La rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce sous le signe de l’austérité budgétaire, malgré les annonces médiatisées du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. L’interdiction des portables dans les lycées et un questionnaire sur les violences sexuelles ne doivent pas masquer une réalité plus sombre.
Le budget alloué à l’éducation, bien qu’en hausse de 800 millions d’euros pour atteindre 65 milliards, sera largement absorbé par l’inflation. Résultat, les salaires des enseignants et des fonctionnaires, déjà en berne, ne bénéficieront d’aucune amélioration significative.
Les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Après dix ans de réformes controversées -de Parcoursup, critiqué pour son manque d’équité, à la suppression des mathématiques en première ou encore l’appauvrissement des programmes en lycée professionnel- l’école publique paie le prix fort. Pire, la baisse démographique, qui aurait pu être une opportunité pour réduire les effectifs par classe, est instrumentalisée pour justifier des suppressions de postes et de classes. Une logique qui s’inscrit dans une politique plus large de désengagement de l’État au profit des intérêts du patronat, comme en témoigne le débat présidentiel organisé lors de la rentrée du Medef.
Dix ans de macronisme : un bilan amer pour l’école publique
Face à la colère des syndicats et des parents, Édouard Geffray reste évasif. Avec 161 000 élèves en moins cette année, le ministère justifie les suppressions de classes par la baisse démographique. Pourtant, les chiffres, connus par département, révèlent une autre réalité : ces décisions, prises sans concertation, exacerbent les inégalités territoriales. Comme le souligne le SNUipp, les écoles touchées sont souvent situées dans les mêmes secteurs, sans prise en compte des spécificités locales. Les Comités sociaux d’administration (CSA) sont devenus le théâtre de tensions croissantes, les syndicats dénonçant l’absence d’écoute.
Le dernier baromètre du SE-Unsa est sans appel : 75 % des enseignants s’inquiètent pour leur avenir, et 71 % estiment ne pas être respectés dans leur métier. Le salaire, devenu la préoccupation majeure symbolise ce malaise. « Le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement », déplore Julie Duhamel, secrétaire nationale du syndicat.
Les syndicats réclament une revalorisation générale des salaires, plutôt qu’un recours aux primes, qui ne comptent pas pour la retraite. Mais dans un contexte de campagne présidentielle où l’austérité domine, leurs revendications risquent de rester lettre morte.
Dans les Pyrénées-Orientales, la CGT Éduc’action 66 pointe l’absence de moyens pour rénover les établissements scolaires, le déficit de professeurs… Une rentrée qui « s’accompagne d’incertitudes et d’inquiétudes ». La santé mentale des élèves -fatigue, manque de concentration, décrochage-, n’est pas prise en compte. Les élèves en situation de handicap sont mal traités, le nombre d’accompagnants reste insuffisant face aux besoins, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude quant à l’aide attribuée à leur enfant.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, s’est adressé aux enseignants afin de les soutenir : « Nous avons besoin de plus d’enseignants pour faire reculer les inégalités, pour développer la pensée critique, pour démocratiser l’accès aux savoirs, à la culture, aux sports et affronter les changements de ce siècle. »
Rendez-vous est pris pour participer à la grande journée de mobilisation de la fonction publique le 29 septembre prochain.
Dominique Gerbault
