Jaurès, une pensée libre assassinée il y a 112 ans (La Marseillaise)

Ce 31 juillet marque la date anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès. Peu d’hommes de pensée et d’action ont autant que Jaurès fait l’objet d’opérations de « récupération » de leur mémoire.

Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné par un nationaliste. Il est la première victime de la guerre. Son enterrement, le 4 août, coïncide avec le début du conflit.

La pensée de Jaurès était éminemment libre, toujours en mouvement, liée intimement à l’action politique, mais aussi à la recherche historique et philosophique.

Alors que les calomnies les plus infâmes de la réaction ont justifié par avance, sinon armé, le bras de son assassin, des hommes et femmes politiques de droite et d’extrême droite aujourd’hui, héritiers de cette réaction et falsificateurs de l’histoire osent se réclamer de Jaurès, sans la moindre vergogne.

Collaborateur de la Dépêche

Né le 3 septembre 1859, à Castres dans le Tarn, ce brillant élève du lycée de la ville est reçu premier à l’ENS de la rue d’Ulm, puis troisième à l’agrégation de philosophie. Il enseigne d’abord au lycée d’Albi, ensuite à la Faculté de Toulouse. Élu député en 1885, il fait partie des républicains qui soutiennent la politique des gouvernants de l’époque, notamment celle de Jules Ferry.

Docteur ès lettres en 1892, il continue son activité politique évoluant dans la mouvance radicale-socialiste. Il est aussi un collaborateur régulier de La Dépêche de Toulouse future Dépêche du Midi.

Aussi conseiller municipal de Toulouse, puis rapidement maire adjoint à l’instruction publique. Il écrit dans La Dépêche le 4 juin 1892 dans le contexte de l’affaire Dreyfus, « c’est qu’au fond, il n’y a qu’une seule race, l’humanité ». Ses mots résonnent dans la France de 2026.

Les grèves des mineurs de Carmaux de 1892 à 1895 vont le voir s’engager résolument de leur côté. Il comprend alors que le prolétariat comme classe a en mains la clé du devenir de l’humanité ; il est la force sociale fondamentale capable de briser le système de la propriété privée des moyens de production, le système capitaliste. La classe ouvrière est la seule classe qui n’a aucun intérêt distinct de celui de la société globale, en conséquence, elle est la classe porteuse de l’avenir.

Libre penseur et fort de sa vaste culture il connaît l’histoire et le rôle joué par l’Église au travers des siècles. C’est dans ce contexte qu’il a lutté contre l’obscurantisme, défendu l’émancipation et œuvré pour l’élaboration et le vote de la loi de séparation entre les Églises et l’État.

Fondateur de l’Humanité

En 1904, Jean Jaurès est l’un des fondateurs du quotidien L’Humanité. Et le rôle de ce quotidien est capital dans cette période. Le journal est de toutes les luttes. Il dénonce la catastrophe de Courrières et soutient les revendications ouvrières, tente d’arracher la France au « guêpier marocain » et surtout se dresse contre le péril de la guerre. Le 31 juillet, dans son ultime éditorial, Jaurès écrit : « C’est à l’intelligence du peuple, c’est à sa pensée que nous devons aujourd’hui faire appel si nous voulons qu’il puisse rester maître du sol, refouler les paniques, dominer les événements et surveiller la marche des hommes et des choses pour écarter de la race humaine l’horreur de la guerre ».

Jaurès, symbole du pacifisme

Jean Jaurès aura lutté contre la guerre les dix dernières années de sa vie. « Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage » disait-il. Il s’oppose notamment à la loi des Trois ans qui veut augmenter la durée du service militaire de 2 à 3 ans pour préparer l’armée française à une guerre avec l’Allemagne. Mais elle sera adoptée malgré son discours devant 150 000 personnes le 25 mai au Pré Saint-Gervais donnant lieu à la célèbre photo de Maurice-Louis Branger. Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné. La mort de la figure emblématique du pacifisme a été suivi du ralliement de la gauche française à « l’union sacrée ».

Alain Mila (La Marseillaise, le 31 juillet 2026)

Palestine. Chistine Hernandez : « Chaque olivier planté est un acte de résistance » (La Marseillaise)

Une délégation du Parti communiste français (PCF), rassemblant plusieurs fédérations, s’est rendue en Cisjordanie, du 10 au 22 juillet, dans le cadre d’une campagne intitulée « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine »(*). L’initiative, lancée en 2025 par les communistes du Val-de-Marne, avant d’être reprise au niveau national, est menée en collaboration avec l’Association des agronomes arabes (AAA), basée à Ramallah. Son objectif : apporter un soutien concret au peuple palestinien face à l’occupation et la colonisation israélienne. Pour l’heure, 54 000 euros ont été récoltés et plus de 11 000 oliviers, symboles de l’identité palestinienne, ont été plantés.
Christine Hernandez, coordinatrice de la campagne nationale du Parti communiste « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine », revient sur l’intérêt d’une résistance par la terre en Cisjordanie occupée, après une visite de 12 jours sur place.

La Marseillaise : Comment est née la campagne du PCF « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine », dont vous êtes la coordinatrice ?

Christine Hernandez : La campagne est née au mois d’avril 2025, à l’initiative du Parti communiste français (PCF) du Val-de-Marne, à l’occasion de la Journée internationale de la Terre. La fédération souhaitait s’engager pour la Palestine, mais dans le cadre d’un projet concret de solidarité politique et financière, tout en menant une bataille politique pour l’existence d’un État libre et souverain en Palestine. Le PCF du Val-de-Marne avait déjà fait une campagne de solidarité, appelée « Urgence Gaza, Urgence Palestine », qui avait récolté plus de 25 000 euros.
Cette fois, l’idée était de créer une nouvelle campagne pour la Cisjordanie occupée, où existe une grave problématique de spoliation de la terre, de colonisation et d’annexion. Est donc venue l’idée d’une campagne de plantation, pour défendre une réappropriation des terres, devenue nationale en mai 2025.

La Marseillaise : Le choix des oliviers est très symbolique…

Christine Hernandez : L’olivier, en plus d’être un symbole culturel de l’identité palestinienne [pour son lien avec la terre, son ancienneté et sa longévité, Ndlr], représente aussi la paix, comme l’a défendu Yasser Arafat [leader de l’Organisation de libération de la Palestine entre 1969 et 2004 et président de l’Autorité nationale palestinienne de 1996 à 2004], dans son discours devant l’ONU en 1974.

L’olivier est par ailleurs la cible de la colonisation israélienne depuis toujours. Depuis 1948 [année de création de l’État d’Israël, qui débouche sur la première guerre Israélo-Arabe, Ndlr], avec les expulsions et les accaparations de terres, mais surtout depuis la guerre des Six jours de 1967 [depuis laquelle une grande partie de la Cisjordanie est occupée par Israël, illégalement au regard du droit international, Ndlr]. Au total, un million d’oliviers ont été arrachés depuis le début de l’occupation militaire israélienne en 1967, dont 50 000 après le 7 octobre 2023.

La Marseillaise : Les colons les brûlent, les détruisent ou les arrachent pour que les Palestiniens ne puissent plus vivre de leur production agricole.

Christine Hernandez : La campagne permet donc à la fois de soutenir les agriculteurs, de contribuer au maintien d’une souveraineté alimentaire, puisqu’on fait tout avec l’huile d’olive, mais participe aussi du maintien de l’existence d’un État de Palestine. En effet, planter permet de protéger les terres de la spoliation et de l’occupation militaire. Chaque olivier planté est donc un acte de résistance.

La Marseillaise : Quel est pour l’instant le bilan de la campagne, lancée il y a plus d’un an ?

Christine Hernandez : Depuis le début de l’opération, des communiqués de presse ont été diffusés partout en France, les fédérations se sont investies, des ventes militantes se sont également organisées dans les marchés ou lors d’événements politiques du parti. Cette mobilisation nous a permis d’obtenir, à ce jour, 54 000 euros et de planter plus de 11 000 oliviers en Palestine. 366 familles ont pu en bénéficier. Nous avons désormais un nouvel objectif de 100 000 euros pour poursuivre notre action.

La Marseillaise : Une délégation du parti, rassemblant de nombreuses fédérations, s’est rendue en Cisjordanie du 10 au 22 juillet, dans le cadre de la campagne. Avez-vous pu constater ses impacts sur le terrain ?

Christine Hernandez : Nous avons visité plusieurs villages de Cisjordanie occupée, notamment Sebastia, un village agricole situé au nord de Naplouse et qui a vu ses terres complètement confisquées. Grâce à cette campagne, des oliviers ont pu être réimplantés là où d’autres avaient été arrachés. Nous sommes donc directement allés voir les plantations. Certains oliviers ont été plantés dans des endroits très protégés, en dehors de la colonisation, d’autres plus près des zones occupées. Nous tentons en fait de répondre à deux problématiques. D’abord, celle des attaques faites aux agriculteurs, qui voient leurs arbres arrachés et qu’il faut donc remplacer. Ensuite, celle induite par la loi israélienne sur la propriété des absents, qui permet aux colons de s’approprier les terres non-exploitées, d’où l’importance de replanter partout.

La Marseillaise : L’idée était aussi de contribuer à l’émergence de jumelages entre communes françaises et palestiniennes…

Christine Hernandez : Développer les coopérations entre villes françaises et palestiniennes était en effet un axe important que devait porter la délégation. L’objectif est de pérenniser ces coopérations sur la base, par exemple, de l’agriculture, de la jeunesse ou d’autres formes d’échanges. L’idée est de légitimer notre solidarité internationale et de l’inscrire dans la durabilité. La reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron n’a été suivie d’aucun acte politique fort. Pourtant, elle est insuffisante. Les jumelages permettent de légitimer institutionnellement toutes les relations avec les villes palestiniennes et c’est en ce sens qu’ils sont importants. Un jumelage pourrait d’ailleurs se concrétiser avec Sebastia.

La Marseillaise : Vous avez aussi rencontré des acteurs locaux de la résistance…

Christine Hernandez : Nous avons rencontré l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), au sein de laquelle figure le Parti du peuple palestinien, qui correspond au Parti communiste palestinien. La campagne a été saluée comme étant un espoir pour le peuple palestinien. Les Palestiniens sont unanimes. Aujourd’hui, le constat est très aggravé. Mais cette campagne suscite un espoir. Elle permet de protéger la terre. Une chose est sûre, les Palestiniens cultivent l’espoir de rester sur leur terre. Et ils ont besoin, pour ça, d’une réelle solidarité internationale. La campagne permet d’y contribuer. L’olivier, c’est la paix, c’est l’espoir.

Entretien réalisé par Margot Milhaud (La Marseillaise, le 31 juillet 2026)

(*) Lien pour la cagnotte sur Hello asso ou sur le site du PCF.

Valmanya. Commémoration des combats de La Pinosa et de l’incendie de Valmanya, ce dimanche 2 août (L’Indep)

Voici 82 ans que Julien Panchot, des résistants, des habitants, furent assassinés et le village de Valmanya incendié pour la défense de la liberté et de la République. Les 1er et 2 août 1944, l’armée allemande nazie et les francs gardes de la milice pillent et incendient le village de Valmanya, avant d’attaquer le maquis et les guérilleros espagnols, aux mines de La Pinosa. Dès le 1″ août, dans une action combinée, les forces allemandes et la milice convergent vers les maquis, par la route de Vinca, la crête de la Cirera et du Barbet, et par le col de Palomère, après être passées à La Bastide et y avoir exécuté trois personnes, guérilleros et civils. La colonne venant de Vinça, d’abord retardée par des groupes de maquisards, en aval de Valmanya, atteint le village. La population, grâce à l’intervention des maquisards, aura le temps de s’enfuir, dans la montagne, pour échapper à un massacre inévitable, en représailles à son engagement. En effet, Valmanya, par le réseau Sainte-Jeanne, par la mobilisation du groupe Franc de René Horte, par les actions du maquis Henri Barbusse, sous le commandement, à l’époque, de Julien Panchot, a montré, avec le soutien effectif d’habitants, que le village avait fait le difficile choix du combat, pour résister au fascisme et à l’infamie. Le pillage de Valmanya commence alors, destruction des maisons, à la dynamite, incendies… Les forces de la milice et allemandes s’en prennent à la rare population restée sur place. Deux anciens du village, Pierre Baux et Jacques Romeux, deux ouvriers agricoles espagnols, Emitério Barrena et José Gimeno, sont exécutés, sur place. Une habitante est également violée, dans des conditions insoutenables. En même temps, l’action militaire se poursuit. La majorité des maquis peut s’échapper par les cols, aidée en cela par l’action de quelques maquisards FTP, sous le commandement de Julien Panchot, restés à La Pinosa pour assurer les arrières. Blessé, Julien Panchot est atrocement torturé, avant d’être exécuté, contre le mur de la cantine des mines de La Pinosa.

En souvenir, le maire de Valmanya, Serge Boyer et le conseil municipal, invitent tous les citoyens à venir se recueillir et rendre hommage aux combattants et aux victimes, ce dimanche 2 août à 11 h, à Valmanya. Cette cérémonie du 82° anniversaire des combats de La Pinosa et de l’incendie du village sera présidée par le préfet des P.-O. Pierre Régnault de la Mothe.

L’Indépendant, le 31 juillet 2026

Banyuls-sur-Mer. Le Petit Festival célèbre dignement la mémoire de Leila Shahid (L’indep)

Après une soirée d’ouverture particulièrement réussie, marquée, à l’Espace Méditerranée, par les prestations très applaudies du guitariste Seb Martel et du funambule Pierre Déaux, puis par l’inauguration officielle, dans le patio des Neuf Caves, la sixième édition du Petit Festival de la Côte Vermeille a changé de tonalité, ce mercredi 29 juillet, a l’occasion d’une journée d’hommage a Leila Shahid, disparue en février dernier.

Ancienne déléguée générale de la Palestine, en France, puis auprès de l’Union européenne, diplomate reconnue et infatigable defenseure du dialogue entre les peuples, Leila Shahid incarnait. une voix écoutée, respectée et profondément humaniste.

Les organisateurs ont choisi de lui rendre hommage, sans solenité excessive, en restant fidèles à ce qui faisait sa force : la rencontre, la réflexion et le partage.

Un hommage à hauteur de femme

En préambule à la projection du documentaire Leila Shahid, l’espoir en exil de Baudouin Koenig et Michèle Collery-Razerka Lavant, fondatrice et directrice artistique du Petit Festival, a invité le public à découvrir, ou re découvrir, une femme dont l’engagement dépassait largement le seul cadre diplomatique. Sans chercher à délivrer un message, elle a expliqué avoir souhaité ouvrir une porte sur une personnalité, laissant, à chacun, la liberté de se forger son propre regard.

Tout au long de la journée, le festival a fait dialoguer les formes d’expression. La performance « Émeute », réunissant Thi Mai Nguyen et Marion Faure ; la rencontre « Le Houmous et le Pain, un plat de résistance ? », associant Louise Vialaneix et Caroline Fernandez ; puis, les lectures, la musique et les échanges, ont constitué autant de regards portés sur une même réalité, avec la volonté constante de faire de la culture un espace de dialogue.

La culture comme trait d’union

Loin des discours convenus, l’hommage a trouvé sa force dans sa simplicité. Les différentes propositions artistiques ont dessiné le portrait d’une femme de conviction, attachée a la paix. au dialogue et à la dignité humaine.

Le public, particulièrement attentif, a accompagné ces moments avec une émotion discrète mais palpable.

En refermant celle journée, le Petit Festival a confirmé ce qui fait son identité, depuis sa création : proposer bien davantage qu’une succession de spectacles. Un lieu où l’art nourrit la réflexion, où les rencontres prennent le temps d’exister et où la culture devient, l’espace de quelques heures, un véritable langage commun.

Yves Andrieu (L’Indépendant, le 31 juillet 2026)

Cabestany. Des riverains vent debout contre une nouvelle antenne-relais SFR (L’Indep)

Réunis en collectif, les habitants dénoncent une implantation, à quelques dizaines de mètres de leurs maisons. La municipalité reconnaît ne pas avoir su s’y opposer à temps et promet d’engager des discussions, avec l’opérateur, pour obtenir un déplacement du pylône.

L’apparition soudaine d’une antenne-relais SFR sur un terrain privé appartenant à Chausson Matériaux, à une cinquantaine de mètres des premières habitations, suscite une vive colère à Cabestany. Réunis en collectif, les riverains ont convié les élus municipaux afin d’obtenir des explications et de faire entendre leurs revendications.

« Le 17 juillet au matin, il n’y avait rien devant chez moi. À midi, en rentrant de la plage, l’antenne était debout. Les engins sont arrivés et tout s’est fait très vite », raconte un habitant.

En seulement deux jours, une pétition en ligne a déjà recueilli 131 signatures, tandis que les riverains poursuivent le tractage dans les quartiers voisins.

Le collectif ne remet pas en cause la nécessité d’assurer la couverture mobile du territoire, mais estime que d’autres solutions existent. Dans un communiqué lu lors de la réunion, les habitants rappellent que les opérateurs peuvent mutualiser leurs équipements ou privilégier des emplacements plus éloignés des habitations, quitte à investir davantage. Ils soulignent qu’à plusieurs reprises par le passé, la commune avait obtenu le déplacement de projets similaires afin de préserver les riverains.

Les inquiétudes portent autant sur la proximité de l’installation que sur ses conséquences.

« Nous craignons une dépréciation de nos biens et nous nous interrogeons sur les effets de cette antenne 5G sur la santé », expliquent-ils. Les habitants regrettent également de n’avoir jamais été informés directement. « L’affichage était peut-être conforme, mais personne dans le lotissement n’a été averti ».

Face à eux, le premier adjoint Hervé Blanchard a reconnu les limites de l’action municipale. « Ce n’était pas notre souhait qu’une antenne soit installée ici. Nous aurions dû nous opposer au projet plus tôt. Nous nous sommes ratés », admet-il. Après vérification, la commune indique toutefois que l’ensemble des procédures administratives a été respecté, notamment l’affichage réglementaire, constaté par huissier.

Pour autant, les élus assurent ne pas baisser les bras. « L’antenne n’est pas encore en service et les travaux ne sont pas totalement achevés. Nous avons déja pris contact avec SPR-Bouygues pour rechercher une solution et étudier un de placement de l’installation », poursuit Hervé Blanchard, précisant que la voie juridique apparait aujourd’hui très limitée.

Même constat pour James Gillon, élu à l’environnement, qui rappelle que la réglementation a évolué. « Les procédures ont été largement simplifiées pour les opérateurs. Une simple déclaration préalable suffit désormais et les possibilités d’opposition des communes sont réduites ». Selon lui, la piste la plus réaliste consiste à négocier avec SFR, notamment autour d’une mutualisation des pylônes existants, solution également encouragée par l’État.

Les habitants, eux, demandent que tout soit tenté pour empêcher la mise en service du site et obtenir son déplacement vers un secteur moins exposé. De leur côté, les élus assurent vouloir faire front commun avec le collectif afin d’ouvrir des discussions avec l’opérateur: Un dialogue dont tous espèrent désormais qu’il permettra de trouver un compromis acceptable pour les riverains.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 31 juillet 2026)

Lien pétition : https://corg/vVp7tK4s/6

Précisions de SFR-Bouygues sur cette installation d’antenne

Alors que l’installation d’une nouvelle antenne-relais suscite l’opposition d’un collectif d’habitants SPR-Bouygues Telecom apporte à son tour des précisions sur les raisons qui ont conduit à la réalisation de ce projet.

Selon Isabelle Simon, déléguée régionale, représentant les opérateurs, la première option étudiée consistait à mutualiser une infrastructure déjà existante, avec d’autres opérateurs. Cette solution a toutefois été abandonnée après analyse technique. « Il aurait fallu re prendre entièrement le support existant, le rehausser et engager des travaux particulièrement complexes », explique-t-elle. « Une telle opération aurait également engendré des coûts financiers importants ainsi qu’un impact environnemental supérieur à celui de la création d’un nouveau site ».

Face à cette impossibilité, les opérateurs ont retenu la construction d’une nouvelle antenne, présentée comme la seule solution permettant de répondre aux besoins de couverture du secteur. L’objectif, selon SFR-Bouygues Telecom, est d’assurer une qualité de service optimale aux abonnés, dans une zone où les performances du réseau devaient être renforcées.

Sur le volet réglementaire, Isabelle Simon affirme que « l’ensemble de la procédure a été respecté. Les obligations d’affichage et d’information du public ont été réalisées, conformément aux dispositions en vigueur ». Elle ajoute que ces démarches ont fait l’objet d’un constat d’huissier, attestant, selon elle, le respect des formalités administratives.

Concernant les demandes de déplacements de l’antenne formulées par certains riverains, la représentante des opérateurs se montre prudente. « Une telle hypothèse apparait, particulièrement difficile à mettre en œuvre, tant sur le plan technique que financier. L’infrastructure est désormais installée et représente un investissement conséquent ».

Pour autant, SFR-Bouygues indique vouloir poursuivre les échanges avec la municipalité de Cabestany, afin d’examiner les différentes possibilités. Si le dialogue reste ouvert, l’opérateur, estime, néanmoins, qu’un déplacement de l’antenne se-rait, aujourd’hui, très complexe à envisager.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 31 juillet 2026)

Numéro spécial du Travailleur Catalan. Il y a 90 ans, le Front populaire

Sommaire

Éditorial

  • 90 ans du Front populaire, 90 ans du Travailleur Catalan

P-3/4 Le prélude

  • 6 février 1934 : le jour où tout a basculé
  • L’affaire Stavisky : le déclencheur
  • Les ligues fascistes
  • La journée du 6 février
  • Vers l’union des gauches

P-5 La France en 1936

  • Un pays aux fortes inégalités sociales
  • Une société traditionnelle et patriarcale
  • La France, puissance coloniale

P-6 Les Pyrénées-Orientales en 1936

  • Le poids de la terre
  • Une population vieillie et catalane
  • Un département agricole
  • 1936-1986

P-7/8 Les forces du Front populaire

  • La SFIO
  • Le Parti communiste français (PCF)
  • Le Parti radical-socialiste
  • Les élections législatives de mai 1936

P-9/10 Dans les Pyrénées-Orientales

  • Un parti socialiste dominant
  • La progression des communistes
  • Les élections de 1936 dans le département
  • Un nouveau rapport de forces

P-11/12 Les grandes grèves de 1936

  • Les occupations d’usines
  • L’union syndicale
  • Des grèves d’un genre nouveau

P-13/14 Le Front populaire dans les P.-O.

  • Le Comité départemental du Front populaire
  • La grande manifestation du 14 juin
  • L’Indépendant contre le Front populaire
  • Les grandes grèves de 1936
  • Lucette Pla-Justafré, femme engagée et résistante communiste

P-15/16 Les Accords de Matignon

  • L’augmentation des salaires
  • Les oubliés de 1936 : le monde agricole
  • La reconnaissance du droit syndical
  • Les conventions collectives
  • L’instauration des congés payés
  • La semaine de 40 heures

P-17/18 La question coloniale

  • Une vision divisée sur l’Empire colonial
  • La commission d’enquête coloniale
  • Projet Blum-Violette

P-19/20 Les femmes du Front populaire

  • Les grandes oubliées
  • Les femmes en grève
  • Les graines d’une nouvelle génération
  • Une première dans l’histoire de la République

P-21/24 La guerre d’Espagne

  • Les origines du conflit
  • Une guerre espagnole aux dimensions internationales
  • La France, entre solidarité politique et prudence diplomatique
  • De la guerre civile à la dictature franquiste

P-25/26/27 La fin du Front populaire

  • Les premières lézardes
  • La Cagoule, une organisation secrète d’extrême droite
  • La chute des gouvernements
  • La question du réarmement
  • 1938, fin du Front populaire et de la démocratie

Le billet d’Yvon Huet. Quand la canicule excite les cellules grises…

On aura compris que ce qui intéresse les cadors de la finance c’est avant tout le profit maximal dans un minimum de temps, sorte de gloutonnerie dont les bénéfices des compagnies pétrolières sont un des exemples, mais aussi de la masse honteuse de profitabilité liée à l’exploitation de la coupe du monde de football… et j’en passe… Autant dire qu’ils tournent le dos à un avenir possible de l’humanité.

Les incendies qui ravagent la planète autant que les catastrophes naturelles liées aux mouvements capricieux de la croûte terrestre démontrent que la priorité de l’humanité devrait être le retour à la paix par des négociations raisonnables autant qu’une mutation des priorités dont les budgets ubuesques militaires sont la règle. Les moyens existent et les technologies le permettent. C’est une question de volonté politique.

Cette double priorité conditionne aussi le retour à une relèvement des priorités sociales. L’écologie, avec des riches qui s’éclatent d’un côté et des pauvres qui rament de l’autre, ça n’existe que pour les bonnes consciences qui ne voient le monde qu’au travers de leur jardin bio, de leur piscine d’eau de mer et de leur bolide électrique dernier cri…

Autant dire que sur ce sujet la Chine est certainement, en tant que grande communauté citoyenne, le pays qui va le plus dans le bon sens sur ce sujet même si on n’est pas obligé d’accepter le raisonnement et le mode de vie de ce pays, avec toute latitude pour critiquer ce qui ne plait pas dans sa gouvernance.

Le harcèlement, venu des USA et d’Europe essentiellement, dont la Chine fait l’objet, a pour but d’essayer de l’isoler et de flatter le nationalisme qui démange toute société qui se sent assiégée… Je suis de ceux qui soutiennent une Chine ouverte sur le monde sans pour autant être « prochinois » comme le furent hier ceux qui comme Jean-Paul Sartre soutenaient la révolution culturelle de Mao qui a fait des millions de morts, notamment parmi ceux qui avaient initié la révolution chinoise de 1949…

Pour avoir voyagé plus jeune dans des mondes bien différents que la communauté européenne (c’était en Inde), j’ai appris la modestie intellectuelle face à cette manie de colonisation des esprits dits « occidentaux » qui, aujourd’hui, apparaît comme particulièrement ringarde, à la limite du ridicule…

Pour en rajouter une couche, lorsque les instrumentistes européens seront capables d’interpréter les musiques orientales (chinoises, indiennes et autres) aussi bien que les instrumentistes de ces pays interprètent nos génie de la création musicale, le monde sera rééquilibré de belle façon… Je suis trop vieux pour le voir, mais j’en rêve, à la façon de notre grand interprète Daniel Barenboim, citoyen du monde, juif et palestinien d’un même cœur.

Yvon Huet

« 46 millions d’euros d’argent public mobilisés », le Parti communiste ouvre le débat autour du Club Med (L’Indép)

Alors que l’ensemble des décideurs locaux se sont positionnés en faveur du projet d’implantation du Club Med au Barcarès, des voix discordantes commencent à se faire entendre dans le département.
Hostile à la mobilisation d’argent public annoncée dans le cadre du programme, le Parti communiste appelle notamment à l’ouverture d’un débat public sur le sujet.

Une amplification de la dynamique touristique et près de 1 000 emplois directs ou indirects annoncés pour un investissement d’au moins 160 millions d’euros… L’ensemble des décideurs locaux semblent enthousiastes quant au projet d’implantation du Club Med au Barcarès. Le 22 juillet dernier, la Région, le Département, la communauté urbaine de Perpignan et la Banque des territoires faisaient partie des signataires du protocole d’intention conclu avec l’entreprise.

Cependant, certaines formations politiques sont plus circonspectes quant à l’arrivée de la multinationale, propriété du conglomérat chinois Fosun. C’est notamment le cas de la fédération départementale du Parti communiste, qui appelle de ses vœux un débat public sur le projet. « Nous ne voyons pas d’inconvénient à ce qu’un grand groupe s’installe chez nous pourvu qu’il respecte les règles concernant la ressource en eau, l’environnement et le Code du travail », souligne le porte-parole de la fédération, Michel Coronas. « Par contre, nous nous interrogeons sur le fait que l’argent public finance plus du quart de l’opération (46 millions d’euros sur 160 à 180 millions), alors que le Club Med est capable de la réaliser avec ses propres moyens. Pour nous, cela illustre la manière dont les financements publics sont captés par le privé. »

Agissons et Oui au pays catalan également critiques

Le millier d’emplois (450 directs et 500 indirects) annoncé ? « 46 000 euros par emploi, c’est quand même cher payé », estime Michel Coronas Le ruissellement économique et touristique envisagé ? « Cet établissement serait un resort. Or, le concept du ressort est de faire en sorte que les gens restent à l’intérieur pour dépenser leur argent », réplique le porte-parole.

Le mouvement citoyen Agissons invite lui aussi à « une autre lecture » du projet. Au-delà de l’argent public mobilisé, le mouvement juge qu’il s’inscrit « dans un modèle (celui du tourisme saisonnier, NDLR) qui depuis plus de quarante ans, n’a jamais permis de réduire durablement un chômage structurellement supérieur à 10 % ».

Le parti Oui au pays catalan considère également que « derrière les effets d’annonce se cache un modèle d’un autre temps ». Selon lui : « Les 450 emplois annoncés ne doivent pas faire illusion. Beaucoup seront saisonniers ou précaires. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 30 juillet 2026)