheval dans l’arbre affiche des résultats encourageants. De quoi conforter ses responsables dans l’idée que le modèle coopératif peut s’inscrire dans la durée, à condition de continuer à se réinventer.

Il n’est pas question d’euphorie, mais d’un optimisme mesuré. Pour la librairie coopérative le Cheval dans l’arbre l’année écoulée marque un tournant. En retrouvant un équilibre financier grâce à un bénéfice certes modeste mais qui donne des signes encourageants. De quoi conforter les choix opérés ces derniers mois. « Nous maintenons ce commerce en état de marche », résume Dominique Noguères, présidente de la coopérative fondée en 2021 grâce à la mobilisation de 567 sociétaires. « Cela montre que les efforts engagés portent leurs fruits ». Le retour à meilleure fortune repose d’abord sur une gestion plus fine des commandes et des stocks.

« Nous avons mis en place une organisation très rigoureuse ». Dans les rayons, les mangas, la bande dessinée et la littérature jeunesse continuent de séduire un large public. La librairie a également renforcé son fonds consacré à l’art, en cohérence avec l’identité culturelle de la commune. « Nous proposons une offre complémentaire de celle du Musée d’art moderne, avec une approche davantage tournée vers la découverte et la pédagogie ». Autre évolution : le développement des ouvrages en anglais, destinés à une clientèle anglophone toujours bien présente dans le Vallespir. Les jeux et les puzzles complètent cette diversification, avec des ventes particulièrement soutenues en période de fêtes.

Aventure collective

Si le commerce avance, c’est aussi grâce à l’engagement de ses bénévoles présents -à commencer par le conseil d’administration-, constamment et de ses deux libraires salariés à temps partiel, Lorraine et Javier. « Ils disposent d’une grande autonomie tout en restant en lien permanent avec nous. Aujourd’hui, tout fonctionne de manière très fluide », se félicite la retraitée.

Mais la coopérative sait que sa réussite dépend aussi de sa capacité à aller vers le public. Au cours de l’année, elle a organisé 45 rendez-vous: rencontres d’auteurs, séances de dédicaces, ateliers de lecture et participations à des événements culturels hors des murs. « Cette visibilité est très importante pour nous », affirme la présidente. Qui a depuis développé son réseau des partenaires locaux en intégrant notamment l’association des commerçants.

Une nouvelle campagne de souscriptions sera prochainement lancée afin de consolider ce soutien financier, indispensable à la pérennité du projet du Cheval dans l’arbre. Pour Dominique Noguères, une certitude demeure : « Il ne faut pas se dire que la partie est gagnée ». Une ligne de conduite que la librairie entend bien continuer à suivre pour écrire les prochains chapitres de son histoire.

M. C.W. (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Le salon du livre fera son cinéma

Créée en 2023, l’Association des amis de la librairie Le Cheval dans l’arbre poursuit sa mission de soutien à la librairie coopérative et à son rayonnement culturel. Présidée par Yvon Huet, elle compte aujourd’hui une trentaine d’adhérents et s’appuie sur un noyau de bénévoles qui ne demande qu’à « s’étoffer ».

Avec en ligne de mire une nouvelle édition du salon du livre et des éditeurs à la rentrée qui prendra cette année une dimension plus ambitieuse grâce à un partenariat avec l’association cérétane Cinétoiles et l’Institut Jean-Vigo. Le thème retenu sera « du livre au cinéma ». « Le poids du livre dans l’expression du cinéma est énorme. Il existe beaucoup plus d’adaptations que de créations originales », rappelle Yvon Huet. Les festivités débuteront le samedi 12 septembre à 18h avec la projection du film Le Procès à la salle de l’Union. Le dimanche 13 septembre, de 9h à 17h, auteurs, éditeurs et visiteurs se retrouveront sur les boulevards pour le salon.

Un débat animé par Jean-Philippe Trias, maitre de conférences en l’histoire et l’esthétique du cinéma à l’Université Paul-Valéry Montpellier, est également prévu à la mi-journée.

Vers un nouveau plan social dans les Pyrénées-Orientales ? (L’Indép)

Le syndicat CGT de l’Association catalane d’actions et de liaisons (l’Acal, notamment connue pour son rôle dans l’accueil des réfugiés ukrainiens) craint « un plan social avec au moins dix licenciements » à l’automne prochain.

« Nous refusons que les salariés soient les variables d’ajustement de la politique sociale. » En ce début d’été 2026, le délégué syndical CGT de l’Association catalane d’actions et de liaisons, Jean-François Marty, ne cache pas ses inquiétudes. Car la structure, chargée d’accompagner et d’héberger des publics fragiles (réfugiés, sans domicile fixe, femmes victimes de violences…), connaîtrait actuellement une dégradation de ses indicateurs.

Ainsi, selon le syndicaliste, en trois ans, l’activité et les financements de l’association auraient chuté de 20 % et ses effectifs de 10 %. « L’arrêt, à compter de ce 30 juin, du dispositif d’accueil des réfugiés ukrainiens, c’est 2,2 millions d’euros en moins », ajoute-t-il. « Le problème de fond qui se pose, c’est que l’Acal, qui emploie aujourd’hui environ 180 salariés, s’est développée en répondant à des appels à projets financés par des subventions temporaires. Lorsque l’État serre la ceinture, les conséquences sont immédiates. »

Selon le syndicat CGT de l’Acal, l’hypothèse d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) avec au moins dix suppressions de postes à la clé aurait notamment été évoquée lors de l’assemblée générale de l’association, qui s’est tenue il y a quelques jours. « La direction lie cette hypothèse au possible non-renouvellement du service Agir (un dispositif d’insertion professionnelle des réfugiés, NDLR) qui emploie six salariés », précise Jean-François Marty.

Un appel à l’État

Autre paramètre à prendre en compte : à partir du 8 août, l’Acal va basculer sur une nouvelle convention collective, sur un nouvel ensemble de règles régissant le travail dans son secteur d’activité. Ce changement va entre autres avoir pour effet une légère augmentation des salaires et l’octroi de jours de congé supplémentaires pour certains employés. « Cependant, si l’État ne finance pas cette évolution, ce qu’il ne s’est pas engagé à faire pour l’instant, elle représentera un surcoût de 350 000 euros par an pour l’association », indique Jean-François Marty. « Si ces avancées pour les travailleurs ont pour conséquence des suppressions d’emplois, cela pose problème », juge le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « De notre point de vue, l’État doit faire le complément. »

Et cette problématique ne concerne pas que l’Acal. Les élus CGT de l’Association d’aide aux femmes et familles en difficulté (Affed) craignent par exemple que le surcoût lié au changement de convention collective n’entraîne la suppression d’un poste de remplaçant. Ce qui, compte tenu de la taille de la structure (12 salariés), engendrerait selon eux une dégradation des conditions de travail.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Sollicitée, la direction de l’Acal n’a pas donné suite.

Leur salaire est gelé depuis 12 ans, les mandataires judiciaires alertent (L’Indép)

« Qui protégera les plus vulnérables demain ? » Hier, les mandataires judiciaires indépendants se sont mobilises partout en France pour un salaire plus juste. Ils étaient une vingtaine devant la préfecture de Perpignan, de nombreuses pancartes a la main.

Ils sont indispensables et accompagnent chaque jour les personnes les plus vulnérables. Les mandataires judiciaires indépendants sont les personnes désignées par les magistrats dans le cadre de mesures de protection juridique, telles que des sauvegardes de justice, des curatelles ou des tutelles. Partout en France, ils se sont mobilisés ce mardi 30 juin. À Perpignan, une vingtaine d’entre elles était devant la préfecture des Pyrénées-Orientales.

Leur demande : une revalorisation de leur salaire, gelé depuis douze ans. « Nous allons être reçus par la directrice de cabinet du préfet, Stella Chene. Le but est de faire remonter la demande au gouvernement », a précisé Amandine Lacour, elle-même mandataire judiciaire à Perpignan. Aujourd’hui, leur salaire dépend du coût de référence, fixé à 142,95 euros par mesure et par mois, «mais avec l’inflation et la hausse des charges, il devrait être à 180 euros », ont martelé les membres de la Fédération nationale des mandataires judiciaires indépendants à la protection des majeurs.

Quelques minutes avant d’être reçues par la préfecture, les manifestantes rassemblées devant l’établissement brandissaient différentes pancartes, « Mandatés, épuisés, oubliés », et criaient toutes en chœur : « En colère, et on est là ! » Ce métier, parfois méconnu, est destiné à s’occuper de beaucoup de « dossiers ».

« Mais ces dossiers, ce sont des personnes », a souligné Amandine Lacour. Elle et ses confrères travaillent « entre 40 et 50 heures par semaine », « gèrent des urgences, même en vacances », et font face à « une charge mentale très importante ». « On ne se plaint pas, c’est un choix de vie, mais il faut qu’on soit reconnus ».

Parmi les dizaines de dossiers traités, ils sont amenés à gérer des factures d’électricité, des placements à la banque ou même des actions en justice pour faire valoir des droits. Un mandataire judiciaire peut gérer un dossier aussi longtemps que la mesure de protection existe, parfois pour dix ans.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Un postier syndicaliste menace de révocation pour la deuxième fois (L’Indép)

Hier, une trentaine de postiers et d’usagers se sont mobilisés devant la plateforme de La Poste implantée non loin de l’aéroport de Perpignan. Ils entendaient protester contre la convocation en conseil de discipline du secrétaire général de la CGT Activités postales des Pyrénées-Orientales, Alexandre Pignon, qui risque la révocation.

Les procédures disciplinaires à l’encontre de responsables syndicaux de La Poste se succèdent en pays catalan. Et les mobilisations de postiers aussi. Hier, en milieu de matinée, ils étaient une trentaine réunis devant la plateforme « multiflux » de la zone de Torremila, au nord de Perpignan.

Pour témoigner leur soutien au secrétaire général de la CGT Activités postales des Pyrénées-Orientales, Alexandre Pignon, convoqué ce mardi à 13 heures au siège parisien de l’entreprise pour un conseil de discipline pouvant déboucher sur une « révocation ». En clair: un licenciement.

« Ils avaient déjà demandé la révocation d’Alex après la mo-bilisation contre la réforme des retraites. C’est un acharnement », estime la secrétaire départementale de la CGT Activités postales en charge de la communication, Ruth Ceballos. « On dérange. La direction de La Poste veut écraser toute velléité de contre-pouvoir », analyse le secrétaire régional de la CGT Activités postales pour le Languedoc-Roussillon, Fabrice Roussel, qui avait effectué le déplacement à Perpignan ce mardi.

Selon les syndicats, la convocation d’Alexandre Pignon serait en lien avec l’organisation le 20 février dernier, à Thuir d’un carnaval revendicatif devant le bureau de poste de la commune. « La Poste considère qu’il y a eu une atteinte i son image, alors que c’était de la parodie, de l’humour », explique Amapola Gracia, du collectif citoyen de défense de la poste, également mobilise hier.

Cinq autres militants syndicaux sont menacés de sanctions à la suite du carnaval thuirinois. Trois d’entre eux sont d’ores et déjà convoqués les 10 et 17 juillet. Ils en courent des mises à pied allant de trois semaines à deux mois.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Sollicitée, la direction de La Poste n’a pas souhaité faire de commentaires sur les procédures en cours.

Autriche : les communistes confirment leur implantation à Graz, seconde ville du pays (Médiapart)

Le Parti communiste a une nouvelle fois remporté les élections municipales à Graz, en Autriche, dimanche 28 juin, après sa victoire surprise il y a cinq ans. Le résultat d’un travail de proximité conduit par la maire Elke Kahr.

Une fois encore, la surprise était au rendez-vous. Si la réélection d’Elke Kahr, première maire communiste de Graz, deuxième ville d’Autriche avec plus de 300 000 habitant·es, était annoncée, le score réalisé par son parti, le KPÖ, l’était beaucoup moins. Les communistes ont recueilli près de 36 % des suffrages lors des élections municipales dimanche 28 juin. Une progression de sept points par rapport au précédent scrutin, il y a cinq ans, dont ils étaient déjà sortis en tête, provoquant la stupeur parmi les commentateurs politiques.

Cette large victoire vient conforter la stratégie du parti et de sa cheffe, Elke Kahr, qui mise sur la proximité et cultive son image d’élue accessible. Elle a ainsi renoncé à utiliser la voiture de fonction de la mairie et lorsque la ville a été endeuillée, il y a un an, par une fusillade meurtrière dans un lycée, elle a foncé sur place au volant de sa vieille Citroën, rapporte le quotidien Der Standard.

Selon le journal, il y a deux mois, lors d’un incendie, elle s’est une nouvelle fois rendue sur place et a conduit elle-même un habitant qui venait de perdre son appartement dans un logement de substitution. L’élue reçoit régulièrement les habitant·es pour évoquer leurs problèmes : logement, difficultés financières, emploi.

Mediapart avait assisté il y a cinq ans à l’un de ces rendez-vous où Elke Kahr avait aidé une vieille dame à trouver un nouveau logement ou une jeune fille à financer l’opération de son chien. Car, à Graz, le KPÖ ne se contente pas de prodiguer des conseils, il peut parfois fournir une aide financière aux habitant·es, en partie prélevée sur le salaire de ses élu·es.

Elke Kahr reverse ainsi plus des deux tiers de son salaire de maire et conserve 2 300 euros par mois. Les autres élu·es du KPÖ font de même et, chaque année, le parti organise une conférence de presse pour présenter le montant total de ces dons : plus de 300 000 euros en 2025, qui ont bénéficié à plus de 2 500 foyers.

De quoi faire grincer des dents certain·es opposant·es qui dénoncent une démarche populiste, voire un achat de voix. Cette pratique existe toutefois depuis 1988 et fait désormais partie intégrante de l’ADN du KPÖ à Graz. Depuis 2005, Elke Kahr aurait ainsi reversée 1,3 million d’euros.

Cette image d’élue de proximité, consciente des difficultés de ses administré·es, explique en partie les succès électoraux des communistes : « La dimension personnelle est importante. Elke Kahr peut toucher un public allant au-delà de la base électorale habituelle du KPÖ », analyse Matthias Kaltenegger, politiste à l’université de Vienne, dans un entretien à Mediapart.

La faiblesse du parti au niveau national – 2,4 % des suffrages lors des dernières élections législatives en 2024 – peut par ailleurs jouer en sa faveur à l’échelon local, en mobilisant les votes contestataires, selon le chercheur : « Le Parti communiste n’est plus représenté au Parlement depuis les années 1950. Il critique le système politique dans son programme, il peut donc aussi attirer des personnes qui voient les institutions politiques d’un mauvais œil. »

Autre pilier de l’identité politique du parti : le logement. En 1992, Ernest Kaltenegger, architecte des premières victoires du KPÖ, met en place le Mieternotruf, « le numéro d’appel d’urgence pour les locataires », qui existe toujours. En le composant, les habitant·es de Graz peuvent recevoir des conseils du KPÖ dans le cas d’une mésentente avec un propriétaire, pour des problèmes de retour de caution ou encore pour faire vérifier leur contrat de location pour voir si les divers coûts annexes ne sont pas trop élevés.

Depuis, le parti n’a cessé de s’investir dans ce domaine. Pendant ses cinq années à la tête de la ville, 420 nouveaux logements communaux, des logements sociaux détenus par la ville, ont été livrés. La municipalité a acquis des terrains pour construire d’autres habitations et pour développer les transports en commun. L’exécutif municipal a par ailleurs décidé de faire passer de cinq à un an le délai de résidence dans la ville pour pouvoir bénéficier d’un logement communal.

Cette politique sociale a valu à Elke Kahr d’être désignée en 2024 « meilleure maire au monde » par la City Mayors Foundation, une fondation londonienne qui a souligné « son dévouement et son altruisme au service de sa ville et de ses citoyens ».

Des mesures qui doivent toutefois être financées. Or la municipalité est aujourd’hui endettée à hauteur de 2 milliards d’euros. Interrogée par la télévision publique ORF à ce sujet, Elke Kahr a rappelé que son équipe avait hérité d’une dette de 1,6 milliard, tout en assumant ses dépenses dans le logement et les infrastructures publiques. Elle a toutefois admis devoir procéder à des « réajustements structurels », en précisant : « Mais sans que cela porte préjudice à la population. »

Autre point de tension : la politique de développement des transports publics, perçue par une partie de la population comme hostile aux automobilistes. 1 500 places de stationnement ont notamment été supprimées. De quoi limiter l’attractivité du centre-ville et l’activité des commerces, selon les critiques. « Il faut se demander qui tient ce genre de propos et pourquoi. En réalité, grâce au développement des transports en commun, des espaces verts, le centre-ville devient plus attractif », a répondu la maire dans son entretien à l’ORF.

Autre enseignement notable de ce scrutin : le faible score du FPÖ, parti d’extrême droite autrichien, arrivé en quatrième position avec 12 % des suffrages. Il gouverne pourtant la région et représente la première force politique du pays.

Un résultat qui s’explique par le traditionnel clivage électoral entre grandes villes et zones rurales, mais aussi par une affaire de corruption qui continue de plomber le FPÖ à Graz, estime Matthias Kaltenegger.

Grâce à ce résultat, le KPÖ, qui gouvernait jusqu’à présent avec deux autres partis, les sociaux-démocrates du SPÖ et les Verts (Die Grünen), pourrait se limiter à un partenaire de coalition, a priori les écologistes. Elke Kahr a toutefois promis de mener des négociations avec tous les partis avant de prendre sa décision. Une chose est sûre, la première maire communiste de l’histoire de Graz le restera.

Vianey Lorin (Médiapart, le 29 juin 2026)

Communiqué de la Coordination nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité. De la canicule au budget de la Sécurité Sociale : l’urgence de répondre aux besoins

L’hôpital public est débordé par la canicule. Pire, il ne sait en protéger ni personnel ni patients hospitalisés. Comme à chaque crise grave, toujours les mêmes réponses : cellules de crises, déclenchement de plans blancs ou autres, déprogrammation…

La réalité, ce sont des hôpitaux à la limite de l’implosion où tout événement surajouté devient un drame : personnel épuisé car trop peu nombreux, manque de lits d’hospitalisation. Ce sont des hôpitaux où l’on impose des plans de redressement : Aubagne (50 suppressions d’emplois), Marmande… Sans parler de la psychiatrie publique en train de s’effondrer avec des services fermés, des hôpitaux sans psychiatres, comme à Laval, chef-lieu de la Mayenne, ou à Sarlat… La canicule de 2003 avait attiré l’attention sur les personnes âgées mais la loi grand âge n’est toujours qu’une promesse non tenue !

La canicule révèle la nécessité d’investissements pour faire face au changement climatique. Alors que les hôpitaux sont majoritairement en déficit et incapables donc d’investir sur fonds propres, ce que la ministre de la santé a annoncé récemment, c’est un saupoudrage sur 10 ans de financement de projets renforçant l’efficience des établissements, en langage décrypté de projets accompagnant des fermetures de lits et de services !

La population considère largement que ce n’est ni sur la santé ni sur l’autonomie, que des économies doivent être faites. Des pistes existent, entre-autre la baisse voire la suppression des exonérations de cotisations sociales.

Le prochain budget de l’État doit prévoir la formation de professionnels de santé en nombre et le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2027 donner aux hôpitaux, aux EHPAD les moyens de répondre aux besoins de la population.

Les comités de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité, réunis en assemblée générale, ont décidé de sonner l’alerte dès maintenant et de préparer des mobilisations multiples en octobre à partir des réalités de terrain avec toutes les organisations qui souhaitent y participer localement : des moyens pour les hôpitaux et EHPAD publics ! Mais il faut aussi arrêter de reporter sur les complémentaires le remboursement des soins (vigilance : des mesures pourraient passer par décret pendant l’été).

C’est vers le remboursement à 100 % des soins par la Sécurité Sociale qu’il faut aller. La lutte contre les dépassements d’honoraires sera un élément fort de cette campagne, commencée dès maintenant par certains comités, comme à Montluçon et Montargis. Les rapports se multiplient, encore récemment celui du HCAAM (Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie), mais ce sont des décisions dont on a besoin !

Faisons respecter l’accès aux soins pour toutes et tous de qualité et de proximité sans barrière financière !