Crise mondiale du pouvoir d’achat, l’alerte du FMI (L’Indep)

Les hausses des prix de l’énergie et des produits alimentaires devraient devenir plus fréquentes.

Les flambées des prix des produits alimentaires et de l’énergie devraient devenir plus fréquentes et menacent la stabilité économique, alerte le Fonds monétaire international (FMI), dans un rapport publié mardi, appuyé sur l’examen de trois décennies de stratégies déployées par les gouvernements pour atténuer l’inflation.

Les fortes hausses des prix des produits de première nécessité, pourtant historiquement rares à l’échelle mondiale, sont devenues une source récurrente de tensions économiques et sociales depuis cinq ans, notamment en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 et de la guerre au Moyen-Orient depuis fin février.

En l’espace de trois ans, entre 2021 et 2024, 23 millions de personnes supplémentaires sont passées ainsi sous le seul d’extrême pauvreté, précise le FMI qui pointe une « détérioration durable » du pouvoir d’achat des ménages au niveau mondial.

Les pays en développement sont confrontés, eux, a une crise grave, compte tenu de l’effet combiné de la hausse des prix du pétrole, des niveaux d’endettement élevés, de l’augmentation des coûts d’emprunt et de l’impact attendu du phénomène climatique El Niño, qui pourrait être d’une ampleur exceptionnelle cette année.

La double peine pour les consommateurs

« Cela survient à un moment où la croissance globale dans les pays à faible revenu est à son plus bas niveau historique, elle a considérablement ralenti », souligne Shantayanan Devarajan, professeur à l’Université de Georgetown aux États-Unis. Cet ancien économiste de la Banque mondiale exhorte les gouvernements à instaurer sans tarder des réformes visant à stimuler la croissance et à limiter les dommages causés par la guerre au Moyen-Orient. « Comme on dit, il faut réparer son toit quand le soleil brille », explique-t-il, « quand la crise éclate, il est presque trop tard pour déployer ces mesures et l’opposition sera très forte. » Or de nouveaux nuages s’amoncellent à l’horizon. La guerre en Iran devrait porter l’inflation mondiale à 4,7 % cette année, selon les calculs du FMI, contre 4,1 % en 2025. « Nous constatons que les prix des produits de première nécessité, par rapport à ceux des autres biens, continuent d’augmenter (…) et restent durablement élevés, indique le Fonds monétaire international. Les consommateurs subissent ainsi non seulement une flambée temporaire des prix de l’alimentation et de l’énergie, mais aussi une détérioration durable de l’accessibilité financière des produits de première nécessité par rapport aux autres biens. »

Les crises du coût de la vie vont donc se multiplier, en accentuant la pauvreté, prévient le FMI.

L’Indépendant, le 7 octobre 2026

Contestation lycéenne. La mobilisation prend de l’ampleur, l’exécutif en quête d’une sortie de crise (L’Indep)

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont défilé, mardi, à travers la France, mettant le gouvernement sous pression.

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont battu le pavé, mardi, lors de la nouvelle journée de mobilisation des lycéens. Un mouvement qui gagne le pays avec le renfort des syndicats (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, SUD), comme de l’opposition de gauche (PS, PCF, LFI) et inquiète désormais le chef de l’État qui a pris en main la gestion du dossier.

Pour l’acte III de la contestation, jeunes, parents et professeurs ont défilé ensemble dans toute la France, mettant le gouvernement sous pression avec une mobilisation qui prend de l’ampleur. Ils étaient 256 000 personnes dans les nues, ce mardi, dont 56 000 à Paris, selon le ministère de l’intérieur. Les organisations lycéennes et étudiantes (USL, Fage, Union étudiante, Unef) revendiquent, elles, 450 000 manifestants, dont 100 000 dans la capitale. 10000 personnes ont également fait également leur colère à Montpellier, près de 2 000 a Nimes, entre 1 800 et 2 500 à Perpignan, plusieurs centaines dans les rues de Narbonne et Carcassonne.

Selon le ministère de l’Éducation nationale, les cours étaient suspendus dans le même temps dans 891 lycées, totalement ou partiellement, sur un total de 3 700 établissements.

La journée a également été émaillée de nouveaux heurts et affrontements. 488 personnes ont été interpellées et 43 membres des forces de l’ordre blessés.

Sous le feu des critiques, le Premier ministre Sébastien Lecomu a défendu, mardi, à l’Assemblée nationale, la nécessité de maintenir l’ordre face aux violences, accusant LFI de « souffler sur les braises » et de « bordéliser » le pays à l’approche de l’élection présidentielle. « Depuis dix-huit jours, vous jouez le pourrissement et déchainez une répression inédite contre les manifestants », a rétorqué Mathilde Panot, la cheffe de file des députés LFI, en réclamant comme le PS, l’interdiction de l’usage « d’armes mutilantes ».

La Commission nationale consultative des droits de l’homme pointe, elle aussi, un « recours disproportionné à la force », face à des mineurs.

Dix enquêtes ont été confiées à la police des polices alors qu’un jeune a eu la main arrachée à Lens et un autre a perdu un œil à Tours. Le policier auteur du tir de lance-grenade qui a blessé au visage Eden, 14 ans, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise) la semaine dernière, en marge de la mobilisation lycéenne, a été, lui, mis en examen, mardi, pour violences.

Mais le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, estime ne pas avoir « à présenter des excuses » et affirme que les interventions des forces de l’ordre s’effectuent dans « la plus grande
proportionnalité ».

Pour nombre de responsables de gauche, les violences accompagnant la contestation lycéenne qui a débuté le 21 septembre dans l’académie de Créteil (Val-de-Marne) s’expliquent, en partie, par la réponse répressive apportée à ce mouvement et le temps mis par le gouvernement à ouvrir la discussion.

Réunion de crise à l’Élysée

Les élèves réclament toujours de meilleures conditions d’apprentissage et des financements supplémentaires, dénonçant notamment des classes et des emplois du temps surchargés, le manque de professeurs, et demandant la refonte voire l’arrêt de Parcoursup, la plateforme d’inscription dans l’enseignement supérieur.

Le chef du gouvernement a promis, pour l’heure, le lancement de plusieurs chantiers et d’apporter « davantage de transparence » et de « simplicité » à Parcoursup. Il a annoncé aussi la suspension des cours dans les lycées de mercredi à vendredi, afin de permettre aux chefs d’établissement d’organiser un « temps de démocratie interne avec les élèves ».

Mais c’est au sommet du pouvoir que va être actée la réponse apportée aux lycéens. Emmanuel Macron a réuni, mardi soir, à l’Elysée, Sébastien Lecomu et les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation. Objectif: tenter d’amorcer une sortie de crise pour éviter une « convergence des luttes », au moment où la perte de pouvoir d’achat, amplifiée par la flambée des prix à la pompe, fragilise aussi de nombreux ménages français. La CGT annonce déjà qu’elle se tiendra aux côtés des lycéens et des étudiants, qui poursuivent leur mouvement, à l’occasion d’une nouvelle journée de mobilisation jeudi. Les appels à un retour des « gilets jaunes », le 17 octobre, se multiplient, dans le même temps, sur les réseaux sociaux.

L’Indépendant, le 7 octobre 2026

Font-Romeu-Odeillo-Via. Mobilisation lycéenne : les élèves veulent se faire entendre (L’Indep)

Hier matin, le collège-lycée Pierre-de-Coubertin figurait parmi les quelque 1800 établissements concernés par des mobilisations. Dès 8h, une centaine de lycéens s’est rassemblée pour un acte Ill de mobilisation, dans une ambiance à la fois revendicative et bon enfant.

Musique d’ambiance, partie de foot, créations de pancartes. Les lycéens de Font-Romeu étaient bien et mobilisés dès 8 heures du matin. La grève de certains agents Région notamment de la cantine en raison de conditions de travail de plus en plus difficiles, a sans doute privé le mouvement d’ampleur. Même si la situation des lycéens est « loin d’être à plaindre, on demande des emplois du temps un peu allégés et être plus accompagnés », explique Matéo, élève de Terminale, « comme nous sommes le lycée le plus haut d’Europe, on a une chance d’être écoutés. On fait cette mobilisation en soutien à nos camarades des lycées du département et plus largement de France qui n’étudient pas dans de bonnes conditions. Nous faisons une mobilisation pacilique, l’intérêt est que tout se passe bien. On peut manifester dans le calme, le respect et la bienveillance », explique Matéo, élève de terminale. Plusieurs professeurs étaient aux côtés des lycéens mais également des étudiants Staps pour manifester leur soutien. « Nous sommes là en plein soutien de nos élèves. Je ne peux pas tolérer qu’on mutile des jeunes et qu’il y ait des grenades de désencerclement pour contrer des manifestations. Je pense que le combat élève professeur est le même. Parce que quand on méprise les professeurs, forcément, on méprise aussi les élèves. On dégrade aussi leurs conditions de travail », s’exprime Nathalie Culell, professeure au lycée.

ParcourSup dans la ligne de mire

Laurent Leygue, son collègue, renchéri : « il y a un manque de lisibilité par rapport au recrutement sur Parcoursup. En tant que professeur principal, il est tris difficile d’aiguiller les élèves parce qu’on ne sait pas quels sont exactement les critères de sélection. Avec notre spécificité géographique, étant sur l’Académie de Montpellier, nos élèves sont prioritaires sur Perpignan. Mais nous sommes plus proches de Toulouse que de Montpellier et nous sommes desservis par la SNCF avec Toulouse. Il serait logique que nous fassions partie de cette académie-là ». Dans la ligne de mire des élèves, c’est effectivement ParcourSup. Pour Marie et Lou, élèves en terminale, « même si nous sommes privilégiés, ce n’est pas pour ça qu’on ne peut pas soutenir les autres lycées. Mais les injustices sur Parcoursup et par rapport au Bac, on les retrouve dans tous les lycées. Ce n’est pas du tout égalitaire. »

Lydie-Anne Lopez, professeur au lycée interroge : « Des la seconde, avec les choix de spécialité, nos enfants doivent déjà figer leur avenir, là où les générations précédentes avaient le temps de mûrir leurs projets jusqu’en termi-nale. Eux subissent une pression et un stress permanents avec l’instabilité comme méthode, sept ministres de l’Éducation nationale en dix ans! Des changements de programmes à répétition et des réformes appliquées dans la précipitation. Comment bâtir un système solide dans un tel désordre ? ».

Derrière les pancartes et les revendications, élèves et enseignants disent vouloir défendre une même idée : celle d’une école capable d’offrir aux jeunes les mêmes chances, quelles que soient leur origine géographique ou les conditions dans lesquelles ils étudient.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 7 octobre 2026)

Thuir. La CGT lance sa campagne pour les élections professionnelles (L’Indep)

Dès 8 heures, des « cafés des revendications » ont été organisés devant l’hôpital, le centre technique municipal et le collège. Ces rendez-vous ont permis aux agents d’échanger avec les représentants syndicaux sur leurs préoccupations quotidiennes, leurs conditions de travail et les revendications portées par la CGT. À 11h30, une cinquantaine de personnes se sont réunies devant la mairie pour une conférence de presse, en présence de Sylvain Valla, représentant de la Fédération CGT des services publics, et d’Ophélie Labelle, de la Fédération CGT Santé Action sociale.

Face aux difficultés rencontrées par les personnels, notamment le manque d’effectifs, la précarité et la perte de pouvoir d’achat, le syndicat met en avant plusieurs revendications: revalorisation des salaires, création d’emplois statutaires, amélioration des conditions de travail et égalité des droits et des carrières.

Dans les Pyrénées-Orientales, la CGT défend également des propositions concernant les transports publics, le logement accessible, l’adaptation des bâtiments au changement climatique et le renforcement des moyens des services de santé de proximité.

Le syndicat entend porter des revendications partagées par les trois versants de la fonction publique, avec un double objectif: améliorer les conditions de travail des agents et garantir aux habitants des services publies de qualité.

L’Indépendant, le 7 octobre 2026

Elne. Cinéma débaptisé : 200 personnes se mobilisent lors de l’inauguration (L’Indep)

200 personnes se sont réunies, vendredi 2 octobre, pour contester la décision du maire d’extrême droite. Steve Fortel de débaptiser le cinéma Rene Vautier.

À Elne, la décision du maire d’extrême droite, Steve Fortel, de débaptiser le cinéma René Vautier ne passe pas. Vendredi 2 octobre, lors de l’inauguration du lieu, désormais rebaptisé La bobine illibérienne, environ 200 personnes se sont mobilisées contre cette décision, annoncée le 22 septembre dernier en conseil municipal.

Après la rédaction d’une pétition qui a recueilli, en quelques jours, près de 13 000 signatures, le retrait du distributeur qui devait contractualiser avec la mairie et la réprobation de toute la profession cinématographique, notamment l’ensemble des distributeurs, ce sont les habitants de la commune qui se sont donnés rendez-vous pour manifester sur le parvis de la mairie, en face du cinéma. Parmi eux, Moira Vautier, fille du cinéaste.

René Vautier était un réalisateur, documentariste et scénariste français, figure majeure du cinéma politique français et ancien résistant. Après guerre, il a revendiqué ses positions anticolonialistes, soutien du FLN, le Front de libération nationale, mouvement politique et militaire pour l’indépendance de l’Algérie. Il a notamment réalisé le court-métrage, Afrique 50 (1950), considéré aujourd’hui encore comme le premier film anticolonialiste français, interdit de projection pendant plus de 40 ans.

C’est cet engagement qui a provoqué la décision de Steve Fortel, élu en mars dernier, qui a assuré, en conseil municipal, ne pas « vouloir de connotation politique ».

L’Indépendant, le 7 octobre 2026

« On est l’avenir de ce pays et on veut étudier dans de bonnes conditions » (L’Indep)

Hier dans la matinée, entre 1 800 et 2 500 personnes ont défilé à l’appel des lycéens et des étudiants entre l’université de Perpignan et le Castillet Syndicalistes, parents et militants associatifs ou politiques étaient également au rendez-vous.

Si quelques incidents se sont déroulés dans l’après-midi sur fond de mobilisation lycéenne, la manifestation unitaire de ce mardi matin, qui a réuni autour de 2 000 personnes entre le campus principal de l’université de Perpignan (avenue Paul-Alduy) et le Castillet, s’est déroulée dans le calme.

Il faut dire que les organisateurs n’avaient pas lésiné sur les moyens. Entre les syndicalistes et les étudiants, près d’une centaine de personnes composait le service d’ordre. Du côté des jeunes organisateurs, la satisfaction était de mise à l’issue du défilé. « Nous avons réussi à faire ce que nous voulions faire. Il n’y a eu ni problèmes avec les casseurs, ni affrontements avec la police pendant la manifestation », se réjouit Alban, référent fédéral de l’Union syndicale lycéenne et élève à Jean-Lurcat. Le président du mouvement étudiant local Union progressiste, Gabriel, se déclare également « satisfait de la mobilisation ». Tout comme le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, qui a dénombré 2 500 participants, la préfecture en ayant pour sa part recensé 1 800.

Comme promis, des parents d’élèves étaient également au rendez-vous ce mardi à 9h30 devant l’entrée principale de l’université. « Lors des précédentes journées de mobilisation, ma fille, qui est à Lurçat, a fait l’expérience des coups de matraque et des gazages. Je suis là pour essayer de faire barrage autant que possible aux violences », explique par exemple Stéphane, 56 ans. « Les lycéens ont raison sur le manque de moyens matériels et humains dans l’Éducation nationale. Il faut qu’il y ait une écoute des pouvoirs publics. »

Audrey, 46 ans, dont le fils est également scolarisé à Lurçat, partageait le même état d’esprit : « Nous sommes là pour aider nos enfants à faire face aux violences policières, pour essayer de calmer le jeu avec la police et soutenir leur mouvement, qui est légitime. Les conditions dans lesquelles on les fait étudier sont lamentables. Il y a trop d’élèves par classe, les locaux sont trop souvent en mauvais état et les plannings sont surchargés. »

Autres nouveaux venus dans le mouvement, les étudiants partagent également les revendications des lycéens. Et pour cause : elles ressemblent comme deux gouttes d’eau aux leurs. « Nous aussi, nous voulons plus de moyens pour l’éducation », résume Maël, 19 ans, étudiant en sociologie. « Nous sommes l’avenir de ce pays et nous souhaiterions pouvoir étudier dans de bonnes conditions, pas dans des salles insalubres. »

Mathis, 21 ans, en troisième année d’histoire, confirme : « Dans l’amphi 4, par exemple, lorsqu’il pleut, une partie de la salle est inondée. C’est inacceptable. Et ça fait des années que ça dure. »

Les étudiants pointent également du doigt la limitation du nombre de repas servis au restaurant universitaire, ainsi que le manque de logements en cité U. Et la liste est encore loin d’être exhaustive. « Ce n’est pas parce qu’on est jeunes qu’on n’a rien à dire, tient à préciser Camille, une étudiante en histoire de 23 ans. Nous sommes légitimes à être dans la rue. Nous sommes là pour montrer qu’une manifestation peut être pacifique. Les casseurs, ça dessert plus la cause qu’autre chose. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 7 octobre 2026)

Reem Hazan. « Le 7 Octobre trouve son origine dans la Nakba » (La Marseillaise)

« Si nos forces venaient à subir des pertes, ce sont le Hamas et la population de Gaza qui en paieraient le prix fort, dans des proportions considérables », a annoncé le ministre de la Défense israélien, ce mardi, à la veille des commémorations. Il y a trois ans jour pour jour, le Hamas lançait une attaque sur Israël, tuant 1 221 personnes, en majorité des civils. Le mouvement islamiste palestinien a également enlevé 251 personnes. En représailles, le gouvernement d’extrême droite israélien a lancé une offensive dévastatrice et génocidaire sur la bande de Gaza, qui a fait plus de 74 200 morts.
Entretien avec Reem Hazan membre du bureau politique et responsable internationale du Parti communiste israélien.

La Marseillaise : Quel impact ont eu les attaques du 7 Octobre sur la société israélienne ?

Reem Hazan : La société israélienne a beaucoup changé depuis le 7 Octobre, les forces fascistes ont gagné énormément de pouvoir à cause de ce gouvernement et ses alliés. Malheureusement, cela a fortement aggravé le racisme et la répression envers les Palestiniens, pas seulement dans les territoires occupés mais également au sein même d’Israël. Ce qui a commencé début 2023 sous la forme d’un coup d’État judiciaire que Netanyahu et son gouvernement avaient planifié a réussi à marginaliser davantage les forces de gauche et à restreindre ce qui reste de la démocratie en Israël. Ces nombreux changements au sein de la société israélienne ont des répercussions, principalement sur le nettoyage ethnique en Cisjordanie et le génocide continu à Gaza. Les gens ici sont amenés à croire que la solution à deux États n’est pas bonne pour Israël et que l’existence d’un État palestinien est une menace. À trois semaines des élections, il est d’autant plus important et crucial de se débarrasser de Netanyahu et sa coalition.

La Marseillaise : Pour le remplacer par qui ? Ses opposants autoproclamés, ceux qui caracolent en tête des sondages, ne sont pas des progressistes…

Reem Hazan : Ceux qui se présentent comme des alternatives à Netanyahu ne sont pas progressistes, même pas du centre, mais bien de droite. Ils ne constituent qu’un camp anti-Bibi [surnom de Benjamin Netanyahu en Israël, Ndlr.]. Ils ne s’opposent pas à la politique de ce gouvernement, n’apportent aucune alternative pour les citoyens israéliens, ni à la solution politique entre Israël et ce qui devrait être l’État palestinien. Nous en sommes parfaitement conscients. Mais d’un autre côté, nous savons qu’un changement de gouvernement pourrait légèrement améliorer la vie des Palestiniens dans les territoires occupés. C’est pourquoi nous travaillons au démantèlement du pouvoir de Netanyahu car cela pourrait nous offrir, au sein d’Israël, en tant que Palestiniens et forces démocratiques progressistes, juives et arabes, de meilleures conditions pour agir. Il n’y aura pas de révolution mais nous partons du principe qu’un gouvernement différent créera des conditions différentes dans lesquelles nous pourrons poursuivre nos luttes, et cela influencera également l’opinion publique pour qu’elle ne bascule pas vers l’extrême droite.

La Marseillaise : Parvenez-vous à mener campagne dans ces conditions ?

Reem Hazan : Il y a des tentatives visant à éliminer et à disqualifier la Liste arabe unie et la Liste unifiée, Ofer Cassif (député Hadash) et Sami Abu Chehadeh (leader de Balad), qui ont finalement contraint ce dernier à se retirer il y a quelques jours. Nous nous servons de cela pour inciter les gens à aller voter pour la Liste unifiée [coalition composée de Balad (parti nationaliste arabe), Hadash (communiste judéo-arabe) et Ta’al (arabe laïc), Nldr.] afin d’avoir un poids bien plus important au sein du prochain Parlement. C’est notre objectif premier : se rendre aux urnes en masse et obtenir un taux de participation très élevé lors des élections. C’est un atout crucial que de disposer d’un groupe parlementaire plus important au sein du Parlement, les Palestiniens et Juifs de gauche, en sont tout à fait conscients. Si on se mobilise pour aller voter, cela pourrait nous permettre d’empêcher d’autres petits partis de droite de l’emporter, ce qui signifierait que Netanyahu n’aura pas suffisamment de soutien pour rester Premier ministre.

La Marseillaise : De nombreux médias ont révélé que Benjamin Netanyahu était au courant qu’une attaque se préparait. Devrait-il être jugé pour cela ?

Reem Hazan : Ces révélations ont fait beaucoup de bruit en Israël et dans le monde. Je pense que Netanyahu devrait être jugé pour beaucoup de choses et principalement pour les crimes de guerre qu’il a commis et permis. S’il en avait connaissance auparavant et qu’il n’a pas agi en conséquence, cela fera partie de son jugement global. Mais c’est aussi une nouvelle occasion de rappeler que même s’il était au courant, ce n’est pas la raison du 7 Octobre, qui trouve son origine dans la Nakba, l’occupation et la répression qui se poursuivent. Il s’agissait donc d’un épisode parmi tant d’autres erreurs et de crimes que les gouvernements israéliens ont commis contre le peuple palestinien. Benjamin Netanyahu devrait être jugé pour beaucoup de choses, pour avoir plongé la population israélienne dans la pauvreté, pour avoir fait vivre les citoyens d’Israël dans la peur et l’incitation à la haine. Les enfants en Israël ont tant perdu, sans parler des crimes de guerre contre le peuple palestinien, contre les Iraniens, les Libanais. À mes yeux, quelqu’un devrait être jugé pour tout cela et en assumer la responsabilité.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 7 octobre 2026)

Le 5 novembre, un appel à la grève pour le pouvoir d’achat (L’Indep)

Salariés des secteurs public et privé, jeunes et retraités sont appelés à faire grève et à manifester le 5 novembre en France pour réclamer des négociations salariales, une revalorisation des pensions de retraite et une augmentation des aides sociales.

Cet appel signé par la CFDT, la CGT, Force ouvrière (FO), l’Unsa et la FSU intervient alors que le pays est secoué depuis le 21 septembre par un mouvement de contestation des lycéens et des étudiants qui s’inscrit dans la durée. « Dans le respect de l’indépendance du mouvement lycéen, nos organisations partagent les revendications pour de meilleures conditions d’étude et davantage d’égalité », déclarent les syndicats dans un communiqué commun. « Les travailleurs et les travailleuses vivent un déclassement inédit. Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions. Notre pays est au bord de la récession », déplorent les syndicats.

Ils estiment que le projet de budget pour 2027, qui prévoit 43 milliards d’euros de « mesures de redressement » des finances publiques, « aggrave la situation ». L’Assemblée nationale, où le gouvernement est minoritaire, examine à partir du 13 octobre le projet de loi de finances 2027.

L’Indépendant, le 6 octobre 2026

La grande pauvreté gagne du terrain en France (L’Indep)

La grande pauvreté a bondi de 37 % entre 2018 et 2025 en France, touchant désormais 5,5 millions de personnes, montre une étude réalisée par cinq chercheurs en économie en Europe et aux États-Unis qui ont passé au crible les données des Restos du cœur. Selon cette enquête, publiée lundi, « l’inflation est responsable de 52 % de la hausse du « sans-abrisme » » dans le pays et la difficulté de trouver un logement adapté a grimpé de 62 % au sein de la population.

Les enfants de moins de 10 ans représentent près de 25 % de ce public dit « en précarité résidentielle », composé, pour beaucoup, de familles monoparentales, avec des mères seules. Avec des causes clairement identifiées. « Une hausse de 10 % du taux de chômage entraîne, toutes choses égales par ailleurs, une augmentation d’environ 10 % du nombre de personnes sans-abri ou en situation de précarité résidentielle, et de 13 % pour la précarité alimentaire », soulignent les Restos du cœur.

Autre enseignement de cette étude, environ une personne sur dix pourrait avoir recours à l’aide alimentaire au cours des dix prochaines années. Pourtant, « des politiques publiques agissant sur la stabilité des prix, le marché du travail ou encore l’offre de logements sont en mesure d’aider à prévenir les basculements dans la grande pauvreté », observe l’association, qui espère provoquer une prise de conscience dans la classe politique à l’approche de l’élection présidentielle

L’Indépendant, le 6 octobre 2026