L’édito du webzine. Marine Le Pen, la candidate délinquante

La cheffe de file du Rassemblement national vient d’être condamnée par la cour d’appel de Paris à trois ans de prison dont deux avec sursis et un an ferme sous bracelet électronique. Elle a annoncé se pourvoir en cassation, et donc, mener campagne pour l’élection présidentielle de 2027.

« Mains propres et tête haute » : tel était l’un des slogans phares du Front national lors des législatives de 1993, celui du père fondateur du parti d’extrême droite français, Jean-Marie Le Pen. Trente-six ans plus tard, sa fille, Marine Le Pen, malgré sa condamnation dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, entend se présenter devant les français. La députée a été condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis et un an ferme sous bracelet électronique. Sa peine d’inéligibilité de 45 mois dont 30 avec sursis, a déjà été exécutée.

Elle va se pourvoir en cassation pour « suspendre les effets » de cette décision et ainsi « faire campagne sans bracelet électronique ». C’était la condition qu’elle s’était elle-même fixée pour mener cette quatrième campagne pour l’Élysée.

Mais le parti, fondé par des Waffen SS et des néonazis, n’est pas à une contradiction près. Le 5 avril 2013, interviewée sur le plateau de Public Sénat, sa championne réclamait « l’inéligibilité à vie » pour les élus condamnés pour « détournement de fonds publics ».

La cour de cassation devrait statuer début 2027. Si la haute juridiction confirme l’arrêt de la cour d’appel, celui-ci s’appliquerait immédiatement. Quelques semaines seulement avant le premier tour.

Une délinquante en col blanc

Pour la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Le Pen est une « privilégiée » qui a « bénéficié d’une grande mansuétude » de la part de la justice, tempête Marine Tondelier. « Elle est une délinquante, voilà la seule conclusion qu’on peut tirer de cette décision de justice », tacle le chef des députés socialistes Boris Vallaud. « Après, c’est à elle de poser la question de savoir si quand on est une délinquante, on se présente aux électeurs ». « Une telle condamnation, quel que soit l’aménagement de la peine, ne peut permettre de se présenter devant les Français. Il n’y a rien d’autre à dire », tranche le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

La présidente de la cour d’appel de Paris répète que « les faits sont graves ». L’avocat du Parlement européen confirme : « ils ont volé l’argent du contribuable et ça a été confirmé pour la deuxième fois ». Le préjudice est estimé à quelque 2,9 millions d’euros.

Madame Le Pen a volé l’argent public. Elle n’a pas honte de se présenter pour le gérer. C’est cela la moralité de l’extrême droite.

Dominique Gerbault

Perpignan. Grogne au lycée Picasso contre la suppression d’une spécialité (L’Indep)

« Énergie et environnement », une spécialité qui parle au présent mais pas au futur pour la direction du lycée Picasso à Perpignan. Des membres du conseil d’administration et les parents d’élèves ont manifesté contre la suppression d’une spécialité.

Chaque année, au lycée Picasso, les élèves de terminale en STI2D doivent choisir une spécialité. Parmi les quatre proposées, il y a celle intitulée « Énergie et environnement ». Mais à la rentrée des classes 2026-2027, elle n’existera plus. Une suppression « en interne », selon les professeurs de l’établissement, qui a également suscité la colère des parents d’élèves du lycée perpignanais. Tous se sont retrouvés à la sortie des classes ce jeudi 2 juillet pour manifester contre l’initiative.

Tanguy Lorre, responsable syndical de Force ouvrière et membre du conseil d’administration du lycée Picasso, dénonce un « net manque de considération ». Selon lui, les raisons sont « évidemment économiques ». Il explique : « Il n’y a aucun cout pour maintenir la spécialité mais la fermer leur rapportera ». Dès qu’il a appris la nouvelle par les parents d’élèves, le conseil d’administration a demandé à être reçu par l’établissement. Une réponse qui aurait été balayée d’un revers de main par le proviseur du lycée : « Deux heures avant la rencontre, nous avons reçu un message d’annulation nous indiquant que nos priorités n’étaient pas les leurs ».

Une décision qui aurait été prise « en interne »

« C’est une décision qui a été prise en interne, sans avertir personne. Elle ne respecte ni les élèves ni le conseil d’administration. Ce n’est pas du tout réglementaire », affirme Tanguy Lome, professeur à Picasso depuis 22 ans. Désireux de changer le cours des événements, le quinquagénaire s’est joint à plusieurs autres professeurs pour proposer des « solutions à la situation ». « Nous avions trouvé un professeur pour enseigner la spécialité. Ils ont préféré l’utiliser pour d’autres formations », évoque le professeur en filière technologique.

Mais les parents d’élèves et les professeurs craignent aussi, à terme, pour le reste de la filière. « Il y a des BTS spécialisés environnement, et ce sera un prétexte pour les fermer aussi », anticipe le syndicaliste de Force ouvrière.

Contacté, le rectorat indiquait, auprès de L’Indépendant, que « la directrice académique des services de l’Éducation nationale des Pyrénées-Orientales et les services académiques ont pleinement conscience de l’importance de la spécialité Énergie et environnement pour le territoire et réaffirment leur souhait de maintenir cette formation au sein du lycée Picasso de Perpignan dont la carte des formations offertes vise à son identification forte en qualité de lycée formateur dans ce domaine sur le territoire ».

Tina Penaranda (L’Indépendant, le 12 juillet 2026)

Contactée, la direction du lycée n’a pas répondu à nos sollicitations.

« Lycée Picasso Perpignan : Fermeture de l’option EE en STI2D. Le Rectorat sacrifie l’égalité des chances et les métiers de demain pour 15 élèves ! »

Communiqué de presse l’intersyndical CGT Éduc’Action 66, FCPE 66, FSU 66, FO 66,Sud 66

Le lycée Pablo Picasso de Perpignan va perdre à la rentrée 2027 son option Énergies et Environnement (EE) de la filière STI2D. Le motif officiel : un départ à la retraite non remplacé !

Une décision incompréhensible

Alors que 15 élèves ont formulé une demande pour cette option, le Rectorat ne propose aucun enseignant ni aucune solution concrète. Pourtant 3 solutions sont envisageables : une affectation d’un enseignant en interne à Picasso, un enseignant de la zone de remplacement ou une affectation directement du rectorat.

Le Conseil d’Administration avait voté le maintien de la STI2D en terminale dans la Dotation Globale Horaire. Depuis, aucun échange, aucune concertation alors que le Conseil d’Administration aurait dû être consulté au préalable de cette décision, et ce, en contradiction des dispositions de l’article R421-23 du Code de l’Éducation.

En supprimant l’option EE, on supprime l’essence même de la voie technologique : projet concret, groupes réduits, manipulation d’outils professionnels, mixité sociale. On condamne des résultats en hausse de la filière professionnelle, et on désarme une filière qui forme aux métiers d’avenir qui recrutent.

Une rupture d’égalité des chances et des droits pour 15 élèves

Cette fermeture crée une inégalité d’accès à la formation pour les lycéens de l’option EE de la filière STI2D du lucée Picasso. Dans un département engagé dans la transition énergétique – solaire, éolien, rénovation – priver les jeunes d’une formation Energie & Environnement est incohérent avec les besoins des entreprises locales.

Fermer l’option EE à Picasso alors qu’elle existe ailleurs, c’est créer une inégalité territoriale. L’égalité des chances et des droits des élèves à choisir leur orientation n’est pas respectée.

Les signataires exigent le maintien immédiat

La FCPE 66 et les syndicats enseignants CGT Éducation 66, FO 66, FSU 66, SUD Éducation 66, demandent au Rectorat de Montpellier d’affecter un enseignant et de garantir l’ouverture de l’option EE à la rentrée au lycée Picasso.

Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

Des maires et adjoints à la Culture de toute la France interpellent le président de la République

Alors que notre pays est confronté à un mur budgétaire historique, chacun mesure la nécessité de contribuer à l’effort collectif de redressement des finances publiques.

Les collectivités territoriales comme les institutions culturelles qu’elles soutiennent en partenariat avec l’État n’ont jamais ignoré cette exigence. Depuis de nombreuses années, elles ont fait preuve d’esprit de grande responsabilité en assumant leur part des ajustements budgétaires tout en maintenant des services publics essentiels au quotidien de nos concitoyens, comme celui de la culture, et en poursuivant sans relâche leur mission de démocratisation culturelle au service de tous les publics.

C’est dans ce contexte que nous avons appris avec effroi l’annonce d’une réduction sans précédent des subventions de l’État destinées à 28 institutions culturelles majeures engagées sur nos territoires. Un tel arbitrage, brutal et sans concertation préalable, s’ajouterait à une première coupe effectuée sur les budgets culturels de l’État dans les Régions en avril. S’il était confirmé dans les semaines qui viennent, ses conséquences seraient immédiates et désastreuses.

Celle et ceux qui prennent ces décisions à un stade aussi tardif de l’année ont-ils vraiment mesuré leurs conséquences sur la pérennité de ces institutions, alors même que les programmations artistiques sont actées, les contrats signés et les dépenses largement engagées et incompressibles ?

De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions. En effet, déjà fragilisées par plusieurs années de tensions inflationnistes et budgétaires, elles seraient confrontées à des arbitrages impossibles : annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou, dans les situations les plus critiques, remise en cause de leur activité même.

Celles et ceux qui prennent ces décisions radicales ont-ils mesuré que les contributions demandées constituent une entreprise de démolition alors qu’elles n’auront en réalité aucun effet sensible sur la réduction du déficit de l’État ?

C’est un prix totalement disproportionné que l’on ferait payer à la culture en raison de la dérive des finances de l’État. La conduite des finances publiques ne peut reposer sur des décisions imposées, sans prévisibilité pour les établissements, et au mépris des engagements déjà contractés et de la confiance qui doit présider aux relations entre l’État et ses partenaires.

Monsieur le Président de la République, ne laissez pas s’accomplir cette atteinte aux fondations de la décentralisation culturelle engagée par André Malraux. N’hypothéquez pas l’avenir des équipes artistiques et techniques qui œuvrent sur les territoires. Ne donnez pas quitus à ce qui constituerait un reniement du pacte culturel républicain avec les territoires et avec tous ses publics.

Monsieur le Président de la République, sachez que nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle. Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée.

Monsieur le Président de la République, la France a toujours puisé une part de sa force dans sa création, dans ses artistes et dans ses institutions culturelles. En faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle, qu’ils réduisent les fractures sociales et territoriales, élèvent le niveau de connaissance et d’émancipation de nos concitoyens, créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires.

Préserver cet héritage et réfléchir à son avenir est une responsabilité que nous nous devons de partager collectivement.

  • Raphaël Adam – Maire de la Ville de Nanterre
  • Rozenn Andro – Adjointe à la culture Ville de Rennes, Présidente du conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne
  • Nathalie Appéré – Maire de la Ville de Rennes, Présidente de Rennes Métropole
  • Bally Bagayoko – Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte
  • Xavier Bertrand – Président de la région Hauts-de-France
  • Nathalie Bois-Huyghe – Adjointe au Maire de la Ville de Bordeaux chargée de la culture et des mémoires
  • Sofia Boutrih – Adjointe au Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte en charge de la culture, de l’événementiel et des grands rendez-vous populaires
  • Laurent Cathala – Maire de la Ville de Créteil et Président de Grand Paris Sud Est Avenir
  • Claire Chazal – Vice-présidente de l’Opéra de Lyon
  • Thomas Cazenave – Maire de la Ville de Bordeaux
  • Mickael Delafosse – Maire de la Ville de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole
  • Arnaud Deslandes – Maire de la Ville de Lille
  • Pauline Diaz – Adjointe au Maire de la Ville de Villeurbanne déléguée à la culture et aux droits culturels
  • Agnès Dolhem – Adjointe à la culture de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair
  • Grégory Doucet – Maire de la Ville de Lyon
  • Anne Fahmy – Présidente de l’Opéra National de Bordeaux, Adjointe au maire de la Ville de Bordeaux chargée de l’éducation, de l’enfance et des politiques alimentaires
  • Emmanuel Grégoire – Maire de la Ville de Paris
  • Sylvie Hubac – Présidente de l’Opéra de Lyon
  • Sylvie Jacq – Vice-Présidente du conseil départemental du Calvados en charge de la culture
  • Pierre Jakubowicz – Adjoint à la culture, au patrimoine et aux arts de la Ville de Strasbourg, Président de l’Opéra national du Rhin, Président de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg
  • Régis Juanico – Maire de la Ville de Saint-Étienne, Président de Saint-Étienne Métropole
  • Sofienne Karroumi – Maire de la Ville d’Aubervilliers, Vice-Président de Plaine Commune
  • Guillaume Lissy – Président de Grenoble Alpes Métropole
  • Bertrand Masson – Président de l’Opéra national de Nancy – Lorraine et adjoint à la culture de la Ville de Nancy
  • Alexis Monge – Adjoint à la vie culturelle et aux arts Ville de Grenoble
  • Hervé Morin – Président de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen et de la Région Normandie
  • Jean-Luc Moudenc – Maire de la Ville de Toulouse et Président de Toulouse Métropole
  • Patrick Nicolle – Adjoint à la culture de la Ville de Caen
  • Aristide Olivier – Maire de la Ville de Caen
  • Benoît Payan – Maire de la Ville de Marseille
  • Florence Portelli – Présidente de l’Orchestre national d’Île-de-France, Présidente déléguée de la Région Île-de-France en charge de la culture, du patrimoine, de la création et de la francophonie
  • Philomène Récamier – Adjointe à la Culture de la Ville de Lyon
  • Cécile Renault – Présidente de la MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis
  • Agnès Robin – Adjointe à la Culture de la Ville de Montpellier, administratrice de l’OONMO
  • Arnaud Robinet – Maire de la Ville de Reims
  • Sylvie Robert – Sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Membre du Conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne
  • Johanna Rolland – Maire de la Ville de Nantes, Présidente de Nantes Métropole
  • Laurence Ruffin – Maire de la Ville de Grenoble
  • Florian Sitbon – Adjoint au Maire de la Ville de Paris chargé de la culture
  • Catherine Trautmann – Maire de la Ville de Strasbourg, Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, ancienne ministre de la Culture
  • Rodolphe Thomas – Maire de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair, Vice-président de la Région Normandie
  • Stéphane Troussel – Président du Département de la Seine-Saint-Denis
  • Laetitia Valentin – Adjointe chargée des arts et cultures, Ville de Saint-Étienne
  • Cédric Van Styvendael – Maire de la Ville de Villeurbanne
  • Nicole Yardeni – Adjointe à la Culture, Ville de Toulouse, Présidente de l’Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national

L’actu de la CGT (n° du 10 juillet 2026)

Êtes-vous suffisamment protégé·e au travail lors des fortes chaleurs ?
Avec les fortes chaleurs, les risques pour la santé au travail augmentent.
La CGT met à disposition un calculateur permettant d’évaluer votre exposition au risque en cas de fortes chaleurs et de mieux connaître vos droits en matière de prévention et de protection en période de canicule.
—> Faites le test

Canicule : comment travaillez-vous pendant les fortes chaleurs ?
Comment les fortes chaleurs impactent-elles vos conditions de travail ? La CGT lance une enquête pour recueillir les témoignages des salarié·es et porter leurs revendications en matière de santé et de sécurité au travail.
—> Répondre à l’enquête

Actualités

Canicule et travail : toutes les ressources de la CGT
Les épisodes de fortes chaleurs ne sont plus exceptionnels. Ils transforment durablement les conditions de travail et font émerger de nouveaux risques pour la santé des salarié·es. Pour y faire face, la CGT met à votre disposition un dossier complet : droits, analyses, témoignages, outils syndicaux, FAQ et propositions pour agir dans les entreprises et construire des réponses durables.
—> Accéder au dossier

Feux de forêt : agir avant qu’il ne soit trop tard
Les feux de forêt ne sont plus des événements exceptionnels ni limités à quelques territoires. Avec le dérèglement climatique, les incendies sont plus précoces, plus fréquents et plus intenses. Face à cette nouvelle réalité, la prévention, les moyens de lutte et la protection des populations doivent devenir une priorité des politiques publiques.
—> Lire la suite

Les propositions de la CGT pour protéger les salarié·es
La CGT présente un plan d’ensemble avec des mesures concrètes pour mieux protéger les salarié·es : nouvelles obligations pour les employeurs, renforcement des droits des travailleurs, adaptation des lieux de travail et action contre le dérèglement climatique.
—> Voir les propositions

Des flyers et des affichettes pour faire connaitre l’enquête canicule
Pour faire connaître l’enquête nationale de la CGT sur les conditions de travail pendant les fortes chaleurs, retrouvez une série de flyers et d’affichettes à télécharger, imprimer et partager largement dans les entreprises et les services.
—> Télécharger les visuels

Travailleuses et travailleurs des métiers saisonniers
Toute l’année, la CGT se tient à disposition des travailleuses et travailleurs à travers son réseau d’unions départementales et locales. L’intérêt d’une telle implantation c’est de pouvoir par la proximité être efficaces et présent·es pour répondre aux besoins et sollicitations du monde du travail (accueil, syndicalisation, informations juridiques, réseaux de défenseur·ses syndicaux·les et conseiller·es du ou de la salarié·e).
—> Accéder au dossier

Communiqué de presse

Nomination de François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits : un très mauvais signal pour les droits et les libertés
La CGT exprime sa plus vive inquiétude après l’annonce de la proposition de nomination de François-Noël Buffet à la tête du Défenseur des droits.
—> Lire le communiqué

Comité d’alerte des comptes publics : en pleine crise caniculaire, le gouvernement sabre de nouveaux dans les dépenses sociales
Le comité d’alerte des comptes publics a été convoqué pour la deuxième fois cette année par le gouvernement, à l’occasion d’une grande messe budgétaire de trois heures.
—> Lire le communiqué

Liberté syndicale : les procédures-bâillon doivent cesser
Le 6 juillet 2026 s’est tenue l’audience opposant Gérard Ré, membre du Bureau confédéral de la CGT, à l’entreprise SEPUR.
—> Lire le communiqué

[Prolongation] Commandez votre tasse ou verre Duralex gravé à l’effigie du congrès jusqu’au 10 juillet à minuit
Livraison offerte à celles et ceux qui choisiront de se faire livrer à la confédération.
—> Commandez avant minuit

Bandeau 54e congrès
—> Accéder au dossier

Défilé du 14 juillet 2026. Déclaration du Mouvement de la Paix

À l’occasion du défilé du 14 juillet 2026, le président de la République française devrait inviter en France le président de la Suisse et/ou le président en exercice de l’OSCE, Ignazio Cassis, pour marquer son soutien à la proposition de la Suisse, pays neutre, d’engager un processus diplomatique avec l’OSCE et tous les États européens pour une solution politique au conflit entre la Russie et l’Ukraine.

La France doit mettre tout son poids en faveur d’une solution diplomatique à ce conflit. C’est la seule solution pour stopper l’aggravation de cette guerre qui d’un moment à l’autre peut s’étendre au niveau européen voir mondial avec un risque non négligeable d’aboutir à l’utilisation d’armes nucléaires.

Obtenir un cessez-le-feu, travailler à une solution diplomatique et avancer dans la construction d’une sécurité commune en Europe, voilà les priorités auxquelles devraient s’attacher le Président de la République, le gouvernement et les parlementaires.

Dans ce contexte, le Mouvement de la paix est attentif à toutes les initiatives proposant de construire des issues diplomatiques à cette guerre et estime que la France doit soutenir les propositions portées par la Suisse, État qui depuis le 1er janvier 2026 assure la présidence de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

Or, la Suisse qui, en tant que pays assurant la présidence de l’OSCE a déclaré le 24 février 2026 que « L’OSCE a été conçue comme un lieu de dialogue entre adversaires — non comme un club d’États partageant les mêmes vues. En temps de guerre plus encore, ce dialogue doit rester réel. Il ne peut se réduire à deux monologues parallèles. Telle est l’ambition de la présidence suisse : défendre les principes d’Helsinki et préserver cette plateforme unique de dialogue inclusif. Face au retour des logiques de puissance, nous ne devons pas marginaliser notre organisation ; nous devons la rendre opérationnelle et utile, en y apportant les réformes et le courage nécessaires. La paix exige anticipation et détermination. Il nous appartient, collectivement, de faire de l’OSCE un instrument crédible au service de la paix et de la sécurité en Europe. »

Le ministre des affaires étrangères de Suisse, Ignazio Cassis qui assure actuellement la présidence de l’OSCE, affiche des priorités clairement basées sur les principes d’Helsinki, à savoir la paix durable basée sur la diplomatie multilatérale inclusive, les droits humains et la coopération, le dialogue entre tous les États d’Europe y compris la Russie.

Il propose de relancer l’OSCE comme cadre de sécurité commune de dialogue, de prévention des conflits, de transparence militaire et de contrôle des armements conventionnels. C’est intéressant parce que l’OSCE est précisément l’organisation née de l’Acte final d’Helsinki de 1975, avec l’idée qu’il ne peut y avoir de sécurité durable en Europe sans dialogue, respect des frontières, respect de la souveraineté des États, non-recours à la force, coopération et sécurité commune.

Sans nier le droit de l’Ukraine de se défendre, au lieu de renforcer le caractère militaire du défilé du 14 juillet 2026 invitant des soldats ukrainiens à défiler sur les Champs Elysées, ce qui laisse penser que la France pousse pour une issue militaire, il aurait été plus judicieux que le président de la République française invite à la tribune officielle ou pour une réunion de travail à Paris à l’occasion du 14 juillet le président de la Suisse et/ou Ignazio Cassis qui assure actuellement la présidence de l’OSCE.

Le Mouvement de la paix estime que la France doit agir dans ce sens non seulement au sein de l’OSCE mais aussi en tant que membre du conseil de sécurité des Nations Unies. Elle doit mettre tous ses moyens diplomatiques au service de la construction d’une issue diplomatique.

Monsieur le Président de la République, il n’est jamais trop tard pour bien faire, pour inviter à Paris le Président de la République de Suisse et le président en exercice de l’OSCE et agir pour une issue diplomatique.

Le Mouvement de la Paix, le 9 juillet 2026

Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 10 juillet 2026)

Canicule : quel est votre plan Monsieur le Ministre ?
Question d’actualité au Gouvernement
Ce mois de canicule nous aura rappelé une évidence quand tout brûle, quand tout craque, c’est vers les services publics que la nation se tourne, vers les soignants des urgences saturées, les enseignants des classes surchauffées, vers les sapeurs-pompiers qui affrontent les flammes, vers les (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

Huit ans d’attente, et toujours pas de politique du logement
Projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement
Cela fait huit ans que nous attendons une initiative de l’exécutif pour répondre à la crise du logement ; autant d’années d’initiatives parlementaires pour mettre au cœur de nos politiques publiques le logement.
Nous n’avons pas été entendus, ni les associations, ni les élus locaux. Et ce (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

Logement et climat : les plus modestes paient deux fois
Projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement
Nous examinons ce texte au cours du troisième épisode de canicule que subit notre pays en un peu plus d’un mois. Douloureuse et meurtrière – même si tous les chiffres ne sont pas encore connus – , cette canicule met en lumière deux évidences : ces phénomènes vont se multiplier et nous ne (…)
—> Lire l’intervention de Ian Brossat

Aide à mourir : refuser le débat, c’est refuser d’avancer
Troisième lecture de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir
Cette proposition de loi va au-delà du cadre fixé par la loi Claeys-Leonetti, qui a renforcé le droit aux soins palliatifs et ouvert celui à la sédation profonde et continue.
Il s’agit d’avancées considérables, mais ceux dont le pronostic vital n’est pas engagé à court terme ont été laissés (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

« Que la montagne est belle »… quand on peut encore y vivre
Pour une montagne vivante et souveraine
Dans une chanson, il y a les refrains et les couplets. C’est pour éviter qu’ils ne « quittent un à un le pays pour s’en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nés » que nous examinons cette proposition de loi au titre ambitieux.
La montagne ne saurait être réduite à un paysage : (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Quand la simplification fiscale remplace la justice fiscale
Accord multilatéral sur l’échange des informations GloBE
Que fait cet accord ? Il réduit la charge de conformité des multinationales.
Quarante ans durant, on a simplifié la circulation de leurs marchandises, puis de leurs capitaux ; on simplifie aujourd’hui leur déclaration fiscale, en promesse de contreparties – ici, un impôt minimum mondial de 15 (…)
—> Lire l’intervention de Pascal Savoldelli

Les autres interventions

Lois : Une réforme qui rompt l’équilibre de notre justice pénale
Justice et police – Projet de loi justice criminelle et le respect des victimes – par Ian Brossat – 9 juil. 2026

Affaires sociales : Les maladies cardiovasculaires frappent d’abord les plus modestes
Santé et protection sociale – Stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires – par Silvana Silvani – 9 juil. 2026

Les questions orales : Moins de cadmium dans les sols, plus de sécurité dans nos assiettes
Santé et protection sociale – Question orale au gouvernement – par Pascal Savoldelli – 8 juil. 2026

Les questions orales : Fraude aux résidences secondaires : combien de millions perdus pour les collectivités ?
Budget et fiscalité – Question orale au gouvernement – par Ian Brossat – 8 juil. 2026l

Les questions écrites : La France doit agir pour la paix dans l’Indo-Pacifique pas pour le renforcement des tensions
International – Coopération militaire entre la France et les Philippines – par Marianne Margaté – 7 juil. 2026

Finances : Immobilier de l’État : externaliser ne veut pas dire moderniser
Logement – Moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l’État – par Pierre Barros – 7 juil. 2026

Les courriers officiels : Un dialogue avec les personnels est nécessaire
Justice et police – Contre évolution préjudiciable des critères d’attribution des titres de circulation en zone réservée (TCA) et des certificats de membre d’équipage (CMC) – par Marianne Margaté – 7 juil. 2026

Les communiqués de presse : Outre-mer : changeons de paradigme
Institutions, élus et collectivités – Commission d’enquête du groupe CRCE-K sur les inégalités systémiques en outre-mer – 3 juil. 2026

Affaires sociales : Deux ans d’attente pour les victimes de l’amiante : pourquoi un tel retard ?
Santé et protection sociale – Question écrite au Gouvernement – par Michelle Gréaume – 3 juil. 2026

Compte-rendu du Conseil départemental du 9 juillet 2026

Secrétariat départemental

Il est proposé de reconduire de manière provisoire le secrétariat sortant afin de statuer lors du prochain Comité Départemental en ayant préparé de manière plus approfondie les différentes instances et commission de travail (Accord du CD).

Questions d’actualité

Les incendies qui frappent notre département montrent combien les politiques d’austérité budgétaire pénalisent l’organisation des secours, un communiqué de presse de la Fédération donne notre analyse sur cette situation.

Un débat s’instaure sur le sujet qui confirme que le poids de l’organisation des secours a en grande partie reposé sur les collectivités territoriales. Il a également été souligné que de grands mouvements de solidarité avec les victimes de ces incendies sont partis des habitants.

Il est convenu qu’au-delà du communiqué de presse et d’un éventuel point presse sur le sujet il est important qu’il y ait une expression publique « militante » portée au niveau de nos organisations dans les villes et les villages.

Club Med

Le projet d’implantation de de cet établissement sur la commune du Barcarès se précise. Il apparait que ce projet serait largement subventionné par des apports en capitaux des collectivités territoriales, de la BPI et de l’État. Une première note a été réalisée à ce sujet, elle est jointe à cet envoi ainsi que le projet de protocole tel qu’il a été soumis au Conseil Régional.

Nous souhaitons dénoncer cet apport d’argent public sur un projet qui n’est pas d’intérêt général.

Une discussion s’instaure faisant état d’un accord général avec cette appréciation. Une remarque est faite sur la nécessité de bien travailler notre argumentaire car l’argument de soutien à l’emploi qui justifierait l’injection de fonds publics peut faire illusion dans l’opinion publique.

Il est décidé en conséquence de travailler encore notre analyse, de la partager avec nos différents élus qui vont devoir se prononcer dans les instances où ils siègent, avant de rendre public notre positionnement. À cette fin un groupe de travail est constitué. (Martine Croix, Marie-Françoise Sanchez, Dominique Gerbault, Patrick Cases).

Dans l’attente il est demandé qu’il n’y ait pas d’expression publique prématurée sur ce sujet, de manière à ce que nous coordonnions notre communication efficacement.

Fête du Travailleur Catalan

Un premier bilan très partiel est donné par Dominique Poirot.

D’une manière générale la Fête s’est bien passée en termes d’ambiance et la majorité des stands semble avoir « maitrisé » son activité d’un point de vue financier.

Les débats programmés se sont tenus mais en présence d’une participation parfois limitée.

À ce jour nous comptabilisons un peu plus de 1500 entrées sur les deux jours soit un recul vis-à-vis de 2025. L’équilibre financier ne sera pas atteint.

Il est proposé qu’après la Fête de l’Huma vers le début octobre, une commission très largement ouverte se tienne pour examiner l’évolution nécessaire de la Fête.

Un tour de table est fait montrant que de nombreuses idées d’évolution apparaissent mais qu’il convient de laisser un peu maturer la réflexion pour qu’elle reprenne dans le cadre de la commission et très en amont de la date de la Fête pour pouvoir être suivie d’effet.

Compte-rendu du congrès

Dominique Rumeau déléguée à ce congrès nous donne lecture d’un compte-rendu de celui-ci très circonstancié et argumenté.

Elle précise que le document du congrès a été très enrichi par de nombreuses contributions émanant également de délégués dont la préférence avait porté sur les textes alternatifs.

De ce fait c’est un travail constructif qui a eu lieu et a débouché sur l’élection d’une direction nationale représentative de la diversité du Parti et maintenant sa cohésion.

En raison de l’heure tardive mais aussi de la densité de contenu du compte-rendu, la discussion n’a pas été générale. Il est convenu de vous adresser le nouveau document dès qu’il sera disponible et

d’engager cette discussion dès le début de notre prochain CD.

Situation du Travailleur Catalan

Des camarades auraient souhaité qu’une discussion sur la situation de notre Hebdo ait lieu lors de ce CD.

Cette question étant cruciale elle ne peut pas faire l’objet d’une discussion sérieuse sans qu’une préparation ait été faite en amont. Or faute de temps celle-ci n’a pas eu lieu. Il est proposé que le collectif TC prépare une contribution qui sera débattue dès le prochain CD.

La séance est levée vers 21h.

Prochaine séance du CD le 27 août 2026 à 18h30 avec trois points

  • Discussion sur les suites du 40ème Congrès
  • Devenir du Travailleur Catalan
  • Questions d’actualités

40e Congrès du PCF. Regard sur le congrès de Dominique Rumeau

Dans un premier temps il faut noter la qualité de l’accueil, de l’organisation mise en place par les communistes du Nord et les en remercier. Ce sentiment est partagé par les 3 camarades qui m’accompagnaient. De plus il faut noter que Marie Françoise Sanchez a été réélue au CN.

Ce congrès a accueilli 660 délégués et, 38 membres du CN invités. La doyenne avait 83 ans, et la benjamine avait 17 ans. La moyenne d’âge était de 48 ans, identique au dernier congrès avec une quasi égalité entre les femmes et les hommes. Le taux de prise de parole dans les débats de nos camarades femmes n’a atteint que 20 %. Il nous reste donc du travail à faire sur ce sujet pour atteindre une parité réelle. Toutefois, il faut noter la jeunesse des intervenants et la qualité de leurs argumentaires. Pour la moitié des délégués, c’était leur premier congrès.

Au-delà du travail effectué sur le texte d’orientation et les temps statutaires ce congrès a été jalonné de temps forts avec les invités internationaux, les rapports des présidents de groupes à l’Assemblée Nationale et au Sénat, l’intervention de Fabien Gay qui a présenté le développement numérique de l’Humanité comme un outil indispensable dans la bataille idéologique contre la concentration des médias ou celle de la JC et des vétérans mais aussi celle de Philippe Rio maire de Grigny.

En effet, dès la première journée l’intervention de Vincent Boulet a placé ce congrès sous le signe de l’internationalisme avec l’accueil de 30 délégations de partis communistes amis et du PGE. Il fut marqué par deux moments forts de solidarité internationale. Le premier a porté sur l’exigence de paix au Proche et au Moyen-Orient, avec une intervention de Qasem Awad, représentant de l’OLP et président de l’Alliance internationale pour les droits du peuple palestinien, rappelant la solidarité historique entre le PCF et l’OLP. Mais, aussi avec l’intervention conjointe pour la paix entre les partis communistes d’Israël (Maki), palestinien (Parti du peuple palestinien) et iranien (parti Toudeh d’Iran). Elle a démontré la force de la solidarité internationale pour la paix portée par les communistes. Le second fut le moment de solidarité avec Cuba. Alors que le peuple cubain est étranglé par l’impérialisme états-unien, le congrès a réaffirmé l’engagement du PCF en solidarité avec la révolution cubaine. Avec comme point d’orgue la vidéo de salutations du président Miguel Diaz-Canel . Il s’agit pour nous d’un engagement, celui de renforcer la campagne de solidarité avec Cuba. Cette forte présence internationale dessine l’activité et la mobilisation internationalistes du PCF pour les prochaines années, la nouvelle direction élue au congrès et l’ensemble des communistes.

Regard sur le texte : Un communisme de conquête

Dès le démarrage du congrès nous avons pu constater que la commission du texte a pris en compte de nombreuses contributions (+de 1.400) des différentes fédérations pour enrichir, et structurer ce texte et lui donner une force particulière avec de nombreuses avancées en faveur d’un Parti révolutionnaire.

De plus, grâce au travail des plus de 600 délégués durant de nombreuses heures de débat, ce texte s’est enrichi des dizaines d’amendements adoptés qui n’en ont pas modifié orientation, mais, l’ont au contraire renforcée et rendue plus cohérente.

Ce texte demeure fidèle à son orientation initiale : forger un Parti communiste capable de porter une stratégie révolutionnaire de conquête en s’appuyant sur le monde du travail, les luttes sociales, l’intervention populaire et les périodes électorales.

1. Une stratégie de conquête plus cohérente

Le principal apport du congrès est sans doute d’avoir donné davantage de cohérence à la stratégie communiste.

Le texte affirme avec plus de force que la conquête des pouvoirs par le monde du travail est un processus politique qui s’inscrit dans la durée. Elle repose sur plusieurs démarches :

  • la capacité des communistes à articuler le travail de terrain, avec entre autres, l’intervention dans les entreprises et les quartiers,
  • les luttes sociales et la bataille idéologique,
  • les campagnes nationales du Parti et son renforcement,
  • les conquêtes électorales, l’action des élus et la transformation des institutions.

Chacune de ces dimensions nourrit les autres. Les luttes permettent d’ouvrir des perspectives politiques ; les élections peuvent devenir des points d’appui pour de nouvelles conquêtes ; les campagnes nationales donnent de la cohérence à notre intervention ; les élus contribuent, avec les mouvements sociaux, à construire des rapports de force favorables au monde du travail. C’est cette vision d’ensemble qui donne aujourd’hui toute sa cohérence au texte adopté.

2. Le travail et la conscience de classe au cœur du projet communiste

Le congrès renforce considérablement la place du travail. Le texte développe davantage les transformations contemporaines du salariat, le travail empêché, la perte de maîtrise du métier, la fragmentation des collectifs de travail et leurs conséquences sur le recul de la conscience de classe.

Il affirme avec plus de force que la reconstruction d’une conscience de classe constitue aujourd’hui la condition pour reconstruire une majorité populaire capable de transformer la société. Cette centralité du travail irrigue désormais l’ensemble du projet communiste. Toutefois, la terminologie de « Classe Travailleuse » a été rejeté par 70 % des voix le choix se portant sur « monde du travail et de la création » comme dénomination transitoire et le congrès mandate la direction nationale pour instruire le débat sur la qualification de notre base sociale.

3. Une stratégie renforcée face à l’extrême droite

Le congrès approfondit sensiblement l’analyse sur l’extrême droite.

Le texte montre plus clairement que le Rassemblement national n’est pas une simple force protestataire mais une force politique au service du capital, qui prospère sur la désindustrialisation, le recul des services publics, la précarité et l’affaiblissement de la conscience de classe.

Il affirme qu’aucune réponse purement morale ou électorale ne permettra de la faire reculer durablement. Le combat contre l’extrême droite passe par la reconstruction de solidarités populaires, le développement des luttes, la réindustrialisation du pays, le renforcement des services publics, la reconstruction d’une conscience de classe, une bataille idéologique et culturelle intense avec l’identification des idées de Gauche.

Cette approche constitue l’un des enrichissements majeurs du texte.

4. Une candidature communiste au service d’une stratégie de conquête

Le congrès clarifie également la stratégie présidentielle.

La candidature communiste n’est pas conçue comme une candidature de témoignage ou d’affirmation identitaire.

Elle devient un outil de reconstruction politique permettant de remettre le travail au cœur du débat public, de faire progresser la conscience de classe, de renforcer les luttes, de développer le Parti et de créer les conditions d’un rassemblement populaire capable de battre durablement la droite et l’extrême droite.

Le texte affirme également que les communistes doivent conserver collectivement la maîtrise de leurs choix stratégiques afin d’adapter leur intervention à l’évolution du rapport de forces.

5. Le socialisme réaffirmé comme perspective

Le congrès renforce également la visée communiste du texte. Les conquêtes immédiates proposées par le Parti ne sont pas présentées comme une simple succession de réformes mais comme les étapes d’un processus de transformation révolutionnaire.

Le texte réaffirme que le dépassement du capitalisme passe par la conquête de nouveaux pouvoirs, l’appropriation sociale des grands moyens de production et d’échange, l’extension de la démocratie à tous les domaines de la société et la construction d’une société socialiste ouvrant la voie au communisme. Cette articulation entre réponses immédiates aux besoins populaires et perspective d’émancipation constitue l’une des avancées importantes du texte adopté. Ainsi, la notion de « socialisme » comme phase du projet communiste est officiellement adoptée dans nos écrits. Cette notion est définie par le triptyque « nationalisation, planification, socialisation », lui confère un réel caractère révolutionnaire. Il est à noter que cette adoption s’est faite en réfutant le qualificatif « aux couleurs de la France ».

6. Une République d’égalité réelle et d’émancipation

Le congrès renforce profondément la conception communiste de la République. La République n’est pas seulement envisagée comme un cadre institutionnel. Elle est affirmée comme un projet d’émancipation démocratique, sociale, laïque, universaliste, féministe et écologique, permettant à chacune et chacun d’exercer pleinement ses droits et ses pouvoirs.

Le texte développe plus largement l’exigence d’une égalité réelle, en renforçant la lutte contre toutes les discriminations –qu’elles soient liées au sexe, à l’origine, à la situation de handicap, à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre– dans une conception universaliste de la République qui refuse aussi bien les discriminations que les assignations identitaires.

Il enrichit également les propositions concernant les droits des personnes étrangères, en réaffirmant que les travailleurs immigrés font pleinement partie du monde du travail et que l’égalité des droits constitue une condition de l’unité populaire. La lutte contre le racisme, l’antisémitisme, les discriminations et toutes les formes de division est ainsi pleinement intégrée à notre stratégie de transformation sociale.

Le congrès a aussi approfondi la question féministe en la liant avec la conscience de classe, la structuration d’une base sociale et la nécessité révolutionnaire. Le texte d’orientation, avec l’avis favorable de la commission du texte, a d’ailleurs adopté la formule selon laquelle « notre féminisme s’inscrit dans l’héritage du mouvement ouvrier et du marxisme. Il articule trois exigences […] : une mobilisation massive des femmes du monde du travail, la remise en cause de la division sexuée du travail et de l’assignation au travail reproductif, et la transformation de l’ordre social existant ».

Il renforce non seulement la dimension féministe du projet communiste et sa compréhension du monde par ce prisme, en articulant plus clairement le combat contre le patriarcat au combat de classe, mais aussi les propositions relatives à la protection de l’enfance, désormais reconnue comme une responsabilité majeure de la République sociale.

Enfin, cette République d’égalité réelle ne saurait être pleinement démocratique sans l’extension de la citoyenneté au monde du travail. Le texte réaffirme ainsi la nécessité de nouveaux pouvoirs des salariés, des usagers et des citoyens, ainsi que le rôle essentiel des communes, des départements et de la souveraineté populaire dans la construction d’une République véritablement démocratique.

7. Le Plan climat et une nouvelle industrialisation

Le texte adopté reconnaît pleinement le Plan climat Empreinte 2050 comme une production majeure du Parti.

La transition écologique est davantage articulée aux questions industrielles, aux services publics, à la planification écologique et à la satisfaction des besoins humains.

Le congrès confirme que la réponse à la crise climatique suppose une nouvelle industrialisation, une maîtrise publique des grands secteurs stratégiques et une transformation profonde du mode de production. Le Plan climat Empreinte 2050 irrigue tout le texte de notre congrès.

8. La Sécurité sociale réaffirmée comme conquête révolutionnaire

Les débats ont également renforcé la place de la Sécurité sociale.

Le texte insiste davantage sur la cotisation sociale, les droits nouveaux des travailleurs, le financement solidaire de la protection sociale et la démocratie dans sa gestion.

La Sécurité sociale apparaît ainsi comme l’une des plus grandes conquêtes du mouvement ouvrier et un point d’appui essentiel pour de nouvelles avancées sociales.

9. Une politique internationale plus ambitieuse

Le congrès renforce également la cohérence de notre politique internationale.

Le texte développe une conception exigeante de la paix fondée sur le droit international, la souveraineté des peuples et les coopérations internationales.

Il affirme avec plus de force :

  • Une politique étrangère indépendante ;
  • La sortie de l’OTAN comme première étape vers un système de sécurité collective ;
  • Le refus de la militarisation de l’Union européenne ;
  • Le lien entre économie de guerre, austérité et remise en cause des services publics ;
  • Le développement d’une campagne permanente pour la paix et l’autodétermination des peuples.

Le nouveau Conseil national (CN) sera enfin mandaté pour travailler sur notre positionnement vis-à-vis de l’Union européenne en lien avec les prochaines élections européennes de 2029. Une question épineuse certes, mais qui doit être traitée pour développer une position stratégique audible, quelle qu’elle soit.

La solidarité avec le peuple palestinien, Cuba et l’ensemble des peuples engagés dans la lutte pour leur souveraineté est également renforcée.

10. Un Parti mieux organisé pour mener les batailles

Enfin, le congrès renforce considérablement la réflexion sur l’organisation du Parti.

Le texte insiste davantage sur :

  • Le développement des cellules ;
  • La réimplantation dans les entreprises pour être mieux le Parti des travailleurs ;
  • Les campagnes nationales avec 3 campagnes structurantes
  • Pour une nouvelle industrialisation, agriculture, et le développement des services publics
  • Pour la paix, l’autodétermination des peuples et un nouvel ordre économique mondial
  • Pour la neutralité carbone en 2050 se structurant autour du « plan climat »
  • La formation politique et idéologique ;
  • Le développement financier pour garantir son autonomie tant idéologique que fonctionnel ;
  • La communication ;
  • Le lien avec les élus ;
  • Le travail avec la jeunesse.

L’organisation n’est plus considérée comme une question technique mais comme une condition de la mise en œuvre de notre stratégie.

En conclusion

Malgré les divergences fortes qui ont animé les débats, avant le congrès, entre les tenants du texte proposé par la direction et ceux des textes alternatifs que l’on a, aussi, pu ressentir dans diverses interventions, le parti a tenu. Il me semble que chacun a pu faire preuve de responsabilité. D’abord en enrichissant la mouture initiale du texte « Communiste de Conquête » pour les uns ensuite en ne présentant pas de liste alternative pour le CN. Ce CN resserré dont les nouveaux membres 162 intègrent plusieurs représentants des 3 textes alternatifs montre que nos points de convergences sont plus forts. Maintenant au-delà de cette approche nationale c’est à nous sur le terrain de redonner de la force à notre parti en nous appropriant nos propositions et en les portants auprès du plus grand nombre.