2ème tour des municipales 2026. « Elne endavant » appelle au rassemblement (L’Indep)

Avec 36,6 % des suffrages au premier tour des élections municipales, à deux points du candidat d’extrême droite, la liste Elna Endavant – En Avant Elne remercie les électrices et électeurs pour leur confiance. « 36 % d’entre vous se sont abstenus, le message a été entendu et nous en tiendrons compte pour améliorer encore le cadre de vie, l’offre de santé, la tranquillité publique, le soutien aux associations et à la population ». André Trives de poursuivre : « 64 % des votants ont choisi de ne pas voter S. Fortel. Pour le second tour, le risque de voir la commune basculer vers une extrême droite radicale, aux idées clivantes et contraires au vivre-ensemble, est réel ». Dans cette configuration, la liste conduite par André Trives « apparait comme la seule en mesure de l’emporter: La liste Izquierdo, créditée de 19 %, ne peut plus prétendre à la victoire, et toute dispersion des voix pourrait favoriser l’élection du candidat d’ultra-droite. Sans exiger une adhésion totale à son projet, Elna Endavant appelle au rassemblement. Elne mérite un avenir fondé sur la stabilité, le respect et l’expérience. Dimanche, les électeurs auront à choisir entre division et union ».

L’Indépendant, le 20 mars 2026

1er tour des municipales. Communiqué de la section de Perpignan du Parti communiste français

Le premier tour des élections municipales est marqué par une poussée de l’extrême droite en France. Perpignan ne fait pas exception à cette situation alarmante. L’élection au premier tour de Louis Aliot est une mauvaise chose pour la ville et sa population qui souffre de la pauvreté, de la dégradation des services publics, de discriminations, et du manque de démocratie. Admirateur de Trump et menacé d’inéligibilité par la justice, ce dirigeant d’extrême droite a été reconduit dans un contexte d’abstention supérieure de dix points à la moyenne nationale. En recevant le soutien de Jean-Marc Pujol, son adversaire de 2020, il siphonne l’électorat d’une droite qui a tourné le dos aux valeurs de la République.

Cette élection et cette faible participation sont de mauvais augure pour notre démocratie. Elles s’expliquent notamment par un déficit de débat politique, laissant la place à toutes les impostures, et par l’absence d’une alternative réelle à gauche. Cette dernière a été divisée en raison de stratégies nationales désastreuses, conduisant, par exemple, à désavouer le choix démocratique de militants locaux, ou à faire se succéder dans la ville les présidentiables Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. Dans ce contexte le résultat de la liste Perpignan Autrement conduite par Mathias Blanc témoigne d’une résistance notable. Elle a été porteuse d’une originalité, d’une créativité et d’une ouverture à toutes et tous de la décision et de l’action publiques. Bannissant l’entre-soi, elle a permis le rassemblement d’une large diversité de sensibilités sur les valeurs de la gauche, de l’écologie et de la cause animale, toutes intimement imbriquées, et elle a fait vivre une volonté de faire de la politique autrement, de façon démocratique et collective.

Face au Rassemblement national qui, malgré son score du premier tour, n’accroit que d’un seul le nombre de ses élus, Mathias Blanc et Françoise Fiter, seront, au conseil municipal, des opposants résolus, des points d’appui pour les luttes sociales, des relais de tous les combats citoyens et des atouts pour obtenir des succès. Nous invitons toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans sa démarche à prendre leur place dans Perpignan Autrement pour poursuivre et amplifier la mobilisation et le combat.

Perpignan, le 17 mars 2026

2ème tour des municipales 2026. Des soutiens inattendus à Rivesaltes (L’Indep)

Alliance, soutien et réunions, le point sur la campagne a Rivesaltes à quatre jours du second tour des élections municipale.

Dans quelques jours, les Rivesaltais connaîtront leur nouveau maire. Et tout se joue désormais entre Julien Potel (RN), Amélie Parraud (sans étiquette) et Laurianne Raweliffe (PS, PCF et Collectif citoyen).

Premier coup de théâtre. Alors que le ballottage est favorable à Julien Potel, arrivé en tête lors du premier tour des élections avec un score de 30,85 %, le candidat annonce une conférence de presse ce jeudi 19 mars, entouré du maire de Perpignan Louis Aliot, Anaïs Sabatini, députée de la 2e circonscription, et Julien Léonardelli, député européen. Autre surprise du jour. André Bascou, le maire de droite sortant, devrait aussi être de la partie, apportant ainsi, à cette occasion, son soutien au candidat. Mais ce n’est pas tout. « Nous pensons pouvoir récupérer aussi l’électorat de Bernard Cuadras puisque quelques-uns de ses colistiers nous ont apporté leur soutien. Concernant celui de Joël Diago, c’est un enfant du village qui a capté des voix de tout le monde, ce qui pourrait nous être favorable. En tout cas, dans cette configuration, la dynamique est en ma faveur pour l’élection », espère-t-il.

Si les voyants semblent plutôt au vert pour Julien Potel, Amélie Parraud (27,36 %), arrivée en 2e position à l’issue du 1er tour des élections ce dimanche 15 mars, considère, elle, que « tout est encore jouable » car « nous n’étions qu’à 152 voix du candidat RN ». Celle qui dit n’avoir jamais envisagé de fusion repart donc avec la même équipe. Elle regrette, en revanche, le maintien de Laurianne Raweliffe (16,90 %) : « La 3e candidate a récolté 11 points de moins et décide de se maintenir alors qu’elle n’est pas en capacité de remporter le scrutin ». « Nous sommes les seuls à n’avoir aucune étiquette politique, nous avons fait le choix de parler à tout le monde », poursuit-elle, insistant : « le seul vote utile pour le 2nd tour, c’est le nôtre ».

Laurianne Raweliffe se réjouit, quant à elle, « d’avoir créé une belle surprise ». Elle assure n’avoir jamais hésité à se maintenir, malgré certaines pressions. « Je trouve regrettable que la liste d’Amélie Parraud n’ait pas su se rassembler pour faire barrage naturel contre le RN », partage-t-elle. « Quand on a vu le score de Julien Potel et le sien, nous nous sommes rapprochés de Joël Diago et Bernard Cuadras. Mais ils ont décidé de se retirer », poursuit la candidate qui tiendra une réunion publique ce 20 mars à la salle Jo-Cazach. La proximité de son programme avec celui de Joël Diago lui laisse espérer un « coude à coude » avec Amélie Parraud. « Si on s’était retiré, il ne serait resté que deux listes et les 42 % qui n’ont voté ni pour Potel ni Parraud n’auraient plus eu personne pour qui voter. Donc là, dimanche, je pense qu’une surprise est encore possible. »

Laura Morales (L’Indépendant, le 19 mars 2026)

2ème tour des municipales 2026. Triangulaire à Elne : les abstentionnistes au ventre des attentions.

À Elne, les listes d’extrême droite, de gauche et du centre en lice pour le second tour multiplient actuellement les initiatives pour tenter de mobiliser les 36,4 % d’abstentionnistes de dimanche dernier.

Convaincre les 2 772 électeurs qui se sont abstenus ce dimanche 15 mars. Tel semble être l’un des principaux enjeux de cette campagne d’entre-deux-tours à Elne, où les habitants auront à choisir ce dimanche entre trois candidats au poste de maire. À savoir : Steve Fortel, dont la liste classée l’extrême droite est arrivée en tête du premier tour avec 39,1 % des suffrages, André Trives (divers gauche) qui a recueilli 36,4 % des voix et Marie-Ange Izquierdo (divers droite) qui a réalisé un score de 19,7 %.

Porte-a-porte, moyens numériques ou activation de leurs différents réseaux…
Actuellement, les candidats des listes en concurrence se démènent pour tenter de mobiliser les électeurs.

« L’enjeu est clair », estime Steve Fortel, qui dénonce un climat « extrêmement tendu », « notamment sur les réseaux sociaux. Les Illibériens ont le choix entre le changement et l’équipe sortante de Trives-Garcia. Nous sommes pour le changement, pour le rassemblement. Malgré la nuance imposée par la préfecture, contre laquelle nous allons intenter un recours au tribunal administratif, nous présentons une liste sans étiquette avec des gens de toutes sensibilités. »

127 voix entre Steve Fortel et André Trives De son côté, André Trives est optimiste concernant la construction du « bloc républicain et démocrate » qu’il appelle de ses vœux. « Les habitants ont conscience de ce qu’il se passe », assure-t-il. « Steve Fortel tente de nous faire croire que son engagement à l’extrême droite, c’est du passé, mais nous ne sommes pas dupes. Je ne veux pas que mon village soit divisé. L’heure est au rassemblement pour empêcher que la ville tombe dans l’extrémisme et l’inertie, mais aussi pour faire évoluer notre projet ensemble, en fonction des attentes de chacun. »

Quant à Marie-Ange Izquierdo, qui a finalement décidé ce mardi de se maintenir après avoir pris un temps de réflexion, elle assume pleinement ce choix. « Les membres de notre collectif ont voté à la majorité pour le maintien », rappelle-t-elle. 127 voix séparent Steve Fortel et André Trives. « Notre score représente plus de sept fois cet écart. Un électeur sur cing nous a fait confiance et 64 % se sont exprimés pour le changement. Nous refusons de les laisser sans réelle alternative. En nous maintenant, nous leur donnons le choix d’une voie modérée et d’une vision moderne. »

Lequel de ces candidats parviendra à convaincre le plus d’Illibériens ? Réponse ce dimanche soir.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 19 mars 2026)

L’édito du TC par René Granmont. Vigilance contre l’extrême droite

« Quand les blés sont sous la grêle. Fou qui fait le délicat. Fou qui songe à ses querelles. Au cœur du commun combat »
Louis Aragon (1943)

Le premier tour des élections municipales, marqué par son lot de surprises, a dessiné un paysage politique inquiétant. Ce scrutin est celui qui est le plus proche de la vie quotidienne de tout un chacun. Le cadre de vie, la santé, l’éducation, la vie associative, la vie culturelle, sportive, la sécurité, … autant de domaines où, malgré la politique d’austérité que le gouvernement leur impose, un maire, son conseil municipal peuvent répondre aux besoins de la population. Et pourtant trop peu de Français se sont déplacés aux urnes à cette occasion.

C’est la terrible preuve que nombre de nos concitoyens ne croient plus en la capacité de la politique à changer leur quotidien. Il est évident que la non-prise en compte des résultats des dernières législatives par le pouvoir n’a fait que les confirmer dans cet état d’esprit. L’élection montre donc un peu plus la faillite du macronisme. Non seulement, d’un point de vue électoral, pour les candidats qui s’en réclament, mais plus largement quant à l’état de la société française. Après des années de présidence Macron, elle est plus fracturée que jamais.

Et l’extrême droite, elle, n’a jamais été aussi forte. Aussi, dès dimanche prochain, pour le second tour dans les communes où sont en lice des listes, avouées ou non, du Rassemblement national, tout électeur de gauche, tout démocrate, doit par son vote faire barrage à l’extrême droite.

La majorité des communes a déjà élu son maire dès le premier tour et l’immense majorité d’entre eux s’est présentée en affichant aucune étiquette politique. Mais qui choisiront-ils au moment des votes pour l’intercommunalité ? Pour qui voteront-ils au moment des élections cantonales ? Ces différents scrutins risquent forts d’être une mauvaise surprise pour certains électeurs… Car difficile de croire que l’absence d’étiquette ne cache pas, dans un certain nombre de cas, une sympathie, une proximité avec le Rassemblement national…

Face à cette montée de l’extrême droite, face à la droite qui lui ouvre de plus en plus les bras, l’ensemble des forces démocratiques, des forces de gauche et républicaines doit prendre ses responsabilités. Il est temps de dépasser les petits calculs politiciens pour se rassembler contre la menace brune. Et de participer massivement à la manifestation organisée à l’appel de Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes, samedi 21 mars à Perpignan.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4108 – vendredi 20 mars 2026)

L’édito de René Granmont. Vigilence contre l’extrême droite
Annonces
Nos peines
Libérez Christophe Gleizes

Focus Premier bilan d’un premier tour

Vote n°1, l’abstention
À gauche, l’union, clé des villes
Pour les communistes : poursuivre les dynamiques de gauche
Le Rassemblement national reste en dessous de ses objectifs
La France insoumise, des succès et des ratés

L’événement – Municipales 2026

P.-O. analyse. Verdict contrastés des urnes
Faire barrage au RN et élire des listes porteuses de valeurs de progrès
Perpignan. Préparer l’avenir
Vernet-mes-Bains. Pierre Serra, le nouveau maire
Alénya. Très belle victoire de Jean-André Magdalou
Canet-en-Roussillon
Prades. La gauche pourrait l’emporter
Elne. Secousse à Elne
Rivesaltes. La gauche, meilleur barrage contre le RN
Cabestany. Amplifier la dynamique !

Département

Travail du dimanche. Une majorité pour le « oui, mais… »
Sûreté/Sécurité. La LDH 66 ouvre la boite aux bonnes idées
Premier Mai. Le doigt dans l’angrenage de la suppression
Manifestation. L’autre VISA
Coup de gueule. Très belle réussite du privé…
Train Jaune. Pour une navette tôt le matin, tard le soir
Florian Talles. Le photographe qui révèle les Pyrénées-Orientales sous un autre angle
En Català. Les cinc arques Capitol 7 (1)

Culture

Où sortir ?
Théâtre du réel. Femmes combattantes
Concert. Thomas Enhco, pianiste virtuose de l’improvisation

France

Hausse des prix Bloquez les prix de l’essence !

Monde

Vers une crise mondiale
Proche-Orient. Lee séisme de la guerre en Iran

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Et maintenant…

Découvrez d’autres articles chaque semaine sur le site
N’oubliez pas chaque semaine, s’informer pour agir
Le bulletin d’abonnement
Rendez-vous également sur la page Facebook du TC, Twitter et Instagram
pour suivre les actualités tout au long de l’année

Thierry Coville. « L’Iran et Israël veulent une guerre longue » (La Marseillaise)

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé, mardi, « l’élimination » d’Ali Larijani, l’un des principaux dirigeants iraniens, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, après des frappes menées dans la nuit en Iran par l’armée israélienne. Un nouveau coup dur pour Téhéran dans cette guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine sur la République islamique et qui s’étend à toute la région. À ce stade, le pouvoir iranien n’a pas confirmé ces morts et demande à son peuple à se manifester « sur toutes les places des villes » pour un « rassemblement populaire afin de déjouer les complots potentiels des ennemis sionistes ».
Entretien avec Thierry Coville est chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste de l’Iran.

La Marseillaise : Israël a annoncé avoir tué Ali Larijani, présenté comme le dirigeant de facto de l’Iran depuis l’assassinat d’Ali Khamenei. Que représenterait sa mort ?

Thierry Coville : Le pouvoir iranien est très opaque, mais j’avais la perception que depuis la guerre des douze jours comme on l’appelle, Ali Larijani avait pris des fonctions importantes. En tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, il était un des personnages clés du système politique iranien. Si sa mort est confirmée, c’est un coup dur, oui. C’était un conservateur, mais d’un courant plutôt pragmatique. Il a eu un rôle en matière de diplomatie au début des années 2000 sur la question nucléaire, en négociation avec les Européens. Pour donner une idée de son importance, certains parlaient de lui comme une porte de sortie pour l’après-guerre. Il aurait pu être capable de mener un gouvernement de transition. Tout en restant très prudent, je pense que sa mort met les Pasdaran (Corps des gardiens de la révolution islamique) à la manœuvre aujourd’hui. Mojtaba Khamenei est d’ailleurs très proche d’eux, c’est pour cela qu’il a été nommé comme successeur du guide. On a un pouvoir iranien qui se radicalise et dont la stratégie est de faire durer la guerre.

La Marseillaise : Israël et les États-Unis ont sous-estimé les capacités de défense iraniennes ?

Thierry Coville : Concernant Israël, c’est difficile à dire, parce qu’on voit très bien qu’ils veulent que le conflit dure. Côté américain, la réponse est oui, puisqu’on commence à comprendre que Donald Trump n’avait pas vraiment de raison de commencer cette guerre qui ne respecte aucune règle du droit international. L’Iran ne constitue pas une menace directe au plan balistique, ni nucléaire, pour les États-Unis. Donald Trump dit une chose et son contraire le lendemain. Dans son premier discours, il avait annoncé qu’il bombarderait l’Iran pendant trois semaines et préviendrait les Iraniens quand ils pourraient sortir dans la rue. Des propos lunaires et méprisants. D’autant qu’on commence à voir que c’est un petit peu plus compliqué que ça. L’élément qui fait réfléchir beaucoup de gens, c’est la fermeture du détroit d’Ormuz. Comment n’y avait-il pas pensé ? On sent beaucoup d’improvisation. Il en est réduit à demander l’aide des pays occidentaux.

La Marseillaise : Israël et l’Iran veulent faire durer ce conflit ? Pourquoi ?

Thierry Coville : L’Iran et Israël veulent une guerre longue, mais pas pour les mêmes raisons. L’Iran a une stratégie de guerre asymétrique. Ils ne font effectivement pas le poids sur le plan des forces militaires parce qu’ils n’ont pas la maîtrise de l’espace aérien. Mais ils sont prêts à accepter beaucoup de pertes, avec l’idée de faire subir des pertes importantes à l’ennemi pour qu’il regrette d’avoir lancé cette guerre. Le contrôle du détroit d’Ormuz rentre complètement dans cette logique. Ils ont bien identifié que Donald Trump ne pouvait pas se permettre d’avoir une hausse du prix de l’essence aux États-Unis. Ils ont intérêt à ce que le conflit dure, à moins qu’il y ait une proposition d’un cessez-le-feu acceptable de la part des Américains. Je ne suis pas spécialiste des questions israéliennes, mais de l’extérieur, il semble qu’Israël veuille faire durer le conflit et affaiblir au maximum la République islamique d’Iran, ses programmes balistique et nucléaire. L’objectif est de provoquer une telle désorganisation dans le pays qu’il puisse y avoir un changement de régime.

La Marseillaise : Et pourtant, on sait que les opérations similaires ont toutes échoué dans la région au détriment des peuples…

Thierry Coville : L’Iran est un pays très compliqué et prévoir ce qu’il va s’y passer est impossible. Mais c’est un fait, toutes les expériences similaires dans la région ont été catastrophiques. L’autre élément important est qu’il n’y a pas une opposition politique en Iran qui fasse consensus à l’intérieur du pays, qui soit organisée, capable de renverser le régime et surtout qui ait les moyens de prendre les armes. La seule force d’opposition identifiée par les Iraniens, c’est le fils de l’ancien chah Reza Pahlavi, mais il ne représente pas une porte de sortie pour tous les Iraniens. Dans les scénarios qu’on voit, le régime pourrait rester en place, d’autant qu’il a encore le soutien de millions d’Iraniens. Une autre possibilité, c’est une guerre civile.

La Marseillaise : Quid des victimes à ce stade ?

Thierry Coville : Il y aurait déjà un peu plus de 1 300 victimes civiles en Iran. Un chiffre qui est sans doute sous-estimé. Cette idée d’attaquer un pays sans respecter le droit international, avec pour but une évolution politique très incertaine, sans parler des victimes civiles, c’est très dommageable et injustifiable. Effectivement, il y a eu une répression sauvage en Iran en janvier avec des estimations entre 20 000 et 30 000 victimes, ce qui est gigantesque. Ce n’est jamais arrivé en Iran depuis la Révolution. Cela justifie-t-il de ne pas prendre en compte les victimes civiles dans ce conflit ? Si le droit international n’existe plus, c’est la loi de la jungle et c’est dangereux pour tout le monde.

La Marseillaise : Que signifierait une radicalisation du régime pour la population ?

Thierry Coville : La population iranienne demande la démocratie et l’état de droit. Quand Trump est sorti de l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, il a réimposé des sanctions, ce qu’il a appelé une politique de pression maximale contre l’Iran. Le pays a pris 15 ans d’inflation à 40% directement liés à ces sanctions. Et les Européens n’ont rien dit. La population iranienne est épuisée par les sanctions. Une partie des Iraniens est tellement en colère contre le pouvoir actuel que certains se sont réjouis quand les attaques américaines et israéliennes ont commencé. Mais cela commence à changer parce que les gens sont très inquiets face à la guerre, à l’ampleur des destructions et craignent l’après car ils voient un pouvoir iranien de plus en plus radical. Ils ont peur que la répression de janvier se reproduise.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 18 mars 2026)

76% de la population a renoncé aux soins ces cinq dernières années (L’Indep)

La Fédération hospitalière de France a mené une enquête, déclinée en région, sur l’accès aux soins. Elle estime que « la situation est alarmante ».

« Les difficultés d’accès aux soins s’installent durablement dans le quotidien des Français », alerte Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF).

C’est la principale conclusion d’une enquête menée par la FHF pour la troisième année consécutive, sur la base d’un sondage Ipsos/BVA, auprès de 2 500 personnes en France, 200 en Occitanie. La publication, le 17 mars, n’est pas choisie au hasard : c’est l’anniversaire du premier jour de confinement en 2020.

« Les résultats sont aussi clairs que préoccupants. Le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous médical continue à se dégrader », note la FHF. L’enquête montre des disparités territoriales : « La problématique est accentuée en Centre-Val-de-Loire ou Franche-Comté, et des régions plus épargnées comme Paca, Nouvelle-Aquitaine. Ça va un peu mieux en Occitanie mais c’est une région où il y a des grandes disparités », précise Adélaïde Zulfikarpasic, directrice générale du pôle société Ipsos.

Que dit l’enquête ? « S’il fallait ne retenir qu’un chiffre, ce sont ces 73 % de Français qui ont renoncé à un soin ces cinq dernières années. Le délai d’obtention d’un rendez-vous médical se dégrade, + 10 points en deux ans, soit 7 millions de personnes concernées en plus », résume Zaynab Riet, qui rappelle que dans ce contexte, « on se tourne vers les urgences hospitalières ». Les moins de 35 ans sont en première ligne : 85 % ont renoncé aux soins, contre 58 % chez les 60 ans et plus.

Et si « 85 % des Français se disent révoltés » par la situation, ils « font la distinction entre un système qui se fragilise et des acteurs qui continuent de tenir ».

Mieux en ophtalmologie

En Occitanie, 76 % de la population a renoncé à un acte de soins, au-dessus de la moyenne nationale.

En France, le temps moyen d’attente pour obtenir un rendez-vous santé, est, selon les personnes interrogées : de 12 jours pour un médecin généraliste, trois semaines et deux jours pour un pédiatre, deux mois chez le gynécologue et le psychiatre, deux mois et trois semaines chez l’ophtalmologiste, trois mois et deux jours pour un cardiologue, quatre mois et deux semaines pour un dermatologue.

Ces délais d’attente progressent. Par exemple, pour l’accès au généraliste, c’est + 2 jours par rapport à mars 2024, et + 8 jours par rapport à 2019. « C’est énorme », insiste Adélaïde Zulfikarpasic. Pour un ORL, c’est + 1 mois, un cardiologue, + 3 semaines.

Seule une spécialité est relativement épargnée : l’ophtalmologie. Il fallait 2 mois et 3 semaines pour obtenir un rendez-vous en mars 2024 contre 3 mois et une semaine en 2019.

En Occitanie, il faut 2 semaines pour voir un généraliste, 4 pour un pédiatre, 9 pour un psychiatre, 10 pour un gynécologue et un ORL, 12 pour l’ophtalmologiste, 14 pour le cardiologue, 22 pour le dermatologue.

Si les délais d’attente sont le principal motif de renoncement aux soins (59 % en France, 62 % en Occitanie), les raisons budgétaires (38 % en Occitanie) ou l’accessibilité (distance par rapport au domicile, 39 % en Occitanie) sont aussi évoquées.

« Perdus » aux urgences

Cette situation a un impact direct sur la fréquentation des urgences hospitalières, 29 % des personnes y arrivent « parce qu’elles ne savaient pas à qui s’adresser », note la FHF, « parce qu’il a été impossible d’obtenir un rendez-vous pour 27 % d’entre elles ». « Ce sont des gens un peu perdus », dit la FHF.

Les autres motifs de fréquentation des urgences pour une raison injustifiée, hors de l’urgence médicale, sont : pour réaliser des examens complémentaires (27 %), par habitude (14 %), parce qu’un généraliste ou un spécialiste leur a refusé un rendez-vous (18 %), pour ne pas avancer les frais (10 %). « Il y a un travail de pédagogie à faire. » En France, 53 % de la population (52 % en Occitanie) a déjà vécu un retard de soins à l’hôpital ces cinq dernières années. C’est 68 % chez les moins de 35 ans.

« Après la crise du Covid, nous nous étions dit : « Plus jamais ça » », rappelle pourtant Zaynab Riet. L’enquête est aussi en phase avec la situation politique, dans le contexte des municipales : « La question est profondément territoriale. Les élus locaux jouent un rôle central sur la question de l’accès aux soins sur leur territoire. » Et la présidentielle à venir sera une autre échéance essentielle : « La question de la santé est quasiment une question d’aménagement de territoire. Des mesures ont amélioré la situation, mais l’accès aux soins continue de se dégrader. »

Hôpitaux en difficulté

Pour Adélaide Zultikarpasic, « il faut faire prendre conscience des enjeux » aux futurs candidats. « La santé est la préoccupation numéro un des Français et la campagne de 2022 avait très peu abordé le sujet. »

Avec quelles solutions ? « Former plus de médecins en partant des besoins, travailler au maillage du territoire pour mieux mailler l’accès aux soins », conclut la FHF. Mais « les besoins augmentent plus vite que le nombre de professionnels formés ».

Car l’hôpital ne pourra pas rester un éternel recours : les séjours y ont progressé de + 5 % en 2025. Et + 6 % en décembre, + 7 % dans les CHU. En 2024, 9 millions de personnes ont été prises en charge à l’hôpital public, dont la situation financière est fragile, rappelle la FHF qui estime à 2,7 Md€ le déficit des établissements publics de santé en 2025.

Sophie Guiraud (L’Indépendant, le 18 mars 2026)