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L’édito du webzine. COP30, la dernière chance ?
Après avoir échoué à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, objectif défini par l’Accord de Paris lors de la COP21, il y a 10 ans, la COP30 qui se tient du 10 au 21 novembre à Belèm au Brésil va t-elle être capable d’insuffler un essor nouveau pour sauver la planète ?
Après une décennie d’atermoiements, de renoncement et de dénis, alors que les gouvernements climato-sceptiques sont de plus en plus nombreux et que la défiance vis-à-vis de la science et des scientifiques progressent dangereusement dans nos sociétés pourtant éduquées, il reste à espérer, pendant cette COP30, que les pays s’emparent de ce défi qui impactera chacun d’entre nous.
Pour l’instant, l’augmentation en nombre et en intensité des catastrophes naturelles directement liées au dérèglement climatique nous rappelle à la réalité avec son aspect dramatique dont le nombre de morts qui ne cesse d’augmenter.
Dix ans après LA COP21 dont les engagements n’ont pas été respectés, l’absence d’un des plus grands émetteur de CO2, les États-Unis, en raison du climato-scepticisme de Donald Trump a été remarqué. La Conférence de Belém interroge sur sa capacité à enfin agir pour sauver la planète.
Le 10 novembre, dès l’ouverture de COP30, Lula, le président brésilien, a appelé les participants à « infliger une nouvelle défaite aux négationnistes » du changement climatique. C’est-à-dire aux climato-sceptiques qui, par ignorance ou plus souvent par intérêt financier, nient toujours l’évidence scientifique. À savoir que la planète court à sa perte en raison de la montée des gaz à effets de serre dus à l’activité humaine, exacerbée par le capitalisme sauvage, sa quête de profits qui passe par une croissance infinie.
La COP30 au Brésil, une chance ?
Il y a 10 ans, les pays s’étaient engagés à Paris à réduire drastiquement leurs émissions de CO2 de sorte de limiter le réchauffement à 1,5 degré. On sait déjà que le compte n’y sera pas. Les derniers rapports tablent sur un réchauffement de l’ordre de 3 à 4 degrés à l’horizon 2100. En raison des renoncements ou des mesures de greenwashing, le seuil des Accords de Paris sera « presque inévitablement dépassé », concède Jim Skea, le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
La COP30, qui semble être l’une des dernières à pouvoir encore infléchir la fuite en avant, réussira-t-elle à gravir la montagne quand les éditions précédentes ont accouché d’une souris ? Difficile d’y croire. Lula, dans son allocution d’ouverture, a fustigé l’absence des États-Unis. « Si les hommes qui font la guerre étaient ici, ils se rendraient compte qu’il est beaucoup moins cher d’investir dans la lutte contre le réchauffement de la planète » a-t-il déclaré. Trump n’a envoyé aucune délégation officielle. Pire, il pourrait tirer en coulisses les ficelles pour faire capoter un accord responsable qui empiéterait sur les intérêts fossiles américains (pétrole, gaz, charbon).
Quoi qu’il en soit, « se lamenter n’est pas une stratégie », estime le chef de l’ONU climat, Simon Stiell. « Nous avons besoin de solutions (…) Nous devons aller beaucoup, beaucoup plus vite », a-t-il martelé en ouverture. Le Brésil, où les populations indigènes d’Amazonie sont les premières exposées, aura à cœur de faire adopter des mesures contre la déforestation. Les choix énergétiques, les politiques de transport ou la justice environnementale seront également au cœur des discussions.
Reste à savoir si les moyens financiers seront au rendez-vous, notamment en faveur des pays émergents. L’an passé, l’enveloppe de 300 milliards de dollars par an à l’horizon 2035 avait été jugée « ridicule ».
Dominique Gerbault
L’édito du webzine. Mercosur : la trahison de Macron
Le président de la République n’a plus de parole, alors qu’il faisait parti des fers de lance européens contre l’accord de libre échange Mercosur, il vient de faire volte-face en marge de la COP30 à Bélem, au Brésil.
À contre-courant de l’opinion publique, du monde agricole et du Parlement, Emmanuel Macron vient de se dire prêt à accepter l’accord commercial entre l’UE et quatre pays latino-américains du Mercosur.
Cet accord, sur la table depuis des décennies mais signé fin 2024, doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins… en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay. Mais il facilitera aussi l’entrée de bœuf, volaille, sucre, miel… via des droits de douane réduits, des produits souvent fabriqués avec des normes interdites en France à cause de leurs dangerosités pour la santé publique.
La parole présidentielle a rapidement été désavouée par son propre gouvernement. « Les lignes rouges de la France sont connues depuis le départ (…) Et aujourd’hui, même s’il y a des avancées, le compte n’y est pas », s’est insurgée la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard, pour qui les garanties obtenues par la France pour protéger ses cultivateurs et éleveurs ne sont pas suffisantes.
Les syndicats agricoles n’ont pas tardé à réagir. « C’est un reniement total (…) cette déclaration, prononcée qui plus est à Belém, au cœur du territoire de nos concurrents agricoles, sonne comme un nouvel affront », s’est insurgé le patron de la FNSEA Arnaud Rousseau. « Nous appelons les eurodéputés français à faire bloc pour s’opposer à cet accord inacceptable et à défendre nos producteurs », martèle-t-il.
La Confédération paysanne dénonce « une trahison ». « Il nous avait dit, la main sur le cœur, au Salon de l’agriculture, qu’il s’opposerait à cet accord. C’était sa responsabilité d’aller chercher le soutien des autres États membres pour trouver une minorité de blocage. On est plus qu’en colère », a déclaré à l’AFP un de ses porte-parole, Stéphane Galais.
Un Président discrédité
« Macron veut ratifier le Mercosur, ouvrir nos marchés à des produits fabriqués avec des normes interdites chez nous. Un président aussi discrédité devrait se taire et laisser le Parlement décider ! », conspue le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.
Emmanuel Macron s’est défendu en citant l’obtention par la France de clauses de sauvegarde renforcées censées préserver les produits agricoles européens en cas de brusque hausse des importations ou baisse des prix liées à l’importation de produits latino-américains.
« Aucune « clause de sauvegarde » ne fera le poids face à un compétiteur aux exploitations 100 fois plus grandes, aux salaires 5 fois inférieurs au Smic et qui déforeste à tour de bras », tacle le député GRS Emmanuel Maurel.
La représentation nationale a déjà affirmé à plusieurs reprises le rejet du texte. Deux résolutions s’opposant à l’accord de libre-échange, portées par les groupes socialiste et insoumis ont été adoptées le 30 janvier 2025 par les députés. Deux mois plus tôt, en novembre 2024, le gouvernement avait convoqué un débat suivi d’un vote confirmant l’opposition de la France à ce traité, approuvé par 485 élus sur 555 votants.
L’accord avec le Mercosur, c’est le renoncement à nos paysans, à notre modèle agricole et à nos engagements climatiques. Le Parlement a dit non. Les Français le rejettent. Et malgré tout, le Président s’apprête à dire oui. C’est une faute grave.
Dominique Gerbault
L’édito du webzine. Notre Sécurité sociale a 80 ans
Ambroise Croizat, ouvrier, syndicaliste devenu parlementaire puis ministre du Travail (PCF) incarna la volonté farouche de mettre l’humain au cœur des politiques publiques. Il ne théorisa pas la solidarité : il l’organisa. Cet anniversaire permet de rendre hommage à son action. Pour cela, il faut refuser le démantèlement silencieux de ce qu’il a bâti.
Depuis 80 ans, la Sécurité sociale est un bien collectif qui s’adapte et accompagne les grandes transformations de la société française : création des caisses d’allocations familiales en 1946, minimum vieillesse en 1956, loi Veil sur l’intégration des personnes handicapées en 1975, RMI (devenu RSA) en 1988 ou encore les premières aides pour les aidants familiaux en 2007.
Jamais le patronat et leurs fidèles grands commis ont put accepté cette avancée sociale qu’est la possibilité de se soigner pour tous. En 1967, les ordonnances Jeanneney lui ont donné un premier coup en la scindant en trois branches. Surtout, que son financement fut fragilisé par les exonérations de cotisations au nom de l’emploi. Cette politique n’a jamais été efficace.
En 2025, les coups continuent de pleuvoir sur la Sécu dont le budget est étatisé et corseté par des choix de réductions des droits, à l’instar de l’augmentation des franchises médicales. Des mesures jugées profondément injustes par toutes les associations de patient.
Un projet injuste et inefficace
La suspension de la réforme des retraites promise aux socialistes en échange de leur non-censure, si elle est votée, sera remise en cause par le Sénat contrôlé par la droite. Ce projet suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein.
Le coût est estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027. Au lieu de le financer par des recettes supplémentaires pris sur les exonérations de cotisations patronales, plusieurs mesures cibleront les malades : nouvelle hausse des franchises (reste à charge des patients sur les consultations et médicaments), moindre remboursement chez le dentiste, limitation de la durée d’un premier arrêt maladie… Ce projet est profondément injuste et inefficace, c’est la pire cure d’économies depuis les années 2010.
Autres propositions : une taxation supplémentaire des complémentaires santé, une taxation des cotisations patronales sur les tickets-restaurants et œuvres du CSE, ou encore une surcotisation sur les dépassements d’honoraires des médecins. Le gel des pensions et de l’ensemble des prestations sociales (RSA, allocations familiales, APL…) est proposé en 2026, pour dégager 3,6 milliards d’euros d’économies
Aussi, 80 ans après sa création, il est fondamental de rappeler que la Sécurité sociale est une révolution sociale qui fut combattue dès le départ par les forces de l’argent, le patronat. La Sécu protège chacun, quel qu’il soit. Une vision comptable présente la cotisation comme une charge. On cherche à privatiser, rogner, affaiblir ce qui a été conquis de haute lutte.
La Sécurité sociale est un droit fondamental. Elle n’est pas un coût, mais un investissement dans la dignité.
Dominique Gerbault
L’édito du TC par Jacques Pumaréda. Ici et là-bas
Le parti de Milei la Libertad Avanza a récolté 40,7 % des voix aux élections législatives de mi-mandat en Argentine ce dimanche 26 octobre. Ces élections lui permettent de quasi-tripler sa base parlementaire, sans atteindre la majorité absolue. La participation dimanche, de 67,9 % était quasiment la plus faible de toutes les élections depuis le retour de la démocratie en 1983.
La brutalité du « plus grand ajustement budgétaire de l’histoire » a déjà vu plus de 200.000 emplois perdus, une activité anémiée, en contraction de 1.8 % en 2024, une reprise en 2025 qui s’essouffle et 80 % des Argentins qui gagnent moins de 600 euros. Quel vent mauvais souffle sur l’Argentine ? Le rouleau compresseur de la droite extrême, en France et dans le monde ? La Hongrie, l’Italie, les États-Unis… Comme une fatalité.
Et pourtant la candidate de la gauche irlandaise a remporté haut la main l’élection présidentielle ce dimanche 26 octobre, avec un programme prônant, entre autres, l’action urgente contre le réchauffement climatique, la réunification de l’Irlande et les droits des Palestiniens. C’est une victoire éclatante avec plus de 63 % des voix, contre 29,5 % à sa rivale de droite, Heather Humphreys, la députée Catherine Connolly devient la nouvelle cheffe de l’État d’Irlande pour un mandat de sept ans, succédant à Michael D. Higgins. Respectée pour son intégrité, elle était soutenue par les formations de gauche, notamment le parti communiste d’Irlande et le Sinn Fein. Comme un espoir.
Á l’Assemblée nationale, en France, la bataille d’amendements bat son plein, sur le budget de l’État et de la Sécu. Les compromis minimums vantés par Sébastien Lecornu entre forces que tout oppose sèment plutôt la confusion. La gauche se disperse entre les socialistes qui regardent vers le centre et les insoumis persuadés que le rassemblement se fera autour d’eux. De quoi réjouir la droite et l’extrême droite qui bâtissent les ponts pour briser le cordon sanitaire autour du RN. La gauche a mieux à faire pour présenter une alternative crédible avec un imaginaire commun, un horizon culturel capable de contrer le bain identitaire actuel.
L’édito du webzine. Budget 2026, la purge continue
Pour économiser 200 millions d’euros, le gouvernement envisage de relever à 18 ans l’âge de revalorisation des allocations familiales, sans demander l’avis au Parlement. Sébastien Lecornu n’a même plus besoin de 49.3 pour squeezer le débat parlementaire.
Le gouvernement envisage de réduire les prestations sociales pour réaliser des économies en augmentant l’âge de revalorisation des allocations familiales de 14 à 18 ans pour le deuxième enfant.
Actuellement, les allocations familiales sont augmentées lorsque le deuxième enfant atteint 14 ans, avec des montants variant de 18,88 euros à 75,53 euros par mois selon les revenus du foyer. Si cette nouvelle mesure est adoptée, elle pourrait entrer en vigueur en mars 2026 et entraîner une perte sèche pour les familles d’environ 200 millions d’euros par an. L’impact de cette mesure serait très lourd notamment pour les familles monoparentales et les familles modestes.
Le ministère de la Santé justifie cette décision par une étude de sa Direction des études statistiques, qui remet en question les coûts associés aux enfants de moins et de plus de 14 ans, suggérant que le soutien devrait être ajusté en fonction des dépenses réelles.
Le projet de décret concernant les allocations familiales sera examiné en parallèle du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, le gouvernement a choisi de ne pas l’inclure dans ce projet de loi donc pas de débat parlementaire
Une atteinte à l’esprit de la Sécurité sociale
Cette décision constitue une atteinte aux Droits de l’Enfant dont les besoins en matière d’éducation, santé, loisirs augmentent à l’adolescence et méritent la solidarité et le soutien du gouvernement. Elle constitue une atteinte au budget des familles modestes, les familles monoparentales pour lesquelles les allocations familiales sont indispensables. Elle constitue une atteinte à l’esprit de la sécurité sociale fondée il y a 80 ans par Ambroise Croizat, ministre communiste. Une sécurité sociale dont le principe est : Chacun reçoit selon ses besoins et cotise selon ses moyens.
Dans le même temps, le gouvernement refuse obstinément de taxer les grandes entreprises (LVMH, Auchan, Michelin, Arcellor Mital …) qui reçoivent chaque année 211 milliards d’aides fiscales et d’allégement de cotisations sociales de l’État.
L’argent public doit servir enfin l’intérêt général et améliorer notre vie. La justice fiscale, ça urge ! Taxe Zucmann, Impôt de Solidarité sur la Fortune… Des dizaines de milliards que la gauche veut arracher.
Dominique Gerbault
L’édito du TC par de René Granmont. Ensemble !
On change de Premier ministre presque chaque matin, mais le projet de budget reste absolument le même entre austérité et militarisme. C’est que, pour maintenir au plus haut les profits, le grand capital a besoin de détruire tous les conquis sociaux et démocratiques, de laminer le droit, de mettre le feu à l’État social. Et tous les moyens sont bons pour y parvenir, y compris de laisser pousser les graines du fascisme sur le terrain d’un régime institutionnel en décomposition.
De plateau en plateau, la cohorte des éditorialistes et des économistes vient débiter les mêmes mots, dette, ordre, submersion migratoire, réduction des dépenses, rejet de l’assistanat, lourdeur des charges et des normes, économie de guerre… pour que l’ouvrier, le petit paysan, l’artisan, le retraité acceptent sans broncher d’être encore plus sacrifiés au profit des grandes fortunes et des milieux d’affaires. Tout est fait pour brouiller les pistes, empêcher de comprendre, décourager, détourner les regards du fait essentiel : il n’y a pas de majorité dans le pays pour des politiques de soutien au capitalisme. Alors la même cohorte vient clamer que le pays est trop fragmenté pour être gérable…
Pourtant, il n’y a pas trente-six blocs politiques, il n’y en a que deux ! L’un est la gauche, les progressistes et les écologistes dans leur diversité qui, non sans difficultés certes, se sont mis d’accord sur un programme minimal : celui du Nouveau Front populaire. L’autre est la droite qui, de plus en plus, fait mouvement vers l’extrême droite qui, elle-même, fait mouvement vers la droite. Ensemble elles combattent de toutes leurs forces tout ce qui, de près ou de loin, remet en cause les intérêts du capital et des grosses fortunes. Ensemble elles prônent un « ordre nouveau » contre les acquis sociaux et démocratiques. Ensemble, elles sont prêtes à tout, même au pire, pour maintenir la domination sans partage de la haute bourgeoisie.
Or, on voit combien les seuls cadres institutionnels ne suffisent pas à ouvrir une issue pour les intérêts des salariés et de l’ensemble des travailleurs. Il y a donc nécessité que toutes les forces qui agissent pour la transformation sociale et écologique s’attellent à la construction d’une solide unité populaire. Tâche difficile certes. Mais la situation est devenue si dangereuse qu’aucun effort ne doit être négligé pour une union de qualité nouvelle comme avaient commencé à le faire les parties prenantes du Nouveau Front populaire.









