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L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. RN. Des symboles et des actes
Pour ce qui est des symboles, les exemples récents et théâtralisés du maire de Carcassonne et de la maire de Canohès nous éclairent sur leurs intentions idéologiques. Réaffirmer un nationalisme de pacotille supposé, qu’ils appellent « patriotisme », et accuser, au fond, l’Europe de tous nos maux sociaux et économiques. La crise du capitalisme n’y est pour rien. C’est l’Europe ! Le maire audois y ajoute, toujours dans le domaine symbolique, un arrêté « Trumpiste » d’interdiction de la mendicité, avec caméras et photographes et une grosse signature. L’intelligence et l’humanité n’ont pas été convoquées à la cérémonie. Du vent et des symboles, en quelques sorte.
Cela pourrait nous faire sourire lorsque l’on sait qu’il a été lui-même un grand bénéficiaire des primes de le PAC, plus de 200 000€ /an, et que son parti a piqué allègrement dans la caisse de l’Europe plus de quatre milliards d’euros.
Il y a aussi des actes. Passons vite sur l’ensemble des votes émis à l’Assemblée nationale, tous défavorables au peuple, aux salariés, aux femmes, aux services publics, au « vivre-ensemble ». Aucun de ces votes ne s’attaque aux inégalités et aux milliardaires. Dormez tranquille, messieurs les capitalistes. Évoquons, à propos de l’immigration, le « Nouveau règlement retour », adopté le 26 mars de cette année, au Parlement européen, par une majorité de droite et par l’ensemble de l’extrême droite et qui fera force de loi dès juin 2026. Il fallait les voir se congratuler après cette « énorme
victoire ! ». Et l’humanité recule encore. Les « Hubs de retour » sont créés, invitant les pays de la communauté européenne à tisser des partenariats d’expulsion avec d’autres pays et pour créer des centres de rétention, sans aucune précision concernant la durée et les conditions de détention. Y compris pour les demandeurs d’asile. La loi s’imposera à tous les pays. Le pouvoir de nuisance du RN est bien là. Le mauvais temps s’installe. À chacun d’agir.
L’édito du webzine. Enrayer la machine du mensonge de l’impérialisme
La guerre américano-israélienne fait rage en Iran, au Liban et dans les territoires palestiniens. Cela relève toujours du même schéma impérialiste : mensonges, guerres pour les ressources, mépris du droit international.
Cette guerre soutenue par Reza Pahlavi (fils de l’ancien shah) est condamnée par l’opposition iranienne en exil. Elle s’inscrit dans une logique impérialiste où le mensonge justifie l’agression. L’impérialisme prend habitude de cette politique pour déclarer la guerre aux régimes qui vont à l’encontre de ses intérêt comme en 1964 au Vietnam ou en 2003 en Irak, où des prétextes fallacieux (attaques imaginaires, armes de destruction massive) avaient servi à déclencher des conflits meurtriers.
Le mensonge sert d’argument à Trump et Netanyahu recyclant des falsifications historiques pour légitimer leurs actions : Trump affirme que l’Iran est « proche de la bombe atomique », une allégation démentie par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Une logique économique mortifère
Netanyahu revendique la Palestine au nom d’un lien historique de 3 000 ans, ignorant que ces terres étaient occupées bien avant par les Natoufiens, ancêtres des Palestiniens. Une rhétorique similaire à celle de Charles X en 1830, qui prétendait que l’Algérie « n’appartenait à personne ».
En réalité l’objectif d’Israël est de s’étendre territorialement et d’affaiblir ses voisins, celui de Trump est de contrôler les flux énergétiques mondiaux. Le blocage du détroit d’Ormuz permet aux États-Unis -premier producteur mondial de pétrole et de gaz-, de spéculer sur les prix et d’imposer leurs exportations aux Européens, privés de gaz russe.
La guerre sert les intérêts d’une oligarchie économique qui s’enrichit grâce à la crise, tandis que les Européens sont contraints d’acheter du gaz américain à prix d’or. Cette dynamique rappelle les seigneurs de guerre du passé où le profit prime sur les vies humaines.
Il s’agit d’une mécanique implacable : fabriquer un ennemi, frapper, et justifier la violence par des mensonges. Face à cette répétition tragique de l’histoire, la question se pose : jusqu’où iront ces logiques de domination, et à quel prix les populations civiles sont condamnées au silence ?
Il s’avère indispensable de déjouer cette répétition du schéma impérialiste. D’avoir une réflexion sur la responsabilité collective face à l’histoire qui « bégaie ».
Dominique Gerbault
L’édito du Travailleur Catalan par Jacques Pumaréda. Du local au mondial
Fuyons ce vacarme médiatique sur les résultats des élections municipales où tout le monde a gagné et tout le monde a perdu.
Prenons la machine à remonter le temps pour nous projeter dans cette période de l’industrialisation à la fin du XIXe siècle et au début du XXème. « Les municipalités sont le foyer naturel du prolétariat. C’est là dans un premier temps qu’il affirmera sa force » soutient Seymour Stedman en 1904. Pour ce socialiste de l’Illinois, la ville peut-être le lieu privilégié d’une lutte efficace contre le capitalisme. Après la commune de Paris, les élus socialistes conquièrent des centaines de mairies. Les prolétaires de plus en plus nombreux se concentrent dans certains quartiers. La population des banlieues parisiennes passe de 400 000 habitants à plus de deux millions constituant l’électorat de la ceinture rouge.
Le communisme municipal se construit au sein d’un vaste réseau sur trois continents. Au congrès de la IIéme internationale à Paris en 1900, une résolution recommande d’élaborer des programmes autour de la municipalisation des services essentiels. C’est donc un socialisme à la fois local et international qui se construit après les années 1880. Après plusieurs crises de la vie chère, on municipalise des réseaux comme l’eau, le gaz, l’électricité ou les transports publics.
En Belgique, en France comme en Italie on propose des programmes envers les plus démunis. D’âpres débats traversent le mouvement ouvrier, le clivage entre réformistes qui soutiennent les initiatives municipales et les marxistes « orthodoxes » qui expriment leur méfiance se retrouve dans plusieurs pays. On ira jusqu’à parler de « socialisme des égouts, du gaz et de l’eau ». Plus récemment la victoire de Bernie Sanders à Burlington en 1981 ou la victoire de « Barcelone en commun » en 2015 ne résultent pas d’une stratégie coordonnée. La question reste posée de la pertinence de l’échelon local dans la construction du socialisme. Point d’appui pour les luttes locales les élus communistes sont aussi solidaires des luttes émancipatrices de par le monde, comme un héritage historique.
L’édito du webzine. Des électeurs de gauche responsables
Le premier tour des élections municipales de 2026 a montré une abstention record, une résistance de la gauche et une progression de l’extrême droite.
L’abstention record (40 %) reflète une rupture démocratique profonde, notamment parmi les couches populaires. La gauche a bien résisté en conservant environ 12 000 mairies. La progression de l’extrême droite a été notamment alimentée par un transfert d’électeurs de droite et un ancrage croissant dans les classes populaires.
Ces résultats confirment un rejet des divisions internes à gauche. Là où la gauche était désunie, l’abstention a grimpé. Tout reste jouable pour la gauche dans les ccommunes où elle a su s’unir pour le second tour. Selon une enquête Toluna Harris Interactive, 52 % des électeurs de gauche soutiennent la fusion des listes pour contrer le RN et Reconquête !.
L’expérience du Nouveau Front populaire (NFP) lors des législatives de 2024 avait permis de remporter 178 sièges et de bloquer la majorité absolue du RN. Cela a contribué à renforcer cette aspiration à l’union. 61 % des socialistes et 58 % des écologistes sont désormais favorables à des alliances avec LFI.
Mettre fin aux égos
Pourtant, certains dirigeants persistent dans l’idée de « gauches irréconciliables ». Jean-Luc Mélenchon mise toujours sur un leadership exclusif, tandis que d’autres forces de gauche espèrent un affaiblissement du RN à leur profit. Ces stratégies risquent de détourner un électorat lassé des postures politiciennes et en quête de solutions concrètes à leurs difficultés.
Dépasser les ego et les divisions pour construire un projet commun pour éviter un scénario où l’extrême droite, soutenue par une partie de la droite, l’emporterait en 2027. Élaborer un programme unifié, capable de répondre aux attentes sociales et écologiques des Français. Proposer un pacte clair et assumé, fondé sur le progrès partagé et l’égalité. Tel devrait être l’objectif de toute la gauche.
Sans cette ambition, le risque est grand de voir se reproduire les dérives autoritaires observées ailleurs (Trump, Meloni, Orban, Poutine). L’urgence est à l’unité pour préserver la démocratie et les valeurs républicaines.
Dominique Gerbault
L’édito du TC par René Granmont. Vigilance contre l’extrême droite
« Quand les blés sont sous la grêle. Fou qui fait le délicat. Fou qui songe à ses querelles. Au cœur du commun combat »
Louis Aragon (1943)
Le premier tour des élections municipales, marqué par son lot de surprises, a dessiné un paysage politique inquiétant. Ce scrutin est celui qui est le plus proche de la vie quotidienne de tout un chacun. Le cadre de vie, la santé, l’éducation, la vie associative, la vie culturelle, sportive, la sécurité, … autant de domaines où, malgré la politique d’austérité que le gouvernement leur impose, un maire, son conseil municipal peuvent répondre aux besoins de la population. Et pourtant trop peu de Français se sont déplacés aux urnes à cette occasion.
C’est la terrible preuve que nombre de nos concitoyens ne croient plus en la capacité de la politique à changer leur quotidien. Il est évident que la non-prise en compte des résultats des dernières législatives par le pouvoir n’a fait que les confirmer dans cet état d’esprit. L’élection montre donc un peu plus la faillite du macronisme. Non seulement, d’un point de vue électoral, pour les candidats qui s’en réclament, mais plus largement quant à l’état de la société française. Après des années de présidence Macron, elle est plus fracturée que jamais.
Et l’extrême droite, elle, n’a jamais été aussi forte. Aussi, dès dimanche prochain, pour le second tour dans les communes où sont en lice des listes, avouées ou non, du Rassemblement national, tout électeur de gauche, tout démocrate, doit par son vote faire barrage à l’extrême droite.
La majorité des communes a déjà élu son maire dès le premier tour et l’immense majorité d’entre eux s’est présentée en affichant aucune étiquette politique. Mais qui choisiront-ils au moment des votes pour l’intercommunalité ? Pour qui voteront-ils au moment des élections cantonales ? Ces différents scrutins risquent forts d’être une mauvaise surprise pour certains électeurs… Car difficile de croire que l’absence d’étiquette ne cache pas, dans un certain nombre de cas, une sympathie, une proximité avec le Rassemblement national…
Face à cette montée de l’extrême droite, face à la droite qui lui ouvre de plus en plus les bras, l’ensemble des forces démocratiques, des forces de gauche et républicaines doit prendre ses responsabilités. Il est temps de dépasser les petits calculs politiciens pour se rassembler contre la menace brune. Et de participer massivement à la manifestation organisée à l’appel de Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes, samedi 21 mars à Perpignan.
L’édito du webzine. Voter, une responsabilité collective face au danger
En cette veille d’élections municipales, notre pays se trouve à un moment décisif de son histoire démocratique. L’extrême droite menace à pas feutré de nombreuses communes. Jamais l’avenir de la République n’a été aussi fragile. Le passé revient au grand galop.
Face à cette situation, voter n’est pas un simple droit : c’est une responsabilité collective. Méfiez-vous des discours mensongers et trompeurs portés par le Rassemblement national, Reconquête et Identité-Libertés. Leurs votes à l’Assemblée nationale comme au Parlement européen sont en contradiction avec leurs déclarations publiques. Refusez toute banalisation de ces discours.
Ces candidatures n’ont pour effet que de diviser le pays et de promouvoir un projet politique inspiré des dérives populistes observées ailleurs, notamment aux États-Unis sous l’ère trumpiste.
L’histoire nous l’enseigne avec force : lorsque les démocrates se divisent ou se taisent, les forces extrémistes avancent. Ce mécanisme est constant depuis les années 1930, des idées historiquement portées par l’extrême droite deviennent « acceptables », banalisées ou reprises par des forces politiques traditionnelles. Nous assistons actuellement, en France, à ce glissement progressif d’une partie de la droite républicaine vers les thèses de l’extrême droite.
Préserver la démocratie, c’est refuser toute complaisance avec ces extrêmes, c’est défendre l’universalisme contre le repli identitaire, la loi contre l’arbitraire, la vérité historique contre sa falsification.
L’histoire nous alerte
Face au danger, notre histoire est sans ambiguïté. Pendant la seconde Guerre mondiale, au cœur de l’Occupation nazie, des femmes et des hommes de gauche, du centre et de droite ont su dépasser leurs divergences pour résister ensemble au nazisme. Ils s’appelaient Lucie Aubrac, Jacques Chaban-Delmas, Marie-Jo Chombard de Lauwe, Geneviève De Gaulle, Père Jean Cardonnel, Georges Guingouin, Jean Matteoli, Pierre Sudreau, Raymonde Tillon, et beaucoup d’autres.
Ils ont sauvé l’essentiel : la République et ses valeurs démocratiques. Ils n’avaient pas les mêmes origines, ni les mêmes parcours, ni les mêmes convictions. Mais tous furent persécutés par un système totalitaire fondé sur la haine, la peur et la négation de l’humain.
Rappeler cette histoire, ce n’est pas figer le passé. C’est honorer toutes les mémoires -résistante, politique, juive, tsigane, homosexuelle- sans jamais les opposer. C’est faire vivre une mémoire commune qui demeure une leçon universelle contre le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, le fascisme et toutes les formes d’exclusion.
Aujourd’hui encore, la République a besoin de vigilance, de courage et d’unité. L’abstention, le vote blanc et la division sont toujours des alliées objectives des forces qui contestent les fondements mêmes de la démocratie.
Ne laissez pas votre avenir être confisqué. Votez et faites voter pour des candidats républicains fidèles aux valeurs démocratiques.
Dominique Gerbault









