Argeles-sur-Mer. Le 1er mai à Argelès… la tradition respectée (L’Indep)

Deux traditions se croisent chaque 1* mai à Argelès : l’incontournable défilé des travailleuses et travailleurs traverse le grand vide-greniers installé dans les rues et places du centre-ville. Les Argelésiens se débarrassent d’objets devenus encombrants et inutiles, d’autres cherchent à faire de bonnes affaires, et bien sûr, il n’est pas interdit de participer aux deux évènements !

C’est devant l’hôtel de ville, en milieu de matinée, que les représentants de plusieurs syndicats et leurs sympathisants se sont retrouvés: la CGT, organisatrice, avec son Union locale d’Argelès Côte Vermeille, mais aussi le PCF, la FSU, FO… La foule n’est pas énorme. André Sibrac, trésorier CGT confie : « Ce sont les vacances. Les jeunes sont en vacances, les vieux gardent les enfants. C’est compliqué ! ».

En attendant le départ du cortège, il revient sur des fondamentaux : « le 1er mai, c’est pour montrer l’unité des salariés ». Interrogé sur l’actuelle polémique autour de ce jour chômé, André explique : « On n’est pas opposé au travail ce jour-la, du moment que c’est sur la base du volontariat. Mais ça va devenir, comme le travail le dimanche : c’est plus du tout du volontariat. On va nous voler un jour férié ! ».

Un peu avant 11 heures, le défilé a quitté l’hôtel de ville, en musique, pour rejoindre la route nationale, puis le boulevard Édouard-Herriot. Il a traversé la place Gambetta, au milieu des exposants et des chalands pour remonter la rue de la République et retourner au point de départ. Un bain de foule bon enfant, très remarqué avec les drapeaux de la CGT et la musique, en boucle : le chant du 1″ mai et autres chansons contestataires et engagées : les Fatals Picards, Zebda…

De retour à l’hôtel de ville, la CGT a déclaré dans son discours : « Ils voulaient banaliser le travail le 1″ mai… Nous avons gagné une bataille mais ne nous y trompons pas : ils reviendront à la charge ! ». Les luttes locales ont été également évoquées, depuis les transbordeuses d’oranges de Cerbère en 1906 « dont le combat s’inscrit dans l’histoire ouvrière de notre territoire », jusqu’à aujourd’hui avec les aides à domicile de l’ASSAD d’Argelès, les salariés de CÉMOI, les dockers de Port-Vendres… Après un dernier appel à la mobilisation « pour les salaires, pour l’emploi, pour la justice sociale ». Et plus généralement pour les droits et liberté des travailleurs, l’assemblée a été invitée à partager un apéritif républicain offert par la municipalité.

M.-C. Canal (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

Grève dans les cliniques de Médipôle et Saint-Pierre : pourquoi le bras de fer se poursuit (L’Indep)

Hier, les salariés de la clinique Médipôle de Cabestany, en grève depuis onze jours, ont décidé de reconduire le mouvement Tout comme leurs homologues de la clinique Saint-Pierre de Perpignan, également propriété du groupe Elsan. Dans les deux cas, le dialogue entre les grévistes et la direction n’est pas rompu, mais les protagonistes ne parviennent pas à trouver de terrain d’entente.

Ils étaient une bonne centaine de salariés réunis devant l’entrée de la polyclinique Médipôle de Cabestany ce lundi matin, à l’issue le l’assemblée générale qui a une nouvelle fois reconduit e mouvement.

« On ne lâche rien », résume un gréviste vêtu d’un gilet orange fluo. « Nous reconduirons tant que nous n’aurons pas obtenu de réponses correspondant à nos attentes », confirme la déléguée syndicale CFDT Hélène Massé, selon qui trois rencontres infructueuses ont eu lieu avec la direction depuis le début de la mobilisation.

Ce que veulent les salariés? En plus d’une amélioration des conditions de travail (remplacements, etc.), ils réclament notamment un 13e mois qui équivaudrait à la pérennisation de la prime d’intéressement de 1 500 euros par an que chaque salarié touchait jusqu’ici pour un temps plein en vertu d’un accord à durée déterminée.

« Le mouvement a débuté car la direction voulait nous enlever cette prime », rappelle Hélène Massé. « Ces 1 500 euros, on les a depuis déjà longtemps. Ils contribuent a notre pouvoir d’achat. Les salariés comptent dessus. » La déléguée syndicale CGT de Médipôle, Anne-Laure Affani, con-firme. Et renchérit : « Avec un 13e mois, on cotise pour la retraite et les indemnités maladie, ce qui n’est pas le cas avec la prime d’intéressement. »

Négociations infructueuses

Les revendications sont du même ordre à la clinique Saint-Pierre de Perpignan, également propreté du groupe Elsan.

Ici, les salariés exigent « une prime pérenne de 1 500 euros et une prime de partage de la valeur de 800 euros pour compenser la perte des primes d’intéressement et de participation ». Ils demandent également une augmentation générale progressive de 10 % sur quatre ans, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail, jugées « dégradées » (« non-remplacements », « manque de matériel »).

Selon le syndicat CGT de Saint-Pierre, lors de la réunion avec la direction qui s’est tenue ce lundi après-midi, celle-ci a proposé « une prime de partage de la valeur de 200 euros net, 132 euros en moyenne en plus de la prime de fin d’année et l’ouverture de négociations sur l’accord d’intéressement ». Insuffisant aux yeux des salariés qui ont donc décidé de maintenir le mouvement.

Par ailleurs, ce lundi, les employés d’un troisième établissement du groupe Elsan, la clinique Le Floride du Barcarès, ont également débrayé de 15 heures à 16 heures.

Là aussi pour mettre en avant des revendications liées aux salaires (13e mois, revalorisation de l’ancienneté…) mais également aux conditions de travail.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

De son côté, le groupe Elsan indique par voie de communiqué que des rencontres ont eu lieu ce lundi entre représentants du personnel et direction à Médipôle et Saint-Pierre. II confirme que des propositions ont été formulées, mais sans les détailler, et affirme que le dialogue se poursuivra dans les prochains jours.

Après 32 mois, une population effrayée sans perspectives à Gaza la dévastée (témoignage d’un gazaoui)

Nous sommes début mai 2026, 32 mois d’agression, 7 mois d’un cessez-le-feu fragile et sans cesse violé. 7 mois pendant lesquels les médias et les dirigeants du monde parlent moins de Gaza où la situation a encore empiré depuis le début de la guerre contre le Liban et l’Iran. Gaza se sent abandonnée, oubliée par le reste du monde.

Le sentiment d’impuissance est un sentiment terrible. On ne peut rien faire, on n’a aucune perspective. Le cessez-le feu n’est pas respecté, il y a chaque jour des bombardements certes moins intensifs, qui ont fait 830 morts et 2 400 blessés palestiniens jusqu’à présent, la ligne jaune imposée par l’occupation avance chaque jour, l’armée contrôle aujourd’hui 61% de la surface de la bande de Gaza.

130-140 camions entrent chaque jour par les passages contrôlés par l’occupation. Le problème est que ces camions transportent des bonbons, des biscuits, des chocolats, des boissons gazeuses dont on n’a pas besoin. Par contre, nous manquons de pain, de farine, d’œufs, de fruits, de légumes, de poulet, d’eau potable, de chaises et de tables pour les centres éducatifs et les tentes éducatives, de beaucoup de matériels nécessaires.

Les matériaux de reconstruction n’entrent pas non plus.

Dans les centres médicaux, il n’y a plus de médicaments. Les malades d’hypertension, de diabète, et d’autres maladies chroniques ne peuvent pas être soignées.

Pour la journée mondiale du travail du Premier mai, le ministère palestinien du travail a indiqué que le taux de chômage en Cisjordanie occupée dépasse les 65 %, et dans la bande de Gaza les 92 %, les revenus sont en baisse constante, et que les conditions de travail sont terribles dans tous les territoires palestiniens occupés, colonisés et morcelés.

L’hiver ne veut pas quitter Gaza, nous sommes au mois de mai, mais on a peu de soleil actuellement, deux heures de soleil le matin, l’après-midi, il fait frais et le soir, il fait très froid, et c’est malheureux pour les déplacés dans les camps qui vivent sous des tentes qui ne sont pas solides, et aussi pour les toits qui possèdent des panneaux solaires, car ils n’ont pas assez d’électricité à cause de cette pénurie et ils ne peuvent pas faire monter l’eau dans leurs foyers.

Personnellement, c’est très difficile de décrire notre quotidien, et de raconter notre souffrance dans une région dévastée.

Le matin, quand je me lève, je réfléchis mille fois avant de me préparer une tasse de café ou de thé parce qu’on n’a ni gaz (300-350 euros la bouteille de 10kg, qui coûtait 20 euros avant l’agression), ni électricité, et qu’on est obligé de cuisiner sur le feu de bois (mais il faut trouver du bois, des cartons, des papiers pour allumer un feu et cela demande beaucoup de temps et d’efforts alors je préfère manger un petit sandwich au fromage blanc pour éviter de faire du feu).

En général, on prépare pour le déjeuner des repas légers qui ne demandent pas beaucoup de feu, et pour le dîner, soit on oublie ce repas, soit on mange comme le matin des sandwichs.

Je m’occupe de trois centres éducatifs – deux qui se trouvent dans des immeubles visés par les bombardements, et une tente éducative dans un camps de déplacés – et passe deux heures par jour avec les enseignants et les enfants, ce sont des moments de bonheur pour moi, même si, quand je rentre, je suis triste parce que je n’ai pas pu satisfaire tout le monde. J’essaie, grâce au soutien des amis et solidaires francophones de leur apporter quelque soutien, des repas chauds, du matériel scolaire, des chaussures, des vêtements, des jouets quand on en trouve sur le marché. J’organise des séances de soutien psychologique pour les enfants avec des jeunes motivés. J’essaie également d’aider quelques familles déplacées autour de moi grâce à mes relations et à des associations locales. Après je vais une fois par semaine pour voir ma mère qui habite chez mon frère à 2 km de chez moi. À part cela je passe mon temps à la maison, je ne reçois pas beaucoup de monde, je ne sors presque pas, même s’il y a des occasions sociales (deuil, mariages, fiançailles) où j’essaie de ne pas aller car cela me rend triste de voir la ville détruite, les tentes où survivent 85 % des habitants de Gaza dans des conditions inhumaines.

Actuellement, il n’y a ni administration, ni gouvernement ni autorité, ni banques à Gaza. Les commerçants imposent les prix du peu de produits qui entrent dans l’enclave, les organisations internationales sont débordées et ne peuvent pas distribuer de l’aide à tout le monde. C’est un nouveau phénomène à Gaza, il y a moins de solidarité. Le prix des loyers a augmenté (1 000 à 1 500 euros par mois pour un petit appartement dans un immeuble partiellement détruit). Il n’y a pas de lois, les gens qui possèdent un générateur augmentent le prix de l’électricité vendue (200-300 euros par mois pour pouvoir charger les lampes, les portables, les ordinateurs, internet).

Malgré leur volonté de survivre, les gens sont tristes. Moi, j’ai la chance d’avoir des amis au travers des réseaux sociaux, j’écris, je lis, je témoigne, et j’échange avec eux.

Je ne m’imagine pas vivre en dehors de Gaza malgré cette situation catastrophique, et malgré la souffrance de tous les jours, Gaza pour moi n’est pas seulement un espace, un territoire, une ville natale, c’est un refuge, une protection, et une source de résilience et de vie. Mais surtout une raison d’exister et d’espérer même au milieu des ruines.

Actuellement, et via le passage de Rafah, seuls 30 malades ou blessés sont autorisé à sortir de Gaza quotidiennement. En sens inverse, seulement 150 Palestiniens entrent à Gaza de l’extérieur. Ils savent qu’ils vont trouver la dévastation et qui vont habiter dans des tentes déchirées et dans des appartements visés par des bombardements, mais c’est leur façon de résister, de montrer leur attachement à leur terre.

Actuellement, presque 97 % de la population à Gaza souffrent de l’insécurité alimentaire, 82 % de la population de Gaza survivent difficilement grâce à l’aide humanitaire internationale souvent limitée.

15 % touchent la moitié de leur salaire versé par l’autorité palestinienne ou le gouvernement de Gaza, mais, eux, doivent payer leur loyer très cher, l’électricité, internet, l’eau et lorsqu’ils ont tout payé, ils n’ont presque plus de quoi acheter à manger tellement les prix ont augmenté.

Les 3 % restants travaillent soit pour des organisations internationales ou locales, soit comme influenceurs sur les réseaux sociaux pour avoir des dons de l’extérieur qu’ils utilisent, soi-disant, pour aider la population dans le besoin.

C’est difficile pour moi d’écrire de raconter, de témoigner. J’aurais besoin de livres et de livres pour cela, 2 à 3 pages c’est insuffisant pour décrire la situation, la réalité et le vécu à Gaza depuis 32 mois mais j’essaie. Pourtant, même si je suis optimiste, trop c’est trop.

La vie continue, c’est vrai. Il y a des fêtes, des fiançailles, des mariages, des universités ont réparé des salles et proposent à nouveau des cours en présentiel, des commerces et des cafés ouvrent … mais malgré cela, tout est anormal. Il y a la volonté mais le désespoir domine. Même moi qui suis privilégié, je préfère rester chez moi pour ne pas avoir à affronter la réalité et montrer mon impuissance à être plus utile à la population.

C’est la routine mortelle à Gaza. Je vis avec ma femme qui travaille beaucoup pour notre maison, et avec mes trois garçons, deux fils poursuivent leurs études de façon virtuelle à l’université et ont beaucoup de cours et devoirs. Mon dernier fils va trois jours par semaine suivre des cours dans un centre éducatif, et quand il rentre, il a beaucoup de révisons. Toute la famille est occupée, donc, pas le temps de discuter. Moi, je dors beaucoup en ce moment pour éviter de penser à notre souffrance, pour éviter les questions. J’essaie d’être plus dynamique, mais actuellement, voilà, c’est comme ça.

Heureusement que les solidaires existent parce qu’avec le silence des médias et des dirigeants internationaux, c’est le seul point positif. Je reçois chaque jour des photos de manifestation partout dans le monde francophone, ça nous montre que la mobilisation se poursuit, à l’image de la Flottille de la Liberté qui a été interceptée la semaine dernière par la marine israélienne avant même d’arriver dans les eaux internationales de Gaza.

Fin avril ont eu lieu des élections municipale mais seulement à Deir El-Balah –qui est soi-disant la ville la moins détruite- au centre de la bande de Gaza qui abrite 70 000 habitants. Le taux de participation était de 22 %. Cela montre que les gens sont peu intéressés. Ils veulent le changement mais ils ont d’autres préoccupations et savent que les maires et les conseillers municipaux sont impuissants, qu’ils n’ont même pas les moyens de faire réparer une rue, d’enlever les déchets dans les rues, de réparer le système électrique ou les égouts. Alors ils attendent. Désespérément.

Dans la bande de Gaza, la souffrance devient banalité, la précarité réalité, la survie privilège et la patience rêve !

Même si qu’on ne peut jamais enfermer ni effacer l’espoir.

Vernet-les-Bains. Conseil municipal électrique sur la baisse des impôts locaux (L’Indep)

Toujours autant de monde au conseil municipal. Il a même fallu réaménager la salle. Cependant, il manquait encore des chaises et une sono a été demandée car même silencieux pendant les débats, un public fait des bruits de fond.

Première partie très administrative, avec désignation de délégués aux différentes instances, reconduction de conventions, rapports divers, etc. Rien n’était problématique et les votes ont été unanimes. Le réglement intérieur sera examiné plus tard. Trois chanceux ont été tirés au sort pour les jurés d’assises.

Clairement présenté et expliqué, le budget 2025 de l’ancienne équipe s’avère équilibré avec des baisses, tant de recettes (État, taxes…) que de dépenses (charges générales, de personnels, combustibles…). La commune poursuit son désendettement, des emprunts arrivent en fin de contrat, y compris en 2026. Les comptes de gestion (comptes communaux émis par l’État sur la base des chiffres communiqués par la mairie et contrôlés) ont été adoptés à l’unanimité. Les comptes administratifs, ceux de la mairie, qui découlent de la politique locale et qui doivent correspondre aux précédents, n’ont été adoptés que par 2 voix et 12 abstentions.

Budget prévisionnel 2026 : une mauvaise surprise financière a « été découverte à la piscine, (malfaçons..). Il sera communiqué sur ce point après l’audit en cours ». Ce n’est pas étranger aux baisses de subventions aux associations : « Dans un budget restreint, il nous faut être raisonnables et pour tenir la promesse d’un allègement de la fiscalité chacun doit y participer : Les associations impactées ont été concertées, il n’y a pas de problème ».

Ce que conteste Henri Guitart notamment pour la course du Canigò. Le Centre communal d’action sociale (CCAS) lui, se verra mieux doté. Très élevés sur la commune, parmi les « plus mal placées du département », les taux d’imposition vont être baissés. Taxes foncières et d’habitation vont perdre quelques pourcent. « Effort insuffisant », pour Pierre Serra, le maire, mais « ce budget est un budget primitif de transition, d’attente avant de rentrer dans le dur ». C’est sur ce point que l’opposition a fait connaître son désaccord et que la tension montait parfois. L’opposition regrettait de ne pas avoir eu les documents plus tôt. Voté à 12 voix contre 3.

« La situation des thermes est préoccupante et il sera communiqué dès qu’on en saura plus ». Petit débat récurrent sur les rémunérations des élus. « Où est passée la subvention Stéphane Bern du Casino ? ». Fuites d’eau, entretien du tennis, état des canaux… Le conseil municipal n’est plus un long fleuve tranquille.

Daniel Capdet (L’Indépendant, le 4 mai 2026)

Cliniques Saint-Pierre et Médipôle : le bras de fer se poursuit (L’Indep)

Comme la grève, le bras-de-fer se poursuit dans les cliniques Saint-Pierre à Perpignan et Médipôle Saint-Roch à Cabestany. Deux AG des salariés grévistes sont programmées dans la matinée ce lundi. Les représentants syndicaux CGl de Saint-Pierre répliquent à la direction qui pointait « l’absence de personnels » qui, selon elle, ne permettait pas « de garantir la préparation des traitements de chimiothérapie dans des conditions de sécurité suffisantes ».

« Nous souhaitons apporter un démenti ». Le climat ne semble pas s’apaiser à la clinique Saint-Pierre, propriété du groupe Elsan, après plus d’une semaine de grève. Le syndicat CGT de la clinique perpignanaise s’insurge après les précisions de la direction sur l’annulation ou le report de séances de chimiothérapie en plein conflit social, la semaine dernière.

Le jeudi 30 avril, la direction de Saint-Pierre expliquait que « dans ce contexte (la grève NDLR), le nombre de personnels en pharmacie n’a pas permis de garantir la préparation des traitements de chimiothérapie dans des conditions de sécurité suffisantes. Et il faut noter que certains personnels, réquisitionnes, ne se sont pas présentés. Les traitements de chimiothérapie nécessitent en effet une organisation très encadrée, avec des compétences spécifiques indispensables à chaque étape ».

À l’inverse, la CGT assure « qu’un service minimum pouvait être assuré ». Elle détaille : « Le 27 avril : 2 préparatrices (réquisitionnées) étaient bien présentes des 9h30, ainsi que 2 infirmières. Les 29 avril et 30 avril: 1 préparatrice et 2 infirmières étaient présentes chaque jour. Par conséquent, pour ces 3 journées, il était possible d’assurer des soins de chimiothérapie. Les effectifs correspondent à une organisation dégradée mais elle est fonctionnelle et permet d’assurer une continuité minimale des soins ». Elle accuse « la direction d’Elsan », de chercher « à discréditer le mouvement social et les grévistes qui luttent pour leur dignité ».

Ces séances annulées inquiètent les patients. « Si des soins sont annulés, c’est bien la direction de la clinique qui en porte l’entière responsabilité », insistent les représentants syndicaux. « Nous rappelons également que les pharmaciens sont en sous-effectifs depuis plusieurs années (situation dénoncée à de nombreuses reprises sans réponse de la direction). De même, nous vous rappelons qu’une pétition a été lancée depuis le mois de mars auprès des salariés de la clinique, recueillant plus de 410 signatures sur environ 530 salariés ».

De son côté, dans un communiqué, la direction de Saint-Pierre précisait, le 30 avril : « Les équipes et les médecins se sont immédiatement mobilisés pour prévenir l’ensemble des patients concernés, individuellement. Tout au long de la semaine, un travail médical a été mené pour analyser chaque dossier et prioriser les situations nécessitant une prise en charge urgente. En parallèle, l’établissement a engagé des actions concrètes pour rétablir l’activité, notamment en travaillant avec d’autres structures du territoire (notamment l’Hôpital Privé du Grand Narbonne) afin de sécuriser la préparation des traitements et en mobilisant des professionnels compétents issus d’autres services. Cette organisation doit permettre, sous réserve de confirmation, de reprogrammer progressivement les patients dans les tout prochains jours. Notre priorité reste, à chaque instant, de garantir la sécurité des patients et la continuité de leur prise en charge ».

Ce lundi 4 mai, des AG sont organisées à Saint-Pierre et Médipôle. Elles décideront de la poursuite ou non de la grève.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 4 mai 2026)

Grève à la clinique Elsan. Mise au point du syndicat CGT de la clinique St-Pierre par rapport aux articles parus dans L’Indépendant

Madame, Monsieur,

Suite à l’article paru dans vos colonnes ce samedi 2 mai, le syndicat CGT de la clinique St Pierre, soutenu par les grévistes, souhaite apporter un démenti afin de rétablir la vérité.

Des éléments factuels relatifs aux effectifs présents démontrent qu’un service minimum pouvait être assuré :

  • Le 27 avril : 2 préparatrices (réquisitionnées) étaient bien présentes (dès 9h30), ainsi que 2 infirmières. La direction invoque une prétendue incertitude sur l’arrivée des préparatrices pour justifier le fait que les chimio sont annulées, alors qu’elles étaient effectivement en poste à partir de 9h30.
  • Les 29 avril et 30 avril : 1 préparatrice et 2 infirmières étaient présentes chaque jour.

Par conséquent, pour ces 3 journées, il était possible d’assurer des soins de chimiothérapie.

Contrairement à ce qui est avancé dans votre article, les effectifs correspondent à une organisation dégradée mais elle est fonctionnelle et permet d’assurer une continuité minimale des soins.

Nous nous indignons du comportement de la direction d’ELSAN qui présente des faits inexacts et n’assure pas la bonne tenue des soins avec les effectifs mis à sa disposition et ce afin de discréditer le mouvement social et les grévistes qui luttent pour leur dignité.

Le syndicat CGT rappelle que depuis le début du mouvement social, une forte pression est exercée sur les salariées du service de chimiothérapie, alors même que les conditions permettaient d’assurer un service minimum.

Si des soins sont annulés, c’est bien la direction de la clinique qui en porte l’entière responsabilité.

Depuis le début de la grève et les semaines qui l’ont précédée, la direction n’a jamais été à l’écoute des revendications légitimes des salariés et a toujours fermé la porte des négociations, qu’elle conditionne à la reprise du travail, espérant l’enlisement du conflit.

Pour rappel, le groupe ELSAN, premier groupe de santé privé de France, redistribue d’énormes dividendes à ses actionnaires sur le dos de ses salariés et de la sécurité sociale et, par voie de conséquence, des assurés sociaux qui cotisent à l’assurance maladie.

Nous rappelons également que les pharmaciens sont en sous effectifs depuis plusieurs années (situation dénoncée à de nombreuses reprises sans réponse de la direction).

De même, nous vous rappelons qu’une pétition a été lancée depuis le mois de mars auprès des salariés de la clinique, recueillant plus de 410 signatures sur environ 530 salariés. Celle-ci a été transmise à la direction, à l’inspection du travail ainsi qu’à la CARSAT.

Unis et déterminés, les grévistes avec leur syndicat CGT ont décidé de reconduire le mouvement de grève aujourd’hui.

Nous vous invitons à couvrir l’Assemblée générale qui se déroulera ce lundi 4 mai à 9h30 devant la clinique st Pierre à Perpignan.

Dans l’attente que vous diffusiez ce communiqué de presse.

Cordialement,

Le syndicat CGT de la clinique st Pierre.

L’édito du webzine. Situation alarmante pour la liberté de la presse

Reporters sans frontières (RSF) alerte. En 2026, la liberté de la presse a atteint son niveau le plus bas depuis 25 ans.

Pour la première fois, plus de la moitié des pays (94) sont classés en situation « difficile » ou « très grave », contre seulement 13,7 % en 2002, date de ce classement annuel. Moins de 1 % de la population mondiale vit dans un pays où la liberté de la presse est« bonne », elle était de 20 % en 2002. Seuls sept pays d’Europe du Nord, dont la Norvège, font partie de cette catégorie. La France même si elle est encore en « situation plutôt bonne » en se classant 25e, elle se dégrade petit à petit, elle a commencé 11e en 2002. Les États-Unis, en « situation problématique », chutent à la 64e place, notamment en raison des attaques systématiques de Donald Trump contre la presse et de la détention ou expulsion de journalistes comme Mario Guevaralot qui dénonçait les arrestations de migrants aux États-Unis, ou la réduction drastique des financements de l’audiovisuel extérieur américain.

« Les attaques contre les journalistes se transforment. Il y a toujours des journalistes assassinés, toujours des journalistes en prison, mais les pressions sont aussi économiques, politiques », souligne Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF.

Les conflits armés et les régimes autoritaires sont les causes de la dégradation. La répression s’intensifie dans des pays comme le Salvador (143e, -105 places depuis 2014), la Géorgie (135e, -75 places depuis 2020), ou le Niger (120e, -37 places en 2026), où les juntes militaires et les groupes armés restreignent la liberté de la presse.

On assiste même à des répressions extrêmes allant jusqu’à des exécutions comme en Arabie saoudite (176e) où a été exécuté le journaliste Turki al-Jasser en 2025, une première mondiale. La Russie, l’Iran, la Chine et l’Érythrée (180e) ferment le classement.

Nouvelles formes de pression

Les lois sur la sécurité nationale, le terrorisme ou le secret défense limitent de plus en plus le travail des journalistes, même dans les démocraties. La Russie est citée comme exemple extrême, mais le phénomène touche aussi l’Europe.

Nous assistons même à la mise en place de procédures-bâillons. Poursuites en justice pour diffamation ou diffusion de fausses nouvelles, visant à intimider les médias. Exemple : la condamnation de José Rubén Zamora au Guatemala pour ses enquêtes sur la corruption. RSF alerte aussi sur cette tendance qui se met en place en France.

La liberté de la presse recule partout, sous l’effet combiné des conflits, des régimes autoritaires, des lois restrictives et des pressions économiques ou judiciaires. « Les lois criminalisent de plus en plus les journalistes, alors qu’elles devraient les protéger », conclut la directrice éditoriale de RSF.

Dominique Gerbault

Alénya. Le ministre de la Santé kenyan visite la mission du comité de jumelage (L’Indep)

Depuis plusieurs décennies déjà, le comité de jumelage et d’amitié entre les peuples d’Alénya effectue diverses missions dans différentes régions du Kenya dans le cadre de la coopération internationale.

Cela fait désormais plus d’une semaine que le président du comité Jacques Pumareda est parti avec une équipe pour effectuer différentes missions près de la commune de Mwisho wa lami à 2 800 m d’altitude. Accompagné d’un ingénieur adhérent du comité et de deux élèves ingénieurs de l’IMT Mines Albi, ils ont été secondés par toute la communauté locale qui s’est investie dans les travaux. Ils ont réussi à raccorder l’école de Naitoti à un réseau d’eau potable permettant à près de 600 élèves d’avoir un accès à l’eau de bonne qualité. Les cuisines, ainsi que les logements des enseignants ont été également raccordes.

En parallèle, l’équipe a pu créer un réseau d’eau de pluie près du dispensaire où deux médecins soignent les habitants de la région. Le réseau électrique a été restauré.

De plus, afin de participer à la politique de reforestation kenyane, une pépinière de 10 000 plants a été construite et reliée au réseau d’eau. Ainsi les élèves de l’école de Purko pourront tous venir participer à la plantation de différents arbres et participer à l’effort national. Enfin, l’équipe a fini par la maintenance du réseau de 8 km installé il y a plus de 15 ans par le comité. Le réservoir de 5 000 litres de l’école de Purko a été remplacé. Le réseau d’eau actuel permet à près de 4 000 personnes d’avoir un accès à l’eau potable avec tous les bénéfices pour la santé.

Le ministre de la Santé du comté est venu sur place remercier l’équipe française, ce qui renforce encore l’amitié entre les deux pays et la volonté des autorités locales de s’investir dans ces actions de développe-ment. Le comité, en partenariat avec la commune d’Alénya, les partenaires publics et privés, continuera ses missions près du lac de Naivasha, puis sur l’ile de Rusinga au lac de Victoria. D’autres missions à travers le Kenya sont à l’étude durant l’année.

L’Indépendant, le 2 mai 2026

1er-Mai : « Je suis aide-soignante et je gagne à peine le SMIC… » (L’Indep)

Ce vendredi, entre 1 200 et 1 500 manifestants ont défilé à Perpignan à l’appel de l’intersyndicale. Dans un contexte marqué par l’inflation et la guerre au Proche-Orient, syndicats, soignants et citoyens ont fait entendre leurs revendications.

« Les emplois et les salaires avant les profits », « baisse des prix, relèvement du pays », « salaires en baisse, soignants HS »… Les slogans étaient nombreux ce vendredi 1er mai place de Catalogne, point de départ traditionnel de la mobilisation perpignanaise. Des 10h30, militants, citoyens et syndicats -CGT 66, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA- se sont rassemblés avant de battre le pavé jusqu’à la préfecture des Pyrénées-Orientales, quai Sadi-Carnot.

Des mesures d’urgence réclamées

Au micro, face à l’assemblée, Julien Berthélémy, secrétaire de la CGT 66, a dénoncé une situation sociale « inacceptable ». « Nos organisations sont solidaires des travailleurs en lutte. Il n’est pas acceptable que des entreprises versent des dividendes stratosphériques tout en fermant la porte aux négociations salariales », a-t-il lancé, évoquant également la « répression anti-syndicale » et les accidents du travail, « plus de trois morts par jour ». Les revendications sont claires. « Augmentation générale des salaires, indexation sur les prix, revalorisation des pensions et blocage des prix des carburants. Ce que nous voulons, ce sont des mesures d’urgence concrètes pour vivre dignement de notre travail », a-t-il insisté.

Dans la foule, de nombreux salariés du privé avaient fait le déplacement. Notamment des employés du chocolatier Cémoi ou encore des cliniques Saint-Pierre et Médipôle, en grève depuis plusieurs jours. Les soignants, venus nombreux, ont martelé leur colère. Hélène, officiant à Médipôle Saint-Roch, décrit une situation tendue. « On est en grève depuis huit jours. Les conditions se dégradent, il y a une surcharge de travail, des effectifs de plus en plus diminués, des emplois du temps aléatoires. Et en plus de ça, on perd des primes. Cette année, on n’a même pas eu de participation aux bénéfices. Aujourd’hui, on peut dire que c’est une double mobilisation pour nous. Pour nos droits et pour nos conditions de travail à la clinique. » Même constat du côté d’Aurélie, aide-soignante à la clinique Saint-Pierre : « On est en surcharge constante, avec des effectifs réduits et des salaires très bas. Moi, je gagne à peine le SMIC. Si on fait grève, c’est aussi pour mieux soigner nos patients ».

Au-delà des revendications locales, la défense du 1er mai chômé a aussi mobilisé, après une proposition de loi avortée sur le travail ce jour férié. Pour Agathe et Robert, deux retraités perpignanais, il est hors de question de revenir dessus : « C’est le jour ou jamais de défendre nos droits. Tout a été obtenu par la lutte. Rien n’est acquis. Il faut perpétuer cette journée. Les conquêtes sociales, comme en 1936, ont toujours été arrachées ».

Driss Chait (L’Indépendant, le 2 mai 2026)