Une large intersyndicale appelle à la mobilisation et à la grève ce 5 novembre. Une journée lors de laquelle plusieurs formes de revendications autour du pouvoir d’achat devraient s’exprimer.
C’est un euphémisme d’écrire que la semaine s annonce compliquée pour le gouvernement sur le plan social, même si elle a commencé, ce lundi, sur un tempo moderato.
Une semaine qui promet son lot de secousses diverses, notamment, bien sur, parce que les organisations étudiantes et lycéennes entendent poursuivre leur mouvement de protestation, malgré les concessions annoncées la semaine dernière par le gouvernement.
Un mouvement qui coïncide avec les manifestations contre la vie chère, comme en ont témoigné les cortèges organisés à travers la France les 17,24 et 31 octobre, qui ont réuni à chaque fois des centaines de milliers de personnes.
Vers une convergence des colères le 5 novembre ?
Mais cette semaine, une des journées d’action de blocus d’établissements (lycées et universités) décidée par l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante, celle de jeudi, sera organisée parallèlement à une journée nationale de grèves et manifestations initiée, elle, par les organisations syndicales.
Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, jugeait ainsi lundi, sur France 2, insuffisantes les mesures proposées par le gouvernement. « Ce que disent les lycéens et les étudiants, c’est que le compte n’y est pas et qu’ils attendent des annonces beaucoup plus claires », a-t-elle déclaré. « Repousser la fin de Parcoursup à 2028 quand ce gouvernement ne sera plus là ? Très clairement, l’engagement n’est pas sérieux, il faut que ça soit des 2027 », a-t-elle dit, appelant une nouvelle fois à mettre fin à toute sélection à l’entrée de l’université.
À l’appel de toutes les organisations syndicales
Avant d’embrayer sur le volet social du rendez-vous de ce jeudi 5 novembre. « Ça sera une grande journée de convergence avec les salariés du privé qui seront présents, les fonctionnaires, les retraités, les jeunes. C’est l’ensemble des organisations syndicales qui appellent », a-t-elle poursuivi, réclamant une augmentation des salaires partout et une révision du projet de budget du gouvernement qu’elle juge en l’état « catastrophique pour le pays ».
Un projet de budget 2027 pour la France qui est en cours d’examen au Parlement et qui prévoit dans sa version initiale 43 milliards d’économies pour tenir la cible d’un déficit public à 5 % du PIB l’an prochain, dans un contexte de faible croissance économique et d’endettement élevé.
Des objectifs à rebours des demandes des syndicats (qui ont déjà fustigé ce projet de budget) qui appellent donc les salariés du public et du privé à descendre dans la rue et à faire grève ce jeudi.
Revendication principale : exiger du gouvernement et du patronat des avancées sur le pouvoir d’achat. Ce qui concerne tant l’augmentation des salaires que la défense du service public, entre autres demandes.
Il s’agit de la plus grosse mobilisation syndicale depuis la rentrée, avec une grande unité affichée puisque tous les syndicats se sont joints à l’appel initialement lancé début octobre par une intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU).
Les « gilets jaunes » aussi au rendez-vous de jeudi
« Déjà trois millions de personnes en cumulé ont participé à l’une ou à l’autre des manifestations depuis un mois et demi. L’idée est de l’élargir dans l’entreprise », a expliqué Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT, a France Info, évoquant les grèves et débrayages qui pourraient donc survenir ce 5 novembre.
Pour une journée d’action à laquelle les « gilets jaunes » entendent bien participer eux aussi : « On doit faire en sorte que le 5 novembre ne soit pas un 5 novembre intersyndical seulement, mais le 5 novembre du peuple », a par exemple affirmé, jeudi dernier, sur l’antenne de RMC, Benjamin Ball, un membre de ce mouvement.
Des « gilets jaunes » qui envisagent d’ailleurs déjà la suite. Leur idée : poursuivre grèves et blocages des le vendredi 6 novembre et embrayer sur un « Acte IV », avec une nouvelle vague de manifestations partout dans l’Hexagone le samedi 7 novembre. En espérant pouvoir ainsi obtenir du gouvernement, comme l’a rappelé Benjamin Ball, « des États généraux, c’est-à-dire une rencontre avec l’ensemble des secteurs mobilisés ».
Pour l’instant, du côté des organisations syndicales, seul Solidaires envisage une reconduction du mouvement.
L’Indépendant, le 3 novembre 2026
