Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 19 juin 2026)

« En attaquant le 1er mai, vous brisez le contrat social »
Travail des salariés le 1er mai des salariés volontaires des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes
Le débat qui s’engage relève de l’obsession antisociale.
Chacun a en tête le parcours chaotique du texte du groupe Union Centrise dont l’objectif était clair : porter un dernier coup au mouvement social avant l’élection présidentielle, après l’oukase de la réforme des retraites. Pourtant, les (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Pourceau-Poly

Le 1er mai n’est pas à vendre
Travail des salariés le 1er mai des boulangers-pâtissiers artisanaux et artisans fleuristes
Cette nouvelle attaque contre le 1er mai s’inscrit dans une offensive plus large, méthodique et acharnée. Hier, François Bayrou voulait supprimer deux jours fériés.
Hier, la majorité sénatoriale a voulu allonger la durée annuelle du travail de sept à quatorze heures. Une proposition de loi de (…)
—> Lire l’intervention de Céline Brulin

Allez-vous laisser le parlement décider du budget de la France pour 2027 ?
Question d’actualité au Gouvernement
Depuis début mai, douze questions d’actualité ont été posées au gouvernement sur la loi de finances 2027. D’aucun, sur ces bancs, n’a été satisfait de vos réponses.
Les trois groupes de gauche du Sénat, Communiste-Kanaky, Socialiste, Ecologiste, vous ont interrogé sur la nécessité d’un projet (…)
—> Lire l’intervention de Pascal Savoldelli

« Les difficultés ultramarines relèvent d’inégalités systémiques »
Adaptation du droit des outre-mer
Cette proposition de loi part d’une ambition juste : adapter le droit aux réalités des territoires ultramarins. L’égalité réelle ne peut procéder de l’application uniforme des mêmes règles. Adapter le droit aux outre-mer n’est pas une faveur, mais une condition de cette égalité.
Le texte (…)
—> Lire l’intervention d’Évelyne Corbière Naminzo

L’Europe sous l’influence du complexe militaro-industriel
Le Conseil européen débattra du budget de l’Union pour la période 2028-2034. Pour la France, les implications sont considérables. De fait, notre contribution annuelle pourrait passer de 26 à 36 milliards d’euros, voire 42 milliards si les nouvelles ressources propres ne produisent pas les effets (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

« L’information n’est pas une marchandise comme les autres »
Renforcer l’effectivité des droits voisins des éditeurs et des agences de presse
Nous parlons d’économie, mais aussi de démocratie. Ceux qui produisent l’information peinent à vivre de leur travail, alors que les grandes plateformes captent une part croissante de la valeur des contenus de presse.
Les réseaux sociaux, les moteurs de recherche, les agrégateurs (…)
—> Lire l’intervention de Jérémy Bacchi

De l’arrachement à la réparation : justice pour les enfants réunionnais
Réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs de La Réunion
Cette proposition de loi est le résultat d’un combat, long, douloureux, vital, d’enfants réunionnais victimes de déplacements forcés orchestrés par l’État français alors qu’ils étaient sans défense et parce qu’ils étaient pauvres.
Entre 1962 et 1984, 2 015 enfants ont été arrachés à leurs (…)
—> Lire l’intervention de Évelyne Corbière Naminzo

La peur ne fait pas une politique publique
Renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat
La CMP a trouvé un accord, dont acte. Ce texte portait sa conclusion dès sa genèse : un compromis sur des mesures inefficaces et attentatoires aux libertés fondamentales.
De cette proposition de loi dépourvue d’étude d’impact, la CMP n’a levé aucun des risques d’inconstitutionnalité. (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

« Pour un grand service public de l’énergie, Groupe Énergie de France »
Relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité
Enfin, nous sortons de dix ans d’attente qui ont mis en péril notre parc hydroélectrique, menacé d’être vendu à la découpe.
Enfin, nous aboutissons à un compromis, alors que la souveraineté énergétique, la sécurité des approvisionnements, le développement des énergies renouvelables et le (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

Un nouvel élan pour le sport français à Vichy
Expérimentation d’une gouvernance territoriale unifiée pour le Creps de Vichy
Ce texte, d’apparence technique, est l’aboutissement de plusieurs mois de travail entre les acteurs. Le Creps joue un rôle national essentiel ; il nécessite une solution pérenne pour perdurer encore pendant plusieurs décennies.
Ce texte ne procède ni à un démantèlement ni à une privatisation (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Spécial bilan 2023-2026
Série 2 – Élections sénatoriales du 27 septembre 2026
Des analyses, des réactions et des propositions. Quand la chambre haute se hisse au niveau des attentes populaires et des élus locaux ! Retrouvez le bilan du groupe CRCE-K dans le numéro spécial de notre magazine.
—> Lire l’intervention

Train : les défenseurs de retour sur les rails (L’Indép)

L’association Osons le rail, qui milite pour la réactivation de la ligne de transport de voyageurs Céret-Le Boulou-Elne, en plus du fret, organise une opération symbolique, ce samedi.

La réouverture de la ligne ferroviaire Céret-Le Boulou-Elne au trafic voyageurs continue de mobiliser l’association Osons le rail, engagée, depuis plusieurs mois, dans une campagne de sensibilisation sur ce sujet. Après une série d’initiatives, déjà menées -distributions de tracts, rassemblements devant la sous-préfecture, opérations de nettoyage symbolique de portions de voie- les membres de l’association entendent poursuivre la dynamique.

« Un TER fictif »

En partenariat avec la CGT, une nouvelle action est annoncée, ce samedi 20 juin Il s’agira de faire circuler un TER fictif entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et Céret. Le rendez-vous est fixé, à 10h30, au niveau du butoir, en bout de voie, le long de la route d’Aubiry (parallèle à la D115). Cette initiative se veut, avant tout, symbolique, avec pour objectif de maintenir l’attention sur un dossier que ses défenseurs estiment toujours d’actualité et qui répond, selon eux, à plusieurs enjeux : amélioration des déplacements du quotidien, réduction de la dépendance à la voiture individuelle et développement d’alternatives de transport plus durables. Déterminée, Osons le rail entend poursuivre ses actions, dans les prochains mois, afin de maintenir « la pression » autour de ce dossier. Tout en s’appuyant sur le soutien des élus et des collectivités locales.

M. C.W. (L’Indépendant, le 19 juin 2026)

Adel Bakawan. « C’est la capitulation de Donald Trump » (La Maseillaise)

La signature officielle du protocole d’accord entre la République islamique d’Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre doit se tenir, dans la journée, dans un hôtel de luxe en Suisse. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a fait savoir qu’il ne viendrait pas. La venue du négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et du vice-président américain JD Vance avaient été annoncées en début de semaine, mais aucune information n’a filtré depuis. Le président américain tente, lui, de défendre ce texte face au scepticisme dans son pays. Faut-il s’attendre à un nouveau revirement ?
Franco-irakien, Adel Bakawan est chercheur associé au Programme Turquie/Moyen-Orient de l’Ifri et directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa (Eismena).

La Marseillaise : Quels sont les points à retenir dans cet accord ?

Adel Bakawan : Tous les éléments qui sont considérés comme urgents et importants. L’urgence, c’est le détroit d’Ormuz, les avoirs iraniens gelés, les sanctions primaires et secondaires sur la République islamique d’Iran et, bien évidemment, la guerre qui doit s’arrêter immédiatement, pas seulement entre l’Iran et les États-Unis, mais aussi sur tous les fronts, notamment au Liban. Les points importants sont ceux qui concernent l’avenir du programme atomique iranien et des 440 kilos d’uranium enrichi. Des points sur lesquels nous n’avons aucune précision, aucun détail et dont les négociations sont reportées dans 60 jours. Cette période est prolongeable de manière illimitée. Ça pourrait donc aller jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump et il pourrait laisser ce dossier, après son départ, à celui ou celle qui arrive après lui.

La Marseillaise : Sur ces seuls éléments, peut-on dire que l’Iran est vainqueur ?

Adel Bakawan : Le 6 mars 2026, Donald Trump dit la chose suivante : « Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran autre qu’une capitulation sans conditions ! » Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on a comme accord ? Est-ce que Donald Trump a récupéré le programme atomique iranien ? La réponse est non. Est-ce que les Iraniens lui ont livré les 440 kg d’uranium enrichi ? Non. Les Iraniens ont-ils fourni leur programme balistique à l’administration américaine ? Non. Est-ce qu’ils ont coupé leurs liens, soutiens financier et militaire aux proxys qui sèment la terreur au Moyen-Orient : le Hezbollah, les houthis, les milices irakiennes, le Hamas, le Jihad islamique etc. ? Non, ce n’est absolument pas abordé. En revanche, est-ce que les Iraniens ont obtenu la levée du blocus américain sur le détroit d’Ormuz ? Oui, bien sûr, immédiatement. Autrement dit, les Américains ont donné l’occasion aux gardiens de la Révolution islamique de récupérer, sans péage, sans frais de service, juste par la vente du pétrole et des produits pétrochimiques 100 milliards de dollars par an. Est-ce que les Iraniens vont avoir accès à la totalité de leurs avoirs gelés ? La réponse est oui. Verront-ils la suppression de toutes les sanctions non seulement américaines mais aussi des Nations unies ? Oui. C’est la capitulation de Donald Trump. Et oui, clairement, les Iraniens ont gagné.

La Marseillaise : De qui proviendront ces 300 milliards de dollars du plan visant à reconstruire le pays ?

Adel Bakawan : Les États-Unis disent que ça ne proviendra pas d’argent public mais privé. Au moins 100 milliards de dollars devraient provenir d’entreprises américaines, européennes et golfiennes qui seront sollicitées. On mettra des centaines de milliards de dollars à la disposition des gardiens de la Révolution, une organisation qu’on a considérée comme terroriste il y a quelques mois.

La Marseillaise : Comment expliquer que tous les États du G7 aient salué ce texte ?

Adel Bakawan : Tous les pays du G7 saluent cet accord parce que tout le monde souhaite la fin de cette guerre. Ce ne sont pas eux qui perdent contre l’Iran. Au contraire, ils ne sont absolument pas mécontents de cet accord, de cette capitulation de Donald Trump. Il a maltraité la totalité des chefs d’État du G7, des pays européens et arabes, puis désormais, le Premier ministre israélien. Tous les médias au monde vont monter en puissance pour aborder la capitulation de Donald Trump. Avec cet accord, on enterre ce Donald Trump historique qu’on a connu jusqu’à aujourd’hui. C’est la fin, plus personne n’a peur de lui. Tout le monde a compris que c’était un homme avec une grande gueule qui a la main qui tremble. Les États du Moyen-Orient qui avaient acheté avec des milliards de dollars le parapluie sécuritaire américain se voient dans l’obligation à la fois de négocier individuellement avec les Iraniens parce que Téhéran a parfaitement réussi à fracturer les pays du Golfe, et à chercher d’autres alternatives.

La Marseillaise : En janvier, Trump avait appelé les Iraniens à poursuivre leur mobilisation. Puis, le peuple a subi les bombardements israélo-américains et le régime s’est renforcé. C’est le grand perdant ?

Adel Bakawan : Avant la guerre, il y avait une marge de manœuvre pour manifester. Il y avait à la fois les ayatollahs qui modéraient l’action des Pasdaran et des modérés étaient arrivés au pouvoir comme le président Massoud Pezechkian. Désormais, les gardiens de la Révolution pensent que grâce à eux l’Iran a gagné la guerre et donc doivent avoir le dernier mot sur tout. Le régime s’est militarisé et va probablement se brutaliser davantage. La première victime sera le peuple iranien et tous les autres peuples de la région, les Arabes, les Israéliens, les Kurdes, les Turcs, qu’on a jetés dans les bras des gardiens de la Révolution.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 19 juin 2026)

« C’est une urgence absolue »… Après la mort de Lyhanna, des parents d’élèves de Perpignan agissent pour « faire bouger les choses » (L’Indep)

Depuis le 10 juin 2026, Ana Espinosa et l’association des parents d’élèves de l’école Jean-Jacques-Rousseau à Perpignan ont créé un carnet d’activités pour sensibiliser les familles à la prévention des violences sexuelles.

« Mon corps m’appartient ». C’est le nom du carnet d’activités mis en place par l’association des parents de l’école Jean-Jacques-Rousseau à Perpignan. Dans ce cahier d’une vingtaine de pages, des jeux informent les enfants sur leur corps et leur droit à l’intimité. Ana, une mère de deux enfants, est à l’initiative de ce carnet. « Il y a plusieurs années, j’ai assisté avec mon fils de 4 ans à une pièce de théâtre sur la prévention des violences sexuelles, au Mexique. À la suite de cette pièce de théâtre, j’ai fait une formation pour les parents sur la prévention des violences sexuelles. Ça permet d’apprendre à commencer à aborder le sujet avec des enfants. »

L’apprentissage par l’action

L’idée est donc claire : apprendre aux enfants comment réagir sous forme d’activités. « Vu que les enfants apprennent par le jeu, la façon la plus ludique de commencer à leur parler des violences sexuelles, c’est justement de faire des cahiers d’activités », explique Ana. Des systèmes ingénieux permettent de ne pas terrifier les enfants : un feu tricolore pour expliquer les parties intimes du corps, un labyrinthe qui mène vers des personnes de confiance, des mots croisés et enfin, un certificat qui félicite les enfants d’être allés jusqu’au bout du carnet. « Je pense que quand on fait réfléchir l’enfant par lui-même, c’est plus facile pour lui qu’il prenne ensuite des décisions », explique la créatrice du carnet.

Depuis sa création, il connaît un véritable succès : « Quand des parents utilisent cet outil, c’est aussi qu’ils sont un peu perdus pour savoir comment aborder cette question. Pour l’instant, on a eu de très bons retours, je suis contente ».

Une situation trop taboue

Selon Ana Espinosa, beaucoup de parents ne parlaient pas de ce sujet avec leurs enfants. « On a envie de les protéger de tout ce qu’il y a de plus difficile et moche dans le monde et donc, on évite de leur parler du sujet. Mais je me rends compte qu’en fait, on ne les protège pas du tout, parce qu’on est en train de faire comme si le problème n’existait pas. Les enfants sont donc encore plus vulnérables ».

Ce malheureux constat, la mère l’a souligné depuis la mort tragique de Lyhanna. « J’ai vu beaucoup de monde étonné que ça puisse arriver, même près d’ici, parce que Perpignan n’est pas très loin du Gers. Je me suis alors rendu compte que beaucoup de parents avaient tendance à éviter de penser à ça parce qu’ils ne veulent pas être confrontés à l’impensable ».

Depuis la mort de la jeune fille de 11 ans, cette mère et l’association de Jean-Jacques-Rousseau sont déterminées à agir « pour faire bouger les choses ». Pour eux, « c’est une urgence absolue. Parce qu’avant que cette petite fille ne se fasse tuer, il y avait beaucoup d’enfants, et il y en aura encore beaucoup qui se font agresser sexuellement ».

Ils espèrent donc maintenant pouvoir également aider de nombreuses familles, qui pourraient prévenir le danger avant qu’il se produise.

Noémie Becamel (L’Indépendant, le 18 juin 2026)

Le carnet est disponible gratuitement à cette adresse. Elle figure aussi dans la bio du compte Instagram de l’association @ape.jjrousseau66

Vernet-les-Bains. Conseil municipal : mêlée, balle au centre (L’Indep)

Ils sont 15, comme au rugby, en deux équipes inégales. Comme au rugby, il y a le public, 16e joueur. Ici, silencieux le temps des débats. Même silencieux, il ne peut s’empêcher de réagir par des soupirs, brouhahas, mouvements et regards. Sa seule présence influence inconsciemment la tenue des équipes.

1re mi-temps, on déroule comme à l’entraînement. Une contestation, le compte rendu est « infidèle et incomplet » pour les uns, « strictement objectif » pour les autres. On s’observe, mais le public, déjà, réagit discrètement. Voté à 12 contre 3. Tableau des effectifs, conventions, reprise du « casot », commission sur les impôts directs, subvention au Téléthon…

2e mi-temps. Modification de l’éclairage public : Une décision doit être prise. « Modifiable à tout moment selon les vœux de la population ». Première tension, 1 abstention. Fonds alloués aux élus pour leurs formations. « C’est la loi ! » annonce Pierre Serra le maire. « On n’en a jamais eu besoin » dénonce l’opposition. Légalité contre pragmatisme, le public bouge. 2 voix contre. Vente d’un véhicule hors norme qui ne roule qu’avec des solutions non pérennes. Pour : « C’est la loi » ; contre : « Mais maintenant il va manquer un véhicule ! » Voté cependant à l’unanimité. Modification des règles de fonctionnement du marché et des coûts des emplacements. Pour : « C’est la loi et ça leur coûtera moins cher » ; contre : « Ils ne payaient déjà pas l’hiver ! »

Dans le public, des commerçants. Ils ont l’arbitrage vidéo et les replays, ça fait réagir le public. Voté avec 3 abstentions. Tarifs du nouvel enfeu au cimetière. Revenant à 1 914 euros les concessions seront vendues 1 700 euros. « On ne peut pas vendre à perte » ; contre « on a vérifié, c’est légal ». 3 votes contre.

3e mi-temps. Sécurité du village, des personnalités perturbatrices sont prises en charge pour un suivi médical. Et le public peut enfin « dire ses mots » passant parfois par-dessus ceux qui n’ont alors plus l’exclusivité de la parole. Voirie, sécurité, éclairage, marché. Tout y passe ou y « re-passe », avec précisions, témoignages, principes mais aussi ressentis, difficultés, envies, espoirs. Il y a de l’écoute et des clarifications, des explications de priorités, de moyens, etc…

Comme au rugby, si le jeu continue sans que la mêlée ne se relève, la présence « active » du public permet de faire comprendre qu’il n’est pas dupe entre demi-vérités qui ne sont pas des mensonges et demi-mensonges qui ne sont pas des vérités. C’est la démocratie qui fonctionne mais au rugby, les joueurs, par respect de ce même public, restent sur le terrain jusqu’au départ de tous.

Daniel Capdet (L’Indépendant, le 18 juin 2026)

L’édito du Travailleur Catalan par Évelyne Bordet « Taisez-vous ! »

Non, Monsieur Macron, nous ne nous tairons pas. Nous refusons de faire silence sur vos renoncements et vos responsabilités.

Lyhanna est morte parce que le système judiciaire a failli. Elle est morte parce que, depuis près de dix ans, votre politique démolit méthodiquement les tribunaux, affaiblit les commissariats, épuise les hôpitaux, abandonne l’école et étouffe les services sociaux. Ce drame n’est pas un accident isolé : il est le produit direct de votre aveuglement. Maélys, Estelle, Fiona, Marina, Typhanie, Enzo, Aliya, Dylan, Jason, Elias, Grégory et tant d’autres révèlent une vérité insupportable : la France que vous gouvernez n’a pas su protéger ses enfants.

Nous ne nous tairons pas, parce que vos choix politiques montrent un cynisme assumé. Les chiffres suffisent à vous accuser : 5 € par habitant pour la justice, 751 € par citoyen pour les dépenses militaires.

Ces écarts ne relèvent pas d’un choix budgétaire : ils constituent un acte d’abandon politique. Votre déni saute aux yeux et vous rend illégitime à exiger quoi que ce soit du Peuple français.

Votre ministre de la Justice passe ses journées à éructer, dans les médias, un discours sécuritaire, répressif et accusateur. À force de saturer l’espace public de postures martiales, sa parole ne convainc plus personne.

À cette indécence s’ajoute la violence infligée aux victimes et à leurs familles. Elle ne répare rien, elle aggrave encore le discrédit d’un pouvoir qui hausse le ton quand il a manifestement renoncé à protéger.

Le vide sidéral du discours ministériel, ajouté à votre injonction présidentielle au silence, ouvre un espace politique aux thèses les plus sordides.

Surenchère punitive, castration voire peine de mort : ces dérives prospèrent là où le pouvoir abdique sa responsabilité, mettant ainsi en danger notre démocratie.

Nous continuerons donc à crier pour exiger que l’État protège ses enfants. Ce pays tient malgré vous, contre vous !

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4121 – vendredi 19 juin2026)

L’édito d’Évelyne Bordet. « Taisez-vous ! »
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Perpignan. Fin de la grève au collège Camus (L’Indep)

Hier en fin de matinée, après avoir été reçus à l’inspection académique, les professeurs du collège Camus, en grève depuis lundi matin, ont annonce qu’ils avaient obtenu le maintien du demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) dont le rectorat leur avait annoncé la suppression pour la rentrée prochaine. Les enseignants reprennent le travail ce mercredi matin.

« On a ce qu’on voulait ! » Ce mardi ma-tin, peu avant 11 heures, la délégation d’enseignants qui a été reçue à l’inspection académique est sortie des locaux perpignanais de cette dernière sous les applaudissements des grévistes.

Les représentants des personnels ont finalement obtenu le maintien à temps plein de leurs deux conseillers principaux d’éducation à la rentrée prochaine. « Le demi-poste de conseiller principal d’éducation dont le rectorat nous avait annoncé la suppression est finalement renouvelé pour un an et un quart de poste d’assistant d’éducation (un surveillant, NDLR) nous est attribué du 1er octobre 2026 au 19 février 2027 », détaille l’une des porte-paroles des professeurs du collège. Ces derniers demandaient également l’augmentation du temps de présence sur l’établissement d’une assistante sociale et d’une psychologue. Sur ce point, ils sont toujours dans l’attente d’une décision. Leur principale revendication ayant été satisfaite, les grévistes n’en ont pas moins décidé de reprendre le travail dès ce mercredi matin. « Cependant, pour l’heure, ce demi-poste de CPE, c’est juste pour un an. L’objectif est qu’il soit pérennisé. Nous resterons vigilants l’an prochain », souligne le collectif des enseignants.

À la sortie de l’audience, les représentants des syndicats Snes-FSU et SE-Unsa qui ont accompagné les personnels lors de l’entretien ont salué une « mobilisation exemplaire », qui a permis « de débloquer en très peu de temps une situation particulièrement inconfortable ». Des responsables du Snalc, de la CGT et de Sud étaient également venus témoigner leur soutien aux personnels mobilisés. Tout comme la vice-présidente du conseil départemental Françoise Fiter, qui siège au conseil d’administration du collège Camus.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 17 juin 2026)